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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 09:37

NOUVEL HUMANISME

 

 

Version française – NOUVEL HUMANISME – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Nuovo Umanesimo – Eugenio Finardi – 2012

 

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=44132

 

 

Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

 

 

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en tournant la tête, avec un pareil titre, on dirait une chanson philosophique...

 

Et c'en est une, dit Marco Valdo M.I. Je peux te le dire, car je viens de la traduire. Je peux même ajouter qu'elle devrait en quelque sorte te ravir, car elle sonne comme un « mea culpa » prononcé au nom de l'espèce humaine.

 

 

En effet, dit Lucien l'âne, d'un certain point de vue, il y a de quoi. Mais c'est de la myopie... Peux-tu d'abord un peu préciser ou détailler ce qu'elle met en avant et ce qu'elle invoque pour ce « mea culpa » spécifique.

 

 

Je résume, dit Marco Valdo M.I., pour le reste, tu iras toi-même voir les détails. Elle parle, cette canzone, au nom de l'espèce, elle la décrit violente – l'espèce de Caïn, destructrice (de sa propre terre), dépendante (de ses passions et de ses drogues), peureuse face à la liberté...

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., tout cela est sans doute exact, mais, et c'était le sens de ma remarque sur sa myopie, c'est qu'il y a au cœur de toute cette réflexion comme une confusion et elle est de taille. Si toutes ces caractéristiques sont exactes, elles ne concernent pas toute l'espèce... Souviens-toi de la Guerre de Cent Mille Ans, on ne saurait mettre dans le même panier – peu importe s'il agit de personnes ou de groupes, on ne peut mettre dans le même sac les assassins et les victimes, les destructeurs et ceux qui luttent pour préserver la planète, les dépendants et les insoumis, les fanatiques autoritaires et les libertaires... Ce mélange des genres fait perdre de vue la réalité, noie le poisson et en finale, empêche toute solution au mal qui est dénoncé.

 

 

En somme, on se lamente sur le destin commun, sans en désigner les antagonistes et sans voir qu'il pourrait être différent selon comment on agira – action qui elle-même découle des événements et des déterminismes de cet antagonisme. Ce que tu suggères, c'est que l'espèce n'est pas tout entière celle des singes violents, destructeurs, fanatiques, autoritaires, et pour tenir compte de la Guerre de Cent Mille Ans, exploiteurs, oppresseurs, avides, mercantiles...

 

 

Et c'est même une minorité, même si elle entraîne de gré ou de force, par l'appât du gain ou par la chicotte, une grande partie de ses congénères. L'espèce humaine n'est pas uniforme... Elle est au minimum duale – les riches et leurs affidés d'un côté, les pauvres de l'autre. Les riches avec leur main invisible, leur « combat pour la vie » (struggle for life), leur confusion, leur propagande ont intérêt à faire croire que l'homme est unidimensionnel, qu'il est naturellement intéressé, qu'il est naturellement conquérant, dominateur, vil, avide, malhonnête... Alors que tout dans l'Histoire et la préhistoire prouve le contraire. Sans la solidarité, sans des relations pacifiques, pacifiées et pacificatrices et non intéressées, sans un sens commun de ce qui est correct et de ce qui ne l'est pas, sans des comportements débarrassés d'ambition, d'avidité, de domination, de supériorité, d'appartenance... il n'y aurait plus eu d'espèce humaine depuis très longtemps.

 

 

Cependant, Lucien l'âne mon ami, je t'assure que la canzone est critique vis-à-vis de monde des riches ; elle rêvait d'un autre monde, elle aspire à un autre monde...

 

 

C'est bien pour ça que j'ai parlé de myopie... En deux mots, ce qui pose problème, c'est l'unanimisme de l'humanisme ... Cela dit, elle est très bien, cette chanson. Mais j'arrête là, car il nous faut reprendre notre tâche qui consiste, comme tu le sais très bien, à tisser le linceul de ce vieux monde destructeur, dominateur, mercantile, avide et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Il faut un nouvel humanisme maintenant
Car nous sommes les violents
Nous sommes les singes assassins
L'espèce de Caïn

 

Pleins de nobles motivations, en somme
Mais quel animal est donc l'homme ?
Il détruit et continue à aimer
L'unique terre qu'il peut habiter.

 

Animal aux instincts troubles
Pris pour des sentiments
Auxquels nous sommes obéissants
Nous, les ombres évanescentes.

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

Il faut un nouvel humanisme maintenant

Car nous sommes si dépendants
De nos lieux communs, de nos substances
De nos geôliers
Nous voulons être esclave ou dominer
Mais ça ne fait aucune différence

Par peur de penser et d'être libres
Nous nous soûlons de ridicule gloire
Nous ne voyons même plus l'histoire.

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

 

Où sont les voyages vers les étoiles
Et la justice sociale
Et les élans vers l'Utopie
Du bien-être intégral
Et les machines à soulager la vie
Que le travail ne devait plus voler ?
Le Soleil de l'Avenir est déjà levé
Et il brûle à faire mal

 

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à rêver

Non, ce n'est pas le futur
Ce n'est pas le futur
Le futur dont j'ai rêvé

Quand j'avais un futur à chanter.

NOUVEL HUMANISME
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Marco Valdo M.I.
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 16:05

1969 – Carmen et la Lune

 

Canzone française – Carmen et la Lune – Marco Valdo M.I. – 2012

Histoires d'Allemagne 70

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et j'ai connu l'amour.

 

 

 

 

 

Voici donc, mon ami Lucien l'âne, une nouvelle Histoire d'Allemagne, celle de l'année 1969. Et voici, une nouvelle narratrice, elle s'appelle Carmen et cette année-là, elle fréquentait du haut de ses deux ou trois ans la crèche des étudiantes mères célibataires de Bochum. Par parenthèse, le combat pour des crèches est toujours d'actualité... et en Allemagne, plus encore depuis la disparition de la République Démocratique... Et afin que nul n'en ignore, cette très jeune personne se présente dès le début de la canzone : « Moi, Carmen l'indomptable... »

 

 

Ça promet, dit Lucien l'âne secoué par un rire quelque peu explosif. Elle ne manque pas d'air, si tu veux mon avis.

 

 

Cette Carmen est une personne fort pétillante et assez fière d'elle-même. Et elle ne manque pas d'air... Tu ne pouvais mieux dire. En effet, elle n'hésite pas un instant à s'assimiler à la célèbre Carmen de Bizet [[http://www.youtube.com/watch?v=djsuP0uta7s]], dont elle nous chante sans atermoiement les deux airs les plus connus. C'est sa carte de visite en quelque sorte. Et quelle présentation de soi-même : « Si je t'aime, prends garde à toi... ». Elle raconte la crèche de son enfance et les événements qu'une enfant a pu retenir de ces temps lointains. Je te les résume : la mort de Jan Palach, les deux astronautes sur la Lune, l'élection de Willy Brandt comme chancelier et les péripéties de la vie dans son monde de la crèche... Ces péripéties d'enfants montrent d'ailleurs la différence d'approche entre les « prolos » et les étudiants. Question cruciale à cette époque où les étudiants, du moins, une partie d'entre eux, tentaient de se fondre dans le monde ouvrier...

 

 

À mon sens d'âne, elle le reste. Il va de soi que cela ne peut concerner qu'une frange des étudiants et par extension, la frange des ex-étudiants, diplômés ou non, devenus « manœuvres intellectuels » – autrement dit, ceux qui ne renient pas leur révolte et sont rétifs aux sirènes des riches. Ceux qui gardent en leur tête et en leur cœur notre sentence : Ora e sempre : Resistenza ! Ce sont ceux-là qui ont choisi le camp des pauvres dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leur puissance, de multiplier leurs profits, d'étendre leurs propriétés, d'imposer le travail obligatoire, de voler la vie des pauvres gens. Je ne sais trop combien ils sont, mais ils ont tout du tisserand, du canut qui tisse jour après jour, comme nous entendons le faire, le linceul de ce vieux monde ennuyeux, plein de vide, insupportable, chaotique et cacochyme (

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable

L'époque est folle et tout est difficile

Sans mentir, le monde est vraiment insupportable

Dis-donc Carmen, de quoi s'agit-il ?

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et je connais l'amour.

Et quand on parle de Carmen

On entend toujours cette rengaine :

« L'amour est enfant de Bohême,

Il n'a jamais, jamais connu de loi,

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,

Si je t'aime, prends garde à toi ! »

Ou encore

« Toréador, en garde !

Toréador ! Toréador !

Et songe bien, oui, songe en combattant

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend,

Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

 

En 1969, dit Carmen, hélas...

L'année avait mal commencé

À Prague, sur la place Wenceslas,

Jan Palach par le feu s'était immolé

 

J'étais encore à la crèche des étudiantes

Une vraie crèche de la fin des années soixante

Autogestion, assemblées, ça discutait

Maman n'était pas étudiante, elle nettoyait

 

À Bochum, notre crèche dans des bureaux

Finalement, c'était plutôt rigolo

Au début, y avait les enfants d'étudiantes célibataires

Et plus tard, sont venus les enfants de prolétaires

 

Nous les prolos, on a foutu le bordel, à peine arrivés

Avec leurs méthodes, ils n'arrivaient pas à nous calmer

Nous les mômes, on voulait tout et rien partager

Les poupées, les jouets, on voulait tout garder.

 

À l'été, moi et les autres, scotchés à la télé

On zyeutait les hommes sur la Lune

Avec leurs étranges costumes

Et leur drôle de drapeau étoilé.

 

On a dessiné tout ça : par terre, sur les murs

Après, ma mère a tout nettoyé...

Et puis, aux élections, c'est sûr

C'est son Willy qui a gagné

 

Croyez-moi ou ne me croyez pas

Après tant de temps, j'en rêve encore moi

De la crèche des étudiantes

De la fin des années soixante.

 

Je suis Carmen, née dans la Ruhr

Je suis Carmen et j'ai connu l'amour.

Et quand on parle de Carmen

On entend toujours cette rengaine :

« L'amour est enfant de Bohême,

Il n'a jamais, jamais connu de loi,

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,

Si je t'aime, prends garde à toi ! »

Ou encore

« Toréador, en garde !

Toréador ! Toréador !

Et songe bien, oui, songe en combattant

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend,

Toréador, l'amour, l'amour t'attend ! »

 

Dis-donc Carmen de quoi s'agit-il ?

L'époque est folle et tout est difficile

Sans mentir, ce monde est vraiment insupportable

Je te le dis, moi, Carmen l'indomptable.

1969 – Carmen et la Lune
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Marco Valdo M.I.
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 15:57

MONOLOGUE DE LA VALISE

 

 

 

 

 

Ça ne doit pas être facile pour un aveugle,

De me retrouver dans ce tas de valises

 

 

Version française – MONOLOGUE DE LA VALISE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande – Ein Koffer spricht – Ilse Weber – 1944

 

Une poésie d'Ilse Weber mise en musique par Bente Kahan, une interprète norvégienne de musique juive.
Sur le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti dans les années suivantes en allemand et en anglais.

 

 

Je viens de Francfort-sur-le-Main, je suis une valise
Et je cherche mon homme, où peut-il être seulement ?
Il porte une étoile ; il est âgé et aveugle
Il me traitait bien, comme si j'étais son enfant.

 

Il m'a souvent appelée son amie de voyage,
Je sens encore sa main soigneuse.
Je suis de fibre vulcanisée, on peut encore le lire,
Et avant, j'étais propre et claire.

 

J'ai accompagné mon homme bon an mal an,
Cette fois-ci aussi. Mais il est seul maintenant .
Il est âgé et aveugle, où est-il passé ?
Et pourquoi me l'a-t-on enlevé ?

 

Pourquoi suis-je restée dans cette cour de caserne ?
Son nom est quand même écrit sur ma robe.
Maintenant, ma serrure ne tient plus, je suis sale,
On m'a pillée, je suis quasiment vide.

 

Il reste juste un mouchoir, un bol
Et son service en plomb pour aveugle.
Tout a disparu, les médicaments, le pain.
Il a besoin de moi, il me cherche, c'est certain.

 

Ça ne doit pas être facile pour un aveugle,
De me retrouver dans ce tas de valises

Je comprends difficilement aussi,
Pourquoi on nous laisse inutilement ici.

 

 

Je suis une valise, je viens de Francfort-sur-le-Main,
Et je cherche mon homme, il est si seul ce matin.

MONOLOGUE DE LA VALISE
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Marco Valdo M.I.
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:29

LETTRE À MON ENFANT

 

 

 

Version française - LETTRE À MON ENFANT – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande - Brief an mein Kind – Ilse Weber – 1944.

 

Paroles d'Ilse Weber (1903 – 1944), écrivaine tchécoslovaque de religion juive

Musique de Dariusz Świnoga et de Bente Kahan, interprète norvégien de musique juive.
Dans le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti dans les années suivantes aussi en allemand et en anglais.

 

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46663

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ilse Herlinger Weber était une poétesse et écrivaine d'origine tchèque et de religion juive.
À Prague, où elle vivait, elle écrivit de nombreux récits pour l'enfance et réalisa de nombreux programmes radiophoniques pour les enfants. Après l'occupation nazie, en 1939, elle réussit à sauver son aîné Hanuš en l'envoyant en Suède par un « kindertransport » . Ensuite, elle, son mari et le plus jeune des enfants furent enfermés dans le ghetto de Prague et ensuite, internés au camp de Theresienstadt. Là, où furent déportés de très nombreux enfants, Ilse Weber fut infirmière dans le département enfants de l'infirmerie locale. Durant cette période, pour atténuer les peines des petits, elle composa de nombreuses poésies qu'elle improvisait en chansons en les accompagnant à la guitare. En octobre 1944, son mari Willi fut choisi pour le transfert à Auschwitz et Ilse demanda à le suivre. Elle et son fils Tommy furent tués dès leur arrivée. Willi survécut et put ensuite embrasser son fils Hanuš.

 

Cette lettre d'Ilse Weber à son fils Hanuš ne fut jamais expédiée, bloquée de la censure nazie. Elle fut délivrée après la guerre à une écrivaine suédoise, Amelie Posse, par une femme, Margarete Waern, survivante du camp de concentration de Ravensbrück. Amelie Posse traduisit la poésie en suédois et elle la fit publier dans un quotidien. Ce fut ainsi que le fils Hanuš put finalement lire la lettre que sa mère lui avait écrite six ans auparavant.

 

 

 

 

Mon cher garçon, il y a aujourd'hui trois ans
Tu es parti tout seul dans le monde.
Je te vois encore là à la gare de Prague,
Timide et contrit, du compartiment,
Penchant tes boucles châtain vers moi
Et implorant : garde-moi près de toi !

Que nous t'ayons fait partir, t'a semblé bien dur
Petit et tendre, tu avais huit ans à peine .
Et quand sans toi, nous sommes rentrés à la maison,
Là, j'ai cru que mon cœur allait se briser
Et malgré tout, je suis heureuse, tu n'es pas ici.

La femme étrangère, qui t'a protégé,
Ira au ciel sûrement .
Je la bénis à chaque instant
Et tu ne l'aimeras jamais assez.

C'est devenu si pénible autour de nous,
On nous a tout enlevé, il ne nous reste plus rien
Notre maison, notre pays, pas même un coin,
De ce que nous aimons, même pas un petit bout .

Jusqu'à ton petit train et son chemin de fer
Et le petit cheval à bascule de ton frère …
On ne nous a même pas laissé nos noms :
Comme le bétail marqué, par les ruelles nous allons
Des numéros autour du cou. Je n'aurais pas à m'en faire,
Si j'étais dans la même maison que ton père !

Le petit aussi ne peut pas rester avec sa mère…
Dans la vie, je n'ai jamais été si seule.
Tu es encore petit, et tu le comprends à peine…
On est tellement dans la même pièce.

Couchés corps contre corps, on ressent la douleur
Et la solitude aussi est pleine de douleur.

Mon garçon, comment tu vas, comment tu apprends ?
Personne ne chante plus pour t'endormir maintenant .
Parfois la nuit, il me semble que tu es là,
Je te sens à côté de moi.

Pense, si nous nous revoyons une fois
Alors, nous ne comprendrons pas mutuellement
En Suède, tu auras désappris depuis longtemps ton allemand
Et moi je ne peux même pas parler suédois.
Ce ne sera-t-il pas comique ? Ah, si cela était déjà,
Alors, j'aurais un grand fils tout d'une fois…

Joues-tu encore avec des soldats de plomb ?
Moi j'habite dans une vraie caserne,
Avec des chambres décrépites et des murs immondes
Le soleil, on le devine entre le feuillage et les arbres.
Ici, je suis infirmière chez les enfants
Et les aider et les rassurer, c'est réconfortant

La nuit, parfois près d'eux, je veille
La petite lampe n'éclaire quasiment pas.
Je suis assise et je veille leur sommeil,
Pour moi, chaque enfant est un morceau de « toi » .
Ma pensée s'envole alors jusqu'à toi
Je suis heureuse un instant, mais toi, tu n'es pas là.

 

Et je souffrirais volontiers mille tourments,
Pour payer ainsi un bonheur d'enfant…
Il est tard et moi je vais aller dormir .
Ah, te revoir seulement un instant !
Mais je ne peux qu'écrire
Pleine de nostalgie, des mots restants.

LETTRE À MON ENFANT
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:04

PETITE BERCEUSE

 

 

 

Version française – PETITE BERCEUSE – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson tchèque de langue allemande – Kleines Wiegenlied – Ilse Weber (1903-1944).

 

 

Ilse , Tom, Hanus, Willy... Avant l'Apocalypse

 

 

La nuit rampe noire et silencieuse dans le ghetto,
Dors, mon enfant, et oublie tout ça.

 

Blottis bien ta petite tête dans mon bras,
Près de maman, on dort bien au chaud.
Dors, il peut se passer bien des choses, en une nuit
En une nuit, tout le chagrin peut s'en aller.
Mon enfant, un jour, tu verras, à peine éveillé,
La paix revenue dans la nuit.

PETITE BERCEUSE
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 17:59

APPEL D'UN CONVOI

 

Version française – APPEL D'UN CONVOI – Marco Valdo .M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande – Ein Transport wird einberufen – Ilse Weber – 1944

 

Paroles de Ilse Weber (1903-1944).
Musique de Michaela Sehrbrock et Marion Steingötter de l’Opernchor de Essen.

 

 

 

Ce n'est qu'un hasard, si nous sommes restés, 

Sera-ce notre tour demain ?

 

 

 

 

 

La peur, la douleur mais aussi l'embarras et l'indifférence et le sentiment de soulagement pour l'avoir échappé belle encore une fois… ce devait être terrible, une avalanche de terreur et de mort, qui prenait les prisonniers amassés dans le champ de Theresienstadt en attente de la déportation vers l'extermination, et Ilse Weber la décrit terriblement dans sa poésie…
Elle la toucha elle aussi, probablement le 1er octobre 1944, à son départ avec des milliers d'autres vers la Pologne, vers la mort… Durant ce mois d'octobre, il y eut plus de 14.000 Juifs transférés de Theresienstadt à Auschwitz… Ce furent les derniers convois ; fin octobre, le camp-ghetto fut liquidé…

 

 

 

Cinq mille partent demain
Un convoi gigantesque pour la Pologne .
Amis, voyageurs, cinq mille personnes,
Qui avec nous souffrent, comme nous sans rien.
On se dit : « Longue vie ».

Et on veut seulement que ce tourment soit fini.

 

 

 

Il ne reste aucun bon sentiment,
Quand on est poussé dans l'incertain.
Ils emballent leurs paquets avec des mines fermées,
Entre eux et nous, le gouffre est déjà béant
Ce n'est qu'un hasard, si nous sommes restés,
Sera-ce notre tour demain ?

 

 

 

Qu'est-ce qui nous tient ici à nous lamenter et nous plaindre?
Est-ce la patrie, à laquelle on s'accroche ?
L'étranger est hostile, froid et détestable,
Nous ne pouvons regarder dans les yeux l'ami
S'il admet et comprend qu'il est probable ,
Qu'on reste ici, quand il part lui ?

 

 

 

 

Alors, il va dans l'autre rang,
Et on reste là, racrapotés dans notre honte.
Non, nous ne sommes pas nobles, nous ne sommes pas grands,
Nous n'en sortons pas de toutes ces affaires
Le train des partants s'est à peine éloigné,
Et nous sommes déjà prêts à oublier.

APPEL D'UN CONVOI
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Marco Valdo M.I.
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 20:07

L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES

 

Version française – L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson tchèque de langue allemande – Die Kartoffelschälerin – Ilse Weber – 1942/1944

 

 

Un poème d'Ilse Weber mis en musique par Bente Kahan, interprète norvégien de musique juive.
Dans le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti les années suivantes en allemand et en anglais.

 

 

Les pelures s'animent et s'enroulent

Et deviennent des serpents sifflants
Méduse -Arnold Böcklin (1878)

 

 

 

 

 

J'épluche des patates, tout le jour,
Avec cent autres femmes.
Assise dans l'obscure baraque
Dès le point du jour.

 

Je suis assise et je n'entends rien
De ce que disent les femmes.
Mes pensées sont tellement loin,
Quand mes mains épluchent.

 

Mes pensées sont en peine
Pour ma fille, disparue en Pologne.
Les autres peuvent encore être gaies
Et plaisanter et rire à la dérobée.

 

Les bruns tubercules roulent
Et dans les paniers s'accumulent
À Dachau mon fils a été emmené
Pourquoi Dieu le laisse-t-il crever ?

 

Les heures après les heures passent,
Et mes mains à vif sont dures.
À l'hôpital, du typhus, mon petit-fils trépasse,
Pourquoi faut-il que ma vie dure ?

 

Patates, patates, les jours entiers
Éplucher, toujours éplucher
Elles roulent jusque dans mes rêves,
Et me tourmentent la nuit encore .

 

Les pelures s'animent et s'enroulent
Et deviennent des serpents sifflants,
Elles me poursuivent et m'encerclent,
Et de moi s'emparent impitoyablement.

 

Et revoici un nouveau jour
Et me voici, assise au point du jour
Dans l'obscure baraque, aux pluches
Avec cent autres femmes.

L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES
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Marco Valdo M.I.
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 12:28

QUAND ON VEUT COMMENCER

 

Version française – QUAND ON VEUT COMMENCER – Marco Valdo M.I. – 2011
Chanson italienne – Quando stai per cominciare – Eugenio Finardi – 1975

 

 

 

 

L'entrée dans la vie adulte

 

 

 

 

 

 

Regarde, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson qui parle du début dans la vie... Mais, comme il est dit, elle date un peu... Elle est de 1975...

 

 

Et alors ?, demande l'âne Lucien, ébahi...

 

 

Et alors ? Mais, Lucien l'âne mon ami, il y a qu'elle parle du service militaire obligatoire.

 

 

Oui, certes, mais encore ?, dit l'âne Lucien, en ouvrant des yeux de plus en plus grands, à se demander où il va les chercher.

 

 

Du moins, à première vue. Mais, regarde bien le titre, il dit « Quand on veut commencer »... C'est l'entrée dans la vie adulte... Et si elle n'était pas drôle et si elle était proprement écrasante du temps d'Eugenio Finardi en raison de cette école de dressage qu'était le « service militaire », elle l'est toujours autant aujourd'hui... À vingt ans … Souviens-toi de Nizan, lui c'était dans les années Trente du siècle dernier... Dans Aden Arabie et c'en est même l'incipit, la première phrase, Paul Nizan disait : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. ». Par parenthèse, Nizan fut assassiné deux fois : une première fois d'une balle explosive dans la nuque...

 

 

Par qui ?, demande Lucien l'âne. Et puis, comment a-t-il pu être assassiné une deuxième fois ? Et toujours, par qui ?

 

 

Oh, pour le premier assassinat, on n'a jamais pu ou voulu retrouver le tueur. C'était à Dunkerque en 1940. On n'a même pas essayé de déterminer la provenance de la balle... ou l'enquête a été étouffée... Faut dire qu'il y avait tellement de morts dans ce coin-là à ce moment là. Quant au deuxième assassinat, là, on sait...

 

 

Mais enfin, dit l'âne Lucien complètement ahuri par le tour du propos... On ne peut quand même pas assassiner un mort...

 

 

Si. Si, Lucien l'âne mon ami, et je vais te dire comment... en le vilipendant et c'est ce qu'ont fait les communistes français, notamment certain écrivain, dont je tairai le nom et s'il n'y avait eu l'ami de Nizan, un certain Jean-Paul Sartre, l'affaire en serait resté là. Nizan aurait pour toujours été un traître... Mais il y avait Sartre qui avait un peu le goût de la vérité et n’acceptait ni l'injustice, ni la diffamation.. Et voici ce qu'en disait Sartre dans sa préface à Aden Arabie, livre qu'il avait réussi à faire rééditer par un petit éditeur-libraire indépendant François Maspero...

 

 

Ah, les livres publiés par Maspero... dit Lucien l'âne le visage tout ébloui... Ce fut un grand moment de l'édition française...

 

 

Donc, Sartre disait dans la préface à propos de Nizan et du P.C.F.« C'était la faute inexpiable, ce péché de désespérance que le Dieu des chrétiens punit par la damnation. Les communistes ne croient pas à l'Enfer : ils croient au néant. L'anéantissement de Nizan fut décidé. Une balle explosive l'avait, entre tant, frappé derrière la nuque, mais cette liquidation ne satisfit personne : il ne suffisait pas qu'il eût cessé de vivre, il fallait qu'il n'eût pas du tout existé. On persuada les témoins de sa vie qu'ils ne l'avaient pas connu pour de vrai : c'était un traître, un vendu. ». (http://www.ina.fr/video/2820212001) Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, c'est à ça aussi que peuvent servir les Chansons contre la Guerre à faire luire – même cinquante ans, même septante ans après, l'étincelle de la vérité. Crois-moi, tant que je serai là, je ne laisserai pas Nizan dans le néant. C'était une plume d'acier, il m'a appris à écrire. Précisément, lors de mon entrée dans la vie. Et puis, Paul Nizan fit la même chose, que nous faisons à son égard – le faire revivre, avec ses « Matérialistes de l'Antiquité », un livre qui sauvait Épicure (surtout Épicure et Lucrèce) du néant où le christianisme avait voulu les engloutir sous une marée de mensonges et d'absurdités.

 

 

Cela dit, la chanson de Finardi ?

 

 

C'est une chanson comme celles des Histoires d'Allemagne ; elle est en quelque sorte dite par un narrateur, par un protagoniste. Cette chanson, c'est un « jeune qui parle aux jeunes », comme au temps de Radio Londres : « Un Français parlait aux Français »... Cela dit, Lucien l'âne mon ami, je n'ai pas arrêté d'en parler de cette chanson. Cependant, je n'en ai pas fini. Car si, comme je te l'ai dit, il n'y a plus de « service militaire » pour marquer l'entrée dans la vie des jeunes (en l'occurrence, mâles), il y a les contrats d'intérim ou les contrats précaires pour les jeunes (mâles et femelles), quand ce n'est pas un long temps de chômage ou le néant, la galère... Voilà le nouveau service qui est censé initier les jeunes... de les édifier. En fait, il s'agit pour l'essentiel de les dresser, ces garnements...

 

 

C'est édifiant, cette édification... dit Lucien l'âne d'une voix pleine d'ironique tension. En fait, on en est toujours à la caserne ; en fait, Paul Nizan avait raison quand il disait : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » et j'ajouterais en regardant ce qui se passe : trente ans, quarante ans... Quel que soit l'âge, c'est du pareil au même... Dans le monde actuel, dans ce « hic et nunc » (Ici et maintenant), dans ce système – car c'est un système régi par la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, tous les jours, partout et à chaque instant, afin de les asservir, de les édifier, de les dresser et d'assurer ainsi leur pouvoir, de maintenir l'exploitation, de développer leurs richesses et d'accroître leur domination – dans ce système, il s'agit que rien ne soit jamais remis en cause, que tout toujours demeure... dans la demeure du Père, dans le monde éternel. Voilà pourquoi, Marco Valdo M.I., il nous faut reprendre notre tâche à chaque instant et tisser le linceul de ce vieux monde hiérarchisé, inique, dominateur, dresseur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

À vingt ans, ça étonne
De n'être plus un enfant
Et d'être presque un homme

Mais devant soi, on a du temps
Pour faire ce qui est important
Et finalement
Se réaliser
Mais quand on veut commencer
Ils nous appellent à l'armée
Oh, non !
Oh, non !

 

 

Là, ils nous ôtent tous nos droits
On peut juste se tenir droit
Et obtempérer
Là, ils disent que le devoir
C'est de respecter
Ceux qui ont le pouvoir
Et si par hasard, on n'apprend pas
Il y a toujours les prisons à soldats
Oh, moi non !
Oh, non ! Moi non !

QUAND ON VEUT COMMENCER
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Marco Valdo M.I.
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 15:48

On va se marier

 

 

Chanson de langue française – On va se marier – Marco Valdo M.I. – 2014

Parodie d'une chanson de Léo Ferré – Ils ont voté (1967) -[[7413]]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, voici une chanson composée dans l'urgence et qui répond à un objectif précis : mettre en cause la chape de plomb catholique qui pèse sur nous tous Européens (et bien au-delà) et qui dans bien des pays, encage les gens et entrave leurs libertés les plus personnelles. Ce combat, je le mène (avec toi, avec d'autres) à partir de la Belgique où je réside. Nous le menons au travers d'une association dont je t'ai déjà parlé et qui s'appelle ALBI – Action laïque belgo-italienne, dont le but est de soutenir et défendre les personnes résidant en Italie et les associations qui en Italie, sont en butte aux rétorsions catholiques, qui comme tu le sais, sont nombreuses et persistantes.

 

Cette association m'a adressé ce jour un message en quatre langues que je te montre :

 

LIBERI DI AMARE. Des gays italiens se marient à Bruxelles

Mario et Giovanni s’aiment et vivent ensemble à Milan depuis 12 ans. Comme de nombreux couples de même sexe italiens, ils veulent se marier, mais l’Italie ne leur reconnaît pas ce droit.

En Belgique, le mariage entre personnes de même sexe est admis depuis le 1er juin 2003, à l’issue d’un long combat de la communauté LGBTQI. De 2004 à 2012, 19.463 mariages de personnes de même sexe ont été célébrés en Belgique !

Le 15 février 2014 à 12h30, Mario et Giovanni et deux autres couples s’uniront symboliquement pour revendiquer l’égalité des droits pour les personnes de même sexe en Italie. Les mariages seront célébrés en téléconférence par Olivier Deleuze, Bourgmestre de Watermael-Boitsfort, à la Salle Bauer de la Società Umanitaria (Via Daverio 7 à Milan), et à la Maison Arc-en-ciel, rue du Marché au Charbon 42, à 1000 Bruxelles.

Venez soutenir nos amis Italiens dans ce combat en nous rejoignant ce jour-là à la MAC !

Cette action est une initiative de l’association Certi Diritti www.certidiritti.it en Italie, et d'ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) en Belgique.

 

LIBERI DI AMARE. Omosessuali italiani si sposano a Bruxelles

Mario e Giovanni si amano e vivono insieme a Milano da 12 anni. Come molte altre coppie italiane dello stesso sesso vorrebbero sposarsi, ma l'Italia non riconosce loro questo diritto.

In Belgio, a seguito di una lunga lotta della comunità LGBTQI, il matrimonio tra persone dello stesso sesso è riconosciuto dal 1 giugno 2003. Dal 2004 al 2012 sono stati celebrati 19.463 matrimoni!

Il 15 febbraio 2014 alle 12.30, Mario e Giovanni e due altre coppie si uniranno simbolicamente per rivendicare l'uguaglianza dei diritti per le persone dello stesso sesso in Italia. I matrimoni saranno celebrati in teleconferenza da Olivier Deleuze, sindaco di Watermael-Boitsfort (Bruxelles), alla sala Bauer della Società Umanitaria ( Via Daverio 7 a Milano), e alla Maison Arc-en-ciel, rue du Marché au Charbon 42, a 1000 Bruxelles.

Vi aspettiamo il 15 febbraio alla MAC per sostenere i nostri amici italiani in questa lotta.

Questa azione è un'iniziativa dell'associazione Certi Diritti (www.certidiritti.it) in Italia, e di ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in Belgio.

 

LIBERI DI AMARE. Italiaanse homo's trouwen in Brussel

Mario en Giovanni houden van elkaar en leven reeds 12 jaar samen in Milaan. Net als vele andere Italiaanse koppels van hetzelfde geslacht willen ze graag trouwen, maar in Italië wordt dit recht niet erkend.

In België wordt het huwelijk tussen personen van hetzelfde geslacht erkend sinds 1 juni 2003, als gevolg van een lange strijd van de LGBTQI gemeenschap. Tussen 2004 en 2012 werden maar liefst 19.463 huwelijken gesloten!

Op 15 februari 2014 om 12u30 zullen Mario en Giovanni en twee andere koppels symbolisch trouwen om gelijke rechten voor koppels van hetzelfde geslacht in Italië te eisen. De huwelijken zullen via teleconferentie voltrokken worden door Olivier Deleuze, burgemeester van Watermaal-Bosvoorde, in de zaal Bauer van de Società Umanitaria (Via Daverio 7, Milaan), en in het Rainbow House, Kolenmarkt 42, 1000 Brussel.

Kom die dag naar het Rainbow House om samen onze Italiaanse vrienden te steunen!

Deze actie is een initiatief van de vereniging Certi diritti www.certidiritti.it in Italië, en van ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in België.

 

LIBERI DI AMARE. Italian gays marry in Brussels

Mario and Giovanni love each other and live together in Milan since 12 years. As many other Italian same-sex couples they would like to marry, but Italy doesn't recognize this right.

After a long struggle of the LGBTQI community, the same-sex marriage became legal in Belgium the 1st June 2003. Between 2004 and 2012 were celebrated 19.463 marriages!

15 February 2014 12.30, Mario and Giovanni and two other couples will marry symbolically to claim equal rights for same-sex peoples in Italy. The marriages will be celebrated via teleconference by Olivier Deleuze, Major of Watermael-Boitsfort (Brussels), at the Bauer hall of the Società Umanitaria, (Via Daverio 7, Milan), and at the Rainbow House, rue du Marché au Charbon 42, 1000 Brussels.

We hope to see you that day at the Rainbow House to support the struggle of our Italian friends.

This action is promoted by the association Certi Diritti (www.certidiritti.it) in Italy, and by ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in Belgium.

 

 

 

 

Comme à ce moment, je terminais de relire la chanson de Léo Ferré « Ils ont voté », il m'est venu à l'esprit d'en faire une parodie – au sens premier, c'est-à-dire dans son sens le plus ancien, son sens d'origine : « Texte composé pour être chanté sur une musique connue ». Cette parodie a pour but de raconter ce qui est dit dans l'annonce ci-dessus et d'en montrer certaines dimensions plus étendues. Comme tu peux le voir, il s'agit d'homosexuels qui souhaitent se marier, ce qui est légitime – dès le moment que l'on considère le mariage comme une forme d'union librement consentie. Ce type de mariage est d'ailleurs légal et très courant ici, dans ce petit pays pourtant très conservateur. Ces deux hommes Mario et Giovanni, qui vivent depuis douze ans ensemble, se voient refuser ce mariage dans leur propre pays et ont donc demandé l'asile symbolique en Belgique et cela leur a été accordé. Le mariage et deux autres similaires seront célébrés par un bourgmestre belge à Bruxelles ; ce sera même un mariage électronique... les mariés étant toujours en Italie. Un mariage célébré par la grâce de la télématique...

 

 

Ce sont là les mystères de la modernité... Ça nous changera de la grâce divine ou de la grâce du Saint-esprit... dit Lucien l'âne en riant à belles dents. Mais, ajoute-t-il, dis-moi deux trois mots sur la chanson elle-même. Que raconte-t-elle ?

 

 

C'est simple. En fait, je l'ai conçue comme si c'était un des futurs mariés qui annonce à sa « mamma-maman » qu'il va se marier avec un homme. Alors, il faut déjà bien se dire que la « mamma-maman » est peut-être sa mère biologique, mais aussi certainement l'Italie et sa belle-mère ou son aïeule est forcément l'ÉCAR – Église Catholique Apostolique et Romaine ; je précise, l'ÉCAR, car des Églises, il y en a beaucoup et des bien différentes. Il faut aussi comprendre que cet homme qui épouse un homme pourrait être une femme qui épouse une femme... Pour moi, c'est complètement égal ; en somme, ce sont leurs oignons. Comme on dit par ici, ils feront leurs lits comme ils se coucheront. Cet homme ou cette femme explique à sa « mamma-maman », qu'en raison de l'intolérance qui règne dans son pays, il a demandé et obtenu l'asile symbolique en Belgique et que le mariage aura lieu là...

 

 

Mais enfin, je ne te savais pas partisan du mariage..., dit Lucien l'âne qui ouvre de très grands yeux pensifs...

 

 

Mais mon ami Lucien l'âne, ce n'est pas seulement du mariage dont il est question, mais de la liberté de se marier ou non et plus généralement, de la liberté de disposer de soi-même et de ses actes, de la liberté de disposer de son corps, de sa vie... et fondamentalement, de la liberté tout court. De sa liberté à cet homme, de leur liberté à ces hommes, de ta liberté, de ma liberté... Bref, de la liberté de chacun de nous. C'est un combat global qu'il nous faut mener contre toutes les forces d'oppression qu'elles soient politiques, militaires ou religieuses. Je te rappelle notre devise : « Ne jamais se soumettre », ce qu'on pourrait traduire en italien par « Non mollare », qui fut un journal clandestin antifasciste publié en 1925, immédiatement interdit et dont les fondateurs les frères Rosselli furent assassinés par les fascistes. [http://it.wikipedia.org/wiki/Non_Mollare]

 

 

Alors, allons-y défendons ce mariage, c'est une manière comme une autre de tisser le linceul de ce vieux monde clérical, bigot, cagot, haineux, étouffant, oppressant, objecteur, mortifère et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Avec le Christ sur le dos
Depuis le temps de Benito
En Italie, si on n'est pas catho
On ne vaut pas le moindre euro
Voilà ton fils, mamma, maman,

Il va se marier maintenant
C'est épatant, il s'émancipe
Il va épouser un autre type

 

On va se marier... et puis, après?

 

Certains ont la mémoire hystérique
Et les souvenirs castrés
Normal, ils sont catholiques
Ils veulent tout sanctifier
Et vous voudriez qu'ils acceptent
Sans discussion et sans hurler
Qu'à leurs commandements qu'on débecte
On oppose la liberté.

 

On va se marier... et puis, après ?

 

Au Vatican, à Rome, le long du Tibre
On ne peut être des gens libres
Des femmes, des hommes ensemble
Des êtres humains vivant en couple.
Dans ce pays, à la télé

On peut voir agiter leurs ailes
Ces pathétiques demoiselles
Avec leurs charmes dévoilés

 

On va se marier... et puis, après ?

 

Maintenant, on ne veut plus se taire
Nous on veut s'aimer debout

On ne cache plus nos goûts

Comprenez-le pères et mères

C'est absurde et dramatique
Il nous faut aller à l'étranger

Demander asile à la Belgique

Pour pouvoir nous marier

Le jour de gloire est arrivé !

 

 

 

 

CI SI SPOSERÀ… E POI, DOPO ?

 

Version italienne – 2014

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46672

 

Con il Cristo alle spalle
dai tempi di Benito
In Italia, se non sei cattolico
non vali neanche mezzo euro
Ecco tuo figlio, mamma mamma
Ora si sposerà
E' magnifico, si è emancipato
e sposerà un altro ragazzo

Ci si sposerà... e poi dopo?

C'è chi ha la memoria isterica
e le idee castrate
Normale, sono cattolici
Tutto vogliono santificare
E vorreste che accettassero
senza discussioni e senza urla
che ai loro ordini esecrabili
si opponga la libertà.

Ci si sposerà... e poi, dopo ?

Al Vaticano, a Roma, lungo il Tevere
non si può essere persone libere
Donne, uomini insieme
esserei umani che vivono in coppia.
In questo paese, alla tivù
Si possono vedere agitare le ali
Queste patetiche signorine
con le loro grazie svelate

Ci si sposerà... e poi, dopo ?

Ora non vogliamo più tacere
Vogliamo amarci alla luce del sole
non nascondiamo più i nostri gusti
Cercate di capirlo, padri e madri
è assurdo e drammatico
ci tocca andare all'estero
domandare asilo al Belgio
per poterci sposare.

 


Il giorno di gloria è arrivato !

On va se marier
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Marco Valdo M.I.
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 18:14

On n'est pas des saints

 

 

 

Chanson française – On n'est pas des saints – Léo Ferré – 1967

 

 

 

 

Ces gens-là ont mis la croix partout, jusque sur le dos des ânes

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je te l'avais annoncée et en quelque sorte, promise, celle-ci.

 

 

 

 

Je n'avais pas oublié, mon ami Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne en souriant de son piano à mastiquer le son, et je me préparais à te rappeler ta promesse, car placer une nouvelle chanson de Léo Ferré dans les Chansons contre la Guerre, c'est un grand moment à chaque fois. Et puis, une chanson avec un pareil titre... « On n'est pas des saints »... Ça change du sirupeux évangélique dont on bassine nos jours et nos nuits. Jusqu'à la nausée... Imagine que ces gens-là, les mêmes que chantait Jacques Brel (Chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur, on prie...) ont réussi à mettre des croix partout, jusque sur le dos des ânes... C'est tout dire. Laisse-moi te révéler une image qui me vient à l'esprit : le Vatican avec son Église, c'est un boa autour du cou de l'Europe... Il l'étouffe... La seule question sérieuse est comment desserrer cette étreinte mortelle, qu'ils ont mis plus d'un millénaire à disséminer et à insérer partout... Alors, cette chanson,vue ainsi, c'est une chanson qui sonne comme un étendard, comme un chant des gueux que nous sommes...

 

 

 

 

Donc, comme tu le vois, moi non plus, je n'avais pas oublié et tu as parfaitement interprété le sens profond de ce chant de révolte. « On n'est pas des saints ! », c'est en effet un peu, une paraphrase de notre « Noi, non siamo cristiani... » – Nous, nous ne sommes pas des chrétiens... Nous, les descendants de Cro-Magnon, comme on le disait naguère dans une autre chanson :

 

 

« Mais au milieu de toutes vos historiques prétentions,
Que faites-vous de notre ancêtre Cro-Magon ?
Qui aux temps de la préhistoire,
Sans crucifix, sans religion,
Sans en faire toute une histoire
vivait déjà dans nos régions. » [[38759]],


nous les mécréants qui existions bien avant que des esprits malsains inventent l'image tutélaire de Dieu, cet instrument précieux pour assurer la domination que les riches imposent par mille moyens aux pauvres. C'est ce que disait le bon curé Meslier, qui en connaissait un bout sur la question, vu sa profession. [[5393]]

 

 

 

 

Bref, Marco Valdo M.I., mon ami, cette Église et cette religion, comme toutes les religions du reste, c'est un instrument, une mise en scène , tout un cinéma afin de tromper le pauvre peuple et le berner, une machine de propagande du système pour mener les pauvres comme un troupeau... C'est la Propaganda Abteilung des riches dans la Guerre de cent Mille Ans. Ah, les bons pasteurs, fidèles servants des abattoirs... Ah, ce discours évangélique à l'usage des bénis... Ma, noi, non siamo cristiani... Et nous menons tranquillement notre petit bonhomme de chemin, tissant le linceul de ce vieux monde crédule, croyant, religieux, déiste, clérical et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

On n'est pas des saints
Pour la béatitude
On n'a que Cinzano
Pauvres orphelins
On prie par habitude
Pour notre Pernod

 

Monsieur le curé
Se signe quand on passe
Comme s'il voyait
Le diable dans sa glace
Nous, on n' a rien dit
On n'est pas d'ici

 

Des boîtes à chansons
Que l'on nourrit d'oseille
Et d'accordéon
Et puis le patron
Qui montre sa bouteille
Pour des picaillons

 

Des clients par-ci
Qui arrosent leur peine
Des clients par-là
Qui boivent leur quinzaine
En zinc ou en bois
Au comptoir, on boit

 

On a le bras long
Le long de demoiselles
Qu'on met sur le dos
On fleurit le long
Le long de leurs dentelles
Qui font le gros lot

 

On se lève tard
Au soleil des caresses
Vers midi moins le quart
Juste après la grand-messe
On tire comme on peut
Le diable par la queue

 

Quand le beaujolais
Au Café du Commerce
Vide ses coteaux
Qu'on soit beau ou laid
Le soleil vous transperce
Comme un fin couteau

 

Si tu vis longtemps
C'est pas de Vichy-fraise
Mais d'un différent
Avec le Père Lachaise
Dans le zinc ou dans le bois
Un mort, ça boit pas !

 

On n'est pas des loups
Mais dans la bergerie
On file où ? Lonlaine
Pauvres manitous
On manie tout ce qui brille
Tout passe à la semaine

 

On est des chrétiens
Mais faut pas nous la faire
Sacré nom d'un tien
Vaut mieux que t'auras la paire
Chacun ses ennuis
On n'est pas d'ici

 

Ah ! Le joli son
Qui monte des bouteilles
Sonnant du bouchon
Comme un vieux clairon
Sur le champ des merveilles
Sonne du canon

 

C'est vers les midis
Que se gagnent les guerres
Quand on introduit
Le caporal Sancerre
Dans notre paradis
Qui n'est pas d'ici

 

Quand on sera des saints
On foutra tout, lonlaire
Ici, là ou là
On sera tous copains
Et dans le ministère
On fera la java, tiens !

 

Monsieur le curé
Entre deux vobiscums
Ira se rhabiller
À la façon des hommes
C'est ce qu'on lui dira
Quand on radinera

Quand on radinera.

On n'est pas des saints
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Marco Valdo M.I.
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