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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 21:32

BERLIN

 

Version française – BERLIN – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Berlin – Wolf Biermann – 1965

 

 

 

Ton ciel est si gris-bleu

Où pend ma lyre.

 

 

 

 

 

Berlin, toi l'allemande femme allemande ,
Je suis ton prétendant au mariage,
Ah, tes mains ont tant de rugueux
De froid et de feu.

 

Ah, tes hanches sont aussi étroites
Que tes rues étroites,
Ah, tes baisers sont si légers,
Je ne pourrai jamais te laisser.

 

Je ne peux plus m'éloigner de toi,
À l'Ouest, le mur
À l'Est, mes amis sont là,
Et le vent du Nord est très dur

 

Berlin, toi blonde femme blonde,
Je suis ton prétendant le plus paisible,

Ton ciel est si gris-bleu

Où pend ma lyre.

BERLIN
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Marco Valdo M.I.
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 18:54

ALLEMAGNE :

 

UN CONTE D'HIVER

 

Version française – ALLEMAGNE : UN CONTE D'HIVER – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson allemande – Deutschland: Ein Wintermärchen – Wolf Biermann – 1967/1968
Texte et musique: Wolf Biermann
Album: Chausseestraße 131

 

 

 

 

Sous le décembre allemand coulait la Sprée

 

 

 

 

 

 

Chausseestraße 131 a été le premier album enregistré de Wolf Biermann et a une histoire légendaire : puisque Biermann était banni dans la DDR (République Démocratique Allemande), et donc avait reçu l'interdiction officielle de publier ses chansons, enregistrées dans un studio improvisé dans son appartement. Avec l'aide de quelques amis et de sa mère, il avait réussi à se procurer des appareillages dont un microphone de haute qualité et un enregistreur de studio importé en contrebande de l'Allemagne occidentale, de façon à pouvoir enregistrer ses chansons. L'histoire rapporte même que le microphone était même de qualité trop bonne. Et tellement sensible que pendant que Biermann enregistrait, il captait aussi les bruits de la rue, les automobiles qui passaient et, parfois, même le chant des oiseaux. Après quelques tentatives d'éliminer ces bruits de fond, sans succès, Biermann décida de faire de nécessité vertu et enregistra les chansons comme elles venaient, avec tous les bruits ; et ce fut un coup de génie, vu que le procédé rendait parfaitement les conditions particulières dans lesquelles l'album avait été enregistré, le confinement domestique et la clandestinité totale de l'artiste. La « spontanéité » totale de tout cela n'a pas cessé de montrer son efficience à 45 ans de distance : Chausseestraße 131, peut-on dire, est né déjà album historique, même au-delà de la valeur des textes (la musique a, comme on peut s'y attendre, une valeur secondaire, presque de simple fond comme les bruits de rue). On pourrait le définir comme un album pour mots, bruits et voix : la voix rauque et sale de Biermann. Il s'agit même d'un témoignage précis d'un fait : même en étant officiellement banni et exilé chez lui, Biermann n'était pas du tout coupé des événements qu'il réussissait à suivre et chanter avec précision. Chausseestraße 131, bien au-delà « des évolutions » de l'homme et de l'artiste Wolf Biermann au travers du temps, a passé l'examen du temps et reste un chef-d'oeuvre absolu de la chanson d'auteur, pas seulement allemande ; un album qui eut une grande influence dans toute Europe (et son année de publication, 1968, dit tout). L'album commence en criant Die hab'ich satt ! (« J'en ai marre ! » ), chanson écrite quelques années avant, en 1963. La chanson s'adresse à tous les types de personnes faibles et lâches qui soutiennent un système injuste : les « femmes qui me caressent froides » , les « faux amis qui me flattent et qui attendent des autres du courage tandis qu'eux se tiennent à carreau », la « tribu de bureaucrates qui se mettent à danser avec zèle sur le dos des gens », les « enseignants, fléau des jeunes », les « poètes qui se masturbent à poéter sur la patrie perdue », et ainsi de suite. Il s'agit d'un des commentaires des plus originaux et les plus durs sur l'Allemagne de l'Est des années 60 ; mais aux temps de la contestation, elle fut prise pour une protestation à valeur universelle, chose entièrement naturelle. Das Barlach-Lied (« la chanson de Barlach ») décrit la déception qui attend chaque artiste non-conformiste sous tout régime oppressif ; il s'agit d'une chanson poétique qui illustre de la figure du sculpteur Ernst Barlach, persécuté par les nazis, pour établir une comparaison avec le présent. La veine ironique et sarcastique de Biermann devient féroce dans les trois morceaux suivants : dans « Deutschland : Ein Wintermärchen » (« Allemagne : un conte d'hiver »), un texte qui fait référence directe au poème d'Heinrich Heine, Biermann appelle l'Allemagne le « gras cul du monde » (joue de mots sur l'expression Arsch der Welt, à la lettre « cul du monde » mais qui, comme l'expression italienne (ou française) « dans le cul du monde », signifie loin de tout, au milieu de nulle part), et Berlin son « trou divisé avec des poils de barbelé ».

 

Dans la « Ballade auf den Dichter François Villon » (« Ballade sur le poète François Villon »), qui coupe le récitatif, Biermann promène son alter ego sur le mur de Berlin pour embêter les Vopos. Wie eingepfercht en Kerkermauern (« Comme muré en prison ») décrit la réclusion domestique et l'exil interne à Berlin : une chanson particulièrement amère et triste. Dans la chanson suivante, Zwischenlied (« Interlude »), Biermann déclare que, malgré certaine chanson veinée de tristesse, il ne se sent pas désespéré en ces « temps beaux et émouvants » et, comme s'il voulait renforcer cette vision, Biermann chante Frühling auf dem Mont Klamott (« Printemps sur le Mont Klamott »). Il faut garder présent (à l'esprit), cependant, que ce « Mont Klamott », au milieu de Berlin, est une colline qui a été formée en amassant l'énorme quantité de décombres de la ville détruite après la II Guerre mondiale (sur la hauteur a été ensuite édifié un parc).

 

Dans le « Moritat auf Biermann es en Oma Meume en Hamburg » (« Moritat sur grand-mère Meume Biermann d'Amburgo ») [Un moritat (de mori, mortel et tat, fait) est à l'origine une sorte de complainte médiévale narrant des événements dramatiques, chantée par les ménestrels ou les cantastorie italiens].et dans le Großes Gebet der alten Kommunistin Oma Meume en Hamburg (« Oraison de grand-mère Meume, vieille communiste de Hambourg »), Biermann parle de ses racines et de comment elles l'ont influencé ; la deuxième des chansons présente l'inoubliable image de la vieille grand-mère qui prie Dieu pour qu'il fasse gagner le communisme. Le morceau final de l'album, So soll es sein - So wird es sein (« CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI ! »), est une sorte de testament de l'alors trentenaire Biermann.

 

Dans Chausseestraße 131, chez le confiné Wolf Biermann, habitaient certains collègues. Dans l'armoire, il y avait François Villon, comme l'avons déjà vu au début de cette visite du vieil appartement berlinois ; et il y avait aussi Heinrich Heine. Belle compagnie, sans doute ; c'est tellement vrai que, à la rigueur, Herr Biermann en a fait une des siennes, ou au moins une des siennes du temps où il était jeune. Rassembler dans une maison deux poètes du genre de Villon et de Heine ne doit pas être simple, et j'ai comme le soupçon que même eux ont fini, avec les automobiles qui passaient et les oiseaux qui gazouillaient, captés par le très sensible microphone de Biermann pendant qu'il enregistrait « Chausseestraße 131 », dans les « bruits de fond » - une des multiples choses pour lesquelles cet album est très célèbre. Au point que, dans ce cas spécifique, il les a faits même duetter ( faire un duo ou interagir, comme on dirait maintenant). Une de ces choses, justement qu'on ne regrette pas peu de ces années belles et émouvantes.

 

Le poème satirique Deutschland : Ein Wintermärchen de Heine date de 1844. Recevoir chez lui Heine était naturel pour le Loup (Wolf) Biermann. Comme lui, Heine était d'origine juive ; comme lui, il savait bien ce qu'était l'exil (en 1831, poussé par l'atmosphère méphitique de la Restauration en Allemagne, Heine avait émigré en France). Commelui, il connaissait la mise au ban de ses œuvres : en 1835, un décret de l'Assemblée Fédérale allemande en avait interdit la diffusion et l'impression sur tout le territoire allemand. À la fin de 1843, Heine retourna brièvement en Allemagne pour rendre visite à sa mère et à son éditeur, Julius Campe, qui était de Hambourg, tout comme Biermann. Pendant le voyage de retour en France, Heine écrivit la première mouture de ce poème, qui fut publié en 1844 par Campe et Hoffmann. La manière avec laquelle le poème de Heine élude la censure et l'interdiction de ses œuvres est, en même temps, curieuse et indicative de la totale stupidité des « autorités préposées ». Surtout car elle fut parfaitement légale ; sur la base des règlements sur la censure approuvés par la Conférence de Carlsbad de 1819, les manuscrits de plus de vingt pages étaient exclus du contrôle censorial. Donc Deutschland. Ein Wintermärchen fut régulièrement imprimé et publié avec d'autres poésies, dans un volume intitulé Neue Gedichte « Nouvelles poésies ». La plaisanterie dura peu : le 4 octobre 1844, le livre fut interdit, et tout le stock des volumes imprimés fut confisqué en Prusse. Le 12 décembre 1844, le Kaiser Frédéric Guillaume IV décréta l'arrestation de Heine. Ça se passa mieux dans autres États allemands, mais le texte fut soumis à des coupures consistantes. On comprend donc bien combien le recours à Heine et à son « Conte d'hiver » allemand fut pratiquement naturel : tellement, jusqu'à même ne pas en changer le titre. Tel quel. La même satire destructive, sans rémission, vis-à-vis de l'Allemagne et de son histoire. Le même refus de se soumettre au présent et à ses ordonnances d'obéissance. Certes, il y a pourtant quelque différence ; le texte biermannien est forcément et infiniment moins long que celui de Heine, par la force des choses. La différence fondamentale est cependant autre : tandis que le « conte » de Heine est plutôt un voyage imaginaire et métaphorique (bien que résultant d'un bref voyage réel après quinze ans d'exil en terre étrangère), la version de Biermann est un voyage terriblement réel dans une réalité où il se trouve prisonnier et confiné. En donnant le nom de « conte » à son poème, Heine déversait l'ironie de l'extérieur ; le sarcasme de Biermann est par contre contenu complètement à l'intérieur d'une réalité en laquelle il avait espéré et qui l'avait trahi.
Même parmi les rares Allemands qui ont adressé des critiques et des expressions dures à l'Allemagne, il serait difficile trouver la sévérité dont Biermann use dans son « conte » moderne. Une sévérité qui arrive à une conclusion terrible : de quelque couleur se couvre l'Allemagne, qu'elle soit brune ou rouge, l'essence est toujours la même : la pire merde transformée en or. Une continuité, en somme. Ici s'insère le « duo » avec le poète François Villon : le poème est divisé en deux parties, séparées par la chanson où Villon va asticoter les gardes du Mur de Berlin et ensuite disparaît en vomissures. [RV]

 

 

 

 

 

 

Mais qu'a donc fait l'Allemagne de ses grands écrivains, de ses grands poètes... ? Je cite au hasard Heine, Mann, Mann, Mann, Hesse, Brecht, Grass, Enzensberger, Töller, Aub, Tucholsky, Valentin, Kästner, Remarque.... Que fait-elle encore ? Qu'a-t-elle fait de Heine, par exemple ?

 

 

 

 

 

 

Ah, l'humour, l'ironie, la dérision décapante et dénonciatrice d'Heinrich Heine sont tels qu'il ne pouvait en être autrement. Heine disait certaine vérité qu'il ne fallait en aucun cas laisser transparaître... Et plus d'un siècle et demi plus tard, il continue à dévoiler certaine intention profonde, que l'on appelle ici : le « rêve d'Otto ». Je cite le « Conte en hiver » :

« alors ce n’est pas seulement l’Alsace et la Lorraine, mais la France tout entière, mais l’Europe et le monde tout entier sauvés, qui seront à nous ! Oui, le monde entier sera allemand ! J’ai souvent pensé à cette mission, à cette domination universelle de l’Allemagne, lorsque je me promenais avec mes rêves sous les sapins éternellement verts de ma patrie ... »

 

 

 

 

 

 

En effet, ça ressemble bien au « rêve d'Otto » et ça donne froid dans le dos... Il avait bien raison Heine avec sa Ballade des Tisserands de Silésie et dès lors, nous aussi, tissons le linceul de ce vieux monde mal foutu, oppressant, où la merde et l'or dur se confondent en une divine marchandise, mercantile, patriotique et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE

 

Sous le décembre allemand coulait la Sprée

D'Est en Ouest, je traversai Berlin

Nageant là sur la voie ferrée

Au-dessus du Mur, un matin.

 

Je planais léger par-dessus les barbelés

Et au-dessus des chiens dressés

Je ressentis une étrange émotion

Et aussi une amère sensation

 

Cela m'est entré dans le cœur, aigu

- mes fidèles camarades là en bas -

Tant d'eux, qui par cette même voie

Allaient à pied, furent abattus

 

Il y en a un qui lança sa jeune chair

Sur les barbelés et le champ de mines

Transpercé le seau se vida

Quand derrière la rafale hoqueta.

 

Tout le monde n'est pas bâti

Comme le Français François Villon, qui

Dans une chanson connue s'en tire

Avec des taches de vin rouge

 

 

SUITE

 

Je pensai soudain à mon cousin.

L'insolent Heinrich Heine s'en revînt un hiver

De France en sautant la frontière

Par-dessus le vénérable père Rhin.

 

Ça me fit repenser, à tout ce qui

Se passa en une bonne centaine d'années

Quand l'Allemagne glorieusement s'unit

Et à nouveau, s'est scindée

 

Et puis ? Le monde entier s'est

Entre l'Est et l'Ouest divisé

Dès lors, comme toujours - l'Allemagne

A tenu sa place.

 

Sa place de cul du monde

Très gras et très important

Dans sa fente, les poils sont de

Barbelés, on se comprend

 

Berlin, ton trou, mon vieux

Est fendu par le milieu

Voilà bien la biologie

Raillée par l'humaine ironie.

 

Et quand aux grands de ce monde

L'estomac presse et gronde

Alors, abominablement ça pète et ça pue

En Allemagne. Je vous assure.

 

Chaque partie du monde aussi a, du reste,

Sa part de la croupe allemande

Le plus gros morceau est l'Allemagne de l'Ouest

À juste titre, je vous l'accorde.

 

Ce qu'aucun alchimiste n'a accompli

- ils l'ont réussi :

De la merde allemande, c'est sûr

Ils ont fait de l'or pur

 

La RDA, ma patrie

Elle au moins est propre

Chez elle, le retour du nazisme

Est absolument impossible.

 

Nous l'avons astiqué, tous à l'unisson

Avec les brosses de Staline et si profond

Que le derrière est rouge saignant

Là où il était brun auparavant .

ALLEMAGNE :  UN CONTE D'HIVER
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Marco Valdo M.I.
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 20:05

QUAND DONC VIENDRA LA PAIX

 

 

Version française – QUAND DONC VIENDRA LA PAIX – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Wann ist denn endlich Frieden – Wolf Biermann – 1968

Texte et musique de Wolf Biermann

 

 

Wolf Biermann, "Der unbequeme Dichter" (le poète dérangeant)

photographie des archives de la Stasi - 1962




Quand donc viendra la paix finalement
En ces temps déments ?
La grande industrie d'armement
Ne produit que de grands tourments
Elle ensanglante la terre
Les peuples pleurent
Les enfants ont faim
La mort étend ses grandes mains
Ce ne sont pas les chaînes
Ce ne sont pas les bombes
Qui menacent l'homme

La menace pour les hommes

C'est l'homme

 

 

Le monde est tellement déchiré
Et au fond, il est si limité
Devrons-nous mourir
Pour voir la paix fleurir?
Saigne la terre
Pleurent les peuples
Les enfants ont faim
La mort étend ses grandes mains
Ce ne sont pas les chaînes
Ce ne sont pas les bombes
Qui menacent l'homme

 

La menace pour les hommes

C'est l'homme.

QUAND DONC VIENDRA LA PAIX
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Marco Valdo M.I.
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 14:15

TOMBES

 

Version française – TOMBES – Marco Valdo M.I. – 2014

 

Chanson allemande - Gräber – Wolf Biermann - 1990

 

Paroles et musique de Wolf Biermann

 

 

 

En Crète, j'ai trouvé un cimetière

Pour Patrie et Führer

Beaucoup de soldats allemands y dorment

Dans la colline au bord de la route

 

 

 

 

Le père de Wolf Biermann, Dagobert, non seulement était juif mais aussi ouvrier, non seulement était ouvrier, mais aussi communiste. Et non seulement il était communiste, mais aussi membre de la résistance antifasciste. Il fut arrêté et condamné à six ans de captivité pour avoir saboté les pièces destinées à un navire de guerre. En 1942, lorsque les nazis décidèrent d'appliquer la « solution finale au problème juif », le père de Wolf Biermann fut aussi déporté dans un camp d'extermination, à Auschwitz, où il fut assassiné le 22 février 1943.

 

En Allemagne démocratique de l'après-guerre, Wolf Biermann devînt ami et élève de Hanns Eisler, revenu au pays après avoir été chassé des USA car il était communiste ; avec le maestro , il partagea rapidement une attitude critique envers le « socialisme réel ». À partir de 1963, peu après la mort d'Eisler, les autorités communistes commencèrent à censurer les œuvres de Biermann et en 1965, ils le marquèrent officiellement comme « traître de la classe ouvrière ». Comme il le raconte lui-même dans cette chanson, il fut même empêché de voyager en Pologne voisine pour rendre hommage à son père tué à Auschwitz (« Je n'ai pas besoin de chercher la tombe de mon père : il est partout, où je vois une cheminée fumer »). Ensuite en 1976, pendant qu'il se trouvait en tournée en Allemagne de l'Ouest, le gouvernement de l'Est lui rétira la citoyenneté, l'empêchant de rentrer et le forçant à l'exil.

 

 

En Crète, j'ai trouvé un cimetière

Pour Patrie et Führer

Beaucoup de soldats allemands y dorment

Dans la colline au bord de la route

Et sur eux mûrit

Le vin jaune

Trop doux ! Le vin jaune

Que j'ai englouti.

 

Et à Formentera, les morts habitent

Dans le confort, juste à côté

Du grand cimetière de voitures.

Cela m'a un peu effrayé

Qu'avec leurs armes, comme des guerriers

Ils reposent, morts, disposés

Au voyage dans l'éternité

Dans des voitures démobilisées

 

À Moscou, au cimetière des nonnes

Se tiennent là sous les images et les pierres

Les meurtriers et leurs victimes

Os sur os, ils gisent

Et jurent et geignent et cognent

Et à vif se griffent l'un l'autre

Et crient avec la terre sanglante

Dans leur bouche béante

 

Ainsi, j'ai brouté quelque tombe

J'ai bouffé des fleurs mortes

Et sur mon âme pèse

Une pierre de juif de Prague

Les morts ont une vie particulière

Ils parlent calme et clair

Même les mensonges de leur vie

Deviennent vrais dans le silence

 

Moi je sais, les morts vivent

Et veulent, que leur rende visite

Celui qui passe froid près d'eux, froids

Damné et maudit, il sera – Moi pas !

La pierre tombale de mon père

Est partout. Moi je n'ai pas

À chercher longtemps sa tombe

Elle est très facile à trouver

Là, où fume une cheminée.

 

TOMBES
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Marco Valdo M.I.
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 18:34

SEULEMENT UNE GUERRE

 

Version française – SEULEMENT UNE GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Solo una guerra – Klaxon2002

 

 

OMBRE

 

 

 

 

 

On avait appelé mon ami
Il n'a pas eu la force de déclarer
Que ce n'était pas une guerre pour lui,
Qui ne savait pas tirer

 

Il n'avait jamais eu de raison, c'est certain
De cracher sur la vie d'un homme
Il n'avait jamais eu peur de rien,
C'était un homme d'honneur et de courage

 

Mais on l'avait forcé à combattre
Des gens comme lui
On l'avait forcé à penser des choses
Qui n'étaient pas de son univers à lui

 

Il n'avait pas envie de tuer
Mais il a tué pour vous
Il n'avait pas envie de pleurer
Mais il a pleuré pour vous

 

Il n'avait jamais cru à ses ragots,
Mais l'église l'a voulu avec soi.
Il n'avait jamais joué au héros,
Un héros pourquoi ?

 

Il ne savait pas combattre
Mais il a combattu pour vous
Il avait seulement l'envie de vivre
Mais il est mort pour vous

 

 

Seul un numéro restera de lui
Et je crois pas davantage et puis
C'est pour lui que je ne veux pas la guerre,
Que je ne veux plus combattre

SEULEMENT UNE GUERRE
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:39

AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE

 

Version française – AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Auf dem Friedhof am Montmartre – Wolf Biermann – 1979
Paroles et musique de Wolf Biermann

 

 

 

Henri et Mathilde

à Frankfort

 

 

 

 

Au début des années 30, Heinrich Heine abandonna l'Allemagne (« Deutschland, ein Wintermärchen », comme il l'écrivit une dizaine d'années plus tard) pour la plus libre France. La censure de ses œuvres dans son pays le frappa dès 1835, mais le poète ne pouvait pas imaginer qu'elle serait encore plus féroce cent ans après, lorsque ses livres – avec ceux de tant d'autres auteurs – ne furent pas seulement interdits, mais furent brûlés dans des autodafés (Bücherverbrennungen) organisés par les nazis en mai 1933…

 

 

 

Au cimetière de Montmartre

Les cieux de l'hiver pleurent.

Et moi avec mes petites chaussures, je saute

Par-dessus les flaques, où nagent

Les saletés qui se défont doucement

Les crottes des chiens de Paris

Et j'ai les pieds trempés, quand

Je trouve la tombe d'Heine Henri.

 

Là, gèlent sous le marbre blanc,

Au fond de l'exil, ses ossements.

Avec lui, là, rêve Dame Mathilde

Et ainsi, il n'est pas seul à geler.

Mais elle ne s'appelle plus Mathilde

Dans la pierre, on lit gravé

Son grand nom, à lui, là, en grand,

Et dessous : Madame Heine, uniquement

 

Quand les Allemands à leur arrivée,

Ont planté leurs croix gammées

Sur la ville aux bords de la Seine,

Il les gêna ce nom d'Henri Heine !

Et moi je ne sais pas comment, mais je sais

Ceci seulement qu'ils l'ont effacé

Et qu'il fut réécrit

Par des Français dans la nuit.

 

Au cimetière de Montmartre

Les cieux de l'hiver pleurent.

Et moi avec mes petites chaussures, je saute

Par-dessus les flaques, où nagent

Les saletés qui se défont doucement

Les crottes des chiens de Paris

Et ainsi j'avais les pieds trempés, quand

J'ai trouvé la tombe d'Heine Henri.

AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE
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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 21:35

MAINTENANT C'EST À NOUS !

 

 

Version française – MAINTENANT C'EST À NOUS ! – M arco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Adesso tocca a noi – Senza Sicura – 1997

http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46875

 

 

 

 


Nous vêtirons de bleus les patrons

En voilà déjà un !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous vêtirons de bleus les patrons

Nous les ferons chanter en chœur et à genoux
« Maintenant, c'est à nous de travailler pour vous ! »
Nous vêtirons les fascistes de chiffons et de cartons
Pour une vie de clochards, nous pourrons leur chanter
« C'est à nous de vous écœurer ! »
Mais nous, non, nous ne serons jamais comme vous
Mais nous, non, nous ne serons jamais comme vous

 

Aux flics, nous arracherons leurs uniformes et leurs écussons
Et nous les mettrons dans un ghetto à chanter à l'unisson
« C'est à vous de nous faire tenir tranquilles ! »
Au milieu des déshérités, nous enverrons prêtres et papes
Et en chœur, nous les ferons chanter
« Maintenant, c'est à vous de nous confesser ! »
Mais nous, non, nous ne serons jamais comme vous
Mais nous, non, nous ne serons jamais comme vous

Qui doit payer, vous l'avez décidé
Qui doit suer, vous l'avez décidé
Qui doit saigner, vous l'avez décidé

 

 

Frères, camarades, trop d'années ont passé
Nous avons saigné, payé et sué
Frères, camarades, trop de temps s'en est allé
Maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous !
Maintenant c'est à nous, travailleurs et exploités
Maintenant c'est à nous, oubliés, désespérés
Maintenant c'est à nous, clochards sans maison et mal-aimés
Maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous !
Maintenant c'est à nous, travailleurs et exploités
Maintenant c'est à nous, oubliés, désespérés
Maintenant c'est à nous, clochards sans maison et mal-aimés
Maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous, maintenant c'est à nous !

MAINTENANT C'EST À NOUS !
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 21:48

CARNAVAL

 

 

Version française – CARNAVAL – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Carnevale – Sergio Endrigo - 1977


Paroles et musique de Sergio Endrigo
http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46865

 

Lisez bien le texte, ne s'agit pas d'une simple chanson « nonsense »… Il y a toute l'âme poétique - et politique – d'Endrigo…

 

 

 

Tant qu'il dure, je reste ici

Tant que tout va bien ici

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

 

 

 

La brebis a rugi
Le diable s'est converti
Ils ont loti la cathédrale
La cloche s'est pendue
À la lumière de la chandelle
Une sœur a bruni
Passe un enterrement
Elle sourit.

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

On ne met pas le doigt entre femme et mari,
Une mulâtresse a enlevé ses habits
La famille tombe en ruine
Quand la femme n'est pas à la cuisine
La famille se détruit
L'État pense à tous et à tout, c'est certain
Le loup ne mange pas pain
Le chien, lui, a mangé un biscuit

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

Une centrale est montée en l'air
Un oiseau nage dans la mer
Un poisson roucoule sur la grève
J'ai vu un atome avec ma longue-vue
Un magicien a lu mon futur
Dans le bac à ordures
Avec ma peau, je ferai un tambour
Avec mes os, je chanterai l'amour

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

Petit enfant, j'étais bon
Obéissant et silencieux
J'étais un bon garçon
Soumis et respectueux
Je te donne la vie en usufruit
Je t'ai exploité ; ensuite, je t'ai jeté
J'ai été ce que je suis
Et maintenant, je suis brisé

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

La vertu est une grande chose
Surtout pour qui se marier ose
La dame en a fait tant et plus
Elle n'a pas enlevé sa culotte
Devinez qui d'abord est venu
Le hibou ou la hulotte
Elle me semble très rationnelle
Cette cochonnerie dans la ritournelle

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

La loi pour tous est égale
Mais chien ne mange pas chien
Je vois noir, noir et rouge
Le présent prisonnier se tient
Il pourrait s'en aller
À l'enfer tout entier
Tant qu'il dure, je reste ici
Tant que tout va bien ici

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

 

Carnaval, carnaval

Toutes les blagues se valent

CARNAVAL
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Marco Valdo M.I.
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:07

OÙ COUREZ-VOUS ?

 

 

Version française – OÙ COUREZ-VOUS ? – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne - Dove correte ! – Duilio Del Prete – 1968

 

Paroles et musique de Duilio del Prete
Reprise d'un chantauteur turinois méconnu, Carlo Credi (1947-1986), sur son unique disque intitulé “Chi è Carlo Credi?” (1976).

 

Où courez-vous

Mais où courez-vous ! ? !

 

 

 

 

 

Où courez-vous
Mais où courez-vous ! ? !
Poussés par le démon
Qui a réduit la vie
À un Grand Prix…

 

Où courez-vous
Mais où courez-vous ! ? !
Furieux fous
Pendant que vous vous massacrez
Chiens enragés

 

Vous courez comme les chevaux
Au plus haut niveau
À la voiture nouvelle
À la lettre de change nouvelle
Vous faites la course aux sous

La course aux armements
Pour à peine quatre sous
Au profit de quatre délinquants
Qui sont à la tribune
À vous débiter le mythe
Idiot et obsolète
« T'es perdu si tu t'arrêtes »

 

Mais où courez-vous
Où courez-vous ! ? !
La faim est une morsure
Plus elle court et plus elle est dure
Chiens de course

 

Vous avez des cors
Aux coudes et au cœur
Pour ne pas être dérangés
Pour pouvoir avancer
Mais vous êtes piégés
Premiers partis et derniers arrivés
Car à la fin de la compétition
Vous ne serez pas payés
À tous la même chanson
Car la course finie
Le fil que vous coupez
Est celui de votre vie
Vous n'aurez plus envie
De vous construire un passé

 

 

Mais où courez-vous ! ? ! …
Mais où courez-vous ! ? ! …
Mais où courez-vous ! ? ! …

OÙ COUREZ-VOUS ?
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Marco Valdo M.I.
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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 21:27

LUMIÈRE DANS LES YEUX

 

Version française - LUMIÈRE DANS LES YEUX – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Luce negli occhi – Sine Frontera – 2009

 

Texte d'Antonio Resta et Simone Dalmaschio

 

 

 

 

Fleur de terre tout près des cieux

Je suis mon sentier

Je vis ici à deux pas des dieux

 

 

 

 

Je ne sais lire ni écrire
Je dis mes paroles
Avec mon cœur, avec ma tête,
Je suis une femme
Je me bats pour un peuple martyr
Indio compañera
Lotto per la libertà
Mais le mauvais gouvernement ment et tire

 

Nous sommes des enfants de la terre
Qui vient en paix n'aura pas la guerre

Somos hijos de la tierra
Hijos del campo de la sierra

 

Fleur de terre tout près des cieux
Je suis mon sentier
Je vis ici à deux pas des dieux
Lumière dans les yeux
C'est mon nom en clandestinité
Indio campesina – Paysanne indienne
École et santé, je désire
Mais le mauvais gouvernement ment et tire

 

Nous sommes des enfantsde la terre
Qui vient en paix n'aura pas la guerre

Somos hijos de la tierra
Hijos del campo de la sierra

 

Sueur et mains laborieuses
Écoute ma pensée
Les gens ici résistent et tiennent
Au Mexique, au Tibet, au Kenya
Au Nicaragua, au Guatemala
Partout où on se trouve
Quelle que soit ta route
Pour la liberté lutte

 

Nous sommes des enfants de la terre
Qui vient en paix n'aura pas la guerre

 

Somos hijos de la tierra
Hijos del campo de la sierra

LUMIÈRE DANS LES YEUX
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Marco Valdo M.I.
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