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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 22:58

Il est né le divin Enfant

 

Chanson française – Il est né le divin Enfant – Jean Yanne – 1982

 

 

 

Il est né le divin enfant

 

http://www.youtube.com/watch?v=otRrwsK0neE&list=RD02otRrwsK0neE

 

Ah ! Lucien l'âne mon ami, aujourd'hui, je m'en vais te rapporter une fable... Non pas une fable d'Ésope ou de La Fontaine, emplie d'animaux et de proverbes, mais une fable en quelque sorte humaine. Une fable dont les personnages sont des êtres humains et bien évidemment, comme dans toutes les fables, des personnages inventés...

 

Voilà qui est intéressant et somme toute, qui nous rendra justice à nous les animaux. Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, n'appelle-t-on pas habituellement ce genre de récits des contes...

 

 

Bien évidemment. Les contes sont des fables où les personnages sont des humains. Ainsi en va-t-il des célèbres contes des mille une et une nuits. Donc, je précise : une fable du genre particulier appelé généralement « conte ».

 

 

En fait, fables ou contes, ce sont des histoires où il faudrait indiquer en préambule : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé... » Tu connais le texte habituel.

 

 

 

 

Certes, mais ce n'est pas exactement ça... Contes ou fables, il est essentiel de bien indiquer qu'il s'agit de pures inventions, de pures créations, même si comme c'est le cas ici, l'auteur est anonyme ou inconnu. Les contes ont toujours servi à mille choses et particulièrement, à dire ce qui ne peut être dit ouvertement. En clair : quand placé sous une chape de plomb ou face à une dictature avouée ou insidieuse (ici, pour Jean Yanne, il s'agit de mettre en cause le conformisme religieux de la bonne société, dont on sait qu'il est une dictature du genre insidieux et de plus sournoise) le poète, l’auteur, l'écrivain, l’artiste, le penseur, le philosophe, l'homme engagé ne peut dire la vérité, connaissant par avance le sort qui l'attend ; [[7878]] il suffit de voir ce qu'il advient des mécréants quand les religieux sont au pouvoir ou même simplement, en majorité ; ce qui se vérifie partout dans le monde et dans l'histoire. Le conte est un message crypté. Donc pour en revenir à notre chanson et plus précisément, à notre cantique – un cantique du 18 ou 19ième siècle, on ne sait trop – réinterprété par Jean Yanne. Ce cantique fort populaire au demeurant est resservi d'année en année au repas de Noël à la sauce Tino Rossi, sur les radios bien-pensantes; [http://www.youtube.com/watch?v=zrdPGF0vmQw]; pour la clarté des choses, je te rappelle le texte intégral :

 

« Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes,
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Ah! que ses grâces sont parfaites,
Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Qu'il est doux, ce divin enfant.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

Une étable est son logement,
Un peu de paille est sa couchette,
Une étable est son logement,
Pour un Dieu quel abaissement!

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

 

O Jésus, ô roi tout puissant,
Tout petit enfant que vous êtes,
O Jésus, ô roi tout puissant,
Régnez sur nous entièrement.

 

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement. »

 

 

 

 

Ce cantique, je le connais, tu parles, mon ami Marco Valdo M.I. Déjà qu'il est lui-même une parodie de cantique... le texte est aussi délirant que l'ironique interprétation qu'en fera un siècle après Jean Yanne. D'ailleurs, n'était son existence ancienne, on pourrait croire que lui aussi a été écrit par Jean Yanne... J'ai d'ailleurs longtemps cru que c'était une blague... Mais j'ai bien dû déchanter... C'était réellement un cantique. Le pire, c'est que j'ai dû le subir un nombre considérable de fois quand ils me réquisitionnaient pour jouer l'âne dans leurs crèches ; c'est un sommet du kitsch cathoromain. Ce n'est pas un hasard, si « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »...

 

 

Tu remarqueras que dans la chanson, Jean Yanne prend le parti de l'âne et dénonce le sort qu'on lui fait subir. Et puis, Jean Yanne devait lui aussi en avoir par dessus la tête de cette siroperie ecclésiastique et il l'a passée au moulinet du reggae ; cette fois, il a encore eu recours à la parodie, à un « à la manière de... ». Ici à la manière du Gainsbourg de Aux armes [[2890]]; choristes y comprises. Avant d'aller plus loin, il faut quand même signaler que comme beaucoup de chansons de Jean Yanne, celle-ci avait été composée pour le film Deux heures moins le Quart avant Jésus-Christ (http://www.youtube.com/watch?v=AjhEKZE7SbM), dont elle était la conclusion .Le résultat est détonant et rebondit dans notre temps contemporain : la télé est là et surgit au dernier couplet le conflit absurde qui se déroule dans le pays où se déroula la vie de Brian (http://www.youtube.com/watch?v=bDDrKuJ76AM&list=RD02Xv2dVNu-Z34), film des Monty Pythons (1979) avec lequel il a une certaine parenté, c'est-à-dire en Galilée-Palestine-Israël-Judée, etc.

 

 

J'aime beaucoup cette canzone, ce cantique qui est finalement un beau conte et les beaux contes sont mes bons amis... Quant à nous, reprenons notre tâche, dans cette Guerre de Cent Mille Ans – réelle celle-là, et tissons le linceul de ce vieux monde engoncé dans ses crédulités, malade de ses croyances, bigot, infantile et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

Le père vivait bien tranquille
Bon ouvrier, bon artisan ( Choristes : Il est né le divin enfant)
C'était le meilleur de la ville
Pour faire les tables et les bancs ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Tôt le matin dans son échoppe
Avec le bois de l'olivier ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Par le rabot, par la varlope,
Il ennoblissait son métier ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

L'histoire est simple et plutôt belle
Un jour, il rencontre Marie ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Jeune et jolie, douce et fidèle,
Il veut lui consacrer sa vie ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Le voilà déjà qui installe
Meubles et tapis dans sa maison ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Il repeint les murs de sa salle
Et met des plumes aux édredons ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

Dans leur bonheur, un ange passe
Et dit à Marie étonnée : ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Je vous salue pleine de grâce
Et vous annonce un héritier ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Qui va naître sans toit, sans âtre,
Sans draps, sans berceau, presque nu ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Près d'un bœuf que l'on va abattre
Et d'un âne qu'on a battu ( Choristes : Il est né le divin enfant)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

C'est bien ainsi qu'en Palestine
La face du monde a changé ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Qu'on prévienne les magazines
Et le journal télévisé ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Sur la paille d'une cabane
Et sous le ciel de Galilée, ( Choristes : Il est né le divin enfant)
Ce jour entre le bœuf et l'âne,
Un petit enfant juif est né (Un petit enfant juif est né)

Il est né le divin enfant
Jouez transistors, résonnez cassettes,
Il est né le divin enfant,
Magnétoscopons cet événement
( Choristes : Il est né le divin enfant)

( Choristes : Il est né le divin enfant)
( Choristes : Il est né le divin enfant)

 

 
Il est né le divin Enfant
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Marco Valdo M.I.
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:12

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE

 

POLITIQUE

 

Version française – PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE POLITIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne - "Semplici lezioni di economia politica" – de Gian Piero Testa – 2013

d'une chanson grecque – Απλά μαθήματα πολιτικής οικονομίας – Loukianos Kilaidonis / Λουκιανός Κηλαηδόνης – 1975

Texte de Yannis Negrepondis
Musique de Loukianòs Kilaidonis
Interprètes: Alekos Màndilas, Loukianòs Kilaidonis, Pitsa Konitsioti, Kostas Thomaìdis
Disque: Απλά μαθήματα πολιτικἠς οικονομίας, 1975

 

 

 

 

Nous souvenons-nous encore de Bertolt Brecht ? « Apprends ce qui est le plus simple ! Pour ceux dont le temps est venu, il
 n'est jamais trop tard ! 
Apprends l'abc ; ça ne suffit pas, mais 
apprends-le ! Et ne te lasse pas ! Commence ! Tu dois savoir tout ! 
Tu dois prendre le pouvoir. 
Apprends, homme à l'hospice !
 Apprends, homme en prison ! 
Apprends, femme en cuisine ! Apprends, sexagénaire ! Tu dois prendre le pouvoir. Fréquente l'école, sans-abri ! 
Acquiers le savoir, toi qui as froid ! 
 Affamé, empoigne le livre : c'est une arme.
 Tu dois prendre le pouvoir. N'aie pas peur de questionner, camarade ! 
Ne te laisse pas influencer, 
vérifie toi-même ! 
Ce que tu n'apprends pas par toi-même, tu ne le sauras pas. Contrôle le compte, 
c'est toi qui dois le payer. Mets le doigt sur chaque mot, 
demande : et ceci, pourquoi ? 
Tu dois prendre le pouvoir ».

 

Brecht disait cela en 1933, une année mortelle. En 1975, avec dans le dos, la sombre période des Colonels, Yannis Negrepondis et Loukianòs Kilaidonis devaient avoir pensé que, dans le septennat précédent, les Grecs avaient manqué trop de leçons et qu'était venu l'instant de rafraîchir l'abc du peuple. Ils publièrent ce disque rapide, pédagogique, gnomique, ultra-idéologique – si l'on veut -, mais amusant, ironique, optimiste au fond ; et pourquoi ne pas l'être, optimistes, quand on respirait encore les émanations de l'ivresse et on pouvait rêver que, avec la liberté retrouvée, on pourrait même vaincre l'injustice du système ? Qui ne s'est jamais engagé dans ce passage du Nord-Ouest pour atteindre l'Océan Pacifique et ensuite se retrouver emprisonné dans les glaces et découvrir que le passage était encore une fois un malencontreux aller simple ? Ultra-idéologique, ai-je dit : mais, en réalité, je ne sais pas très bien ce que ça peut vouloir dire. Aujourd'hui il m'arrive – il m'arrive, malheureusement – de lire les articles des « terminators » des idéologies du XX siècle : les Panebianco, Ostellino, Zingales… [Disons, dit Lucien l'âne, que ce sont des « His Master Voices »... Les perroquets du capital. Sur ce même thème, je me rappelle l'éclairante chanson Les lanternes libérales [[7920]]]. Et bien, mais eux aussi enseignent son abc à la bourgeoisie, et proposent leurs formulettes libéralisantes et globalisantes indépendamment de toute considération de la réalité factuelle, et sans le moins du monde s'apercevoir que ces dernières (formulettes), en étant vastement mises en pratique sans aucun recours à leurs sages conseils, ne fonctionnent pas ; mais qui s'en soucie… L'idéologisme, on sait, est vice d'autrui ; certes pas de qui possède la science, ou – peut-être il vaut-il mieux dire – la formule magique et bonne à tout.

Du point de vue spéculatif, je n'arrive pas à saisir de différences de méthode entre les articles bourgeois du Corriere et ceux prolétariens de Lotta Comunista, qu'un temps je lisais pour l'avoir achetée, et que j'achetais car je n’avais pas le cœur d'envoyer au diable les jeunes camarades qui, comme de zélés Témoins de Jéhovah, sonnaient à ma porte le dimanche matin. Mais il y a une différence, de toute façon. La prédication idéologique des anti-idéologues du Corriere a accompagné un colossal transfert de richesse nationale, de sorte qu'aujourd'hui 10% de la population en possède 50% (avec le résultat que le Pays est dans l'ensemble beaucoup plus pauvre et, horreur, beaucoup moins compétitif sur la décisive scène mondiale) ; tandis que les autres, au moins, ont tapé sur le clou – un incontestable clou – disant que « qui a faim, a raison », comme le dit – voyez un peu – un proverbe populaire grec.

Dans ces limites – et avec cette appréciation – relisons et réécoutons, après presque quarante ans, le disque rouge de Kilaidonis-Negrepondis. Il est vraiment élémentaire, exactement comme il se proposait d'être ; mais j'ai la sensation que, dans la tourmente en cours, il ait encore des choses à dire. (gpt)

 


S'agissant de leçons élémentaires, il n'y a pas besoin de notes. Mais peut-être l'une ou l'autre peut être utile. Pour bien comprendre, la troisième chanson, l'avant-dernière strophe qui parle d'un conte long et emmêlé, c'est-à-dire la lutte des classes, il faut savoir que, alors que les contes italiens qui se terminent bien recourent à la sentence finale : « et ils vécurent heureux et contents » (les français à « Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants »), les grecs disent : « et ils vécurent bien et nous encore mieux ». En ajoutant le fait que, mieux s'entend comme devrait être le résultat final – lorsqu'il adviendra – de la guerre de cent mille ans.

 

Gian Piero Testa - 20/8/2013 - 22:03


Fortes paroles … que la musique ne rend pas. Très belle cependant et c'est un travail considérable de GPT.

Krzysiek Wrona - 21/8/2013 - 03:33


Je comprends, Krzysiek Wrona, tes réserves sur la contribution musicale de Kilaidonis. Mais essaye d'imaginer que ces textes, en grande partie sérieux et tous terriblement catéchétiques, étaient modulés sur une musique qui en reflétait – autant sérieusement – les profondes vérités… Deux paris insoutenables. Mais ainsi, entre le sérieux et facétieux, entre le puéril et l'épique, le message devient plus fluide, selon moi. Et il a plus de probabilité d'approcher le sens. Et on ne peut pas, d'autre part, demander à un artiste, dont la nature profonde est sarcastique et farceuse, de se faire tout à coup grave et prophétique. Mais essaye de les réécouter plusieurs fois, ces chansons et tu t'apercevras que, ne fois après l'autre,ils se font plus convaincants. Merci pour les mots d'appréciation.
Gian Piero Testa - 21/8/2013 - 21:25

 

 

 

 

 

1- ARITHMÉTIQUE ÉLÉMENTAIRE
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Deux plus un font trois
Si ça ne suffit pas, fais la grève.
On te prend dix, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là
On te prend, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Dix fois mille dix mille
Et seulement mille pour mille ouvriers.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Six plus deux, huit personnes
L'affamé roule de gros yeux
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Quand le capital courra des risques
Il renverra ton fils à la guerre.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.

 

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau.

 

 

 

2 – LE SYSTÈME
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

Tes mains collègue
Lorsque tu les loues
Pense que ton patron
Est un mal pour l'homme

 

Car même si ce matin
Il t'accepte comme être humain
Le système tôt ou tard
T'enverra au placard

 

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison, de cœur.

 

Tes mains, collègue,
Quand tu les loues
Sais-tu que c'est au système
que tu portes remède.

 

Quand ton patron lui-même
Parle de confiance
Au système
Il t’aliène

 

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison et de cœur.

 

 

 

3 – SAUT RÉVOLUTIONNAIRE
(Interprète Pitsa Konitsioti)

 

 

D'aïeuls en aïeules
De génération en génération
Qu'on s'arrête ou qu'on bouge
Toujours plus à chaque génération
Ils nous appauvrissent et ils prospèrent.

 

Anxieux ceux avec les gros billets
Nous maugréons avec la petite monnaie
Tu vois, pour eux, c'est la fête
Et il nous reste à gratter nos têtes.

 

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion

Dit Marx et alors,viendra l'action

 

La fable est encore longue
Et comporte moult épisodes
Eux vivent heureux
Et nous encore toujours mieux

 

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion

Dit Marx et alors, viendra l'action

 

 

4 – LES SCRUPULES
(Interprète Kostas Thomaìdis)

 

 

Quand la malhonnêteté gouverne le monde
Il n'est pas juste d'être honnêtes.

 

Distingue une fois pour toutes
Ce qu'est la valeur, ce qui est juste
Et n'écoute pas ceux qui mesurent
Avec leurs mètres et te trompent.

 

Quand l'injustice gouverne le monde
Il est insensé d'être justes.

 

Distingue depuis le commencement
Quelle est ta juste place.
Seul le droit de ta classe
Est viril et franc.

 

 

5 – LA PATRIE
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

 

En bas, le petit peuple
Moteurs, cuisine, cambuse,
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

 

Doucement la mer, doucement
Le bateau file au vent
Pour ceux d'en haut, c'est la fête
Pour le petit peuple, la tristesse.

 

Même si le temps se gâte
Et tourne à la tempête
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

 

Au petit peuple, il est permis
De donner sa vie
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

 

La mer forcit aille, aille

Le navire coule à pic aille, aille
Mon Dieu, sauvez ceux d'en haut
Et donnez du courage au populo

 

La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
La formule fonctionne assez bien
Et la « populace » – à mâcher – n'a plus rien !

 

 

6 – LE CONTRAT
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

Ils ont signé le contrat
En une nuit, rapidement
Pour qu'il ne reste pas
De comptes dits courants

 

Un contrat de cinquante ans
À neuf pour cent

Aux étrangers tous les droits
En veux-tu, en voilà.

 

Les termes du contrat
Au plus fort tous les droits
Du côté politique
Et aussi économique

 

Les journalistes sans émoi
Ont publié dans un corps tout petit

Deux trois pages aussi
Confuses que celles du contrat.

 

Qui peut le dire
Qui ose le dire
quel parfait asservissement
économique et politique
Signifie cet engagement

 

Car neuf pour cent

C'est un montant risible
Pour un contrat de cinquante ans
Quand à ces seigneurs
On offre les bras des travailleurs
Pratiquement gratuitement

 

Quand ce dernier t'aura imposé
L'exclusivité
Tu ne pourras accepter d'autres
Avec qui collaborer
Sur le terrain de la politique
Ou de l'échange économique

 

 

7 – LES REMÈDES AUX PSYCHOSES -
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

Une entière société
Affectée de psychose
De centres de psychiatrie
Nulle part où se sauver

 

La psychose dérive
D'une cause très profonde
Au cœur de la structure
Économique et sociale

 

Quand on soignera, il faudra
Qu'on aille tout droit
À la racine de la cause
Et qu'on change le monde

 

Et le mal à la racine
Si on le veut affronter
Il faudra le frapper fermement
Économiquement et politiquement

 

 

8 – LE CADEAU
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

Ouvrier le cadeau que
Ton patron t'offre
Il tire le double
De ta besogne
De ton travail, de ta peine

 

La drachme que le patron
Va, va, va t'offrir...
Il ne se décidera à ce don
Que s'il en tire
Deux ou trois fois plus encore

 

Donc si même ton patron
Semble te vouloir du bien
Pense que c'est de ton travail
Que tout cela provient

 

9 – COMPROMISSION
(Interprète Kostas Thomaìdis)

 

Notre patron a invité
Stratis le jeune effronté
Il lui a dit couche-toi et sois prudent
Et s'est aligné prudemment.

 

Stratis où est ton sourire
Ton regard et ton rire

Où est allée ton innocence
Où donc a disparu ton arrogance ?

 

Pour un Stratis qui se couche

À l'appel du maître
Les camarades sont des milliers
Un seul cri de mille gosiers.

 

 

10 – LA LEÇON DE DIEU
(Interprète Alekos Màndilas)

 

 

 

Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

 

On nous l'a servi ainsi
Nous le présentons ainsi
Et jusqu'à tant que nous mourrons
Nous le refuserons

 

Prêtres maîtres
Et gendarmes
Et nous tous voulons ici-bas
L'ordre et la loi

 

Et ceux qui veulent
Qu'arrive le contraire
Sont des sans-patrie
Des sans-religion et des brutes.

 

Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

 

Les grains se répartissent
Selon la règle divine
La nation, le trône et la famille
Et les 12 évangiles

 

 

11 - LE CONCEPT D'HONNÊTETÉ
(Interprète Pitsa Konitsioti)

 

 

 

D'individu à individu
Selon profession métier
Religion recettes et idéologie
Changent les sens de honnêteté

 

L'écrivain a sa propre idée de l'honnêteté
Le prêtre entend tout autre chose par honnêteté
Et celle de l'idéologue diffère
De celle du soldat mercenaire

 

Ce qui paraît honnête
Au capitaliste
Pour le travailleur
Est une indécence
Qui vit pourtant dans le coeur
D'un petit propriétaire

 

Comment ? La propriété privée

Ne serait pas une monstruosité

 

La monogamie est à l'honneur
Mais seulement chez le paria
Tandis que pour le bourgeois
Ou l'entrepreneur
C'est un état pas naturel
C'est une histoire très vieille

 

Le prix donne le pas
À l'honnêteté
La question n'est donc pas là
Compatriote, écoutez !

 

 

12 - L'ÉMIGRATION
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

 

 

 

L'émigration est une solution
Quand l'inoccupation
Frappe notre pays
Mais à l'économie
Que coûte-t-elle ?
L'émigration est une solution
Mais au plan individuel

 

Quand travailleur tu t'en vas
À dix-huit ans déjà
Dans ton pays encore
Tu es un poids mort
Et malgré ce que tu as coûté
À ta patrie, à son peuple
Tu donnes à un pays étranger
Ton activité

 

D'autre part, c'est forcé
Pour le patron local
L'élément inoccupé

Est

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE  POLITIQUE
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Marco Valdo M.I.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 19:56

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA

 

AINSI !

 

 

 

Version française - CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI ! – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson allemande - So soll es sein - So wird es sein – Wolf Biermann – 1967/68

 

 

 

 

 

Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :

Rouge vif ou rouge mort, mais rouge

Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

La paix n'est rien de plus qu'une parole

D'imposteur, qui sert au massacre

Aucun peuple ne doit plus pleurnicher après la paix !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Oui, nous, nous voulons le bien-être,

Au lieu de n'avoir le bien-être qu'à la fin!–

L'homme ne vit pas seulement de pain !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

La liberté est une belle nana

Elle a un corps sculpté de haut en bas

Ce n'est pas une grasse truie bourgeoise !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Liberté, – liberté d'une démagogie de liberté –

Prenez-vous la liberté, autrement elle ne viendra jamais !

Des libéraux aussi il faut nous libérer !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Montrer du doigt le bourgeois

Cela ne suffit pas ! Sur les pattes, on le frappera

Ce gras gros porc de bourgeois !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Aucun couple amoureux ne sera plus poussé par nous

Dans l'éternelle prison du mariage

La fabrique d'humains doit fermer !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Les indics ne trouveront plus de travail

Cela créera une armée de chômeurs

Putain, quelle belle prophétie !!

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Elle-même – finalement ! – la révolution

Ré-vo-lu-ti-o-nne déjà –

Se jettera la première pierre sur soi !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

 

Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :

Rouge vif ou rouge mort, mais rouge

Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

 

Ce doit être ainsi

Ce doit être ainsi

 

Ce sera ainsi !

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA  AINSI !
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Marco Valdo M.I.
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 13:40

On ne voit ça qu'ici, à Berlin

 

Canzone française – On ne voit ça qu'ici, à Berlin – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 94

An de Grass 95

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin »

 

 

 

 

Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne raconte un moment et cette fois-ci, un moment berlinois de l'année 1995.C'est en fait la transposition d'un récit en chanson et comme pour chacune des précédentes, on entend un narrateur particulier ; en l'occurrence, ici, cette fois, un journaliste parlé, du genre reporter ou envoyé spécial d'on ne sait quelle radio qui suit une manifestation en direct. Cette manifestation, qui se répète depuis dans presque toutes les villes du monde, un peu comme les défilés militaires ou les carnavals, c'est une « love parade » (www.youtube.com/watch?v=bc7EYqjWi3w). Pour ce qui est des tenues – shorts, minis, brassières, seins à l'air et torses nus, ça change des défilés militaires, quoique... on pourrait les y associer... Ce pourrait être drôle...

 

 

Non ! Ne dis pas des choses pareilles... Ils seraient capables de le faire et les jeunes de suivre le mouvement. Et si les jeunes se mettent à la remorque des militaires, il faut tout craindre. Souviens-toi du « Tous à Berlin ! » de 1914.

 

 

À propos de « Tous à Berlin ! », c'est en fait le leitmotiv de ce reportage enthousiaste et chaotique, où le reporter – sorte de Tintin en délire – laisse pointer sans trop s'en douter un certain nombre de régurgitations allemandes. Un peu comme si l'Histoire laissait poindre son inconscient tout au long du Ku'damm. Ku'damm : un mot d'ailleurs étrange et porteur d'un sens sensuel, du moins pour un locuteur de culture française. Si tu vois ce dont je veux parler...

 

 

Voir, voir... Enfin, j'imagine, dit Lucien l'âne en se gondolant.

 

 

Donc, pour écarter toute équivoque, le Ku'damm est une longue avenue qui traverse Berlin et qui au fil du temps est devenue une sorte de long couloir commercial, de haut-lieu du lèche-vitrine, de la chalandise, du m'as-tu vu, de l'esbauderie, de l'esbauberie, de la traînerie, des manifestations et cortèges divers. Son nom complet est moins équivoque, c'est Kurfürstendamm. Mais pour en revenir au récit, il indique nettement une évolution de la société, car ce cortège festif et bruyant a perdu toute connotation et toute signification d’engagement contre le système... Bien plus, il est « sponsorisé » par les marques de cigarettes, d'alcools, de bières ou de préservatifs. On est loin des marches antiatomiques, des manifestions contre l'Otan, des jeunes révoltés des années 60... On est dans le nombrilisme comme point focal de l’existence...

« Se faire voir, se faire entendre, danse, danse

Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis

Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses

C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici »

 

C'était un tournant et nous y sommes encore... On s'y enfonce de plus en plus. Et en effet, comme le répète en échos infinis, cette foule bigarrée et auto-déférente : « C'est dingue ! ».

Et puis, une voix off conclut :

« Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ? »

Et comme en sourdine transparaît soudain, la liaison historique, la relation ombilicale avec l'histoire de Berlin et de l'Allemagne :

 

« Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier

1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue ! »

 

 

Mais quand même, ces serpents d'amour, ces love-machins, ces raves, ces parties... Il me semble que ce n'est que la suite de cette autre branche des années 60 où des gens fleuris se rassemblaient aux sons des ukulélés en musant Peace and Love et en levant les bras au ciel.

 

 

Mieux que ça, Lucien l'âne mon ami, on trouvait déjà ce genre de choses aux temps de la République de Weimar ; il s'agissait déjà de penser à autre chose...

« Et nous ne pouvons quand même pas dire oui

À un peuple qui pourrait commettre à nouveau le pire

Refaire un Reich, revouloir un Empire

À un pays où le groupe écrase l'individu

Où les tueurs se promènent tout nus

Portent des casques d'acier et font de la gymnastique.

Rassurez-vous, je ne parlerai pas de politique » [[37875]]

 

 

 

 

Moi non plus, je ne parlerai pas de politique... Enfin, presque. Ainsi, à propos, ce « Berlin sera toujours Berlin » me rappelle une chanson française, dans laquelle s'annonçait l'avenir... C'est « Paris sera toujours Paris » ; elle date de 1939 (http://www.youtube.com/watch?v=4E6sEetFfg0) et à son tour et au cinéma, Lauzier en 1984 faisait un sort à ce même « Paris sera toujours Paris » (http://www.youtube.com/watch?v=lrhj4hHtxFQ)... Chanson et film qui donnent encore aujourd'hui à réfléchir et pas seulement à Paris ; car c'est pareil dans les autres métropoles ; tout se mélange et de ville en ville, des banlieues aux villages, le monde se métisse. Cela dit, pour moi, ce que montre Lauzier en 1984 – à l'époque, une utopie et maintenant, assez proche de la réalité – m'a l'air assez chouette et comme dit la dame protagoniste : « Paris sera toujours Paris ».

 

 

 

 

Bien évidemment que le « Berlin sera toujours Berlin » renvoie à « Paris sera toujours Paris » et comment faire autrement ?

 

 

Alors, mon ami Marco Valdo M.I., nous qui aimons vivre parmi les gens qui ne font pas un foin de leur « appartenance », tissons le linceul de ce vieux monde sponsorisé, médiatisé, publicisé, acheté, vendu, revendu, loué, reloué et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

Berlin sera toujours Berlin

Capitale de l'Empire,

Ville prête toujours à tout accueillir

Le meilleur comme le pire.

 

Maintenant, Messieurs, Mesdames

Je vous parle du Ku'damm en direct de Berlin

La descente du Ku'damm, tout un programme

Un truc pareil, on ne voit ça qu'ici, à Berlin

Deux-trois cent mille dans le Ku'damm

Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin

Le love serpent glisse et fait sursauter

De l'église du Souvenir au lac d'Halensee

Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier

1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue !

Carnaval de Rio au bord de la Spree, à Berlin, ici

Aujourd’hui, c'est une immense rave-party

Se faire voir, se faire entendre, danse, danse

Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis

Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses

C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici

La demoiselle en rose : « Je me sens moi... »

La rousse à poil : « Je montre mon nombril »

Les minis laquées : « C'est le pied ! Ce truc-là»

« Le must, c'est le look ! »

« On valorise notre look ! »

La mode, le design, les marchands de tabac

Camel en tête, font un tabac.

Les jeunes, ça ne les dérange pas

Réconciliés qu'ils sont avec le capital

Sur le Ku'damm, c'est dingue

Ils dansent en slip dans la capitale.

Les montagnes d'ordures, c'est dingue

Extasy, comble de volupté à Berlin

Love parade, danse, rythme et paix

Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ?

 

 

Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue

Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue

Love party sur le Ku'damm, c'est dingue

C'est dingue, dingue, dingue, dingue.

Extasy, comble de volupté à Berlin

Love parade, danse, rythme et paix

Le monde est foutu ; ici, c'est parfait

Mais qui ramassera les déchets demain ?

Ville prête toujours à tout accueillir

Le meilleur comme le pire.

Berlin sera toujours Berlin

 

Capitale de l'Empire, 

On ne voit ça qu'ici, à Berlin
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Marco Valdo M.I.
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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 21:24

Jésus Java

 

Chanson française – Jésus Java – Jean Yanne – 1971

Texte : Jean Yanne

Musique Michel Magne

Interprète : Anne Germain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, Lucien l'âne mon ami, pour parfaire ton éducation religieuse et chrétienne, je t’apporte une nouvelle chanson qui fait partie de notre grande série « Alléluia, Dansons avec Jésus ». Tu as déjà entendu bien évidemment Alléluia [[45278]] où dès les premiers vers apparaît Jésus lui-même dans une de ses plus belles réussites miraculeuses : la marche sur l'eau. À toutes fins utiles, je te signale que Jésus est un des plus grands experts en miracles de toute l'histoire, c'est du moins ce que racontent les bibles et les prêcheurs ; ensuite, Avec Maria [[45249]] où apparaît Marie (les apparitions de Marie sont une étrange manie dont le caractère ubiquiste en étonne plus d'un ; tout comme ses changements de couleur : on connaît des Maries blanches et des Maries noires – rien à voir avec le pétrole) – je te précise pour la bonne compréhension des choses que la dénommée Maria (en français : Marie) est la mère du dénommé Jésus. On a présenté ici aussi plus récemment encore un Jésus Tango de derrière les fagots des bûchers de l'Inquisition espagnole, où en ces temps-là, la pauvre interprète (la dénommée Ginette Garcin – Paix à son âme!) aurait immanquablement terminé sa danse [[45309]] et nous aussi, d'ailleurs.

 

 

Oh, dit Lucien l'âne en relevant le front et en pointant ses oreilles noires comme une soutane de jésuite, on pourrait y revenir bientôt aux bûchers, aux conversions forcées et toutes ces sortes de facéties. Dans certains pays, on vous pend ou on vous lapide pour moins que ça... C'est tout le charme des religions quand elles sont énergiques.

 

 

Bien évidemment et si l'on n'y prend garde, elles finiront par étouffer l'humanité entière... Mais comment s'en débarrasser (des religions, pas de l'humanité) ? Telle est la question. Mais revenons à notre chanson, elle s'intitule Jésus Java. Elle est donc très proche de Jésus Tango... Comme tu le sais, si le tango est argentin, la java, elle, est bien française. J'en tiens pour preuve Fréhel et sa Java bleue [http://www.youtube.com/watch?v=F2b8_-DHh5Q] et Nougaro qui mit en face à face le Jazz et la Java [http://www.youtube.com/watch?v=PM5O hz4WaKA]. Donc, une chanson bien française... Mais pour le contenu, c'est autre chose... On dirait le discours d'une de ces témoins, une de ces apôtres ou de ces apostoliques ou de ces évangélistes qui viennent sonner aux portes et raconter mille fadaises à propos de Jésus qui aurait revenu (pour rester dans le conditionnel de la chanson) ... Mais toi, Lucien l'âne mon ami, qui t'y connais spécialement en danse grecque antique et la qualifia en son temps de panharmonique, peux-tu m'indiquer un mot qui pourrait caractériser le rôle en quelque sorte thaumaturgique de Jésus dont tu as pu apprécier dans ces Jésus Tango et Jésus Java, tout l'effet thérapeutique par la danse...

 

 

 

De fait, dit Lucien l'âne, nous les Grecs, comme tu le sais, nous avions nos dieux – tout un tas et d'ailleurs, ils sont toujours là, n'en déplaise aux monothéistes rabiques. Et parmi tous nos dieux, il y a Dionysos qui bien avant l'invention du Christ et de tout ce qui s'en suivit, connaissait et pratiquait la danse thérapeutique. Il en connaissait les vertus particulières. Les bacchanales ne sont rien d'autre que des Jésus Tangos ou des Jésus Javas avant la lettre. Cela dit, même s'il a plagié les dieux grecs, Jésus est un grand thérapeute et par la danse encore plus, semble-t-il. Mais le mot que je peux te proposer change selon qu'il s'agit d'une thérapie de groupe et en ce cas, je dirais volontiers « choréthérapie » ou d'une danse en individuel avec Jésus, là il s'agirait plutôt d'une orchéthérapie ; je ne te cache pas que cette dernière me semble une méthode extrêmement sensuelle... On peut donc le qualifier, pour répondre à ta question, de Choréthérapeute ou d'Orchéthérapeute, selon les cas.

 

 

Par ailleurs, Jésus, c'est l'éternel revenant. Je me demande même si ce n'est pas lui qui hante les châteaux d'Écosse ou le Loch Ness. Cependant, il n'y a rien à redire à la chanson de Jean Yanne, elle fait plus vrai que vrai... Enfin, presque... Car la réalité dépasse souvent la fiction – j'allais dire l'affliction... et de fait, aux paumés du système, une foule d'églises et de prêcheurs en tous genres proposent leur Jésus. Parfois même, ça marche. En somme, il suffit d'y croire. Jésus est un placebo... Quant au salut, on ne sait trop de quoi il peut bien être fait, mais c'est un produit qui se vend bien – par la vente au porte à porte ou dans de grandes réunions de fans.

 

 

Allons, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche et recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde fanatique, crédule, évangélisé, berné, abusé, trompé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

 

Les solitaires, les déracinés
Les traîne-misère, les abandonnés
Les laissés-pour-compte,

Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les pauvres hères, les défragmentés
Les Black Panthers, les traumatisés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

 

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

 

Les filles de peine, les stigmatisés
Les schizophrènes, les épouvantés
Les laissés-pour-compte,

Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les érogènes, les démaquillés
Les indigènes, les désemparés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer

 

 

Ave Maria, Ave Maria
Ave Maria 

Jésus Java
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Marco Valdo M.I.
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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 20:21

CONTRE

 

 

Version française – CONTRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Contro - Nomadi – 1993

 

 

 

 

(Pour plus d'info sur la photo, voir : http://elfobruno.wordpress.com/2013/06/26/sugli-f35-tra-ragione-e-visione/)

 

 

 

 

Parlé :

 

Les instincts bestiaux de l'homme ont semé tristesse, mort, douleur et même un peu d'accoutumance.
Mais le courage et la dignité de celui qui ne se rend pas, se rebelle et va à contre-courant existent encore .
« Contre » : c'est l'envie de lutter, l'envie de changer.

 

 

Contre les fusils, les chars et les bombes
Contre les juntes militaires, contre les tombes
Contre le ciel qui désormais est comble
De tant d'engins nucléaires
Contre tous les chefs au pouvoir qui ne sont pas sincères.

 

Contre les massacres de Sabra et Chatila
Contre les martyrs fous de l'IRA
Contre les sanctions iniques, contre les croisades américaines
Pour tous les gens qui souffrent et qui meurent de faim.

 

Contre qui tient les gens sous le feu
Contre qui commande et mène le jeu
Contre qui parle de fraternité, d'amour, de liberté
Et puis, finance guerres et atrocités.

 

Contre le racisme sud-africain
Contre la droite du gouvernement israélien
Contre qui a commis des massacres, et n'a pas encore payé
Pour tous les gens maintenant las qui veulent la vérité.

 

Contre toutes les intolérances
Contre tous les étouffoirs
Contre les vieux fondamentalismes et les nouveaux impérialismes
Contre l'amnésie de l'histoire.

 

Contre qui fait de la guerre un devoir
Contre qui veut domination et pouvoir
Contre l'honneur à la gloire, contre l'honneur à la sainteté
Pour tous les gens qui crient liberté.

 

 
CONTRE
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Marco Valdo M.I.
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 21:27

Jésus Tango

 

 

Chanson française – Jésus Tango – Jean Yanne - 1972

 

Texte : Jean Yanne

Musique : Michel Magne

Interprète : Ginette Garcin

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=xWdthBvpFJ0

 

 

 

 

 

Qu'est-ce qu'on disait l'autre jour ? T'en souviens-tu, Marco Valdo M.I., mon ami, de la promesse que tu fis à Lorenzo de lui faire connaître quelques chansons de Jean Yanne ? Tu nous en as déjà présenté deux ou trois de ses chansons pour petits chanteurs à la croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer. Des chansons angéliques, de vrais pâtés de foi. Alléluia ! la dernière fois et cette fois, que sera-ce ? Une java, un tango ? Une danse miraculeuse et pénétrante...

 

 

Lucien l'âne mon ami, je te l'ai déjà dit, mais j'ai comme l'impression que tu lis dans mes pensées et que souvent même, tu me devances. Et bien oui, c'est une danse et pas n'importe quelle danse, une danse plus catholique, plus chrétienne que ça, tu meurs ! Une danse de bonne sœur, tu sais ces vierges qui se marient avec Jésus. Le tango de la conversion pourrait-on dire avec l'accent espagnol ou argentin. D'ailleurs, elle s'intitule tout simplement Jésus Tango et elle relate une conversion. Un grand moment de la chanson religieuse.... Bon, d'accord, un peu dopée à l'acide comique autant qu'à l'opium liturgique.

 

 

Elle doit faire fureur dans les couvents... De quoi rallier les pénitentes les plus impénitentes. Un monument de propagande chrétienne( http://www.youtube.com/watch?v=D4tq23zDITM ) ... si, si, je t'assure, ça marche.

 

 

Mais remarque, Lucien l'âne mon ami, cependant, elle me semble fonctionner comme un révélateur du mécanisme sectaire qui est à la base de toute conversion, de toute soumission à un gourou, à une croyance miraculeuse, à un sauveur, fût-il un imbrattatele autrichien (un barbouilleur germanique )... dans la misère et hop, le sauveur arrive... Il n'y a plus qu'à le suivre et tout ira bien...Ça marche à tous les coups... Au plan individuel comme pour les grandes foules. Que la vierge soit blanche ou noire ou que le sauveur soit barbu ou moustachu...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., je savais que les humains étaient frappés, mais à ce point... Reprenons notre tâche tranquille et remettons-nous à tisser le linceul de ce vieux monde enjôleur, emberlificoteur, pourri de propagande et de réclame, manipulé et manipulateur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Je vivais comme une ombre
J'avais les idées sombres
Faisant partie du nombre
Des désespérados

 

Je ne savais quoi faire
Pour chasser ma misère
Quand on est solitaire
Hay, on a froid dans les os

 

Quand dans une chapelle,
Sous la blanche et très belle
Statue de la douce immaculée conception,
J'ai senti la foi naître
Et au fond de mon être,
Du seigneur Jésus-Christ
J'eus la révélation

 

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je danse
Et désormais, mon existence
Vaut la peine d'être vécue

 

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je chante
Pour moi, la vie n'est plus méchante
Et de joie, je suis éperdue
Dans les bras de Jésus

 

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je chante
Pour moi, la vie n'est plus méchante
Et de joie, je suis éperdue
Dans les bras de Jésus

Ole !

 

 
Jésus Tango
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Marco Valdo M.I.
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 14:57

ILS DORMENT SUR LA COLLINE

 

Version française – Ils dorment sur la colline – Marco Valdo M.I. – 2009 – revue et corrigée 2013

Chanson italienne – Dormono sulla collina – Fabrizio De André e Giuseppe Bentivoglio - 1971

 

 

 

Cette chanson de Fabrizio De André est la première d'un album (intitulé d'un vers de cette chanson : « Ni à l'argent, ni à l'amour, ni au ciel ».) entièrement dédié à une anthologie « Spoon River Anthology » de textes du poète étazunien Edgar Lee Masters (Garnett, Kansas, 1868 – Melrose Park, Pennsylvanie, 1950).

Édité en recueil en 1915, « The Spoon River Anthology » rassemble les épitaphes des habitants de Spoon River, village issu de la fusion imaginaire de Lewistown et de Petersburg, bourgades de l'Illinois.

Comme le signale Riccardo Venturi, c'est une chanson à deux titres : « La Colline » et « Ils dorment sur la colline ».

 

Par ailleurs, il se confirme qu'il faut toujours se relire... Car, il y a de fortes chances, qu'on ait laissé traîner quelques erreurs. On peut alors se corriger et enlever un peu de la cendre dont il convient de se couvrir le front...

 

Marco Valdo M.I.

 

 

 

Où s'en est allé Elmer

Qui se laissa mourir de fièvre ?

Où est Herman brûlé dans la mine ?

Où sont Bert et Tom ?

Le premier tué dans une rixe

Et l'autre qui sortit mort déjà de prison.

Qu'en est-il de Charley ?

Qui tomba tandis qu'il travaillait

Du pont et vola, vola sur la chaussée.

Ils dorment, ils dorment sur la colline

Dorment, dorment sur la colline.

Où sont Ella et Kate ?

Mortes ensemble par erreur

Une d'avortement, l'autre d'amour.

Et Maggie tuée dans un bordel

Par les caresses d'un animal ?

Et Edith consumée par un étrange mal ?

Et Lizzie qui mena sa vie

Au loin, et d'Angleterre,

Fut ramenée en ce coin de terre ?

Elles dorment, elles dorment sur la colline

Dorment, dorment sur la colline.

 

Où sont les généraux

Qui s'agitaient dans les batailles

Avec des cimetières de croix sur la poitrine ?

Où donc les fils de la guerre

Partis pour un idéal

Pour une tromperie, pour un amour fini mal ?

On a renvoyé chez eux

Leurs dépouilles dans des piquets

Étroitement liées pour qu'ils aient l'air entiers.

 

Ils dorment, ils dorment sur la colline

Dorment, dorment sur la colline.

 

Où est Jones le musicien

Qui fut surpris par ses nonante ans

Et qui aurait bien joué encore de sa vie ?

Lui qui offrit son visage au vent

Sa gorge au vin et jamais une pensée

Ni à l'argent, ni à l'amour, ni au ciel.

On croirait l'entendre

Remâcher encore les cochonneries

Mangées dans la rue aux heures perdues.

On croirait l'entendre encore

Dire au marchand de liqueurs

 

«Est-ce toi qui vends ce que j'ai acheté de meilleur ? »

LA COLLINE
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Marco Valdo M.I.
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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 18:59

Comment Ça Marche ?



Chanson française – Comment Ça Marche ? – Léo Ferré – 1985

 

Paroles: Jean-Roger Caussimon, musique: Léo Ferré

http://www.youtube.com/watch?v=-pXxqwnf6OU

 

 

Un petit résumé pour qu'on s'y retrouve :

 

 

Couplet 1 : les juges... Pareil qu'en Italie... Des corrects, des rigoristes, des achetés, des « assassinés »...

 

Couplet 2 : Au commissariat, explication de savoir vivre par un flic imbibé à un immigré (ici, sans doute algérien : un « bicot » - « bic »). Le « melon » est un terme injurieux (comme bicot) désignant une personne à l'aspect « maghrébin » ; en somme, « coupable du délit de sale gueule ».

 

 

Couplet 3 : Un débordement pétrolier, une marée noire... Voici les multinationales. 

 

Couplet 4 : Les « puissants » du monde, les vrais, les cachés... Ceux qui commanditent la Guerre de Cent Mille Ans contre les pauvres... En somme, les riches.

 

Couplet final : Une arche pour échapper à ce monde, comment ça marche ?

 

 

 

 

 

 

Toi que j'ai connu en fac de Droit
Quand tu t'habilles en magistrat
Ça fait un peu travelo, ta robe...
T'es pas dégonflé pour autant
La conscience, c'est ça l'important
D'ailleurs, un juge, c'est toujours probe...
Ça ne reçoit jamais de pressions
Ça prend tout seul ses décisions
Malgré les dossiers qu'on dérobe,
Et sa légitime ambition...
Il y en a pourtant qui sont "mutés"
Il y en a même qui se font buter...

 

Je suis curieux, dis-moi un peu
Un juge qui finit patriarche
Et décoré autant qu'on peut...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

 

Un flic bourré dans un violon
Était seul avec un "melon"
(Arabe et fauché, ça c'est grave)...
Le "bic" avait les mains liées
Derrière le dos et, à ses pieds,
Son futal lui faisait entrave...
La gueule de flic assermenté
À son chef a tout raconté:
"Il me provoquait, mais je suis brave
Pour le calmer, je l'ai sulfaté !"...
Ahmed est monté chez Allah
Alfred, le flic, est toujours là...

 

 


Je suis curieux, dis-moi un peu
Toi qu'es pas du genre "mort-aux-vaches!"
Pour qu'un crime finisse en non-lieu...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

Un pavillon panaméen
Un équipage pour presque rien
Le pétrolier se met en route...
Tant pis pour les pêcheurs de thon
Et pour les hôteliers bretons
Des fois, ça casse et ça mazoute...
Le plan "homard" est déclenché
Il n'y a plus qu'à gratter les rochers
Les multinationales s'en foutent
Qu'est-ce qu'on pourrait leur reprocher?...

C'est des caïds, c'est des "multi"
C'est du pro, pas du gagne-petit...

Je suis curieux, dis-moi un peu
Tous ces V.I.P. qui se cachent
Sous des sigles mystérieux...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

Eh bien, ça marche, on ne peut mieux
Il faut toujours compter avec eux
Les chefs d'État courbent l'échine...
Ils tiennent l'Occident et l'Est
Les U.S.A., l'U.R.S.S.
On leur obéit même en Chine...
Les "pas d'accord" comme Kennedy
Ou Allende, sont refroidis
Il y aura la guerre, tu le devines,
Quand ils voudront et je prédis:
Qu'ils seront seuls parmi les débris
À resurgir de leur abri!...

Ohé ! Noé ! Écoute un peu
Partir très loin, conduire une arche
Zoo d'amour, sous d'autres cieux...
J'aimerais savoir comment ça marche?...

Comment Ça Marche ?
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Marco Valdo M.I.
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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 20:45

 

 

 

 

 

 

 

 

Alléluia

 

 

 

Chanson française – Alléluia – Jean Yanne – 1972

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, nous avions promis à notre ouebemastère Lorenzo (des Chansons contre la Guerre) de lui présenter une série de chansons de Jean Yanne. C'était dans notre petit dialogue à propos de la chanson de Bertoli « Varsavia »[[71]], chanson que j'avais traduite dans un premier temps, sans la commenter, sous le titre de Varsovie. C'était dans la foulée des commentaires – finalement envoyés – relatifs à la madone noire et au mineur blanc et aussi, car tout cela est lié, à la chanson du 15 août que nous avions mise dans les Chansons contre la Guerre pour fêter la Vierge et toutes les Maries-Marias, judicieusement intitulée « Avec Maria » [[45249]], dont l'auteur et interprète est le même Jean Yanne.

 

 

 

 

 

 

Oui, je me souviens bien de notre promesse et je pense qu'il faudra la tenir. Et par quelle chanson vas-tu commencer ?

 

 

 

 

 

 

Une chanson dont le titre est déjà une indication fastueuse : « ALLÉLUIA ! ». On ne pourrait être plus enthousiaste, plus dominical et plus confit en dévotion. Comme tu le sais, « Alléluia! » est un cri de joie, un moment d'allégresse... Le mot en lui-même signifierait « Gloire à Dieu ! », on ne trouve pas plus religieux et déiste que ça. C'est l'instant charismatique par excellence.

 

 

 

 

 

 

Formidable ! Tu ne pouvais trouver mieux... Mais entre nous, j'imagine que revu par Jean Yanne, je me souviens de ce qu'il a fait de l'Ave Maria de Schubert... J'imagine donc que l' « Alléluia » devient assez décapant pour la mythologie chrétienne...

 

 

 

 

 

 

En effet, Lucien l'âne mon ami, la légende du Christ revue par Jean Yanne se révèle assez farce. Oh, Jean Yanne serait plutôt laudatif, d'ailleurs et admiratif des miracles perpétrés par le Galiléen. Et finalement assez factuel, assez objectif dans la narration. En fait, Jean Yanne s'en tient à ce qui se raconte dans les meilleurs bibles : Jésus marche sur l'eau, qui le contesterait ? Jésus multiplie les poissons (lesquels ne l'avaient pas attendu pour se multiplier entre eux...), tout le monde l'a entendu dire et qui donc, le contesterait ? Pas Jean Yanne, en tous cas ; il se contente d'énoncer l'absurde et d'en tirer les conséquences logiques. Jésus marche sur l'eau... Ergo, il a inventé le ski nautique. Pour le reste, Jésus invente aussi le self-service, l'auto-critique et l'après-moi, le chaos – antienne des politiciens sur le retour. Pour les détails, je te renvoie à la chanson.

 

 

 

 

 

 

Elle est bien courte cette chanson ; j'aurais aimé d'autres couplets...

 

 

 

 

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, l'inconvénient avec les chansons, c'est que – comme je l'ai déjà expliqué – elles doivent être courtes pour satisfaire aux exigences de l'industrie des médias – disques et radios-télés. Sinon quand on voit ce qu'a fait José Saramago dans « L'Évangile selon Jésus-Christ » (en portugais O Evangelho Segundo Jesus Cristo), dont je te recommande chaudement la lecture , si Jean Yanne avait pu faire plus de couplets, on imagine comment il aurait déshabillé le mythe...

 

 

 

 

 

 

Complètement, je suppose. Ce serait d'ailleurs assez amusant de compléter cette mise à nu de la fantasmagorie biblique. Par exemple, Marco Valdo M.I mon ami, j'imagine sans peine les Romains remplaçant le supplice de la croix par le pal... et – conséquence logique : le signe de ralliement et de soumission au Tout-Puissant qui en découlerait – le majeur pointé vers le Très-Haut ; ou alors, pour un autre épisode biblique – la résurrection de Lazare, Jésus, tel le joueur de flûte de Hamelin emmenant derrière lui les morts qu'il aurait fait lever en masse... tel l'adjudant Péricard, le 8 avril 1915. Quelque chose dans le genre : « Debout les morts ! Et les morts se levèrent et nous eûmes la victoire! » (http://www.youtube.com/watch?v=ltvyLa16hIs). Ou alors, la fameuse Cène, mise en scène par Léonard, où Jésus termine le repas complètement beurré déclamant avec sérieux : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang et à la bonne vôtre » ou encore, pour prolonger la soirée : « Aimez-vous les uns les autres ! »; vu la composition du groupe des treize, la suite devrait plaire aux homos et leur rallier l'Église entière ... Et puis, j'entends les Monty Pythons :« Crucifixion ? Non, liberté... »

 




Bref, laissons de côté la déconstruction de la légende christique et reprenons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde enchaîné par les églises, empêtré dans la crédulité, mené par le bout du nez par des pasteurs madrés dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, notre tâche de tisser le linceul de ce vieux monde menteur, mielleux et cacochyme .

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jésus Christ dit aux apôtres :
« Suivez moi, marchez sur l'eau ! »
Sans se mouiller les uns les autres,
Les voilà qui suivent aussitôt.
Jésus Christ a donc, c'est comique,
Inventé le ski nautique,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)

 

 

 

Jésus Christ dit « Qu'on m'apporte,
Quelques pains, quelques poissons,
Je les multiplie par millions »,
Et les Hébreux se réconfortent.
Jésus Christ a donc, quelle malice,
Inventé le self-service,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)

 

 

 

Jésus Christ dans le silence
Du Jardin des Oliviers,
Dit : « Je voudrais m'accuser
De ma désobéissance. »
Jésus Christ a donc, c'est unique,
Inventé l'autocritique
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)

 

 

 

 

Jésus Christ dit à ses sbires,
Je suis le sauveur attendu,
Et lorsque vous ne m'aurez plus
Vous pouvez vous attendre au pire.
Jésus Christ a donc, quel cynisme,
Inventé l'après-gaullisme,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus ad lib.) 

Alléluia
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Marco Valdo M.I.
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