Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 21:42

NOTRE MER

 

Version française – Notre Mer – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Mare nostro – Gang – 2015

 

 

 

Mer, porte-les à terre

Avant que ne meure la dernière étoile

 

 

 

 

 

Notre Mer, je t'en prie, écoute.
Cette nuit, aie de la patience et du cœur
Il y a un bateau au milieu des vagues
C'est un bateau qui porte l'espoir
Il n'a pas de voile et pas de moteur
Il n'y a pas de port et pas de phare
Mais, vois, ils sont nombreux
Ce bateau est leur sauvegarde
Regarde-les bien, ils sont nombreux,
Sous leurs pieds, ils emportent leur monde
Et dans leurs yeux qui sait combien de cendres ?
Combien ont-ils enterré de larmes ?

 

C'est eux l'histoire du grain
Le feu qui revient au coucher du soleil
Le pain rompu à la main, 
Partagé à la fin du jour.
Mer, je t'en prie, cette nuit
Ne les noie pas !
Mer, notre Mer

 

Notre Mer, celui qui les guide, c'est ce Dieu
Qui n'a pas de frontières
Qui marche sur l'eau et sur le feu
Et qui brise toutes les chaînes.
C'est un Dieu de toutes les couleurs
Qui combat la faim et la guerre
Pour lui, personne n'est d'ailleurs
Aussi bien dans les airs que sur terre

 

C'est eux l'histoire du grain
Le feu qui revient au coucher du soleil
Le pain rompu à la main, 
Partagé à la fin du jour.
Mer, je t'en prie, cette nuit
Ne les noie pas !
Mer, notre Mer

 

Mer, porte-les à terre
Avant que ne meure la dernière étoile
Avant la relève de la garde
Pour que ne les voie pas la sentinelle,
Que la terre ne soit pas prison,
Menottes, immatriculation,
Mais une route par le soleil baignée
Qui ne soit jamais une route mauvaise.

 

 

C'est eux l'histoire du grain
Le feu qui revient au coucher du soleil
Le pain rompu à la main, 
Partagé à la fin du jour.
Mer, je t'en prie, cette nuit
Ne les noie pas !
Mer, notre Mer

NOTRE MER
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 21:42

ADDIO RICCARDO

 

 

Version française – ADDIO RICCARDO – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne - Addio Riccardo – anonimo – 1945

 

 

 

 

CommBounaneuit 1945 [[37049]], écrite en occitan et à laquelle on renvoie pour les notices biographiques, la chanson est dédiée au partisan Riccardo Gatto, de Giustizia e Libertà (Justice et Liberté), qui opérait parmi les vallées Pellice, Germanasca et Angrogna avec la 5ième division alpine GL « Sergio Toja ». Les formations Giustizia e Libertà étaient liées au Parti d'Action. [RV]

 

Deux mots sur G&L (Giustizia e Libertà) et le Parti d'Action : Giustizia e Libertà est à l'origine un mouvement clandestin sous le fascisme, destiné à combattre le régime. Il fut fondé par notamment les frères Rosselli. Giustizia e Libertà donnera naissance au Parti d'Action. Sous le fascisme, agissait plus en mouvement de résistance où l'on peut noter les personnalités telles que : Carlo et Nello Rosselli, Ernesto Rossi, Gaetano Salvemini, Piero Gobetti, Carlo Levi, Piero Calamandrei, Feruccio Parri, Emilio Lussu, ... Les formations militaires virent le jour après 1943 et menèrent la lutte de libération face aux armées allemandes et aux milices fascistes.

 

 

 

Le quatre février déjà,

Les ratissages commencèrent

Même dans la Vallée d'Angrogna

Il nous fallut fuir.

 

À six heures, six heures et demie,

Quand l'aube commençait à poindre,

À Buonanotte , les Allemands

Commencèrent à tirer.

 

Maudite soit cette nuit

Où nous allâmes tous là-bas,

N'était cette nuit

On serait tous là .

 

Le dix-sept mars, triste journée,

Quand le soleil commence à tomber,

Une rafale de mitrailleuse

Vînt briser ta vie.

 

Ô Riccardo, ô Gatto Riccardo, ô toi,

Commandant, frère et soldat,

Fièrement tu es tombé,

Pour Justice et Liberté.

 

En héros, tu es tombé

Comme c'était ta volonté,

Mais le destin t'a frappé

Avec une abjecte cruauté.

 

Que Dieu console ta mère,

Tes parents et tes frères.

Ta mort est déjà vengée

Par notre volonté.

 
 
 ADDIO RICCARDO
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 15:50

Fils de personne !

 

Chanson française – Fils de personne ! – Johnny Hallyday – 1971 

 

 

Il y en a qui naissent
Dans les plis du drapeau
Au son des hymnes militaires

 

 

 

 

 

 

Tiens Lucien l'âne mon ami, une chanson de Johnny. D'accord, elle date, mais Johnny aussi . Mais comme on le sait, certains chanteurs en France sont d'une incommensurable longévité. Juste pour te préciser la chose, Charles Trenet chantait encore à 87 ans…

 

 

Certes, dit Lucien l'âne en riant et en se trémoussant dansant d'une patte sur l'autre, lui, il aurait même chanté comme fantôme… À propos de fantôme, je me rappelle très bien ta parodie : Je Chôme [[9561]], tirée de sa chanson « Je Chante ». Mais quand même, il est mort…

 

 

Lui oui, mais il en est d'autres qui sévissent encore : Guy Béart, 85 ans ; Hugues Aufray, 86 ans ; Marcel Amont , 86 ans ; Annie Cordy : 87 ans et Charles Aznavour : 91 ans… et toujours en activité. 

 

 

M'est avis qu'il faudra bien tout pour qu'ils laissent place à leurs successeurs. Et même, je pense que seule l'enveloppe violette pourra les calmer. 

 

 

Oui, oui… Je le pense aussi ; seule la camarde en viendra à bout. Dès lors, dans tout ça, le brave Johnny a l'air d'un jeunot avec ses 72 ans. Ce qui ne l'empêche pas de s'activer comme un volcan sur de gigantesques plateaux et d'avoir un fort goût de revenez-y, comme une saveur de réchauffé, un parfum de camembert trop fait, une consistance de yaourt périmé. Ce qui n'empêche pas qu'il ait pu avoir quelques chansons intéressantes. Celle-ci par exemple. D'accord, c'était à ses débuts et in illo tempore, il avait quelques bons paroliers autour de lui. C'était il y a un demi-siècle, ou presque. 

 

 

Je me demande bien pourquoi ils persistent à des âges pareils, dit Lucien l'âne.

 

 

Tu peux bien parler toi qui as commencé ta carrière il y a plus de vingt siècles… Cependant, je vais te donner un éclaircissement. Il te faut considérer ceci qui est une question simple : que pourraient-ils faire d'autre ? Et puis aussi, autre façon de voir la chose, le fait qu'à mon sens, ce sont des victimes du système commercial de la chanson, qui les exploite tant qu'ils peuvent rapporter. Il ne manque d'ailleurs pas d'artistes – peu importe qu'ils fussent ou non à notre goût ou selon nos attentes – que le-dit système a laissé finir dans une misère crasse.

 

 

En somme, dit Lucien l'âne en secouant la tête, on les presse jusqu'à la dernière goutte et puis, on les abandonne. Comme on a souvent fait avec les ânes... Cela dit, que raconte-t-elle cette chanson qui lui vaut d'être ici dans les chansons contre la guerre ?, dit Lucien l'âne en agitant malicieusement les oreilles.

 

 

Eh bien, ce fils de personne commence par affirmer qu'il n'est en aucun cas fils de militaire… et il enchaîne, ni fils de milliardaire, ni fils de fonctionnaire. Pour un peu, on le croirait anarchiste. Comme je te l'ai dit, c'était il y a longtemps. Depuis, ce n'est plus trop crédible. Et de toute façon, il est fort différent de cet autre fils de personne [[49002]] que chantait Jean Arnulf.

 

 

Ben, écoutons-la et reprenons notre tâche un peu répétitive, mais comment faire autrement, et tissons le linceul de ce vieux monde plein de guerres, de richesses, de bruits et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Il y en a qui naissent
Dans les plis du drapeau
Au son des hymnes militaires
Et quand la troupe défile sous leurs carreaux
Ils ont l'âme guerrière.

 

Mais pas moi,
Mais pas moi,
Je ne suis pas né militaire.
Mais pas moi,
Mais pas moi,
Je suis le fils de personne !

 

Il y en a qui naissent avec dans leur berceau
Les milliards de leur père.
On leur apprend que tout peux s'acheter.
Les affaires, oui, sont les affaires.

 

Mais pas moi,
Non, pas moi,
Je ne suis pas né milliardaire.
Mais pas moi,
Non, pas moi,
Je suis le fils de personne !

 

Il y en a qui naissent
Dans le respect des lois.
Ils peuvent faire une belle carrière.
Leurs paradis, c'est un bureau étroit
Dans un immense ministère.

Mais pas moi,
Non, pas moi,
Je ne suis pas né fonctionnaire.
Non, pas moi,
Non, pas moi,
Je suis le fils de personne !

 

 

Non, pas moi,
Non, pas moi,
Je suis le fils de personne.
Non, pas moi,
Non, pas moi,
Je suis le fils de personne !

Fils de personne !
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 11:04

Je ne suis fils de personne

 

 

 

Chanson française – Je ne suis fils de personne – Jean Arnulf – 1976

Paroles : Serge Rezvani

 

 

 

 

LES PLUS BELLES CHANSONS CONTRE LA GUERRE SONT DES CHANSONS DE PAIX.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Nous n'avons pu retrouver une version de l'interprétation de Jean Arnulf. Il existe cependant une version plus récente de Mona Heftre : http://www.dailymotion.com/video/x7r4zt_mona-heftre-chante-rezvani-je-ne-su_music

 

 

 

 

 

 

Laissez-moi me prendre au piège

Du doux plaisir d'exister.

 

 

 

 

 

 

Je ne suis fils de personne.
Je ne suis d'aucun pays.
Je me réclame des hommes
Qui aiment la Terre comme un fruit,
Qui aiment la Terre comme un fruit.

 

 

 

Au gré de l'amour, je veux m'abandonner
Au rythme des jours et des nuits dévoilées.
J'aime le goût d'écume, la saveur des embruns,
La douce amertume des brumes du matin.

 

 

 

Reverrai-je encore l'automne ,
Le temps des grandes marées,
Puis l'hiver où tout frissonne,
Puis un printemps, puis l'été,
Toutes saisons pour aimer ?

 

 

 

Je ne suis fils de personne.
Je ne suis d'aucun pays.
Je me réclame des hommes
Qui aiment la Terre comme un fruit,
Qui aiment la Terre comme un fruit.

 

 

 

Au gré de l'amour, peut-on s'abandonner
Quand on se souvient ce que sera demain
Contre les humains qui s'aiment dans leur coin ?
Les forêts d'acier fleurissent de barbelés.

 

 

 

Sommes-nous si peu de choses,
Des insectes trop petits ?
Ne sommes-nous plus des hommes
Pour nous laisser faire ainsi ?
Est-il encore temps d'aimer ?

 

 

 

Je ne suis fils de personne.
Je ne suis d'aucun pays.
Je me réclame des hommes
Qui aiment la Terre comme un fruit,
Qui aiment la Terre comme un fruit.

 

 

 

Au gré de l'amour, j'aimerai m'abandonner
Dans un lit de sable, par les vagues bordé,
Sous le grand soleil, avant d'être glacé,
Au bruit des abeilles, vivre le temps d'aimer

 

 

 

Reverrai-je encore les neiges,
Les feuilles mortes s'envoler ?
Laissez-moi me prendre au piège
Du doux plaisir d'exister.
Laissez-nous le temps d'aimer.

 

 

 

 

Je ne suis fils de personne.
Je ne suis d'aucun pays.
Je me réclame des hommes
Qui aiment la Terre comme un fruit,
Qui aiment la Terre comme un fruit.

Je ne suis fils de personne
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:23

L'émigré

 

Chanson française – L'émigré – Jean Arnulf - 1976

Paroles : Serge Rezvani

 

Je le revois accordant son violon...

 

 

Il venait tout droit, son violon sous le bras
D'un ghetto polonais, ça se voyait
D'une ville polonaise aux cent carillons
Qui sonnaient au beffroi
La peur et la mort sur son front bien trop pâle
Dès l'enfance avaient gravé leur nom
La peur et la mort et tellement d'autres choses
Dont jamais il ne voulait parler
Ses yeux fiévreux, beaucoup trop fiévreux
Trop profonds, trop tristes
Ont marqué mon âme à tout jamais
Je le revois accordant son violon
De ses mains si blanches
Son sourire si doux me hante encore

 

Chaque jour, il partait son violon sous le bras
Et mon cœur se serrait chaque fois
Il tenait par la main, sa fille
Une enfant, c'est tout ce qui lui restait
Sa femme, ses amis, ses parents étaient morts
Aucune tombe n'existait à leur nom
Rayés de la vie par ces terribles choses
Dont jamais il ne voulait parler
C'était la guerre, nous étions voisins
Et il venait s’asseoir
Chez nous en souriant doucement le soir
Je le revois accordant son violon
De ses mains si blanches
Son sourire si doux me hante encore

 

Il venait tout droit, son violon sous le bras
D'un ghetto polonais, ça se voyait
Il fut arrêté avec son enfant, l'hiver était très froid
La nuit et la mort, les souffrances qu'il craignait
Quelque part en Pologne furent leur sort
La peur et la mort et tellement d'autres choses
Dont jamais il n'avait voulu parler
Ses yeux fiévreux, beaucoup trop fiévreux
Trop profonds, trop tristes
Ont marqué mon âme à tout jamais
Je le revois accordant son violon
De ses mains si blanches
Son sourire si doux me hante encore

 
 
 
L'émigré
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:48

LA TEMPÊTE

 

Version française – LA TEMPÊTE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La tempesta – Lorenzo Monguzzi – 2013

 

 

 

 

Je veux seulement rester ici et attendre la tempête.

Une fois passée, regarder ce qui reste.

 

 

 

 

 

 

 

« Je n'ai plus de mots de paix pour votre guerre... »

 

 

 

J'en ai fait des erreurs, oui Monsieur !

Mes fautes, je les ai toujours payées, oui Monsieur !

J'ai laissé tomber la pluie sur mon courage

Et la rouille a interrompu mon voyage

Puis, j'ai vu le soleil et il m'embrassa

Alors, je compris que tant que le soleil sera

Sa chaleur m'appartiendra.

 

J'en ai vu des choses dégoûtantes, oui Monsieur !

Un serpent dans un bouquet de roses, oui Monsieur !

Un ami a pris mes forces pour s'échapper,
Et le bourreau pleure sur le cou à couper ;
Puis, j'ai vu la mer et elle m'a lavé
Alors, je compris que tant que la mer sera

Son eau m'appartiendra.

 

Et aujourd'hui, je veux remercier celui qui m'a trahi,

Qui a cherché à me tromper et qui a réussi.

Je veux remercier celui qui, sans scrupules,

S'en est allé me saluant d'un mensonge.

 

Je n'ai plus de mots de paix, non Monsieur !

Aucun argent caché, non Monsieur !

Je n'ai plus de mots de paix pour votre guerre;

Aucun argent caché dans ma guitare.

Je veux seulement rester ici et attendre la tempête.

Une fois passée, regarder ce qui reste.

Le vent se lève, bon vent, je souris et j'ai compris que
Ce vent souffle pour moi, aujourd'hui

Je pense et je souris

Ce vent souffle maintenant pour moi,

Il est venu seulement pour moi.

LA TEMPÊTE
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:16

PORTE OUVERTE

 

Version française – PORTE OUVERTE – Marco Valdo M.I. – 2015

d'après la version italenne d'une

Chanson en Lombardo brianzolo – Portavérta – Lorenzo Monguzzi - 2013

 

 

Ils sont forcés à fuir pour ne pas mourir de faim

Ce n'est pas une nouveauté, ce fut aussi le sort les Italiens

 

 

 

J'ai voyagé par le monde, je te dis en confidence

Nous ne sommes pas les seuls à avoir une conscience :

Il y a des gens qui meurent de faim, ne savent plus de quel côté se tourner

Et, pour tout dire, dont nous avons peu à nous plaindre

 

Il y a des gens nés au cœur de la guerre qui continuent à se tuer

Et nous ici à pester de devoir payer les taxes

 

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

 

Qu'est-ce que ça peut me faire à moi, à moi plaisent les gens

Qu'ils soient de mon pays ou d'un autre continent

Et tous avec leur histoire, et tous avec leurs problèmes

Penser que nous sommes mieux est un raisonnement stupide

 

Ils sont forcés à fuir pour ne pas mourir de faim

Ce n'est pas une nouveauté, ce fut aussi le sort les Italiens

Et il ne s'agit pas de perdre l'identité,

Cessons de jeter la pierre sur les plus malchanceux

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

 

Vous direz qu'il y a trop de délinquance

Que nous avons déjà trop supporté et que maintenant, nous n'avons plus de patience

Et qu'au centre de Milan, marcher dans la rue

C'est jouer au rat dans la souricière.

 

On nous dit des mensonges, car la vérité

Est qu'autrefois, nous avions bien peu à voler,

Et maintenant que nous avons quelque chose, que bien plus nous avons,

Nous sommes devenus mauvais, car dessus nous-mêmes, nous nous chions.

 

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.
Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.
Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

Tous veulent fermer la porte

Et par contre, il me plaît à moi de la laisser ouverte.

PORTE OUVERTE
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 20:43

Le Twist Du Déserteur

 

Chanson française – Le Twist du Déserteur – Jean Arnulf – 1963

 

 

 

Twist du déserteur

(déserteur allemand (1945) pendu par les SS et dépendu par des soldats alliés)

 

 

Mon cher ami Lucien l'âne, voici une chanson de déserteur, une de plus dans les Chansons contre la Guerre, où elle va rejoindre le déserteur [[1]] de Boris Vian et des tas d'autres, y compris Joseph Porcu [[9046]]. Comme tu le vois dans son titre, c'est une chanson d'époque : c'est un twist. Si tu te souviens et peut-être serais-tu le seul âne à l'avoir pratiqué, le twist était une sorte de déhanchement assez douloureux auquel les danseuses et les danseurs s'astreignaient pendant qu'un chanteur (une chanteuse ou plusieurs) essayaient de se faire entendre par delà les instrumentistes eux-mêmes bien décidés à se faire entendre. Et très audacieusement, ce twist est intitulé : Le Twist du Déserteur. Très audacieux, car à l'époque, ça rigolait pas avec le service militaire. J'en tiens pour exemple, Bon pour le service , ce petit film – une merveille (interdit à l'époque) qui parle de twist et de service militaire.

 

 

Certes, je me souviens, mais je n'ai au grand jamais pratiqué pareille chose… À mon âge, t'imagines. Donc, un twist anti-militariste… Ce devait être une marchandise assez rare… Le twist n'était pas, du moins pour ce que je m'en souviens, parmi les genres musicaux préférés des chanteurs militants…

 

 

C'est exact. Mais quand même Jean Ferrat, qui ne l'a d'ailleurs jamais fait, se proposait, par dérision ou comme exploit de twister dans une, par ailleurs, très belle chanson : Nuit et Brouillard [[19]]. Mais ce n'était plus de son âge… et puis, comme tu le verras, Jean Arnulf l'avait déjà fait. Et Jean Arnulf n'y va pas de main morte… Tout-à-fait dans la foulée du Déserteur de Boris Vian. Je dirais en plus chargé d'acide sarcastique. L'acide sarcastique se fait en broyant des roches sarcastiques que l'on va chercher dans les profondeurs du sol que l'on mélange de sels de poésie et de cadences catasoniques. Enfin, tu verras à l'usage, c'est pas mal.

 

 

Voilà qui est bien et qui m'intrigue, dit Lucien l'âne l'oeil illuminé de saine rigolade. Mais encore…

 

 

Mais encore, justement. Venons-y. C'est là que je t'attendais, car tu vas rire plus encore. Il s'agit du dernier couplet, qui est extrait d'un chant ancien repris au répertoire militaire. Pour te dire, ma grand-mère, celle qui a fait la guerre de 14-18 à l'hôpital du côté de Reims, le fredonnait souvent, comme une rengaine ironique. Ce couplet est en fait une partie du refrain du Tambour Miniature, sorte de Blechtrommel [[40093]] avant la lettre. Et comme je te l'ai dit, pour te faire bien rire, car elle est drôle et à mon sens assez peu enthousiaste des exploits militaires. Enfin, tu jugeras. Pour un peu, moi, je la mettrais comme chanson contre la guerre, s'il n'y avait ses interprètes : chorale et musique militaire. Et maintenant, pour toi, en direct, cet étonnant morceau de l'art lyrique militaire :

 

 

Chanson française – anonyme – avant 1900.

Interprète : Troupes de Marine

 

 

Je suis un tambour miniature
Marquez le pas
On m'admire pour ma belle stature
Par le flanc droit
J'ai fait trois fois le tour du monde
Au garde à vous
J'ai courtisé des brunes et des blondes
Serrez les rangs
Et de moi l'on dira toujours
Au garde à vous
Qu' j'étais foutu pour la guerre et l'amour
Tireur debout

J'ai perdu mes jambes à Gravelotte
J'ai perdu mes deux bras à Valmy
Au Tonkin, j'ai perdu ma culotte
Et le reste, dans le faubourg Saint-Denis
Chez la mère cass'bite
Ah! il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille
Ah! il fallait pas, il fallait pas y aller
Mais il a fallu, il a fallu qu'il y aille
Mais il a fallu, il a fallu y aller

Quand je rencontre une belle petite
Marquez le pas
A monter chez moi je l'invite
Par le flanc droit
Comme un soldat je la commande
Au garde à vous
Et si parfois, la belle en redemande
Serrez les rangs
J' lui dis que je n' suis pas toujours
Au garde à vous
Des mieux foutus, pour la guerre et l'amour
Tireur debout

 

J'ai perdu mes jambes à Gravelotte
J'ai perdu mes deux bras à Valmy
Au Tonkin, j'ai perdu ma culotte
Et le reste, dans le faubourg Saint-Denis
Chez la mère cass'bite
Ah! il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille
Ah! il fallait pas, il fallait pas y aller
Mais il a fallu, il a fallu qu'il y aille
Mais il a fallu, il a fallu y aller

Ma femme accouche toutes les trois semaines
Marquez le pas
Faut voir comment le gosse s'amène
Par le flanc droit
J'entends la voix de la sage femme
Qui dit tout bas
Allez-y donc, allez-y ma p'tite dame
Serrez les flancs
C'est un p'tit gars beau comme le jour
Au garde à vous
Des mieux foutus, pour la guerre et l'amour
Tireur debout

 

J'ai perdu mes jambes à Gravelotte
J'ai perdu mes deux bras à Valmy
Au Tonkin, j'ai perdu ma culotte
Et le reste, dans le faubourg Saint-Denis
Chez la mère cass'bite
Ah! il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille
Ah! il fallait pas, il fallait pas y aller
Mais il a fallu, il a fallu qu'il y aille
Mais il a fallu, il a fallu y aller"

 

 

Bien, bien. Repos, messieurs les chanteurs ! Nous, nous reprenons notre tâche et nous tissons le linceul de ce vieux monde où l'on se tue gaillardement, on se décapite régulièrement, on se brûle spectaculairement, bref, on s'assassine inconsidérément et vieux monde néanmoins cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Du plomb dans la cervelle des autres,
Les morts qu'on compte à coups de civières,
Celui qui fait le bon apôtre,
L'autre qu'est content de sa lumière.
Les morts s'entassent sur leurs grands-pères,
Demain, nous serons des violettes,
Les affaires deviendront prospères,
On continuera les courbettes.

Yeah yeah, c'est la vie

Du plomb fondu à l'illusion
Dans des moules qu'on s'est offerts,
Ça ressortira en canon,
Mais c'est pas pour demain, la guerre.
Une guerre, ça se déclenche pas comme ça
Faudrait d'abord qu'on soit d'accord
C'est pas l'intérêt d'un État
De marchander avec des morts.

Yeah yeah, c'est la vie

Un petit peu de plomb dans ta cervelle
Tu comprendras que t'avais qu'à dire
T'étais pas fait pour la chapelle
Et t'aimais pas les gueules de cire
Maintenant, mon vieux, c'est trop tard
Tu ne peux plus parler, c'est fatal
Tu n'es plus qu'un pauvre soudard
Qui a tourné bien, bien, bien mal

Yeah yeah, c'est la mort

Ah, y fallait pas
Y fallait pas qu'y aille !
Ah, y fallait pas
Y fallait pas y aller ! 

Le Twist Du Déserteur
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 19:33

LE CADEAU

 

Version française – LE CADEAU – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Il Regalo – Fabularasa – 2012

 

 

 

 

On m'a apporté votre cadeau à la maison :

Une corbeille emplie de présents divins

 

 

 

 

 

 

Chanson librement inspirée de la lettre écrite par Giuseppe Di Vittorio au Comte Pavoncelli le 24 décembre 1920. Lire le texte de cette chanson est comme ouvrir une vieille enveloppe dans laquelle on trouve des photos décolorées et en noir et blanc – qui retracent des scènes de travail dans les champs des Pouilles durant les premières années du siècle passé – et une lettre ancienne (la première des trois de ce disque). Ce n'est pas n'importe quelle lettre : Giuseppe Di Vittorio l'écrivit à son patron, le Comte Pavoncelli, la veille de Noël 1920, pour lui rendre, de la manière la plus aimable possible, une petite corbeille de vœux qu'il lui avait fait porter chez lui. Di Vittorio l'a renvoyé parce qu'il ne veut pas d'un quelconque privilège par rapport aux autres journaliers qu'il représente ; un geste nécessaire pas seulement par honnêteté de conviction individuelle, mais aussi car, dans la vie publique, cette même honnêteté est un devoir civique et doit être bien visible à l'extérieur. Un événement lointain, mais de déconcertante actualité, dans cette période de désorientation politique. Un exemple à ne pas oublier. L’élégante clarinette de Gabriele Mirabassi ponctue un morceau qui voyage sur une marche rapide et constante, vers un finale instrumental. La chanson a été présentée à Bari, en avant-première, à l'occasion de l'inauguration d'une pierre dédiée à la résistance de la Bourse du Travail face aux milices fascistes, en 1922.

 

Juste deux mots pour situer Giuseppe di Vittorio, encore connu et même très connu en Italie, il est quelque peu ignoré dans le reste de l'Europe actuelle.

Giuseppe Di Vittorio , né le 11 août 1892 à Cerignola, dans la région des Pouilles et mort le 3 novembre 1957 (à 65 ans) à Lecco. Fils de paysans, autodidacte, il fut un militant syndical, antifasciste et sur le plan politique, député PCI. Comme syndicaliste, il fut parmi les fondateurs et jusqu'à sa mort, un des dirigeants principaux de la CGIL – le principal syndicat italien.

 

 

Très honoré patron, ce matin
On m'a apporté votre cadeau à la maison :
Une corbeille emplie de présents divins,
Amandes douces, vin, fruits de saison.

 

Ne pensez pas que je n'apprécie pas au plus haut degré
L'amabilité d'une si noble pensée,
La courtoisie qui certainement l'a inspirée
Et je vous en remercie, mais je dois refuser.

 

Je le sais que vous ne l'avez pas fait pour me piéger
Et que vous ne pensez pas à m'acheter ;
Mais mes compagnons qui n'ont pas à manger
Pourraient le penser…

 

L'aube sur la place solitaire descend
Les équipes se rassemblent doucement:
Cent bâillements, cinq tintements,
Une colonne (lente) derrière le surveillant.

 

Qu'on ne dise pas que je fricote avec le patron
Lorsque le prix du travail, nous négocions 
Mes compagnons qui n'ont pas à manger
Pourraient le penser.

 

Ce n'est pas seulement une question de conscience,
De méfiance, de bonne renommée :
C'est une pratique d'honneur que la politique ;
Vous me comprenez, je ne dirai rien d'autre.
Salutations distinguées.

 

À midi le soleil tape sur la nuque,
Le contrôleur vient au champ, il surveille
Les paysans qui essuient leurs tempes,
Serrent les dents et courbent l'échine.

 

 

Dans ce purgatoire de chaleur…
Le soleil se couche sur les tas de grains,
J'arrive avec mes souliers poussiéreux,
Les paysans sèchent leur sueur,
Ils me regardent dans les yeux,
Ils me serrent la main…

LE CADEAU
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 16:59

Au matin du Grand Soir

 

Chanson française – Au matin du Grand Soir - Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 


Au matin du Grand Soir

 

 

 

 

Je lisais l'autre soir cette phrase que j'ai mise en exergue à la chanson… et si je l'ai mise là, il y a une double raison.

 

 

Deux raisons, veux-tu dire, Marco Valdo M.I. et lesquelles ?

 

 

Oui, deux raisons et sans doute, même plus encore. La première, c'est cette phrase elle-même qui m'a paru résumer cette idée de Grand Soir et de matin du Grand Soir. Toute l'histoire en une ligne, soutenue par un fort vent d'optimisme et de joie de vivre. La deuxième (car il y en aura d'autres, réflexion faite !), c'est que je lisais à ce moment une chanson chantée par Marc Ogeret et qui parlait du matin du Grand Soir elle-aussi [[48956]]. La troisième raison, c'est que tout cela a ravivé dans ma mémoire une antienne dont je ne sais plus si j'en ai été l'auteur ou si elle m'est venue d'ailleurs ; en tous cas, je me souviens très bien d'avoir travaillé (il y a des années… vers 1985 ?) sur le projet d'un grand panneau sur émail (12 x 6 m) avec une École des Beaux-Arts et des ouvriers métallurgistes dont le thème et le sujet central était cette antienne : « Au matin du Grand Soir, le coq rouge pondra l’œuf noir ». La quatrième raison, c'est que j'en ai fait une chanson, juste une chanson, une chanson sans prétention aucune que d'être une petite chanson.

 

 

Admettons, dit Lucien l'âne en riant. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien signifier cette antienne, comme tu dis ? Car, elle m'a l'air bien mystérieuse, poétique, légèrement utopique. ;. Que sais-je ?

 

 

De fait, tu as raison, Lucien l'âne mon ami. Il y a de ça. Quant aux interprétations possibles… Le Grand soir, nous en avons déjà parlé et la petite phrase en exergue le décrit assez bien. Bref, c'est le moment révolutionnaire , le moment où le monde bascule d'un monde de richesse, d'exploitation, d'avidité, de cupidité, d'arrogance, d'ambitions… vers un monde de fraternité, de solidarité, de joie de vivre… Ce que Saint-Just appelait le bonheur. Pour ce qui est du Matin, il y a une grande différence entre le matin du Grand Soir, chanté par Marc Ogeret, qui précède le Grand Soir et le matin de cette chanson-ci, qui suit le Grand Soir. L'épisode convulsif est passé.

 

 

Et le coq rouge ? Et l’œuf noir ?

 

 

Le coq rouge, là, il y a de nombreuses possibilités et outre, pour nous ici, l'évident coq wallon, il y a aussi bien le coq qui appelle au réveil des hommes et du jour, Chantecler qui fait surgir le soleil dans le ciel ; le rouge étant le rouge emblématique qu'on trouve sur les drapeaux des groupes révolutionnaires ; mais, il faut aussi y voir le feu, les flammes qui forment la crête du coq, celles-là-mêmes qui illuminent le Grand Soir. Et puis, l’œuf noir, on peut l'interpréter comme le résultat du Grand Soir… l'Anarchie elle-même. Disons que c'est une chanson mythique et qu'elle recèle bien d'autres nuances, d'autres significations qu'on n'aperçoit pas immédiatement. Un peu comme les reflets irisés d'un clair de lune sur une rivière, un lac ou sur la mer. Ou alors, ce n'était qu'un rêve... 

 

 

Tu as eu un rêve... Tu n'es pas le seul... Eh bien voilà, un chanson est née et nous, nous reprenons notre tâche, et avec elle et des milliers d'autres, nous tissons le linceul de ce vieux monde enrichi, empâté, engraissé, ankylosé et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

« Bientôt peut-être, les ténèbres traversées des flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis, viendra l'aube de joie et de fraternité » – A dolphe Retté dans Le Libertaire – 1899

 

 

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et nous, on se réveillera.

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et nous, on chantera.

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et nous, au soleil, on sortira.

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et nous, au soleil, on dansera.

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et nous, au soleil, on s'aimera.

 

Au matin du Grand Soir

Le coq rouge pondra

L’œuf noir

Et tous, de joie, on rira.

Au matin du Grand Soir
Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article