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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 14:42

MAO AU PARADIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version française – MAO AU PARADIS – Marco valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – L'arrivo di Mao Tse Tung in Paradiso – Alberto Camerini – 1977

 

Paroles e musique d'Alberto Camerini

 

 

 

Maintenant je voudrais vous chanter

Le récit d'un épisode très surprenant

De Mao Tse Toung le président

Je vous prie de bien l'écouter

 

Quand Mao s'en alla du monde

Il s'en alla au paradis

Il y trouva un tas de freaks faisant la ronde

Qui l'attendaient ; il sourit

 

Ils fumaient la marijuana

Le kif et le noir afghan

Loin des paranoïas

Ils vivaient simplement

 

Mais Mao dit, les surprenant

« Oh la la ! quelle barbe ! Il ne se passe rien ici

Ça manque de cinéma, de mouvement

Ça ne me dit rien de rester ici

 

Chers camarades, écoutez-moi

Selon moi, nous nous trompons en tout

C'est à chier ce Paradis-là

Retournons en bas, on va refaire tout »

 

Mais le Pape entretemps au Vatican

Informé par un de ses agents,

Dit : « Giulio, mon ami, il faut m'aider

On est foutu, si on les laisse arriver

 

Et encore heureux qu'il y a le Concordat

Le privilège, la spéculation

Mais s'ils arrivent, on l'a dans le baba

Eligio, au secours, c'est la révolution ! »

 

Mais Mao et les siens leur tombent dessus

En disant : « Le Paradis est aboli, il n'y en a plus

On va le faire ici, c'est plus normal !»

Et ils organisent un gigantesque Carnaval

 

Ils occupent les maisons, organisent des fêtes

Ils font l'amour, éclairent les têtes

Les robots sont débranchés

Les corps libres sont excités

 

Passent les jours, passent les semaines

Les fêtes battent toujours plus pleines

Les gens disent : « Ce n'est pas normal

N'est-il pas déjà passé le Carnaval ? ! ? »

 

Ce ne fut pas Mao mais un camarade bourré

Qui en assemblée se mit à crier

« Camarades, c'est l'heure cette fois

Il faut arriver au coeur de l'État »

 

Avec un masque de démocrate-chrétien

Dans le palais, un d'eux est entré

Le Pape lui dit : « Giulio, voilà les clés

Mon ami, de toi, je ne crains rien ! ! ! »

 

Le Pape dupé, en un instant

On arriva au coeur de l'État

Un robot unique et rare, celui-là

Avec son coeur d'argent

 

Et avec les sous, on démonta

Tout l'appareil de l'État

Démo-chrétien en même temps

Que les escroqueries du Vatican.

 

La révolution avait triomphé

Non, je ne pouvais pas m'être trompé

Mais au meilleur moment, je me suis réveillé…

 

C'était un rêve, malheureusement,

 

C'était un rêve, malheureusement.

MAO AU PARADIS
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Marco Valdo M.I.
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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:35

NE DITES PAS À MA MÈRE

 

 

 

 

Version française – NE DITES PAS À MA MÈRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Non dite a mia madre – Riky Maiocchi – 1964

 

 

 

 

 

Mère, reine de l'Univers

 

 

 

 

 

 

Une chanson qui en son temps fut interdite d'antenne et carrément censurée par la RAI (Radio-télévision italienne)... Inspirée et même, désignée comme version italienne de la chanson populaire étazunienne « The House of Rising Sun », qui servait également de cri de ralliement à tous les jeunes du monde opposés à la guerre du Vietnam, elle aurait pourtant dû échapper à cet ostracisme ; au moins autant que la chanson d'origine qui circulait partout.

 

Alors ? Alors, si ce n'était pas l'opposition à la sale guerre du Vietnam (Comme s'il existait des guerres propres, dit Lucien l'âne...), quel était le motif de cette interdiction ?

 

La Commission de censure y a vu l’histoire d'un condamné à mort..., dit-on... Mais moi, je n'y crois pas. Je crois plutôt que c'est une chanson de suicidé, de futur suicidé, s'entend... Et c'est la logique-même de la chanson qui le confirme... Réfléchis un instant... Si c'était un condamné à mort... Il aurait fait l'objet d'un procès et dès lors, sa mère en aurait forcément été informée... Dès lors, la chanson ne tiendrait plus debout.

 

Et si c'était un soldat prisonnier qu'on va fusiller pour – par exemple désertion ou trahison ?

 

Ben, pareil... Sa mère en serait forcément informée et elle recevrait la version officielle. Soit qu'il serait disparu au combat, soit qu'il serait mort en héros. Souviens-toi, ce fut le cas de notre Joseph – Giuseppe Porcu, dont je t'ai conté la saga. Et spécialement la canzone Le Fils ressuscité [[9053]], où le déserteur Giuseppe, dont la mère avait fait son deuil depuis qu'on avait fait de son fils un héros mort pour l'Italie, le déserteur devenu entretemps Joseph revient, reparaît et littéralement, ressiscite d'entre les morts.

 

D'accord, mais alors de quoi pouvait-il bien s'agir de si scandaleux au point de censurer une chanson qui me paraît , mais je suis un âne libertaire – assez anodine. Je veux dire qu'elle raconte un fait... Quel est donc ce fait qu'on ne saurait voir ? Ou qu'on ne saurait laisser voir ? On dirait une tartufferie...

 

 

Tu as mis le doigt dessus, mon ami Lucien l'âne. C'est tout-à-fait ça... C'est le Tartuffe et la citation de Molière s'impose :

 

 

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées."

(Molière – Tartuffe, III, 2 (v. 860-862)

 

Autrement dit, une énorme hypocrisie, un mensonge jésuitique...

 

 

Oui, mais alors, de quoi peut-il s'agir ? À quoi donc cette chanson a-t-elle donc touché de si tabou, qu'on n'ose même pas donner la raison de son interdiction ?

 

À mon sens, je l'ai déjà dit, c'est qu'elle raconte les dernières heures d'un suicidé, sa détermination à mettre fin à ses jours... C'est là le vrai scandale pour les bien-pensants et ce que les dévots ne peuvent même laisser entrevoir... Car alors s'ouvrir devant leurs yeux horrifiés l'abîme terrible de la liberté absolue de l'humaine nation face à la vie et forcément, à la mort. Remarque aussi qu'il faut cacher ce fait « à ma mère... »... La mère, mais aussi, la Sainte Mère, c'est-à-dire l'Église... En effet, la « Mère » ne doit pas savoir, car elle ne peut pas savoir, car elle ne veut pas savoir...

 

 

Et pourquoi ?

 

 

Tout simplement, car tout son monde illusoire s'écroule... La mère n'est plus qu'un lieu de passage... Tout son pouvoir, toute sa raison d'être disparaissent... Et alors, en même temps, s'effondre le lien héréditaire, base de la transmission de la propriété... Ni la mère, ni la Société, ni Dieu ne peuvent accepter cela et en même temps, ne peuvent contrarier cet acte de liberté absolue, cette auto-euthanasie.

 

 

Certes, le suicide est une auto-euthanasie... Des fois, souvent même, une autothanasie, car il n'est pas toujours heureux, ni facile, ni indolore.

 

 

À voir les réactions des dévots face à l'avortement ( et le suicide est une sorte d'auto-avortement tardif, tout comme celui qui devient orphelin à cinquante ans est un orphelin, et même un orphelin conscient de l'être, un orphelin de la onzième heure, comme dit Tonton Georges – http://www.youtube.com/watch?v=jCxT2dfRC8g), leurs réactions face à l'euthanasie aussi et le comportement de certains à l'égard des « suicidés » manqués – pour un peu ils les condamneraient à mort, on voit bien la terreur de ce monde-là face à la réalité de la mort... Car ce n'est rien d'autre que leur peur de mourir que ces gens-là expriment, leur terreur face au néant qu'ils sont bien obligés au fond d'eux-mêmes de reconnaître... Car s'ils avaient en tête, ne fût-ce qu'un peu, la certitude qu'il y aurait autre chose après la vie, ils se réjouiraient de mourir et seraient les plus ardents partisans du suicide, de l'euthanasie et de tout ce qui s'ensuit...

 

 

Mais en effet, ces gens de la Rai étaient des Tartuffes... et ont bien dû trouver une explication vaguement crédible à leur censure...

 

 

Quant à nous, reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde menteur, hypocrite, tartuffe, sournois, jésuitique, crédule, absurde, paniqué et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

À l'aube, je n'y serai pas
À vous parler de moi
Je le sais que moi
Je partirai de là
Et je ne reviendrai pas

 

Ne dites pas à ma mère
Que je ne suis plus là
Car elle a foi en moi
Et si elle apprend cette vérité amère
De douleur, elle mourra.

 

Pour vous tous, le soleil se lèvera
Mais ce sera toujours la nuit pour moi
L'aube fuira et pour moi, je le sais,
Tous n'auront plus que la pitié

 

Ô ! Pardonnez-moi

Pardon, pour moi, oh ! père

Et faites que ma mère

Ne sache jamais

Que j'ai fini ainsi

Ainsi...

 

 

NE DITES PAS À MA MÈRE
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Marco Valdo M.I.
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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:03

LA MAISON DU SOLEIL LEVANT

 

Version française – LA MAISON DU SOLEIL LEVANT – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Bernart Bartleby

d'une chanson étazunienne The House of the Rising Sun , ancienne et anonyme.

 

 

 

Paroles d'un auteur anonyme. Probablement – étant donnée l'histoire - la version originale était au féminin.
Mélodie peut-être inspirée de « Matty Groves », ballade anglaise du XVIIième.
Au féminin, dans le répertoire de Joan Baez.
Au masculin – version bien plus connue – dans celui de Woody Guthrie, Pete Seeger, Bob Dylan, Leadbelly et, surtout, de The Animals d'Eric Burdon, leur cheval de bataille, reprise par de très nombreux interprètes. En Italie à signaler la version de Riki Maiocchi avec le titre « Ne le dites pas à ma mère », qui fut censurée par la RAI.
Informations tirées - comme le texte et ses versions - de Musica &Memoria (Musique &Mémoire), à laquelle je renvoie pour une exégèse plus approfondie du morceau.

 

 

 

Chanson qui originairement parlait de filles perdues, prostituées de Storyville, l'ancien quartier réservé de La Nouvelle Orléans connu comme « The District », existant entre 1897 (lorsque le maire Sidney Story l'institua pour défendre le « statut » de la ville, en extirpant la prostitution des rues) et 1917, lorsque une vague moralisatrice venue des sommets de l'Armée en imposa la fermeture.

La devise de Storyville était « Honni soit qui mal y pense », la même que celle du « Très noble Ordre de la Jarrettière » anglaise (14° sec.)…

 

 

 

 

 

 

Les femmes qui entraient à Storyville étaient enregistrées comme prostituées et les bordels - comme celui appelé « The House of the Rising Sun » - devenaient leurs prisons ; le « Soleil Levant » était en réalité le crépuscule de ces vies derrière les murs des bordels… 
Une chanson qui m'a rappelé la aussi belle mais moins connue « Katie Cruel », elle aussi très ancienne et célèbre dans la version de la grande et désespérée musicienne et chanteuse étazunienne Karen Dalton.

J'ajoute que, dans sa version la plus connue, celle de 1964, au masculin, d'Eric Burdon & de The Animals, « The House of the Rising Sun » se transforma, peut-être même par sa dévorante et mélancolique mélodie, en une des chansons plus aimées tant des soldats américains sur front du Vietnam que des gars qui sur le « front intérieur » se battaient contre cette guerre…

 

 

 

 

 

 

Chanson contre toutes les formes de guerre militaires ou civiles, elle revêt des formes des plus diverses : originairement, chanson dénonçant la prostitution imposée aux femmes, puis, chanson contre la guerre imposée aux gens et chanson dénonçant les autres formes qui écrasent les humains – le suicide (Riki Maiocchi - NON DITE A MIA MADRE) – pas étonnant qu'elle ait été censurée , la prison (Johnny Halliday – Le Pénitencier) et le chômage (Marco Valdo M.I. – La Fermeture). Le Pénitencier, dont un des auteurs est Hugues Aufray lequel depuis a commis une version plus conforme à The House of Rising Sun sous le titre L'Hôtel du Soleil Levant. (M.V.M.I.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a une maison à la Nouvelle-Orléans
On l'appelle le Soleil Levant
Elle a détruit tant de pauvres enfants
Et moi, j'en suis une, Maman

 

Ah ! Si je t'avais écouté maman
J'aurais été chez nous maintenant
Mais j'étais jeune et folle, oh Maman
De suivre ce foutu fainéant

 

Va dire à ma sœur cadette
De ne pas comme moi faire la bête
Et d'éviter cette maison de la Nouvelle-Orléans
Qu'on appelle le Soleil Levant

 

Moi, je retourne à la Nouvelle-Orléans
Ma course est presque finie
J'y retourne pour terminer ma vie
Sous ce Soleil Levant

 

 
LA MAISON DU SOLEIL LEVANT
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Marco Valdo M.I.
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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 13:43

LA BELLE PARTISANE

 

Version française – LA BELLE PARTISANE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La bella partigiana – Gruppo Padano di Piadena – 1997

 

 

 

Le titre original de cette chanson est « La belle Partisane » et auteur en est Ivana Monti (1947-), importante actrice italienne, femme du journaliste Andrea Barbato...
La chanson fait partie du spectacle intitulé « Ma chère mère. Souvenirs et voix de notre terre de 1913 à la Libération », dont (1996) Monti est l'auteure en plus de l'interprète, spectacle qui reprend, ajourne et enrichit un spectacle précédent inventé du 
Coro delle mondine di Novi qui avait un titre encore plus beau : « Eva toujours rebelle »...
(Dans « 
Dagli Appennini alle risaie - Des Appennins aux rizières », de Clarissa Clo, professeure associé d'Italien à l'Université de San Diego, California, USA« The Cultures of Italian Migration », par Graziella Parati et Anthony Julian Tamburri, USA, 2011)

 

La petite Gigliola s'en va à bicyclette à Bologne porter les tracts, on lui promet une poupée, mais elle répond : « Non, je veux un certificat de conspiratrice ».

 

 

 

 

Marie-Rose Gineste 
(soixante ans après sa tournée des paroisses)

 

 

 

Suite à la rafle du Vel d’Hiv, Marie-Rose Gineste* porte dans les paroisses du Tarn-et-Garonne sur sa légendaire bicyclette (aujourd’hui déposée à Yad Vashem à Jérusalem) la lettre pastorale de Monseigneur Théas* qui sera lue à la messe du 30 août 1942 : "des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères (...) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États". (http://www.ajpn.org/juste-Marie-Rose-Gineste-1261.html)

 

 

Je ne sais pas, dit Lucien l'âne en riant, si la partisane secrétaire de l'évêque de Montauban cachait les homélies de Monseigneur dans ses porte-jarretelles...

 

 

Ah, dit Marco Valdo M.I., l'évêque n'en a rien dit... Mais assurément, elle en avait des ... ressources et du courage.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Elle s'en allait à bicyclette

C'est l'estafette, c'est l'estafette

Des partisans, c'est l'estafette

 

Les messages, elle les cachait, la belle

Dans ses jarretelles, dans ses jarretelles

Et les ordres dans ses belles crolles

Pour les rebelles, pour les rebelles

De la liberté si belle.

 

Elle s'en allait à bicyclette

C'est l'estafette, c'est l'estafette

 

Des partisans, c'est l'estafette

LA BELLE PARTISANE
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Marco Valdo M.I.
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:03

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours

 

 

 

Canzone française – Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 102

An de Grass 09

 

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Walter  Rütt ( vers 1909)

 

 

 

 

 

Et voici, pure coïncidence, que se termine en même temps que l'année, le cycle – c'est le cas de le dire – des Histoires d'Allemagne. Il aura fallu trois ans pour y arriver. Comme tu le vois, ce n'est pas une mince affaire, c'est carrément une course de fond, un peu comme l’histoire que raconte le narrateur inconnu, dont on ne sait jamais trop bien qui il est, ni quand il parle, ni d'où il parle. Cette fois, on sait cependant qu'il s'agit d'un gars qui habituellement travaille dans un hôpital berlinois ; sans doute, un infirmier ou un préparateur et qui assiste un médecin – sans doute du même hôpital – au service médical des Six Jours de Berlin en 1909. Il déclare qu'il pense avoir été choisi plus pour ses compétences cyclistes supposées – il vient au travail à vélo et se passionne pour la petite reine que pour ses capacités en matière médicale.

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, vois-tu Marco Valdo M.I. mon ami, comme âne, et même si on me considère parfois comme l'ancêtre du vélo et que les Chinois, dit-on, désignent le vélo sous le nom assez explicite d' « âne que l'on tient par les oreilles et que l'on bourre de coups de pied pour qu'il avance », je ne peux faire du vélo. À la rigueur, de mes quatre pattes, je pourrais faire du tandem. Cependant, une chose est sûre (chose sûre cycliste...), je n'ai jamais été admis dans une course cycliste et pourtant, en quelque sorte par proximité de destin, je m'intéresse au vélo. Du reste, tu le sais, pour moi comme pour Térence, rien de ce qui est humain ne me demeure étranger. Il le disait en latin : « humani nihil a me alienum puto ». J'attends donc avec le plus grand intérêt la suite de ton histoire.

 

 

Donc, je disais que le narrateur inconnu assiste en tant qu'assistant du Docteur Willner aux premiers Six Jours de Berlin en 1909. Mais sais-tu ce que sont les Six jours ?

 

 

Je pense bien, dit Lucien l'âne en redressant les oreilles subitement et verticalement. Je pense bien que je le sais... Enfin, je crois. Les Six jours sont en fait une course cycliste qui dure six jours d'affilée, nuit et jour, dans un lieu clos – généralement, un vélodrome. C'est donc une course sur une piste d'environ 400 m sur laquelle comme les danseurs d'On achève bien les chevaux [http://www.youtube.com/watch?v=nMoGmOCaI3s], les coureurs tournent, tournent jusqu'à la nausée. Il y en a qui tombent, d'autres sont malades... Bref, un service médical s'impose.

 

 

C'est bien cela. On a d'ailleurs imposé une limite de douze heures par jour par personne... D'où les équipes de deux et parfois, trois coureurs. Mais ces Six jours de Berlin sont un peu particuliers et les détails méritent d'être contés. D'abord, ce sont les premiers organisés sur le continent européen et particularité plus étrange ou saugrenue, comme tu voudras, c'est qu'ils se déroulèrent dans un jardin zoologique.

 

 

Ha, ha, dit Lucien l'âne en ricanant, le symbole est excellent... Dans un parc zoologique... Des hommes qui tournent comme des ânes, c'est un juste retour de la manivelle ou de la pédale, c'est selon... car rappelle-toi, nous les ânes, du moins, certains d'entre nous, on nous fait tourner sempiternellement pour pousser la noria ou le moulin à grains.

 

 

Il y a de ça, d'ailleurs, dit Marco Valdo M.I. On fait se combattre ces nouveaux gladiateurs, ces nouveaux esclaves pour les mêmes raisons que celles qui présidèrent à Rome à ce qu'on nommait « Panem et circenses ». Et comme à Rome, sous les yeux de l'Empereur – représenté ici dans la loge impériale par son fils, le Kronprinz Oskar. Cependant, je n'en ai pas encore terminé avec les particularités de ces Six Jours de Berlin. Figure-toi qu'un des organisateurs, mais aussi un des meilleurs coureurs de Six jours de l'époque, Walter Rütt – il avait gagné notamment les Six Jours de New-York en 1907 et en 1909 et menait une carrière de cycliste professionnel entre l'Australie et les USA, n'a pas pu concourir alors même qu'il était Allemand.

 

 

C'est surprenant ; à t'entendre, c'était la meilleure chance pour qu'un Allemand remporte ces premiers Six Jours de Berlin... et en plus, tu dis qu'il était un des organisateurs...

 

 

Certes et sans doute même, est-il le concepteur de ces Six Jours à Berlin, ville où il mourra cinquante-cinq ans plus tard. Bref, il ne pourra pas les courir ces fameux Six Jours et justement car il était Allemand... Allemand et exilé, il était considéré par la toute puissante armée prussienne, comme un déserteur. C'est ainsi que la paire étazunienne James Henri 'Jim' Moran et Floyd McFarland l'emporta.

 

 

Un déserteur ?

 

 

Oui, un déserteur, mais pas à la manière de celui de Boris Vian [[1]]... Walter Rütt était plutôt un déserteur administratif... D'ailleurs, lors de la Guerre de 1914, alors qu'il vivait à Newark dans le New Jersey..., il rentra dès octobre en Allemagne et participa activement à la guerre, comme le révèle un article du journal étazunien The Day du 4 octobre 1914 intitulé "Cyclist Walter Rutt Fighting For Kaiser ".

 

 

Pour finir, laisse-moi te dire combien j'aime ta façon de rappeler les comptines enfantines à ta rescousse et de les faire danser ironie et légèreté pour donner un air de chansonnette à tes histoires... Cela dit, reprenons notre tâche et tissons le linceul de cette société où les sports comme tout le reste ne sont qu'affaires, argent, arrangements divers où finalement s'installe la gangrène et où ils ne sont que miroirs aux alouettes et servent à masquer d'autres ambitions impériales, impérialistes, conquérantes, militaires, commerciales de ce vieux monde cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

C'était l'année de la mort

De Géronimo et de la Mogador

À Berlin, au Vélodrome d'Hiver

J'assistais le Docteur Willner

Pour les Six jours, invention américaine

Par équipes de deux durant une semaine

Une première chez nous, cette course dans un zoo

Cet immense marathon à vélo.

Pour voir ça, ils venaient de partout

Pour voir ça, il y avait un monde fou

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours

On fait des tours, on fait des tours

Un, deux, trois, quatre, cinq, six , sept

On fait des tours à bicyclette

Ainsi font, font, font

Les joyeux coureurs de fond

Ainsi font, font, font

Dix mille tours et puis s'en vont

 

À New-York, Rütt deux fois avait gagné

C'était le meilleur, sans discuter

C'est sûr... Rütt devait gagner, sauf erreur

En duo avec Johnny Stol le Hollandais

S'il était venu, c'est sûr, Walter l'emportait

Mais, les militaires n'aiment pas les déserteurs,

On est à Berlin, faudrait pas oublier qui commande

Un déserteur ne peut pas porter les couleurs allemandes

Les généraux n'ont pas voulu de ce déshonneur

Ils ont interdit Walter, le déserteur

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours

On fait des tours, on fait des tours

Un, deux, trois, quatre, cinq, six , sept

On fait des tours à bicyclette

Ainsi font, font, font

Les joyeux coureurs de fond

Ainsi font, font, font

Dix mille tours et puis s'en vont

 

Au son des marches militaires à répétition

Des fanfares et des flonflons

Sur la piste peinte en vert, les concurrents suaient

Dans la galerie, les jeunes gens se bousculaient

Dans les tribunes, les messieurs paradaient

Dans les loges, les dames en chapeaux minaudaient

De sa loge, Sa Majesté Impériale

A dû , quel scandale !

Aux Six jours de Berlin,

Saluer le triomphe des Américains

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours

On fait des tours, on fait des tours

Un, deux, trois, quatre, cinq, six , sept

On fait des tours à bicyclette

Ainsi font, font, font

Les joyeux coureurs de fond

Ainsi font, font, font

Dix mille tours et puis s'en vont

 

L’année d'après, en cycliste souverain

Aux mêmes Six jours de Berlin,

Rütt, avec Stol le Hollandais

Une première fois l'emportait

Et puis une fois en onze, et puis, deux fois en douze

Quand enfin le Reich et ses militaires

Eurent définitivement perdu la guerre

Et que Sa Majesté se fut éclipsée en douce

En mil neuf cent vingt-cinq encore.

Et Walter Rütt entra dans la légende des sports.

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours

On fait des tours, on fait des tours

Un, deux, trois, quatre, cinq, six , sept

On fait des tours à bicyclette

Ainsi font, font, font

Les joyeux coureurs de fond

Ainsi font, font, font

 

Dix mille tours et puis s'en vont...

Un, deux, trois, quatre, cinq, six jours
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Marco Valdo M.I.
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 20:54

L'ARMÉE DES MORTS

 

Version française – L'ARMÉE DES MORTS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – L'esercito dei morti – La bottega di musica e parole – 2009

 

 

 

 

 

 

Enfant soldat 

(http://www.radio-canada.ca/emissions/plus_on_est_de_fous_plus_on_lit/2012-2013/chronique.asp?idChronique=273302)

 

 

Crisse dans le vent froid du matin

Le hurlement étranglé d'un gamin
Fils de la rage et de l'éternelle lutte
D'un pays otage et la bombe éclate

 

Kamikaze enrôlé dans l'armée des morts
Avec son cœur qui scande ses derniers efforts
Il se lance sur la foule innocente brusquement
Sa haine explose, s'enflamment les gens

 

Et brûle la liberté…

 

Crisse dans le vent chaud du soir
Le chant mélancolique de la femme noire
Mère de trop d'enfants à choyer
Nés pour aimer, dans la haine empêtrés

 

Kamikazes enrôlés dans l'armée des morts
Ils mettent mat le roi de l'Occident
Leurs bombes mangent les tours du Nord
Les esclaves s'insurgent soudainement

Et brûle la liberté…

 

 

L'ARMÉE DES MORTS
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Marco Valdo M.I.
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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:51

MOI EN PERSONNE

 

 

 

 

 

 

Moi en personne

 

 

 

 

 

 

 

Version française – MOI EN PERSONNE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Io come personna – Giorgio Gaber – 1992

Paroles de Giorgio Gaber e Sandro Luporini
Musique de Giorgio Gaber

 

 

En ces temps de résignation et de décadence
Serpente la peur cachée de l'indifférence.
En ces temps si chaotiques et si corrompus
Tout peut se passer d'un jour à l'autre .
En ces temps exaspérés et saugrenus
Circule tant et tant d'information qu'à la fin
On ne sait plus rien.

 

En ces temps terribles partout dans le monde.

 

En ces temps où le mythe occidental
Lors même qu'il l'emporte se trouve dans le désarroi le plus total.
En ces temps qui sont peut-être pires qu'une guerre
Où les engins nucléaires doucement envahissent la terre.
En ces temps où les personnes par millions
Se massacrent entre elles
Sans qu'on en perçoive la raison.

 

Moi personnellement
Moi personnellement
Moi personnellement, complètement hors de la scène
Moi comme femme ou moi comme homme
Qui ne reçoit plus aucune demande
Moi qui ne comprends pas
Qui ne peux ni évaluer ni croire
Moi qui observe le tout
Avec le soupçon de ne choisir jamais, de ne choisir jamais, de ne choisir jamais…

 

En ces temps toujours plus hostiles aux étrangers
Face à l'Empire, tous les peuples vont quémandant
En ces temps stériles et affairés
Monte menaçant le soleil rouge de l'orient.
En ces temps sans idéaux ni utopie
L'unique salut est une honorable folie.

 

En ces temps terribles partout dans le monde.

 

En ces temps où tout est domination
Où toute décision passe par dessus nos têtes.
En ces temps où notre contribution
Notre vraie faute est seulement un vote.
En ces temps qui ne laissent pas de sortie
Où le destin ou quelqu'un a en mains nos vies…

 

Moi personnellement, moi personnellement
Moi avec mes sentiments
Avec mes buts presque jamais atteints
Moi avec ma foi qui se disperse en routes infinies
Moi, avec l'effarement d'assister, étourdi et éteint,
Moi, confus et vide et résigné à ne me ranger jamais
À ne me ranger jamais, à ne me ranger jamais

 

[parlé :] En ces temps terribles, doucement doucement on s'éloigne du monde, mais avec effort, sans arrogance, comme un homme vaincu qui réussit à vivre seulement en se réfugiant dans son petit monde. Mais le salut personnel ne suffit à personne. Et la défaite est vraiment d'avoir encore envie de faire quelque chose et de savoir avec clarté qu'on ne peut rien faire.
C'est là qu'on meurt, hors et en nous. On est comme un individu inoffensif, sans jugements et sans idées. Et si on ne nous arrête pas le cœur , c'est parce que le cœur n'a jamais eu la prétention de penser. On est comme un individu appauvri et transporté au terminus, un individu toujours plus égaré et plus impuissant, un homme au bout du monde, aux frontières du plus rien.

 

Mais je suis là, je suis là
Moi personnellement je suis là, moi personnellement je suis encore là
Moi avec mes sentiments je suis là, moi avec mes sentiments je suis encore là
Moi avec ma rage je suis là, moi avec ma rage je suis encore là
Moi avec mon envie de changer je suis là, moi avec mon envie de changer je suis encore là.

 

Je suis là, je suis là
Moi personnellement je suis là, moi personnellement je suis encore là
Moi avec mes forces je suis là, moi avec mes forces je suis encore là
Moi avec ma confiance, moi avec ma confiance encore là
Moi, femme ou homme, je suis là, moi, femme ou homme, je suis encore là.

 

Je suis là, je suis là
Moi personnellement je suis là, moi personnellement je suis là
Moi personnellement je suis là, moi personnellement je suis là, je suis là, je suis là.

 

 
MOI EN PERSONNE
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Marco Valdo M.I.
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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:25

PAIN, JUSTICE ET LIBERTÉ

 

 

Version française – PAIN, JUSTICE ET LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Pane, giustizia e libertà – Massimo Priviero – 2006

 

 

Nuto Revelli 1944

 

 

 

 

Le garçon marchait dans la neige et le vent
La route était ce brouillard sombre et à cent à l'heure, tombaient  les soldats
Lieutenant des Alpins, chef de mulets et de paysans,
De cent fous invétérés, en janvier 1943

 

Le garçon respirait, avec la neige au coeur

Avec la neige aux yeux et le vent enfonçait sa douleur
Il disait, si je retourne jamais chez moi, si je rentre entier
Maintenant j'ai compris sur qui je devrai tirer, vraiment tirer

 

Annina, Annina, si tu penses encore à moi
Annina, Annina, si tu peux m'entendre
Je voudrais jeter ces loques
Et sur l'herbe du courtil, faire l'amour avec toi
Tu le sais, chaque jour je pense à qui vivra
Qui de nous nous se sauvera
Qui de nous demain combattra
Pour pain, justice et liberté,
Pour pain, justice et liberté.

 

Le garçon revint, sans cadeaux accrochés à la poitrine
Ils lui dirent : « N'en parle pas, ils ne vous croiront pas »
Nuto prit son fusil, le sentier le long du fleuve
Et avec lui les emporta, à la fin de l'été 1943

 

Annina, Annina, je suis dans la montagne
Et mon Piémont devra m'écouter
Tu sais, maintenant je mène ma bande
Je tire à la face de celui qui nous envoya crever
Je le fais pour ces enfants,
Pour ces mulets et les paysans
Et tant qu'il sera là, je le ferai
Pain, justice et liberté,
Pain, justice et liberté.

 

Et vint encore avril, quand les Langhe sont une fleur
Nuto retourna chez lui et enterra dans le bois son fusil
Maintenant les routes étaient pleines et les sourires étaient clairs
Le garçon but à sa vie et dit « maintenant la guerre est vraiment finie »

 

Annina, Annina, un jour j'écrirai
Pour ne pas fermer les yeux, pour ne pas oublier
Annina, Annina, je serai la voix
De celui qui n'a rien, même pas une croix
Et je tournerai dans mes vallées
Tant que ma force se maintiendra
Et je le ferai tant qu'il y sera
Pain, justice et liberté,
Pain, justice et liberté.

 

 

Le garçon marchait, où les Langhe sont une fleur
Le soleil se couchait doucement pour le soldat et l'écrivain,
Pour le soldat et l'écrivain.

PAIN, JUSTICE ET LIBERTÉ
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Marco Valdo M.I.
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 15:09

Rappaport au rapport !

 

 

 

Canzone française – Rappaport au rapport ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 101

An de Grass 07

 

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

La naissance de la musique

La Charmeuse de Serpents - Henri Rousseau - 1907

 

 

 

 

 

Mon cher ami Lucien l'âne, tu me vois tout réjoui... Car, imagine-toi que je te présente aujourd'hui la cent et unième de mes Histoires d'Allemagne et comme je te l'ai peut-être déjà dit, il y en aura en tout cent et deux. Autant dire que je vais bientôt terminer la série que j'avais commencée il y a trois ans. Et bien évidemment, ce n'est pas vraiment fini, car il me faudra maintenant revoir l'ensemble et l'ordonner de façon cohérente et le présenter dans le bon sens ; ce qui prendra encore des mois.

 

 

Mon cher ami Marco Valdo M.I., je suis bien content pour toi que tu arrives ainsi à la fin de cette geste assez contemporaine. Je suis très content et en même temps, je me demande ce que tu vas bien pouvoir faire ensuite.

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, je suis dans les mêmes dispositions d'esprit et j'appréhende assez cette sensation de vide soudain qui s'annonce au terme d'une pareille série. Mais je l'ai déjà connu ce moment d'incertitude et j'imagine que comme les autres fois, la solution viendra d'elle-même... sans que je sache trop d'où.

 

 

Cela dit, si tu me parlais de la canzone, de cette avant-dernière histoire d'Allemagne, car je ne sais toujours pas de quoi elle cause, ni même qui cause...

 

 

Ah, je vois que tu as bien perçu le mécanisme de ces histoires d'Allemagne, qui chacune est présentée par un témoin, un narrateur, lequel est parfois Günter Grass lui-même et la plupart du temps, un narrateur différent dont il nous faut en quelque sorte deviner ou découvrir l'identité. Parfois, comme ici, ainsi que tu vas pouvoir t'en rendre compte, ce narrateur est un parfait inconnu et le reste. En fait, malgré mes recherches, tout ce que je peux t'en dire est – primo – qu'il se nomme Rappaport et – deuzio – qu'il était employé de la D.G.G. ; en clair, de la Deutsche Grammophon Gesellschaft et qu'il devait y occuper le poste de responsable commercial, poste assez stratégique dans une société dont le but était de développer un commerce de « gramophones » et de disques. Et comme on l'a su depuis, une entreprise aux ambitions mondiales. Enfin, cette histoire de Rappaport raconte le passage d'une société où la musique, l'opéra et même, la chanson étaient des événements éphémères à une société où le son enregistré a submergé jusqu'aux derniers replis la vie quotidienne de (quasiment) tout un chacun. Sans son enregistré – en gros sans le disque, par exemple – pas de radio, pas de cinéma, pas de télévision... Et enseignement majeur de cette histoire, c'est que sans les efforts de Rappaport (ou de tout autre personnage du même acabit)... je n'arrive pas à imaginer ce que serait actuellement le monde.

 

 

Sûr qu'il n'y aurait même pas les Chansons contre la Guerre (C.C.G.), s'esclaffe Lucien l'âne.

 

 

Nipper et le gramophone

peinture de Francis Barraud - 1898

 

 

En effet. Deux mots encore à propos d’Émile Berliner et de ses ambitieuses entreprises... Je signale que si la DGG est son œuvre, il faut savoir qu'il est aussi le fondateur de HMV – « His Master's Voice » (La Voix de son Maître), si célèbre également grâce à son chien Nipper écoutant le gramophone, portraituré par le peintre Francis Barraud, un tableau de 1898. Pour en revenir à « Rappaport au rapport ! », une de ses missions principales fut de constituer le catalogue ; certes, il y avait le disque et le gramophone, mais à quoi pouvait-il bien servir, de quoi allait-on nourrir ce nouvel ogre musical et sonore; alors il fallut tout inventer et en quelque sorte, imposer au public et dès lors, sa mission fut aussi d'aller à la pêche aux artistes chantants. Il le fit avec un grand succès ; à titre d'exemples, dans la chanson, il cite : Melba : Nellie Melba [http://www.youtube.com/watch?v=VGd7c4McSUc], une femme à voix ;

 

Nellie Melba




 Fédor Chaliapine [https://www.youtube.com/watch?v=b3nOBw2UlkI], un homme à voix de basse ; Enrico Caruso [https://www.youtube.com/watch?v=t936rzOt3Zc], un autre chanteur à voix, un ténor, cette fois ; et plus rare encore, Alessandro Moreschi, l'Angelo di Roma [https://www.youtube.com/watch?v=KLjvfqnD0ws], sans doute le dernier des castrats et le seul « enregistré »...

 

 

Fédor Chaliapine en Don Quichotte

 

 

 

Ah, la voix humaine... C'est vrai qu'elle séduit...

 

 

Ainsi, je vois que « Rappaport au rapport ! » et sa petite Histoire d'Allemagne t'ont intéressé...

 

 

Certes et il est en effet heureux que malgré tout, malgré les sordides histoires d’argent, d'intérêt, de bénéfices... qu'on peut deviner derrière ces belles inventions de l’humaine nation, envers et contre les financiers âpres et coureurs de richesses, les Berliners ensemble (Émile et Joseph) avec l'aide de « Rappaport au rapport ! » ont donné cette nouvelle dimension au monde ; ont pu contrer (au moins partiellement) l'éphémère, qui était la destinée éternelle de la voix, de la musique et du son. Cela dit, retournons à notre tâche qui est de tisser le linceul de ce monde plein de bruit et de fureur et insignifiant, argenté, embanqué et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

« Rappaport, au rapport ! »

Inventer l'industrie musicale,

Une aventure grandiose et pas banale

« Rappaport, au rapport ! »

 

C'était l'année du premier camp

Où vingt garçons dans le vent

Sur Brownsea Island, en Angleterre

Apprenaient la paix d'un ancien militaire

 

Moi, je m'appelle Rappaport

Eux, mes patrons, les deux Berliner

Émile et Joseph s'y connaissaient en affaires

Ils disaient : « Rappaport, au rapport ! »

 

Depuis vingt ans, ils faisaient des disques

Et les gramophones pour les écouter ces disques

Au début, Émile lui-même racontait et chantait

Et il n'y a pas à dire, ça marchait.

 

Émile avait d'abord inventé le microphone

Ensuite, il inventa le disque et le gramophone.

Faut dire qu'Émile l'aîné des Berliners

A imaginé et développé toute l'affaire.

 

On a commencé la musique un peu plus tard

C'était un peu monotone toutes ces fanfares

Vite, on en a sorti des millions de ces galettes noires

De l'atelier de la Celler Chaussée à Hanovre

 

Mais voilà, soudain, le berceau de la D.G.G a brûlé

Malgré tout, on s'en est bien tiré

Et puis, je le disais déjà à la ronde,

Avec le gramophone et le disque, on réinventait le monde

 

Les Berliners ensemble ont dit : « Rappaport, au rapport ! »

Il nous faut des chanteuses, des basses, des ténors

J'ai enlevé de haute lutte, la « grande » Melba.

Une charmeuse de serpents, cette femme-là

 

Et les hommes ? « Rappaport, au rapport ! »

Fédor la basse, Enrico le ténor

Et Sandro, le dernier castrat

Tels furent mes plus beaux exploits.

 

« Rappaport, au rapport ! »

Inventer l'industrie musicale,

Une aventure grandiose et pas banale

 

« Rappaport, au rapport ! »

Rappaport au rapport !
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Marco Valdo M.I.
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 18:08

TERRE LIBRE (LA FORCE)

 

 

 

Version française – TERRE LIBRE (LA FORCE) – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Libera terra (La forza) – Massimo Priviero – 2013

Album : Ali di libertà

 

 

 

Dans les rues ensoleillées de cette ville

Il y a un homme

 

 

 

Dans les rues ensoleillées de cette ville
Il y a un homme qui demande qui pourra se sauver
Il dit « J'ai donné tous les jours de ma vie
Pour des temps meilleurs, pas pour cette folie », dit-il

 

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

 

Et dans la lumière qui brille quand tu appelles
Il te regarde et puis te dit dis-moi maintenant comme jamais
J'ai perdu mon futur et je ne sais plus où je suis
Anéanti par l'économie et ses bandits

 

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

 

Et dans les soirs du monde quand tombent
Les générations perdues qui ne croient plus
Ils disent « Mieux vaut se tirer d'ici en vitesse
Et ensemble demain résister»

 

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

 

Sous les étoiles tombées dans tes yeux
Dans le manège qui tourne, chacun fait ses comptes
Il y a celui qui tombe debout et qui te demande pourquoi
Celui qui appelle ton nom et tu ne sais jamais qui c'est

 

Dans les rues ensoleillées de cette ville
Il y a un homme qui demande qui pourra se sauver
Il me dit « Donne la voix à qui n'a pas de voix
Pour libérer la terre, libérer

 

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

 

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

TERRE LIBRE (LA FORCE)
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Marco Valdo M.I.
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