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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:16

BLUES DE FIN DU MONDE

 

 

 

 

 

 

Version française – BLUES DE FIN DU MONDE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson allemande – Weltuntergangs-Blues – Fasia Jansen – 1980

 

 

 


Paroles de Gerd Semmer (1919-1967), poeta, giornalista e traduttore tedesco, autore dei testi di molte canzoni di protesta nel secondo dopo guerra. poète, journaliste et traducteur allemand, auteur des textes de nombreuses chansons de protestation dans la seconde après guerre.
Sur la mélodie de
"St. James Infirmary Blues".
Disque de Fasia Jansen intitulé « Los, Kommt Mit - Ostermarsch-Lieder An Der Abschussrampe », produit par le
Komitee Für Frieden Und Abrüstung Und Zusammenarbeit (KOFAZ), organisation du mouvement pacifiste allemand.




 

FASIA JANSEN

 

 

 

 

 

Une chanson contre la guerre froide et l'escalade nucléaire écrite par Gerd Semmer, considéré comme le « père de la chanson de protestation allemande », sur la trame de la très belle « St. James Infirmary Blues », chanson d'auteur anonyme, rendue célèbre par Louis Armstrong à la fin des années 20 mais qui prend ses racines dans la Grande-Bretagne du 18° siècle

 

L'interprète, Fasia Jansen, était la fille illégitime d'un consul libérien et d'une bonne allemande. Elle grandit à Hambourg en plein nazisme, Fasia subit inévitablement le racisme réservé à tous les non-aryens. Elle, qui aurait voulu devenir danseuse, fut forcée à 11 ans au service obligatoire dans les cuisines du camp de concentration de Neuengamme, en éprouvant sur sa peau, trop sombre pour ces temps, la brutalité des SS et le désespoir des prisonniers. Ensuite, Fasia Jansen devint auteur-interprète et militante pacifiste, en participant à tous les principaux événements du mouvement allemand, étant arrêtée plusieurs fois pour sédition et résistance aux forces de l'ordre.

 

 

 

Cette nuit, j'étais dans un rêve
Mon cœur était serré de peur et de danger !
J'ai vu tomber la bombe
Et des millions de gens tués !

 

J'allais à l'hôpital
Chercher mon homme
Il n'y avait plus d'hôpital
Rien qu'un vent d'atome !

 

Des millions de gens triste
Des millions à l'agonie
J'ai vu cette énorme vilenie
Et le monde en cendres !

 

Nous pouvions dans la paix et le bonheur
Sans la bombe, vivre si bien
Mais ces politiciens dans leur hauteur
Ont beaucoup, mais ça ne sert à rien !

 

Une voix est sortie des tréfonds
Elle dit : « Ils ne sont pas les seuls responsables –
Je vais te dire, qui est le vrai coupable ! »
Et j'ai entendu crier mon nom !

 

Tu as rendu les politiciens puissants –
Ce que tu as vu était un jeu télé !
Tu pouvais éviter l'effondrement –
Tu pouvais les pousser à résister ! »

 

Ainsi, je veillais dans les affres
J'ai décidé : Ça n'arrivera jamais !
J'ai décidé : On doit faire la paix –
Et je ne veux rien faire d'autre !

 

Je vous ai dit mon histoire
Vous devez choisir – maintenant on y arrive !
Je dis aux gens, contre la bombe
Chacun doit faire, ce qu'il peut faire!

 

 

BLUES DE FIN DU MONDE
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Marco Valdo M.I.
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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:09

LA MAISON

 

Version française – LA MAISON – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – La kasa – Ahmed il Lavavetri – 2014

Texte d'Ahmed il Lavavetri
Sur l'air de La Casa de Sergio Endrigo
(1969, Bardotti - De Moraes)

 

 

 

 

 

 

 

La Maison de Vinícius de Moraes (auteur, écrivain, musicien... brésilien - fr.wikipedia.org/wiki/Vinícius_de_Moraes‎), traduite en 1969 en italien par Sergio Bardotti et chantée par Sergio Endrigo, est une des plus célèbres chansons pour enfants de l'histoire ; qui ne la connaît pas, cette maison très jolie dans la Rue des Fous au numéro zéro, où tout manquait ? Et, au fond, cette petite reconstruction que je me permets de soumettre à votre attention, n'est en rien différente : il y a les enfants (ceux-là jetés hors de la maison avec leur famille, avec bien entendu l'intervention de forces d'ordre et de l'autorité judiciaire), il y a le manque du toit et du cabinet (= se retrouver sur la rue), il y a la loi rétroactive qui coupe les usages et dénié la résidence en cas d'occupation… et il y a même le final. Un final pleinement optimiste, cependant. [Ahmed il Lavavetri]

 

 

Il est bien bon le cher Ahmed, mais nous, nous qui ne connaissons que le français et qui sommes bien ignorants de ce qui se fait, se dit, se musique en d'autres langues, nous ne connaissons pas plus le texte de la chanson d'Endrigo que de celle de Moraes...

 

C'est vrai ça..., cdit Lucien l'âne en riant de tout son cœur d'âne... Mais grâce à toi, nous, on se soigne... Et que disent-elles ces chansons ?

 

Comme d'habitude, je n'en sais rien, mais je suis là pour le savoir et si possible, en donner une version française... Alors, pour ton édification personnelle et pour la mienne, au demeurant, je t'en présente trois versions : l'originale brésilienne, la version « enfantine » italienne et une version française... Il doit bien en exister une espagnole et qui sait, une anglaise ou une russe... Mais je laisse le soin à Ahmed de compléter la série...

 

Voilà une bonne idée... Eh bien, allons-y...

 

En premier, la version brésilienne de Vinicius de Moraes, qui doit forcément être antérieure à 1969, et qui, jusqu'à preuve du contraire, est la version d'origine ; quoique j'aurais tendance à lui voir en effet des allures de comptine anonyme ou des réminiscences de chanson enfantine. Quoique, à mon sens, il convient d'y entendre autre chose aussi, sachant que Vinicius de Moraes est architecte de formation et que pareille maison, par ailleurs, pourrait bien représenter la planète vue du côté des pauvres :

 

A Casa

Chanson brésilienne A Casa – Vinicius de Moraes – s.d.

Era uma casa
Muito engraçada
Não tinha teto
Não tinha nada
Ninguém podia
Entrar nela, não
Porque na casa
Não tinha chão
Ninguém podia
Dormir na rede
Porque na casa
Não tinha parede
Ninguém podia
Fazer pipi
Porque penico
Não tinha ali
Mas era feita
Com muito esmero
Na Rua dos Bobos
Número Zero

 

 

Ensuite la version italienne de Sergio Endrigo  (en fait, pas plus, pas moins « enfantine » que les autres versions...) :

 

LA CASA
Version italienne – Sergio Endrigo – 1969 

Era una casa molto carina 
Senza soffitto senza cucina
Non si poteva entrarci dentro 
Perchè non c'era il pavimento
Non si poteva andare a letto
Perchè in quella casa non c'era il tetto
Non si poteva fare la pipì
Perchè non c'era vasino lì

Ma era bella, bella davvero
In via dei matti numero zero
Ma era bella, bella davvero
In via dei matti numero zero

et la version française que j'en fais à l'instant :

 

 

LA MAISON

Version française – LA MAISON – Marco Valdo M.I. – 2014

 

C'était une maison très mutine

Sans plafond et sans cuisine

On ne pouvait y entrer

Car il n'y avait pas de plancher

On ne pouvait y aller au lit

Il n'y avait pas de toit

On ne pouvait y faire pipi

Car des toilettes, il n'y en avait pas.

 

 

Mais elle était belle, vraiment belle

Rue des Fous numéro zéro

Mais elle était belle, vraiment belle

Rue des Fous numéro zéro

Il ne te reste plus qu'à me faire connaître la version française de la Kasa d'Ahmed Il Lavavetri...Et puis, nous reprendrons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde assez délabré, moralement en ruines, catastrophique, assez assassin et cacochyme.


Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


C'était une très jolie maison, et
Hier matin, ils m'en ont expulsé
Je ne pourrai plus y retourner,
En un tournemain, ils m'ont évacué.
Ils l'ont fermée avec un cadenas,
Ils ont scellé jusqu'au toit,
Je ne peux même pas faire ma grande,
Et si je fais sur la rue, ils me collent une amende.

 

Elle était belle, vraiment belle,
Et je payais le loyer en noir,
Elle était belle, vraiment belle,
Et je payais le loyer en noir.

 

C'était une très jolie maison ,
Un peu clandestine, son occupation
J'y habitais depuis vingt ans à peine,
Ils m'ont évacué sans retenue.
Je ne pouvais déjà plus rien faire,
Le gaz et le courant étaient coupés
Je ne pouvais même plus chier
Le compteur d'eau était fermé

 

Elle était belle, vraiment belle,
Et je payais le loyer en noir,
Elle était belle, vraiment belle,
Et je payais le loyer en noir.

 

C'était une très jolie, maison
Libre depuis des années, une trentaine,
Une propriété un peu communale
Une proie pour la spéculation.
Ce matin, le cadenas a sauté,
L'immeuble est à nouveau occupé
On a tous copieusement arrosé ça
En compissant la raie de ces cons-là

 

Elle est belle, toujours aussi belle,
Et je ne paye même plus de loyer.
Elle est belle, toujours aussi belle,
Et je ne paye même plus de loyer.

LA MAISON
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Marco Valdo M.I.
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 18:22

LE CANONNIER JABUREK

 

Version française – LE CANONNIER JABŮREK – Marco Valdo M.I. – 2014

à partir de la traduction italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson tchèque – Kanonýr Jabůrek – Anonyme – 1884

 

 

 

 

 

 

« Au rapport !

Impossible de vous saluer. »

Le Canonnier Jabůrek, version marionnette

"Il était à son canon" de Vítek Peřina 

(http://www.divadloalfa.cz/skupova-plzen/index.php/en/site-administrator/2012/program-festivalu/item/2-p%C5%99edstaven%C3%AD-2)

 

 

 

 

 

Le Canonnier Jabůrek est une chanson populaire tchèque, mais peut-être ici vaudrait-il mieux utiliser le vieil adjectif « bohême », qui fut écrite et publiée en 1884. Les événements de cette chanson satirique, qui ironise férocement à propos des « incroyables héroïsmes » qui se produisent régulièrement dans les batailles (on pense, chez nous, à la célèbre béquille d'Enrico Toti qui a rempli nos routes et nos places de monuments béquillards…), se placent quelques années aupraravant lors de la célèbre bataille qui pour nous s'appelle « de Sadowa », pour les tchèques « de  Hradce Králové » et pour les Allemands « de Königgrätz ». Ce fut la bataille décisive de la guerre austro-prussienne (mais elle vaudrait mieux dire « austro-prusso-italienne » , vu que le nouveau Royaume d'Italie s'était allié aux Prussiens en fonction antiautrichienne ; la célèbre « Guerre des sept semaines » ) et se conclut le 3 Juillet 1866 par la victoire prussienne. … [R.V.]

 

 

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une superbe chanson et anonyme de surcroît et même, fort ancienne... Elle devrait bien te rappeler – comme elle me l'a fait – la chanson de Chveik [[8859]] et celle du Drapeau [[9143]], qui elle-même était une parodie du Clairon de Déroulède. J'ajouterais pour la bonne bouche également, celle du Sergent Flagada [[45581]]...

 

 

Dès lors, dit Lucien l'âne en brayant d'un rire large, à ce propos, il me semble qu'il faut – rendons à César, etc – rendre à Jabůrek son antériorité et son indiscutable préséance. En somme, étant à Sadowa, il serait le père ou le grand-père putatif de ces chansons-là. Ceci dit, je ne sais trop où lui-même avait pêché sa propre histoire.

 

 

Là, je t'arrête, Lucien l'âne mon ami. Peut-être l'auteur anonyme de ce Canonnier de 1884 connaissait-il le Clairon de 1875, tous deux faisant héroïquement face aux Prussiens et comme tu le sais, l'Europe est petite et l'on va vite d'un bout à l'autre, surtout les chansons qu'on se passe de bouche à oreille. D'autant plus que ces deux chansons sont plus liées qu'il n'y paraît à première vue... L'une – celle du Canonnier Jabůrek se réfère à la bataille de Sadowa de 1866

où la Prusse l'emporte sur l'Empire autrichien ; la seconde, celle du Clairon, se réfère à la bataille jumelle de Sedan de 1870 et là, la Prusse l'emporte sur l'Empire français... Ces deux empires vont disparaître rapidement : la Confédération germanique, qui avait remplacé le Saint Empire Romain de la Nation Germanique est dissous – même s'il reste l'Empire d'Autriche-Hongrie, mais très amoindri; l'Empire français disparaît pour recéder la place à une République... Tandis que la Prusse, à la suite de Sadowa, va donner consistance au rêve d'Otto von Bismarck et déboucher ainsi sur une série de Reichs successifs... À la suite de Sadowa naît ce qu'on appelle la « petite Allemagne », opération amorcée au début du siècle avec le Zollverein (Union douanière...), « petite Allemagne » qui à son tour engendrera la « grande Allemagne » et au-delà, la « petite Europe » (Union douanière, puis les Sept États... ; puis, la grande Europe (actuellement les vingt-sept États)... Manœuvre qui est toujours en cours avec une inertie de deux cents ans... Deux siècles obstinément allemands. Comme tu le vois, Sadowa signifie bien plus qu'on ne croit et le Canonnier Jabůrek pourrait être bien plus politique qu'on ne croit. Imagine ceci : un Tchèque anonyme réévoquant Sadowa près de vingt ans après... Et la question est : qu'est-ce qui a bien pu l'y amener... Quel mystérieux pressentiment ?

 

 

J'ai bien l'impression, en effet, que ce Canonnier nous mettait, en quelque sorte, préventivement en garde contre les « von » et leurs ambitions séculaires.

 

 

Et puis, il y a toute cette discussion, tressée de compliments mérités (ô combien!) au traducteur qui a fait passer cette histoire du tchèque à l'italien et sans lequel j'aurais pour toujours ignoré cette chanson... Moi qui voue une admiration amusée à Jaroslav Hasek et au brave soldat Chveik, qui a guidé toute ma vie dès lors qu'on me confrontait à une autorité quelconque. En somme, « Oui, Chef ! C'est vous qui tenez le revolver ! » et moi, j'ai comme il se doit pour un « somaro » toujours préféré exécuter un ordre idiot plutôt que d'être exécuté à sa place. Quoique... Comme tu le sais, le « somaro » contrarié a dans un premier temps de résistance des penchants de Bartelby - « J'aimerais mieux pas » ; ensuite, il lui prend une solide tendance à l'inertie – il dit oui, mais ne fait pas ; au-delà, comme Chveik, il disparaît du paysage...

 

 

Certes, une telle discussion peut passionner, mais je ne vois pas directement en quoi elle t'intéresse pour la version que tu as composée en français, vu qu'elle porte sur le tchèque, langue dont tu ignores à peu près tout, sauf qu'elle existe.

 

 

En effet, je ne connais pas un mot de tchèque et je ne me risquerais pas à commencer à l'apprendre... J'ai déjà tant de mal avec le français. Donc, d'emblée, comme je te l'ai dit plus avant, je me suis mis à traduire à partir de la traduction de Riccardo Venturi. J'admets que – à force de traduire de l'italien vers le français – ma connaissance de l'italien s'élargit et que sans véritablement connaître cette langue, j'arrive à voir ce dont il est question et à en recréer une version – disons, à notre usage à tous deux – en langue française. Mais c'est une version et je tiens à ce mot qui m'offre toute liberté de création, de recréation et de récréation. Ce qui est le but ultime. De sorte que – et j'en viens à la savante discussion sur la complexité relative des langues et le sens caché des mots et des phrases... Je l'ai trouvée passionnante et je l'ai parcourue avec un vif intérêt... Mais après avoir établi ma version. Quant à la conclusion que j'en ai tirée... C'est qu'en effet, il n'y a pas – pour les dilettantes comme nous – la moindre chance de prétendre traduire une chanson... Nous ne sommes pas outillés pour le faire ; comme je te l'ai dit, il reste notre bricolage et notre bon plaisir. Et comme disait Bruno Bettelheim, ci-devant psychanalyste et pédiatre, à une de ces mères qui le consultait à propos des diverses manières d'élever son enfant : « Faites comme vous voulez, Madame. De toute façon, ce sera mauvais ! ». Cependant, une dernière remarque qui pourrait paraître incongrue à certains : c'est que la rime souvent m'est du plus grand secours. Elle force le sens des choses... Elle oblige à concentrer le regard et la pensée sur l'objet final... Sur ce que va entendre le lecteur de la chanson.

 

 

Tant que j'y pense, dit Lucien l'âne, comme tu me parles d'élevage des enfants, je voulais faire une remarque incidente à propos de la liberté. Ce qui importe n'est pas tant la liberté elle-même que la capacité à user de la liberté dont on dispose aussi grande ou aussi petite qu'elle soit.

 

 

C'est, en effet, tout le sens du cycle du Cahier ligné... et du rapport à la liberté dans le cas du prisonnier-blessé...

 

 

Je t'interromps, car sur ce sujet il y a tant à dire et que là tout de suite, on n'a pas que ça à faire... Voyons ta version de la chanson et reprenons notre tâche, qui comme celle de l'anonyme auteur consiste à tisser le linceul de ce vieux monde plein de balles, de bombes, de boulets, d'obus, de fusées et d'autres engins destructeurs, militarisé à outrance et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Là-bas à Sadowa

Les balles, les obus faisaient du dégât

Un véritable ouragan

S'abattait sur ces pauvres gens.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Fantassins, gradés, officiers,

Chevaux et canonniers

Sur le champ s'étendent partout

Les blessures les brûlent d'un coup.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Malgré la terrible pluie de projectiles

Le canonnier Jabůrek, tranquille,

Mettait la mèche au canon

Et nettoyait son écusson.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Il tirait comme un dément,

Les Prussiens en prenaient plein la gueule.

Il désintégra tout un régiment

Jabůrek, ce diable.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Le Kronprinz Frédéric l'a repéré

« Et hop, j'ai touché ce mec ! »

Cette femmelette avait visé

Particulièrement Jabůrek.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Et alors les canonniers prussiens

Visent tous Jabůrek avec entrain.

Chacun voulait le frapper

Pour les bonnes grâces du souverain.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

La première balle, quelle misère, le touche

Entre dans son estomac par la bouche.

Mais il la retire vite

Et recommence à tirer de suite.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Un obus éclate soudain

Et lui emporte les deux mains.

Mais à l'instant, il ôte ses souliers

Et charge avec les pieds.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

D'un coup, un volontaire prussien

D'une grenade l'a décapité.

Mais même s'il n'y voyait plus rien

Il continuait à tirer

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Jabůrek voit sa tête partir dans le décor

Jusque aux pieds d'un général étonné.

Il hurle alors : « Au rapport !

Impossible de vous saluer. »

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Quand les obus et les balles, par malheur,

Le frappent où il tenait ses munitions.

Seulement alors il prend peur,

Et s'enfuit avec son canon.

 

Il était à son canon

Et toujours le chargeait, le chargeait

Il était à son canon

Et encore le chargeait.

 

Dieu le prenne en sa plus grande gloire

C'est un « von », sans avoir toute sa tête

Mais de toute façon, ça ne le frappe pas

Des « von » sans tête, il y en a des tas.

LE CANONNIER JABUREK
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Marco Valdo M.I.
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 22:01

LE ROI DU MONDE

 

Version française – LE ROI DU MONDE – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Il re del mondo – Franco Battiato – 1979

Texte et musique de Franco Battiato
De "L'era del cinghiale bianco" (L'ère du sanglier blanc)

 

 

 

 

 

Mais le Roi du Monde

Nous tient le cœur enchaîné

 

 

 

 

 

Un des textes plus célèbres que Franco Battiato, qu'il a défini lui même comme un de ses préférés (presque passé en proverbe ce double vers « …Et au jour de la fin L'anglais ne servira à rien ».

 

 

 

Temps étrange, le bruit des avions
Détonnait avec le rythme des plantes au soleil sur les balcons
Et puis le silence, et puis, au loin le tonnerre des canons,

À froid, et les signaux-radio en code.
Dans le ciel, des feux de Bengale ont éclaté,
La paix est revenue dans le monde entier
Mais le Roi du Monde
Nous tient le cœur prisonnier.

 

Des vêtements blancs en corolle
Chantent les échos les danses soufi,
Dans le métro japonais, aujourd'hui,
Chuintent les machines à oxygène.
Plus tout devient vain
Plus on croit que tout est certain
Et au jour de la fin
L'anglais ne servira à rien .
Sur nos vélos, dans la grande ronde
La vie nous a effleurés
Mais le Roi du Monde
Nous tient le cœur enchaîné .

 

 
LE ROI DU MONDE
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Marco Valdo M.I.
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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 19:49

L’leup et l’bèdot

 

Fable carolorégienne (Wallon) – L’leup et l’bèdot – Horace Piérard – 1892 (publication)

 

 

 

 

 

 

Dji m’fous d’toutes tes grimasses,

Ti m’as manquè y faut qu’ty passes. »

 

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, me voici à nouveau avec une version wallonne cette fois du Loup et l'Agneau.

 

En wallon, en wallon... Certes, dit Lucien l'âne en souriant doucement, certes, mais en quel wallon ? Tu sais comme moi qu'il y en a toute une tapée et que d'ailleurs, ta première proposition « El loup et el lemmeke » était en marollien, c'est-à-dire en wallon de Bruxelles, pour ainsi dire.

 

 

Celle-ci ? Celle-ci, mon bon Lucien l'âne, mon ami, est en carolorégien, c'est-à-dire comme tu le sais, en wallon du Pays de Charleroi. J'ajoute immédiatement tel qu'il était à la fin du dix-neuvième siècle... Mais enfin, pour ce qui me concerne, je comprends à peu près tout (toi aussi, d'ailleurs, je le vois à ton œil rieur) et si nos amis le veulent, je pourrais même en faire une traduction en français. Mais j'avoue cependant qu'à première vue, comme ça, je me demandais de quelle langue il pouvait bien s'agir. Je me souviens d'ailleurs avoir eu la même sensation en lisant une histoire de Tif et Tondu perdus dans je ne sais quelle jungle et qui se demandaient à leur tour quelle langue parlaient les indigènes... C'était du wallon, là aussi. Je ne sais d'ailleurs plus trop si c'était du carolo ou du liégeois.

 

À propos d'étrangeté, as-tu vu, Marco Valdo M.I. mon ami, la version polonaise du Loup et l'Agneau, insérée à la suite du Loup et le Lemmeke par Krzysiek Wrona. Mais qui donc est l'auteur de la version carolo que tu présentes aujourdh'ui ?

 

 

Bonne question... Il s'agit d'un notaire, il s'appelait Horace Piérard et passait ses loisirs en écrivant des fables en carolorégien ; ce n'égtaient pas des traductions d'Ésope ou de La fontaine, mais bien plutôt des fables originales, même s'il empruntait parfois – comme ici pour le Loup et l'Agneau, la même trame. Horace Piérard, membre actif de la Société Paléontologique et Archéologique de l'arrondissement de Charleroi, était notaire à Gilly comme le dit précisément Wiki : « Horace Pierard a skepyî e 1816 et mori e 1878. C' est l' prumî scrijheu d' fåves do payis d' Tchålerwè. Ele fourît eplaideyes après s' moirt, e 1892, pa Jules Lemoine, dizo l' tite "Horace Piérard, fabuliste et chansonnier wallon, sa biographie et son oeuvre". Di s' mestî, il esteut notåre a Djilî. »

 

 

Ainsi devisaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dins n’in richot

In p’tit bèdot

S’irlaveut ;

Arrive in Leup.

Ell’biess, qu’aveu lonttimps fai d’jenne,

Areu d’ja sti contenne

D’awoè pou s’rassasi enn’ crouss’ ou in mitchot,

Et v’là qui s’n’ange gardien li èvoïe in bèdot !

«  Eh bé ! pou çà, dist-i, suchons humain !

Causons honnêtremaint !

Eh ! p’tit sint mwai, carogne,

Dirass’ pu long grawer tes rognes !

Ess’ qui t’va croëre

Qui ti m’fra boëre

Tes manestés ?

Allons ! hue, rotes,

Va ! fé tes crottes

Hors du fossé. »

El’Bèdot, tou saisi, in trianant respond :

«  N’wèyez né bé qui d’j’seus dins l’fond ?

Si dj’fèïeu même des incongruités

Çà n’direut né pa vos costé !

Suchez bé seur, dji n’ai fait nu pet, nu vesse

Et ré d’contraire all’ politesse !  »

« T’ess’t’in blagueux, »

Dit l’Leup furieux.

«  Ti n’sé qué mau dir’ di mi ;

L’année passée ti m’a co dispriji !  »

« L’année passée ? Dji n’ai né co chix loës,

Dji les arai aux Rpës ! »

« Si c’nest né t’même, c’est ien d’tes frères ! »

« Vos v’let m’cherchi misère,

Dji n’ai pont d’frères ! Dji seut bédot unique,

Et dins m’famie i gna pu qu’mi qui vique. »

« Dji m’fous d’tous tes ramages

Sacrè p’tit d’Jean potage !

Dji m’fous d’toutes tes grimasses,

Ti m’as manquè y faut qu’ty passes. »

 

Là d’sus no Leup li strône, s’sauve dins l’bos Lombu,

Avou l’champette à s’cu.

L’leup et l’bèdot
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Marco Valdo M.I.
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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 19:16

JE M'EN VAIS

 

Version française – JE M'EN VAIS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Me ne vado – Eugenio Finardi – 2014

 

Texte : Eugenio Finardi
Musique : Eugenio Finardi, Giovanni Maggiore, Paolo Gambino, Claudio Arfinengo, Marco Lamagna.
Eugenio Finardi (voix), Patrizio Fariselli (pianoforte), Giuvazza (guuitare), Marco Lamagna (basse), Claudio Arfinengo (batterie), Paolo Gambino (synthé) Max Casacci (instruments mutants)

 

 

Allons au fond et écoutons les mots psalmodiés par Eugenio dans « JE M'EN VAIS » : « Tout a commencé dans les années '80. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale en effet, les politiques économiques et fiscales avaient diminué les inégalités sociales au travers de la plus longue période de croissance économique dans le monde occidental. Pour tous. Ensuite, Reagan et Thatcher ont été élus. Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils mangent le monde.». Chapeau ! Il mérite d'être le nouvel hymne d'« Occupy Wall Street » ou des indignés du monde entier. Si ensuite nous considérons la structure ouverte du morceau, les improvisations, les sons qui sortent du creuset magique de Casacci, nous avons un morceau qui raconte l'ici et maintenant (Hic et nunc) , l'aujourd'hui, notre réalité.
(bielle.org )

 

Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils avalent le monde.

 

 

Tout a commencé dans les années '80.
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale en effet, les politiques économiques et fiscales avaient diminué les inégalités sociales au travers de la plus longue période de croissance économique dans le monde occidental.
Pour tous.
Ensuite, Reagan et Thatcher ont été élus.
Alors le revenu du peuple a augmenté seulement de 2% pendant que le revenu du 0,1 % de la population a augmenté de 2600%. Cela veut dire que quand on a 100 euros en poche, ils en ont 260.000 et ils avalent le monde.

 

Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus.

 

Le démantèlement de toute règle dans le secteur financier, voulu par le puissant lobby des banques, et la réduction des taxes sur les patrimoines et sur les rentes a amené en quelques années à l'actuelle crise du travail et à la perte de richesse des classes moyennes en faveur de quelques de milliers de super-riches.

Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus.
Je m'en vais et je ne reviendrai plus,
Je m'en vais et je ne reviendrai plus....

 

 
JE M'EN VAIS
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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 17:02

MON NOM EST STROOP, 

AVEC DEUX « O »

 

 

Version française – MON NOM EST STROOP, AVEC DEUX « O » – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – Mein name ist Stroop, durch zwei ‘o’ – Stormy Six – 2013

Écrite par Umberto Fiori et Tommaso Leddi des Stormy Six
Du spectacle “Benvenuti nel ghetto” (Bienvenue au ghetto) créé par le groupe avec 
Moni Ovadia, à l'occasion des 70 ans de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

 

 

 

 

 

ceux qui, asphyxiés par la fumée, sortaient des immeubles en flammes. Le destin des prisonniers fut la déportation et l'extermination immédiate au camp de Treblinka. 

 

 

 

 

« Pourtant est-ce peut-être là où quelqu'un résiste sans espoir que commence l'histoire humaine, comme nous l'appelons, et la beauté de l'homme. » Yannis Ritsos/Γιάννης Ρίτσος, fragment de « Ελένη », 1970.

 

 

Entre avril et mai 1943 les Juifs du ghetto de Varsovie — hommes et femmes, vieillards et enfants — se rebellèrent face à la violence des SS et leur tinrent tête, armes la main, pendant presque un mois. Il s'agit du premier épisode de résistance armée contre les nazis ; un épisode d'autant plus significatif que les protagonistes — dans des conditions désespérées d’infériorité militaire et presque total isolement — en furent les victimes désignées de la persécution raciste et du génocide, les « sous-hommes sans honneur » et que les troupes de Hitler s'attendaient seulement à de la lâcheté et de la soumission. Les onze chansons du disque, écrites à l'occasion de l'anniversaire, évoquent le historique épisode sous divers angles.

 

À la figure lumineuse de Mordechai Anielèwicz s'oppose celle, à la fois terne et horrible, du bourreau de Varsovie, Jürgen Stroop (son nom de baptême était Josef, mais il l'avait changé parce que « ça faisait Juif »). Le refrain de la chanson qui lui est consacrée (« MON NOM EST STROOP, AVEC DEUX « O  »), c'est son auto-présentation, telle qu'elle est rapportée dans le livre « Conversations avec le bourreau », où après la libération, son voisin de cellule, Kazimierz Moczarski,un Polonais, transcrivit les inquiétantes déclarations du tortionnaire (les strophes de la chanson sont tirées du même livre).

Le 19 avril 1943, les Juifs affamés et mal armés affrontèrent les troupes allemandes entrées dans le ghetto, en les accueillant à coups de pistolets, de fusils et de mitrailleuses et en les bombardant de cocktails Molotov, réussissant finalement à les repousser.

Repoussé, Stroop (qui disposait de 2.000hommes) décida d'affronter la situation en incendiant et en faisant sauter au moyen d'explosifs chaque immeuble à l'intérieur du ghetto, pour forcer les révoltés à sortir à découvert. Il mit immédiatement en œuvre ses intentions, en commençant à raser méticuleusement chaque bâtiment pour capturer ou tuer ceux qui, asphyxiés par la fumée, sortaient des immeubles en flammes. Le destin des prisonniers fut la déportation et l'extermination immédiate au camp de Treblinka. 

 

Le 16 mai 1943, Stroop, après avoir étouffé la rébellion dans le sang la rébellion fit sauter la grande synagogue de Varsovie pour fêter la fin victorieuse de l'opération. Dans son rapport télégraphique quotidien à son supérieur le Ss-Obergruppenführer Friedrich Wilhelm Krüger, commandant de la SS et de la police du Gouvernorat Général, Stroop écrivit, exultant :

« Aujourd’hui, ont été éliminés 180 Juifs, terroristes et sous-hommes. Ce qui était le ghetto juif de Varsovie n'existe plus. La Grosse Aktion ( Grande Action, terme usité par les Allemands pour nommer les opérations dans le ghetto) s'est achevée à 20 h 15 en faisant exploser la grande synagogue de Varsovie. Le nombre total de Juifs se monte à 56.065 incluant ceux qui ont été capturés et ceux dont on peut prouver l'extermination. »

 

Dans les jours suivants, Stroop rédigea pour Himmler un long rapport de 75 pages intitulé « Es gibt keinen jüdischen Wohnbezirk in Warschau mehr! » - « Le ghetto de Varsovie n'existe plus », relatant les opérations et accompagné d'un album photographique de 49 images de la destruction du ghetto. Ce rapport et les photos furent utilisés lors du procès de Nuremberg pour montrer les atrocités commises à l'encontre des Juifs. L'album photographique fut réalisé en trois copies (une pour Himmler, une pour Krüger et une pour Stroop lui-même) par le photographe qui suivait les troupes allemandes et mis en page avec des légendes explicatives. Les photographies qu'il contient figurent parmi les plus significatives et les plus connues de l'Holocauste.

 

Jürgen Stroop fut capturé par les Américains en mai 1945. Poursuivi pour l'assassinat de prisonniers étazuniens, il fut condamné à mort ; ensuite, on l'extrada en Pologne. Là, il connut un nouveau procès pour les atrocités commises à Varsovie et à d'autres occasions. Stroop fut finalement pendu à Varsovie le 6 mars 1952. Le gibet fut dressé sur les ruines du ghetto.

 

 

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

Enfant, je disais mes prières, avant chaque repas.

Avec maman et papa

Grand, j'aurais voulu être pompier,

Finalement, je suis au cadastre, comme employé

(Enfant, je disais mes prières, avant chaque repas).

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

J'aime les chevaux et le yodel

Sur mon béret, je porte un edelweiss.

Je suis gourmand de knödels.

Je crois aux dieux germains et au Reich

(J'aime les chevaux et le yodel).

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

 

C'est démontré scientifiquement :

Les Juifs n'ont pas le sens de l'honneur.

Ils ont deux mains, un nez, des pensées et des dents,

Mais ce ne sont pas de vrais hommes. D'ailleurs

C'est démontré scientifiquement.

 

Mon nom est Stroop, avec deux « o ».

Prénom : Jürgen. Je suis général de corps d'armée.

Enchanté, monsieur.

MON NOM EST STROOP,  AVEC DEUX « O »
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Marco Valdo M.I.
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 11:46

DANS LA FORÊT DE

 

SACHSENHAUSEN

 

Version française - Dans la forêt de Sachsenhausen – Marco Valdo M.I. – 2009

à partir de la version italienne de Riccardo Venturi de la chanson allemande - Im Walde von Sachsenhausen - Aleksander Kulisiewicz

(1936 -1942)

 

 

 

 

MARCHE DE LA MORT

 

DURANT CETTE MARCHE

6000 PRISONNIERS  (POLITIQUES - TRIANGLES ROUGES)

DU CAMP DE CONCENTRATION DE SACHSENHAUSEN

FURENT ABATTUS PAR LES SS

 

 

 

Dans la forêt de Sachsenhausen

Il y a un lager de baraques

Où par milliers on attend

Que la prison prenne fin

Où par milliers on attend

Que la prison prenne fin

Nous sommes déjà prisonniers depuis tant de temps

Qu'ils nous ont mis sous clé.

En nous tous vit la nostalgie

De la maison, de la femme et des enfants

En nous tous vit la nostalgie

 

De la maison, de la femme et des enfants.

 

 
DANS LA FORÊT DE  SACHSENHAUSEN
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Marco Valdo M.I.
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 11:42

LES LOUPS

 

Version française – LES LOUPS – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne – I lupi – Ivan Graziani – 1977

 

 

 

« Non, madame, non,

Je n'ai pas connu votre fils, 

Le soleil sous la glace, non, madame, non.

Nous étions cent mille et au retour, seulement six ! »

 

 

 

 

 

En avançant (lentement) dans la restructuration totale des pages des « CCG primitives », on se heurte continuellement à des chefs-d’œuvre oubliés, comme cette chanson. Une page vide, seulement le texte et une date. Une chanson d'il y a trente ans, l'histoire d'un survivant de l'ARMIR (Armée italienne en Russie), et de la guerre d'Espagne, qui « recommence à respirer » lorsque « il a brisé son fusil ». Ivan Graziani. Qui s'en souvient maintenant ; peut-être à peine « Lugano addio » ou « Firenze canzone triste ». Un auteur-compositeur mort de série B. Peut-être, peut-être paye-t-il l'hermétisme de certains ses textes, ou ne pas s'être trahi jusqu'à aller chanter à Sanremo. Nous voudrions lui rendre l'hommage qu'il mérite avec ces quelques mots, mais nous n'y réussirions sûrement jamais. Nous lui avons réservé une traduction. Et peut-être disons aussi que, devant cette chanson, où qu'ils se retrouvent, Vladimir Vysotskij, qui des loups s'y entendait, lui offrira un verre de quelque chose. [RV]

 

 

 

Attention, les loups arrivent
Dans le village sommeilleux
Ils ont faim et sont nombreux
Attention, les loups arrivent
Attention, les loups arrivent

 

Hou ! Attention, les loups arrivent
Hou ! Attention, les loups arrivent

Et ils ont des dents comme des dagues blanches
Et des yeux rouges d'assassins
Et la montagne en vomit plein
Ils sont toujours plus proches

 

Hou ! Attention, les loups arrivent
Hou ! Attention, les loups arrivent

 

Chaussures cassées et pantalon sale
Et la cravate du mariage
Mes souvenirs emmenés à la guerre
Avec le parfum de la terre
Et longue et blanche est la route
Qui à la Brianza ramène
Cent jours déjà sur le postal
Et mon cœur me fait mal

 

Attention, les loups arrivent
Attention, les loups arrivent

« Non, madame, non,
Je n'ai pas connu votre fils,
Le soleil sous la glace, non, madame, non.
Nous étions cent mille et au retour, seulement six ! »

 

Attention, les loups arrivent

 

Cette nuit reste avec moi
Je suis fatigué des combats
Sous les taillis d'Espagne

J'ai enterré mon uniforme
Sept ans militaire
Pour une patrie méprisable
J'en essuyé des crachats de dégoût
Et je n'étais pas pire que les autres loups

 

Mes bras dans la fange
Si tu veux tu peux te cacher
Mais moi, je ne veux pas marcher
À quatre pattes comme une bête

 

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

Attention, les loups arrivent

 

 

Voici ma demeure
Dans le fumier, coule le marbre
Au fond de la campagne
Quelqu'un chante à tue-tête
Tout va de travers dans mon esprit
Misère et larmes
Je recommence à respirer et j'ai brisé mon fusil

 

 
LES LOUPS
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Marco Valdo M.I.
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:25

LE LOUP ET LE LEMMEKE

 

Chanson française (beulemans) – LE LOUP ET LE LEMMEKE – VIRGILE – (Entre 1920 et 1970)

 

Langue : beulemans : une variante du brusseleeir ; bruxellaire ou bruxellois, lui-même variante du belgicain, français de Belgique.

 

 

 

 

 

Le plus fort sait toujours prouver qu'il a raison

 

 

 

 

VIRGILE, dit Le Jean de La Fontaine des Marolles, n'était autre que Léon Crabbé (1891-1970). Il fit les beaux jours du défunt magazine politique bruxellois « Pourquoi Pas ? » (1910-1989) en y publiant chaque semaine, en un français mâtiné de « brusseleir », un Dialogue attendu des lecteurs (et pas seulement ceux de la capitale) comme le Messie...

 

Le sieur Virgile, donc, fit rigoler nos pères… Et notamment par ses pastiches des fables de La Fontaine (Menhier le Corbeau et Menhier le Renard, Le Chêne et le Roseauke, Le Loup et le Lemmeke, La Laitière et le Melkpot en sont quelques ornements hilarants) mais aussi par 49 textes d’une inspiration toute personnelle, joignant au pittoresque la sagesse de la plus brave, à ce qu’on dit, des nations : La Baleine et le Sprok, Le Caniche et le Zinneke, Le Hérisson et le Rolmops, Les deux Moumas, La Puce qui donnait son Sang, L’Apprenti et la Femme du Façadeklacher, Le Philosophe et le Snul, La Vache et la Pin-up, on en passe et des plus tofs !

 

Quant à Léon Crabbé (1891-1970) choisit d’abord de s’appeler Noël Barcy, l’anagramme de son nom, avant de prendre le pseudonyme de Virgile. Si tous les Bruxellois d’un certain âge se souviennent (avec émotion et nostalgie) des célèbres Dialogues de la Semaine qui paraissaient dans le défunt hebdomadaire Pourquoi Pas ?, on sait moins qu’il eut une activité de revuiste pour les innombrables music-halls bruxellois de l’avant et de l’après Deuxième Guerre mondiale. Il écrivit aussi les textes de quelques 700 chansons, ainsi qu’une cinquantaine de fables, inspirées de La Fontaine ou d’inspiration personnelle. Hormis cela, il composa près de 500 sketches, remarquablement dialogués, que le Pourquoi Pas ? continua à publier jusqu’en 1988, dix-huit ans après la mort de leur auteur !

Georges Lebouc, qui est à la bruxellitude ce que Léopold Sedar Senghor est à la négritude, c’est-à-dire un grand témoin et un passeur de mémoire (nè !), a eu l’excellente idée de rassembler ces pépites dans un joyeux recueil intitulé Fables complètes (aux Éditions Racine à Bruxelles) pour lequel il a rédigé une introduction, un lexique complet et des notes expliquant les mots difficiles.

Il a donc droit à notre reconnaissance éternelle et, surtout et c’est là le plus important, à une demi-gueuze !

(Tout ce bazar vient d'internet, évidemment!)

 

 

 

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Virgile ?, demande Lucien l'âne un peu paf. Moi des Virgiles, j'en ai connu plusieurs au cours de mes pérégrinations transhistoriques et notamment, un écrivain latin, l'accompagnateur de Dante aux enfers et celui de Carlo Levi en Géorgie et en Ukraine... C'est juste pour dire... À moins qu'il ne soit question de ce zievereer du Pourquoi Pas ? que j'ai croisé aussi un jour de marché sur la place communale de Schaerbeek. Je ne sais plus ce qu'on faisait là à sept heures du matin...

 

 

C'est bien celui-là..., dit Marco Valdo M.I. en riant. Celui qui disait des fables à la radio, parfois. Et justement, aujourd'hui, je te propose ce Loup et le Lemmeke, qui me semble une transcription assez fidèle de ce loup et l'Agneau de La Fontaine, qui fit trembler tant et tant d'enfants sous l'estrade à l'heure de la récitation et j'en suis persuadé, assez plus directement de la version en marollien de Coco Lulu. Il te souviendra que l'autre jour, j'avais proposé aux Chansons contre la Guerre, une version en marollien, c'est-à-dire en wallon des Marolles (quartier populaire du centre de Bruxelles), de ce Lupus in fabula... [[6558#agg220923]], apportant ainsi au passage une langue vernaculaire en plus au site des CCG. Je me réservais de réitérer l'exploit et d'en apporter une supplémentaire encore et la voici... C'est toujours la même histoire du Loup et de l'Agneau, mais cette fois en pur beulemans.

 

 

C'est-à-dire ?, dit l'âne Lucien passablement interloqué.

 

C'est-à-dire une variante de bruxellois, appelée le « beulemans » du fait que son œuvre la plus retentissante et fondatrice fut une pièce de théâtre intitulée « Le Mariage de Mademoiselle Beulemans » [https://www.youtube.com/watch?v=hiYCNIfgV6w], où cette langue se déborde en contraste avec celle du jeune Parisien, futur de la demoiselle. Cela dit, le beulemans n'est pas du wallon, mais bien une variante du belgicain, ou français de Belgique tel qu'il est parlé par des locuteurs imbibés de flamand et sans doute aussi, à certains moments, de bière nationale. Pour le petit couplet introductif, on dira qu'il est de nette inspiration flamande (mais de Bruxelles) – on y retrouve la mère-grand de Perrault (ici, Bomma), mangée par le loup du Chaperon rouge... tout comme dans la version de Daniele Sepe.

 

 

Awel, dit l'âne Lucien en pouffant doucement, y a pas à dire, c'est quelque chose. Si j'aurais jamais imaginé ça, Mademoiselle Beulemans dans les Chansons contre la Guerre... On aura tout vu. Bon, c'est pas tout ça, recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde insipide, ronchon, trop riche, limite obèse et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Viva Bomma Pataten et saucisses

Viva Bomma Pataten en cervelas

En een dikke troulala... Troulala

 

 

Le plus fort sait toujours prouver qu'il a raison

Dans la vie comme à la maison

 

Un Lemmeke, ça est un petit agneau

Était en train de boire au bord d'un ruisseau

Un loup arrive

Ce loup, un castar culotté

Depuis plus que trois jours avait rien boulotté

Ça tirait tellement dans ses instintins

Qu'il était fiel de faim

Espèce de knotsyphon qui ce qui vous a permis

De bleffer dans mon eau

Je ne pardonnerais pas çà à mon meilleur ami

Aussi je vous le dis, tu seras puni

Oui mais, pardon Mon Sire, qui dit le sukkeleir

Avouez que vous êtes un drole de pleikleir

Le coulant va par là

Et je bois à plus que vingt pas plus bas

Que Votre Majesté

Donc, je ne sais pas bleffer dans l'eau que vous boivez

Tûût, tûût, tûût répond le loup

Je vous dis que tu bleffes

Et avec ça, c'est tout.

Et puis, l'année passée, tu as raconté sur moi

Un tas de zieverderas

Permettez-moi que je le dise, Majesté

Vous êtes un leuigenoet

Pasque l'année passée, j'étais pas né

Et la preuve n'est-ce pas

C'est que je tette encore le sein de ma moema.

Si c'est pas toi, c'est ton frère

Et ça ne sont pas des choses à faire.

Mon frère !? Et bien merci, toi t'es un vrai comique

Car vous pouvez sacher que je suis un fils unique.

Dans tous les cas, c'est de ta famille

Et ça va changer potfermille !

Mais enfin, monsieur le loup...

A smoel toe! Taisez-vous !

Ton crime est sans excuse.

Ton berger et tes chiens me cherchent toujours des ruses

Et, plus de compliments.

Moi, je dois me venger.

 

Priez pour le petit schoop

Car le loup l'a mangé .

LE LOUP ET LE LEMMEKE
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Marco Valdo M.I.
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