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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 14:46

L'ARMÉE MUETTE

 

 

 

 

Version française – L'ARMÉE MUETTE – Marco Valdo M.I. – 2015

Canson italienne – Esercito silente – Carmen Consoli – 2015

 

de "L'abitudine di tornare" (2015)

 

 

 

 

Funérailles de Giovanni Falcone

 

 

 

 

Palerme : guerres et faidas de mafia, l'état absent qui paraît seulement aux enterrements, la loi du silence, la lutte de Peppino Impastato, le massacre de la construction de l'aéroport de Punta Raisi, aujourd'hui dédié à Falcone et Borsellino.

 

 

Ô, Marco Valdo M.I. mon ami, toi qui m'avaiconté l'histoire de Salvatore Carnevaledit Turi, celle de Rita Atria [[37309]] et celle de Peppino Impastato [[6391]] et ses Cent pas [[4266]] et de plein d'autres encore, comme ce Néron échappé de la paléohistoire [[7890]]… te voilà revenu une fois encore en Sicile et une fois encore, tu racontes cette même histoire de cette île rongée par cette gangrène mafieuse…

 

 

Et finalement pire que tu l'imagines, car cette île transmet sa peste aux autres parties du monde. Bien sûr, la canzone de Carmen Consoli parle de l'île et de ces bandes de demeurés morticoles, qui entretiennent un rapport lointain avec la civilité et l'urbanité, mais elle parle surtout de Palerme, cette ville elle aussi malade de la peste, cette ville où se concentre le mal. Quand je dis elle, je dis la chanson, mais aussi la chanteuse. Une fille de cet étrange pays, une femme de talent et de courage. De ce courage qu'ont eu tous ceux qui s'en sont pris à la pieuvre et à ses tentacules. Ce courage aussi de dire ses vérités à la face d'une ville taiseuse, silencieuse face aux exactions, face aux tueurs, face aux menaces, face aux chantages, face aux maîtres-chanteurs, face aux petites frappes et aux grandes gueules, face à cette armée muette qui se terre et vit de complicité avec l’innommable. Une armée lâche, ralliée à la sournoiserie et aux mesquineries de l'avidité. En fait, vois-tu Lucien l'âne mon ami, si l'on replace cette histoire de mafia dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour maintenir leur domination, pour étendre leur pouvoir, pour accroître leurs richesses, pour exploiter encore et toujours plus les êtres humains et tout ce qui les entoure, donc si on les remet à leur place, on comprend très bien qu'ils ne sont finalement qu'une sorte de milice à la solde des riches et rien d'autre. Certes, je te l'accorde, ils en tirent eux-mêmes profit, comme le font tous ceux qui se nourrissent au détriment des autres. En fait, ce sont des parasites…

 

 

Et encore, c'est gentil. Car si on les compare aux termites, on constate que les termites mangent le bois mort et ont ainsi un rôle extrêmement positif, tandis que ceux-là vivent de la substance vivante. Alors, face à ces morticulteurs, tissons le linceul de ce vieux monde compromis, comploteur, gangrené, parasité et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Comment peut-on croire que cette ville

Baignée par le soleil et la mer pourra oublier

Ses anciennes rancunes et ses blessures ouvertes

Ses faidas historiques, le chagrin des mères qui jamais plus n'embrasseront leur enfant

L'État très désolé qui dépose une couronne tricolore marquée « absent

Mais derrière les persiennes, les vieux et les enfants observent

 

Le cortège long et ému, Général, c'était là votre armée.

 

Dieu sait si le bon Dieu connaît cet enfer

S'il y a un plan pour le racheter

Paix et espérance non !, elles ne vivent pas de ce côté

C'est un immense désert

Dieu sait si le bon Dieu pardonnera le silence

 

Comment peut-on croire que cette ville

Baignée par le soleil et la mer saura oublier

Les offenses gratuites, les agonies souffertes

Les luttes historiques de celui qui défia le milieu à coups de musique et de poésie

Les regards stupéfaits des gens qui n'ont jamais rien vu, ni rien entendu

Les avions volent et les sillages comme des trames s'enlacent

Cet aéroport : un massacre qui maintenant porte un nom respectable.

 

Dieu sait si le bon Dieu connaît cet enfer,

S'il a un plan pour le racheter.

Paix et espérance non !, elles ne vivent pas de ce côté

C'est un immense désert

Dieu sait si le bon Dieu pardonnera le silence

Dieu sait si le bon Dieu pardonnera le silence

Dieu sait si le bon Dieu pardonnera Palerme

Chuuuttt !

 

L'ARMÉE MUETTE
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Marco Valdo M.I.
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:52

L'ASPIRANT CANCIONE À

 

BICYCLETTE

 

Version française – L'ASPIRANT CANCIONE À BICYCLETTE – Marco Valdo M.I. – 2011

 

 

 

 

J'ai volé la bicyclette du lieutenant

Qui m'attendra longtemps.

 

 

 

 

 

Une extraordinaire chanson, que celle-ci où l'aspirant Cancione a volé la bicyclette du lieutenant et est parti en avant... Un exploit digne de notre ami le Soldat Chveik [[8859]], dont tu as chanté les mérites.

 

 

En effet, l'aspirant Cancione est comme un frère du brave soldat Chveik... et c'est tout à sa gloire. Et figure-toi, Lucien l'âne mon ami, que j'avais égaré cette traduction dans un coin perdu de l'immense mémoire de cet ordinateur… Je viens seulement de la retrouver des années plus tard. Un peu par hasard, il faut bien le dire. Voici donc l'histoire de ce joyeux cycliste… Un frère aussi de ce Hoopdriver de Wells, homme serein s'il en fût jamais, qui se lança dans une (depuis!) célèbre épopée aussi burlesque que cycliste ou de Benchley, qui s'en fut lui conquérir le Pôle Nord à bicyclette.

 

 

En vélo et à sa manière, lui aussi, comme nous, tisse le linceul de ce vieux monde où les guerres se suivent et les morts se ressemblent, monde infernal et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Et vraiment Marco Valdo M.I. mon ami, tu es comme moi une vraie tête en l'air. Comment as-tu pu oublier de rapprocher cette canzone de la Chanson du Militaire à Bicyclette, de notre ami Ahmed Il Lavavetri. ….

 

Je me le demande encore…, dit Marco Valdo M.I. tout penaud.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

L'aspirant Cancione à bicyclette,

À la fin de la guerre, l'âme guillerette,

Rentre au pays par les voies détournées

Et l'accompagnent ces pensées :

 

Je suis fatigué de la guerre

Comme beaucoup sur cette terre

Tous à la maison, immédiatement

Et basta, on retourne.

Comme il est écrit justement.

 

J'ai volé la bicyclette du lieutenant

Qui m'attendra longtemps.

Je ne connais qu'une seule direction

En passant par Roma

Je veux rejoindre Pianura

Je vais au Sud, c'est ma destination

 

Cette guerre, c'est fini

Et nous, nous resterons ici

Nous sommes de plus en plus convaincus

Qu'il n'y a pas eu

De vainqueurs... Seulement des vaincus.

 

J'ai envie d'oublier tout ça

De recommencer, de rentrer chez moi,

De regarder le soleil couchant

De faire des enfants

De vivre sereinement.

 

Les bombes font du bruit
Elles couvrent les cris et les chants

Des oiseaux et des enfants

Et laissent en silence, alors,

Un silence de mort.

 

Mais si dans ce silence

D'abord, une personne, puis dix, puis mille

Hommes et femmes tous ensemble

Claquent des doigts

Le rythme de la paix surgira.

L'aspirant Cancione à bicyclette

À la fin de la guerre l'âme guillerette

Rentre au pays par les voies détournées

Et l'accompagnent ces pensées :

 

 
L'ASPIRANT CANCIONE À  BICYCLETTE
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Marco Valdo M.I.
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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:43

Ne Vous Mariez pas les Filles

Chanson française – Ne Vous Mariez Pas Les Filles – Boris Vian – 1958

Paroles: Boris Vian

MusiqueAlain Goraguer

 

 

 

Avez-vous vu un homme à poil...

 

 

 

 

 

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, te voilà à nouveau avec une chanson de Boris Vian…

 

 

Oui, bien sûr, une chanson de Boris Vian. Il y a beaucoup de chansons de Boris Vian, mais celle-ci m'est revenue en mémoire en traduisant la canzone de Carmen Consoli

« La signora del quinto piano » [[48851]], qui raconte un féminicide… Un de plus, car comme on peut le constater le féminicide est un sport fort développé. Il se pratique individuellement, en groupe, en famille ou même, de façon quasi-rituelle dans certains coins du monde.

 

 

C'est, en effet, une pratique courante chez les humains, dit Lucien l'âne en raclant le sol d'un sabot aussi noir que rageur, ou l'inverse.

 

 

Dans le cas de la chanson de Carmen Consoli, on peut même préciser qu'il s'agit d'un uxoricide, si je ne m'égare pas dans mes souvenirs langagiers.

 

 

De fait, vérification faite, « uxoricide » est le terme exact et depuis longtemps, selon moi, au moins déjà du temps de François Ier. Je parle évidemment du grand roi de France ; je te rappelle qu'il mesurait 1,99 m et qu'on le désignait par toute une série de sobriquets tels que : le Père et Restaurateur des Lettres, le Roi Chevalier, le Roi Guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nez.

 

 

Pour en revenir à mon propos, à la chanson, à Boris Vian,à Carmen Consoli, à la dame du cinquième étage, assassinée comme il est dit par son mari, lors même que la police s'en tamponnait le coquillard, se voulait rassurante, elle m'était revenue cette chanson de Vian où le grand Boris conseillait aux demoiselles, aux filles et à tout ce qui porte jupon, de ne pas se marier. Je me suis dit qu'il avait raison ; du moins, éviterait-on les uxoricides. Évidemment, comme toujours avec Vian, il convient de garder en tête le plaisir d'humour. Même si, ces derniers temps, certains individus ont largement démontré leur incapacité à penser le monde et la vie . L'acide comique décape les croyances, c'est là, un de ses graves défauts.

 

 

Alors, déversons des tonnes d'acide comique, d'acide ironique, d'acide rigolique sur la terre et ses habitants, ça les rafraîchira et les débarrassera de bien des miasmes prophétiques. Et puis, reprenons notre tâche et tissons avec le sourire le suaire de ce vieux monde uxoricide, homicide, assassin, meurtrier, massacreur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Avez-vous vu un homme à poil
Sortir soudain de la salle de bains
Dégoulinant par tous les poils
Et la moustache pleine de chagrin?
Avez-vous vu un homme bien laid
En train de manger des spaghetti
Fourchette au poing, l'air abruti

La sauce tomate sur son gilet
Quand ils sont beaux, ils sont idiots
Quand ils sont vieux, ils sont affreux
Quand ils sont grands, ils sont feignants
Quand ils sont petits, ils sont méchants
Avez-vous vu un homme trop gros
Extraire ses jambes de son dodo
Se masser le ventre et se gratter les tifs
En regardant ses pieds l'air pensif?

Ne vous mariez pas, les filles, ne vous mariez pas
Faites plutôt du cinéma
Restez pucelle chez vot
re papa
Devenez serveuse chez un bougnat
Élevez des singes, élevez des chats
Levez la patte à l'Opéra
Vendez des bo
îtes de chocolat
Prenez le voile ou le prenez pas
Dansez à poil pour les gagas
Soyez radeuse avenue du Bois
Mais ne vous mariez pas, les filles
Ne vous mariez pas

Avez-vous vu un homme gêné
Rentrer trop tard pour le dîner
Du rouge à lèvres sur son col
Du flageolant 
dans la guibole
Avez-vous vu au cabaret
Un monsieur qui n'est plus très frais
Se frotter avec insistance
Sur une petite fleur d'innocence
Quand ils sont bêtes, ils vous embêtent
Quand ils sont forts, ils font du sport
Quand ils sont riches, 
ils garent l'artiche
Quand ils sont durs, ils vous torturent
Avez-vous vu à votre bras
Un maigrichon aux yeux de rat
Friser ses trois poils de moustache
Et se redresser, l'air bravache.

Ne vous mariez pas, les filles, ne vous mariez pas
Mettez vos robes de gala
Allez danser à l'Olympia
Changez d'amant quatre fois par mois
Prenez la braise et gardez-la
Cachez la fraîche sous vos matelas

À cinquante ans, ça servira

À vous payer des beaux petits gars

Rien dans la tête, tout dans les bras
Ah, la belle vie que ça sera
Si vous ne vous mariez pas, les filles
Si vous ne vous mariez pas

Ne Vous Mariez pas les Filles
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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 13:55

LA DAME DU CINQUIÈME ÉTAGE

 

Version française – LA DAME DU CINQUIÈME ÉTAGE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La signora del quinto piano – Carmen Consoli – 2015

de "L'abitudine di tornare" (2015)

 

 

 

 

 

 


Dans techansons de dénonciation, de « La dame du cinquième étage » qui décrit un féminicide à « La nuit la plus longue » sur les barques d'immigrés, tu utilises un ton de féroce sarcasme, accompagné cependant d'une musique presque douceâtre : est-ce un choix stylistique ?

« Non, il provient de notre culture sicilienne. Le bon Pirandello a introduit le concept d'humour qui est le sentiment du contraire : devant l
a voiture des quatre saisons et derrière la tragédie. C'est un peu dans le style sicilien de décrire aussi les tragédies de manière sarcastique, humoristique. Il suffirait de voir Emma Dante qui est vraiment la représentation de l’esprit sicilien. Je pense qu'en cela, je suis vraiment fille de ma terre ».


Interview de Carmen Consoli

 

 

 

La dame du cinquième étage a un pic dans son salon, un gardien sûr

Son ex est chaque soir devant la porte avec un marteau en main

Il n'y a aucune raison d'avoir peur, d'avoir peur

Voilà la conclusion des fonctionnaires de la questure

 

La dame du cinquième étage profite du chaos urbain

Elle sort toujours au matin et d'un pas rapide, elle va à son travail

 

Mademoiselle, auriez-vous vu mon mari ?
De quelle couleur était son vêtement ?
Combien de lettres avait-il en poche ?
Une, deux, trois, ou…

 

La dame du cinquième plan avait un python antiviol dressé

Un beau jour l'animal a fui de son nid blindé et arriva au rez-de-chaussée

Il n'eut pas le temps de claquer des dents de peur

Le beagle chihuahua hypertendu peu amical de la concierge

Trois semaines plus tard, captura le reptile en fuite

Cela mit au jour la disparition mystérieuse de sa maîtresse

 

Mademoiselle, n'auriez-vous pas vu un homme avec un marteau ?

De quelle couleur était son vêtement ?

Combien de lettres avait-il en poche ?

 

Mademoiselle, n'auriez-vous pas vu un homme avec un marteau ?

De quelle couleur était son vêtement ?

Combien de temps a-t-il été dans le coin ?

Vous a-t-il adressé la parole ?

 

La dame du cinquième étage fut retrouvée dans sa baignoire

La lettre d'un an auparavant – preuve accablante laissée déposée à la questure –

Décrivait avec précision le rituel de sépulture

Mais il n'y avait aucune raison d'avoir peur, d'avoir peur

 

Mademoiselle, n'avez-vous pas vu un homme avec un marteau ?

De quelle couleur était son vêtement ?

Combien de lettres avait-il en poche ?

 

Mademoiselle, n'auriez-vous pas vu un homme avec un marteau ?

De quelle couleur était son vêtement ?

Combien de lettres avait-il en poche ?

 

L'homme au marteau a été aperçu dans un bar du centre de Buenos Aires

Le python quelques mois après sa capture est retourné dans son habitat naturel en Thaïlande.

Le concierge a décidé d'adopter Tino le mâtin, un chien amical et affectueux

Au cinquième étage, vit Mathilde, une femme acariâtre, allergique aux chats et aux parents

Ah, j'oubliais, les fonctionnaires de la questure continuent à dire qu'il n'y a

Aucune raison d'avoir peur, d'avoir peur, d'avoir peur…

LA DAME DU CINQUIÈME ÉTAGE
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Marco Valdo M.I.
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 16:56

DÉFENSE DE LA JOIE

 

Version française – DÉFENSE DE LA JOIE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Difendi l'allegria – Alessio Lega – 2011

Paroles et musique : Alessio Lega
Ba
sée sur un poème de Mario Benedetti (1979)
Album: Mala testa [2013]

 

 

Défendez la joie comme une certitude.

 

 

C'est arrivé ainsi : il y a quelques années, en écrivant des chansons pour son nouvel album (« Mala testa », quest sorti cette année), Alessio Lega a imaginé de reprendre un poème de l'Uruguayen Mario Benedetti et d'en faire une chanson. À dire vrai, même l'original espagnol devrait être mis en musique quelque part ; Alessio nous a mis une musiqueil faut le dire, décidément gaie. Une de celles qui entrent dans la tête et font chantonner à l'arrêt de l'autobus ou sous la douche, et peut-être même changer de canal quand elle vient en tête pendant que passent à la télévision je ne sais quel très triste politicien ou quelque président octogénaire qui parle de cohésion et de chagrins. Maintenant, il faut dire que Mario Benedetti était un génie ; penser à la joie comme une tranché pour défendre de tous les(et, souvent, sournois) attaques quotidiennes qui lui sont lancées, souvent même déguiséeen joie (il suffit de penser aux joies berlusconiennes…), c'est, en effet, simplement génial ; et génial, a été la transposition italienne d'Alessio Lega, une chansonnette qui – dans un pays faussement joyeux comme l'Italie est absolument nécessaire

Une série pyrotechnique d'images qui, 
subitement, cessent de l'être seulement et vont au nœud de la question dans un pays et dans un monde qui rit, rit, rit et tout ce grand rire pue la tristessela tragédie, la mort. Ainsi, Mario Benedetti et Alessio Lega ont vraiment creusé une belle tranché pour défendre la joie, la vraie ; il s'agirait maintenant d'aller à l'attaque, cependant ; la guerre de tranchée, comme l'enseigne l'histoire, à la fin use. Défendez la joie, par exemple, en attaquant les « caméras amies » placées partout dans les villes et dans les villagesous prétexte de la « sécurité », la chose qui plus a tué la joie dans ces temps. Juste pour donner un exemple pratique ; un autre est donné également par Alessio Lega, en introduisant, au terme de la chanson, une catégorie de personnes qui, professionnellement, devraient faire « rire ». Et ainsi, pour réaffirmer le concept, j'ai ajoutésous le texte de la chanson, l'effigie d'un de ces très tristes artisans du rire. Un au hasard. [RV]

 

Voici, mon ami Lucien l'âne, une chanson d'Alessio Lega. Et, comme tu le sais, j'ai beaucoup d'attention pour tout ce que publie Alessio Lega. Je sais la chose curieuse de consacrer tant d'attention à un artiste assez peu connu dans nos régions, mais que veux-tu, moi, j'aime bien Alessio Lega. D'abord, car je l'aime bien ce chanteur, auteur, compositeur, grand connaisseur de la chanson française qui vaille. Ainsi, je l'aime – pour ainsi dire – en général...

 

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu ne peux quand même pas aimer en général Alessio Lega, cette mauvaise tête d'anarchiste-chanteur.

 

 

Certes, Lucien l'âne mon ami. Je te dirai ceci, concernant Alessio Lega et même, en général : il vaut mieux une tête d'anarchiste-chanteur qu'une gueule de maître-chanteur. Dès lors, je te le concède : pas en général, en civil. Mais à présent, si tu le veux, venons-en à la canzone… Elle se veut une « ode à la joie » [[1996]]en moins grandiose.

 

 

Il faut l'espérer, dit Lucien l'âne en éclatant d'un rire éclatant.

 

 

Cesse de te moquer, Lucien l'âne mon ami, la musique de Beethoven n'est pas si mal que ça… Même si je t'accorde que le texte de Schiller commence vraiment à dater… Donc, je te disais qu'Alessio Lega a fait une chanson pour défendre la joie et plus exactement, dans laquelle il incite à défendre la joie. La joie concrète, cette joie qui donne des couleurs à la vie quotidienne, à cette vie unique qui est la tienne, la mienne, celle de tout le monde. C'est une chanson en quelque sorte philosophique, une chanson épicurienne avec la joie d'être comme principe de vie. Une vie tranquillement défendue contre les pesanteurs et les grandiloquences , une incitation à la sérénité volontaire.

 

 

Pour être épicurien, ce doit l'être, si j'en crois ton commentaire. Voyons voir tout ça, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde tristounet, triste, racorni entre l'ennui et le rire forcé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Défendez la joie comme une tranchée ;

Défendez-la du scandale et de l'habitude ;

Défendez-la des misérables et des misères,

Des absences transitoires et des définitives.

Défendez la joie comme un principe ;

Défendez-la de la stupeur et de la douleur ;

Défendez-la des neutrons et des neutres ;

Des diagnostics graves et des grand râleurs.

 

Défendez la joie comme une bannière ;

De la mélancolie et des coups de tonnerre,

Des faux ingénus, des vraies charognes,

Des discours rhétoriques, des crises cardiaques,

Des maux endémiques et des barons académiques.

Défendez la joie comme destin ;

Défendez-la du feu et des pompiers ;

Des tentatives de suicide, des parfaits assassins,

Des travaux éreintants, du stress des congés,

De l'obligation d'être heureux,

En série, tous joyeux.

 

Défendez la joie comme une certitude.

Défendez-la de la suie et de la rouille,

De la célèbre patine que le temps impose,

De celui qui la prostitue.

Défendez la joie comme un droit ;

De Dieu et de l'hiver qui vient, défendez-la !

De toutes les majuscules que la mort impose,

De la vie tordue,

Des peines, du hasard et des pensées cyniques,

Défendez la joie... surtout des comiques.

 

 
DÉFENSE DE LA JOIE
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Marco Valdo M.I.
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 22:39

Moi, j'aime la Chine…

 

 

 

Comptine enfantine de langue française – Moi, j'aime la Chine – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

« Dénoncez les ennemis de l’amitié franco-chinoise ! »

 

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, voilà que je t'ai concocté une comptine. Enfin, il faut bien dire qu'elle existait déjà, mais je l'ai en quelque sorte adaptée à notre temps où comme tu le verras, la Chine, je veux dire la Chine officielle, la seule qui compte, pas celle des petites gens – la Chine, cette Chine d'importance pétrie, se révèle être le grand phare universel et brille tel un astre éternel par son humour ravageur.

 

 

 

 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., tu galèjes encore. Qu'as-tu donc à exalter la grande Chine, qui a tant d'importance dans le monde ? On dirait que nous voici revenus aux temps du Grand Timonier et de l'encensoir. Je ne te savais pas aussi cauteleux.

 

 

 

 

 

 

Comment ? Que penses-tu de moi, mon ami Lucien l'âne. Qu'imagines-tu ? Je veux juste par une petite comptine légèrement impertinente glisser un peu de Fluide Glacial sous le siège de la Chine.

 

 

 

 

 

 

Quoi ? Quelle est donc cette gaminerie ? Serais-tu retomber en enfance ?

 

 

 

 

 

 

Nullement, mon ami Lucien l'âne. Mais tu sais bien comme moi que les comptines, les chansons enfantines disent les choses sans avoir l'air d'y toucher. Et c'est précisément, cet effet-là que je cherchais. Je ne voulais pas d'une charge à l'artillerie lourde contre le plus grand pays du monde ou presque. Mais laisse-moi te conter l'histoire et l'événement qui m'a conduit à écrire cette comptine.

 

 

 

 

 

 

Mais alors, voilà que tous les intolérants du monde se rassemblent. Il est vrai que l'impertinence est le premier pas vers la liberté… et que la liberté, surtout elle, sonne le chant du cygne des gens de pouvoir. C'est la grande alliance entre les riches et les puissants, toutes les religions, les partis, les États.

 

 

 

 

 

 

Tout simplement, voici : après Charlie, on veut faire taire Fluide Glacial. (http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/01/19/la-une-de-fluide-glacial-irrite-le-global-times_4558670_3236.html En premier lieu, pour situer l'affaire – notamment pour nos amis chinois, si jamais on leur laisse lire notre petit entretien, Fluide Glacial est un périodique de bandes dessinées français, qui reprendrait bien la devise de Pilote (Mâtin ! Quel Journal!) : « Journal plein d'humour et de bandes dessinées ». Une presse qui a préparé, accompagné et qui prolonge cet étrange mouvement qui a secoué les esprits vers 1968. On en viendrait à penser que certains dans le monde en sont encore à vouloir faire taire l'esprit, la pensée et la parole libres. Lesquels esprit, pensée, parole ne sont que les prémisses de humanisation de l'homme et de ses sociétés.

 

 

 

Tu ne penses pas si bien dire, Marco Valdo M.I. Ils sont très, très nombreux ( et j'ai toujours connu ça...) ceux qui dans ce monde veulent tuer dans l’œuf l'esprit de liberté, le goût de la pensée libre, la volonté de parler, d'écrire en toute liberté. Ce sont les mêmes qui avaient déjà voulu, faire taire Spinoza et puis, qui avaient tenter de l'assassiner.

 

 

 

 

 

 

Donc, je lis dans la presse de ce jour, cette nouvelle consternante :

« C’est maintenant au tour de la Chine de s’indigner face à la Une d’un journal satirique français. Le journal de la presse officielle chinoise, le Global Times, dénonce «  l’indécence  » de Fluide Glacial après sa Une «  Péril jaune, et si c’était déjà trop tard  ? ». Le dessin illustre le Français moyendans sa version type internationale, en costard-cravate, béret sur la tête et Caporal sans filtre à la bouche, conduisant un Chinois et une jeune femme blonde dans un pousse-pousse dans les rues de Paris. »  Fin de citation.

Je reprends ma réflexion :

On comprend que la Chine n’approuve pas la liberté d’expression à la française ; du moins, la Chine aux ordres de son Gouvernement. La liberté de presse en Chine et le droit d'expression libre « à la chinoise »sont évidemment les deux mamelles de la Chine actuelle. Tout le monde sait ça depuis des années. On se souvient ici de l'épisode de Tien an Men. L'humour chinois officiel est comme les voies du Seigneur : il est impénétrable.

 

 

 

 

 

 

Ça me rappelle cette histoire cubaine… Lorsque les Zétazunis ont imposé le blocus à Cuba, ils ont en même temps empêché les Cubains (restés sur l'île) de voir les nouveaux films zétazuniens. Bref, pour faire court, le Gouvernement chinois a offert aux Cubains de suppléer à cette terrible disette et a fourni des films en quantité. Quelques temps plus tard, les Cubains (ceux qui habitaient l'île et qui allaient encore au cinéma) distinguaient trois sortes de films : les bons films, les mauvais films et les films chinois. Pour eux aussi, le cinéma chinois, c'était du chinois. On dit d'ailleurs par ici, dans nos régions : « Pour les Chinois, le chinois, ce n'est pas du chinois ».

 

 

 

 

 

 

Quoi qu'il en soit des Cubains et de leur goût pour le cinéma exotique, je reviens à l'histoire de Fluide Glacial. Je cite à nouveau la presse du jour : « Depuis l’attenMoi, j'aime la Chine…tat contre Charlie Hebdo et les assassinats qui s'en suivirent et avec l’apparition du mouvement « Je suis Charlie », la presse chinoise n’hésite pas à montrer son désaccord avec la liberté d’expression en France. Le Global Times a déclaré « On ne peut désormais que conseiller à la société française d’arrêter de représenter l’image du prophète ». Avant d’ajouter « Il est plus difficile pour les musulmans de changer leur foi que pour l’Europe d’ajuster sa conception de la liberté d’expression. Si les Français considèrent qu’un tel ajustement serait pour eux déchoir, alors leur quête de liberté d’expression s’apparente à une religion ». Quelle galéjade ! Ils sont vraiment drôles, ces Chinois officiels – les autres, on ne sait pas, ils ne peuvent rien dire.

 

 

 

 

 

 

Certes, dit Lucien l'âne en riant aux éclats de soleil de ses dents luisantes. On laissera Zazie répondre pour nous à cette gazette aux ordres : « Ajuster notre conception de la liberté d'expression ! Mon cul ! »

 

 

 

 

 

 

Excellente idée… Je crois entendre Zazie dire également : « Ces officiels, ces enflés avec leurs idées à la con ! ». Quant à moi, je conseille à nos amis chinois officiels (pour les autres, on leur souhaite simplement de pouvoir le voir un jour ce film historique de Jean Yanne ; je leur garantis qu'ils s'amuseront beaucoup – pour une fois) de se faire reprogrammer : « Les Chinois à Paris » (1974), où l'on scandait déjà : « Dénoncez les ennemis de l’amitié franco-chinoise ! ». Et surtout, surtout, qu'ils le regardent jusqu'au bout… Jusqu’au moment de la retraite des occupants et de leurs collaborateurs, qui marchent sur une route départementale… « C'est loin la Chine ? demande le collabo français au général Pou, commandant en chef de l'Armée Démocratique Chinoise d'Occupation. À 8500 km… », répond le général un peu désespéré. On rappellera qu'à l'époque déjà – en 1974, l'humour des « Chinois à Paris » n'avait pas reçu son visa pour la Chine. Le Gouvernement de la République Populaire de Chine avait déjà fait des pressions pour faire interdire le film, dès le tournage. Comme quoi, nihil novi sub sole – rien de neuf sous le soleil… Même en Chine.

 

 

 

 

 

 

On en apprend tous les jours, dit Lucien l'âne en balançant la tête d'un air goguenard. Je suggère donc à ces Chinois officiels de voir  (dans l'ordre...):

1) Les Chinois à Paris 1 http://www.youtube.com/watch?v=5UwvUit0zY4

2) Les Chinois à Paris 2 http://www.youtube.com/watch?v=EXSyEJoqgJ4

3) Les Chinois à Paris 3 http://www.youtube.com/watch?v=zmx1D8NxzDU

4) Les Chinois à Paris 4 http://www.youtube.com/watch?v=gOZEINBznn8

5) Les Chinois à Paris 5 http://www.youtube.com/watch?v=Zz2UrlslYMw

6) Les Chinois à Paris 6 http://www.youtube.com/watch?v=fLVaDCaqpXo

7) Les Chinois à Paris 7 http://www.youtube.com/watch?v=dO8iIejtLgE

 

 

 

 

 

 

Qu'ils regardent, qu'ils regardent… Tu as bien raison, Lucien l'âne mon ami, de leur conseiller et de leur donner des adresses.Mais c'est pas pour dire, Messieurs les Chinois de gouvernement et apparentés, on apprécie beaucoup que vous lisiez Fluide Glacial et que vous connaissiez les caricatures de Charlie et le reste. Mais au fait, combien de Chinois ont-ils lu Charlie ou Fluide Glacial ? Il vaudrait mieux dire : Combien de Chinois ont-ils eu ne fût-ce que l'occasion de lire Charlie ou Fluide Glacial ? Si vous les leur donniez à lire pour qu'ils puissent se faire une opinion ? Qu'en pensez-vous ? Offrez-leur un abonnement d'un an, par exemple ; ce serait quand même avec leur argent... Mais je galèje, je galèje, il va de soi évidemment que tous les Chinois ont le droit de pratiquer cet art particulier de la caricature ou simplement, ont tous accès à Fluide Glacial et de ce fait, certains d'entre eux pourraient – le cas échéant – être perturbés par le rire ? Sinon, juste une supposition qu'ils n'ont pas accès à Charlie, Fluide Glacial, mais seulement au Global Times ou aux autres gazettes de régime, ils ne pourraient avoir aucune opinion, ni sur Charlie, ni sur Fluide Glacial, ni sur ce que ces journaux publient. Ce serait déplorable au plus haut point.

 

 

 

 

 

 

Écoute, Marco Valdo M.I. mon ami, toi et moi et peut-être bien d'autres, nous pensons qu'il s'agit là d'humour chinois… Humour, toujours l'humour ! Et de fait, il nous fait bien rire le Global Times, quand il dénonce « l’indécence » de Fluide Glacial.

 

 

 

 

 

 

Tiens, justement à propos d' « indécence de Fluide Glacial », Fluide glacial

(http://www.fluideglacial.com/pages/charlie/charlie.php.publie une série de caricatures en l'honneur de Charlie ! Pour conclure, à l'usage de tous ces pisse-vinaigre, je propose une petite maxime :

« Plaisir d'humour ne dure qu'un moment, manque d'humour dure toute la vie. » et à tous ceux-là, je leur suggère cette réflexion de mon professeur de morale : « Si vous voulez jouer aux cons, je suis le plus fort et je vous jure que je gagnerai ! »

 

 

 

En attendant que les petites gens de Chine aient accès à Charlie et à Fluide Glacial, continuons notre tâche et tissons le suaire de ce vieux monde plein d'humour officiel, vaticinateur, drolatique et cacochyme.

 

 

 

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les chapeaux chinois

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les jardins chinois

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les petites gens chinois

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et son très grand État

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les présidents chinois

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les journaux chinois

Ah, ah !

 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et l'humour des Chinois

Ah, ah !

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et le rire chinois

 

Ah, ah ! 

 

Chine, Chine,

Moi, j'aime la Chine

Et les chapeaux chinois

Ah, ah !

 
 
 Moi, j'aime la Chine…
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Marco Valdo M.I.
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 21:44

La Chanson de Dachau

 

 

Version française – La Chanson de Dachau – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Dachaulied – Jura Soyfer – 1938

Texte : Jura Soyfer
Musique : Herbert Zipper

 

 

 

« Arbeit macht frei », c'est vraiment du foutage de gueule...

 

 

 

 

Je ne souhaite pas faire de longs commentaires ; je voudrais seulement rapprocher cette chanson de la suite de 24 chansons que comporte Dachau Express, qui raconte à son tour – de façon plus ample et plus détaillée – la vie dans le camp de concentration quelques années plus tard, telle qu'elle fut rapportée par un prisonnier italien antifasciste, Joseph Porcu.

Marco Valdo M.I.


Herbert Zipper raconte en 1988 à l'« Österreichischen Musikzeitschrift » comment nacquit cette chanson : 
« En août 1938, dans le camp de concentration de Dachau, pendant une semaine entière, Jura Soyfer et moi, on dut charger une brouette de sacs de ciment, qui avaient été empilés à l'extérieur du camp de concentration. Ensuite, nous devions conduire la brouette dans le lager et la décharger. Donc, nous avons passé la porte d'entrée du camp de concentration jusqu'à trente fois par jour. Un jour – c'était, je crois, le troisième ou quatrième jour, je dis à Jura, qui faisait le même travail : « Tu sais, cet écrit au-dessus de la porte, « Arbeit macht frei », c'est vraiment du foutage de gueule. Nous devons vite faire une chanson de résistance, pour donner un peu de courage à nos camarades de captivité. » Et Jura répondit : « Oui, je crois, j'y ai déjà un peu travaillé. »

 

« Trois jours après – alors nous devions travailler dans une carrière de gravier, où nous étions plongés dans l'eau jusqu'au ventre, Jura vint près de moi et dit qu'il était déjà prêt, et il me récita le texte, vu qu'on ne pouvait naturellement pas le transcrire. Si quelqu'un avait trouvé avec un texte du genre, il aurait été condamné à mort ou bien de toute manière, il aurait passé un très vilain quart d'heure. Et ainsi moi aussi, j'ai appris le texte par cœur. »

Jura Soyfer récita le texte aux camarades de captivité deux ou trois fois ; ensuite, Zipper put commencer à le mettre en musique. Zipper était habitué à composer de tête. Dans un camp de concentration, c'était un avantage, vu qu'on ne pouvait rien transcrire – chose à laquelle, du reste, on ne se serait pas fié.

La « Chanson de Dachau » est une marche, dans laquelle les prisonniers se donnent du courage mutuellement. « Ce devait être ainsi de sorte que les trois premières strophes décrivent seulement l’ambiance, les faits et les sentiments, sans nommer vraiment les tortures, et qu'on frappait et on pendait. Ceci nous ne le voulions pas, aucun des deux. Non, dans toutes les œuvres d'art, c'est certainement plus fort, lorsque il s'agit de la bestialité humaine, de ne pas montrer la violence en soi, mais la faire naître dans l'imagination de l'auditeur, puisque l'imagination est toujours plus forte de la réalité. 
De ceci nous en avons discuté, bien que ce devait être une chanson de lutte. Déjà dans le premier vers, « Barbelés, chargés de mort, », on dévoile la situation. Ou bien « Avec devant nous, la bouche des fusils / Jour et nuit, nous vivons.». Ce sont des allusions qui décrivent vraiment l'atmosphère, mais pas la violence-même. Nous disons seulement « Traîne la pierre et tire le train », qui est ce que nous faisions vraiment, mais ne mentionnons pas les faits horribles. »

Herbert Zipper se rappelle même comment deux guitaristes et un violoniste apprirent la chanson dans le camp de concentration, et comment elle fut répandue. « Je sais encore que j'ai ruminé deux-trois jours, à propos de ce que je devais faire ; ensuite, je suis tombé sur un excellent violoniste, qui était kapò, et qui s'est déclaré vite prêt à apprendre la chanson. Jura connaissait un des guitaristes, et j'ai travaillé avec l'autre. Un soir, j'ai fait les essais avec le violoniste. Nous avions environ une heure et demie de temps avant que la sirène ne sonne. Après, personne ne pouvait plus être debout, autrement il aurait été fusillé immédiatement. Alors je lui ai présenté la chanson, le jour après noul'avons répétée, et ensuite la nous avons chantée tous les trois… »
(D'un article du « Süddeutsche Zeitung » [« Dachauer Neueste »], 4.1.1989, page 2)

 

Le groupe « Die Schmetterlinge » (« les Papillons ») a publié l'album « Verdrängte Jahre », consistant en textes de Jura Soyfer, mis en musique. Ils interprètent aussi la « Chanson de Dachau ».
 

Barbelés, chargés de mort,
Tendus autour de notre monde.
Au-dessus, un ciel impitoyable
Envoie gel et soleil brûlant.
Loin de nous sont toutes les joies
Loin la patrie, loin les femmes,
Quand, muets, nous marchons au travail,
Par milliers dans l'aube grise.


Car la devise de Dachau nous avons appris 
Et nous nous sommes endurcis.
Sois un homme, camarade.
Reste un homme, camarade.
Fais ton travail, trime camarade.
Car le travail, le travail rend libre.


Avec devant nous, la bouche des fusils 
Jour et nuit, nous vivons.
La vie nous a appris
La plus dure des leçons.
Ici, personne ne compte en jours et semaines ;
Certains, même plus en années.
Et tant d'entre nous ont été brisés
Et ont perdu leur visage.

 

Car nous avons appris la devise de Dachau

Enous nous sommes endurcis.

Sois un homme, camarade.
Reste un homme, camarade.

Fais ton travail, trime camarade.
Car le travail, 
le travail rend libre.

 

Traîne la pierre et tire le train

Nulle charge n'est trop lourde pour toi.

Celui que tu étais dans les jours lointains,

Aujourd'hui, n'est plus depuis longtemps déjà.

Enfonce la pelle dans la terre,

Rentre ta pitié profondément à l'intérieur,

Et deviens par ta sueur

Toi-même acier et pierre.


Sonnera une fois la sirène ;
Pour le dernier appel. Dehors,
Où nous nous trouverons alors, 
Tu seras à ta place, camarade.
La liberté nous offrira son clair sourire.
On avancera avec un nouveau courage,
Et le travail que nous ferons,
Ce travail sera bon.

 

 

 

 

La Chanson de Dachau
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Marco Valdo M.I.
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 21:15

La Ballade des Assassins

 

Chanson française – La Ballade des Assassins – Marco Valdo M.I. – 2015  

Parodie d'après Gilbert Bécaud         

Paroles: Louis Amade. Musique: Gilbert Bécaud 1953

 

 

 

 

 

Voici encore une parodie, mon ami Lucien l'âne. Encore une fois, j'ai pris pour point de départ une chanson de Gilbert Bécaud. Une chanson de divertissement, sautillante à souhait et quand même, comme toujours chez cet artisan de la chanson, du travail bien fait, très à la mode de son temps. De la confection, mais de la bonne, disait-on chez les tailleurs. C'est comme ça dans la chanson commerciale, quand on veut en faire un « succès » et tenir commerce. À l'origine, cette chanson racontait une gentille histoire de baladins, une histoire perdue au fond des âges, qui ne risquait pas de choquer les oreilles et déjà, qui pratiquait – comme presque toujours dans la chanson médiatisée – ce qu'on nomme de nos jours le « politiquement correct ». Autrement dit, elle était lénifiante à souhait. Une jolie chanson qu'on serinait à tour de bras dans les radios grand public. Ah, combien de fois l'a-t-on entendue ? C'est incalculable. Le monde de la radio ne jurait que par Bécaud.

 

 

Encore un tube, si je comprends bien, dit Lucien l'âne.

 

 

Oui, un tube. Un peu oublié, mais il fit fureur. Donc, comme je t'ai dit, à l'origine, dans la version si bien chantée par Gilbert Bécaud – une « immense vedette en son temps », nos grands-mères s'en souviennent encore dans leurs maisons de retraite, où il est mis à contribution pour distraire les après-midis pluvieux. En ce temps-là, ces dames – alors au printemps de leur vie, en voulaient beaucoup à sa cravate à pois. Bref, j'en ai fait une parodie, qui parle de notre temps et de délirants personnages et de ceux qui les inspirent, glabres, barbus ou moustachus, peu importe. Elle raconte une histoire d'assassins comme il en court de nos jours un peu partout dans le monde. La chanson d'origine s'intitulait « La Ballade des Baladins » ; elle devient ici : « La Ballade des Assassins ». Vu que notre monde en est plein, il convenait de leur consacrer une ballade. Comme on avait déjà celle des pendus, ils trouveront à qui parler. Sauf que dans la ballade de Villon [[5843]], ce sont les pendus qui se lamentent, qui s'expriment. Dans celle-ci, ce sont les assassins qui sont racontés par un narrateur. 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., tu ne penses pas si bien dire… On tire dans nos rues… Ici, à une encablure de chez toi. À Verviers, dans une ville où on ne s'attendait pas à de telles péripéties. Encore une fois, la chanson dévoile le réel… C'est son rôle. Que racontait d'autre l'Iliade ? 

 

 

Oui, j'ai entendu ce qu'il se passe. Justement pendant qu'on écrivait notre conversation à propos de cette chanson qui décrivait des Assassins et l'ambiance dans laquelle ils se meuvent. Mais comme tu le verras, elle en tire une parabole et replace tout ce vacarme absurde à son niveau dérisoire. Car telle est sa conclusion : le destin des assassins est triste, leurs crimes ne servent à rien. 

 

 

Cela étant, dit Lucien l'âne en souriant, elle tisse le linceul de ce vieux monde malade de la foi, perclus de terreur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Les assassins qui marchent dans nos rues

Viennent de loin ou d'un autre quartier.

Les bonnes gens regardent et les évitent

Et les prêcheurs leur parlent de tuer.

Les vieux bûchers dressés au fond du Moyen Âge

Semblent guider leur pied léger comme un matin

Et entre les gibets perchés dans les nuages

Des prédicateurs leur font signe de la main.

Mais les gars convaincus qui tuent pour des dieux,

Insouciants et cyniques dans leurs rondes folles,

Passent sous les maisons sans dire une parole.

Ils ne regardent pas s'ils tuent jeunes ou vieux.

 

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade,

C'est la ballade…

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade des assassins.

 

Les assassins qui courent sur les routes,

Où vont-ils donc assassiner encore ?

D'où viennent-ils ces tueurs en déroute ?

Ils n'ont que des armes pour seul trésor.

Quand ils ont accompli leur besogne importune,

Ils s'éloignent satisfaits et rengorgés

Pendant que leurs victimes pourrissent sous la lune

Emplissant de tristesse toute l'humanité.

Ils sont accompagnés dans leur ronde maligne

Par d'autres déments aux discours enflammés,

C'est un cortège de croyances assassines

Qui sèment partout leurs atrocités.

 

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade, 

C'est la ballade…

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade des assassins.

 

C'est ainsi que l'on voit les plus grands carnages

Sous le vent de la foi et de dieux souverains

Mais tout cela n'est qu'un fragile mirage,

L'homme reste tout seul face à ses lendemains.

 

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade, 

C'est la ballade…

Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade des assassins.

 

Ohé les assassins,

Vos crimes ne servent à rien…

Quel triste destin !
Dansez donc, gentils assassins,

C'est la ballade, 

C'est la ballade…

La Ballade des Assassins
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Marco Valdo M.I.
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 15:36

Charlie, t'iras pas au paradis !

 

Chanson française – Gilbert Bécaud – 1970

Paroles de Pierre Delanoé
Musique de Gilbert Bécaud
https://www.youtube.com/watch?v=5Mr4T-FsFyI
https://www.youtube.com/watch?v=-Fyx5uV3_6I
https://www.youtube.com/watch?v=7ZPMhHg-m_s
https://www.youtube.com/watch?v=oMrXgdj8BJA

 

 

 

 

 

Je la regarde agenouillée

 

 

 

 

 

Oui, je sais, ce n'est pas vraiment une Chanson contre la Guerre, mais c'est une chanson extraordinaire en ce qu'elle annonçait à Charlie qu'il n'ira pas au Paradis… C'était vers 1970. Depuis la chose se vérifie… tous les fanatiques vous le diront : Charlie n'ira pas au Paradis ! Et Lucien l'âne mon ami, pour rendre la chose plus crédible, pour rendre le Charlie de Bécaud, plus Charlie-Hebdo, je me suis offert le plaisir d'ajouter un vers de temps en temps.

 

 

Ah oui, et quoi ?, demande Lucien l'âne en levant sa queue en point d'interrogation majuscule.

 

 

Simplement, deux tout petits vers dans la litanie… Car dans la chanson d'origine, il y a une litanie qui commence par : Je pense à Marie… Peut-être même, l'auteur , les auteurs ou un des deux auteurs, le chanteur, le public, qui sait, y pensait aussi et que la chose était implicite… À lire le texte de la chanson, c'est même certain ; sinon, quelles pouvaient bien être les « mauvaises pensées » de ce Charlie-là. Un Charlie, soit dit en passant, qui dit tout dret :

« Ton paradis, je m´en fous.

Mon paradis, c´est elle et c´est tout. »

Mais quoi qu'il en soit, si ça allait sans le dire, ça va encore mieux en le disant… Un homme est un homme, pardi ! Foin du politiquement correct !

 

 

Ah oui ? Et quoi donc ?, demande Lucien l'âne en tendant sa queue à la verticale en guise de point d'exclamation.

 

 

J'ai dévoilé la pensée la plus intime de l'homme quand il convoite une femme ; parfois même, quand il convoite un homme, d'ailleurs… Tout simplement, j'ai ajouté aux parties de la dame que recense la chanson, ici celles de la dénommée Marie – tout un symbole, d'ailleurs ce prénom. J'ai donc ajouté aux parties de dame recensées, c'est-à-dire aux yeux, aux mains, au cœur de Marie, j'ai ajouté : le cul de Marie.

 

 

Saramago aurait apprécié, lui qui écrivit un Évangile selon Jésus Christ, où l'amoureux Jésus avant de mourir en croix se mit à faire des cabrioles avec Marie-Madeleine de Magdala… Peut-être, y a-t-il même au une descendance...Qui sait ?

 

 

Mais bien évidemment, on n'entendra pas parler du cul de Marie dans la version chantée par Gilbert Bécaud et pour cause, pour son public et le public, ça compte, c'était un garçon bien élevé et pas du tout dans le ton d'Hara Kiri Hebdo, interdit après le bal tragique à Colombey et re-né dans la même semaine Charlie Hebdo. Mais enfin, c'est bien de Charlie Hebdo qu'il est question, ici. Une bonne raison de relever cette chanson de ses cendres médiatiques. Et donc, par l'ajout de ces deux vers, la litanie devient :

 

« Je pense à Marie,
Aux yeux de Marie.
Je pense à Marie,
Aux mains de Marie,
Au corps de Marie,
Au cœur de Marie,

Au cul de Marie...
Je pense à Marie-Louise. »

 

 

En effet, Charlie n'aurait même pensé qu'à ça…, dit Lucien l'âne en agitant son cul et sa queue toujours verticale et tendue.

 

 

De plus, dit Marco Valdo M.I., je t'invite à examiner ce que dit le chœur, qui chante en un anglais, disons populaire…

« Come and get it
And get it now
If you don´t get it
You´re a paw »

Peut-être qu'un plus lettré que moi pourrait en donner une traduction , mais enfin, on en comprend le sens.

 

 

Je suis d'ailleurs persuadé, dit Lucien l'âne toujours aussi émoustillé, à voir les rimes dangereuses de certains couplets qu'il s'agit d'une chanson à double sens, si j'ose ainsi dire. Juste un ou deux exemples, tirés de la chanson :

« J´arrive une heure avant la messe
Pour la joie de voir… » quoi ?, je te le demande. Ses fesses, évidemment ! Et je t'épargne les choses auxquelles renvoient les rimes en « ouille »...

 

 

Et puis aussi… à voir la demoiselle qui dans certaines vidéos, incarne la promise, c'est une demoiselle charmante, on y penserait bien aussi. M'est avis qu'ils ont dû bien rire dans leurs barbes, les auteurs et les interprètes de cette chanson. Cependant, ça n'a pas la puissance de la chanson de Ricet Barriet, celle qui présente le plus formidable cul de la chanson française : le célèbre Cul de la patronne [[39877]]un cul qui aurait sans doute permis d'éviter le désastre de Waterloo en 1815, il y a tout juste deux siècles. Rappelle-toi :

 

« Il est beau le cul le cul le cul de la patronne 
Un cul pareil à Waterloo 
Et les Anglais l'avaient dans le dos » 

 

 

Dans le dos…, dit l'âne Lucien en riant de toutes ses dents. Vaut mieux aller voir ton commentaire à la chanson de Pierre Dac, elle aussi intitulée « Dans le Dos » [[48745]]Et nous, du coup, grâce à ce cul de la patronneon serait peut-être encore Français… on aurait sans doute évité deux Guerres mondiales… Mais malheureusement, on ne refait pas l'histoire. Alors, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde cagneux, mal foutu, pudique, politiquement correct, asphyxié par les fois et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Charlie, oh Charlie, t´iras pas au paradis !

Charlie, oh Charlie, t´iras pas au paradis !

Tes pensées sont mauvaises,

Tu fais honte à ton diocèse,

T´iras pas au paradis Charlie !

 

Elle est là derrière un pilier,

Je la regarde agenouillée

Aux jours de Pâques et de Noël.

À la messe, je ne vois qu´elle ;

Elle est belle comme la statue

De la Vierge à l´Enfant Jésus.

Comment voulez-vous, je vous prie,

Que dans ces conditions, je prie ?

 

Oh Charlie, t´iras pas au paradis !

Charlie, Charlie, t´iras pas au paradis !

Ton paradis, je m´en fous.

Mon paradis, c´est elle et c´est tout.

Et même si je scandalise,

Quand je suis à l´église :

Je pense à Marie,

Aux yeux de Marie.

Je pense à Marie,

Aux mains de Marie,

Au corps de Marie,

Au cœur de Marie,

Je pense à Marie,

Au cul de Marie…

Je pense à Marie-Louise.

 

Chœurs :

 

Come and get it
And get it now
If you don´t get it
You´re a paw.

 

J´arrive une heure avant la messe

Pour la joie de la voir passer

Et pendant qu´elle est à confesse

Je suis jaloux de son curé.

Je me lève et je m´agenouille,

Je me sens comme crucifié,

Par tous les regards qui me fouillent,

Des grenouilles de bénitier.

 

Oh Charlie, t´iras pas au paradis !

Charlie, Charlie, t´iras pas au paradis !

Ton paradis, je m´en fous.

Mon paradis, c´est elle et c´est tout.

Et même si je scandalise,

Le dimanche à l´église :

Je pense à Marie,

Aux yeux de Marie.

Je pense à Marie,

Aux mains de Marie,

Au corps de Marie,

Au cœur de Marie,

Je pense à Marie,

Au cul de Marie…

Je pense à Marie-Louise.

 

Chœurs :

 

Come and get it
And get it now
If you don´t get it
You´re a paw

Tout à l´heure quand elle va sortir,

Je vais la rater encore une fois

Tout à l´heure, ces ballots vont rire

Sur le zinc du café tabac.

Rigolez les gars, rigolez !

J´y mettrai le temps qu´il faudra

Mais un dimanche, vous la verrez

Sortir de l´église à mon bras.

 

Oh Charlie, tu l´auras ton paradis,

Charlie, Charlie, tu l´auras ton paradis.

Elle sera belle, belle tout en blanc.

J´aurai un chapeau et des gants

Et même si ça scandalise,

Un beau jour à l´église,

Je serai le mari, je serai le mari, je serai le mari...


 

Charlie, t'iras pas au paradis !
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Marco Valdo M.I.
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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 23:51

Les Chemises de Couleur

Chanson française – Les Chemises de Couleur – Marco Valdo M.I. – 2015

Parodie tirée d'une chanson de Gilbert Bécaud – Un petit Oiseau de toutes les couleurs. – 1965

Chanson : Gilbert Bécaud – Maurice Vidalin

 

 

La Marche sur Rome - Les Chemises noires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, je m'en vais te surprendre. Les Chemises de Couleur, c'est le titre de cette chanson…

 

Tu te mets à la blanchisserie, maintenant ? Tu m'étonneras toujours, Marco Valdo M.I. mon ami.

 

Mais non, mais non, rassure-toi. C'est une chanson à propos des gens qui portent une chemise de couleur. Et spécifiquement, ceux qui portent une chemise de même couleur : une chemise brune, par exemple.

 

Ah, je vois… Brune, noire, rouge, verte, bleue, blanche même… Si, si, même la chemise blanche, cette livrée de bureau. En somme, une manière d'uniforme.

 

C'est exactement cela. Mais celui qui chante, le personnage qui chante sa chanson… Lui, il porte des chemises multicolores ou des chemises de toutes les couleurs… Couleurs qui varient selon le temps, la saison, son humeur, le linge qui lui reste, celles qu'il vient d'aller chercher à la blanchisserie… La couleur de sa chemise est une variable infinie et ne s'accorde pour ainsi dire pas de considérations de groupe monochrome. Notre personnage fait son lit comme il se couche et met sa chemise comme elle vient. Bref, comme ça tombe… Et ce jour-là, ça tombe mal. Il y a des tas de chemises unicolores devant chez lui.

 

Hou là, rien de pire que les chemises de même couleur quand elles se regroupent. Elles ont tendance à faire tache d'huile et à propager je ne sais quel mimétisme obligatoire… avec des manières plus ou moins appuyées, plus ou moins musclées et même, plus ou moins armées. Ce sont des chemises coercitives. Un modèle de chemises et de gens qu'il vaut mieux éviter.

 

C'est exactement ça, comme tu vas le voir. C'est une histoire qui a dû se produire des milliers, des millions de fois. Et si je parle de ça aujourd'hui, c'est bien intentionnellement pour rappeler où peut mener la gangrène totalitaire qu'elle soit en chemise, en costume trois-pièces, en uniforme de Maréchal, de Generalissimo, de petit père des peuples, en bleu de travail ou en robe… Tout totalitarisme d'où qu'il vienne : de la terre, du ciel, d'un homme, d'un livre, d'une entité supranormale est, par essence, méprisable. On le combat d'abord par le mépris. Face aux temps des assassins, il n'y a que le mépris qui vaille. J'y reviendrai dans d'autres chansons, comme toujours ici, c'est en quelque sorte à suivre.

 

Et bien, j'attendrai la suite. Avec une certaine impatience cependant. Pour l'instant, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde prophétique, religieux, croyant, crédule, malade de foi et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Un matin, je sors de chez moi. 

Elles m'attendaient, elles étaient là. 

Elles paradaient sur le trottoir, 

Elles n'étaient pas drôles à voir. 

Toutes ces chemises d'une même couleur,

Toutes ces chemises d'une même couleur.

 

Immédiatement, je les ai vues,
Les chemises unicolores dans ma rue.

Je ne voulais pas les saluer.
Il faisait beau, elles m'ont emmené.
Les chemises d'une même couleur, 

Les chemises d'une même couleur.

 

Où m'emmènent-ellesdis ?
Où m'entraînent-ellesdis ?
Je n'en sais rien, je ne veux pas,
Je n'aime pas marcher au pas 

Elles ont l'air sévèresdis !
Elles ont l'air guerrières, dis !.
Où me mènent-elles de ce pas ?

Et que vont-elles faire de moi ?

 

 

 

Ma tenue, pour mon malheur,

N'est pas de la bonne couleur.

On passe sur la place,
Personne ne me regarde en face.

J'ai une chemise bariolée

Et une figure tuméfiée.

 

Sur l'avenue, tout le monde m'a vu,

J'ai cru que j'étais perdu.

J'ai entendu un ami siffler, 

Je n'étais pas abandonné
À ces chemises de même couleur,
À ces chemises de même couleur.

 

Où m'emmènent-ellesdis ?
Où m'entraînent-ellesdis ?
Je n'en sais rien, je ne veux pas,
Je n'aime pas marcher au pas 

Elles ont l'air sévèresdis !
Elles ont l'air guerrières, dis !.
Où me mènent-elles de ce pas ?

Et que vont-elles faire de moi ?

 

 

On est arrivé dans le camp,
Elles chantaienun drôle de chant.
Je me suis retourné, on m'a poussé.
Et le portail s'est refermé. 

 

Je ne peux pas parler, 
Je ne peux plus marcher,

Je suis enfermé,
Jsuis prisonnier.

Quel paysage, dis !

Quel beau voyage, dis !
Mon visage a pris toutes les couleurs. 

Quel beau voyage, dis !
Quel pays sage, dis !

Prenez garde aux chemises de couleur !

Les Chemises de Couleur
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Marco Valdo M.I.
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