Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 19:56

ANALPHABÉTISATION

 

Version française – ANALPHABÉTISATION – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Analfabetizzazione – Claudio Lolli – 1977

Texte et musique de Claudio Lolli
Instrumentistes : Piergiorgio Bonafé (saxo teneur, saxo soprano, flûte) ; Marcello Castellana (claviers), Roberto Costa (bassement électrique, trombone) ; Bruno Mariani (guitare acoustique, guitare électrique, guitare 12 cordes) ; Adriano Pedini (batterie, percussions).

 

 

PRINTEMPS.jpeg

 

 

 

Ma mère je l'ai appelée pierre,
Car elle était dure,
Mais pas vive.
Mes amis je les ai appelés des pieds
car j'étais heureux seulement
lorsque on partait.
Et ma mer je l'ai appelée ciel,
car mes vagues arrivaient
trop loin.
Et mon ciel je l'ai appelé coeur,
Car il me plaisait d'y toucher le soleil
avec la main….
Je n'ai jamais eu un alphabet tranquille, servile,
Les pages je les tournais toujours avec le feu.
Aucun maître n'a jamais été trop capable,
De respirer mon oxygène et mon jeu.

 

Et le travail je l'ai appelé plaisir,
Car la sémantique ou est violence
Ou bien une opinion.
Mais ce n'est pas ma faute, ne me sautez pas dessus,
Si mon envie de liberté aujourd'hui est aussi besoin
De confusion.
Et le plaisir je l'ai appelé devoir,
Car le printemps m'éclatait au dedans
Comme une caresse.
Fondre, confondre, reprendre
Enfin refondre
L'alphabet de la vie
Sur les pierres de miel
De la beauté.

 

Et le pouvoir,
Dans son immense intelligence
Dans sa complexité,
Ne m'a jamais ému
Avec sa solitude,
Je ne l'ai jamais salué comme tel.
Cependant j'ai relevé le défi,
Avec beaucoup d'élégance et beaucoup de sûreté,
Quand j'ai appelé prison sa félicité...
Et de ce jour, le pouvoir me poursuit,
Avec ses chaussures cloutées de peurs.
Il me poursuit sur ses montagnes,
Ces montagnes que j'appelle des plaines.



 

Repost 0
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 12:46

J'AI MÊME VU DES TZIGANES HEUREUX

 

 

 

Version française – J'AI MÊME VU DES TZIGANES HEUREUX – Marco Valdo M. I. – 2011

Chanson italienne – Ho visto anche degli zingari felici – Claudio Lolli – 1976

 

 

Pour ceux qui n'ont pas vécu ces années-là...

 

La dernière partie (conclusion) est librement réélaborée à partir d'un texte de Peter Weiss « Gesang vom lusitanischen Popanz. » - « Le Chant du fantoche lusitanien », comme un glissement de perspective par rapport à l'original ; C'est-à-dire le refus de la colonisation par les colonisés, par la récupération des biens qui ont été expropriés (« C'est nous qui enrichissons la terre/ Nous qui supportons / La maladie du sommeil et la malaria... / Mais nous reprenons de la main, nous la reprenons entière,/ Nous nous reprenons notre vie,/ La terre, la lune et l'abondance. »

 

 

 

Il est vrai que des fenêtres

Nous ne réussissons pas à voir la lumière

Car la nuit vainc toujours le jour

Et la nuit ne produit pas de sang.

Il est vrai que notre air

devient toujours plus juvénile

Et on se fait courir après

Le long des rues sans issue.

Il est vrai que nous n'arrivons pas à parler

Et que nous parlons toujours trop.

 

Il est vrai que nous crachons par terre

Quand nous voyons passer un bossu,

Un treize ou un soûlaud

Ou quand nous ne voulons pas dégrader

Le merveilleux équilibre

D'une obésité sans fin,

D'une félicité sans poids.

Il est vrai que nous ne voulons pas payer

La faute de ne pas avoir de fautes

Et que nous préférons mourir

Plutôt que de baisser la tête.

Il est vrai que toujours nous cherchons l'amour

Dans les bras qu'il ne faut pas.

 

Il est vrai que nous ne voulons pas changer

Notre hiver en été.

Il est vrai que les poètes nous font peur

Car les poètes caressent trop les bossus,

Aiment l'odeur des armes

Et détestent la fin du jour.

Car les poètes ouvrent toujours leur fenêtre

Même quand nous disons que c'est

Une fenêtre qu'il ne faut pas...

 

Ilest vrai que nous ne nous comprenons pas

Qu'à deux nous ne parlons

Jamais la même langue

Et que nous avons peur du noir et de la lumière,

Il est vrai que nous avons tant à faire

Et que nous ne faisons jamais rien.

Il est vrai que souvent la rue nous semble un enfer

Et une voix où nous ne réussissons pas à rester ensemble,

Où nous ne reconnaissons jamais nos frères.

Il est vrai que nous buvons le sang de nos pères,

Que nous détestons toutes nos femmes

Et tous nos amis.

Mais j'ai vu aussi des Tziganes heureux

Se courir après, faire l'amour

Et se rouler par terre.

J'ai vu aussi des Tziganes heureux

Sur la Grand Place

Se soûler de lune, de vengeance et de guerre.

 

Mais j'ai vu aussi des Tziganes heureux

Se courir après, faire l'amour

Et se rouler par terre.

J'ai vu aussi des Tziganes heureux

Sur la Grand Place

Se soûler de lune, de vengeance et de guerre.

 

 

J'AI MÊME VU DES TZIGANES HEUREUX (conclusion)

 

 

 

C'est nous qui enrichissons la terre

Nous qui supportons

La maladie du sommeil et la malaria

Nous qui récoltons le riz, le blé et le coton

Nous qui plantons le maïs

Sur l'altoplano.

Nous pénétrons les forêts, nous cultivons les savanes

Nos bras arrivent

Chaque jour plus loin.

C'est nous qui soutirons les trésors de la terre

Dont d'autres ensuite

Profitent.

 

Et c'est nous qui embellissons la lune

De notre vie

Couverte de chiffons et de pierres de verre.

Cette vie que les autres repoussent

Comme une insulte

Comme une araignée dans leur chambre.

Mais nous reprenons de la main, nous la reprenons entière,

Nous nous reprenons notre vie,

La terre, la lune et l'abondance.

 

Ilest vrai que nous ne nous comprenons pas

Qu'à deux nous ne parlons

Jamais la même langue

Et que nous avons peur du noria et de la lumière,

Il est vrai que nous avons tant à faire

Et que nous ne faisons jamais rien.

Il est vrai que souvent la rue nous semble un enfer

Et une voix où nous ne réussissons pas à rester ensemble,

Où nous ne reconnaissons jamais nos frères.

Il est vrai que nous buvions le sang de nos pères,

Que nous détestons toutes nos femmes

Et tous nos amis.

 

Mais j'ai vu aussi des Tziganes heureux

Se courir après, faire l'amour

Et se rouler par terre.

J'ai vu aussi des Tziganes heureux

Sur la Grand Place

Se soûler de lune, de vengeance et de guerre.

 

Mais j'ai vu aussi des Tziganes heureux

Se courir après, faire l'amour

Et se rouler par terre.

J'ai vu aussi des Tziganes heureux

Sur la Grand Place

Se soûler de lune, de vengeance et de guerre.

Mais j'ai vu aussi des Tziganes heureux

Se courir après, faire l'amour

Et se rouler par terre.

J'ai vu aussi des Tziganes heureux

Sur la Grand Place

Se soûler de lune, de vengeance et de guerre.

Repost 0
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 08:47

ANNE DE FRANCE



Version française – Anne de France – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Anne di Francia – Clausio Lolli – 1976


Anne qui arrive de France

Anne qui rit, Anne qui danse,

Anne qui écoute et qui pense,

Anne qui demande et veut savoir

Comment nous finirons ce soir.

Anne la rue t'aime, t'aime avec moi.

Anne raconte : comme la France

Était triste, comme elle était grise.

Anne raconte : son nouveau travail

Toujours des chemises, que des chemises.

Anne croit devenir folle

Anne la rue, la rue t'aime avec moi.


Anne qui m'emmène

Et veut boire, et veut parler,

Entrer dans une auberge,

Peut-être veux-tu ce soir de l'amour.

Anne plus belle, plus belle que folle.

Anne la place, la place t'aime comme moi.

Anne nous rencontrons tant d'amis.

L'un commence une discussion.

Voilà des moments presque heureux.

Anne me regarde, je fais le bouffon

« Et où mettre la Culture ouvrière ? »

Anne secoue la tête et dit non.


Anne ne vit pas, elle est seule.

Elle est déjà fatiguée de se moquer de nous

« Et Luigi Nono est un couillon,

L'alternative dans la culture

Ce n'est pas seulement l'idéologie,

L'alternative, c'est l'organisation ».

Anne se fâche; assez parlé,

Anne se lève, nous partons

Et en rue, je me fais pardonner

Et Anne lève son verre à son anarchie.

Anne intenable plus d'un moment.

Anne lance un baiser à la place et puis, s'en va.



Je ne serai pas ta montre

Ni le lampadaire qui t'enlève le soutien,

Quand il est tard, qu'il est nuit et que tu es fatiguée

Et que comme le temps, l'envie te manque.

Je ne serai pas le receveur

Vingt et une fois le mois, de tes pleurs

Je ne compterai pas tes jours

Pour sans aucun risque, te faire l'amour.

Je ne serai pas ton miroir

D'un visage qui ne change jamais d'habit.

Je ne serai pas ton manche à balai

travesti en amant ou en mari.

Je ne serai pas ce ciel gris des matins

Le dentifrice qui se bat avec le vin,

Je ne serai pas ta consolation

Et moins encore le père de ton enfant.

Pour cette fois au moins, je serai ta liberté

Pour cette fois au moins, je serai ta liberté

Pour cette fois au moins, je serai notre liberté

Et la place chaude et douce de cette cité.


Repost 0
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 08:44

CEUX COMME NOUS

Version française – Ceux comme nous – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Quelli come noi – Claudio Lolli – 1972

Moi et un mien ami

Des fois nous nous retrouvons

Et nous nous disons que :

Ceux comme nous

ont un peu étrangement poussé

Et ont toujours tenu

Peu de femmes dans leurs bras

Et couvent en secret

avec jalousie leur solitude

En se laissant un peu aller

Seulement devant un verre de vin fort.

Ceux comme nous

Si timides et si ambitieux

Plutôt silencieux

Et avec toujours la tête remplie

De musique, d'art et de grandes amours.

Et font seulement parfois la fête

Et chantent par contre souvent

Car ils n'ont rien qui leur reste.

Ceux comme nous

Qui ne valent rien

Ceux comme nous

À qui on ne donnerait pas un sou

Au contraire.

Ceux comme nous

Nous disons qu'ils valent beaucoup

Et qu'un jour, il suffira

Qu'ils trouvent un peu de force

Et ils aideront les autres à foutre un coup de pied au cul du monde

Et ils boxeront le Roi et l'État

Ils écraseront le dieu pour qui toute liberté est un péché.

Car,

Ceux comme nous

N'ont de respect pour personne

Ne croient plus à rien

Et ont le seul défaut

d'être nés un jour parmi les lâches

Parmi les vaincus par la force de la vie

et de l'oublier seulement

devant une bouteille désormais finie.

Repost 0