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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 19:50

BALLADE D'UNE MÈRE

 

Version française – BALLADE D'UNE MÈRE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Ballata di una madre – Eugenio Bennato – 2008

 

Texte d'Eugenio Bennato
Musique de Carlo D'Angiò

 

 

Ainsi va le monde

Que la beauté fait tourner

Que son histoire voit passer

Monnaies fausses et vraies monnaies

Qui n'a pas frontières

Dont la lune fait penser

Dont la nuit fait comprendre

Que sans amour on ne peut rester..

 

Ainsi va le monde

Où le sirocco fait suer

Où dans le brouillard des cheminées

On voit le bien-être et la misère

Dans le bruit des fanfares

Elle voit ses fils prêts à partir

Dans le jeu inutile des guerres

Où s'éteignent les guitares.

 

Et ce fils de maman seule

Qui se le prend, qui se le prend

Et ce fils de maman seule

À qui il ressemble? À qui il ressemble?

 

Ainsi va le monde

Que la chance fait tourner

Que la richesse fait devenir fou

Que son art fait voler

Des bas-fonds de ses sorcières

Des labyrinthes des mines

Aux horizons sans frontière

Aux pas libres des fillettes.

 

Ainsi va le monde

Qui traîne avec soi sa mer

Et sa musique et le récit

De chaque naissance et de chaque mère

Avec le sourire et avec le sentiment

Il met au-dessus des peurs

Toutes les vies à respecter

Les vécues et les futures.

 

Et ce fils de maman seule

Qui se le prend, qui se le prend

Et ce fils de maman seule

À qui il ressemble? À qui il ressemble?

 

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:18

MILLE



Version française – MILLE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson napolitaine italienne – Mille – Eugenio Bennato – 2011
Texte d'Eugenio Bennato
Musique de Carlo D'Angiò
Album: Questione Meridionale


« J'ai intitulé ainsi ce recueil de nouveaux morceaux en empruntant la célèbre expression apparue au Parlement de Turin, à peine réalisée l'unité de l'Italie. Mes maîtres sont gens anonymes d'un sud profond, les personnages qui racontent sont les brigands d'une histoire niée, les voix et les instruments sont l'expression d'un sud encore plus profond qui vient de la Méditerranée et de l'Afrique, mère de toutes les légendes, et arrive aujourd'hui en Italie avec les nouveaux flux migratoires de l'histoire. » (Eugenio Bennato)



 

Comme beaucoup le savent, ce site accueille une page fort importante sur ce qui est probablement la chanson la plus célèbre d'Eugenio Bennato : Brigante se more. Une page dans laquelle, entre autres choses, le même Eugenio Bennato est plusieurs fois intervenu pour clarifier quelques aspects de l'histoire et des raisons de cette chanson; mais elle comporte aussi une grande discussion pas seulement à propos de la chanson en soi, mais, également, de tout le problème méridional dans l'Italie postunitaire où se sont confrontées, avec des tons parfois acerbes, différentes positions. Nous ne voudrions pas nous tromper, mais nous il semble que dans l'album Questione Meridionale, et particulièrement dans cette chanson, retentissent presque les échos de cette discussion. Naturellement, il ne s'agit pas pour nous de nous attribuer qui sait quoi, mais simplement parce que les positions claires du grand artiste napolitain par rapport à toute la question transparaissent parfaitement de cette belle et dure chanson (mise en musique, une fois encore, par Carlo D'Angiò). Le maudit imbroglio de ce qui avait été accueilli comme une expédition de libération, et qui par contre ouvrit la voie à une occupation militaire, à une invasion, à une annexion; les espoirs des populations pour un changement de l'état de choses s’effacèrent quand il apparut à quoi tendait tout cela : la répression aveugle, l'extermination, la déportation. Et, naturellement, tous les fleuves de rhétorique "patriotique" qui ont tout recouvert. Fausses promesses, violences infinies sur les paysans, villages entiers mis à fer et à feu par l'armée piémontaise, de Bronte à Pontelandolfo; avec toutes les conséquences qui perdurent encore : l'appauvrissement matériel et culturel, l'émigration, le développement des mafias. Après une année entière durant laquelle on fêta l'"Unité", il serait bien par contre de reconsidérer attentivement ce sur quoi elle fut vraiment fondée. Eugenio Bennato est extrêmement clair, et il ne pouvait pas en être autrement. Aussi nous voulons l'être avec lui. Il se peut qu'à partir de cette page se développe une future discussion; quels qu'en soient éventuellement les éléments, il sera nécessaire de ne pas trop s'éloigner de la limpidité de ce texte [R.V.]



 

 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., pourquoi traduis-tu cette canzone des Mille... ? N'était-ce pas l'expédition libératoire menée par le Héros des Deux Mondes en personne... le célèbre libérateur Garibaldi... l'homme aux chemises rouges ?

 

 

C'est bien de lui qu'il s'agit, l'homme qui dormait partout... Du moins, si on en croit les inscriptions que l'on trouve dans bien des villes et villages d'Italie : « Ici, Garibaldi a dormi... ». D'abord, c'est bien de ces mille-là et de leurs chemises rouges dont il est question ici et surtout, de la tragédie qui s'ensuit aujourd'hui encore. Comme tu le sais, Lucien l'âne mon ami, nous autres qui sommes d'un pays qui n'est pas un pays, nous parlons de loin, d'au moins mille et mille kilomètres de là... Ce qui ne nous empêche pas – subissant un destin similaire, car nous sommes au Sud de nulle part – de vouloir que ces choses-là se sachent, que sous les ors officiels et les proclamations grandiloquentes, il s'est fait moult massacres et d'énormes destructions, que l'unité des États-nations s'est imposée en s'appuyant sur la colonisation des peuples, sur l'écrasement des plus faibles, sur la mise au pas et le saccage des périphéries, sur la destruction des cultures et des activités, sur l'accaparement et la rapine. « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS... ». À propos, sais-tu que les « experts » ont récemment proposé aux paysans grecs d'arracher leurs oliviers pour planter des kiwis... Tu m'entends bien, des kiwis... Des kiwis dans le jardin d'Athéna...

 

 

Par Zeus, voilà bien le délire technocratique...

 

 

Ici, cependant, il est question de la Grande Grèce et d'une conquête du XIX ièmesiècle, qui est le véritable fondement de l'unité de l'actuelle Italie. Ce fut sanglant ; on tua des milliers de gens. Mais pareille affaire n'est pas spécifique à l'Italie. Cette Guerre de conquête par les armes ou par les lois (du plus fort...) s'est déroulée un peu partout et se déroule encore. C'est là aussi un aspect de la Guerre de Cent Mille Ans. Donc, ailleurs dans cette Europe en voie de devenir, il faut que l'on sache ce qui s'est passé là-bas et que la soi-disant libération a tourné à la conquête coloniale et à l'appauvrissement, à l'exil, à la désertification... et que cela dure encore aujourd'hui... Ce n'est donc pas seulement une querelle d'Italiens, cette histoire, c'est aussi un des fondements de l'Europe et nous ne pouvons fonder une civilisation sur de telles bases... Toi et moi, nous devons le dire...

 

 

C'est dit et dès lors, n'épiloguons pas, et reprenons notre tâche qui consiste à tisser inlassablement, jour après jour, le linceul de ce vieux monde colonisateur, oppresseur, unitaire, exploiteur, escroc, rapineur et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Mille œillets arrachés des jardins,

Mille couronnes de diamants et de rubis,

Mille drapeaux sous le soleil de la Sicile,

C'est une guerre de justice et ainsi soit-il

C'est une guerre de justice et ainsi soit-il


Ils sont mille à avoir traversé la mer

Pour marcher entre les orangers et les torrents,

Tout le peuple fait la fête et il lance des roses,

C'est une guerre et elle changera toutes les choses

C'est une guerre et elle changera toutes les choses.

 

Mille soldats pour une seule promesse
La terre finalement ira à qui la travaille.
Et il y n'aura plus serviteur ni patron,

Ce n'est pas une guerre, c'est une révolution

C'est une guerre, c'est une révolution.

 

Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

 

Mille chemises pour jouer à ce jeu,

Mille villages à fer et à feu,

Qui survit mourra à Fenestrelle, (1)

C'est une guerre comme toutes les autres guerres

C'est une guerre comme toutes les autres guerres.


Mille soldats pour entrer dans l'histoire,

Vive l'Italie et vive toujours le roi de Savoie,

Mais surtout vive qui contre la guerre s'est rebellé,

C'est une guerre dont on n'a jamais parlé

C'est une guerre dont on n'a jamais parlé


Mille mensonges qui vont toujours plus loin,

Et la réalité qui fait son chemin tout doucement

Parmi les mots de chansons effacées,

C'est une guerre de chansons et de tambourades

C'est une guerre de chansons et de tambourades

 

Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

Quelles belles fables, on nous a racontées

Quelles belles histoires, cette histoire d'un passé

Quelle belle Italie qu'on a dû apprendre par cœur

Qu'ont écrite une fois pour toutes les livres et les histoires.


Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

Mille soldats, mille marins

Mille marins, un général

Mille œillets arrachés des jardins,

Mille couronnes de diamants et de rubis,

Mille fusils pour frapper et s'en aller,

C'est une guerre maudite et ainsi soit-il

C'est une guerre maudite et ainsi soit-il

 

 

(1) Fenestrelle : terrible prison piémontaise à flanc de montagne.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 21:20

L'ITALIE MINEURE

 

Version française – L'ITALIE MINEURE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Italia minore – Eugenio Bennato– 2007

Chanson dédiée à Matteo Salvatore(1925-2005), compositeur et chanteur de musique populaire, dont Italo Calvino dit : « Les mots de Matteo Salvatore nous devons encore les inventer ».

 

 

"Problème méridional", "terroni" ( « paysans »): depuis toujours nous sommesdésignés par ces deux mots. Périodiquement, l'un ou l'autre Solon du monde politique ou de la classe intellectuelle, évidemment septentrional, s'essoufflent à proposer leurs trouvailles géniales pour résoudre ce "problème", comme s'il leur importât vraiment.Cela fait des années que des mots comme fédéralisme fiscal ou caisse-banque du Midi, « casciabancu » serait plus approprié, sont sur les lèvres d'hommes politiques de toute couleur ou de toute faction. Puis, le tout est farci d'une ignorance débordante : ignorance du fait que la « question méridionale » est justement née avec l'unité de l'Italie, environ il y a 150 ans.

Maintenant, sans vouloir alimenter de stériles polémiques philo-septentrionalistes ou philo-méridionalistes... (on est déjà dans la merde avec l'Italie actuelle, imaginez si on se sépare), ce qu'il m'importe de souligner c'est que le Sud, l' « Italie mineure » comme l'a définie Eugenio Bennato, est toujours et seulement la roue de secours du char ; elle est toujours réduite au rôle d'exportatrice de mafia, 'ndrangheta et camorra.

Nous étions et nous sommes le berceau de la culture italienne. Nous étions et nous sommes la source de la poésie et de la musique les plus raffinées qui aient jamais été produites dans notre pays. Pour cela, je vous propose ce morceau d'Eugenio Bennato qui, tout en étant une chanson simple, réussit magistralement à synthétiser toute la souffrance et la douleur que depuis toujours nous, fils du Sud, avons appris à supporter: quelques-uns par l'éloignement de leur terre; d'autres par la peur d'être discriminé ou montré comme mafieux ou paysans; d'autres encore car ils veulent rester sur cette terre pour l'aider à se relever mais que, ils sont souvent contraints à l'abandon. Laissons-nous bercer un instant par notre musique populaire : authentique et précieuse comme seul peut l'être ce que nous avons de plus cher. (du blog Perché non possiamo non dirci filosofi)

Je guettais le ciel et il ne plut

Pas une larme pour mouiller la terre.

la sécheresse est plus amère que la guerre

Cogne le vent cuisant brûlant

Grand poète de pauvres gens

Fils différent du sud de l'Italie

Ta chanson est un mendiant

Qui la nuit est passé sur l'aire.

 

Ta chanson, la pauvreté

Est la chanson la plus belle qui soit.

 

Toi qui nous parles d'une fontaine

D'une comète et d'un cerf-volant

Ton dialecte est une musique étrange

Car elle appartient à l'Italie mineure.

 

Mais la chanson de la pauvreté

Est la richesse que tu portes en toi.

 

Grand poète de pauvres gens

Fils différent du sud de l'Italie

Ta chanson est un migrant

Qui va chercher fortune en Germanie.

 

Ta chanson, la pauvreté

Est la chanson la plus belle qui soit.

 

Des siècles et des siècles d'éloignement

De tout pouvoir, de tout patron.

Musique anonyme sans importance

Pour celui qui appartient à l'Italie mineure.

 

Mais la chanson de la pauvreté

Est la richesse que tu portes en toi.

 

C'est l'Italie que tu chantes

C'est l'Italie que tu joues,

La chanson des brigands,

La chanson des paysans.

Les fenêtres des amants

Et la lune exceptionnelle

De qui dort sous les ponts

De la musique populaire.

 

Dans cette Italie distraite et absente

Abrutie de télévision,

Il y a une autre Italie à contre-courant

Et chacun choisit la propre chanson.

 

Ta chanson, la pauvreté

Est la chanson la plus belle qui soit.

 

Ta poésie est un navire pirate

Et moi qui me sens pirate de cœur,

Je veux me perdre sur ta route,

Fier d'être de l'Italie mineure.

 

Mais la chanson de la pauvreté

Est la richesse que tu portes en toi.

 

C'est l'Italie que tu chantes

C'est l'Italie que tu joues,

la chanson des brigands,

la chanson des paysans.

Ton art, les commerçants

Ne pourront jamais l'acheter

Rubis et diamants

De la musique populaire.


Ce monde est trop amer

Celui-ci est bien, celui-là est mal

Celui-ci marche dans la douleur

À chaque pas une peine de cœur

Ce monde est trop amer

Celui-ci est bien, celui-là est mal

Celui-ci marche dans la douleur

À chaque pas une peine de cœur

Je guettais le ciel et il ne plut

Pas une larme pour mouiller la terre.

la sécheresse est plus amère que la guerre

Cogne le vent cuisant brûlant

 

C'est l'Italie que tu chantes

C'est l'Italie que tu joues,

La chanson des brigands,

La chanson des paysans.

Les fenêtres des amants

Et la lune exceptionnelle

De qui dort sous les ponts

De la musique populaire.

 

Les strophes en foggien (italien de Foggia dans les Pouilles) sont en partie tirées de "La siccità", canzone que Matteo Salvatore a enregistré en 1970 dans son album « Le Puglie di Matteo Salvatore ». Le texte est transcrit d'un article de Maria Luisa Scippa:

LA SÉCHERESSE

 

J'ai perdu tout mon effort

J'ai semé le grain et je ne l'ai pas récolté,

Tout mon travail est gaspillé

Et l'infâme destinée m'a condamné.

J'ai perdu toutes mes espérances

Elles s'en se sont allées au fond du puits,

Ma fiancée je la voyais malade

Tous les jours avec la tête pliée

Je guettais le ciel et il ne plut

Pas une larme pour mouiller la terre.

La sécheresse est plus amère que la guerre

Cogne le vent cuisant brûlant

J'ai perdu ma bien-aimée

Morte, elle s'en est allée dans son cercueil .

Maudite soit cette sécheresse,

Puisse le monde entier être accablé,

Maudite soit cette sécheresse,

Puisse le monde entier sombrer.

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 18:23

LE PAYS DES JOUJOUX



Version française – LE PAYS DES JOUJOUX – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il paese dei balocchi - Edoardo Bennato – 1992

 

 

Après un long voyage de peurs et de privations

Vous êtes arrivés contents et heureux ici

Au pays de joujoux.

 

Vous vous êtes échappés de chez vous

Mais ne vous préoccupez pas, vous êtes les bienvenus ici

Au pays des joujoux – pays des joujoux.

 

Le ciel est toujours bleu et il y a toujours du soleil

Tout va de l'avant et vous vous y trouverez bien ici

Au pays des joujoux.

 

Bas – bas – bas frères du Sud

Mais, mais, mais peut-être est-ce mieux au Nord, qui sait !

Nous sommes unis et solidaires nous, ici

Ici, le racisme n'a jamais pris

 

Tous les autres vous ont fermé la porte

Mais nous sommes bons, nous vous accueillons à bras ouverts ici

Au pays des joujoux.

 

Nous sommes bien arrivés, très contents

Vous êtes les bienvenus même si nous sommes déjà nombreux ici

Au pays des joujoux – pays des joujoux.

 

Bas – bas – bas frères du Sud

Bai – bai – baiser les frères au Nord et oui !

Nous sommes unis et solidaires nous, ici

Ici, le racisme n'a jamais pris

 

À peine arrivez-vous au bureau – tri

Vous recevez une prime d'encouragement

Prenez le ticket , signez le reçu

La fête est commencée oui

À peine commencée !

 

Attention attention

tous ceux qui se trouvent à droite

Se mettent à gauche !

À présent, tous ceux qui sont à gauche

Se mettent à droite !
Suivre le rythme, vite, vite !

 

Après un long voyage de peurs et de privations

Vous êtes arrivés contents et heureux ici

Au pays de joujoux.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:39

BRIGAND ON MEURT

Version française – BRIGAND ON MEURT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson napolitaine – Brigante se more – Musicanova

De Carlo D'Angiò et Eugenio Bennato

 

Être sudiste en d’autres terres.

Voilà les pensées que me suscite cette remarquable chanson.

 

Quoi ? Tu es du Sud... ?, toi Marco Valdo M.I. mon ami. Je ne l'aurais jamais cru. Que je sois du Sud, moi, le somaro, l'âne, enfant d'Apulée de Madaure (Tunisie, actuellement), je le comprendrais, mais toi...

 

Quoi ? Tu es du Sud... ?, toi Lucien l'âne mon ami. Je ne l'aurais jamais cru. Comment peux-tu prétendre cela, toi qui viens, tu l'avoues à l'instant, du Nord, de l'Afrique du Nord... Tu vois, Lucien l'âne mon ami, tout est relatif pour un enfant ou un âne du Niger ou d'Angola, du Congo ou de la Tanzanie, tu es franchement du Nord. Pareillement, un Padanien (si tant est qu'il en existe...) peut sans doute se targuer d'être du Nord, mais il est franchement du Sud quand on le regarde avec mes yeux ou avec des yeux danois, suisses, autrichiens, luxembourgeois, hollandais, polonais, russes, finnois, suédois, norvégiens... Bref, on est toujours au Nord ou au Sud de quelqu'un ou de quelque part. Il faudrait camper sur le pôle pour échapper à cette dichotomie. Encore qu'au pôle Sud, on soit au Sud de tout le monde et au pôle Nord, au Nord de tout le monde. Ceci n'est vrai que pour une personne... À ceci près toutefois, que ce sont des endroits inhabitables.

 

Marco Valdo M.I., tu es un personnage plein d'humour et j'aime beaucoup cette manière ironique de mettre à mal certaines prétentions fondées sur une boussole folle. Mais cependant que veux-tu dire, toi qui es très largement au Nord de toute l'Italie, quand tu me dis que tu es du Sud...

 

Eh bien, tout remonte à la construction d'un État fantôme, imposé aux peuples par les puissances séculaires, dont certaines ont depuis disparu... L’Empire austro-hongrois, l'Empire russe, la Prusse et toutes les principautés germaniques... Mais l’État qu'ils avaient imposé par peur des Lumières est toujours là et opprime les populations qui y habitent. Cet État, que je me garderai bien de qualifier autrement en tant que tel, n'a – à proprement parler, comme tous les États d'ailleurs, rien fait, rien décidé, rien proposé, rien développé... Il fut et reste l'instrument de certaines personnes, castes, partis, groupes, holdings, gangs... qui ont tout intérêt à le maintenir en place, car en quelque sorte, c'est leur raison d'exister. Il est loisible à chacun de donner à ceux-là le nom qu'ils méritent à ses yeux.

 

C'est précisément ce que nous reprochons aux États en général, dit Lucien l'âne. Quand je dis nous, c'est moi, c'est toi, c'est le peuple, ce sont les « somari ». Je te le répète : les États sont les instruments de certaines coteries... C'est bien le sens du Christ s'est arrêté à Eboli, c'est bien le sens de la phrase des paysans sans terre de Lucanie (mais tout autant de ceux de Sicile, de Calabre, de Sardaigne, d'Afrique du Nord, du Sud, d’Amérique du Sud, d'Asie et d’ailleurs...). « Noi, non siamo cristiani, siamo somari ». Jusqu'à présent dans l'histoire des hommes, « L’État, c'est moi, l’État, c'est nous » est une parole de riches, de puissants, de gens du pouvoir. Leur seule légitimité, c'est d'avoir pris le pouvoir... De quelque façon que ce soit... D'ailleurs, crois-moi, on prend toujours le pouvoir par un tour de passe-passe, par force ou en se fondant sur la tromperie (ils appellent ça des promesses électorales)... Le pouvoir, c'est comme la richesse, on le prend toujours au détriment des autres, des plus faibles, des crédules... L’État est un instrument des riches dans la Guerre de Cent Mille Ans qu'ils mènent contre les pauvres pour prendre le pouvoir, pour garder le pouvoir, pour accroître leurs richesses, pour étendre leur domination, pour assurer leurs privilèges, pour exploiter le travail des pauvres, pour prendre la vie des gens et l'obliger à s'épuiser à leurs profits. Par corollaire, toute participation à la machinerie mise en place pour camoufler cette vérité implacable est une pure et simple abdication de sa propre qualité d’être humain, un ralliement au camp et à la société des riches dans la Guerre de Cent Mille Ans et une acceptation de la responsabilité que cette société (qui n'est pas la nôtre et à laquelle nous ne nous rallions pas) endure dans la destruction des espèces vivantes, toutes les espèces, y compris l'espèce humaine. La poursuite de la richesse est la pire ennemie de la vie elle-même.

 

 

D'accord, Lucien l'âne mon ami, mais ce n'était pas la question ici. Quoique... Pour en revenir à mon qualificatif de « sudiste » ou d'habitant du Sud... Il se réfère tout simplement à la Wallonie, qui est une région du Sud, située sur le territoire de l’État Belge... dont plus personne ne sait ce qu'il est, ni sa raison d’être, hormis celle évoquée ci-dessus. Tout ce que je peux en dire, c'est qu'ici aussi, le Sud est exploité par le Nord, que les régions du Sud sont écrasées par la domination du Nord, même si les gens du Nord prétendent à une autre vérité historique, même si leur propagande affirme le contraire. Notre région a subi et subit encore un destin similaire à celui des populations de l'autre côté du mur : chômage, destruction industrielle, misère croissante des services publics, sous-équipement, privatisation accélérée... Bref, un destin de Sud au sens où l'entend la chanson du jour. Il est temps que cela se sache et que la propagande venue de notre Nord ne soit plus prise au sérieux par personne, si tant est qu'il y ait eu un jour quelqu'un pour y croire...

 

 

C'est toujours ainsi avec la propagande, dit Lucien l'âne. Son but principal est de faire prendre le faux pour le vrai, le mensonge pour vérité, d'inverser offenseur et offensé... Et tant plus on en remet, tant plus le mensonge est énorme, tant plus on arrive à y faire croire... Mais nos amis italiens le savent bien eux qui ont subi le fascisme et qui subissent aujourd’hui le bunga-bungisme.

 

 

Pour éclairer ta lanterne, sache, mon ami Lucien l'âne, toi qui viens de si loin, que les gens d'ici (ceux du Sud, ceux de Wallonie) n'ont jamais, au grand jamais attaqué personne, n'ont jamais au grand jamais exploité une population, c'est-à-dire d'autres gens, n'ont jamais – comme tous les somari du monde ni envahi, ni conquis les pays et les régions voisines, qu'ils n'ont jamais fait que se défendre... Quant à la caste wallonne, cette couche de riches qui exploitait la population wallonne, elle était tellement nulle qu'elle n'aurait pu être conquérante ailleurs et par voie de conséquence, elle n'a jamais pu exploiter... les régions du Nord... Elle a d’ailleurs perdu son propre dominium dans le Sud... Quant à obliger les populations du Nord à parler la langue en usage chez nous (le français, qui est notre italien à nous), jamais au grand jamais, il n'en a été question, jamais au grand jamais, ce ne fut une volonté des populations du Sud – d’ailleurs leurs volontés n'ont jamais été prises en compte... Elles ont même été systématiquement étouffées, contrecarrées, écrasées... Mais l'inverse est vrai... Pour quelque obscure raison que nous n'arrivons pas à entrevoir, on nous impose contre notre volonté la langue des deux tiers de la population de ce pays fantôme, de cet ectoplasme, on l'impose dans l'enseignement, on gaspille des sommes folles à vouloir l'inculquer (enfoncez-vous bien ça dans la tête !) à nos enfants comme on nous l'a fait bouffer à nous-mêmes – sans trop de résultat, je te rassure. On l'impose en matière d'emploi, elle est cause de discrimination, y compris salariale. Comme disait Léo Ferré, Y en a marre !

 

Oui, tu as raison, Marco valdo M.I. C'est là aussi un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour accroître leur richesse, renforcer leur domination, étendre leurs pouvoirs, multiplier leurs profits... Car vois-tu, il en va des régions ou des pays comme des hommes... les régions, les pays eux-aussi sont acteurs dans cette terrible guerre. Et pour cela aussi, il nous faut avec « obstination et en sens contraire » tisser le linceul de ce vieux monde mensonger, paré de propagande et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Nous avons posé nos guitares et nos tambours

Car cette musique doit changer.

Nous sommes des brigands, nous faisons peur

Avec le fusil, nous voulons chanter.

 

Et maintenant, nous chantons cette chanson nouvelle

Tous les gens doivent l'apprendre

Nous nous foutons du roi Bourbon

Notre terre est nôtre et on n'y touche pas.

Notre terre est nôtre et on n'y touche pas.

 

Tous les villages de la Basilicate

Se sont réveillés et veulent lutter

Même la Calabre est en révolte

Et nous faisons trembler cet ennemi

Et nous faisons trembler cet ennemi

 

Celui qui a vu le loup et s'est épouvanté

Ne connaît pas encore la vérité.

Le vrai loup qui mange les enfants

C'est le Piémontais que nous devons chasser

C'est le Piémontais que nous devons chasser

 

Belles femmes qui donnez votre cœur,

Si vous voulez sauver le brigand

Ne le cherchez pas, oubliez jusqu'à son nom,

Qui nous fait la guerre est sans pitié

Qui nous fait la guerre est sans pitié.

 

Homme on naît, brigand on meurt

Mais jusqu'au dernier, nous devons tirer

Et si nous mourons, apportez une fleur

Et malédiction pour cette liberté.

Et malédiction pour cette liberté.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 20:24

 

CHANSON DE LA BASILICATE

Version française – CHANSON DE LA BASILICATE – Marco Valdo M.I. – 2011

d'une chanson napolitaine - Canzone della Basilicata – Eugenio Bennato – 1980

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti.

 


« La Basilicate était un des thèmes musicaux qui m'avaient été demandés et cela concernait spécialement le paysage, peut-être plus précisément le paysage comme il apparaît à qui vient de Naples.

Naquit une mélodie qui accompagnait les panoramiques sur ces vallées et sur ces collines, une pour ces terres décrites par le peintre écrivain Carlo Levi qui y séjourna en confiné politique et qui les décrit picturalement dans son roman Le Christ s'est arrêté à Eboli.

À la musique j'ajoutai un texte , que j'écrivis immédiatement après pour souligner la civilisation de ces gens qui dans l'Histoire n'avaient jamais fait la guerre à personne, mais qui avaient subi la guerre chez eux avec les invasions et les dominations qui s'étaient succédés dans les siècles.

Et si je cite la ville de Turin, ce n'est pas la Turin des intrigues de Cavour, mais le sommet du triangle industriel qui dans l'après-guerre accueillait des légions de paysans recyclés en ouvriers, mais pourtant toujours des culs terreux, sur la chaînes de montage des usines et des ateliers. »

(Eugenio Bennato de "Brigante se more - viaggio nella musica del Sud", Coniglio editore, 2010)

 

 

Elle s'intitule Chanson pour la Basilicate... Cette chanson du jour... Voilà qui me réjouit, dit Lucien l'âne car comme tu le sais mieux que bien d'autres, la Basilicate est ce pays qui commence au-delà d'Eboli où s'était arrêté le Christ. C'est-à-dire le pays des paysans sans terre et des ânes, bref, le pays des « somari », des « bêtes de somme ». Un pays que j'ai parcouru des milliers de fois que je connais et que j'aime bien.

 

C'est bien elle – Basilicate ou Lucanie, la terre où Carlo Levi, Torinese del Sud, fut exilé, où il vécut , où il peignit et où – à sa demande – il fut enterré (à Aliano, alias Gagliano). Né à Turin et enterré non loin de Matera. Chemin inverse de celui du paysan de la chanson :

« C'est le rouge du soir

C'est le noir de la cheminée

Pour naître à Matera

Et pour mourir à Turin. »

 

 

Cela me rappelle, tout comme à toi sûrement, notre ami Léo Ferré et sa chanson Thank You, Satan ! [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=7786&lang=it]] : Les deux couleurs de ton pays : Le rouge pour naître à Barcelone ; Le noir pour mourir à Paris.

 

 

Je l'avais aussi senti et mille autres choses encore dans cette chanson d'Eugenio Bennato. Par exemple, tu sais aussi que j'ai traduit en langue française (la seule que je connaisse) à peu près tout ce qui m'est passé par les mains de Carlo Levi, que personnellement, j'estime être un des grands écrivains du siècle dernier... ou plus simplement dit, un écrivain. Comme tu le verras dans ma biographie ici esquissée, j'en suis un des descendants littéraires. Et tu auras sans doute noté qu'il y a sur ce même site plus de cent canzones levianes et notamment le cycle du Cahier Ligné (tiré du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi), cycle qui – à lui seul – comporte cent-quatre canzones, dont Les Crêtes de Lucanie [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=14063&lang=it]].

 

 

Et puis, as-tu vu le tableau que Lorenzo a mis en

illustration de la chanson du jour...

 

 

Et comment... C'est un des monuments de la peinture italienne, toutes époques confondues. C'est Cristò si è fermato a Eboli en une toile, mais quelle toile... Regarde les dimensions - 18,50 m x 3,20 m. Avec Carlo Levi, on entre dans un univers de cohérence, dans cette autre société dans laquelle nous vivons toi et moi et les personnages du tableau - dont Carlo Levi lui-même l'homme aux cheveux roux, ce monde des pauvres de l'autre côté d'Eboli, cette société transhistorique, anhistorique – car l'histoire est toujours celle des vainqueurs, l'histoire est faite la plupart du temps – par et pour les gens de pouvoir. Les pauvres n'ont pas d'histoire ou alors, une histoire en creux. Les pauvres : « On ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux... ». Le « on », ici, ce sont les riches et leurs partisans qui font aux pauvres la Guerre de Cent Mille Ans afin de maintenir en place leur société, d'accroître encore et toujours leurs richesses, de renforcer leur pouvoir, d'étendre leurs prérogatives, d'exploiter les hommes et la terre et de perpétuer leur domination.

 

 

Voilà pourquoi, nous autres, nous qui sommes volontairement restés de l'autre côté du mur, nous devons « obstinément et en sens contraire » tisser le linceul de ce vieux monde tout perclus de pouvoir et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Et que sais-je de la Basilicate

On dit que le Christ n'y est jamais arrivé

Et qu'avant cette terre, il s'est arrêté

Et que sais-je de la Basilicate

C'est une histoire ou une fable lointaine

Qu'on oublie dès qu'on l'entend

 

À celui qui veut venir sur cette terre

Où la douleur n'est pas un péché

Où il ne peut jamais y avoir la guerre

Car il n'y a jamais eu de paix.

 

Et si tu y vas un jour sur cette terre

Où les routes sont des serpents sous le soleil

Où l'on entend le pas de la tarentelle

 

Et si tu y vas sous la lune

Et qu'une voix t'appelle au loin

Ne l'écoute pas, c'est une sorcellerie

 

Et avant cette terre

Un ange s'est arrêté

Et s'est arrêté le temps

Mais là, le diable a été

C'est le rouge du soir

C'est le noir de la cheminée

Pour naître à Matera

Et pour mourir à Turin.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 21:42

 

MON ONCLE

 

Version française – MON ONCLE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Lo zio fantastico – Edoardo Bennato – 1992

 

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, le titre de ta version de la canzone du jour me rappelle étrangement le titre d'un film des plus insolites, des plus fantasques du cinéma et plus exactement, d'un des personnages les plus extravagants de l'histoire filmique. Personnage interprété par un homme, auteur et réalisateur de Mon Oncle, film tout aussi étonnant... Je parle de Jacques Tatischeff, dit Jacques Tati. Une espèce de grand pantin incroyablement véritable, qui arrive à faire du cinéma muet parlant, enfin plus exactement, à faire – sauf erreur de ma mémoire d'âne – un film parlant sans dire un seul mot. Hallucinant !

 

Tu es décidément tout aussi incroyable, Lucien l'âne mon ami, et tu me stupéfieras toujours, car c'est bien à lui que je pensais en traduisant, à ces longues jambes, ces bras infinis qui n'en finissent pas de tendre un parapluie, sa pipe et à son chapeau trop petit pour être croyable. Tati ou le cinéma comme on ne pourra plus jamais le faire. Tati qui se ruinait chaque fois à faire ses films. Un homme et un artiste quasiment préhistorique, anhistorique et pourtant du temps de son temps plus encore que les gens qui s'entendent à contrefaire le temps historique laborieusement. Pour dire les choses plus directement, on en sait plus sur le réel des années cinquante et suivantes en voyant un film de Tati qu'en regardant de prétendus reportages de l'époque, Tati qui disait le réel en l'assaisonnant d'ironie comme en Provence, on embaume la réalité dans le parfum d'ail. Mais,vois-tu Lucien l'âne mon ami, nous ne sommes pas ici pour parler du cinéma, mais bien de la chanson du jour... Même si elle s'y rapporte, en quelque sorte, directement. En premier lieu, c'est bien l'histoire d'un oncle, il a bien l'air étrange et toutes les allures d'un être de pantomime, c'est le côté Mon Oncle tel que raconté par son neveu, du personnage. Là s'arrête le parallèle. Mais voici que surgit la guerre... La guerre qui va tout bousculer... L'oncle était une sorte de joyeux rêveur, un peu en dehors du réel, se déplaçant dans un monde frivole et la guerre s'invite à son bal... Que va-t-il y faire ? Comment va-t-il s'en tirer ? C'est la chanson de ce mystère...

 

Oui, je vois l'histoire, dit Lucien l'âne et je comprends le mystère : marché noir, collaboration, clandestinité ou résistance... Ou tout à la fois, selon les circonstances, selon le moment... Et puis, il a raison, vu d'aujourd'hui, cette guerre (on parle de celle de 40-45), à voir qui est au pouvoir en Italie, puisqu'il s'agit d'une chanson italienne, cette guerre – en effet – on ne sait trop qui la gagna.

 

Tu sais, Lucien l'âne mon ami, cette perception n'est pas neuve... Dès après la Libération, très vite, on passa de la Résistance à la « désistance », on prit ses distances avec ce peuple qui avait des idées avancées, qui souhaitait un monde juste, qui voulait une « république fondée sur le travail », c'est-à-dire en clair – et l'idée est toujours valable et constitue comme tu le sais, l'article premier de la Constitution italienne – fondée sur le pouvoir de ceux qui « travaillent », de ceux qui créent quotidiennement leur part du bien-être commun et fondée sur le partage intégral des biens ainsi créés, une société qui assure la protection et la défense des plus faibles, une société fondée sur la solidarité, une société qui élimine les inégalités, une société qui compense les aléas du temps, une société qui offre à chacun de ses membres – jeune, vieux, malade, faible – le mieux-être... Une société qui exile ceux qui l'exploitent, une société qui écarte les imposteurs et les escrocs, une société qui met au ban ceux qui profitent d'elle et de ses membres...

 

En somme, dit Lucien l'âne, une société où il serait possible d'être heureux... Une société d'au-delà de la Guerre, de la Guerre de Cent Mille Ans, cette Guerre que les riches font aux pauvres pour conserver et multiplier leurs privilèges, pour garder le pouvoir envers et contre tout, pour accroître encore et toujours leurs richesses, pour tels des vampires sociaux sucer jusqu'à plus soif le sang des autres... On en est loin, de plus en plus loin de cette société où il ferait bon vivre... Du moins en surface, car telle la taupe, telle la lave en ébullition, sous le sol, sous la surface factice des médias... tout cela bouillonne, bouge et tremble... On en est encore éloigné, du moins en apparence, car sous le tain du miroir, de l'autre côté du miroir (oui, oui, c'est bien celui d'Alice), se renforce la révolte. On en voit partout des signes avant-coureurs et c'est bien rassurant. Quant à nous, notre tâche est tout simplement de tisser le linceul de ce vieux monde factice, menteur, tricheur et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Presque chaque dimanche, une nouvelle amie

À chaque première rencontre, la même sortie

Mon oncle, personnage fantasque, n'avait

Pas d'auto, mais un ami fidèle qui l'accompagnait.

 

Foule des théâtres, variétés et pantomimes

Soubrettes, comiques et public délirant

La scène resplendit comme une vitrine

Et mon oncle, toujours au premier rang...

 

Et puis vînt la guerre qui emporta ses rêveries

La guerre dans chaque lettre, dans chaque photographie

Et puis vînt la guerre, qui emporta ses rêveries

La guerre, la vraie, la sans ironie.

 

Damoiselles pâlottes, histoires des années trente

Et mon oncle, quand il les racontait

Il y mettait encore la valse et toutes étaient contentes

Mais lui pensait à Cuba et à ses rythmes si parfaits !

 

Et un soir, il manqua le dernier car.

Tous les deux kilomètres, un lampadaire séparé par

Toute cette obscurité ne pouvait l’effrayer

Cheminant, il pensait à son futur, il revoyait son passé...

 

Et puis vînt la guerre... Qui emporta ses rêveries

La guerre dans chaque lettre, dans chaque photographie

Et puis toujours différente, toujours pareille, vînt la guerre,

La guerre où tout est un peu plus gris, même la mer

Et puis vînt la guerre, qui emporta ses rêveries

La guerre, la vraie, celle sans ironie.

 

La vraie guerre, la fausse guerre

La guerre que mon oncle ne raconte pas

La fausse guerre, la vraie guerre

Où était-il mon oncle en ce temps-là ?

La vraie guerre, la fausse guerre

À la fin, cette guerre, jamais on ne sait qui la gagna !

La fausse guerre, la vraie guerre

Où était-il mon oncle en ce temps-là ?

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 10:16

FAITES EXCUSES

 

Version française – FAITES EXCUSES – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne (en napolitain) – Io te cerco scusa – Eugenio Bennato – 2002

 

Depuis que j'ai entendu pour la première fois cette chanson, j'ai toujours été fasciné par cette demande de pardon pour quelque chose qui s'était produit avant notre naissance. C'est très différent de la manière dont l'Église demanda pardon pour la persécution de Galilée, pour donner un exemple...

Ainsi Parlait Lorenzo Masetti

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une superbe chanson en napolitain, que j'ai eu un peu de mal à traduire... Je te le concède. Elle le mérite, je veux dire d'être traduite. Peut-être l'a-t-elle été déjà et beaucoup mieux que par moi. Alors, qu'on veuille bien excuser cette humble version. Notre ami Lorenzo lui-même s'y est essayé excellemment en anglais et lui aussi, a pris la peine de, comme dit la chanson elle-même : « cercare scusa », « faire excuses ». Cela dit, il s'agit quand même d'une extraordinaire et extratemporelle prise de conscience de Christophe Colomb face au désastre qui a résulté pour l'humanité de la découverte de l'Amérique. À commencer par l'éradication des populations indigènes, des peuples qui vivaient là – en paix et en bonne santé. On leur a passé mille maladies qui les ont décimés et puis, on a achevé le travail – nous les Européens, nous les civilisés, si j'ose dire, à la main. À la balle et au couteau, quand ce ne fut pas au canon et au poison. Sans compter les mensonges, les traîtrises... Il suffit de lire Howard Zinn et son histoire ( Une Histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002.) des peuples perdus d'Amérique – entendez des Zétazunis... Ou ce qu'on fit aux Incas, aux Aztèques, aux Toltèques et autres peuples innombrables que l'on massacra à qui mieux mieux. Et ce n'est pas fini. Il suffit de penser au Chili de Pinochet que les Chicago boys (made in Usa) et les tueurs d'Allende ont ruiné, à l'Argentine, à la Colombie même... Les massacres de populations s'exportent comme tout le reste en Asie, en Afrique... On est en plein dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches (ou ceux qui veulent le devenir) font aux pauvres afin d'atteindre la richesse, de l'accroître, de développer leurs territoires, de magnifier leurs privilèges, d'étendre leurs domaines et d'asseoir plus encore leur pouvoir.

 

Cependant, cependant...., dit Lucien l'âne en balançant sa grosse tête d'un air de deux airs...

 

Cependant, cependant, quoi ?, dit Marco Valdo M.I. un peu interloqué...

 

Cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, écoute-moi bien, car c'est un peu inhabituel comme discours. Cependant, ce fut toujours le destin de l'humanité d'aller ailleurs et même, c'est peut-être sa seule chance de survie le jour où la planète cessera de pouvoir la supporter. Mais sans aller si loin, les migrations sont inhérentes à votre espèce, à la nôtre aussi d'ailleurs. Voilà le nœud de l'affaire. La planète est de toujours à tous les êtres sans distinction de race, de sexe... Il n'y a donc rien à reprocher à Colomb quand il s'en va ailleurs, à la découverte d'un ailleurs. C'est tout aussi bien le chemin de la science et c'est un bon chemin. C'était très bien d'oser traverser la Mer Océane, de mettre fin à des peurs et des superstitions ancestrales, apportées, portées et imposées par l'Église. Il était bel et bon que l'homme s'en aille aux horizons. Voilà pour mon cependant. Et en voici un autre. Cependant, cependant...

 

Cependant, cependant, quoi encore, mon ami l'âne Lucien.

 

Cependant, s'il fut bien et bon de s'en aller en terres futurement américaines – toutes, du nord au sud et d'est en ouest, il convenait d'y aborder avec précaution, en étant soigneux et respectueux et de la terre et de ses habitants. En somme, aller à la rencontre d'un monde nouveau pour les Européens d'alors était fort bien, mais ce n'était pas là une raison pour en massacrer les habitants ou pour – ce fut notoirement le cas avec les Africains, pour en faire des esclaves, puis des « colonisés ». La civilisation a des limites qu'il ne faut pas dépasser.

 

Vois-tu, dit Marco Valdo M.I., Lucien l'âne mon ami, la terre – toute la terre et tout autre endroit des univers où nous pourrions accéder un jour, appartient à tout le monde et à chacun. De ce point de vue, tous doivent être égaux. Ceci implique naturellement (et je vois bien ce que ce terme comporte de sens caché), donc naturellement, qu'il n'y a pas de droit du premier occupant, qu'il ne peut y avoir de discrimination fondée sur une présence antérieure... Que pour celui qui est là, il lui revient de se rappeler que forcément il est venu d'ailleurs et qu'il n'a pas plus de raison « naturelle » d'être là que celui qui arrive. Ceci dit, cela impose de facto à celui qui arrive de prendre en compte ce qui est, ce qui a été fait et de ne pas vouloir imposer sa présence et ses mœurs par le recours à la force brutale, ni de vouloir éliminer – pour faire place – les primo-habitants.

 

C'est, je te le fais remarquer, un peu le destin que la chrétienté a réservé aux descendants de Cro-Magnon. Elle a voulu (et veut encore) purement et simplement les éliminer. Mais, nous, les descendants de Cro-Magnon, nous, nous résistons. Face à ces assauts, nous disons : Ora e sempre : Resistenza ! Pour en revenir à la chanson et au début, te souvient-il de la chanson de Charles Trenet « Terre » sur ce même thème du voyage de Colomb... Elle illustre le point de vue de l'équipage (qui pourrait être demain celui d'un astronef) et sa joie, son humaine joie d'arriver enfin quelque part. Elle notamment ceci :

« On entendit Colomb :

Terre ! Terre ! Oui, c'est toi.

Terre ! Terre ! Je te vois.

Terre ! Terre ! Viens à moi.

Oui, terre, je suis à toi.

Terre ! Terre ! Oui c'est toi.

Terre ! Terre ! Qui donne la joie.

Terre ! Terre ! Viens à moi.

Oui, terre, je suis à toi.

Descendons au plus tôt.

Le pays est beau.

La plaine est joyeuse.

Bâtissons des maisons.

Pêchons des poissons.

Chantons des chansons ! »

et de fait, si l'on en était resté là.... Et même, plus exactement, si l'on en reste là, tout va bien.

Cela dit, l'Europe actuelle, du moins, une grande partie d'entre elle se conduit à la façon des pires goujats, on dirait un monde de vieillards peureux assis sur leur trésor et qui sans le savoir ne font plus qu'attendre la mort...

 

Oui, dit Lucien l'âne, c'est bien l'impression que j'en ai, moi et les autres ânes pareil. Comment dire ? Ça sent le renfermé... Crois-moi, mon cher Marco Valdo M.I., mon ami, il faut ouvrir les fenêtre et donner de l'air à ce continent en voie de vieillissement.. En somme, il faut mettre fin à sa dégénérescence, virer tous ces vieillards égoïstes, bornés et libidineux. Et pour cela, je n'arrête pas de le dire, tissons le linceul de ce vieux monde décrépit et cacochyme...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo MI.I. et Lucien Lane.

 

 

Faites excuses pour ce que j'ai fait

Car je ne savais pas, car j'étais distrait

Excuses pour tout le mal qui te frappa alors

Excuses même si je n'étais pas encore.

 

Excuses pour ce monde d'antan

Où tu courrais comme un enfant.

Sous la lumière d'un soleil, infatigable

Sans peur, sous la lumière d'une étoile

 

Excuses pour ce rêve de marin

Qui dépassa Gibraltar un matin

Pour tenter le destin et aller par la mer

Explorer le lointain et découvrit une terre.

 

Excuses pour cette science qui naviguait

Toujours plus loin jusqu'à ta terre

Car je ne savais pas ce qu'elle cachait

Car je ne savais pas qu'elle portait en elle la guerre.

 

Toute la fortune d'Espagne et de France

N'est rien face à cette beauté

Et ne peut même suffire à la ressusciter

Tout l'or du monde, toute la richesse.

 

Avec la Pinta, la Niña et la Santa Maria
Le vent de la civilisation arriva

Qui apportait la paix et la liberté

Pour ce mensonge aussi, veuillez nous excuser.

 

Ce ne sera pas une chanson d'amour

Car il n'y eut jamais une seule caresse

Mais quand même le cœur y fait sa cour

Car c'est la chanson d'un amoureux

 

Un amoureux d'une fable lointaine

D'une femme qu'il n'a pas connue

Amoureux de cette beauté indienne

Qui appartient à un nation disparue.

 

Faites excuses pour ce que j'ai fait

Car je ne savais rien, car j'étais distrait

Excuses pour tout le mal qui te frappa alors

Excuses même si je n'étais pas encore.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 20:52

À KIEV, J'ÉTAIS PROFESSEUR...


Version française – À KIEV, J'ÉTAIS PROFESSEUR... – Marco Valdo M.I.– 2010

Chanson italienne – Every Day, Every Night (A Kiev ero un professore) – Eduardo Bennato – 2003

 

À Kiev, en effet, il était professeur... C'est dur,ça prend du temps et des efforts et du talent de faire un professeur... Ici, il s'active aux feux tricolores pendant la phase rouge; jour et nuit. Il ennuie les automobilistes, mais que veux-tu, Lucien l'âne mon ami, on a beau avoir été professeur, en avoir le titre et les qualités, quand on est réfugié... Il faut bien vivre. En gros, c'est là le sens de la chanson d'Eduardo Bennato. Là, le réfugié vient de Kiev en Ukraine; il aurait pu venir d'à peu près n'importe où dans le monde. En somme, c'est le sort des réfugiés. D'aucuns ratiocinent, font des distinctions subtiles : est-il un réfugié politique ? Cela dépend d'où il vient et pourquoi il vient... Celui-là, si ça tombe bien, a beaucoup de chances de recevoir des papiers, un statut, d'être aidé... Est-ce un réfugié « économique », un réfugié de la faim – de la faim ordinaire, de celle qui ne tue pas tout de suite, de celle qui tue lentement... De la simple faim, née de la misère, la faim, quoi... Celui-là, d'où qu'il vienne, n'a aucune chance; il lui reste à vivre en clandestin. Le clandestin est une sorte d'homme souterrain, il vit sous la surface de la société et ne sort qu'avec précautions... Son destin est précaire.


Oui, oui, dit Lucien l'âne en hérissant son crin, j'en ai vu beaucoup et depuis tant de temps de ces gens qui fuyaient mille tourments atroces pour des tourments terribles, mais moins grands, agrémentés d'un espoir de jours meilleurs. Ces émigrés d'où qu'ils viennent et où qu'ils aillent, à quelqu'époque que ce soit, ont toujours été mal accueillis et souvent, rejetés... Quelquefois même, cela s'est vu, après des dizaines d'années de présence, après plusieurs générations; pour des questions de peau, pour des histoires de religion – même quand ils s'étaient ralliés (avaient abjuré leur religion d'origine) à l'église la plus officielle. En Grèce, je me souviens, au temps de ma jeunesse, la xénophobie frappait déjà les étrangers; par sa xénophobie, la civilisation engendrait la barbarie. Je vois que c'est encore le cas aujourd'hui.


Oui, mon ami Lucien l'âne, dit Marco Valdo M.I., plus ce monde progresse, plus il régresse. Plus il se prétend civilisé, plus il veut protéger sa « civilisation », plus il grandit sa barbarie. Cela me rappelle ce titre de Francis Jeanson : « Au secours, les cons nous cernent ! ». Il est temps de mettre fin à ce monde idiot, barbare et cacochyme.


Tissons le linceul..., conclut Lucien l'âne.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



« Avec ma barbe longue et mon sourire de scène, un peu pour vous divertir, un peu pour vous faire de la peine, avec une pirouette qui vous met en joie; je brade mon diplôme de philosophe. »


Chaque jour et chaque nuit

À un carrefour de la ville

Je m'exerce au rythme de mes feux tricolores

Chaque voiture qui passe là

S'arrête un peu et puis s'en va

Moi, je ne quitte jamais
Mes feux tricolores


Le rouge te freine

Et moi, il me déchaîne

En quelques secondes

Je suis devant toi

Je me suis enfui de chez moi

Pour me libérer de mon monde

Et arriver au rouge

De mes feux tricolores.


Je me suis enfui consciemment

Je me contente de peu et de rien

Dès à présent, le rouge me convient

De mes feux tricolores

À peine s'allume le rouge, j'entre en scène

Et il ne m'importe en rien de vous faire de la peine

Car entre mon futur et mon passé

Cette terre de personne est un passage obligé.


À Kiev, j'étais professeur

Et j'avais un emploi officiel

Autour de moi, tout était rouge

Jusqu'à ce que le monde me tombe dessus


Le rouge te freine

Et moi, il me déchaîne

Et chaque conducteur qui passe là

Je le mets en difficulté

À peine se déclenche le rouge de mes feux

Avec ma barbe longue et mon sourire de scène

Un peu pour vous divertir, un peu pour vous faire de la peine

Avec une pirouette qui vous met en joie

Je brade mon diplôme de philosophe.


À Kiev, j étais professeur

Et j'avais une mission officielle

Mais maintenant que j'ai sauté le pas

C'est une tout autre vie, un autre rouge

Mais maintenant que j'ai sauté le pas

C'est une tout autre vie, un autre rouge

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 20:13

OUFTI ! OUFTI !

Version française – OUFTI ! OUFTI ! – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Uffà! Uffà! – Edoardo Bennato – 1980

 

 

OUFTI ! OUFTI ! , dit Lucien l'âne en riant de tout son piano aqueux, quel étrange titre... et ce n'est pas français, je crois.

 

Juste deux mots d'explication à propos du titre. Comment rendre en français le « Uffà ! Uffà ! » ? Telle est ta question. Tu me parais bien puriste, mon ami l'âne rieur. Mais en effet, OUFTI ! OUFTI ! , ce n'est pas français. Du moins, français de France et même d'Île de France... Mais c'est notre français à nous, les gens de Wallonie. En réalité, OUFTI ! est une expression plus que courante en région de Liège et même, elle est tellement courante qu'elle permet de situer la provenance géographique de celui qui l'utilise. Du moins quand elle vient « naturellement » dans ses propos. Et elle s'est progressivement répandue dans le reste de la région wallonne un peu pour se moquer des tics de langage de nos amis liégeois, un peu aussi car c'est une expression sympathique et éminemment populaire.

 

 

OUFTI !, quelle belle explication !, dit Lucien l'âne en pissant de rire.

 

 

Cela dit, sur le fond, cette chanson dit ce que beaucoup d'entre nous pensent : Nous n'irons pas refaire les Pierre l'Ermite, les Godefroid de Bouillon, les Saints Louis et autres massacreurs... Pour rien au monde, ni pour tout l'or, ni pour le pétrole, ni même pour les couilles du Pape (Nous ne sommes pas gérontophiles, nous ...). OUFTI ! La Croisade, non merci !

 

 

OUFTI !, je te suis complètement, Marco Valdo M.I. Restons bien ici à converser et au lieu d'aller courir aux quatre coins du monde après notre agonie, d'aller casser de l'humain...OUFTI ! Restons bien ici, à tisser le linceul de ce monde puant et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Oufti ! Oufti ! Quel ennui !

Cette guerre ne me plaît pas, je ne veux pas la faire !

Je me fous du pétrole, je préfère être un vil, un anormal

Mais cette fois à la Croisade

Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas y aller !

 

 

Oufti ! Oufti ! Accablez-moi !

Dites même ce que vous voulez, sur vos télévisions, sur vos journaux !

Mais cette fois à la Croisade

Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas y aller !

 

 

Oufti ! Oufti ! Faites-les éclater !

Dans le sable et dans le pétrole, faites-les s'enliser !

Élevez les prix, faites ce qu'il vous paraît

Mais cette fois à la Croisade

Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas y aller !

 

Oufti ! Oufti ! Ils étaient bien étranges ceux-là

Peut-être par hérédité ou par constitution !

Mais avec les mirages du pays des merveilles, vous les avez

Rendu méchants, et alors maintenant tous à pieds

Et ne me, et ne me, et ne me faites pas de chantage

 

Pourquoi n'essayez-vous pas d'exploiter l'énergie solaire ?

Ou alors, essayez de prendre l'énergie de la mer !

Ou d'où vous voulez ! … Je me dissocie

De l'affaire, mais cette fois à la Croisade

Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas y aller !

 

 

Oufti ! Oufti ! Vaudrait encore mieux tous dans le noir !

Tous dans le froid et sans essence dans le moteur !

Oui j'admets, ce sont des douleurs, on ne rit pas, ce sont des ennuis

Mais allez-y vous en Terre Sainte

Pour chasser, pour chasser, pour chasser les Maures ...

 

 

Oufti ! Oufti ! quelle arnaque !

Tôt ou tard j'y serai mêlé, mais au moins laissez-moi cracher

Sur ceux qui sont attelé à la réalisation

De cette maudite

De cette maudite

De cette maudite troisième guerre mondiale !...

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