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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 21:24

LE MAT – LE FOU

 

Version française – LE MAT – LE FOU – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – LE MAT – Germano Bonaveri

Texte : Germano Bonaveri

Musique : A. D'Urso, G. Bonaveri

 

Encore une histoire de fou ?, dit Lucien l'âne en riant. Il y en a des chansons qui parlent de la folie, des fous, des asiles (manicomi) et autres lieux d'enfermement, du destin tragique que la société réserve à ceux qui ne suivent pas les chemins fréquentés, qui sont – aux yeux de vos cruels jardiniers – de la mauvaise herbe [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=2673&lang=it]]...

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, le destin que l'on réserve dans ce monde aux plus démunis d'entre nous est absolument épouvantable... Parfois, dans certains lieux, dans certains pays seulement, l'homme différent est accueilli comme un homme, comme un «autre je ». C'est assez rare, mais ça existe. Mais de façon générale, le fou, le mat, le malade mental, le rêveur de l'absolu... subit le sort de l'autre, du différent, de celui venu d'ailleurs, du non-conforme, du nomade, du clandestin, du déviant par rapport aux rigidités sociales, de celui que la petitesse d'esprit et l'égoïsme titanesque des contemporains fulminent et stupéfient... Je te rappelle, mais je te l'ai déjà dit, la façon dont je formule cette pensée de Pascal à propos de la folie : Quelle folie que de n'être point fou !

 

 

Je disais encore une chanson sur la folie... Car il me souvient, Marco valdo M.I., mon ami, que tu en as déjà abordé plusieurs dans ce site et tu en as même écrite une... Elle était d'ailleurs confondante, bouleversante, renversante de tendresse... Si je me souviens bien, elle s'intitulait Hou ! Hou ! [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8853&lang=it]]... et donc, cette fois...

 

Donc, cette fois, c'est une chanson de Germano Bonaveri que j'ai traduite et qu'il chante en italien, en espagnol et en français, dans la version ci-dessous. Mais outre que de parler de la folie et de la place du fou dans le monde des hommes, elle parle aussi du destin, car le fou qui apparaît dans la chanson, c'est un arcane du tarot de Marseille... connu sous le nom du Mat, vieux nom français pour le fou. On le retrouve ce nom de Mat en anglais sous le mot déformé de « mad » et bien sûr, en italien « matto ». Regarde, cette belle façon de décrire la personne du mat : « Celui qui vit comme un chat ». Autrement dit, celui qu'on ne soumet pas, celui qui sans trop se poser de question vit en pleine liberté.

 

Oui, c'est bien mon avis aussi, ce monde – que j'ai parcouru dans bien des sens, m'apparaît comme bien trop policé. C'est ça, le monde des humains est trop policé... On a bien du mal à y vivre dans la sérénité. Pourtant, comme dit Léo Ferré : « la vie est courte et il n'y en a qu'une. Qu'on soit Ricain ou qu'on soit Russe... Y en a marre ! » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=7794&lang=it]]. Crois-moi, Marco Valdo M.I., mon ami, le monde actuel, celui de la Guerre de Cent Mille Ans, celui qui veut que tout le monde soit sous la domination des riches, où tous doivent subir les effets du droit d'exploiter la terre, le temps et la vie des autres, où tous doivent payer de leur sueur, de leur sang les caprices des riches, ce monde de l' « ARBEIT MACHT FREI », ce monde du libéralisme et du travail obligatoire, ce monde-là est incurable et l'origine de sa maladie, l'élément moteur de sa folie, c'est l'avidité, le goût de la richesse, la richesse elle-même que d'aucuns poursuivent comme des enragés... en écrasant tout et tout le monde sur leur passage... À côté des riches d'à présent, Attila était un chérubin plein de délicatesse... Alors, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche prophylactique et tissons le suaire de ce monde destructeur, brutal, inconscient et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Depuis des millénaires, j'habitais au milieu des mers

Comme dans un pouding, flotte une cuillère :

Au-dessus de ma tête, tout bleu, un haut ciel

Sous mes pieds, un autre ciel tout pareil.

 

Cependant, un jour, j'imaginai un autre matin

Je décidai avec ingénuité de sauter

Vers l'autre rive, bien au-delà du destin

Que l'existence semblait me réserver.

 

Puis, à l'improviste, Tempête m'agrippa

Océan debout me paralysait de terreur,

D'un seul coup, ma barque chavira

Et je fis naufrage sur les plages de l'erreur.

 

Dites-moi fou, s'il faut

Car le gêne de la folie

N'est pas un défaut

N'est pas une maladie.

 

Je suis l'unique qui n'a pas de chiffre ;

La vraie liberté n'a pas d'adresse.

C'est pourquoi on dit fada,

Celui qu'il vaut mieux écarter

Celui qui vit comme un chat,

Celui qui choisit de rester

En marge du monde

Où il n'y personne qui réponde

Pour qui a touché l'infini

Et n'en a pas encore fini.

 

Moi, depuis ce jour, je ne connais plus de peine

Et je n'agis que pour ce que je sais

La légèreté sans l'influence du passé

Est comme le chien qui me pousse dans l'aine :

 

Pure action dans cet éternel présent

Mon espace, c'est moi. Je n'ai plus de lieu,

Je suis le phénomène effronté et impertinent

La métaphore parfaite et indéchiffrable de Dieu

 

Appelez-moi fou, s'il vous chaut

Car le gêne de la folie

N'est pas un défaut

N'est pas une maladie.
Je suis l'arcane majeur

Qui n'est pas numéroté

Telle est la valeur

De ma liberté.

 

C'est comme ça, on dit fou

Sans trop chercher, par où

Esquiver l'embarras

De qui ne comprend pas

Celui qui vit comme un chat

Aujourd'hui comme demain.

Donc fou, criez-le moi

Vous êtes si loin.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 22:16

LE DIABLE

 

Version française – LE DIABLE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Le Diable – Germano Bonaveri – 2011

 

Voici une chanson, mon ami Lucien l'âne, qui devrait te ravir ainsi que tous les ânes, les athées, les bouffeurs de curés (mangiapreti), les anticléricaux, les sans Dieu, les mécréants, les païens, les enfants de la raison, les fils de la science, les humains, les descendants de Cro-Magnon, les porteurs de lumière, les excommuniés, les infidèles, les incroyants, les vrais optimistes, les gens d'Albi, les amoureux de la vie, les vivants...

 

Si je comprends bien, dit Lucien l'âne l'initié d'Eleusis, tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le « In God we trust », dans le « Gott mit uns », « Dieu le veut » et autres fadaises... Ceux qui comme nous ont comme devise : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari ».

 

Oui, en effet, et ceux aussi qui, à l'occasion, chantent le Semeur. [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=37216&lang=it]]. Et bien entendu, terminent par un vibrant « Oui, nous irons chasser, ohé, la calotte... À bas la calotte ! »

 

Voilà pourquoi, Marco Valdo M.I., mon ami, il nous faut sans relâche tisser le suaire (comme à Turin) de ce monde crédule, superstitieux, sectaire, imbécile et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


 

 



Je suis l'androgyne obscène et bisexuelle

La monade maudite qui fait peur

L'ange sans maître et sans frayeur

La fleur qui éclot d'une tombelle.

 

Toute vengeance naît de mon cerveau

Je suis le bourreau qui vous mène à l'échafaud

Avec au cou, la croix de votre Dieu impeccable

Mais en poche, le maître-atout du Diable.

 

L'abîme sans fin,

D'où naît le vide, engendrera

La première étoile du matin

Quand le matin se lèvera.

 

Multitude ambitieuse

Sur la voie de la sénilité,

Je suis le seigneur et l'accoupleuse,

Noumène de l'humanité.

 

Je suis l'idée et la révolution,

L'antagoniste perspicace

Je vis dans une quatrième dimension

Qui n'a ni temps ni espace.

 

Je suis le mystique impénitent

Le chaman investigateur

Je suis la rage des gens

La Beauté dans l'erreur.

 

Je suis l'instinct charnel sans pudeur

Le mensonge le plus infâme qui fut jamais dit

Je suis le corrompu et le corrupteur

Je suis la part la plus vraie de vos vies.

 

Je suis le démon de la désobéissance

La quinzième carte sur la table,

Le lieu secret de la concupiscence,

En somme, en d'autres mots, ton diable.

 

L'abîme sans fin,

D'où naît le vide, engendrera

La première étoile du matin

Quand le matin se lèvera.

 

Je suis l'âme impénitente

Giordano Bruno sacrifié

L'inquisition militante

Et le martyre du condamné

 

Je suis Dante l'initié

Adam Kadmon pécheur,

Je suis Judas réincarné,

Prométhée le trompeur.

 

Je suis la rage et la compassion

La tentation du péché

Je suis la voie de l'initiation

Le désir jamais réalisé.

 

Je suis l'être et le néant

Je suis le semblable et le différent.

L'impérialisme délirant

De la pensée de l'Occident.

 

Je suis l'équivoque qui se déchaîne

Face à la vraie superstition

Je suis le décor et la mise en scène

Je suis la politique et la religion.

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 11:46

LA JUSTICE

 

 

Version française – LA JUSTICE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – LA-JUSTICE – Germano Bonaveri

Texte et musique : Germano Bonaveri.

 

 

 

Voici une chanson tirée de L'ORA DELL'OMBRA ROSSA... Elle s'intitule LA JUSTICE, y compris dans la version italienne...

 

Voilà qui est bien curieux, dit Lucien l'âne en secouant ses naseaux fumants dans ce matin d'hiver.

 

C'est curieux, en effet. J'ai moi-même été surpris au départ quand j'ai vu que les titres des onze chansons italiennes de Bonaveri étaient tous en français. Mais cette curiosité s'explique aisément, puisqu'il s'agit des personnages, des figures tirées du tarot de Marseille... Un des plus anciens tarots connus et tant que j'y suis, je te rappelle quoique tu doives en savoir mille fois plus que moi sur la divination, toi l'ensorcelé, je te rappelle donc que le tarot a deux usages : celui commun à tous les jeux de cartes... C'est-à-dire justement de jouer – lieu de loisir et de lien social ; et celui d'instrument de divination.

 

Évidemment que je sais tout cela. Tu me prends pour un homme ? J'ai quelques lumières sur la divination et la sorcellerie, sans compter que je connais aussi les mystères de l'antique Grèce, y ayant été initié quand l'Ionie était un des hauts lieux de la Grèce, d'où vinrent rien moins qu'Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Anaxagore, Pythagore et Thalès. Je te dis ça, car comme souvent déjà je te l'ai révélé, je les ai croisés et même, pour certains, véhiculés sur mon dos poilu. Mais que cela ne te retienne pas et continue donc à m'expliquer...

 

Donc, je disais, le tarot est instrument de divination et c'est dans ce rôle qu'il apparaît dans les chansons de Germano Bonaveri, tout comme il apparaît dans l'excellent livre d'Italo Calvino – auquel comme tu sais, d'étranges secrets me lient. Ce livre s'intitule « Il castello dei destini incrociati », « Le château des destins croisés ». Tout un livre bâti sur le tarot, tout un album construit sur le même tarot... Le tarot dit de Marseille, un des plus anciens connus... Voilà pourquoi les titres sont en français, même en italien. Mais cette chanson intitulée LA JUSTICE, comme on le verra, parle des rapports entre la Justice et le Pouvoir, situation des plus complexes et des plus ambiguës. Je te résume les deux positions : du point de vue du pouvoir, la Justice est une simple auxiliaire et si elle doit s'appliquer à tout le monde, elle ne peut s'appliquer au pouvoir lui-même, lequel se considère comme son maître.

 

En somme, dit Lucien l'âne, le pouvoir se considère hors d'atteinte de la Justice... et c'est bien ce qui se passe quand la Justice est serve.

 

Exactement. Quand la Justice est à la botte (n'y vois, je t'en prie aucune allusion...), le pouvoir ou son incarnation, dit à la Justice ce qu'elle peut faire, ce qu'elle doit faire et ce qu'elle ne peut pas faire, ce qu'elle doit ignorer... C'est là que la Justice devient aveugle. Quand on lui bande les yeux et plus encore, quand on les lui crève.

 

Et que se passe-t-il dans le cas contraire, quand la Justice relève la tête, retrouve sa dignité et fait ce pourquoi elle est là ?

 

C'est l'autre position évoquée plus... Quand la Justice ne soucie pas des injonctions du pouvoir, quand la Justice n'est pas serve, quand elle peut agir en toute conscience, en toute liberté de paroles et d'action... C'est la conclusion de notre chanson : « Dame Justice est revenue – Et l'empereur décapité. »... Enfin, je te renvoie à la chanson qui en dit bien plus que ça : elle parle d'équité, de révolution, de coup d'état, de dictature, de démocratie dévoyée... Bref, elle parle de notre quotidien...

 

Je vois, je vois, dit Lucien l'âne... La justice, quelle belle dame, quelle égérie... Il lui faudrait se débarrasser de ses chaînes en or et refuser d'appliquer la loi des riches, refuser de prendre leur parti dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres... Elle devrait refuser d'être leur servante et dire qu'il est injuste d'accumuler les choses, injuste de vouloir dominer les autres, injuste d'exploiter les gens, injuste de tirer des profits, injuste d'accaparer les biens communs... voilà aussi pourquoi j'aime bien cette chanson, et pourquoi, quand même, il nous faut tisser – comme les Canuts – le linceul de ce vieux monde inique, léonin, truqueur, injuste et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Le dimanche au marché

Arriva dramatique la notice

Qu'un commando masqué

Avait enlevé Dame Justice.

La foule estomaquée resta sans voix

Tandis qu'on l'emmenait,

Prisonnière d'un petit roi

Dame de compagnie au palais.

 

Les ploutocrates rapidement

Contrôlèrent l'information

Le résultat ne se fit pas attendre longtemps

Les pauvres gens tombèrent en confusion.

Les plus imbéciles se rassurant

Prirent le fait avec euphorie

Une dictature en rampant

Chassa la démocratie.

 

Dame Justice n'était pas un laideron

Elle fit de vertu nécessité

De son magnifique cul rond

Elle s'ouvrit les portes de la félicité.

Neuf mois après cette dévotion

Arrivèrent les fruits de ce bonheur.

Elle les baptisa Châtiment et Condamnation

Enfants illégitimes de la rancœur.

 

Belle Dame

Ayez confiance,

Car il viendra le temps

De la vengeance.

 

Plus par talent que par chance

Elle fut la favorite de l'Empereur

Maintenant elle est la Reine

Des putains de Sa Grandeur.

 

Elle garda Condamnation adolescente

Courtisée par les ruffians assassin

Châtiment qui s'impatiente

Les chasse comme des chiens.

 

Ce fut en ces instants interminables

Qu'elle décida d'agir avec diligence

Et ce fut une fille des invisibles

Qui dut exécuter la vengeance.

 

Un dimanche qui lui était propice

Elle se mit en route pour le marché

Le soir même, Dame Justice

Porta dans son giron son péché.

À la cour du Grand Sultan

Personne ne savait la vérité

À sa naissance, pourtant, il parut un peu étonnant

Qu'elle voulut l'appeler Équité.

 

Belle Dame

Il ne faut pas tarder

Le temps est venu

De retourner.

 

Tout se passa rapidement

Le coup d'État fut dénoncé

En présence de tous les gens

Le tyran fut condamné.

La sentence fut exemplaire

Équité témoigna de l'affaire

Il revint à Condamnation de fixer

Et donc, à Châtiment d'exécuter.

 

La nouvelle est parvenue

Sur la place du marché
Dame Justice est revenue

Et l'empereur décapité.

 

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 21:30

CENDRES

Version française – CENDRES – Marco valdo M.I. a – 2012

Chanson italienne – Cenere – Germano Bonaveri

 

 

Il y a , Lucien l'âne mon ami, il y a souvent, peut-être même toujours diverses interprétations possibles à une chanson et souvent, certaines d'entre elles échappent à l'auteur... Au moins au moment où il l'écrit... Par la suite, comme n'importe quel lecteur – auditeur, il lui arrive de les découvrir. Les mots sont comme les cendres des enfants d'Auschwitz – fumées et cendres – dont parlait la chanson de Guccini [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=7]], quand ils s'envolent, on ne sait trop ce qu'ils vont devenir, ni même s'ils vont devenir.

 

Je me souviens très bien de cette chanson de Guccini... Pleine de cendres et de fumées... Une histoire un peu comme celle de la vie elle-même telle que la décrit Macbeth : 

« The way to dusty death. Out, out, brief candle!
Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more: it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing. »

 

Tu as raison, l'âne aux mille visages et aux vies tout aussi innombrables, il y a de ça dans la chanson de Germano Bonaveri... De cette « dusty death » qui ne saurait tarder, de ce « walking shadow », de ce « poor player »... Un ton , une fragance des bords de Tamise... C'est ça que j'aime dans cette manière d'aborder la chanson, avec ce qu'il faut de philosophie pour inquiéter les esprits et traverser les temps. Suffisamment énigmatique pour tenir le cerveau en éveil, assez claire pour le satisfaire un instant, assez séduisante pour qu'on y revienne et d'une belle saveur poétique à chantourner la langue. Je te dis cela et je te rappelle, des fois que cela t'aurait échappé, que je l'ai traduite cette chanson... Oh, ce n'est sans doute pas la meilleure des traductions, mais c'est la mienne... Autrement dit, je l'ai examinée cette chanson de Cendres de près et comme il se doit, j'ai dû la démonter et la reconstruire dans une autre langue... Dès lors, je puis t'assurer qu'elle a bien des qualités... Et comme une belle dame, je ne te dirai jamais ses défauts, pour autant que je lui en trouve...

 

Mais au fait, où voulais-tu en venir avec cet excellent préambule ? Car, pour ce qui me concerne, j'ai perdu le fil... dit l'âne Lucien en ouvrant de grands yeux interdits et en dressant ses oreilles en points d'interrogation.

 

Oh, je te l'ai laissé entendre dès le début... C'est sa proximité avec la chanson de Guccini. On peut l'entendre comme une chanson à résonance individuelle... Un père, un fils, une interrogation sur la relation (Che ora è ?), une solitude qui se désespère, une autre qui part dans la brume... Ou la voir comme une réflexion sur d'autres désespoirs, d'autres dimensions du malheur... Par exemple, prends le personnage d'Anna, qui apparaît au détour d'un vers :

« Anna qui rêve d'un amour qui ne peut pas survivre En laissant mourir une larme dans le bassin,... »,

n'est-elle pas celle qui nous laissa son journal pour tout bagage ? Et puis, ne peut-on voir ces millions de destins individuels charriés par le fleuve noir de la démence dans ces vers :

« Pourtant, parmi ces particules friables d'humanité,

Tu pourrais lire d'anonymes histoires glissées dans ta mémoire.

Chaque colline de cendre a sa vérité... ».

 

Oui, maintenant que tu le dis...

 

Tu sais, Lucien l'âne, mon ami, je vais te laisser expérimenter le chemin poétique... Et pas seulement pour cette chanson-ci. Le chemin poétique, je vois ton regard... Le chemin poétique... Il suffit de se laisser porter et des vents inconnus tirés par des courants « variopinti » t'emmènent dans les étranges pays où vivent la pensée et sa sœur, l'imagination. Ce sont des endroits où l'on ne s'ennuie jamais.

 

Je les connais bien, j'y vais souvent et depuis si longtemps et en effet, je ne me suis jamais ennuyé... Qu'est-ce donc que l'ennui ? Si je pouvais – au moins une fois – l'éprouver... Oui, je les connais bien et de puis longtemps ces chemins poétiques, ces endroits où conduisent les vents imaginaires... Il est facile de les connaître... il suffit pour cela s'échapper des mains des hypnotiseurs et de tourner le dos à leurs machines à décerveler... Ainsi, de nos rêves et de nos méditations fragiles et obstinées, tissons le linceul de ce vieux monde plat comme un écran, rébarbatif, hypnotique et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 


La voile recueille la coulée du vent ; au loin, sur le canal,

Le déshabillage des arbres cède les feuilles à la vie.

Comme tombent en chute libre les confettis du carnaval,

Les instants qui passent se muent en années de ta vie.

 

L'écho lointain des impressions crie de ton passé

Je gèle comme la cendre grise brûlée sur un ancien bûcher .

L'impalpable imprécision de ce qui a été

Ne laisse pas de trace quand le présent s'est consumé.

 

Pourtant, parmi ces particules friables d'humanité,

Tu pourrais lire d'anonymes histoires glissées dans ta mémoire.

Chaque colline de cendre a sa vérité,

Chaque vérité peut accoucher du vagissement d'une histoire.

 

Anna qui rêve d'un amour qui ne peut pas survivre

En laissant mourir une larme dans le bassin,

Un chien qui aboie à la lune et semble presque rire

De ce qu'il cherche un patron dont il n'a pas besoin.

 

Un père assis dans un bar, la tête entre les mains

Qui appelle par son nom un fils déjà parti ailleurs

Poussé par son impatience d'accepter demain

Et le cauchemar de ne pouvoir se réinventer un lieu.

 

Ces yeux grand ouverts et tristes derrière l'avenir

D'un enfant encore maltraité sans raison,

Quelqu'un subira un futur à vomir

En pleurant une enfance nue et sans compréhension...

 

Toutes histoires comme file doucement la cendre dans le vent,

Se posent tranquilles poussières sur mes moments d'ennui.

Peut-être n'est-elle pas folie, la nostalgie que je ressens maintenant

Pour toutes mes espérances qui ne sont pas changées en vie.

 

Pendant que l'automne enlève les feuilles oubliées sur le canal

Se couche sur nos vies habituelles un soleil routinier

Des tas de cendres s'évanouissent doucement sans faire mal

Fils de feux allumés sur des histoires oubliées,

Et cette cendre glisse tranquille dans ton été.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 12:32

LA BALLADE DES RÉVOLTES

 

Version française – LA BALLADE DES RÉVOLTES – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne - La ballata delle rivolte – Resto Mancha – 2005

Texte et musique de Germano Bonaveri

 

 

 

Quand Lada s'échappa de la guerre, à Sarajevo, c'était une enfant. Lada est ma soeur, elle l'est devenue. Lada a de toute façon été chanceuse; pendant que nous regardons la télévision et nous horrifions pour la férocité de l'homme, des enfants meurent en épaulant le fusil, quand ils devraient sourire en s'enlaçant dans une ronde. Il y a à avoir honte du genre humain, parfois.

 

 

 

Je crois bien que Germano Bonaveri a raison... Il y a de quoi avoir honte de ce genre de gens...

Rappelle-toi ce que disait Jacques Brel :

 

« Pauvre monde, insupportable monde

 

C'en est trop, tu es tombé trop bas

 

Tu es trop gris, tu es trop laid ;

 

Abominable monde. »

 

Il le disait dans une chanson intitulée L'HOMME DE LA MANCHE [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=39065]], ce qui devrait bien se dire en italien : L'Uomo della Mancha.... Je dis cela en référence au nom du groupe... "Resto Mancha" et aussi, à Don Quichotte qui semble bien aimer Bonaveri lui aussi..

 

 

En effet, dit Lucien l'âne, il y a de quoi désespérer de ce genre d'humains... Encore un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches, les aspirants riches et leurs séides font aux pauvres de tous les pays, de tous les temps, pour s'approprier leur sueur, pour tirer profit de leur faiblesse, pour leur prendre leur vie... Vois-tu, Marco Valdo M.I., mon ami, les riches sont les vampires du monde. Il n'y aura de paix que lorsqu'ils auront disparus de la surface de la planète et d'ailleurs... Alors voilà, tissons le linceul de ce vieux monde massacreur, tortueux, au cœur sale et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Une lumière étrange dans son ciel

Confirma le pressentiment:

Ce qu'il craignait arriva pour de vrai

Il descendit à la rue sans perdre temps.

 

Il chercha en toute hâte une pelle, une fourche,

Sa casaque en chenille grise ;

Un bout de bois pour barrer la porte

Il ferma derrière toute sa famille.

 

Les camionnettes étaient déjà arrivées :

Des escadrons de mort et des fusils,

Un mur d'hommes aux brassards gammés,

Des enfants cachés dans les granges.

 

Mains désarmées, sang, blessures

Pleurs étranglés des jeunes héros ;

Mille regrets de vies jeunes :

Trop de remords en chacun de nous.

 

Une casaque en chenille grise

Perdue dans le sang d'une nuit d'avril,

Recueillie par un enfant d'on ne sait quelle famille,

Endossée par un enfant qui porte un fusil.

 

Héritage ancien d'orgueil et de révolte,

Fils d'un peuple qu'il veut une terre;

Partie d'un mur qui se tait et écoute

Face aux canons qui tonnent à la guerre.

 

Une casaque en chenille grise

Perdue dans le sang d'une nuit d'avril,

Recueillie par un enfant d'on ne sait quelle famille,

Endossée par un enfant qui épaule un fusil.

 

Quelle tristesse dans un journal télévisé,

Quel courage assis dans un fauteuil:

Pour fuir, tu peux changer de canal,

Il y a un enfant qui tire que personne ne console.

 

Quelle tristesse dans un journal télévisé,

Quel courage assis dans un fauteuil:

Pour fuir, tu peux changer de canal,

Il y a un enfant qui tire que personne ne console.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:38

TORQUEMADA

 

 

Version française – TORQUEMADA - Marco Valdo – 2012

Chanson italienne – Torquemada – Germano Bonaveri – 2007





 


 

 





Voici, mon ami Lucien l'âne, la terrible présence du Grand Inquisiteur, personnage parmi les plus redoutables qui furent, Tomas de Torquamada. C'était un dominicane, un véritable «chien de son maître », une sorte de mâtin d'Espagne, pour laquelle il œuvra énormément à la catholicisation et à l'unification, écrasant tout ce qui menaçait cette douce perspective, si chère aux franquistes... ses descendants. Franquiste (son ordre – celui des dominicains – était, à l'origine, un ordre franciscain), fasciste et hitlérien avant l'heure...

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I., comment peux-tu prétendre pareilles choses à propos d'un religieux de la très Sainte Mère l'Église Catholique, Apostolique et Romaine... Ce sont là de graves accusations, même pour Torquemada, mort il y a plus de cinq cents ans... S'il revenait, il te brûlerait...

 

D'abord, mon ami Lucien l'âne, laisse-moi rendre grâce à ta sagacité... En effet, tu as parfaitement raison, s'il revenait, il me ferait brûler et toi aussi, d'ailleurs. Et je crois même que ses descendants, si on les laissait faire, n'hésiteraient pas non plus à nous faire notre fête, comme on dit ici. Il te ferait brûler comme sorcier et représentant de la figure du diable... Quant à moi, rappelle-toi, que je me nomme Valdo... Ce qui serait déjà une raison pour me torturer, me mettre à la question et me brûler... Torquemada et les inquisiteurs étaient des dominicains, des disciples de Dominique qui fit la croisade d'extermination des Cathares et contre les Vaudois (en italien, Valdesi). Leurs méfaits sont innombrables et on ne compte plus les crimes qu'on peut leur imputer. Ainsi, la seule liquidation des Cathares relève purement et simplement du génocide... Une sorte de crime contre l'humanité...

 

Tu sais, dit Lucien l'âne en serrant son regard noir comme le basalte, j'ai beaucoup circulé sur les bords de la Méditerranée, j'ai bien connu l'Espagne, j'ai été ravitailler Montségur, passant par de petits chemins à peine visibles... L'histoire retient qu'à Montségur : « Tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi périrent sur le bûcher qui fut dressé pour un peu plus de 200 suppliciés dont la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille : après avoir distribué tout ce qu'ils possédaient à ceux qui les avaient défendus durant dix mois, les parfaits de Montségur furent enfermés dans un enclos préparé au pied de la montagne puis les croisés mirent le feu aux fagots qui y étaient entassés. En tout, deux cent vingt hommes et femmes périrent dans le brasier. Parmi eux se sacrifièrent des soldats de la garnison qui n'avaient pas voulu les abandonner. » Et je peux te dire que tout cela est vrai... Je sens encore l'odeur des braises...

 

Ah, dit Marco valdo M.I., ce fut un grand temps de massacre. Quant à l'Inquisition espagnole, ce fut proprement terrifiant... Un vrai racket, organisé par une bande de truands... Tout-à-fait comparable à ce que firent plus tard les nazis... Car non seulement, ces déments de l'Inquisition, Torquemada à leur tête, chassèrent et massacrèrent les Juifs et les Musulmans, mais ils s'emparèrent – droit qui leur fut officiellement concédé par le Pape et par les Rois de la très Sainte et très Catholique Espagne – des biens de leurs victimes. Il n'y a pas de petits profits... En somme, ce fut une grande crapulerie.

 

On ne pouvait attendre moins de ces gens-là. Et comme je te l'ai dit tout à l'heure, si on les laissait faire, ils recommenceraient sans aucune hésitation... Ils l'ont d'ailleurs déjà fait... Quant à nous, il nous faudrait retourner dans les montagnes... Ora e sempre : Resistenza ! Mais peut-être comme dit la chanson de Bonaveri, s'y prendraient-ils autrement.. En usant de moyens modernes, de la télévision, des États – par exemple en mettant des gens à eux à la tête d'un pays... Un peu comme Salazar au Portugal... Rappelle-toi... Salazar...

 

Mais oui, António de Oliveira Salazar, ce fervent catholique portugais, qui paré des plumes de l'économiste s'en vint en pleine crise économique prendre les rênes de son pays pour le sauver... Un sauveur... Un technicien... Un spécialiste de l'économie... Il en fit une dictature de cinquante ans... Un pays épouvantable... Tu as d'ailleurs fait une chanson sur cette période, n'était-ce pas la chanson sur Pereira [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=37262&lang=it]]...

 

C'est exact... Lucien l'âne mon ami, tu as une excellente mémoire. Et ta remarque sur Salazar me fait penser à certaines circonstances actuelles où dans un pays que je ne nommerai pas – mais sur le territoire duquel s'insère le Vatican, dans une situation financière et économique difficile (ou prétendue telle), on vient de faire appel à un grand catholique, technicien économique de renom... Un spécialiste de l'économie... On dirait que l'histoire portugaise se répète ... Il faut se méfier des techniciens de l'économie... Surtout quand ils sont en plus à la tête d'un gouvernement.

 

Pour en finir avec Torquemada et ses descendants putatifs, je m'en vais reprendre – et je compte bien que tu en feras autant – ma tâche obstinée qui consiste – comme les Canuts – à tisser le suaire (s'agissant de grands de l'Église, c'est mieux !) de ce vieux monde moyenâgeux, qui pue l'encens, la cendre d'hérétiques, le bûcher, haineux et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Il faut beaucoup de rigueur

Et une moralité éprouvée

Pour ne pas abandonner la voie

De la vérité vraie .
Je me présente, Votre Excellence,

Je suis Tomas de Torquemada,

Homme de foi et de science:
Je vous demande de me concéder

De restaurer les vieux pouvoirs

De notre époque de gloire,

Où l'on combattait l'impiété'

Au tribunal de l'inquisition.

 

Combien figures, Seigneur Torquemada,

Et combien d'astucieux déguisements!,

Vous en avez fait du chemin : compliments !

Indemne, malgré les siècles délirants,

et maintenant je vous retrouve même chaque soir

À bonimenter dans les journaux télévisés

Mais votre figure n'est pas la vraie

Ou ce sont des disciples immoraux

Qui se répartissent les retransmissions

Pour s'assurer cette impunité

Fille de siècles d'inquisition

Mère de notre société.

 

La lame de l'assassin de chèvres

A toujours un mouton à égorger,

Ainsi, qui cherche à condamner

Trouve toujours une loi à faire respecter;
Mais il reste le doute, Seigneur Torquemada,

Qu'un juge puisse se tromper parfois

Et qu'aucun dieu ne lui accorde

Le droit de juger

Et dans ces jours de Moyen-Âge,

Où chaque sort est décidé par vous,

L'enfer aussi a peur

Et maintenant, prie pour nous

 

Je me présente, Votre Excellence,

Torquemada était mon nom:
Certains maintenant renient l'homme

En abusant du nom de dieu,

Les sicaires de l'arrogance

Se répartissent le pouvoir

Avec une aveugle violence

Plus subtile que ma torture.

Tandis que comme le Juif Errant, je cherche le repos

En vaguant dans l'éternité,

Mon projet monstrueux

Se reproduit en chaque société'

 

Il nous faut beaucoup de sueur

Et une certaine dose de folie

Pour parler à l'ami

Et semer une idée...

Torquemada peut se reposer

Et ses subordonnés s'en aller :

Il suffit d'arrêter de subir

Chaque jour le même mensonge.

Dans ces temps moyenâgeux

Il suffit du courage d'aimer,

Pour renier de toute son âme

Les très saints inquisiteurs.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:37

À CONTREVENT

 

Version française - À CONTREVENT – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Controvento – Germano Bonaveri – 2010

(

Texte : G.Bonaveri

Musique : M. D’Adda)

 

Chanson de séparation, sans doute. Chanson désabusée, certes, mais aussi, chanson d'errance. Chanson d'un mal de vivre...

 

 

 

 

Je m'en vais, n'insistez pas:
C
e n'est pas le moment

Et je n'ai plus l'âge.
Merci, tout va bien

Mais maintenant il est tard,

On se recontactera.
Je m'échappe, je descends les escaliers

Calme, cherchant dans l'obscurité,

De cette nuit de phrases usées,

Un monument à l'imbécillité.

 

Si tu as encore quelque chose

À offrir

À qui te rencontrera,

Mets ton meilleur habit

Et attends que vienne

Le jour qui viendra.

 

J'espère que ton souvenir

Trouve son crépuscule,

Et le mal s'évanouira.

 

Lambeaux de complicité:

Le regard d'un passant

Il demande l'heure et s'en va.

 

Heure de partir avec moi
Heure de mots jetés au vent,

Envie de fuir loin de moi
Heures de mots jetés distraitement.

 

Feuilles d'un autre automne

Remords que je ne bercerai pas.
Je laisse chaque regret

À l'irrésolu de mon existence

Pour qu'ensuite, ça passe,

Que la douleur passe

En me laissant tranquille

Au dehors et au dedans.

 

Si tu as encore quelque chose

Que tu voudrais offrir

À qui te rencontrera,

Mets un habit quelconque

Et attends que vienne

Le jour qui viendra.

 

Si tu as encore quelque chose

Que tu voudrais raconter

À qui t'écoutera,

Mets un habit quelconque

Je saurai t'attendre

Et te reconnaître.

 

Heure de partir avec moi
Heures de mots jetés au vent,

Envie de s'échapper avec toi
Envie de jours jetés à contrevent.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:03

LE CHARIOT

 

Version française – LE CHARIOT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – LE CHARIOT – Germano Bonaveri – 2011

 

(Texte et musique : Germano Bonaveri)

 

 

 

En novembre dernier, j'avais traduit les 11 chansons de de Germano Bonaveri. J'avais fait cette traduction à sa demande... Il m'avait contacté après avoir lu les traductions que j'avais faites de certaines de ses chansons sur le site des Chansons contre la Guerre. Comme vous le savez, l'album « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » est construit sur l'idée que les arcanes majeurs du tarot de Marseille ont un sens particulier et à leur manière, signifient le monde.

Ces traductions ont paru suffisamment intéressantes à Germano Bonaveri qu'il a décidé d'en faire la version française de « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » et de l'enregistrer en ce début d'année. Tout comme il l'a déjà fait bien évidemment pour sa version italienne, mais aussi pour la version espagnole.

 

Comme des traductions étaient une commande... et qui plus est, une commande du diable... Comme dit Léo Ferré : « Une commande du diable, mon dieu, ça change. Thank You, Satan ! »... Je ne les ai pas publiées et je ne l'aurais pas fait de sitôt et certainement pas, avant d'en avoir conféré avec Germano Bonaveri.

Alors, les voici et cette fois-ci, avec l'accord et à la demande de Germano Bonaveri lui-même.

 

 

La cinquième des chansons de « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » s'intitule le CHARIOT. Le texte et la musique sont de Germano Bonaveri.

 

 

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

C'est le temps où tout s'accomplit,

Ce n'est pas un temps de prière.

Nous allumerons tous les feux

Pour conjurer l'obscurité ;

Nous nous battrons jusqu'à la mort,

Mais contre quoi, personne ne le sait.

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Les soldats sont déjà prêts

À s'immoler encore une fois.

Ils ont déjà érigé un monument

Au premier martyr qui tombera.

Ils se battront sportivement

Mais personne ne sait contre quoi.

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

On a injecté tous les vaccins

Jusqu'à celui contre la peur

Comme les punaises dans les chemises vertes,

Les luminaires de la santé,

Ils font des millions en vendant des médicaments

Mais personne ne sait contre quoi !

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Ces messieurs de la finance

Semblent des barques dans la tempête.

Il paraît que le seul paradis

Disponible dans l'au-delà

Est géré par quelqu'un d'autre

Et s'il est fiscal personne ne le sait !

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Les politiques dans les débats

Des programmes du soir

Recommandent leur nom

Aux futurs électeurs de l'éternité,

Pour prendre la place de Dieu

Mais si Dieu existe, personne ne le sait.

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre noire !

Il y a des amoureux

Qui font l'amour une fois encore ,

Mais l'étreinte des miséreux

N'est pas en odeur de sainteté.

Ce sera certainement péché,

Mais contre quoi personne ne le sait.

 

Voici l'heure de l'ombre longue

Voici l'heure de l'ombre rouge !

Madeleine attend un fils.

Madeleine fait une promesse :

L'horizon sera rayonnant

Quand le destin s'accomplira !

Quand la tête du serpent

Madeleine écrasera.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:40

 

En novembre dernier, j'avais traduit les 11 chansons de de Germano Bonaveri. J'avais fait cette traduction à sa demande... Il m'avait contacté après avoir lu les traductions que j'avais faites de certaines de ses chansons sur le site des Chansons contre la Guerre. Comme vous le savez, l'album « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » est construit sur l'idée que les arcanes majeurs du tarot de Marseille ont un sens particulier et à leur manière, signifient le monde.

Ces traductions ont paru suffisamment intéressantes à Germano Bonaveri qu'il a décidé d'en faire la version française de « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » et de l'enregistrer en ce début d'année. Tout comme il l'a déjà fait bien évidemment pour sa version italienne, mais aussi pour la version espagnole.

 

Comme des traductions étaient une commande... et qui plus est, une commande du diable... Comme dit Léo Ferré : « Une commande du diable, mon dieu, ça change. Thank You, Satan ! »... Je ne les ai pas publiées et je ne l'aurais pas fait de sitôt et certainement pas, avant d'en avoir conféré avec Germano Bonaveri.

Alors, les voici et cette fois-ci, avec l'accord et à la demande de Germano Bonaveri lui-même.

 

 

La première des chansons de « L'ORA DELL'OMBRA ROSSA » s'intitule le BATELEUR, c'est-à-dire le bonimenteur, le marchand de foire... Le texte et la musique sont de Germano Bonaveri.

 

 

LE BATELEUR

 

Version française – LE BATELEUR – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – LE-BATELEUR – Germano Bonaveri – 2011

 

(Texte et musique : Germano Bonaveri)

 

 

 

Je joue avec les ombres

Des morceaux de vies légères flottent

Dans cet univers à deux dimensions

Tout comme le mur de ma maison.

 

Je joue avec les ombres

Qui docilement obéissent

Dans leur existence verticale

Pendues dans la lueur d'une seule chandelle.

 

Je joue avec les ombres

Dominant la matière des rêves

Je sens la pulsion de mon instinct animal

Une sensation chaude et viscérale.

 

Jouer avec les ombres !

Je peux m'affairer avec l'interrupteur

Et en m'imaginant maître des astres

Repartir de mon ultime erreur !

 

Je joue avec les ombres

En bougeant de façon obscène mes doigts minces

Je fais un signe de la paume de la main

Je le caresse et me caresse tendre, tendre

 

Je joue avec les ombres

Je joue un jeu divin

Je peux être Abel et me transformer en Caïn.

J'ai besoin de pouvoir

J'ai besoin d'autres mains

Moi, titan parmi les nains

Ou victime d'un destin

Que je pressens dans le noir ?

 

Je joue avec les ombres

Le peu de lumière éclaire mon silence,

La rancœur veille dans la pièce sombre

Où se brouille le nœud de la vie.

 

Je joue avec les ombres

Si j'avais d'autres mains, je te dessinerais

mais je ne sais pas projeter le désir

Sur les murs de mon antre.

 

Je joue avec les ombres

En bougeant de façon obscène mes doigts minces

Je fais un signe de la paume de la main

Je le caresse et me caresse tendre, tendre.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 13:28

DE LA DIVERSITÉ

 

 

Version française – DE LA DIVERSITÉ – Marco valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Delle diversità – Germano Bonaveri– 2010

 

 

 

Il existe une échelle précise de valeurs

Il y a les perdants et les vainqueurs

Et spécialement, pour chacun, une couleur

Qu'il te faut apprendre à comprendre...

La distinction est claire

Entre le pire et le meilleur...

Il y a urgence, il y va de l'homme

 

Tu sais que les bons ne perdent jamais

Ils ont le soutien du ciel

Pour cela, tu dois te souvenir de rester avec nous

Nous, nous sommes dans le vrai...

Il y a cet étrange dessein humain

Qui crée l'ennemi et le divers

Cette violence du quotidien

Ce jeu pervers...

 

Il y a des terres lointaines à explorer

Au-delà du sens commun

Et d'autres peuples à rééduquer

Jusqu'à la fin,

Car au nom de l'idéologie,

Tout peut se justifier,

Mais pour que la faute ne retombe pas seulement sur moi,

Tu devrais y participer.

 

Vous êtes des ombres chinoises sur un mur

Dessinée par une autre main...

Vous aurez tous un splendide futur

Avec un fusil à canon scié à la main,

Nous vous enseignerons la discipline

Hypnotisés par la télévision,

Nous vous laisserons sortir tous les matins

Seulement à de strictes conditions.

 

Terres lointaines

Sans téléphones, sans vitrines

Océans à explorer

Sans une plage pour naufrager

Mers sans vent

D'un portulan du quinzième

Terre comme des saisons

Sans condamnations ni absolutions

 

Mais il y a une inconnue à contempler

Dans établissement d'une stratégie

Il y a toujours un qui ne veut pas obéir,

N'est pas aligné, ne suit pas la route.

Le chien sans collier qui a perdu une oreille

Quand il luttait pour un bout de pain

Présenté par la main d'un vieillard

Qui de l'autre cachait un bâton.

 

Et il n'y a pas d'échelle de valeurs

Même ton dieu ne t'appartient pas

Il y a des différences et des couleurs

Qui savent et peuvent vivre ensemble.

Il n'y aura pas d'uniforme

Et il n'y aura pas de héros,

Et la conscience recluse

S'éveillera tôt ou tard.

 

Soyez l'inconnue ignorée

Des manuels de l'autorité,

Soyez la force qui arrive inspirée

Soyez la vraie possibilité

Soyez le sourire de l'inconscience

La légèreté de la stupeur

Soyez la voix de l'inexpérience

Mais une voix claire d'amour.

 

Et ne cédez pas à la mode

Et n'ayez pas de rage

Car on ne s'aime pas par foi

Mais seulement par amour...

Et alors peut-être vous écrirez une histoire

Où la beauté est dans la diversité

Et ne parlez pas de victoire

Mais seulement de liberté.

 

Terres paysannes

Sans téléphone, sans vitrine

Terres à explorer

Avec des ciels azurs à corps perdu sur la mer

Terres sans vent

D'un portulan du quinzième

Terres sans barrières

Toute une vie à cultiver.

 

Terres paysannes

Sans téléphone, sans vitrine

Terres à explorer

Avec des ciels azurs à corps perdu sur la mer

Terres sans vent

D'un portulan du quinzième

Terres à inséminer

Pour une histoire toute à inventer.

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