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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 20:16

MA BARBE



Version française – MA BARBE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - La mia barba - Alfredo Bandelli – 1985



Paroles et musique: Alfredo Bandelli

 

 

 

Avec un titre pareil et une pareille enseigne, on ne pourrait manquer en voyant passer Bandelli de crier : Honneur au barbu ! [[43429]]. Tu en conviendras aisément, Lucien l'âne mon ami, toi qui te fis une barbe d'un chardon. D’autant que la chanson, que j'ai eu un plaisir tout particulier à traduire tant elle mêle nostalgie et poésie, tant elle dit ce que fut ce printemps (le joli mois de mai) où l'envie de l'amour et l'envie de révolution jouaient à colin-maillard et se poursuivaient jusque dans les ruelles. Une trouée de soleil dans un monde plombé de nuages lourds et noirs. Calvino aurait dit une bonace, Chabrol disait l'embellie.

Depuis la chape s'est ressoudée... À quand la prochaine éclaircie ?

 

 

Tais-toi et rame..., Marco Valdo M.I. mon ami, c'est ce qui t'attend à présent, toi et tous les autres alentour :

« Rame, rame. Rameurs, ramez.
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau :
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller...
Tais-toi et rame. » [[39197]]

De règlements en accords, de larges ententes en sommets, les riches et les puissants serrent un peu plus chaque jour le garrot. « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT »... C'est le sens de cet épisode de la Guerre de Cent Mille Ans qu'on vit actuellement ici (en latin ;: hic et nunc). Les riches ne veulent pas de nos amours, de nos rêves, de nos passions, ils ne veulent pas d'un monde différent... Ils veulent des gens asservis, des rameurs qui rament... pour faire avancer leurs galères, pour étoffer leurs affaires, pour accroître leurs richesses, il leur faut aussi des hommes à tout faire et singulièrement le pire... pour faire des pauvres encore et encore. Mais le pauvre, le simple pauvre les dérange : en somme, il coûte trop cher. Ce qui leur faut, ce qu'ils veulent, ce sont des miséreux, ce sont des misérables. La richesse est une maladie mentale et sociétale qui se nourrit de la misère du monde et qui la crée. Alors, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde cupide, affairiste, écraseur, garroteur, avide et cacochyme.

 

 

Heureusement,

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Alfredo_Banderlli_01.jpg

 

 

 

 

 

Je me rappelle encore notre premier baiser
Derrière une porte, enlacés
Ton ravissement de te sentir femme
Ton visage rougissant
Cette première fois, je la revis encore
La passion sur le sable brûlant
Ce sourire étrange, cette étrange œillée
Ton innocence pure et profanée
Les gens nous couraient alentour
Sans regarder sous cette barque
Qui cachait notre rencontre
Qui cachait ce moment d'amour.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .

 

Je me souviens encore des drapeaux au vent
De notre première manifestation, du printemps
De cette fumée dense qui brûlait le nez
Et du premier pavé que j'ai lancé
Des courses effrénées et les charges soudain
Des assemblées emplies de fumée et de rancœur
Tu me cherchais des yeux, je te sentais du cœur
Déjà nos choix se muaient en destin
Les gens discutaient alentour
Nous restions là d'infinies heures
Avant d'aller à une autre rencontre
Avant de nous offrir un moment d'amour.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .



Je me souviens de notre angoisse alors
Je me souviens du désespoir encore ,
Les paysans tués les camarades arrêtés
Les ouvriers mis au chômage
Je me souviens de notre long mois de mai
La passion, l'illusion et le courage
Quand le jour était bref et la nuit était brune
Quand nous parlions encore avec la lune
Quand nous avions tous nos talents
Quand notre pensée devenait action
Quand nous avons cru en un monde différent
Quand nous avons cru à l'imagination.

 

Ma barbe a quarante ans
Mes yeux peut-être cent
Mes rêves mes vingt ans
Sont passés comme le vent
Si je naissais mille fois
Cent fois et encore une fois
Je ne voudrais pas changer un jour
Je ne voudrais rien changer à nos amours .

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 19:48

BONNES FÊTES CAMARADE TRAVAILLEUR

 

 

Version française – BONNES FÊTES CAMARADE TRAVAILLEUR – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Buone feste compagno lavoratore – Alfredo Bandelli – 1970

Texte et musique d'Alfredo Bandelli

 

 

Je me rappelle qu'il y a quelque temps, il y eut une grande discussion, ici, à propos d'une chanson des années 70 où on parlait de tirer sur le patron (demain). C'était resté en travers de la gorge à une personne. Trop de « violence ». Et penser que cette chanson était, disons ainsi, plutôt farceuse, ou ironique ; et qu'elle a été écrite par quelqu'un qui ensuite, pour tout dire, il est allé à faire un beau petit métier (cinéaste), tous comptes faits. Cette chanson-ci dit par contre qu'au patron a été déjà réservée une corde pour le pendre. Elle a été écrite par un ouvrier qui a vécu une vie de merde qui s'est conclue par une mort de merde à même pas cinquante ans. Alfredo Bandelli, de Pise. cariste à la gare, ou bien celui qui portait dans les couloirs des trains les chariots avec les sandwichs caoutchouteux et le café qui sait de varech.

 

Émigré en Suisse et Allemagne. Ouvrier d'abord à la Fiat de Turin et ensuite chez Piaggio à Pontedera, dont il fut licencié sur le champ pour s'être présenté à l'usine, un matin, avec un réveil accroché au cou pour protester contre les horaires de travail tuants. Enfin, infirmier-auxiliaire à l'hôpital de Cisanello, le même où je crois travaille encore sa fille Evelin. Au début, il ne savait pas faire les accords des chansons qu'il écrivait ; il apprit plus tard à jouer un peu de la guitare. Il s'en foutait de déposer à SIAE ses chansons, que si tu entres maintenant dans un centre social elles les connaissent même les jeunots de dix-sept ans, les seuls qui croient qu'elles sont anonymes ou d'autres. Alfredo Bandelli l'a eu sur le dos, le cher patron. Dans la Pise de ces années, qui était un des centres du monde en ébullition (pas du tout comme Paris et son petit mai insuffisant de '68…), il mettait bien des marmites au feu . Il est mort de cancer, mais les cancers de ce pays et du travail salarié, il les avait déjà tous connus. Dans cette chanson ils sont racontés crûment, et ce sont des cancers qui sont bien lointains d'être guéris ; tout au contraire. Ils se sont, volontairement, aggravés. Et crue, par conséquent, elle est la médecine. [RV]

 

 

 

 

 

durobor.jpeg

 

 

 

 

 

Bonnes fêtes camarade travailleur
L'entreprise nous donne le colis de Noël
La bouteille de mousseux et un panettone
Et un Joyeux Noël.

 

Mais camarade souviens-t-en donc

Quand le lèche-bottes du patron
Venait avec ses amendes et ses suspensions
Pour nous faire faire plus de production.

 

À présent, notre patron
Comme le pain est bon
Il nous donne une nouvelle
Avec ses vœux de Joyeux Noël.

 

Il annonce ainsi : « Au Nouvel An
Pour cause de plan de redressement
L'entreprise vous met, pas de panique
Immédiatement au chômage technique ».

 

Bonnes fêtes, sonnent les cloches
Le prêtre nous donne la bénédiction
Ensemble tous : ouvriers et patron
et Joyeux Noël pour vos proches.

 

Mais camarade souviens-t-en
Du combat pour le renouvellement
Des batailles aux piquets le matin
Quand la police chargeait matraque à la main…

 

Cher patron très distingué
Nous aussi, nous voulons fêter
Celui qui nous a exploités
Et qui veut nous licencier.

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

 

 

 

 

 

 

Je me rappelle qu'il y a quelque temps, il y eut une grande discussion, ici, à propos d'une chanson des années 70 où on parlait de tirer sur le patron (demain). C'était resté en travers de la gorge à une personne. Trop de « violence ». Et penser que cette chanson était, disons ainsi, plutôt farceuse, ou ironique ; et qu'elle a été écrite par quelqu'un qui ensuite, pour tout dire, il est allé à faire un beau petit métier (cinéaste), tous comptes faits. Cette chanson-ci dit par contre qu'au patron a été déjà réservée une corde pour le pendre. Elle a été écrite par un ouvrier qui a vécu une vie de merde qui s'est conclue par une mort de merde à même pas cinquante ans. Alfredo Bandelli, de Pise. cariste à la gare, ou bien celui qui portait dans les couloirs des trains les chariots avec les sandwichs caoutchouteux et le café qui sait de varech.

 

Émigré en Suisse et Allemagne. Ouvrier d'abord à la Fiat de Turin et ensuite chez Piaggio à Pontedera, dont il fut licencié sur le champ pour s'être présenté à l'usine, un matin, avec un réveil accroché au cou pour protester contre les horaires de travail tuants. Enfin, infirmier-auxiliaire à l'hôpital de Cisanello, le même où je crois travaille encore sa fille Evelin. Au début, il ne savait pas faire les accords des chansons qu'il écrivait ; il apprit plus tard à jouer un peu de la guitare. Il s'en foutait de déposer à SIAE ses chansons, que si tu entres maintenant dans un centre social elles les connaissent même les jeunots de dix-sept ans, les seuls qui croient qu'elles sont anonymes ou d'autres. Alfredo Bandelli l'a eu sur le dos, le cher patron. Dans la Pise de ces années, qui était un des centres du monde en ébullition (pas du tout comme Paris et son petit mai insuffisant de '68…), il mettait bien des marmites au feu . Il est mort de cancer, mais les cancers de ce pays et du travail salarié, il les avait déjà tous connus. Dans cette chanson ils sont racontés crûment, et ce sont des cancers qui sont bien lointains d'être guéris ; tout au contraire. Ils se sont, volontairement, aggravés. Et crue, par conséquent, elle est la médecine. [RV]

 

 

 

Bonnes fêtes camarade travailleur
L'entreprise nous donne le colis de Noël
La bouteille de mousseux et un panettone
Et un Joyeux Noël.

 

Mais camarade souviens-t-en donc

Quand le lèche-bottes du patron
Venait avec ses amendes et ses suspensions
Pour nous faire faire plus de production.

 

À présent, notre patron
Comme le pain est bon
Il nous donne une nouvelle
Avec ses vœux de Joyeux Noël.

 

Il annonce ainsi : « Au Nouvel An
Pour cause de plan de redressement
L'entreprise vous met, pas de panique
Immédiatement au chômage technique ».

 

Bonnes fêtes, sonnent les cloches
Le prêtre nous donne la bénédiction
Ensemble tous : ouvriers et patron
et Joyeux Noël pour vos proches.

 

Mais camarade souviens-t-en
Du combat pour le renouvellement
Des batailles aux piquets le matin
Quand la police chargeait matraque à la main…

 

Cher patron très distingué
Nous aussi, nous voulons fêter
Celui qui nous a exploités
Et qui veut nous licencier.

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

 

Nous avons accroché au plafond
Rien que pour lui, la corde du pendu
Et nous avons écrit dessus
« Place réservée à notre cher patron! »

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 08:51

CHÔMAGE TECHNIQUE

 

Version française – CHÔMAGE TECHNIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La cassa integrazione – Alfredo Bandelli – 1970

Texte et musique d'Alfredo Bandelli

 

 

 

alfband-copie-1.jpg

 

 

 

 

Écoute, Alfredo, maintenant on arrête de plaisanter. Comme on dit, le jeu est beau lorsqu'il dure peu. Voudrais-tu continuer à nous faire croire que tu serais « mort » en 1994 ? Quelques mois après la première victoire électorale de Berlusconi ? Et alors comme se fait-il que je te vois toujours là près de la station de Pise, avec ta grande barbe, gratter tes chansons et tes luttes sans quartier ? Qui chantent encore aussi les jeunots au ticheurt antifà, et même la Lucia dont les camarades de quinze ans existent encore, on ne sait pas comment mais existent ? Et cette chanson-ci ? De 1970 ? ! ? Mil neuf cent septante ? ! ? Mais quoi, tu te fous vraiment de nous, c'est une chanson au grand maximum de deux mille dix, maximum deux mille onze, mais elle pourrait être même d'il y à un quart d'heure… En somme, Alfredo, comment je dois te le dire de sortir, décide-toi… ? ! ? !

 

 

Ton ami et collègue Ibrahim le Cariste, Navacchio, Pise, Italy

 

 

 

 

 

 

Il a raison Ibrahim le cariste... Cette chanson n'a pas d'âge... Elle est d'hier, elle est d'aujourd'hui ou de demain aussi bien que d'avant-hier ou peut-être de toujours. Du moins, depuis qu'il y a des usines et des patrons... Avant, pour les paysans ou les artisans, c'était pareil, mais il n'y avait pas de chômage technique, ni d'indemnités... Et alors, c'était la misère, la famine, dont les autres noms sont : l'insuffisance alimentaire, la malnutrition, la dénutrition... Et c'est encore ainsi aujourd'hui pour de très grandes parties du monde... On le sait bien ici dans les Chansons contre la Guerre que c'est là une des causes des grandes migrations. Cependant, il faut absolument faire la distinction entre misère et pauvreté. La pauvreté, on peut vivre avec elle et même, sans doute, vivre bien et bien vivre – ce qui, sémantique pour sémantique, ne veut pas dire exactement la même chose que vivre de biens. Vivre bien, bien vivre ne nécessite que peu de choses... En somme, quand on a assez, on est content. Tandis que vivre de biens nécessite beaucoup de choses, nécessite une croissance permanente, c'est pour les riches... Mais la faim, la misère... Il n'y a qu'à fuir, là-bas fuir... Et on fuit par millions... Résumons : on a fui les campagnes, on a fui les famines d'Irlande, de Wallonie et de Flandres, on a fui celles des montagnes, on a fui le soleil de Sicile, de Lucanie ou de Sardaigne... On a fui la Grèce ou l'Allemagne ou la Roumanie... La Norvège, la Suède se sont vidées de leurs habitants... L'exode part dans tous les sens... On fuit d'Afrique, on fuit d'Asie... On fuit du Mexique ou d'Andalousie... On a fui le Sud, on a fuit le Nord, on a fuit l'Est, on a fuit l'Ouest... Et on fuit encore... Une hémorragie sans fin. Une litanie qui dure autant que la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour renforcer leur pouvoir, accroître la terreur, imposer le travail à bas coût, tirer des profits infinis, rabaisser les autres hommes pour se grandir eux-mêmes … Car, pense-z-y, Lucien l'âne mon ami, la richesse n'a de sens que s'il y a des pauvres, des pauvres vraiment pauvres et mieux encore, s'il y a de la misère. Et c'est ce qui se joue actuellement : comme ils n'en ont jamais assez, les riches deviennent de plus en plus riches, démentiellement riches dans le même temps – et c'est voulu, ce n'est pas du tout un hasard, c'est le fondement-même de la richesse, ils appauvrissent les pauvres. Avec urbanité, en costume et cravate (Ah, la cravate, sans elle...), entourés de gardes du corps... Les pauvres n'ont pas besoin de gardes, ni qu'on les regarde. Les riches, oui ! Et ce point est souvent ignoré – volontairement ; on ne veut pas mettre à jour le premier moteur du riche, sa boulimie d'autosatisfaction, son addiction à la vanité. Vanité, inanité, insanité des riches... Dureté, cruauté, méchanceté des riches. Car, je sais que le terme est inhabituel, les riches sont fondamentalement mauvais et méchants. Cela dit, on peut très bien vivre dans un monde où tout le monde serait pauvre – je te rappelle qu'il faut distinguer pauvreté et misère... Un monde où on arrêterait de produire quand il y en a assez, un monde où les gens seraient contents d'avoir leur content... Foi de Valdo, on peut vivre dans la fraternité des pauvres...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., je le sais, je l'ai toujours vécue cette fraternité et comme tu vois, je ne m'en porte pas si mal. Et j'ai vu tant de riches se détester et se combattre... ils appellent ça la concurrence... Cependant, nous ne pouvons quand même pas faire la révolution à nous deux... Mais nous pouvons préparer la fin de ce monde et lui tisser un linceul doré à ce vieux monde dur, cruel, méchant, vaniteux, insane et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Chômage technique et puis, licenciement

Le chômage arrive en traître

Et jour après jour, dans le coin, il n'y plus rien à faire

On ne s'en sort pas, si on ne trouve pas un arrangement.

 

Il faut sauver la production
Restructurons et licencions.
Tous d'accord, pacte social
Et reprenons le travail.

 

« Messieurs les patrons, faites-nous travailler,
Un mois de chantier ou un jour à décharger »
Sans assurance, les heures, les jours volés
Le désespoir fait tout accepter.

 

Maintenant ton contrat est signé
Ne va pas te plaindre si on t'a couillonné.
Attention à toi, à tout moment
On peut te coller un licenciement.

 

Ils veulent nous licencier pour nous effrayer
Nous faire chanter et nous empêcher de lutter,
Mais notre réponse pour ne pas nous faire baiser
C'est « Avec ou sans travail, nous voulons exister ».

 

La crise la dévaluation empirent
Mais on s'en fout de la production.
Notre droit à la vie nous le voulons
Nous voulons nous organiser pour en finir.

 

Luttez camarades, crevez patrons
L'heure est proche, révolution !

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 21:48

DE VOS PRISONS, UN JOUR...


Version française – DE VOS PRISONS, UN JOUR... – Marco valdo M.I. - 2009

Chanson italienne – Delle vostre galere un giorno – Alfredo Bandelli – 1974

 

 

DE VOS PRISONS, UN JOUR... Oh, le beau titre... et la belle chanson. En 1974, Bandelli dénonce les prisons et le sort des prisonniers en Italie; plus tard, parmi d'autres, Marco Camenisch dénonce le sort des prisonniers « politiques » dans les prisons italiennes et puis, suisses, les tortures physiques, morales et psychologiques dans les quartiers de haute sécurité... On comprend que les militants exilés ne veulent pas rentrer au pays et réclament l'asile politique à l'étranger.

Oscar Wilde, au dix-neuvième siècle, dénonçait les prisons anglaises. Robert Badinter dénonce les prisons françaises, leur surpopulation, leurs conditions quasi moyenâgeuses, leur insupportable surpopulation. Μ

L'Europe pendant ce temps, bavarde. Elle papote à propos de sa « démocratie », elle s'inquiète du sort du hareng saur, mais laisse pourrir les gens en prison. On ne pourrait être plus indigne. De ce point de vue et pas seulement, l'Europe (comme bien de ses membres) est une vieille dame indigne.

Sans compter ce qui se passe ailleurs dans le monde...


Tout cela, la prison, la galère, la torture... sont des armes de répression dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec constance et obstination contre les pauvres. Tant il est vrai que pour bâtir la richesse, il faut écraser les pauvres...


Mais, de leurs prisons, un jour... Non seulement, on se souviendra, non seulement, on tiendra le compte méticuleux, mais aussi on les jugera...


Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



 

Des coups, des coups puis, l'isolement

Ça finit ainsi souvent.

Es brutes de bourreaux, fils de pute

Ne font que frapper.

On ne peut même pas se lamenter

On ne peut même pas parler

Il suffit d'une plainte du prisonnier

Pour être massacré.

 

De vos prisons un jour

Nous saurons faire bon usage

D'abord nous ouvrirons les portes à vos esclaves

Nous les accueillerons dans l'humanité

Et ensuite, en file, un par un,

Nous vous mettrons tous là.

Le tribunal du prolétariat

Aura à juger vos délits.


Nous sommes tous montés sur les toits

En criant « Porcs nazis

Nous voulons avoir nos droits

ou vous devrez le payer ».

Le directeur nous répondu

Avec mille policiers

Et aux journaux, il est allé dire

Qu'il était disposé à traiter.


De vos prisons un jour

Nous saurons faire bon usage

D'abord nous ouvrirons les portes à vos esclaves

Nous les accueillerons dans l'humanité

Et ensuite, en file, un par un,

Nous vous mettrons tous là.

Le tribunal du prolétariat

Aura à juger vos délits.

 

Et si par hasard, vous comprenez

Qu'un détenu est mort.

Certes, il est possible que ce malheureux

Ait été massacré.
Mais si on parle de révoltes

De luttes dans les prisons

C'est parce que grandit la lutte de classes

Contre tous les patrons.

De vos prisons un jour

Nous saurons faire bon usage

D'abord nous ouvrirons les portes à vos esclaves

Nous les accueillerons dans l'humanité

Et ensuite, en file, un par un,

Nous vous mettrons tous là.

Le tribunal du prolétariat

Aura à juger vos délits.

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 09:46

ÇÀ CHANGERA


Version française – ÇÀ CHANGERA – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Cambierà – Alfredo Bandelli - 1988

 

 

Et pourtant aujourd'hui aussi le patron n'entend pas raison

Et pourtant même aujourd'hui le profit n'a pas de conditions

Et pourtant commandent encore les mêmes messieurs

Et pourtant ils licencient encore les travailleurs

Celui qui dit que tout est passé, que le monde est changé

Est partisan de maintenir le monde pour toujours inchangé.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.

Et pourtant sur ce monde pèse encore la guerre

Et pourtant quelqu'un détruit notre terre

Et pourtant il y a toujours dans le monde les damnés et les opprimés.

Et pourtant ce sont toujours les mêmes qui meurent de faim

Celui qui dit que tout est passé, que le monde est changé

Est partisan de maintenir le monde pour toujours inchangé.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.


Et pourtant la loi est restée la même depuis toujours

Et pourtant ce sont toujours les pauvres gens qui paient

Et pourtant, aujourd'hui, nous vivons les mêmes illusions

Et pourtant même aujourd'hui, nous avons les mêmes raisons.

Celui qui dit que tout est passé, que le monde est changé

Est partisan de maintenir le monde pour toujours inchangé.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.

Mais il changera, oui, il changera

Car il est nécessaire et juste, tu verras qu'il changera.

 

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:45

IL EST MINUIT

Version française – IL EST MINUIT – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – È Mezzanotte – Alfredo Bandelli

 

Minuit, chaque nuit. La guérilla urbaine reprend dans les rues de Turin. Les ouvriers mènent le combat; la police défend l'ordre bourgeois.

C'était au temps de Bandelli, vers 1970.

 

Aujourd'hui, ici ou ailleurs, les épisodes varient, les formes changent... Mais la guerre continue et les répressions aussi.

 

Il en sera ainsi tant que durera la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres.

 

Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.

 

Il est minuit et ils prennent position.
Mais qui est-ce sur cette 500

Qui parcourt la ville ?


Il est deux heures, la centrale s'est mobilisée

« À toutes les autos, on signale

Du mouvement sur le corso d'Italia... »


La police de l'État italien

Garantit la tranquillité

L'ordre toujours respecté

Le travail dans la sérénité.

Toutes les nuits se répète la même histoire

Surveillance étroite des centres focaux

Où sont faites les inscriptions

Et au commandement, il y a celui qui hurle et qui s'emballe

« Cette fois ça suffit, vous êtes des incapables,

Je vous ferai transférer... »

La police de l'État italien

Garantit la tranquillité

L'ordre toujours respecté

Le travail dans la sérénité.

 

Et dans le journal, nous avons lu ce matin

Que sur les murs de la questure, était écrit en rouge

« Le Pouvoir à qui travaille ».

 

Un policier, en suivant un groupe de rebelles

Par hasard a glissé avec son pistolet en main

Deux coups sont partis; il y a trois blessés...

La police de l'État italien

Garantit la tranquillité

L'ordre toujours respecté

Le travail dans la sérénité.


La police de l'État italien

Garantit la tranquillité

L'ordre toujours respecté

Le travail dans la sérénité.

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:44

LA COLOMBE

Version française - LA COLOMBE – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – La Colomba – Alfredo Bandelli - 1988

 

La musique de la chanson « La Colombe » est reprise de la chanson « Les ailes de la colombe », présentée le 12 septembre 1988 à la Fête nationale de l'Unità de Florence dans le spectacle « Les dernières fleurs de mai », présenté par Alfredo Bandelli et Luigi Cunsolo.

 

Je veux chanter l'histoire

D'une colombe, une vieille colombe

Je veux chanter l'histoire d'une colombe

Une vieille colombe.

 

Vole colombe vole colombe

Tes ailes ne font pas d'ombre

 

L'homme de la famille

Donne un baiser, un fils et une fille;

Demande aussi

De ne jamais trop se laver la tête.


Vole colombe vole colombe

Tes ailes ne font pas d'ombre

 

L'homme du capital

Donne des instruments pour travailler

Impose aussi la condition

De ne jamais s'arrêter pour se reposer.

Vole colombe vole colombe

Tes ailes ne font pas d'ombre


De tous les bienpensants

De tous les hommes les plus importants

A eu une claque par derrière

Et une médaille plaquée devant.

 

Vole colombe vole colombe

Tes ailes ne font pas d'ombre

 

Et maintenant que vient l'hiver

Disent : Gare-toi, voici l'hiver

Et maintenant que vient l'hiver

Disent : Gare-toi, voici l'hiver

 

Vole colombe vole colombe

Tes ailes ne font pas d'ombre

 

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 09:52

QUAND JE SUIS PARTI MILITAIRE

 

Version française – QUAND JE SUIS PARTI MILITAIRE – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Da quando sono partito militare – Alfredo Bandelli – 1970

 

 

 

« Quand je suis parti militaire » est une chanson antimilitariste qui s'insère particulièrement dans dans le mouvement des « Prolétaires en uniforme » (selon la définition de Lotta Continua) actifs dans les premières années 70.

C'est là - à l'heure actuelle dans nos pays – une chanson un peu étrange, dans la mesure où (provisoirement ?) la conscription, le service militaire obligatoire a quasiment disparu.

 

Mais le conscrit a bien existé, sans doute à partir de la Révolution française. L'armée de conscrits était comprise par le pouvoir qui disait que c'était là une armée démocratique (et de fait on allait démocratiquement se faire massacrer par millions durant plus d'un siècle), une armée du peuple. Chez les conscrits, certains aussi la perçurent comme telle, mais comme le prolongement de la situation d'affrontement de classes qui se déroulait dans les usines, dans les campagnes. Et dans certains cas, en effet, on put retourner l'armée et en faire vraiment une armée du peuple, parfois même, une armée émancipatrice... Cela s'est vu en Russie, en Espagne, au Portugal... Mais la chose ne dure jamais longtemps car l'armée est frappée du péché originel de la discipline, de l'obéissance, de la soumission. Sauf dans ces « apices » (italianisme évident : dans ces moments exceptionnels...) où l'armée se transforme en une organisation de groupes armés d'autodéfense, où s'installent les conseils de soldats, où cette forme d'armée très particulière lutte contre le pouvoir, l'armée (de conscrits ou de profession) constitue un des moyens les plus sûrs de domestication de l'homme.

 

L'élimination de l'armée de conscription est une des conséquences de 1968 (dans nos pays) et elle a eu lieu – contre l'avis de certains tenants de la lutte pour la prise du pouvoir – afin de, plus fondamentalement, libérer les jeunes gens de ce moment d'intense dressage.

Deux ou trois mots à propos d'une sorte d'ambiguïté dans la chanson de Bandelli : Comment comprendre : « C'est l'école de l'obéissance / C'est l'école où tu apprends / Comment traiter les patrons. » La traduction est au plus près de l'italien et il paraît en effet qu'on peut traiter les patrons de diverses façons. Sous-entendu aussi (?) : quand tu passes par l'armée, tu apprends la révolte... Ce fut en effet le cas pour beaucoup de troufions.

 

Bien sûr, il y a toujours les armées de métier, et bien sûr, elles sont redoutables : ce sont les instruments de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font contre les pauvres et bien sûr, il faudra les faire disparaître...

 

« Nous tisserons le linceul du vieux monde... »

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

Du temps où j'étais militaire

Si tu savais tout ce que j'ai enduré...

Avec les officiers toujours à commander,

C'est pire que d'être emprisonné.

 

Et les sous-officiers de carrière

Doivent maintenir la discipline,

Particulièrement ce bourreau de caporal

Quand je travaillais à l'atelier.

Un an et demi, de patience,

C'est l'école de l'obéissance,

C'est l'école où tu apprends

Comment traiter les patrons.

Quand ce n'est pas la marche, c'est la garde

Ou huit heures à trimer

Et cette saloperie qu'on te fait manger

C'est de la bouffe qui te fait crever.

 

Et qu'il ne te vienne pas l'idée de parler;

Ou tu es content, ou c'est la prison.

C'est comme la police

Quand on va dans la rue protester.

Un an et demi, ne te lamente pas,

Tu dois apprendre à t'en arranger.

Qu'est ce que le travail ? Qu'est-ce que la faim ?

Tu dois apprendre à ne pas te lamenter.

Quand tu sors, tu dois faire attention

Et en tout cas, aucune discussion.

Ils ont fait expressément ce règlement

Pour maintenir leurs divisions.

Par la peur quand nous sommes dehors

Et le favoritisme quand on est dedans.

Car si nous sommes unis, ils ont peur

Que nous puissions user de notre force.

Un an et demi d'isolement;

Pour te détacher du monde entier,

De la politique, du communisme:

Un an et demi de fascisme.

Mais nous, nous nous organisons pour lutter

À la caserne comme à l'usine.

Nous, il nous faut obéir

Et eux, doivent toujours commander.

Notre lutte est la lutte de classes

Qui est celle de tous les exploités.

Car la lutte continue, tous unis

Dans les casernes, les usines et les quartiers.

Pendant un et demi, on peut lutter

Même en faisant le soldat.

Quel uniforme ? Quel drapeau ?

Lutte de classes toujours plus dure !

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 10:00

LE CONTE

Chanson italienne – La Conta – Evelin Bandelli

Version française – Le Conte - Marco Valdo M.I. – 2008,



Je chante, avec la rage au dedans, la rage que j'ai

contre un monde cruel, contre un monde mauvais

Je chante en chantant à un peuple sourd

à un peuple muet, à un peuple gourd.

Je chante en chantant la douleur et la rage

des hommes vivants qui vivent en cage

Je chante en chantant les victimes désarmées

des guerres voulues par des gouvernements surarmés

Je chante en comptant les victimes désarmées

des guerres voulues par des gouvernements surarmés


Je chante les femmes qui pleurent leurs fils

tués par des hommes armés de lys.

Je chante ces hommes armés d'amour.

Ils volent la vie mais perdent leur cœur.

Je chante la violence des coups et des abus.

Je chante comment le gouvernement les a tués.

Je chante les morts abandonnés au milieu d'un désert

Sur un lit de larmes amères.

Je chante les morts abandonnés au milieu d'un désert

Sur un lit de larmes amères.

D'un pleur, je chante ma chère compagne

car à chaque larme, le sang te noie.

Je chante pour que tu ne pleures pas, mon petit,

Car un Dieu pensera à juger.

Je chante, nous chantons en chantant une histoire

qui sauva la vie au mépris de la gloire.

Je chante en chantant l'histoire est finie,

fini le conte, commence la vie.


Je chante en chantant l'histoire est finie,

fini le conte, commence la vie.


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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 15:21

LA BALLADE DE LA FIAT



Chanson italienne – La ballata delle Fiat – Alfredo Bandelli – 1970

Version française – La ballade de la Fiat – Marco Valdo M.I. – 2008


Cette traduction est dédiée tout particulièrement à mon camarade et ami Vincent De Raeve, qui a publié un livre dont le titre est tout simplement « L'Usine ».



Lorsque Alfredo Bandelli écrit cette chanson, on est en 1970. En un temps où la classe ouvrière italienne est en pleine phase offensive; elle a repris courage, elle se réorganise; elle refuse le « compromis historique » que les partis, y compris de gauche, tentent d'installer. On a vu – avec le recul, près de quarante ans plus tard – que le peuple des usines n'avait pas tort de se méfier et où cette « sainte alliance » a mené, et pas seulement en Italie. Je pense à un de mes vieux professeurs de philosophie qui enseignait : « Quand on joue aux cons, on finit toujours par gagner... » La gauche a joué la carte de la collaboration avec le régime; le libéralisme est triomphant, les pauvres ont perdu. Mais en écho du chant de Bandelli, on entend celui des Canuts : Nous tisserons le linceul du vieux monde et l'on entend déjà la révolte qui gronde.... C'est comme le bruit souterrain d'un tremblement de terre qui va crescendo....



« L'usine était en retard pour une commande; pour ne pas payer d'amendes, elle recourait à des heures supplémentaires. Ces pauses infernales de 12 heures : « « Par peur de perdre son travail, on acceptait. »



TURIN - Devant la grille de l'Union Industrielle de Turin, c'est maintenant l'heure de rage. Celle qui te vient après une nuit et un jour de peur, celle qui prend la place du choc car, au fond, « Là dedans, ç'aurait pu être toi ». Giuseppe, 27 ans, ne pense pas seulement à lui-même. Il pense à son ami «  qui a démissionné il y a un mois. Un qui n'en pouvait plus. Il avait déjà reçu deux blâmes écrits de la Thyssen car il s'était refusé à faire les heures supplémentaires ».

Un qui s'est sauvé et pas seulement du licenciement.



À la Thyssen et ailleurs, il y eut des morts, beaucoup de morts suite aux cadences, des morts suite aux délires cupides des actionnaires de l'entreprise, de toutes les entreprises.

Mais voyons enfin, les morts, c'est normal. C'est le résultat de la guerre que les riches mènent depuis cent mille ans contre les pauvres.

Car voyez-vous, Messieurs, dit Marco Valdo M.I., j'accuse. Oui, comme Zola, j'accuse !!!!

Et voici l'acte d'accusation :

Quand une ouvrière, un ouvrier, un enfant mis au travail meurt, chaque fois qu'une ouvrière, un ouvrier, un enfant mis au travail meurt, vous en êtes personnellement responsables – pas seulement les cadres d'entreprise, pas seulement le « management », encore moins le contremaître qui exécute à votre place, mais vous, vous les propriétaires, vous qui possédez ne fût-ce qu'une parcelle d'une entreprise; en bref, vous les actionnaires, c'est vous les responsables et personnellement responsables de toutes ces morts.

Et nous le savons et nous ne l'oublierons jamais !!! Nous ne vous lâcherons pas jusqu'au temps où... vous rendrez tout aux pauvres, tout ce que vous leur avez pris, tout ce que vous leur prenez chaque jour depuis si longtemps...



Je dis çà pour vous rafraîchir la mémoire, pour vous mettre face à vos responsabilités, face à votre conscience, s'il vous en reste une (la pauvre !!!).



Marco Valdo M.I. (dont la devise est « Ora e sempre : Resistenza ! »)



Et maintenant, je salue Alfredo Bandelli, un' vero compagno et sa chanson. Il a raison : Tout est à nous, tout est à ceux qui font les choses – pas à ceux qui les exploitent.





Monsieur le Patron, cette fois

ça s'est vraiment mal passé pour toi

Nous sommes fatigués d'attendre

que tu nous fasses crever.

Nous on continue à travailler

et nos syndicats viennent nous dire

qu'il faut réfléchir,

on ne parle plus de lutter.



Monsieur le Patron, nous nous sommes réveillés,

et cette fois, c'est la bataille;

et cette fois de comment lutter,

nous le décidons seulement nous.

Regarde le jaune qui se taille,

écoute le silence dans les ateliers,

Peut-être que demain, le bruit

que tu entendras, ce sera la mitraille



Monsieur le Patron, cette fois

ça s'est vraiment mal passé pour toi,

à partir de maintenant, si tu veux négocier

tu devras t'adresser seulement à nous.

Et cette fois, on ne nous achète pas

Avec cinq lires d'augmentation.

Si tu en offres dix, on en veut cent,

si tu en offres cent, nous en voudrons mille.


Monsieur le Patron, tu ne nous auras pas

Avec tes inventions, avec les syndicats.

Tes projets sont en fumée,

et nous, on lutte contre toi.

Et tes qualifications, tes catégories,

nous voulons toutes les abolir.

Les divisions sont finies :

à la chaîne, nous sommes tous égaux.


Monsieur le Patron, cette fois,

nous on a appris à lutter,

à Mirafiori, on a manifesté,

et dans toute l'Italie, on manifestera.

Et quand nous descendons dans la rue,

attends-toi à des funérailles,

mais ça s'est plutôt mal passé

Pour celui qui voulait nous endormir.


Nous en avons vu vraiment beaucoup

des matraques, des boucliers romains,

Mais on a vu aussi tant des mains

qui commençaient à aller au pavé.

Toute la Turin prolétaire

à la violence policière

répond maintenant, sans peur :

Notre lutte dure est nécessaire.



Et non, aux bureaucrates, et non aux patrons !

Que voulons-nous ? Nous voulons tout !

Lotta continua à Mirafiori

et le communisme triomphera !

Et non, aux bureaucrates, et non aux patrons !

Que voulons-nous ? Nous voulons tout !

Lotta continua à l'usine et en dehors

et le communisme triomphera !





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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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