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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 20:48

IDÉAL ET RÉALITÉ

 

 

Version française – IDÉAL ET RÉALITÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Ideal und Wirklichkeit – Kurt Tucholsky – 1929

 

 

 

 

 

 

 

Ce poème sarcastique et amer, écrit par Kurt Tucholsky peu avant que l'Allemagne ne se rende au fascisme maintenant envahissant , fut mise en musique par Hanns Eisler à la fin des années 50, à la demande d'Ernst Busch qui voulait l'interpréter.


Tucholsky était un grand journaliste et un écrivain satirique. Tombé profondément amoureux du cabaret, au point de se transférer en France dans les premiers années 20 pour le savourer dans sa meilleure expression (même si celui de Weimar n'était certain pas moins intéressant, et Tucholsky lui donna sa précieuse contribution en écrivant beaucoup de sketches), dans ses écrits, même ceux apparemment plus « légers », transparaît d'abord tout son espoir dans la phase démocratique qui s'est ouverte en Allemagne dans l'entre-deux-guerres, avec la promulgation de la Constitution de 1919 ; ensuite, plus tard, toute la déception et le désespoir pour la fin de ce rêve – qu'en 1929, année de composition de ces vers, était déjà entièrement évidente – renversé par la crise économique mondiale, par la soudure entre le vieil et le nouvel autoritarisme, entre le grand capital et le national-socialisme montant.

 

Déjà en 1930 Tucholsky choisit l'exil en Suède. En 1933, les nazis lui révoquèrent la citoyenneté allemande, lui confisquèrent toutes ses biens et ils brûlèrent tous ses livres et ses publications, en arrivant à emprisonner son très cher ami Carl von Ossietzky que Tucholsky avait laissé pour diriger l'important hebdomadaire culturel « Die Weltbühne » refondé par lui en 1914… Tucholsky se suicidera à Göteborg en décembre de 1935 ; Ossietzky mourra dans un camp de concentration nazi à Berlin en mai de 1938, bien qu'en 1935 il avait reçu le Prix Nobel pour la Paix…

 

Dans ce « Songe et Réalité », Tucholsky joue ironiquement de la comparaison entre la femme idéale, haute et mince, et celle réelle, basse et grasse, pour raconter combien le peuple allemand était mal préparé à jouir des libertés démocratiques et se faisait infailliblement m'embobiner d'un nouveau et plus féroce autoritarisme. Le contraste entre l'idéal, les attentes, les rêves, et la brutale réalité de la société humaine, ainsi va le monde, conclut Tucholsky : « C'est la vie ! Célavi ! »Et dans les années 50 ce qui avait été le douloureux et sarcastique regret de Tucholsky pour la fin du rêve démocratique de Weimar devenait le chagrin et la rage d'Eisler pour la trahison du rêve socialiste se fracassant contre la réalité du totalitarisme soviétique…

 

 

 

******

 

 

Je voudrais simplement faire la remarque que cette chanson a ceci de particulier qu'on y voit les penchants féminins de Kurt Tucholsky, lequel apparaissait déjà dans une autre chanson, où il faisait son entrée dans la vie de Mademoiselle Ilse, qui devait être grande, mince et blonde, assurément. [[37875]], dit Marco Valdo M.I.

 

 

Certes, dit Lucien l'âne en riant, je me souviens très bien de cette histoire d'Allemagne dans laquelle on rendait hommage à Kurt Tuchoslky, alias Peter Pan (ter) et autres personnages. Et Günter Grass et toi aviez bien raison car Tucholsky est un fameux canut, un formidable tisserand qui, tout comme nous essayons de le faire maintenant, tissa le linceul du vieux monde guerrier, militariste, nationaliste, ambitieux, avide, assassin et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Dans la nuit calme et notre lit monogame
On s'invente, ce qui manque de vie.
Les nerfs craquent. Quand enfin nous avons cela,

Une chose nous tourmente doucement, elle n'est pas là.
On se figure en pensée
Ce qu'on veut – et ensuite on ne le voit jamais…
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
C'est la vie !

 

Elle doit, montée sur roulements à billes ,
Tanguer des hanches, grande et blonde.
Une livre en moins - et elle serait maigre,
Qui donc alors dans ses cheveux irait se mirer …
On succombe ensuite à cette foutue passion,
Dans la hâte et l'imagination.
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
Célavi !

 

On aurait voulu acheter une flûte enchantée
Et on achète un ocarina, car il n'y rien d'autre là.
On voudrait chaque matin se laisser aller
Et ne rien faire. Comme ça...Comme ça...

 

Sous la contrainte impériale, nous avons pensé
À une république,… et maintenant elle est là !
On voudrait toujours une grande mince,
Et toujours, nous arrive une petite grosse -
Célavi !

IDÉAL ET RÉALITÉ
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Marco Valdo M.I.
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 13:02

BLANCS ET NOIRS

 

 

Version française – BLANCS ET NOIRS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Bianchi e neri – Nomadi – 1985

 

 

 

 

 

 

Oh, dit Lucien l'âne, voici donc une chanson contre le racisme...

 

 

Sans doute, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. en levant un sourcil assez circonspect. Sans doute, évidemment.

 

 

Sans doute, évidemment ? C'est l'évidence même. Que veux-tu dire ? Aurais-tu des doutes à ce sujet ?

 

 

Nullement, mais... Je trouve qu'elle est bien plus universelle que cela. Est-ce qu'il t'arrive de jouer aux échecs ou aux dames, par exemple ?

 

 

Certainement. Mais quel est le rapport ? Qu'est-ce que les échecs et les dames peuvent bien avoir à voir avec les blancs et les noirs ?

 

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, c'est l'évidence-même. Il y a dans ces jeux d'un côté, les blancs et de l'autre, les noirs. C'est le cas aussi du jeu de go... Donc, s'agissant de jeux qu'on peut considérer de portée universelle, et de jeux d'affrontement à mort, je crois bien que cela recoupe le thème de la chanson. Elle est donc une sorte de caractérisation, de modélisation de l'affrontement en soi ; de la guerre, en quelque sorte. D'un côté, les blancs ; de l’autre, les noirs. Et ce bon homme au milieu que finalement, on massacre. C'est bien sûr, une chanson contre le racisme, mais aussi contre tout fanatisme, contre tout totalitarisme. Une chanson qui met en cause tout système binaire, tout système exclusif.

 

 

Oui, mais quand même, le bon homme dans la chanson finit par être massacré et « pitié l'est morte » et dès lors, son massacre n'est que le prélude à de plus grands massacres...

 

 

Certes, mais souviens-toi que « Pietà l'è morta » est un chant de la résistance italienne [[740]] et que si l'on replace les pions sur l'échiquier, comme dans la chanson, il y a nettement un agresseur (fascistes, nazis) et un agressé (la population italienne, la résistance). Mais si la « pitié » est mise de côté par les résistants, c'est le temps de mettre fin au conflit. Elle ne prélude pas au massacre, elle vise à sa fin. Et pour retrouver une dimension universelle, dans la Guerre de Cent Mille Ans, on se trouve dans ce même contexte. D'un côté l'agresseur – les riches font la guerre « sans pitié » aux pauvres afin de les asservir, de les dominer, de les exploiter, de les faire travailler à leur profit... de l'autre, un agressé – les pauvres qui n'ont jamais souhaité cette Guerre et qui n'ont comme objectif que d'y mettre fin. Mais, arrêtons-là, on y reviendra.

 

 

Découvrons la chanson et, j'ai bien l'impression qu'elle aussi, comme nous, tisse le linceul de ce vieux monde sans pitié, agressif, mortifère, monstrueux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On en était aux jours terribles
Où la guerre éclata.
Un monstre épouvantable
Écrasa les gens et les dévora.
Frère contre frère
Haine contre cœur
Les hommes s'entretuèrent
Pour une simple couleur

 

Dans son jardin, un homme
Cultivait l'espoir
Il aidait avec amour, en somme

Ses frères blancs, ses frères noirs
Il avait aussi une idée
Qu'il portait avec courage.
Comme il aimait la vie de tous
Il lui fallut lutter contre tous

 

Un jour, il vit ainsi ,
Un noir moribond.
Pour le ramener à la vie

Il se donna à fond.

Du coup, les blancs pensèrent
Que c'était un collaborationniste
Son nom en rouge, ils notèrent
Sur leur noire liste

 

Un jour, un blanc fugitif
Qu'on recherchait mort ou vif,

À sa porte vint frapper.
De la mort, il l'a sauvé.
Du coup, les noirs le détestèrent
Comme s'il était leur adversaire.

Ils jurèrent de le punir,
Il lui fallait mourir.

 

Dans une nuit de lune,
Ce bon homme marchait
Sur le crêt d'une montagne
Qui deux vallons séparait.
D'un côté, les blancs l'épiaient
Prêts à le frapper au cœur
De l'autre, les noirs le guettaient
Du fond de leur fureur

 

Les deux coups partirent ensemble
Il tomba avec les yeux révulsés.
Sur son regard étonné,
On étendit un léger voile.
Les noirs heureux exultèrent
Les blancs s'exaltèrent
Ils ignoraient encore qu'à leur porte
La pitié était morte.

 

 
BLANCS ET NOIRS
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Marco Valdo M.I.
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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:23

COMME UN FLEUVE

 

 

 

Version française – COMME UN FLEUVE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Come un fiume – Nomadi - 2002

 

 

(G.Carletti - A.Mei - L.Cerquetti - C.Falzone)
Album: "Amore che prendi amore che dai"

 

 

 

 

 

 

 

 

LE FLEUVE

AMAZONE

 

 

 

 

De qui parle-t-elle cette chanson ? De l'esprit de révolte, d'une figure mythique, du Che Guevara, du révolutionnaire anonyme, d'un poète méconnu, d'un paysan inconnu, d'un guérillero incognito... On ne sait, car elle ne le dit pas.

 

 

 

 

Sans doute, de tous ceux-là à la fois... et de bien d'autres encore, dit Lucien l'âne en hochant la tête, balançant ainsi ses oreilles.

 

 

 

 

Exactement. Elle parle de ce fleuve, de cet être multiple et multiforme fait de sang, de larmes, de sueur, de terreur, de courages quotidiens de femmes et d'hommes par milliers, milliers, millions, millions. Un fleuve qui s'écoule au travers des temps et des temps, charriant ses gloires et sa misère et qui toujours s'en va portant partout sa résistance.

 

Pour lui aussi, c'est Ora e sempre : resistenza !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Il a l'odeur de l'Amérique Latine
Comme les rêves faits d'un peu de terre et de boue
Comme les pieds de l'homme fatigué qui marche
Car il sait que cette vie est un voyage

 

Une route dont on ne sait où elle va
Qui un jour conduit sur une place
Dans un village aux maisons lasses
Où vivre est une lutte à tout va

 

Tant de fois, je l'ai rencontré au marché
Avec cet air batailleur qui le submergea
Avec l’esprit guerrier du soldat
Qui cent fois s'est relevé

 

Car il sait qu'il se dressera avec cent
Qu'il a vu parmi les champs naître et mourir
Là où naissent et meurent en un coup de vent
L'espoir et l'envie de dire

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Il a le regard de l'Amérique Latine
Des femmes, des mères qui chaque soir
Attendent avec impatience l'aube
Et chaque matin attendent soir

 

Et qui ne savent jamais vivre ou prier
Le Dieu qui se montre à la fenêtre
Car parfois le Dieu ne sait pas quoi écouter
Alors, il fait semblant et remue la tête

 

Tant de fois je l'ai rencontré dans les banlieues
Ou dans les ruelles surgir entre les immeubles
Comme un phare qui darde son rayon cru
Sur les enfants qui courent pieds nus

 

Et il est là qui serre les poings encore
Et il repart lutter une fois encore
Il a un cheval rapide comme le vent
Ce vent qui s'en va changeant

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien

 

 

Et aux seigneurs de la guerre, nous donnons du sang
C'est un sang qui s'écoule loin
Comme un fleuve qui traverse un continent
Et envahit doucement tout, l'air de rien.

COMME UN FLEUVE
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Marco Valdo M.I.
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 21:07

L'ARRESTATION DES ASSASSINS

 

 

Version française - L'ARRESTATION DES ASSASSINS – Marco Valdo M.I. – 2013

de

"L'arresto degli assassini" di Gian Piero Testa

 

(http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=42817#agg154136)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'assassinat froidement prémédité du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas (34 ans), que, dans les premiers moments, la presse et les commentateurs politiques grecs avaient cherché à banaliser, en le présentant comme la conclusion d'une algarade entre des supporteurs d'équipes de football rivales, s'est révélé pour ce qu'il était, c'est-à-dire un guet-apens organisé avec des forces et un minutage qui ne laissaient aucune chance à la « cible ». De l’œuf d'or dont parle le texte de Riccardo ne pouvaient naître que des serpents venimeux ; le problème est cependant de savoir qui l'avait couvé, cet œuf. Qu'il soit pondu par le système capitaliste, la chose va de soi. Mais le système est un Briarée ( dans la mythologie, Briarée est un géant à cent bras) avec de nombreuses mains, qu'il emploie au fur et à mesure selon les circonstances et les phases qu'il traverse. Il use de la main qui sait caresser, qui sait indiquer, qui tient le timon, qui couvre les yeux de celui qui ne doit pas voir, même celle charitable qui distribue et secourt, et cetera et cetera ; mais, comme il connaît et craint leurs faiblesses et leurs contradictions, comme sa main principale et inaliénable est aussi toujours celle qui prend, il ne néglige pas de tenir en réserve une main de fer, qui soit prête à l'emploi lorsque, à force de prendre, deviennent trop nombreux ceux qui se retrouvent dépouillés et commencent à chuchoter « maintenant ça suffit ».Comme, à prendre ici et prendre là, le sous-système grec a dernièrement pris quelque chose même à de plus riches prédateurs, qui sont entraînés à faire semblant de donner pour ensuite reprendre à l'instant opportun avec de considérables intérêts, venu l'instant de payer et en ne pouvant pas élever la voix face à des prédateurs bien plus forts que lui, il s'en prend aux habituels pauvres diables, mais aussi - ceci est la nouveauté - à tous ceux qui avaient léché sa main charitable, celle-là, dis-je, confiée en gestion à la politique afin que le jeu de donner et de prendre se perpétua avec l'immanquable victoire de la banque. La banque, en réalité, ne sauterait pas, si ses dettes elle les payait toutes elle-même (en Suisse, ils en savent quelque chose, mais ils ne le disent pas volontiers) ; cependant, un principe sacré et non négociable défend que quelque chose du genre puisse jamais arriver. Pour cela, il y a trois ou quatre ans, lorsque les divers sous-systèmes du capitalisme occidental commencèrent à tousser en raison de leur insuffisance, le système grec commença à alerter ses mains de fer, qu'on tenait prêtes, car on ne sait jamais ce qu'il peut se passer dans la vie.

En Grèce, les mains de fer sont principalement deux.
Une est celle de l'État (qui en grec, comme le sait tout le monde civilisé, se dit « kratos »). On l'appelle Astinomìa, qui veut dire plus ou moins : « Règle de la Ville ». L'autre, ou mieux, les autres (car dans ce domaine, est en vigueur une discrète liberté d'initiative et de concurrence), on l'appelle « parakratos » : « parastatal » devrions-nous dire, mais chez nous, le mot a une autre signification. L'Astinomia fait son travail presque en plein jour ; elle est la main de la Loi, elle maintient l'ordre avec les moyens légaux même si, comme dans toutes les polices du monde, on laisse souvent et volontiers déborder. Le bas peuple et, maintenant encore, unanimement, quelques quartiers de la capitale et des grandes villes ont pour tradition un très mauvais rapport avec la police de l'État grec. Derrière lui, le petit peuple a une ou deux générations de réfugiés immigrés des campagnes et de l'Asie mineure, confinées longuement dans des bidonvilles invivables, coincées entre le milieu, avec lequel facilement elles se confondaient car ils cohabitaient, et la velléité d'ordre des classes aisées dirigeantes, qui recrutaient leurs agents même parmi les criminels, comme dans les campagnes, ils avaient recruté les gardes champêtres parmi les brigands et les employaient pour contrôler et maltraiter, soudoyer et effrayer cette grande masse pauvre, mais capable de culture autonome et de profonde solidarité. Entre les « batsi » (que par mépris ainsi sont appelés les policiers) et la population urbaine n'a jamais couru du bon sang ; mais seulement du sang. Et cette réciproque hostilité se transmit à travers les générations, même lorsque les noyaux homogènes des quartiers eurent disparus et les petites habitations de fortune furent remplacées par les immeubles de la spéculation foncière.

 

Le fait est que dans les tournants historiques cruciaux du Pays, les forces de police ont ponctuellement fait le travail le plus sale ; ainsi durant le fascisme de Metaxas, ainsi durant l'occupation allemande, ainsi dans la période de la guerre civile, ainsi dans la réaction des Colonels, ainsi dans les luttes sociales qui ont suivi la démocratisation. Beaucoup de jeunes d'extraction populaire, même lorsqu'ils ont pu étudier et se placer dans la petite bourgeoisie de bureau de l'État et des services, n'ont pas oublié ce qu'avaient signifié les « forces de l'ordre » pour leurs pères et pour leurs grands-pères et, très souvent, aussi pour eux mêmes.

Entre parakratos et astinomia - il est presque superflu de le dire - la symbiose est pratiquement un lieu commun, qui cependant n'est pas une légende urbaine : c'est la pure et simple réalité. Quelqu'un a étudié récemment les résultats électoraux dans les sections proches des casernes de la police ; le succès de Chrysì Avghì (Aube Dorée – le parti fasciste) est, et c'est peu dire, spectaculaire. Le député Kassidiaris, aujourd'hui en état d'arrestation, mais déjà connu pour avoir frappé lors d'un débat électoral télévisé deux dames candidates des partis de gauche, a étudié à l'Université, mais s'est formé militairement dans la Police. Il y a quelques jours, a fini en prison un policier de Rhodes qui entraînait les nazis locaux. La contiguïté - et l'échange d'assistance « technique » et de couvertures - entre la Police grecque et Aube Dorée a été à suffisance documentée, et je crois qu'on peut la donner pour incontestable.

Aube Dorée, cependant, présente un caractère nouveau par rapport au traditionnel « parakratos » qui sous diverses formes fut actif dans les crises du passé. Aujourd'hui, elle agit explicitement sur trois niveaux. Elle a des ambitions plus grandes que celles qui un temps guidaient ces groupes armés, lorsqu'ils secondaient les Allemands, et ensuite les Anglais, ou lorsqu'ils éliminaient de nuit leurs adversaires politiques, ou quand ils les provoquaient dans les établissements publics en cherchant des issues sanglantes. À ces entreprises, auxquelles comme on a vu, elle ne renonce pas, elle a ajouté deux niveaux d'initiative : un « social » et un autre politique, pratiqué directement.

Au premier volet (social), on doit, je crois, les succès électoraux de cette organisation (qui correspond à « notre » Forza Nuova (en France, le Front National...) et, en partie au côté fermé et provincialement raciste de « notre » Ligue (la Ligue du Nord – version italienne de la NVA en Flandre), et même, par le style et les actions, aux divers skins européens) et sa pénétration même dans l'électorat populaire. Au second volet - c'est mon impression – on doit les difficultés judiciaires dans lesquelles dans maintenant elle tombe. Je m'explique.
La crise de la dette publique et les mesures imposées par la Troika ont mis dans des difficultés dramatiques une grande part de la population, soit les couches traditionnellement pauvres, soit celles qui avaient accédé à une certaine disponibilité de biens et services et à de postes de travail stables qui, d'un mois à l'autre, ont perdu revenu, sécurité et perspectives pour le futur. L'échange d'avantages entre partis et l'électorat s'est comme congelé et la crise des partis traditionnels a émergé de manière très visible.

Comme le nœud crucial (qui doit payer ? ) doit de toute façon être éludé, ça fait le jeu du système qu'on parle d'autre chose : de la corruption et du coût de la politique, de l'épuisement des vieilles formes de résistance sociale et d'organisation du consentement, de la fin des idéologies, et de bla bla bla. Toutes choses que nous connaissons très bien nous aussi. Face à la chute verticale et simultanée de la disponibilité de travail, des revenus et de la sécurité sociale, les fascistes d'Aube Dorée ont joué sur deux niveaux : d'abord, en s'activant sur le plan social comme paladins des plus faibles – pour les défendre des sangsues de parti et de la concurrence des immigrés – en offrant des services élémentaires aux retraités, aux malades et aux désespérés et ensuite, en persécutant visiblement et violemment les étrangers ; et en capitalisant la sympathie ainsi gagnée pour s'insinuer dans les institutions : une vingtaine de parlementaires sur 300 ne sont pas vraiment une ineptie.

C'est à ce point, je crois, qu'a commencé à se former une contradiction entre Aube Dorée et les partis de gouvernement. Pour ces derniers, c'était cependant une excellente chose que, pour renforcer la Police d'État, il existe une main de fer plus flexible, dont les actions n'impliquent pas directement les ministres ; dans les moments tendus, en Grèce, cela s'est toujours fait ainsi. Mais disputer l'espace aux partis et surtout à celui de centre-droite, sincèrement, c'est aller trop loin. Si l'action « sociale » d'Aube dorée dispute des votes à la gauche - ça va bien ; mais son action politique redimensionne les perspectives de récupération de Nea Dimokratia (Nouvelle Démocratie - ND), et ça, c'est mal, très mal.

Aube Dorée avait besoin de consolider son emprise sur le social, fondement de ses futurs succès électoraux ; les partis au gouvernement et surtout ND avaient besoin que quelque chose se passe pour redimensionner et réduire à son rôle de moyen du système l'utile concurrent, devenu cependant trop encombrant. Le fait que Fyssas, dans son rôle artistique de Killa P, réussissait à parler aux jeunes dans leur langage et que le message qu'il répandait fut si opposé au système, mais dans une tonalité antifasciste, devait avoir préoccupé beaucoup les stratèges d'Aube Dorée. L'éliminer pouvait représenter un avantage en soi, une intimidation pour qui se mettrait encore en travers de leur route et une démonstration de force et d'impunité. Pourquoi alors ne pas le faire ?

Je ne sais pas si les partis de gouvernement s'attendaient un faux pas d'Aube Dorée. J'imagine cependant qu'ils le désiraient. Ils avaient maintenant un besoin extrême de redimensionner ce concurrent insidieux et arrogant.
Après un moment d'incertitude, la machine capable de remettre à sa place Aube Dorée s'est enclenchée, sur le plan judiciaire et sur celui politique.
Six gros serpents et trente serpentins mineurs, mais tous vénéneux et tous sortis de l'Oeuf d'Or très amoureusement couvé, sont actuellement au frais : ils apprennent ainsi à ne pas passer la limite assignée. Le serpent principal a déjà crié une litanie qu'il nous semble avoir entendu chez nous : magistrats politisés, persécution judiciaire, fin de l'État de droit, humiliation du vote des citoyens, coup d'État… Peut-être par parenté, peut-être par solidarité parmi les reptiles, ici chez nous, on a une femme-python, une Vipère vaudrait-il mieux dire, qui semble spécialisée dans ce genre de litanies. Peut-être est-ce l'occasion pour qu'elle parte d'urgence pour la Grèce ; même là il y a du pain - noir - pour ses dents. Qu'elle y aille, crie, siffle : il y a un assez vaste espace pour qu'elle soit écoutée.

 

On ne peut croire qu'en Grèce, ils veuillent vraiment en finir avec l’Oeuf d'Or.

 

 

 

 
L'ARRESTATION DES ASSASSINS
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Marco Valdo M.I.
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 13:54

L'Hélicon de Berluscon - reprise

 

 

Parodie de langue française – L'Hélicon de Berluscon – Lucien Lane – 2010 

d'après L'Hélicon – Boby Lapointe, 1963

 

 

 

 

 

Commentaire introductif :

 

Jules César et le Chevalier de Calvino...

 

 

 

Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Un journal italien titre aujourd'hui : « Il Cavaliere sotto assedio: io pugnalato » Ce qui veut dire, si je ne me trompe : « Le Chevalier (titre honorifique... à un gars pareil, c'est à mourir de rire...) assiégé : je suis poignardé ». Au passage, « Le Chevalier assiégé » me rappelle ce joli conte d'Italo Calvino « Le Vicomte pourfendu » « .Ah : , mon ami Marco Valdo M.I., tu n'avais pas par hasard (non è a caso che...) apporté ce Jules César dans les CCG. J'aurais dû m'en douter...

 

Merci, Lucien l'âne mon ami, je te remercie de faire allusion au « Vicomte pourfendu », premier d'une trilogie de Calvino, en effet ; je te rappelle que la-dite trilogie se termine par « Le Chevalier inexistant »... Et souviens-t-en, la vie et la gloire de César se résolvent en une pantalonnade... Et finissent en « Tu quoque... » adressé à Brutus... Sauf que Brutus usa vraiment du couteau et donna vraiment le coup de grâce, en répandant vraiment le sang et en laissant vraiment le grand César sur le carreau. Tu te souviens de cet épisode tragique... Il y eut toujours à Rome, mais bien plus tard, un second (et sans doute bien d'autres dans la papauté romaine... mais je n'ai ni le goût, ni le temps de faire l'énumération des papes empoisonnés, défenestrés ou pensionnés avant l'heure divine) épisode de liquidation par les proches ; tragi-comique celui-là advînt au Grand Conseil du PNF (Parti national fasciste) le 25 juillet 1943, le grand Duce entrait au Conseil en maître et en sortait déchu... en direction de la prison.

 

 

Oui, oui, je me souviens bien tout cela... La gloriole se dissolvait en farce... Mais aujourd'hui ?

 

 

Aujourd’hui, on voit ainsi le ridicule submerger le clone de César, sa version télévisuelle, son cartoon, le prestidigitateur manchot n'arrive plus à faire illusion... et plouf... il retombe dans la mare de ses marelles, dans la boue de ses poubelles, dans la curée de ses querelles... Car il n'est pas au bout de ses peines... L'empire de ses « affaires » va se disloquer lui aussi... Ce sera la débandade... Il n'y aura plus de petite pilule bleue pour le soutenir dans ses exploits…Cependant, pour la comparaison avec la geste de Jules, on ne l'entendit pas telle une pleureuse exhaler des lamentations interminables et exciper de son grand âge, de sa calvitie ou de sa « fiancée »... Mais pour en revenir à César, je crois t’avoir déjà conseillé la lecture de Bertolt Brecht et de son excellent roman « Les Affaires de Monsieur Jules César »... On y voit comment en ayant des dettes immenses, on se sauve en faisant des dettes plus immenses encore pour acheter ses électeurs, comment intimider ses opposants et ses proches, comment liquider ses alliés quand ils deviennent encombrants ou concurrents, comment distribuer des prébendes et des petits cadeaux... À ce propos, regarde le texte de la canzone du Grand Jojo :

 

« Tout fier et victorieux sur son grand char
Il ordonnait qu'on distribue de la bière
Qu'on buvait à la santé de… César !

Les gladiateurs dans l'arène
Passaient avec des sandwiches boudin noir
La fiesta durait parfois six semaines
Il fallait l'avoir vu pour… le croire!! »

 

Et n'oublie pas que le Grand Jojo vit à Bruxelles et qu'on a vu en ce pays un Premier Ministre qui faisait campagne (et les gagnait) à coups de soupers aux boudins et de colis de viande. Quant aux tournées de bières, elles sont de tous les partis.

 

 

Bon, maintenant, il ne reste plus qu'à attendre la suite du feuilleton...

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Finalement, l'âne avait parlé juste, avec sa chanson L'Hélicon de Berluscon, mais trop vite, trop tôt ... C'est que bien des humains sont durs de la comprenure, ce qui veut simplement dire « lents à comprendre ».

 

 

Marco Valdo M.I.

 

 

 

Et pour la bonne bouche ou la bonne oreille ou le bon pied ou le bon œil...

 

 

 

L'Hélicon de Berluscon


Parodie de langue française – L'Hélicon de Berluscon – Lucien Lane – 2010
d'après L'Hélicon – Boby Lapointe, 1963

 

 

 

 

 

Oh, oh, Marco Valdo M.I. mon ami, je viens de faire une parodie.

Encore... et à propos de quoi ? De qui ?

Tu connais Boby Lapointe... Je sais que tu le connais et même, presque par cœur... Moi aussi d'ailleurs. J'adore ses chansons. L'ennui, c'est qu'elles sont d'un genre particulier, celui de Boby très précisément. Et qu'elles ont peu de chance d'être dans les CCG. Pourtant, à mon sens, elles devraient y être, parce que... comment dire ?, elles sont par nature des Chansons contre la Guerre. Boby était un gars éminemment pacifique et amilitariste. « Une idée de l'adjudant, qu'en avait très peu pourtant... des idées... »... Il était tellement amilitariste qu'il n'a jamais fait de chansons explicitement contre la guerre... Cela dit, il nous a donné des chansons loufoques, du moins en apparence; de ces chansons qui mettent à mal le « sérieux », cette plaie de toute société, ce corset de l'intelligence et de la liberté, ce fondement de l'autorité et du pouvoir. L'ironie, la dérision sont des respirations essentielles... C'est un peu le ton de celle-ci... J'ai conservé l'hélicon... Un excellent instrument dont je propose l'usage au destructeur de l'Italie et à tous les tenants du pouvoir...

Dans le fond, tu as raison, s'il pouvait aller jouer de l'hélicon... Ce serait bien pour lui et pour tout le monde. Quoique, pauvres Tunisiens !

Bon, d'accord, ce n'est pas l'œuvre du siècle... Mais qui a jamais demandé à une parodie d'être un chef d'œuvre... Et puis, je suis un âne, moi. J'avais juste envie de fustiger ce dément, de lui faire savoir la haute considération que je lui porte. Hihan...
Et enfin, comme disait Boris Vian...

« Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j'écris des vers
C'est que ça m'amuse … »

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Silvio, tu as déjà passé septante ans
Tes vieilles dents sucent les fraises
On ne veut plus d'elles au trapèze
Tu devrais t'en aller, il est temps.
Tu devrais jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Dans ton petit cirque ambulant
Il y a un tas de fainéants
Choisis donc plutôt d'être papi
En Tunisie comme Craxi
Tu pourras y jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

N'en parlons plus mauvaise tête
Tiens va donc là-bas faire des fêtes
Et manger des haricots de moutons
On t'attend déjà à Hammamet
Tu pourras y jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Silvio, tu es bien polisson
De te moquer de la population
La poulationtion qui est si bonne
Eh! que t'importe la population
Va-t-en jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Laisse donc cette population
Qui est trop bonne pour toi
Et va trouver d'autres serpents
Tu pourras jouer avec au boa
Pas du hautbois de l'hélicon
Pon pon pon pon

Eh bien, y'a ton ami Kadhafi
C'est ça, le vrai gouvernement
Si tu veux, va jouer avec lui
Il est vraiment très puissant
Jouez ensemble de l'hélicon
Pon pon pon pon

Ah! il nous énerve,
Ah! c'en est trop
Tiens: pan pan pan boum, toc il tombe
On l'a tué à coups de marteau
Et l'on a fait graver dessus sa tombe
"Il voulait jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon
Con"

L'Hélicon de Berluscon
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Marco Valdo M.I.
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 10:50

POÈTES ANDALOUS

 

 

Version française – POÈTES ANDALOUS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson espagnole – Poetas andaluces – Los Aguaviva – 1970

 

Poème Balada para los poetas andaluces de hoy de Rafael Alberti (1953)
Musique : Manolo Díaz – 
1970

 

 

 

Chantent encore les poètes andalous

C'était en 1970 et, en Espagne, le généralissime Franco jouirait d'encore bien cinq ans de sa dégoûtante vie. Le poète andalou de lointaine origine toscane Rafael Alberti (son grand-père Tommaso Alberti Sanguinetti était un garibaldien pistoiais réfugié en Espagne) était par contre en exil en Italie. Faisant partie de la fameuse Generación de '27, comme Aleixandre, García Lorca, Salinas et Guillén, il avait adhéré au Parti Communiste et avait combattu le franquisme ; depuis 1939, il n'était plus rentré en Espagne ; depuis 1963, il vivait à Rome.

Son poème « Balada pare los poetas andaluces de hoy » parle du présent d'alors, des poètes andalous de cet aujourd'hui qui se retrouvaient seuls, après que leurs prédécesseurs, les hommes libres, avaient été détruits, anéantis, exilés par la dictature franquiste. Une poésie où la liberté se heurte au désert, à la solitude. Les poètes existent encore, mais que chantent-ils, que voient-ils, que ressentent-ils ? Ils chantent, voient et entendent avec des voix d'hommes, mais les hommes n'y sont plus. Ils sont seuls.

Il semble que l'Andalousie entière soit restée sans rien, privée de ses meilleurs hommes. Tuée par les fusils des traîtres, envoyée au loin sans plus d'espoir de retour. Et Alberti, qui était profondément andalou malgré l'exil qui l'avait ramené sur la terre de ses lointains aïeux, le sentait bien, mieux que les autres. Il le sentira encore plus lorsque, trois ans après, son ami et camarade Pablo Neruda, qui avait l'Espagne dans son cœur, mourra, seul, dans l'horreur d'une autre dictature qui avait à peine commencé à ensanglanter le Chili ; il lui dédiera, à Florence, un discours ému commencé dans un italien incertain et poursuivi en espagnol, et un volume intitulé « A Pablo Neruda, con Chile en el corazón»

Mais les poètes ne sont jamais seuls. Ils chantent, regardent et entendent plus haut ; d'autres voix répondront, d'autres yeux regarderont, d'autres oreilles entendront. Avec cette poésie, Rafael Alberti énonce dans la manière la plus simple (la simplicité est le vrai mètre de la grande poésie) la manière avec laquelle les poètes communiquent, même lorsque leur terre est en proie à la plus sombre et la plus noire solitude de la tyrannie.

Cette même année 1970, un groupe folkloriste espagnol, Los Aguaviva, qui jouissait alors d'une discrète renommée, même en Italie, décida de mettre en musique cette poésie, en la réélaborant pour l'adapter à la mélodie composée leur leader, producteur et compositeur Manolo Díaz. C'étaient vraiment d'autres temps, des temps où une poésie du genre de Rafael Alberti, mise en musique et chantée par un groupe folk espagnol pouvait bondir en tête des classements des disques les plus vendus. Présentée avec le titre abrégé de Poetas andaluces, elle réussit à entrer dans le hit parade italien. On l’entendait jusque dans les juke boxes.

Et je m'en souviens aussi ; rapportée chez nous par mon frère aîné Francesco, qui en était littéralement tombé amoureux, je me vois me la chantonner gamin, , même sur la plage : « hombres, dónde los hombres ? », comprenant à peine le sens des mots. Une des chansons remisée dans un coin de mon esprit, et sortie aujourd'hui par Adriana, que je voudrais remercier de façon entièrement spéciale ; en construisant une page qui en soit digne. [RV]

 

 

Apparemment, le chant d'Alberti a été entendu et à présent, l'Andalousie offre ses poètes sans voiles au monde entier : http://www.poetasandaluces.com/index.asp

[Lucien Lane]

 

 

 
 

 

Rafael Alberti

 

 

Apparemment, ce tableau du peintre Abbé Nozal [http://nozal.com/pintura/piedra.htm] représentant le visage de Rafael Alberti -  poète andalou, aurait lui aussi disparu... Si j'en crois ce message qui l'accompagne :

« -Si si usted, de pronto, cree haber visto este cuadro en algún lugar y puede ofrecer alguna pista de su paradero, por favor comuníquelo de inmediato a través de email. Gracias.

 

 
 

 

Si vous croyez avoir vu ce tableau dans un certain lieu et pouvez offrir une certaine piste pour le trouver, voulez-vous s'il vous plaît la communiquer immédiatement via cet email. Merci. »

 

 

 

 

 

 

 

Que chantent les poètes andalous d'à présent ?
Que voient les poètes andalous d'à présent ?
Qu'entendent les poètes andalous d'à présent ?

 

Ils chantent d'une voix d'homme. Mais, où sont les hommes ?

Avec des yeux d'homme, ils voient. Mais, où sont les hommes ?

Avec leur poitrine d'homme, ils ressentent. Mais, où sont les hommes ?


Ils chantent, et quand ils chantent, on dirait qu'ils sont seuls
Ils voient, et quand ils voient, on dirait qu'ils sont seuls
Ils entendent, et quand ils entendent, on dirait qu'ils sont seuls

 

Que chantent les poètes andalous d'à présent ?
Que surveillent les poètes andalous d'à présent ?
Qu'entendent les poètes andalous d'à présent ?

 

Et quand ils chantent, on dirait qu'ils sont seuls
Et quand ils surveillent, on dirait qu'ils sont seuls
Et quand ils entendent, on dirait qu'ils sont seuls

 

Mais, où sont les hommes ?

 

Peut-être qu'en Andalousie, il n'y a plus personne

Peut-être que dans les montagnes andalouses, il n'y a plus personne

Que sur les terres et les mers andalouses, il n'y a personne ?

 

N'y a-t-il plus personne qui réponde à la voix du poète,
Qui voie le cœur sans voiles du poète ?
Tant de choses sont mortes, il n'y a plus rien que le poète


Chantez haut, vous entendrez ce qu'entendent d'autres oreilles
Regardez haut, vous verrez ce que voient les autres yeux
Battez haut le cœur, vous saurez où palpite un autre sang

 

Même enterré dans son obscur sous-sol, le poète n'est pas seul
Son chant monte du plus profond,
Quand il sort au jour, il est déjà à tous les hommes.

Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes

 

 

POÈTES ANDALOUS
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Marco Valdo M.I.
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 22:57

Jules César

 

Chanson française – Grand Jojo – 1982

 

http://www.youtube.com/watch?v=M8JP0SUz-FY

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=M8JP0SUz-FY

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon cher Lucien l'âne, mon ami, toi qui as connu la Rome Antique, toi qui as circulé tout au travers de l'Empire, toi qui as accompagné les légions au travers des territoires, franchi les Alpes, surmonté les Pyrénées, tu as certainement dû rencontrer Jules César, l'envahisseur de la Gaule, celui qui plus tard écrivit – tant il avait pris de raclées dans nos paysages vallonnés et boisés : « Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent inportant, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt. ». J'imagine que cette péripétie de l'histoire gauloise, tu as dû l'entendre des milliers de fois lors des campagnes des Gaules par les légions romaines, dont parle si bien notre ami Ricet Barriet dans sa version des bords de Marne, intitulée La Java des Gaulois. [[40011]]

 

 

Oui, certes, mais Marco Valdo M.I. mon ami, je l'ai même porté sur mon dos, ce vieux guerrier chauve avec sa couronne grise sur la tête ; je l'ai même supporté dans son triomphe avec ses lauriers, qu'il lui fallait remettre en place constamment, car ils glissaient sur son crâne comme un skieur sur la neige. Je l'entends encore qui serinait à longueur d'étapes, pendant que marchaient d'un pas alerte ses légions, son « Veni, vidi, vici ». Entre nous, c'était une vaste blague, il n’arrêtait pas de se faire lanterner par les Gaulois, qui se retiraient à son approche et revenaient une fois les matamores passés. Mais peux-tu me dire pourquoi tu me parles de tout ça ?

 

 

Je peux le dire... comme pouvait le dire évidemment l'éminent Sar, incarné par Pierre Dac, philosophe disciple de Mordicus d'Athènes. Pour ton plaisir et celui de tous nos amis, je t'offre une version de ce sketch du grand Sar de l'Indre, sans doute le plus célèbre duo des compères Francis Blanche et Pierre Dac, sketch où l'on entend le fameux « Il peut le dire » [http://www.youtube.com/watch?v=YXCIwSgXYX0], mais aussi une autre version sans doute plus connue encore http://www.youtube.com/watch?v=SIKtYsdKOJw ].

 

Donc, je te parle de tout cela pour te faire comprendre le lien qu'il y a entre cette canzone du Grand Jojo et les Chansons contre la Guerre. Les fauteurs de guerre, les puissants de ce monde et comme il apparaît ici, ceux de l’Antiquité déjà, ont toujours eu le goût des triomphes et de la pompe qui les magnifiaient. A contrario, les moquer, les ridiculiser, les brocarder a toujours été un moyen de les dénoncer, de les affaiblir et de les combattre. Dans la Guerre de Cent Mille Ans (et dès lors, dans toutes les guerres, qui n'en sont jamais que des épisodes partiels), la lutte symbolique, la lutte autour de la respectabilité du pouvoir, de ses manifestations les plus diverses, de ses préceptes et de ses représentants a toujours constitué un enjeu essentiel, une des dimensions fondamentales de l’affrontement. D'où le crime de lèse-majesté ou les sanctions prévues pour protéger la personne « inviolable » du Chef, qu'il soit Roi, Empereur, Caudillo, Conducator ou Président. L'homme est aussi un être symbolique, son monde est aussi un monde symbolique. Il suffit de réfléchir un instant au rôle du drapeau, des médailles, des hymnes, des sonneries, des cortèges, des uniformes et hors de la sphère militaire, le rôle du costume, de la cravate, de l'apparence, de l'automobile, de la coupe de la chemise, jusqu'à la manucure et la coupe cheveux... La Guerre de Cent Mille Ans s'insinue et se mène jusque dans les apparences.

 

 

Jusque là, Marco Valdo M.I., je t'ai suivi et je suis parfaitement d'accord. Mais, dis-moi, la canzone elle-même ?

 

 

Comme son titre te l'indique, elle chansonne Jules César, dont il te souviendra qu'il fut un général romain, un consul et finalement, si je ne me trompe, un « dictateur à vie », précurseur de l'Empire. C'est en quelque sorte l'archétype de tous les Empereurs (son nom de César et ses variantes Czar, tsar... désignera l'Empereur), le symbole et le rêve de tous les candidats au pouvoir suprême, de tous les « bâtisseurs d'empire » de l'Occident. Peu importe, faut-il le préciser, qu'ils soient formellement « empereurs », qu'il y ait formellement un empire ou que leur empire soit une peau de chagrin ou une bulle en suspension dans l'air du temps. Donc, brocarder César, le mettre en jupette face à l'Histoire, lui ôter son falzar ou autrement dit, son pantalon, c'est – par extension ou par un biais – s'en prendre à tous ceux-là – empereurs, dictateurs, présidents... qui se complaisent et se gonflent de leur pouvoir ou de leur fonction. Une telle chanson dans le Portugal de Salazar, l'Espagne de Franco, l'Italie de Mussolini (pour en rester aux pays latins) aurait valu à son auteur de redoutables remontrances, si ce n'est pire. Thyl et Chveik [[8859]] l'avaient appris à leurs dépens. Ceci reste vrai même si l'intention première de l'auteur de la chanson était tout simplement d'amuser et de faire rire son public.

 

 

Sur ce dernier point, Marco Valdo M.I. mon ami, tu as raison ; il est dangereux de faire rire et par ailleurs, parfois, la chanson prend son autonomie et impose d'elle-même son sens profond. Aussi, souvent la chanson, celle-ci en particulier, tisse le linceul de ce vieux monde dictatorial, impérial, respectueux de l'ordre établi, compassé, triomphal, césarien et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Je vais vous raconter l'histoire banale
De Jules César qui était empereur
Il avait un long nez comme une banane
Et ses oreilles étaient comme des… choux-fleurs !

Le soir doucement sur ses chaussettes
En pyjama en-dessous de son peignoir
Il retrouvait Cléopâtre en cachette
Mais ça personne ne pouvait le… savoir !

Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar

Quand Jules César revenait de la guerre
Tout fier et victorieux sur son grand char
Il ordonnait qu'on distribue de la bière
Qu'on buvait à la santé de… César !

Les gladiateurs dans l'arène
Passaient avec des sandwiches boudin noir
La fiesta durait parfois six semaines
Il fallait l'avoir vu pour… le croire!!

Cléopâtre un jour lui a dit peut-être
Je vivrai chez toi, je quitterai mon rez-de-chaussée
Fou de joie, il cria par la fenêtre : Yodel lala itou
Tous les Romains ont dit il est… cinglé!

Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar

 

 

Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar

Jules César
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Marco Valdo M.I.
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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 18:40

Le Sergent Flagada (clap clap sound)

Chanson française – Grand Jojo – 1983

Auteurs compositeurs : Jean-Marie Troisfontaine - Burt Blanca - Vannick - Armath

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu as sans doute comme moi et bien d'autres déjà pu constater que le rire est une arme terrible...

 

 

Bien sûr que je connais ça... C'est le résultat de l'acide comique quand on l'applique à une situation, une institution, un personnage... Le résultat est encore plus flagrant si on y ajoute une bonne dose d'acide ironique et bien évidemment, dans le cas de la chanson, il faut aussi y mettre une certaine quantité d'acide musique. Bref, les mots et les choses trempés dans ces acides ont un fort effet de dérision, assez indélébile au demeurant.

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu me retires les mots de la bouche, en quelque sorte ; en clair, tu dis ce que je voulais te dire. Dès lors, nous sommes du même avis. Mais il me paraît utile, cependant, d'y ajouter la nécessité absolue d'un fort penchant à ce qu'on appelle le « second degré » et même quelquefois, au troisième, etc jusqu'au énième. Car, comme tu le sais, c'est d'une pratique commune et fréquente par chez nous que d’appliquer la matière forte de la pensée divergente aux lieux communs et aux propos plats.

 

 

Marco Valdo M.I., mon ami, je ne peux que confirmer tes propos. Faut dire qu'on campe en plein territoire surréaliste, celui qui recouvre grosso mode l'ancien comté de Hainaut - Comitatus Hanoniæ en latin, graafschap Henegouwen en néerlandais, Hennegau en allemand - lequel s'étendit du Brabant et du Namurois jusqu'aux limites de l'Artois et de la Picardie. Pays incroyablement comique et ironique où la Trouille conflue dans la Haine, en un lieu de terribles batailles.

 

 

Pays aussi où un journal appelait récemment à voter pour le chat Sugus, félin clairvoyant, avec le slogan décapant de « Avec nous, du mou pour tous ». Faut dire qu'il s'agissait du « Batia Mourt Soù », version hennuyère du « Bateau Ivre », œuvre du poète voisin de Charleville.

 

 

 

 

 

Mais en fait, où veux-tu en venir ? De quelle chanson peut-il bien s'agir pour être précédée de toutes ces circonvolutions langagières et circonlocutions circonspectes ?

 

 

Si j'ai pris pareils chemins de traverse, c'est que – vois-tu, Lucien l'âne mon ami – la chanson que je vais te faire voir et entendre est tout entière baignée dans ce mélange d'acide comique et ironique à prendre au ixième degré. Tu imagines bien cela puisqu'il s'agit d'une chanson du Grand Jojo, chanteur populaire que d'aucuns se plaisent à mépriser. Tu verras ici combien c'est absurde. Comme nous sommes dans les Chansons contre la Guerre, on ne peut certes insérer n'importe quoi et le minimum, c'est que la chanson ait un rapport avec l'objet du site. Par exemple, qu'elle applique au guerrier, au militaire, à la guerre et à tous ses acolytes, un traitement à l'acide comique, ironique, etc. Et c'est parfaitement le cas du Sergent Flagada, dont tu entendras la légende ci-après. On pourrait d'ailleurs rapprocher cette chanson d'une chanson de Fabrizio De André, celle où il ridiculise le grand Charles Martel, intitulée dans sa version française « Charles Martel revient de la bataille de Poitiers » [[1095]]. Évidemment, le sergent Flagada ne revient pas d'aussi loin dans le temps – il est notre contemporain, ni d'une aussi prestigieuse croisade, mais à sa façon, il rejoint cette inénarrable parodie de Müller et Reboux [[9143]], où le militaire ne jouait pas du clairon comme dans l'original de Déroulède, mais mangeait son drapeau. Rien que son nom déjà est toute une histoire. Je ne le dis pas pour toi, car je sais que tu sais, mais pour nos amis étrangers. Flagada veut dire : mou, mollasson, flapi, raplapla, vasouillard, fatigué, épuisé, sans force et par extension, fainéant, feignant, tire-au-flanc... Le reste est à l'avenant. Tu remarqueras également qu'il s'agit d'un Yankee, soldat parmi les plus envahisseurs de tous les temps.

 

 

Il faudrait peut-être, dit Lucien l'âne en se gondolant comme un toit de plastique en plein midi, il faudrait – toujours pour nos amis venus d'autres horizons – préciser ce qu'est une « médaille en chocolat », car c'est un objet désopilant s'agissant d'une médaille « al valor militare »... Surtout dans un pays où il fait chaud... (l'Irak, par exemple). Je te laisse deviner la tache qu'elle fera sur le costume quand Flagada défilera en plein soleil... Allons, foin de commentaires, reprenons notre tâche et tissons, en riant de grand cœur, le linceul de ce vieux monde militaresque, envahisseur, rodomontesque, matamoresque, honneur et patrie et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

( Pour le voir : www.youtube.com/watch?v=1iJqwxEHB40)

 

 

 

Jules Vanobbergen, né le 6 juillet 1936 à Bruxelles, est un chanteur mieux connu sous le pseudonyme Le Grand Jojo ou Lange Jojo chez les néerlandophones.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Jojo

 

 

 

 

 

 

Le sergent Flagada
Un Yankee, un soldat
Les muscles de ses bras
C'est comme du nougat

 

 

Oui mais à la trompette
C'était une vraie vedette
Une star de cinéma
Le sergent Flagada

 

 

C'est lui qui réveillait
Tous les matins
La garnison américaine
Tout le monde au pied du lit
En petit caleçon
Pour l'inspection du capitaine

 

 

Mais lui c'était un planqué
Un carottier
C'était le roi de la combine
Il jouait de la trompette
Car il ne savait pas tirer à la carabine

 

 

Le sergent Flagada
Un Yankee, un soldat
Les muscles de ses bras
C'est comme du nougat

 

 

Oui mais à la trompette
C'était une vraie vedette
Une star de cinéma
Le sergent Flagada

 

 

Mais un jour les Indiens
Ont attaqué
La garnison américaine
Tout le monde était allé
Au supermarché
Pour le shopping fin de semaine

 

 

Le sergent Flagada
Qui était là
Sonna l'alerte à la trompette
Ils ont tous rappliqué
À pied, à cheval, en pédalo
En trottinette

 

 

Le sergent Flagada
Pour avoir fait ça
A reçu de ses gars
Une médaille en chocolat

 

 

Le sergent Flagada
Pour avoir fait ça
A reçu de ses gars
Une médaille en chocolat

 

 

 

Le sergent Flagada
Pour avoir fait ça
A reçu de ses gars
Une médaille en chocolat 

Le Sergent Flagada
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Marco Valdo M.I.
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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 19:56

SOUS LE VOLCAN

Version française – SOUS LE VOLCAN – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Sotto il vulcano – Litfiba – 1993

 

 


Cette chanson fut dédiée par les Litfiba à Augusto Daolio des Nomades. Demain Auguste aurait eu 65 ans. Et il s'en est allé il y a déjà 20 ans. Cette page me semble une belle manière de se souvenir de lui

 

 

Etna depuis Taormina (1843)  

 Thomas  Cole

 

 

Pierres, nous roulons sur la peau de la Terre
Qu'on me donne un sens, une direction, un cheval de lumière
SOS Terre SOS homme
Je suis un volcan et personne ne m'arrête
Hé non
Je suis un volcan et personne ne m'arrête
Oh non non

 

Coeur rouge
Ma terre a un coeur qui bat très fort
Il pompe le sang rouge, rouge
Du nombril de la vie et de la mort
On ne doit pas gacher du sang
Et on ne peut jeter le mien
Qui naît dans le ventre du volcan
Dans le ventre du volcan
Quelqu'un me donne la main

 


Sous le volcan
Quelqu'un me donne la main
Quelqu'un ici cependant
Le travail d'une vie vaut un prix au-delà du sens
Mais dans le volcan, tu tombes je tombe je tombe je tombe
SOS Terre SOS homme
Fantôme sous le volcan

 

 

Mais tu tombes je tombe je tombe je tombe dans le volcan
Mais tu tombes je tombe je tombe je tombe dans le volcan
Mais tu tombes je tombe je tombe je tombe dans le volcan
Sous le volcan
SOS terre SOS homme SOS
Vent balaye tout
Tremblement de terre efface nous
SOS SOS SOS

SOUS LE VOLCAN
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Marco Valdo M.I.
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 21:59

La Canzonisation d'Angelina

 

Canzone française – La Canzonisation d'Angelina – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 95

 

An de Grass 96

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne raconte une séquence au travers du soliloque d'un narrateur ; ici, il s'agit d'un journaliste ou d'un chroniqueur – en l'occurrence, Günter Grass lui-même. Au départ, il devait tirer d'un certain professeur Vonderbrügge, une sommité internationale dans la génétique appliquée, les plus scientifiques révélations concernant le clonage des brebis Megan et Morag. Sans doute, cette année-là, le Professeur Vonderbrügge était-il trop occupé, sautant d'un congrès à l’autre, d'un colloque à une conférence... La science n'attend pas, pas plus que la renommée. Comme les call-girls de Koestler, il courait après l'une en courtisant l'autre. En fait, le problème avec ces brebis clonées et les clones en général, c'est – bioéthique oblige – qu'on pourrait se passer de père. La procréation sans père... On était en 1996. Depuis...

 

 

Bien évidemment que ça fait problème, même chez nous, chez les ânes. On a beau être des ânes, on n'aimerait pas trop faire les clones.

 

 

Certes, Lucien l'âne mon ami, je te comprends, mais rassure-toi pour cette fois, du fait de la défection du professeur, et du fait aussi que notre narrateur n'y connaît pas vraiment grand chose aux clones, il va subitement changer de sujet et je dois te l'avouer, je ne l'ai pas suivi entièrement dans la canzone.

 

 

Quoi !? Tu racontes une autre histoire ?

 

 

En effet, c'est bien ça. Car notre narrateur dans son récit originel raconte surtout des péripéties familiales, vues et développées par le pater familias, qu'il est. Bref, une envolée patriarcale comme peut en faire notre grand écrivain moustachu et ardent fumeur de pipes. Faut dire qu'il a de quoi raconter avec ses trois femmes, ses multiples enfants... Sans compter les autres, les putatifs et les petits-enfants issus de sa propension à la procréation naturelle. Comme tu le comprends, les clones, ça le fait bondir...

 

 

Donc, si je comprends bien, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne en grattant le sol devant lui d'un sabot exalté, tu as laissé le récit du narrateur dans le livre et tu nous en as concocté un autre... Et si je peux le savoir, es-tu disposé à me dire de quoi il s'agit et surtout, le pourquoi de cette trahison ?

 

 

Comme tu le sais, Lucien l'âne mon ami, il est une sorte de principe existentiel qui veut que l'occasion crée le larron. Et c'est précisément lui qui est tout à trac entré en action ici-même. Je m'explique. D'un côté, je l'avoue, j'avais du mal à mettre en canzone cette année 1996 dans la version de Günter Grass et comme je te l'ai déjà expliqué, une canzone, une chanson comme celles que je fais en partant de récits d'un auteur, demande un temps de maturation, parfois longue. Ici, je n'y arrivais pas. Il fallait que surgisse un déclencheur, une idée, un fil conducteur, un axe poétique en quelque sorte. Oh, il couvait sans doute depuis longtemps... Et il a surgit ce dimanche... Tu vas comprendre. D'abord : combien de fois, n'ai-je pas dit : REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS ou encore, combien de fois, n'ai-je pas parlé du « rêve d'Otto »... C'est une des clés.

 

 

Je commence à comprendre. Mais, Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela est déjà abordé dans les précédentes histoires d'Allemagne ou dans d'autres de tes chansons... Mais, tu me dis, que c'est une des clés. Quelles sont les autres ?

 

 

Je dirais plutôt, « quelle est l'autre ? » Eh bien, Lucien l'âne mon ami, l'autre, c'est tout simplement le résultat des élections allemandes de ce dimanche et tout le tam-tam qui est fait autour d'Angela Dorothea Merkel, née Kasner, l'indéboulonnable chancelière allemande. Du moins, jusqu'à présent.

 

 

Mais tout a une fin...

 

 

D'ailleurs, en soi, elle importe peu. Comme d'autres avant elle, elle est le véhicule du « rêve d'Otto », qui comme tu l'as bien noté est le thème central de ces Histoires d'Allemagne. Restait quand même à trouver une autre clé, celle qui conduit à la canzonisation de notre héroïne. Et là, je dois bien avouer mon goût pour certain chanteur populaire de nos régions, tu l'as certainement déjà entendu, vu qu'il est un producteur de scies et de tubes, tout en poursuivant sa carrière de trente-six métiers. Bref, c'est en fredonnant son Angelina que m'est venue enfin cette canzone. J'ai d'ailleurs conservé – pour le rythme et le clin d'oeil une bonne citation de l'Angelina d'origine.

 

 

Marco Valdo M.I., mon ami, je vais te prouver ici, illico, sur le champ que je connais moi aussi cette Angelina du Grand Jojo et te la réciter du début à la fin :

 

« ANGELINA

 

 

Elle faisait des macaronis

Dans une fabrique de spaghettis

Angelina

Angelina

C'était la reine de la pizzeria

 

Elle avait de beaux cheveux longs

Et des yeux noirs comme du charbon

Angelina

Angelina

Et elle jouait bien de la mandolina

 

Ti voglio bene

(Ti voglio bene)

Angelina, c'est la plus belle

Amore mio

(Amore mio)

Y a des p'tites fleurs sur ses jarretelles

Ma qu'elle est belle

Dans sa chemisette en flanelle

O mama mia

(O mama mia)

Angelina, baccia mi

 

Elle m'a présenté son papa

Ses frères, ses sœurs et sa mama

Angelina

Angelina

C'était la reine de la pizzeria

 

Oui, mais ce que je n' savais pas

C'est qu'ils étaient de la Mafia

Angelina

Et le lendemain j'ai pris le train

Pour l'Italie, voir le parrain

 

O mama

Zouma zouma, j'étais là

O mama

Qu'elle était chouette, Angelina

O mama

En Italie, ça va comme ça

Allez, tout le monde en chœur et en avant la musica !

 

Et le parrain était d'accord

On s'est mariés, c'était du sport

Entourés de nos deux témoins

Des moustachus, des Siciliens

 

En voyant sa robe de dentelle

Ils ont crié "Ma qu'elle est belle !"

Pendant que moi, j' tenais sa main

Elle m'a dit oui en italien

 

O mama

Zouma zouma, j'étais là

O mama

J'aurais jamais dû faire ça

O mama

En Italie, ça va comme ça

Allez, tout le monde en chœur et en avant la musica ! »...

 

 

Bravo, Lucien l'âne mon ami. Ceci dit, c'est quand même une chanson sur l'immigration italienne en Belgique... Donc, j'avais trouvé mon personnage et un substrat musical, suffisamment dérisoire pour portraicturer ce personnage d'Angelina. Et c'est ainsi que la Chancelière, incarnant le « rêve d'Otto » est devenue Angelina la bergère menant les moutons européens droit dans le cauchemar d'Otto.

 

 

Mais que viennent faire ici le buffle et l'agnelle ? Si tu le sais, dis-le moi... Donne-moi, là-aussi, au moins une clé...

 

 

Lucien l'âne mon ami, je ne pourrais rien te refuser. Note que là, on change carrément de registre et de procédé de décapage du vernis de la bonne et vertueuse société allemande. Alors, la clé s'appelle Heinrich Böll, auteur des Deux sacrements...qu'il te faudra bien aller lire pour découvrir le sacrement du buffle et celui de l'agneau, qui au féminin devient l'agnelle.

 

 

Allons, finissons cette petite conversation et voyons ta chanson et tissons le linceul de ce vieux monde cauchemardesque, clonesque, angélique, moutonnier et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Cette année-là, le professeur

Vonderbrügge devait me parler

De Megan et Morag, deux sœurs

Parfaites brebis clonées

Cependant, il ne le fit pas.

Je ne connais pas les clones, moi

Alors, je parlerai d'Angelina

Déjà ministre cette année-là

 

Elle avait de beaux cheveux blonds

Et des yeux d'un bleu profond

Angelina

Angelina

Avec un tempérament de bufflon

 

Alliance du buffle et de l'agnelle

Parfaite Union

Marquée à l'aune immortelle

Des deux sacrements germains

Angelina, d'ex-voto en ex-voto

Accomplit son destin

Portée par le rêve d'Otto

 

Elle avait un pasteur pour papa

Sa maman, un frère et sa sœur Irena

Angelina

Angelina

C'est la reine de la Germania

Angelina

Céleste agnelle

Au sourire d'agneau

Au front de buffle

Portée par le rêve d'Otto

 

De loin, de plus près, des bruits de pieds

Un troupeau de moutons gris

Brebis suivant le bélier

Agneaux suivant les brebis

Avec l'insouciance moutonnière

Ignorant les clones sans père

Suivait Angelina la bergère.

Avec la même insouciance moutonnière

Des troupeaux qu'on mène à l'abattoir

Marche maintenant l'Europe entière

 

Accomplissant le rêve d'Otto ou plutôt, son cauchemar.

La Canzonisation d'Angelina
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Marco Valdo M.I.
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