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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 22:33

Pour me rendre à mon bureau

 

 

Chanson française – Pour me rendre à mon bureau – Jean Boyer – 1943 

Version complète : Interprétation Georges Tabet – 1943

 

Traction-avant 11  FFI - 1944
 

 

 

 

 

 

 

 

Notre ami Georges Brassens a certes produit une excellente version de cette chanson de Jean Boyer. Mais...

 

 

Cela ne se discute pas, dit Lucien l'âne en ouvrant des yeux plus grands que le ventre.

 

 

Mais cependant, Lucien l'âne mon ami, la version de Tonton Georges n'est pas complète. Il l'a raccourcie d'un couplet ; le dernier. Peut-être trouvait-il la fin de la chanson originale un peu, comment dire, triviale. D'un autre côté, il semblerait bien qu'elle – la version originale – ait été interprétée en 1943 par Georges Tabet. Ce sont là deux rectifications qu'il me faut apporter à ce qui en est dit dans les Chansons contre la Guerre. Je le fais d'autant plus volontiers que ce qui en était dit, était dit par moi.

 

 

C'est bien beau ton commentaire, mais dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, comment fait-on pour connaître la version originale ?

 

 

Tout simple, tout simple, Lucien l'âne mon ami. Comme il n'y en a aucune trace écrite sur le réseau Internet ; du moins, je n'en ai pas retrouvé, il suffit d'écouter chanter Georges Tabet et d'en retranscrire le texte intégral. Ce que j'ai fait et je vais donc t'offrir le privilège de la première version complète, accessible sur Internet.

 

 

Je suis très impatient de la connaître… Mais dis-moi de quoi parle-t-elle ?

 

 

Eh bien, ce ne fut pas si simple, car l'enregistrement est ancien et on ne fait que deviner le texte, couvert en partie par l'orchestre. J'ai dû l'écouter plusieurs fois… Mais enfin, on l'a. Ce qu'elle dit ? Tu le verras. Cependant, il te souviendra qu'à l'avant-dernier couplet – le dernier chez Brassens – le personnage marchait sur les mains… Et en ce temps-là, plus qu'aujourd'hui où on réprime sévèrement la chose, les chiens étaient sortis par leurs maîtres pour des promenades dites « hygiéniques » et laissaient sur le trottoir certaines déjections dures ou moelleuses, c'est selon. Donc, notre personnage finit par mettre la main sur une (ou plusieurs) de ces « choses », comme il est dit pudiquement dans la chanson. Et comme, un dicton dit, du moins dans la culture française – que « marcher dedans, ça porte bonheur... ». Le voilà qui retrouve la chance et peut racheter sa Traction-avant…

 

 

Ah oui, je vois… Si j'ose dire…, dit Lucien l'âne éberlué.

 

 

Mais voilà, ce n'est pas tout, mon ami Lucien l'âneÉcoute bien ce qui va suivre. Je reviens à une interprétation de la chanson, disons plus politique. Et là, la question de date a du sens. En gros, cette chanson décrit la situation de la France durant les années de guerre et la dégradation des conditions de vie. La Traction-avant, célébrissime voiture, avait été la voiture française la plus moderne et la plus techniquement avancée de l'immédiat avant-guerre et sa fabrication fut arrêtée en 1941 et ne reprendra qu'après la guerre. Donc, premier couplet : tout va bien, il achète une traction – on est en juillet 1939. Traduction : en France, c'est encore l'euphorie. De toute façon, l'armée française est la plus forte du monde… Qu'ils disaient ! On entend encore le « On les aura ! ». Quelques mois plus tard, la traction est réquisitionnée par les Allemands, qui entre-temps, ont pris Paris et la moitié de la France et de l'Europe. Les tractions réquisitionnées feront la guerre de l'Est de l'Europe à l'Afrique du Nord. À la décharge de cette excellente auto, elle fit aussi les beaux jours de la Résistance française (F.F.I.).

 

 

Bon, d'accord, mais que se passe-t-il ensuite ? Que raconte ton analyse politique ? Tu commences à m'intriguer et aussi, bien sûr, à m'amuser.

 

 

Alors, venons-en au deuxième couplet… On passe de l'auto au vélomoteur. En fait, il n'y a plus de carburant pour les civils… L'Occupation continue et le blocus s'intensifie… C'est l'ère des restrictions, qui vont aller en s'aggravant. Il ne reste plus qu'à se rabattre sur un vélo. Mais à ce moment, un vélo est devenu une marchandise hors de prix, quand on en trouve. Disons au marché noir… Mais un vélo, ça se vole… Et notre personnage se ruine à racheter des vélos… La chose n'est pas spécifiquement française… Vittorio De Sica en fera un film en 1948 : Le Voleur de Bicyclettes.

 

 

Et puis, après ?, dit Lucien l'âne. Cette fois-ci, tu m'intéresses encore plus.

 

 

Et puis après, il ne lui reste plus qu'à prendre le métro. Ce qui montre, Lucien l'âne mon ami, qu'on est donc bien à Paris. Lequel métro dans la chanson finit par s'arrêter… Ce qui ne fut pas le cas dans la réalité… C'est donc une sorte de projection. Je dis une projection, une anticipation. Car, si l'on avait écrit la chanson après la fin des hostilités, on aurait su cela. Passons. Plus de métro, il ne reste à notre personnage qu'à aller à pieds. Il achète des godillots – c'est du solide, mais ils finissent par rendre l'âme et les cordonniers n'ont plus de matière première non plus. À moins que le cordonnier ne fut Juif et expédié vers l'Est, à Auschwitz, par exemple ; via Drancy…

 

 

Mais cette chanson subitement prend une autre allure, dit Lucien l'âne. Et la suite, la suite ?

 

 

Ben, quand on aura liquidé tous les cordonniers, il ne restera plus qu'à marcher sur les mains… On verra le monde à l'envers… ce sera toujours mieux qu'à l'endroit. Là aussi, vois-tu Lucien l'âne mon ami, il faut lire entre les lignes ou comprendre le sens des mots et les gens comprenaient tout à demi-mot dans ces périodes troubles. Du moins, ceux qui comprenaient la langue et subtilités… Ce qui n'était assurément pas le cas de l'occupant. Dire qu'on préfère voir le monde à l'envers, c'est dire aussi qu'on ne le supporte pas à l'endroit…

 

 

En effet. Je vois bien de quoi il peut s'agir. Mais, Marco Valdo M.I., ne me fais pas languir… Dis-moi la suite...

 

 

Et puis, la fin, le couplet retrouvé… avec notre ami qui marche les mains nues dans la « chose qui porte bonheur » et ainsi trouve la force (ça me donnera du beurre… matière inaccessible elle aussi, sauf pour l'occupant et au marché noir, bien évidemment) pour attendre patiemment ma future Traction-avant… ( le mot « future » a toute son importance…) c'est-à-dire en clair la Libération et le retour de la fabrication des Tractions… laquelle n'est concevable qu'après la disparition des Allemands.

 

 

Mais alors, cette chanson, c'est une véritable histoire de la guerre et aussi, un message d'espoir, digne de Radio-Londres…, dit Lucien l'âne en riant, cette fois. Maintenant, entre nous, penses-tu que l'auteur avait imaginé tout ça, ce sens caché ?

 

 

Personnellement, je suis prêt à le penser. De toute façon, comme on l'a plusieurs fois montré ici, ce n'est pas nécessaire. La chanson, c'est un être vivant… Une fois créée, elle échappe à son auteur. La chanson a une vie autonome.

 

 

Voilà qui me réjouis. Elle est comme nous, elle tisse le linceul du vieux monde guerrier, censeur, oppresseur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Pour me rendre à mon bureau,

J'avais acheté une auto,

Une jolie traction avant

Qui filait comme le vent.

C'était en Juillet 39,

Je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois

D'avoir une voiture à moi.

Mais vint septembre,

Et je pars pour la guerre.

Huit mois plus tard, en revenant :

Réquisition de ma onze chevaux légère :

"Nein verboten" provisoirement.

 

Pour me rendre à mon bureau,

Alors j'achète une moto,

Un joli vélomoteur

Faisant du quarante à l'heure.

À cheval sur mon teuf-teuf,

Je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois

De rentrer si vite chez moi.

Elle ne consommait presque pas d'essence ;

Mais presque pas, c'est encore trop.

Voilà qu'on me retire ma licence,

J'ai dû revendre ma moto.

 

Pour me rendre à mon bureau,

Alors, j'achète un vélo,

Un très joli tout nickelé

Avec une chaîne et deux clefs.

Monté sur des pneus tous neufs

Je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois

D'avoir un vélo à moi.

J'en ai eu coup sur coup une douzaine,

On me les volait périodiquement.

Comme chacun d'eux valait le prix d'une Citroën,

Je fus ruiné très rapidement.

 

Pour me rendre à mon bureau,

Alors, j'ai pris le métro.

Ça ne coûte pas très cher

Et il y fait chaud l'hiver.

Alma, Iéna et Marbœuf,

Je me gonflais comme un bœuf

Dans ma fierté de bourgeois

De rentrer si vite chez moi.

Hélas par économie de lumière,

On a fermé bien des stations.

Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière

Qu'on supprima sans rémission.

 

Pour me rendre à mon bureau,

J'ai mis deux bons godillots

Et j'ai fait quatre fois par jour,

Le trajet à pied aller-retour.

Les Tuileries, le Pont Neuf,

Je me gonflais comme un bœuf,

Fier de souffrir de mes cors

Pour un si joli décor.

Hélas, bientôt, je n'aurai plus de godasses,

Le cordonnier ne ressemelle plus.

Mais en homme prudent et perspicace,

Pour l'avenir, j'ai tout prévu.

 

Je vais apprendre demain

À me tenir sur les mains. 

Je n'irai pas très vite bien sûr,

Mais je n'userai plus de chaussures.

Je verrai le monde de bas en haut,

C'est peut-être plus rigolo.

Je n'y perdrai rien par surcroît:

Il est pas drôle à l'endroit.

 

Pour peu que j'aie sur le trottoir la chance

De mettre la main en plein dedans,

En plein dans la chose à laquelle je pense,

Je serai l'homme le plus content.

Ça me portera bonheur

Et ça me donnera du beurre

Pour attendre patiemment

Ma future Traction-avant.

 

 
Pour me rendre à mon bureau
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Marco Valdo M.I.
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 10:39

GLOIRE ET LE SOLDAT

 

 

 

Version française – GLOIRE ET LE SOLDAT – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Gloria e il fante – Silvano Staffolani – s.d.

 

Texte Bruno Trillini – Musique Silvano StaffolaniRécit : "La ninna nanna de la guerra" - Trilussa – 1914

 

 

Il y a tant de balles, je ne sais où me cacher

Commandant commandant renonçons à faire la guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commandant commandant ne me fais plus tirer 
Il y a tant de balles, je ne sais où me cacher
Commandant commandant renonçons à faire la guerre

Demande ce soldat très attaché à sa terre.
L'ennemi là de front est mon voisin 
On jouait pleins de fantaisie dans cette source .

L'ennemi qui nous vise finalement n'est pas si mauvais 
Ils lui ont dit que c'est un concours pour trouver une nouvelle star.
Qu'ensuite il y aura la fête, suite à la victoire 
La gloire pour qui mourra, on dénombrera ceux qui resteraient .

Commandant commandant, j'ai quelque chose dans la tête
La balle errante m'empêche de faire la fête.
Un drap m'a embrassé, je suis passé à la mémoire
J'étais si amoureux de la vie à faire la fête.
Commandant commandant, voilà ici toute l'histoire
Portez un baiser à mon amie
Elle aussi s'appelle … Gloire.

 
 
GLOIRE ET LE SOLDAT
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 21:15

HOKA HEY

 

Version française – HOKA HEY – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson (Lombardo "Laghèe") italienne – Hoka HeyDavide Van De Sfroos1999

 

 

 

 

 

David parle souvent de minorités et les Indiens sont un de ses sujets préférés et une référence obligatoire dans son imaginaire. Hoka hey signifie « C'est un beau jour aujourd'hui pour mourir » et se réfère au souvenir du massacre de Wounded Knee, comme, de même manièrequelques annnées avant, Fabrizio De André et Massimo Bubola avaient fait avec «"Fiume Sand Creek » « Fleuve Sand Creek ». Les deux chansons sont incomparables : Fleuve Sand Creek est un chef-d'oeuvre et Hoka hey une bonne chanson, mais il est significatif qu'ils trouvent l'inspiration dans le même bouillon.

 

(Giorgio Maimone, de Bielle)

En somme, l'histoire est simple : un jeune Indien raconte le massacre de Wounded Knee , où des centaines d'indiens Cree – y compris femmes et enfants furent massacrés par la cavalerie étazunienne. Le but étant très simplement d'éliminer ces Indiens ou du moins, ce qui en restait encore. Il semble qu'il y ait là un parfum d'uranium. Ce massacre continue encore aujourd'hui. Ainsi va la Guerre de Cent Mille Ans. Au fait, quand va-t-on libérer le prisonnier politique indien Leonard Peltier, auquel Buffy Sainte Marie dédiait sa chanson Bury My Heart at Wounded Knee ?

 

 

 

 

Je dansais au bord du fleuve 
Je rêvais sur le rivage 
J'ai vu le ciel devenir plus sombre 
Le vent parlait avec la voix des tambours
Les Esprits chantaient la chanson de la peur 
Les gens hurlaient au bout de la plaine 
Hoka Hey… Hoka Hey 

Je me suis effrayé 
Je me suis enfui 
Chez moi, j'ai trouvé les miens 
Avec leurs visages peints 
J'ai ouvert la tente et regardé dehors 
C'était plein de Bleus 
Ce qu'ils voulaient… 
Je l'ai compris après 
Wounded Knee ! 
Hoka Hey…. Hoka Hey

 

Uacatroia Uakantanka 
Ici, il ne nous manque rien
Pourquoi les visages pâles veulent-ils toujours tout à eux
Nous étions là bien peints 
Avec la plume sur la tête 
Ils nous ont pris pour des Alpins 
Et ils ont commencé à nous faire boire la grappa.

 

Leurs trains pleins de gens mangent notre plaine 
Nous avons essayé prendre leurs femmes ; trop dur de les déshabiller. 
Wakantanka, fais attention aux macaques 
Au visage blanc. Nous sommes venus te retrouver 
Mais maintenant ici, c'est une banque. 
Sur la plage ont débarqué 
D'une île qui voyage 
Un Génois qui s'était trompé de route 
Et puis, les autres avec leurs épées…. 

Mais ceux-là, qui semblent des poissons argentés
D'abord, ils m'ont photographié 
Et ensuite, ils ont tiré… 
Wakantanka, fais attention aux macaques 
Au visage blanc. Nous sommes venus te prier 
Mais maintenant ici, c'est une banque. 
Nous avons essayé de les écouter 
De discuter sous une tente 
De réponse, ils n'en ont jamais donnée
Et la question, ils l'ont volée…. 

Hoka Hey…. Hoka Hey

 
 
HOKA HEY
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Marco Valdo M.I.
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 22:45

DÉLIVRE-NOUS SEIGNEUR

 

Chanson italienne – Libera nos Domine – Francesco Guccini – 1978

Version française – Délivre-nous Seigneur – Marco Valdo M.I. – 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette canzone de Guccini ressemble furieusement à un chant venu de l'enfer, de l'enfer terrestre, bien évidemment ! Y en aurait-il un autre ? Victor Klemperer, Allemand et Juif, qui avait échappé de justesse à la solution finale, disait dans LTI (Lingua Tertii Imperii – essai philologique sur la Langue du Troisième Reich), tout le bien qu'il pensait des fanatismes et des fanatiques. C'est cela même, débarrassez-nous des fanatiques serait un excellent résumé de cette chanson.

Marco Valdo M.I., de son côté, propose (depuis des années déjà) un petit slogan  qui pourrait lui aussi figurer la chanson de Guccini :

 

 

« Fanatiques de tous les pays, calmez-vous ! »

 

 

 

D'une mort sèche et noire, d'une mort pas naturelle

D'une mort prématurée, d'une mort industrielle

Par les mains de la police, d'un fou ou générale

Dioxine ou colorant, d'un accident de la route

des balles perdues de tous types et idéals

de tout cela ensemble et de tout autre infortune

Délivre, délivre, délivre

Délivre-nous, Seigneur !

 

De tous les imbéciles de toute race, de toute couleur

De ces foutus calotins et de leur odeur

Des jacobins fous et de leur ardeur

des visionnaires et des martyrs de la haine et de la terreur.

De celui qui t'envoie au paradis en disant « C'est par amour »

Des manichéens qui te hurlent « Ou avec nous ou traître »

Délivre, délivre, délivre

livre-nous, Seigneur !

 

Des pauvres d'esprit et des intolérants

Des faux intellectuels, des journalistes ignorants

Des héros, des navigateurs, des prophètes, des devins, des saints

Des sûrs d'eux, des présomptueux et des arrogants

De notre égoïsme malsain

Délivre, délivre, délivre

Délivre-nous, Seigneur !

 

De toi, de tes images et de ta peur

Des prêtres de tout credo, de toutes leurs impostures

Des enfers et des paradis, d'une vie future

Des utopies pour endormir cette mort certaine

Des croisés et des croisades, de toute écriture sainte

Des fidèles envahissants de tous types et de toutes natures

Délivre, délivre, délivre

Délivre-nous, Seigneur

Délivre, délivre, délivre

Délivre-nous, Seigneur !

 

 

 
Libera Nos Domine (Délivre-nous Seigneur)
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Marco Valdo M.I.
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 12:54

ANNA VIENDRA

 

Version française – ANNA VIENDRA – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Anna verrà – Pino Daniele – 1989

 

 

 

 

Anna viendra

Et ce sera un jour de plein soleil.

 

 

 

Anna viendra

Avec sa façon de nous voler en dedans.
De sourire à cette liberté...
Nous avons un monde à changer,
Nous nous émouvons encore face la mer.
Anna viendra
Et ce sera un jour de plein soleil.
Alors, on se cherchera
Pour rêver peut-être encore,
Encore…
Anna, dis-moi :
Elle est si loin la mer ?

Anna viendra
Avec sa façon de vous regarder au dedans.
Dis-moi quand cette guerre finira
Nous qui avons un monde à changer
Nous qui regardons en arrière
En cherchant à ne pas nous tromper
Anna viendra
Nous recueillerons les chiens des rues
On inventera une autre chose
Pour n'être plus seuls
Anna, dis-moi
Elle est si loin la mer...

 

 
 ANNA VIENDRA
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Marco Valdo M.I.
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:36

Par le Grand Manitou

 

Chanson de langue française – Par le Grand Manitou – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

Par le Grand Manitou,

 

Fanatiques de tous les pays, 

 

Calmez-vous !

 

 

 

 

Pourquoi ce Grand Manitou ?, demande Lucien l'âne en inclinant la tête du bon côté.

 

 

Oh, Lucien l'âne mon ami, car il y avait dans ma jeunesse, une ritournelle – d'où venait-elle ? - qui précisément disait : « Par le Grand Manitou ». Et ces ritournelles sont souvent un bon départ pour une parodie ; alors la tête s'emballe, la ritournelle tourne, tourne, peuple le moindre silence et l'oreille n'entend plus qu'elle.

 

 

Moi, je m'en souviens bien aussi et je peux même te dire que cette ritournelle n'était pas anonyme. C'était une chanson-scie du dénommé Jim Larriaga et chantée par le dénommé Carlos qui en fit un vrai tube. Comme disait Boris Vian, qui avait le premier usé de ce terme à cet usage. Vian précisait : un tube, c'est creux, c'est plein de vide. Pour en revenir à ta ritournelle, la chanson creuse s'intitulait : « Y a des Indiens partout ». C'était vers 1970.

 

 

Mais évidemment, Lucien l'âne mon ami, cette solennelle sonnerie, qui n'avait d'autre prétention que de se vendre aux radios, aux télés, aux entreprises de spectacle, en concert et sous forme de disque, ce parfait produit de l'industrie médiatique vaut le détour. Allons-y. Et je te la détourne aux fins de dire la rage qui me tient contre ce monde où le meurtre individuel ou collectif tient la vedette, où l'on assassine à qui mieux mieux : à la main, au pied, à l'oreiller, au couteau, à la hache, au poison, au fusil, à la mitraillette, au canon, à la bombe, à la fusée… et j'en passe. Et le pire, c'est qu'on ne peut même pas espérer qu'en tuant les tueurs, on réglera le problème. Ou alors, il faut les tuer tous, y compris nous-mêmes, dès lors.

 

 

Tu proposes un homicide collectif… Ce serait, en effet, une solution. Mais je te signale que statistiquement, chaque fois qu'on en tue beaucoup – disons pour les dernières grandes opérations : on en avait tué quelques dizaines de millions. La dernière grande, disons très grande, c'était dans les années 1940. Quarante ou cinquante millions de morts – on va pas chicaner. La population humaine globale à l'époque tournait autour du double milliard – deux milliards trois cent millions. Et à présent ? Aujourd'hui, on va doucement vers les neuf milliards. Alors, si on veut y mettre fin, les mettre hors jeu tous ensemble, il y aura du boulot… Et en plus, il faudra faire vite et tout, vraiment tout éradiquer. Sinon, ça repartira de plus belle. Mais évidemment, c'est impossible… En fait, c'était juste façon de montrer que ce n'est pas une solution praticable. Alors ?

 

Alors ? Alors, Lucien l'âne mon ami, il nous faut tous – y compris les cons et ce sera le plus difficile – tenter de faire enfin advenir l'homme. Oh, pas un surhomme, pas un homme parfait… Mais enfin, un homme, au sens générique, bien entendu. Un homme, une femme, peu importe son genre, peu importent ses goûts, mais un homme, une femme sans Dieu, sans prophète, sans religion… Bref, un être humain, tout simplement. Un homme, une femme enfin libre. Un homme, une femme qui diraient :

 

« On vit on mange et puis on meurt
Vous ne trouvez pas que c'est charmant
Et que ça suffit à notre bonheur
Et à tous nos emmerdements

Y en a marre ! » 
[[7794]]

 

Moi aussi, Y en a marre !, dit Lucien l'âne, comme tous les animaux, nous en avons tous marre de ces crétins assassins et des autres destructeurs de la planète… Que les humains s'entretuent, passe encore. C'est con !, mais passe encore ; ça les regarde. Mais leur connerie met le monde en danger et c'est aussi notre monde. Et là, ça nous regarde aussi, oui, à nous, les ânes ou n'importe lequel des êtres vivants de cette planète. Alors ? Et bien Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche, lente, lourde, pensante, répétitive, mais qui me semble indispensable et tissons le linceul pour nos amis – oui, aujourd'hui, certainement, mais aussi celui de ce vieux monde con, rongé par les mythes, les religions, les prophètes, les dieux, les Livres et autres cuistreries et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Par le Grand Manitou,

Fanatiques, calmez-vous !

S'il vous plaît de mourir,

Nous, on préfère rire.

 

Par le Grand Manitou,

Cette Terre est peuplée de fous.

Dans ce monde de cinglés,

On est tous enfermés.

 

Par le Grand Manitou,

On se tue tout partout.

On ne peut plus rigoler,

On va se faire flinguer.

 

Par le Grand Manitou,

Après tout, on s'en fout.

Ils peuvent bien tirailler,

On va pas s'incliner.

 

Par le Grand Manitou,

Ils sont vraiment beaucoup.

Démons déments dérangés

Il faudrait les soigner.

 

Par le Grand Manitou,

Fanatiques, calmez-vous !

S'il vous plaît de mourir,

Nous on préfère rire.
Par le Grand Manitou
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Marco Valdo M.I.
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:49

Le Rire de Charlie

 

 

Chanson de langue française – Le Rire de Charlie – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

 

Je pensais, Lucien l'âne mon ami, je pensais ne plus écrire de chansons… À quoi bon ? J'hibernais au creux de mon arbre. Et puis, d'un coup, un cri, un appel m'a réveillé… C'était Charlie, Charlie qui disait :

« Je suis Charlie.

Au secours, les cons nous cernent

Et ils tirent.

Je suis Charlie. »

En mon cœur, ce fut en un instant l'hiver et l'effroi. L'autodafé est revenu. J'ai senti le retour d'un vent pestilentiel qu'un temps on a cru pouvoir éteindre. Il y a maintenant d'autres tueurs en ville. Mais face à cela, il n'y a pas trente-six mille manières d'être. Ora e sempre : Resistenza ! Ô, Lucien l'âne mon ami, que l'humanité de l'homme est difficile à faire advenir…

 

 

Je l'entends bien ainsi, moi qui depuis des milliers d'années traîne mes sabots parmi mille sortes de gens, je le sais bien que rien n'est encore abouti. Je le sais bien que l'homme humain est encore à faire.

 

 

Donc, Charlie, tu le connais Charlie… a été attaqué et martyrisé par on ne sait quels sauvages imbéciles et moi qui, comme je te l'ai dit, n'avait plus trop le goût à la chanson, rapport à l'hibernation -, je me suis senti soudain repris par cette envie d'écrire, d'écrire pour ne pas laisser tomber Charlie dans le néant où on a voulu le jeter. Et, vois-tu Lucien l'âne mon ami, j'ai tout aussitôt compris que ni toi, ni moi, le cœur et l'âme, ne pourrons pas abandonner de sitôt la tâche qu'imprudemment, pensais-je, nous nous étions donnée. Voilà que comme le dessin, la caricature, nos textes se mettent à être de petits riens essentiels de la vie. Bref, nous ne pouvons pas laisser tomber, les mots, les mots – sous toutes leurs formes – finalement construisent l'humain dans l'homme. Face à la barbarie – et c'est vraiment de ça qu'il s'agit…

 

 

Oui, tu ne penses pas si bien dire… Les mots ont toujours été le rempart le plus efficace contre la barbarie. Et laisse-moi dire que je connais Charlie et que je ne sais ce qu'ils avaient en tête en tuant ces bonnes gens, mais ce que je sais, c'est que Charlie ou ce qu'il incarnait vivra demain, après demain et peu importe qu'on le brûle, qu'on le détruise, il resurgira. Il avait pris le relais d'un autre iconoclaste, qui lui-même prenait la succession… En remontant on y trouverait en vrac : Voltaire, Meslier et Valdo lui-même.

 

 

Dès lors, j'ai pris ma plume… Oui, ma plume, une plume à l'encre, un vieux cahier et j'ai jeté quelques mots… Justement, ce message de Charlie… Et puis, cette pensée de Desproges, dont on parlait l'autre jour… « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Oui, c'était le rire de Charlie, un rire homérique, le rire face à la connerie… Seulement voilà, les cons, c'est dans leur nature ou dans leur culture – comme on voudra, les cons ne rient pas, ils tirent. Comme disait Brel : « Chez ces gens-là, Monsieur, on ne pense pas, On ne pense pas, on tire ». Et puis, tu connais ça, la musique, la musique des mots est venue et sortant d'un lointain paysage, peut-être de la prison de Mons, là-bas au coin de ma rue, j'ai entendu Verlaine, Verlaine qui me soufflait de belles sonorités… tirées de ses romances sans paroles. Cette voix de l’autre siècle chantait :

« Ô triste, triste était mon âme... ». J'ai tout mis ensemble et voilà...

 

 

Bon, voyons cette chanson… Qu'elle soit bonne ou mauvaise… Mais sous de tels auspices, j'imagine qu'elle doit se comporter vaillamment. Cela dit, revenons à notre tâche et avec ta chanson, tissons le linceul de ce vieux monde plein de barbares, assassin, stupide, croyant, crédule, religieux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Je suis Charlie.

Les cons nous cernent

Ils tirent.

Je suis Charlie.

 

On peut rire de tout

Il n'y a rien de meilleur pour la tête

On doit rire de tout

Surtout, surtout des prophètes.

 

Ô triste, triste est mon âme

À cause, à cause d'une bande infâme

Je ne peux m'en consoler

Mon cœur est à jamais blessé.

 

Je suis Charlie.

Les cons nous cernent,

Ils tirent.

Je suis Charlie.

 

On peut rire de tout.

Rire, c'est la fête et la vie à la fois.

On doit rire de tout :

Des dieux, des croyances et des fois.

 

Mon cœur et mon âme

Maintenant sont en flammes.

Jamais, jamais, je n'accepterai

Mon cœur et mon âme piétinés.

 

Je suis Charlie.

Les cons nous cernent,

Ils tirent.

Je suis Charlie.

 

On peut rire de tout,

Joie de l'homme et de l'existence.

On doit rire de tout :

Des religions et des croyances.

 

Mon cœur, mon cœur sensible

Dit à mon âme : est-il possible ?

Est-il possible – les crétins,

Qu'on tue le rire pour le rien ?

 

Je suis Charlie.

Les cons nous cernent,

Ils tirent.

Je suis Charlie.

 

On peut rire de tout;

Le rire rend heureux.

On doit rire de tout :

Ne par rire, c'est mourir un peu.

 

Mon âme dit à mon cœur :

Ces gens-là sont sans pudeur.

Jamais, je n'entends me soumettre

Ni à leur Dieu, ni à leurs Maîtres.

 

Je suis Charlie.

Les cons nous cernent,

Ils tirent.

Je suis Charlie.

Le Rire de Charlie
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Marco Valdo M.I.
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:24

L'Injure

ou

Prophètes, dieux et déesses

 

Chanson française – L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses – Marco Valdo M.I. – 2013

 

 

 

 

 

« Noi, non siamo cristiani, siamo somari... » est une de nos devises et elle est particulièrement indiquée pour cette chanson où il est question des prophètes, des dieux et des déesses et de leurs aficionados. Tous d'une susceptibilité effrayante et prompts aux insultes et aux massacres.

 

 

Voilà bien un étrange sujet... et pourquoi donc te préoccupes-tu des dieux, des prophètes et des déesses, à présent ?, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses dents. J'imagine que tu es repris d'une crise d'aédisme... Cependant, je croyais la question réglée depuis la plus haute Antiquité par mon maître Épicure... Qui, s'il n'avait pas explicitement fait profession d'athéisme, avait tranquillement renvoyé les dieux à leurs oignons et aux joies de l'Olympe en les priant de foutre la paix aux humains. Les humains et les vivants, la terre et le réel d'un côté et les dieux de l’autre, dans le néant. Chacun chez soi et les vaches seraient mieux gardées et la pauvre Io à l'abri de ce vieux libidineux pervers et travesti.

 

 

Certes, certes, il me faut sans doute expliquer un peu le pourquoi du comment et quelle mouche m'a piqué., dit Marco Valdo M.I. Tout est venu de ce que le jeune Alber Saber, étudiant en philosophie du côté du Caire ou d’Alexandrie ou de quelque part en Égypte, a dû fuir son pays, car il était poursuivi par la justice pour le crime d'athéisme. Comme on avait déjà tenté de l'assassiner plusieurs fois, comme il avait déjà goûté aux prisons locales, il a préféré s'exiler quelques temps, si ce n'est pour la vie entière – ce que je lui conseillerais volontiers. Apprenant son aventure et lisant le même jour que le stercoraire, le fameux bouseux d'Aristophane, cet insecte qui pousse par devant lui une boule de merde, traversait l'univers comme nos plus vaillants capitaines en se guidant sur les positions de la Voie Lactée [http://www.cell.com/current-biology/retrieve/pii/S0960982212015072] et me souvenant que ce bouseux, bouffeur de merde était – pour les mêmes Égyptiens et depuis la plus haute Antiquité, le Dieu vivant sur la Terre, j'en ai fait cette chanson. Que je vais faire précéder de la lecture intégrale de ma traduction du petit article de l'Uaar (Union des Athées et Agnostiques rationalistes – italiens) qui raconte l'histoire d'Alber Saber. Voici donc la chose :

« 

Le blogger athée Alber Saber fuit l'Egypte


L'Égyptien Alber Saber, le jeune blogger athée condamné à trois ans pour blasphème et libéré sous caution en attente de la fin de son procès, a quitté son pays. En Egypte, après la révolution qui a mis fin au régime de Hosni Mubarak, on est remporté les élections les Frères Musulmans représentants du président Muhammed Morsi. Et une chape d'obscurantisme est ombée sur ceux qui étaient accusés d'offenser l'Islam.

 

La procédure judiciaire contre Saber, au tribunal pour avoir géré un groupe Facebook d'athées, n'est pas encore terminée. Le jeune homme a décidé de fuir l'Egypte en préférant l'exil ce 26 janvier, date de la dernière audience, pour sauvegarder lui-même et sa famille. Il l'explique dans une longue et passionnent interview

au Daily News Egypt. Il y raconte son expérience de vie, son activité pour la laïcité et les droits. Et où il esquisse le cadre politique égyptien, dans l'espoir qu'il puisse évoluer.

 

Malgré les menaces et les agressions subies même pendant le procès et en prison, Saber revendique le droit d'affronter et de critiquer la religion. « Je n'ai jamais renié mon athéisme », explique-t-il, « Ce sont mes opinions et elles se basent sur des études sérieuses de religion comparée », ajoute-t-il en rappelant qu'il est étudiant en philosophie. La police, au lieu de le protéger, l'a arrêté. Ses camarades de cellule ont été montés contre de lui et le soumettaient à des vexations : il leur avait été dit que Saber « avait insulté aussi bien le christianisme que l'Islam ». Tant qu'un d'entre eux lui a blessé le cou avec un rasoir.

 

Alber Saber raconte comment il est devenu athée, entre 2001 et 2005...

Bien avant la révolution, il rejoint les mouvements contre le gouvernement. Il fréquente l'université, où il révèle que les islamistes, le considérant « dangereux » pour ses vues critiques, le provoquent constamment et tentent de l'assassiner par trois fois.

 

Il expose donc ses vues laïques et démocratiques, en critiquant la pesante influence de la religion sur la politique et sur les lois. « J'estime que nous devrions avoir des mariages civils », explique-il. Pour arriver à la laïcité de l'État il faut selon Saber « accroître la conscience » : « nous devons expliquer ce que signifie vraiment le mot « laïcité » », « comment l'État soit une institution et ne puisse pas adopter une religion particulière. Nous avons besoin d'expliquer des choses comme la « dictature de la majorité » et que la démocratie signifie aussi protéger les droits des minorités ».

 

Il critique également la Constitution à peine approuvée pour sa position confessionnaliste. Il explique que dans l'article 44 on dit que des « prophètes et autres figures religieuses ne peuvent pas être insultés ».

« Les chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète : est-ce une insulte ?  », se demande-il, « Si un chrétien l'affirme, devrait -il être soumis à un jugement ?» 

« Les islamiques ne croient pas que Jésus soit Dieu : est ce une insulte aussi ? »

 

Saber est un activiste politique qui retient la laïcité indispensable pour une démocratie accomplie. Il militait entre autres dans le National Association for Change, formée de mouvements qui soutenaient Mohamed El Baradei à la présidence et s'opposait à l'autorité stricte du président Morsi. « Je ne crois pas dans un « État civil » » — un « euphémisme » employé par les laïques en Égypte pour ne pas irriter les intégristes islamiques — « un État non religieux s'appelle « État laïque » et c'est ainsi que nous devrions l'appeler », revendique-t-il.

 

Une histoire, celle du jeune Alber Saber, qui représente vraiment l'espoir pour un printemps arabe dont puisse émerger une nouvelle génération laïque. Avec des jeunes engagés qui s'activent pour la défense des droits civils et de la démocratie, contre l'intégrisme religieux qui prend pied. Une leçon que nous devrions apprendre même en Italie. Les vicissitudes d'Alber Saber, auquel va notre solidarité, doivent ensuite nous faire réfléchir sur les cas croissants de non-croyants persécutés dans le monde. Des cas, rappelés aussi par le Center for Inquiry, qui ne trouvent malheureusement pas d'espace sur nos moyens d'information.

 

La rédaction

(http://www.uaar.it/news/2013/01/29/blogger-ateo-alber-saber-lascia-legitto/)

Comme tu le verras par le jeu des poils, cette chanson se veut rattachée aux traditions de chansons d'étudiants – manière de saluer Alber Saber l'étudiant en philosophie persécuté et d'affirmer haut et fort une joyeuse impiété. Car Noi, non siamo cristiani...

 

 

Finalement, je trouve que tu as très bien fait de raconter cette double histoire et je pense quant à moi, qui je le rappelle à dessein, moi qui suis un âne – depuis la plus haute Antiquité et qui ai vu bien des massacres à Jérusalem, par exemple où ils se sont tous entretués avec véhémence, sur les bûchers d'Espagne et de Navarre, dans Paris-même un jour de Saint-Barthélémy, sans compter les persécutions contre les amis de Valdo et contre Valdo lui-même, sans compter tout se qui se fit et se fait au nom de Dieu ou de ses prophètes, simple maquillage de l'ambition de domination et de possession indue du monde, camouflage utilisé dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent avec une triste obstination contre les pauvres, je pense donc que nous qui en effet : « Non siamo cristiani, siamo somari » – nous devons reprendre notre tâche et tisser le suaire de ce vieux monde menteur, hypocrite, croyant car crédule et crédule car croyant, oppresseur, massacreur, d'une infinie stupidité et définitivement cacochyme.

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

On ne peut insulter les dieux ni les déesses

Poils aux tresses

Et moins encore les prophètes

Poils aux côtelettes

Les Chrétiens ne croient pas que Mahomet soit un prophète

Poils sur la tête

Est-ce une injure ?

Poils sous la ceinture

Les Islamistes ne croient pas que Jésus soit un Dieu

Poils aux yeux

Est-ce une injure ?

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

 

 

Les Hindous qu'on le sache

Ont la plus grand dévotion pour la vache

Poils à la moustache

Les Mayas adoraient un oiseau- serpent

Poil aux dents

Les Incas se disaient fils du Soleil

Poils aux oreilles

Les Babyloniens avaient un dieu-poisson

Poils à l'hameçon

Et nul n'y voyait d'injure

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

 

 

Les Égyptiens depuis la nuit des temps

Poils aux dents

Regroupés sur les bords du Nil

Poils au nombril

Croient que le coléoptère stercoraire

Poils au derrière

Poussant sa boule de merde séchée

En se fiant à la Voie Lactée

Poils aux péchés

Est le Dieu vivant, le grand Ra de lumière

Poils à la mentonnière

Et nul n'y voyait d'injure

Poils sous la ceinture

Ma noi, non siamo cristiani,

Siamo somari

Et nous qui ne sommes pas chrétiens

Nous sommes des humains

Poils dans la main

Humains, nous ne croyons

Poils aux ischions

Ni au Tout puissant, ni à ses prophètes, ni à son fils

N'y voyez pas malice

Poils au pubis

L'Injure ou Prophètes, dieux et déesses
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Marco Valdo M.I.
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 18:50


Au secours ! Les cons nous cernent !
Et ils tirent....


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 
Je suis Charlie
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Marco Valdo M.I.
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 22:32

Ces Gens-là

 

 

Chanson de langue française – Ces Gens-là – Jacques Brel – 1966

 

 

 


Mais quand même… Alors, Brel…

 

 

 

 

« Et si la France n'était pas la France, tous les Français seraient des étrangers ! », disait Pierre Dac se remémorant De Gaulle. Et si la chanson française n'était pas française ? Comment faut-il dire ? Donc, il y a la chanson française et la chanson de langue française – Zacharie Richard, par exemple ou Claude Léveillée ou Diane Dufresne ou Eddie Constantine… Mais quand même… Alors, Brel… Lucien l'âne mon ami, Brel, c'est toute une histoire. D'abord, on l'aime. Et puis, on ne l'aime plus. Et on ne sait pas pourquoi. Et puis, on l'aime de retour. Pour de bon, cette fois. On ne sait toujours pas pourquoi. Enfin, on l'aime toujours, même s'il n'est plus là. Enfin, c'est mon histoire à moi. Cette histoire de rien que je t'ai racontée là. Mais enfin, quand on l'entend, quand on le voit, quand on l'entend en le voyant, quand on le voit en l'écoutant… C'est toute une histoire, ce Brel-là. Bien des gens en savent plus que moi sur lui et bien sûr, d'autres gens gens en savent beaucoup plus sur moi que lui. Et puis, il y a l'autre, celui que je n'aime pas, un Brel aussi déguisé en scout, celui-là je ne l'aimais pas. Je ne l'aime toujours pas.

 

 

Comme je te comprends, Marco Valdo M.I., mon ami. Il y a bien eu deux Brels et on peut ne pas aimer les scouts. Moi non plus, j'aime ce Brel-là. Ceci dit, en ce début d'année, te voilà bien caustique !

 

 

D'abord, pour les scouts, j'aimais bien Hamster Jovial. Et puis, c'est peut-être bien la faute à 2015, un an caustique ! Enfin, passons ! Je disais tout ça de Brel, car je suis tout pantois devant une chanson comme ça à me demander pourquoi elle est si comme ci, si comme ça… Elle a l'air de rien dire, et elle dit tant. Elle va au cœur des gens, au cœur de ces gens-là, au cœur de ce monde-là, ce monde où macère une humanité vague, où se ruminent d’étranges sentiments... de l'envie, de l'ambition. C'est dans ce bourbier-là, Monsieur, dans ce bourbier-là où ça clapote, dans ce bourbier-là qu'on clabaude, où fermentent les miasmes qui empuantent et où prospèrent de grandes haines contre l'exogène. Donc, canzone du fond du marigot de la peste brune, bleue, verte, noire… On en a tout un spectre… Les chemises, ah, les chemises... Méfiez-vous des chemises, quand elles se rassemblent, quand elles pullulent, même quand elles sont blanches ou claires. Bref, il y a là, dans la chanson de Brel, tout un peuple… Bien décrit. On le reconnaîtra aisément.

 

 

Quand je disais, dit Lucien l'âne d'un ton sombre comme le bout de ses cils, quand je disais que dans la Guerre de Cent Mille Ans , que les riches font aux pauvres afin d'assurer leurs richesses et de pouvoir les étendre indéfiniment, l'important était de choisir son camp et ses rêves… À chaque seconde, à chaque moment de la vie. Brel a raison : « Faut pas jouer les riches - Quand on n´a pas le sou ». 

 

 

Je formulerais la chose un peu différemment : "Faut pas se mettre dans le camp des riches quand on n'a pas le goût". Nous on a choisi le nôtre, cap en avant toute, moussaillon et reprenons notre minuscule tâche et tissons le linceul de ce vieux monde convenable, croyant, crédule, prospère et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

À propos d'Hamster Jovial, pour ceux qui ne le connaissent pas...
le voici :

Hamster Jovial
et en image :
Hamster Jovial

Un gars sympa, non ?

Cordial

Lucien Lane

 

D’abord, d’abord, il y a l’aîné ;
Lui qui est comme un melon,
Lui qui a un gros nez,
Lui qui ne sait plus son nom,
Monsieur, tellement qu´il boit,
Tellement qu´il a bu,
Qui ne fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n´en peut plus,
Lui qui est complètement cuit,
Et qui se prend pour le roi,
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu´on retrouve matin
Dans l´église qui roupille
Raide comme une saillie,
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l´œil qui divague.
Il faut vous dire, Monsieur,
Que chez ces gens-là,
On ne pense pas, Monsieur,
On ne pense pas, on prie.

Et puis, il y a l´autre
Des carottes dans les cheveux,
Qui n'a jamais vu un peigne,
Qui est méchant comme une teigne,
Même qu´il donnerait sa chemise
À des pauvres gens heureux ;
Qui a marié la Denise,
Une fille de la ville,
Enfin, d´une autre ville
Et que ce n´est pas fini,
Qui fait ses petites affaires
Avec son petit chapeau,
Avec son petit manteau,
Avec sa petite auto,
Qui aimerait bien avoir l´air
Mais qui n'a pas l´air du tout –

Faut pas jouer les riches
Quand on n´a pas le sou – 
Il faut vous dire, Monsieur,
Que chez ces gens-là,
On ne vit pas, Monsieur,
On ne vit pas, on triche.

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n´importe quoi.
Et du soir au matin,
Sous sa belle gueule d´apôtre
Et dans son cadre en bois,
Il y a la moustache du père
Qui est mort d´une glissade
Et qui regarde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands slurps,
Et ça fait des grands slurps.
Et puis, il y a la toute vieille
Qui n'en finit pas de vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu que c´est elle qui a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
Ce que ses pauvres mains racontent.
Il faut vous dire, Monsieur,
Que chez ces gens-là,
On ne cause pas, Monsieur,
On ne cause pas, on compte.

Et puis et puis
Et puis, il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil
Que moi j´aime Frida.
Même qu´on se dit souvent
Qu´on aura une maison
Avec des tas de fenêtres,
Avec presque pas de mur,
Et qu´on vivra dedans,
Et qu´il fera bon y être,
Et que si ce n´est pas sûr,
C´est quand même peut-être
Parce que les autres ne veulent pas,
Parce que les autres ne veulent pas.
Les autres, ils disent comme ça,
Qu´elle est trop belle pour moi,
Que je suis tout juste bon
À égorger les chats.
Je n´ai jamais tué de chats,
Ou alors, il y a longtemps,
Ou bien, j´ai oublié,
Ou ils ne sentaient pas bon.
Enfin, ils ne veulent pas.
Parfois quand on se voit – 
Semblant que ce n´est pas exprès – 
Avec ses yeux mouillants,
Elle dit qu´elle partira,
Elle dit qu´elle me suivra.
Alors pour un instant,
Pour un instant seulement,

Pour un instant
Alors moi je la crois, Monsieur,
Pour un instant,
Pour un instant seulement, Monsieur.
Parce que chez ces gens-là,
Monsieur, on ne s´en va pas.
On ne s´en va pas, Monsieur,
On ne s´en va pas

On ne s'en va pas...
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre

Chez moi.

 

 
Ces Gens-là
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Marco Valdo M.I.
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