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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:29

PAUVRES PARTISANS

 

 

Version française – PAUVRES PARTISANS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Poveri partigiani – Ascanio Celestini– 2007

 


Texte et musique : Ascanio Celestini



Il y a deux immeubles.

 

Un est le centre commercial avec sa belle enseigne, son toit hyperbolique et ses baies vitrées translucides qui le font ressembler à un auto-grill d'une autoroute pour Mars.

L'autre est un parallélépipède rectangle imaginé par un géomètre atteint de coliques ; c'est un centre d'appels.

L'un est fait pour être regardé et en effet, tous le voient.

L'autre est invisible ; un peu car ça ne fait plaisir à personne de le voir, un peu car le jumeau voyant qui est à côté capte toute l'attention. Par contre, il se fait entendre.

Il nous parle au téléphone pour nous vendre à domicile un aspirateur ou un nouveau plan tarifaire.

Il nous parle quand on appelle un numéro vert écrit sur l'étiquette d'une boisson gazeuse ou d'un tampon absorbant.

À côté de ces jumeaux de béton armé passe la route et autour se trouve le faubourg.

À côté du faubourg, il y a la ville ou peut-être, est-ce le contraire. Et au milieu se meut le peuple.

 

Le peuple est un enfant.

 

Il s'enrage contre les injustices, il s'émeut face à la douleur, il s'illusionne et il s'amourache. Puis, il éteint la télévision et va dormir tranquille.

Le peuple travaille, gagne et dépense. Ils l'ont convaincu que l'économie fonctionne ainsi. Il faut faire tourner la roue.

Mais ensuite entre les néons du centre commercial et les téléphones du centre d'appel quelqu'un cesse de tourner. Peut-être est-ce seulement la chenille qui sort du trou, le cadavre qui essaye de se ressusciter tout seul.

Peut-être est-ce le voleur et on se rend compte qu'il ne suffit pas de voler les voleurs pour égaliser les comptes. Et en effet c'est un collectif de travailleurs, Mais c'est aussi un morceau de peuple.

Christian dit « nous avons commencé parce que nous n'avions rien à perdre ». Maurizio dit « cette place est comme le Titanic. Le transatlantique coule et les passagers font comme si de rien n'était. Mais nous ne coulerons pas en chantant ».


Saintes paroles !





Pauvres partisans menés en procession,
Dans les journaux télévisés, à la télévision,
Survivant un temps aux fosses communes,
Mais enterrés dans ce temps de l'information.

 

Ils défilent le 25 avril, avec des médailles accrochées aux drapeaux
Suivent les femmes des sous-secrétaires à peine sorties de chez le coiffeur
Elles disent à voix basse : « Vive la constitution ! Mais maintenant il est tard, la poste ferme… Je dois aller chercher ma pension… »

 

Pauvres déportés qui montrent aux caméras entre deux publicités leur matricule, ce sombre tatouage
« Cette extermination vous est gentiment offerte par une boisson gazeuse et un célèbre fromage »

 

Pauvres prénoms et pauvres noms des morts de toutes les guerres
qui sont toujours dans la bouche des politiques
Avec tous ces morts en bouche, ils auront sûrement une haleine lourde
leur langue est un cimetière… où ils ressuscitent de temps en temps…

 

Pauvres morts de Nassirya qui peut-être croyaient vraiment que

Celui qui meurt meurt avec honneur…

Celui qui survit vit dans la douleur
Pauvre Nicola Calipari ! I Ils lui ont même dédié une zone piétonnière
Comme sa femme sera contente d'avoir épousé une zone à trafic limité.

 

Pauvres parents des héros,

qui au moins pour un jour ont été des héros,

Par leurs enterrements en mondovision
Mais le jour après, ils étaient morts eux aussi…
Des morts… qui se remémoraient d'autres morts.

 

Souvenez-vous des morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants
….



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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 15:11

LE CALVAIRE

 

Version française – LE CALVAIRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Monte Calvario - Ascanio Celestini – 2012

 

Interprétée par Alessio Lega et Ascanio Celestini

 



http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/images/ane.jpg

 

 

La chanson sera insérée dans le nouvel album d'Alessio Lega, attendu à l'été 2012. [Daniela - k.d.-]

 

C'est une chanson, qu'Ascanio Celestini et Alessio Lega interprètent ensemble ou chacun de son côté. Je dis « ils interprètent » au présent, parce qu'Alessio la chante déjà dans ses concerts, qu'il présente dans un décor tout-à-fait réaliste. On dit que la situation actuelle des travailleurs, et des pas-travailleurs, est justement un "calvaire"; et voilà que, tranquille et sulfureux Ascanio Celestini nous emmène comme d'habitude vraiment là. Sur le Calvaire ou le Golgotha, comme on veut. C'est un hyper-Calvaire, celui-ci, que nous pouvons voir chaque jour et où nous allons faire les courses ; un Calvaire fait de (dernières) cènes épuisées, de nuits entre d'infinies journées de travail massacrant, de contrats à durée limitée, d'horaires, de tours du dimanche, de concurrence chinoise, d'obligations d'entreprises, de licenciements. À l'hypermarché de Calvariolandia, ça fonctionne ainsi, comme chez Auchan, Coop ou Carrefour. Et il me vient ainsi l'idée, que sais-je, de dédier cette chanson aux travailleurs en lutte de l'Esselunga de Pioltello, mais pas seulement à eux. Il me vient l'idée de la dédier aussi au travailleur mort sous un tremblement de terre, pendant une pause de nuit du dimanche; et à ceux qui ont dû revenir travailler un jour après le tremblement de terre, et qu'ils sont remorts quand ce dernier a décidé de frapper encore. Crucifiction sur le lieu de travail, comme « au mess » comme Fantozzi, pendant qu'un titulaire patenté du crucifix mourait aussi pour sauver des sculptures d'une église écroulée. Et ainsi de suite. Du reste, tout est business, entreprise, capacité d'entreprendre, compétition, marché et travail, travail, travail. On a écrit le "livre noir" de tout, sauf du travail. Et même l'Évangile de tout, sans qu'on ait jamais resenti le besoin de l'écrire pour les milliards de « christs », y compris ceux de cette chanson, qui chaque jour affrontent la montée sans fin d'un calvaire qu'on appelle Capitalisme, qu'on appelle Patronat, qu'on appelle Profit. [RV]

 

 

 

 

Le Calvaire, le Calvaire... mais je n'ai aucun goût pour le Calvaire... Est-ce celui de Sisyphe, qui poussait sa boule en haut de la montagne ? Ou celui où l'on pendait, empalait, crucifiait les brigands de Judée ou de Samarie ? Tu sais, j'en ai vu des calvaires tout au long de mes pérégrinations... Il y a d'abord le calvaire des ânes qu'on aveugle et qu'on attelle à la roue d'un moulin pour écraser le grain... ou qu'on crucifie aussi. Il en est d'autres qu'on les appelait des gibets où l'on pendait les poètes pendards[[5843]]. Ici, on étend la penderie et le calvaire, lieux de supplices, à d'autres lieux de supplice que sont les lieux où se pratique le « travail » (tripalium) – qui comme on sait rend libre comme l'air et n'y a-t-il pas plus grande libération que la mort ? On l'avait d'ailleurs clairement signifié à l'entrée des camps de travail : « Arbeit macht Frei »[[322]].

 

Excellent résumé, mon ami Lucien l'âne. Et quand on est là, à devoir crever au travail... Tout dépend des circonstances... Soit on arrive à s'en échapper à temps et il y a diverses manières de le faire et il est parfois possible à titre individuel de s'en tirer plus ou moins bien en échappant aux pesanteurs du système ; soit on se trouve dans des circonstances qui permettent de changer collectivement la donne – mais ce sont des moments rares... En fait, on se trouve là au cœur de la Guerre de cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les obliger au travail, pour les contraindre à les servir, c'est la grande parabole des maîtres et des esclaves... Jusqu'à présent à l'aide de la terreur, de grandes tueries, de massacres, de démonstrations de force, d'assassinats... De quelques concessions provisoires aussi parfois, les riches ont réussi à maintenir leur domination, sont parvenus à dominer les pauvres et à se constituer des gardes prétoriennes. Et in fine, quand il n'y a plus d'autre issue pour nous les pauvres, il y a la résignation sur le Calvaire... Ou alors, il faut regarder du bon côté du ciel...[[41570]] et ire, sourire, chanter et danser. C'est évidemment ce que nous ferons, nous autres qui ne sommes pas des chrétiens : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »... Nous, on sera à côté de Brian...

 

Quoi qu'il en soit, nous les somari, nous les bêtes de somme, nous les pauvres du monde, il nous faut avec une belle obstination tisser le linceul de ce vieux monde trop riche, obèse, confit en dévotion, avide, cupide, par trop respectueux de l'ordre des riches et cacochyme (Heureusement !)

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Voici donc qu'arrive le matin rapide

Et avec sa croix Christ court

Mourir et renaître en huit heures

Pour qu'avant la cène sur le mont Calvaire

On lui donne son salaire.

 

Voici donc qu'arrive le soir lourd

Et Christ rentre chez lui au plus court

Il plonge la tête dans la soupe

Et fatigués les apôtres, le regardent à peine

Manger les restes de la dernière scène.

 

Voici donc qu'arrive le matin déjà

Et Christ s'éveille et reprend sa croix

Des milliers de Christs qui ne sont pas de bois

Vont au travail se faire tuer

Et en chœur prient Dieu que tous les veuille en sauver

 

Et quand vient le soir, ils le déclouent et il descend,

Une gorgée de vinaigre et il se reprend,

Aujourd'hui, le salaire, c'est un poisson et deux pains

Il salue les gardes avec du sang sur ses mains,

En leur disant "à demain."

 

Voici donc que la nuit se termine

Il s'habille d'un chiffon, d'une couronne d'épines

Il arrive en retard avec un compère

Le patron leur dit : il faut respecter l'horaire

Au Mont Calvaire.

 

Voici donc qu'arrive le soir déjà

Au bureau de Ponce Pilate, il s'en va

Le chef lui montre son contrat

Qui expire dans les prochains mois

À cause de la concurrence des christs chinois.

 

Voici donc qu'arrive le matin de fête

Christ a remis sa couronne sur sa tête

Il est de retour au Mont Calvaire

C'est devenu l'hyper-Calvaire

Ainsi, en ce jour, il fait double fête.

 

Il arrive au travail et en hâte, ils le clouent

Les mains seulement, le patron a décidé

Depuis ce mois, on réduit les coûts

C'est trop cher de clouer les pieds,

Il faut épargner les clous.

 

Se termine enfin ce jour de merde

On le descend au bout d'un corde

Il a fait tort à Pilate, il est licencié

Et depuis qu'on l'a viré

Il est mort et ne peut plus ressusciter.

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 09:51

LE MONDE DES CHENILLES



Version française – LE MONDE DES CHENILLES – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Il Mondo dei Bruchi – Ascanio Celestini – 2007


Dans le monde des lions

Nous vivions en patrons

Dans la savane

Qui est vaste et plane

Et presque padane

Dès que je vois ma proie

Je l'attrape et je la tue

J'en mange le foie

Et j'emporte le reste

Au dedans de ma tanière

Dans le monde des lions

Nous vivions en patrons


Dans le monde des chenilles

Par contre, dans le monde des chenilles

Nous vivions dans les trous


Dans le monde des poissons

On est bien et on ne sort pas

On pense à nager dans l'eau de la mer

Là dehors, il y a des gens

On s'en fout complètement

Car là en dehors

Il y a seulement des douleurs

Dans le monde des poissons

On est bien et on ne sort pas


Dans le monde des chenilles

Par contre, dans le monde des chenilles

Nous vivions dans les trous


Dans le monde des chats,

On s'étire et on se gratte

Quand vient le patron

On fait le chat gâté

Et on trouve une raison

De ronronner mimi

On fait tout un cinéma et il apporte le repas

Et quand il est distrait, on lui vole aussi son lit

Dans le monde des chats,

On s'étire et on se gratte


Dans le monde des chenilles

Par contre, dans le monde des chenilles

Nous vivions dans les trous


Dans le monde de la chenille

Le jour enfin brille

Où je sors du trou

Et je regarde tout partout

Le ciel étoilé

L'infinie obscurité

Face à cette immensité

Je me mets à penser

À penser aux poissons, on est bien et on ne sort pas

Et à repenser aux chats, on s'étire et on se gratte

À repenser aux lions qui sont leurs patrons

Et penser et repenser

Que je suis la chenille

Et je rentre dans mon trou.


Car dans le monde des chenilles

Dans le monde des chenilles

Nous vivions dans les trous


 

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 23:23

LA MORT DU DÉSERTEUR

 

 

Version française – LA MORT DU DÉSERTEUR – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – La Morte del Disertore – Ascanio Celestini – 2007

 

Tiens, dit l'âne Lucien en se secouant pour faire glisser la pluie d'entre ses oreilles, voilà encore un déserteur.

 

Et bien oui, dit Marco Valdo M.I. en souriant, en voici encore un. Mais par ces temps guerriers, où ceux qui n'ont que le mot paix à la bouche envoient plein de soldats massacrer les gens d'ailleurs, un déserteur de plus n'est pas de trop. Et si je n'ai rien oublié de ceux dont nous avons déjà parlé, j'en compte au moins trois : celui de Boris Vian, à la place d'honneur, celui de Jerrinez et celui de Dachau Express, notre ami Joseph-Giuseppe Porcu, pour qui nous fîmes 24 canzones. Et j'en oublie peut-être...

 

Oui, tu en oublies..., dit l'âne Lucien. Au moins un. Celui-ci, celui d'aujourd'hui, celui de Celestini...

 

Tu as raison, mon ami l'âne,. Mais procédons... Je veux dire avançons. Souviens-toi... Il y a des distinctions à faire entre tous nos déserteurs – tous admirables cependant du simple fait d'être déserteurs.

Le premier, celui de Vian, est un déserteur qui s'annonce; en somme, un déserteur qui anticipe, il va être déserteur. Celui de Jerrinez est passé à l'acte, il a déserté. Joseph, comme tu t'en souviens, en est sorti vivant et a tenu encore 64 ans.

 

Et celui-ci, celui d'aujourd'hui, celui de Celestini..., demande Lucien l'âne en tremblant de tous ses membres comme les jeunes pousses de blé sous le vent du printemps, quel est donc son destin ?

 

Lui, mon ami Lucien, lui, Celui-ci, celui d'aujourd'hui, celui de Celestini... Il est mort et les enfants chantent et jouent.

 

Oh, je déteste cette idée, dit Lucien l'âne au cœur tendre.

 

Comme je te comprends... dit Marco Valdo M.I. avec tendresse. Mais avant de conclure, mon cher Lucien aux naseaux luisants comme les lucioles un soir d'été en haut de l'Abetone, il y a dans le dernier couplet une allusion, qui pour toi comme pour moi et pour bien des Italiens – ne peut passer inaperçue... Mais qui pour les amis d'ailleurs, qui n'ont pas chanté des dizaines de fois « Bella Ciao » ou qui l'ont seulement fredonnée cette chanson sans en connaître véritablement le texte, est peut-être invisible.

 

Voici le passage :

« Si j'étais mort, je ne pourrais

Choisir où me faire enterrer

Je préfèrerais là-haut sur la montagne

À l'ombre de la belle fleur

Que tous ceux qui passeront

Et diront aujourd'hui est mort un déserteur

Ne disent pas que je suis crevé

Pour Dieu, pour la Patrie ou pour la raison d'État

Je mourrai tout simplement

Comme un pacifique fainéant.

Et puis mort, je ne serai pas grand chose

Et puis mort, je ne serai plus rien. »

 

Par parenthèse, pour ses deux derniers vers, on croirait entendre Albert Camus, tu sais celui de Combat, qui après la mort ne voyait ni Dieu, ni néant, ni rien. Rigoureusement rien. Admirable lucidité. Chanson lumineuse, tout aussi bien.

 

Mais revenons à Bella Ciao... Rappelle-toi : le partisan mort demande à être enterré, là-haut sur la montagne et voit y pousser une belle fleur... Et les gens qui passeront, diront... Et là, à cet endroit-là exactement (de la chanson), le déserteur prend toute sa dimension, toute sa liberté d'homme pacifique qui est pour n'avoir pas voulu participer de la connerie ambiante. C'est du moins ainsi qu'il apparaît.

 

Oui, oui, dit Lucien l'âne en frappant le sol d'un coup sec du sabot arrière gauche. Oui, oui, c'est bien ainsi : s'éloigner de la connerie ambiante, se tenir à l'écart, en dehors, ne pas ajouter le massacre au massacre, ne pas ajouter des tueurs de paix aux tueurs de paix déjà sur place... Il y en a qui devraient y penser, parfois. Car comme disait ton professeur de morale, au temps où tu allais encore à l'école, quand on joue au con, on finit toujours par gagner... En attendant, crois-moi, mon ami Marco Valdo M.I., tissons le linceul de ce vieux monde cacochyme en putréfaction.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l'âne.

 

 

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

M'arrêter au feu rouge

Au vert, je ne repartirais pas

Je dirais : « Je suis mort, excusez-moi, je ne peux pas! »

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Payer la note au restaurant

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

M'habiller mal, me vêtir élégamment

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Être un gentil client

Si j'étais mort, je ne serais pas grand chose

Si j'étais mort, je ne serais plus rien.

 

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Rester en équilibre et puis tomber

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Être assis tranquille sur mon cul

À me moucher le nez au milieu de la figure

À me gratter des doigts au bout de mes bras

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Suivre les masses

Payer les taxes

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Être un électeur, un contribuable

Si j'étais mort, je ne serais pas grand chose

Si j'étais mort, je ne serais plus rien.

 

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Pleurer le lait renversé

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Cracher dans le plat où j'ai mangé

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Regarder dans la bouche du cheval donné

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Voir pleuvoir sur mon étang

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Savoir que bon sang jamais ne ment

Si j'étais mort, je ne serais pas grand chose

Si j'étais mort, je ne serais plus rien.

 

 

Si j'étais mort, je ne pourrais pas

Nourrir mes illusions excentriques

Si j'étais mort, je ne verrais pas

Les morts entassés comme des briques

Et bénis dans un même lot

Par leurs propres assassins

Le cœur sec souvent produit

Une diarrhée de mots

Si j'étais mort, pour leur faire tort

Je puerais de façon irrévérencieuse

Si j'étais mort, je ne serais pas grand chose

Si j'étais mort, je ne serais plus rien.

 

Si j'étais mort, je ne pourrais

Choisir où me faire enterrer

Je préfèrerais là-haut sur la montagne

À l'ombre de la belle fleur

Que tous ceux qui passeront

Et diront aujourd'hui est mort un déserteur

Ne disent pas que je suis crevé

Pour Dieu, pour la Patrie ou pour la raison d'État

Je mourrai tout simplement

Comme un pacifique fainéant.

Et puis mort, je ne serai pas grand chose

Et puis mort, je ne serai plus rien.

 

Mais nous nous jouons à la guerre

Mais nous, avec des arcs et des flèches

Mais nous, nous crions « Je te tue ! »

Mais nous mourrons pour rire.

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 21:53

CADAVRES VIVANTS.



Version française – Cadavres vivants – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Cadaveri vivi – Ascanio Celestini – 2007

Les gueux ont la vie dure et une grande aptitude à se multiplier. Les gueux, ainsi vêtus de guenilles, portent mille noms différents, mais toujours la même misère. Les gueux, ce sont les réprouvés de tous les systèmes; d'où qu'ils viennent, quelle que soit leur ascendance, ils sont tenus à l'écart. C'est d'eux que parle la chanson d'Ascanio Celestini, d'eux vus de leur point de vue : le monde vu par les pauvres. D'eux, c'est-à-dire les réfugiés de toutes les couleurs, les exilés, les émigrés, les sans-papiers, les précaires, les chômeurs, les handicapés, les Roms... enfin, ceux qui ne comptent pas.

Enfin, l'autre monde, le monde des pauvres où la seule vraie richesse s'appelle solidarité.

Rutebeuf chantait déjà leur chanson, la sienne aussi au demeurant :

Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre...




Il fut un temps où

nous étions des cadavres vivants.

Il fut un temps où

dans des cimetières au phosphore,

des lieux saints de luxe avec

des connexions rapides au réseau.

Il fut un temps où

nous fréquentions seulement les enterrements

et parmi les cercueils des héros morts à la guerre

nous poncions avec les vélins.

Il fut un temps où

le temps n'était ni beau, ni laid;

Il fut un temps où

tout était en deuil.

Mais ensuite, il fut un temps où

nous, nous sommes ressuscités

de notre immobilité parmi les os de seiche

où nous étions nourriture d'oiseaux

et même les lents et les distraits nous ont vus...



Nous sommes les pédés, nous sommes les Juifs,

des Palestiniens de l'Intifada,

Nous sommes des clochards le long de la route

Nous sommes les tiques communistes.

Nous, nous sommes anarchistes

Nous sommes les handicapés

Nous sommes ceux avec toilette à part

Nous sommes laids, sales, mais bons

ce qui en synthèse signifie couillons.

Nous sommes les nègres, les méridionaux,

Nous sommes les autonomes des centres sociaux

Nous sommes l'éloge de la folie

Nous sommes une erreur d'orthographe

Nous sommes le point après la virgule

Nous sommes des drogués, des gitans et des nuls.


Il fut un temps où

nous étions des cadavres vivants.

Il fut un temps où

rester à l'arrêt était interdit,

Même si des rochers barraient le chemin.

Sa Sainteté le Père Noël

était encore vêtu de blanc et de rouge.

Il fut un temps où

il avait des rennes de luxe.

Aux puissants il portait des cadeaux,

Aux esclaves du charbon,

Mais ensuite, Il fut un temps où

Nous sommes ressuscités

de l'heure de joie du méga rassemblement de l'indulgence

et les vampires du sang de saints s'en sont pris à nous...

Nous sommes les pédés, nous sommes les Juifs,

des Palestiniens de l'Intifada,

Nous sommes des clochards le long de la route

Nous sommes les tiques communistes.

Nous, nous sommes anarchistes

Nous sommes les handicapés

Nous sommes ceux avec toilette à part

Nous sommes laids, sales, mais bons

ce qui en synthèse signifie couillons.

Nous sommes les nègres, les méridionaux,

Nous sommes les autonomes des centres sociaux

Nous somme l'éloge de la folie

Nous sommes une erreur d'orthographe

Nous sommes le point après la virgule

Nous sommes des drogués, des gitans et des nuls.


Il fut un temps où

nous étions des cadavres vivants.

La camorra et la mafia

étaient le meilleur de l'Italie,

Elles avaient obtenu du ministère

une certification de qualité :

criminalité organisée.

Certes, mais d'origine contrôlée.

Il fut un temps où

nous étions des cadavres vivants.

Il fut un temps où

nous étions des de jeunes gars,

mais ensuite est arrivé le temps où

nous étions des cadavres vivants.

Il fut un temps où

Nous sommes ressuscités

de la tranquillité de la mer

où nous étions des épaves rouillées

et pourtant les tristes journalistes fascistes nous ont vus...


Nous sommes les pédés, nous sommes les Juifs,

des Palestiniens de l'Intifada,

Nous sommes des clochards le long de la route

Nous sommes les tiques communistes.

Nous, nous sommes anarchistes

Nous sommes les handicapés

Nous sommes ceux avec toilette à part

Nous sommes laids, sales, mais bons

ce qui en synthèse signifie couillons.

Nous sommes les nègres, les méridionaux,

Nous sommes les autonomes des centres sociaux

Nous somme l'éloge de la folie

Nous sommes une erreur d'orthographe

Nous sommes le point après la virgule

Nous sommes des drogués, des gitans et des nuls.

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 12:42


LE PEUPLE EST UN ENFANT.


Version française – Le peuple est un enfant – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Il popolo è un bambino – Ascanio Celestini – 2007


1.


Le peuple est un enfant.

Il ne comprend rien à la politique.

Si tu lui parles de révolution et le fais sérieusement, il arrive que le peuple fasse pour de vrai la révolution.

Alors, il faut faire comme a fait le parti communiste.
La révolution, il l'a fait voir de loin au peuple comme une ballerine de la télévision.

Le peuple est un enfant et il aime regarder les ballerines.

Les jeunes mâles regardent la télévision car ils aiment le cul des ballerines.

Et les jeunes femelles regardent la télévision car elles voudraient avoir un cul qui plaît autant aux jeunes mâles que celui des ballerines.

Tous regardent le cul à la Télé.
Mais autant les femelles que les mâles savent que la télévision est un électrodomestique.

Que ce cul n'existe que là dedans.

Ils regardent autour d'eux et la réalité est qu'ils se trouvent sur le divan de leur appartement sans culs et sans ballets.

Mais ils sont contents quand même. Ils sont contents car toutes les fois qu'ils rallument le téléviseur, il y a un cul en direct prêt à être regardé.
Et peu importe qu'il soit de la fiction comme la fable de Cendrillon.

Ce qui importe seulement, c'est qu'après le cul en direct, on va au lit sereins.

La révolution plaît au peuple, il faut seulement la lui montrer comme le cul des ballerines.

Comme une chose belle et impossible.

Il faut la lui raconter comme un fable.


2.


Le peuple est un enfant.

Il veut toujours avoir raison.

Alors celui qui gouverne doit lui dire que “les autres ont toujours tort.

Les autres sont des athées mécréants, de pervers homosexuels, de dégoûtants méridionaux, des nègres puants...etc

... en somme, des relativistes”.

Car le peuple est un enfant et comme tous les enfants, il aime jouer.

Dans les jeux des enfants, il y a toujours un qui gagne et un qui perd.

C'est pour ça que le football plaît tant au peuple.

Le peuple le sait que le vrai foot, ce n'est pas celui de ces terrains et de ces parties.

Le peuple le sait qu'on ne peut pas jouer au vrai foot.

Que le vrai foot, on peut seulement le regarder à la télévision.

Alors le peuple s'assied et regarde.
Le peuple braille, s'agite, se fatigue comme un enfant.

Et quand arrive le soir, il s'endort immédiatement. Il est trop bon, le peuple, c'est une brebis.

Le peuple sait que la vie est comme une partie de foot à la télé, comme la finale des mondiaux :

Tout le monde la regarde, mais seules deux équipes se partagent la balle.

Beau le foot ! Belle la vie !

Ils sont peu à en jouir, tous les autres peuvent faire le supporteur.


3.


Le peuple est un enfant

Si tu lui voles ses bonbons, l'enfant se fâche.

Mais si tu les mets en vitrine, il les achète immédiatement.

Alors toi qui est plus rusé que le peuple, fais les lui payer le double de ce qu'ils valent.

Ainsi pour chaque bonbon qu'il achète, tu lui en vends un et tu lui voles l'autre.

Si tu mets les mains dans les poches du peuple, tu es un voleur;

mais si c'est le peuple qui vient vider ses poches chez toi, c'est seulement la loi du marché.

Le peuple est un enfant, il aime acheter des bonbons.

Puis, il les emporte chez lui et peut-être il les mange.

Peut-être il les jette à la poubelle, peut-être.

Car les enfants aiment acheter, acheter, acheter.

Alors toi qui es plus adulte que le peuple, tu lui vends tout.

Le peuple veut manger ? Tu lui vends tes cochonneries jusqu'à ce qu'il crève.

Le peuple veut des chansonnettes ? Tu lui vends quelques kilos de ritournelles à fredonner sous la douche.
Le peuple veut de idéaux ? Tu lui en vends aussi.

Ensuite, peut-être, il les ramène chez lui et il n'y croit plus.

Peut-être il les jette à la poubelle.

Tant mieux ! Tant mieux...

Ainsi, il retourne immédiatement au supermarché acheter des bonbons.


4.



Le peuple est un enfant.

Il pose tant de questions et tu ne peux pas lui dire la vérité.

Sinon, cela te met en difficulté.

Par exemple, moi qui ai un fils, il s'appelle Roberto Casoria, c'est le pire de la classe.

Il m'a dit : “Papa, c'est quoi des terroristes ?”

J'ai voulu lui dire la vérité, je lui ai dit : “Te rappelles-tu quand tu étais enfant ? À Noël, je t'ai dit que le père Noël allait venir.

Tu étais un enfant intelligent et tu n'y as pas cru.
Mais ensuite, la nuit, je suis allé mettre les cadeaux sous l'arbre et au matin quand tu les as vus, tu as commencé à croire au Père Noël. Tu as même pensé que s'il y avait un cadeau, cela signifiait qu'il y avait aussi ce vieux barbu qui les apporte avec son traîneau et ses rennes.

Et par contre, c'était toujours moi.
Les terroristes, c'est la même chose. Quelqu'un te dit qu'il y a des terroristes et tu n'y crois pas.

Puis, une bombe explose, une paire de gratte-ciel s'écroulent.

Et tous pensent que s'il y a un attentat, cela signifie qu'il y a aussi des terroristes qui l'ont fait...

Mais c'est une blague, c'est toujours papa qui en cachette de nuit fait sauter les bombes et puis rejette la faute sur les terroristes”.
Et mon fils me fait :

Mon ami Pancotti Maurizio – que Robertino fréquente,

Un gamin obèse qui est insupportable et selon moi, un peu déficient – m'a dit :

Pancotti Maurizio dit que cette chose s'appelle la stratégie de la tension ! “

Alors, je lui ai répondu “Ton ami Pancotti Maurizio est communiste !”

Et tu sais pourquoi il est si gros ? Car les communistes mangent les enfants. Fais attention quand tu vas goûter chez lui qu'il ne te mange pas!”

Et mon fils Robertino a commencé à trembler.

Pendant une semaine, il n'est plus sorti de la maison

Je lui ai fait faire tout ce que je voulais; je lui disais “Lave la voiture ! Mets ta chambre en ordre !

Apporte mes pantoufles !”, il m'obéissait comme un chiot. Car on gouverne avec la peur.

Et le peuple, c'est pareil.

Le peuple est un enfant.

Si tu veux qu'il ne se perde pas dans le bois, tu dois lui dire que le méchant loup , c'est le noir !

Les terroristes, l'Arabe barbu, les pirates de Malaisie. Chaque fois en somme, il faut changer, faire tourner.

Le diable, les zombies, le monstre du Loch Ness, le cri, les martiens, les fantômes.
Le peuple est un enfant.

Si tu lui fais peur, il t'apporte tes pantoufles, il lave ta voiture.

Le peuple est un enfant.

Si tu lui fais peur, il obéit tout de suite.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 21:36

NOUS SOMMES DES ÂNES



Version française – Nous sommes des ânes – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne - Noi siamo asini - Ascanio Celestini – 2007

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« Paroles Saintes » d'Ascanio Celestini est, tout simplement, un solide album d'auteur. Sa sortie est à l'enseigne de la qualité à laquelle Celestini, connu surtout comme acteur, nous sert des « croquis » d'actualités. Il nous présente des morceaux de ceux qui n'ont pas toujours de voix : des précaires, des personnes qui sont enfermées dans les asiles, de gens qui ne se contentent pas de ce que la société sert sur le plat.


Ascanio Celestini raconte des situations tristes qui concerne notre pays. Ses textes sont à la hauteur de la situation et nous devons espérer pouvoir encore l'écouter comme musicien en plus de l'acteur...



Considéré comme un des talents littéraires et théâtraux majeurs de sa génération ... Sa capacité d'imagination, son talent vocal inné et son air satirique caractéristique resplendissent ... et se relient à la meilleure tradition de la chanson d'auteur italienne et à la grande école de Gaber et de De André, en photographiant avec une vivacité extrajudiciaire la réalité contemporaine, naviguant entre précarité et terrorisme. « ... Cet endroit est comme le Titanic. Le transatlantique coule et les passagers font semblant de rien. Mais nous nous coulons en chantant. »



Ainsi, dit Marco Valdo M.I., tu vois Lucien que nous aussi « siam asini ».... « sommes des ânes », autrement dit les rejetés, les précaires, les chômeurs, les sans papiers, les handicapés, les invalides, les riens du tout... Te souviens-tu des paysans de Lucanie qui disaient, ainsi que le rapportait Carlo Levi dans Le Christ s'est arrêté à Eboli : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari... » (Nous , nous ne sommes pas des chrétiens [hommes], nous sommes des bêtes de somme »].C'est très précisément ce qu'elle dit cette chanson : la révolte des ânes.

Tu as raison , dit Lucien l'âne. Il est temps que ces ânes-là se révoltent et conquièrent leur dignité. C'est le prochain épisode de la guerre de cent mille ans que les riches ont enclenchée contre les pauvres...









Nous sommes une tête sans jugeote

Nous sommes un singe sans cerveau

Nous sommes la fin sans commencement

Nous sommes le bec sans l'oiseau

Nous sommes une guerre sans armistice

Nous sommes la faucille sans le marteau

Nous sommes la clé sans la porte

Nous sommes une belle nature morte.


Nous sommes les ânes

Nous sommes les fous de l'asile.




Nous sommes des bouffons, nous sommes des paillasses

Nous sommes vêtus de bouts et de bandes

Nous sommes des paillasses, nous sommes des bouffons

Avec la bite hors du pantalon

Nous faisons rire tous les gens

Nous n'avons en bouche qu'une dent

Mais si nous faisons trop de boucan

Ils nous branchent à l'instant au courant.





Nous nous mangeons de la terre et des cailloux

Dans le jardin à angle droit

Nous trébuchons à chaque pas

Quand il fait noir, nous allons au lit

Pour faire en vitesse notre souper

Pour ne pas avoir trop à penser

Ils nous le servent en intraveineuse

Les sœurs, les médecins et les infirmiers.



Nous sommes les ânes

Nous sommes les fous de l'asile



Que celui qui a besoin de saints et de héros

Qui cherche une miette de poésie

Qu'il vienne donc nous voir

Quand nous défilons tout au long de la rue

Regardez nous avec intérêt

Comme un requin dans un aquarium

Le dernier mulet qui tire la calèche

L'étoile filante qui à présent chute.



Nous alternons avec les nains et les ploucs

L'ours qui tient sur le nez une pelle

Le lion qui mange les coques

La guenon sur l'épaule

Nous sommes ceux-là remplis de morve

Qui avec le mollard font une bulle

Cependant si nous sommes de pauvres Christs

Nous faisons couple avec le bœuf dans l'étable.



Nous sommes les ânes

Nous sommes les fous de l'asile


Voilà, nous avons une idée folle

Qui peut-être, peut-être vous semblera étrange

De chier sur vos meubles Ikea

Sur vos vêtements de Dolce et de Gabbana

Sur vos députés toujours corrompus

Qui ne finissent jamais en prison

Sur la bosse d'Andreotti

Sur vos quizz du samedi soir.



Sur les prières des bigots

Sur la triste chemise noire

Sur les clans des salons

Sur la rhétorique des drapeaux

Nous sommes estropiés, nous sommes laids

Nous sommes la haine contre vous tous

Nous des vieux mûrs pour l'hospice.



Nous sommes les ânes

Nous sommes les fous de l'asile


Pardonnez si elle est trop grossière

Notre chanson qui nous vient ainsi

Mais pour trouver la rime juste

Tout le pavillon travaillera

Notre pavillon qui à cette heure

Doit prendre sa camomille

Que lui apporte la vieille sœur

Avant de fermer la salle.



Nous sommes les ânes

Nous sommes les fous de l'asile


Nous sommes les ânes

Nous sommes les mains de la foule.

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 19:52

LA MAISON DU VOLEUR



Chanson italienne – La Casa del Ladro – Ascanio Celestini

Version française – La Maison du Voleur – Marco Valdo M.I. – 2008



Emmanuel Philibert de Savoie a récemment déclaré que “L'Italie est un pays prêt pour une monarchie constitutionnelle”. En considération de cette déclaration du prince, nous voulons dédier cette chanson à Gaetano Bresci, tisserand, anarchiste et tueur de roi.”

J'approuve, dit Lucien l'âne; j'approuve , dit Marco Valdo M.I.

Nous approuvons, disent-ils et même, nous souhaitons que toutes les monarchies ( et spécialement certaines de notre connaissance) s'autodétruisent avant que nous ayons à les détruire par la force des choses; elles et tous leurs suppôts..




J'entre en cachette comme un voleur dans la maison du voleur

Je regarde dans la maison du voleur: tout a été volé

Jusqu'à l'air que maintenant je respire avec le souffle court

est le fruit d'un vol.


Quand un voleur trouve un voleur dans la maison, il n'est pas du tout content

Et de ce fait, ce voleur me voit et me dit: "Ne bouge pas”.

Il me dit : “Regarde-moi bien, moi, je ne suis pas seulement un voleur.

Je suis le patron.”

L'œil droit ne sait pas ce que regarde le gauche.

La bouche tait la mémoire de ce qu'il a vu

Que je me déplace maintenant, avant que ce soit le matin

Personne n'espionne mon pas sous le ciel turquoise.


Mais je dis de faire sonner une sonnette devant un serpent.
Je dis que même le serpent, même celui-là, change d'avis

et comprend que cracher toute la vie

n'a servi à à rien.


Mais le patron est une chose différente, c'est une étrange serpent.

Le patron est une chose différente, c'est une bête curieuse.

Lui, il commence en suçant le lait depuis qu'il est enfant

Et ensuite, il suce toute chose.

Son œil droit ne sait pas ce que regarde le gauche.

Sa bouche tait la mémoire de ce qu'il a vu

Que je me déplace maintenant, avant que ce soit le matin

Personne n'espionne mon pas sous le ciel turquoise.

Et de fait, à la fin, le patron est une espèce de voleur

Sauf que quand il vole, le patron, il n'y a pas de délit

Et même quand il est arrêté, son alibi prévaut

Car lui, c'est la loi.


J'entre ainsi en cachette comme un voleur dans la maison du voleur

Et ce voleur me dit qu'il n'est pas seulement un voleur

Mais je ne suis pas non plus un voleur, dis-je et je m'approche de lui

Moi, je suis un assassin.

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