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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 22:37

L'Aveu théâtral

 

Chanson française – L'Aveu théâtral– Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 4

 

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

Château de Litomyšl

Enfin, il s'en revenait à Litomyšl au château des Wallenstein, car il avait appris qu'il y avait là une place de conseiller in teatro à prendre. Le Wallenstein s'était fait bâtir un théâtre...

 

 

Voici donc la suite de cette longue fuite de l’Arlequin déserteur. On le suit quasiment pas à pas. L’été, souvenez-vous, il était à Marengo. Les régiments vainqueurs à midi, vaincus à une heure, décimés, étrillés, remontaient vers Vienne et la haute protection de l’Empereur François, qui dit-on n’était pas une lumière et tenait les Tchèques et la Bohême sous son auguste botte. Comme on sait aussi, notre Arlecchino est en réalité tchèque et son idée fixe est de remonter en Bohême. Un périple de près de mille kilomètres… à pied et en se cachant, la plupart du temps. L’automne se passe à traverser les montagnes et à tenter d’atteindre Prague pour y passer l’hiver. Ce qui, tout bien considéré, était un fameux détour. La route la plus directe (mais quand on est déserteur, ce n’est peut-être pas la meilleure) aurait suivi le trajet suivant : Marengo, Vérone, Vicenza, Venise, Udine, Graz, Vienne, Brno, Litomyšl… Mais quoi qu’il en soit, ça représentait des jours et des jours de marche… et par tous les temps et sans trop pouvoir se montrer.

 

 

C’est assez dur en effet. Surtout pour un humain. Sans même un âne pour le soutenir et lui tenir compagnie. Cela dit, maintenant que tu en parles, il me semble quand même avoir comme une réminiscence… Il ne voyageait pas sous son nom… C’est normal. Je me souviens d’un drôle de personnage qui se disait italien, n’en parlait pas un traître mot et devait s’appeler quelque chose comme Louis Sébastiano… Mais c’était au printemps suivant ; je l’ai porté de Prague à je ne sais quel château en Bohême par des chemins de terre au moment où les arbres commençaient leur floraison. Un paysage tout en couleurs.

 

 

De cela, tu en sauras plus par la chanson ; mais à mon sens, ce doit bien être lui. Enfin, il s’en revenait à Litomyšl au château des Wallenstein, car il avait appris qu’il y avait là une place de conseiller in teatro à prendre. Le Wallenstein s’était fait bâtir un théâtre…

 

 

À Litomyšl ?, dit Lucien l’âne stupéfait, c’est-à-dire au milieu de nulle part…

 

 

Certes, mais en quelque sorte, que ne ferait-on pas pour asseoir sa gloire ? Et puisque théâtre, il y avait ; il y fallait un conseiller « in teatro », les précédents ayant disparu, notre Arlecchino, dûment renseigné, se présente à la Comtesse sous la fausse identité d’un artiste venu de Venezia pour occuper l’emploi. La Comtesse n’est absolument pas dupe, même pas un instant. Un artiste vénitien qui parle le tchèque, a-t-on déjà vu ça ? Dévoilé, il avoue tout et le reste. Même son statut précaire de déserteur, mais la Comtesse s’en fout. Elle l’engage en attendant le retour du Comte.

Voilà donc notre ami casé, au moins pour quelque temps. C’est un soulagement. Il exulte et promet un avenir radieux à son Arlecchina…

 

 

Holà, cette Comtesse est un fameux personnage, une bonne mère, en quelque sorte. Imagine, elle va sciemment abriter un déserteur… Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça… Mais j’y pense, depuis Prague, il se fait reconnaître et on ne le dénonce pas… C’est très tchèque… et cette manière de tromper l’occupant ou le dominateur, on la retrouve tout au long de l’Histoire de ces contrées. J’ai comme l’impression que cette histoire d’amour d’Arlecchino pour une Arlecchina évanescente cache quelque chose ou plutôt, raconte autre chose… Enfin, on verra. En attendant, tissons nous-aussi le linceul de ce vieux monde dominateur, hostile, mesquin et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Jiří Joseph, comte de Wallenstein

Voulait un conseiller in teatro

J’avoue dit Matthias, l’ex-fantassin

Arlequin, detto Luigi Sevastiano

 

Fuyant fuyard sous les pluies d’octobre

Dans les brouillards de novembre

De plaines en montagnes vers le pays,

Avant l’hiver, à Prague, il te faut un abri.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Matthias, te faut chercher un métier ? Quel métier ?

Dans ces campagnes de Marengo, j’ai tout oublié.

La guerre est finie, Matthias. Te faut rentrer au pays.

Fine la guerre ? Jamais pour les déserteurs et j’en suis.

 

Sais-tu l’italien, mein Freund von Venezia.

Il te faut un nom, tu n’en as pas.

Disons Luigi, infortunato re di Francia

Et Sevastiano, le félon des marionnettes en bois.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Arlecchina, ma rose blanche

Refais-toi une beauté, Arlecchina

Un peu de poudre à tes yeux, c’est dimanche.

Galop, galop, on va, on va, on va…

 

Demain ma mie, il y aura du pain, de la viande

Des saucisses, des anchois, des anguilles

Un citron, deux oranges, des airelles

De la crème, des raisins, des amandes.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Ah, dit la comtesse, un conseiller in teatro

Pour le théâtre vide du château ?

La dame appuie le bras sur l’accoudoir ;

Le Comte est à Vienne. Il reviendra plus tard.

 

De Venise, dites-vous et tchèque vous parlez…

Vous chantez, vous dansez ? Ballerino, j’ai été.

Où es-tu né, Arlecchino ? Ici, douce dame.

Je suis déserteur. Ce n’est pas un drame.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 

 

 
L'Aveu théâtral
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Marco Valdo M.I.
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 14:43

VIEILLES HISTOIRES

 

Version française – VIEILLES HISTOIRES – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Olle Kamellen – Kurt Tucholsky – 1919

Texte de Kurt Tucholsky, publié dans Die Weltbühne (Berlin) sous un de ses nombreux pseudonymes : Kaspar Hauser.

Musique de Hanns Eisler

 

 

 

 

Cinq écrivains en un seul homme




Un poème dans lequel Kurt Tucholsky situait dans l'autoritarisme, le militarisme et la mentalité, même populaire, qui les sous-tendait (la « kaiserreich-pensée ») le plus grave obstacle à ce que la République de Weimar puisse devenir une expérience de démocratie réelle, accomplie, adulte, satisfaisante pour ses citoyens… L'Histoire elle lui a donné pleinement raison.

 

 

À propos de Vieilles Histoires… d'Allemagne, ce jour-même où je traduis ce poème de Kurt Tucholsky, j'apprends la mort de Günter Grass, lui de qui j'ai tiré cent vieilles histoires d'Allemagne.

 

Günter Grass est mort. Ça devait arriver un jour. Tout le monde ne peut être éternel, dit Lucien l'âne. Mais au-delà de ce moment de la vie qui continue, je propose de relire la fresque que tu fis à partir de son « Siècle »… au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Gottingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

On peut trouver ces 100 canzones bien rangées dans l'ordre chronologique et illustrées à cette adresse.

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Au front, un jeune garnement. 
Critique les erreurs, les planqu
es, les manques.En premier lieules vieux.
… 
Mauvaise humeur du lieutenant aujourd'hui …
 « Je 
peux dire à la compagnie :
Je 
vous apprendrai, les gars, le garde-à-vous !
Rassemblez vos os, bande de porcs ! »
Et 
il faut oublier tout ça ?

 

À l'intérieur du messquel brouhaha !
Les verres tintent. Jubilent les hourras.Trois vins, sept services,
Le garde dehors a froid aux jambes.
Il pense à 
sa mère, à chez lui ;

Les enfants, écrit-elle, ont l'air malades.

Ils doivent jouer, chanter, pousser des cris.
Et tout cela doit-il être omis ?

 

Et que tout est pardonné, oublié ?
Le vol à Essen ? Les coups de pied en douce ? 
Pardieu ! Ce ne sont pas de vieilles histoires !
De tels lascars fourmillent encore à présent !
Imposer le respect des morts –
L'enfoncer profondément dans les têtes aujourd'hui encore !
Notre cœur a été détruit au cours de cette guerre –
Et tout cela doit être oublié maintenant ?


Ne pas oublier. Nous voulons que ça change.
Un pays libre parmi des pays libres
L'Allemagne – avec des habitants libres,
Sans cet esprit de laquais servile.
Nous ne voulons pas exercer de vengeance sur les officiers.
Nous voulons réformer le sentiment allemand.
– Frère, sois un Allemand libre, fais-le maintenant !
Et alors, tout sera oublié !

 

 
VIEILLES HISTOIRES
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Marco Valdo M.I.
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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 11:30

LES TRENTE-SIX HEURES

 

Version française – LES TRENTE-SIX HEURES – Marco Valdo M.I. – 2014

Chanson italienne (Romanesque) – Se 36 ore – Ned Ludd – 2007

 

 

 

Moi en mathématiques, je ne suis pas un champion 

Pourtant, je vais vous exposer mon illumination :
LA GRÈVE JOYEUSE

 

 

Eussent-elles été quarante

Vous en eussiez demandé quarante-deux
Eussent-elles été cinquante 
Ç'eût été cinquante-deux

 

Eussent-elles été soixante, ce serait soixante-deux
Eussent-elles été septante, ce serait sans doute plus deux

Quatre-vingt sont trop peu
Mieux vaut quatre-vingt-deux
Et pour la nouvelle production nonante et même, nonante-deux

Eussent-elles été cent ou cent-deux
Les journaux diraient cent-dix, vous diriez c'est bien trop peu
Vous en demanderiez encore deux

À cent-vingt, cent-vingt-deux
Cent-trente, trop peu
Il nous en faut cent-trente-deux


À cent-quarante, cent-quarante-deux
À cent-cinquante, cent-cinquante-deux

À cent-soixante, cent-soixante-deux
À cent-soixante-quatre, mettez-en encore deux

 

À cent-soixante-huit, vous vous seriez arrêtés
Vous auriez convoqués les syndiqués

 

À cent-soixante-huit, vous vous seriez congratulés
À cent-soixante-huit en paix, vous nous auriez laissés

 

À moi qui en mathématiques ne suis pas un champion
Il m'est venu un doute dedans mon cabochon

 

Moi en mathématiques, je ne suis pas un champion 
Pourtant, je vais vous exposer mon illumination

 

Combien peuvent donc bien faire vingt-quatre fois sept.... Telle est la question.


Mais 24 fois sept font

168 !

Le patron veut nous faire passer notre vie dans sa fabrique ;

Ce que nous voulons, c'est le travail et la dignité.

Le patron veut nous faire passer notre vie dans sa fabrique ;

Ce que nous voulons, c'est le travail et la dignité.
Ce que nous voulons, c'est le travail et la dignité.
Ce que nous voulons, c'est le travail et la dignité.
Ce que nous voulons, c'est le travail et la dignité.
Ce que nous voulons et qu'on ne veut pas nous donner.

Travailleurs du monde entier : Réveillez-vous !

 

 
LES TRENTE-SIX HEURES
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Marco Valdo M.I.
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 22:25

TONIN ET CHARLEMAGNE

 

Version française – TONIN ET CHARLEMAGNE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Tonino e Carlo Magno – Quarto Stato – 1975


Texte et musique de Nadia Furlon et Mario Acquaviva

 

 

Charlemagne invente la lumière.

Douce vieille cantilène...

 

 

 

« Ce fut un des premiers groupes de la Coopérative L’Orchestra, étiquette musicale du Stormy Six. Leur disque, qui prenait le nom Quarto Stato, sorti en 1975, a eu un certain rôle dans le champ de la nouvelle musique politique, grâce à ses nombreux concerts, souvent même à l'étranger, surtout en Allemagne. Le disque était signé des deux membres de Quarto Stato Nadia Furlon et Mario Acquaviva, qui provenaient de la Commission Culturelle du Mouvement Estudiantin, et recourait à la contribution de musiciens pour l'occasion arrachés au domaine du jazz, Gaetano Liguori, Roberto Del Piano. Il y avait quelques morceaux qui s'élevaient au-dessus des autres, Il brigante, Luca Marano (tiré des traditions populaires du Sud) e Non è tempo... Pour des désaccords avec l'Orchestra, le Quarto Stato n'enregista plus rien, préférant jouer en tournée et préparer en 1978 un spectacle (« Contrasto ») fort ambitieux mais que sombra dans un désastre à tous les niveaux. Ceci sans doute contribua à l'effritement et à la désagrégation du duo ».



Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson qui raconte la grande misère du Sud ; enfin, la misère usante qui touche les populations ; évidemment, pour certains – dans le Sud comme ailleurs – la misère n'existe pas. Elle fait, en quelque sorte, partie d'un autre monde ; celui des pauvres. Comme tu le sais, la Guerre de Cent Mille Ans trace ses frontières dans tous les lieux et jusqu'à présent, dans tous les temps. La chanson parle très exactement de cette misère, de cette pauvreté poussée à l'excès qui est le résultat de cette étrange équation que dessine la question fondamentale : « Combien faut-il de pauvres pour faire un riche ? »

 

 

Et, dit Lucien l'âne en se balançant d'avant en arrière, et, le riche lui connaît la réponse ; il se dit : « Beaucoup ; et plus, il y en a, plus le riche est riche. » Et c'est précisément, ce mouvement auquel on assiste tous les jours dans ce monde, monde qu'on ne saurait considérer comme le nôtre ; ayant été accaparé par les malades de la richesse – car cette une maladie, une pure addiction. Et j'ajoute qu'il est de plus en plus clair que pour obtenir la plus grande richesse, il faut non seulement qu'il y ait un maximum de pauvres, mais en plus, que ces pauvres soient de plus en plus pauvres.

 

 

Pour en revenir à la chanson, dit Marco Valdo M.I., elle tourne autour de deux personnages : Tonin et Charlemagne. De Tonin, on retiendra qu'il est le protagoniste d'un groupe de jeunes gens de la catégorie des pauvres. Quant à Charlemagne, il apparaît par le biais d'une comptine populaire, dans laquelle le grand empereur, vainqueur des Maures, etc, est ridiculisé, brocardé de la manière qu'ont ces chants anonymes de traiter les puissants. Charlemagne ici, c'est l'ancêtre de Chuck Norris et de ses rodomontades, dont voici un exemple : « Rien ne sert de jouer aux échecs avec Chuck Norris, Chuck Norris ne connaît pas l'échec. »

 

 

Moi, je dirais même que c'est un excellent résumé des « exploits » de Chuck Norris. J'aime beaucoup cet autre de ses exploits : « Chuck Norris peut encercler ses ennemis. Tout seul. » ou encore, celui-ci : « Chuck Norris a déjà été sur Mars, c'est pour cela qu'il n'y a pas de signes de vie là-bas. »; un exploit qui rappelle la chanson Fascistes sur Mars [[3816]] de Corrado Guzzanti  et qui laisserait supposer que Chuck Norris aurait débarrassé la Planète Rouge de ces envahisseurs tout de noir vêtus. Étonnant Chuck Norris !

 

 

Mais évidemment, Lucien l'âne mon ami, « Si Chuck Norris n´existait pas, il s´inventerait. »  Résumons la chose en disant : « Chuck Norris est à la fois l'homme le plus grand du monde et l'homme le plus petit du monde. Parce que Chuck Norris bat TOUS les records. »   Si le cœur t'en dit, je te signale que certains ont relevé des dizaines de ces exploits ; il te suffit d'aller les lire à l'adresse : http://www.chucknorrisfacts.fr/home ou http://www.blague-chuck-norris.fr/index.html.

 

 

Finissons-en avec Chuck Norris et revenons à Charlemagne. Il y a une question qui me chiffonne… Charlemagne faisait la guerre aux Saracènes, dis-tu ? N'était-ce pas aux Sarrazins ?

 

 

Les deux se disent. Mais, à mon sens et surtout au sens de la rime, les Saracènes est le bon nom et sans doute, le plus conforme à ce qui se disait à l'époque. En grec Σαρακηνός, ; ce terme, souvent traduit par « sarrasin » en français. Il viendrait en fait de l’arabe شرقيين sharqiyyin, "oriental", ou « de l’Est ».

 

On s'y perd parfois dans toutes ces sinuosités étymologiques, dit Lucien l'âne avec un air d'une gravité composée. Dans tous les cas, il nous faut reprendre notre tâche et tisser encore le linceul de ce vieux monde inondé de misère, acharné à rendre les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus nombreux et plus miséreux, ce vieux monde vacillant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Tonin avait quinze ans comme nous autres.
Mais lui, il savait déjà embrasser une femme.
Car il travaillait au chantier avec son grand-père,
Il avait toujours sommeil le matin à école.
Il montrait ses muscles, en découvrant son bras, tout fier 
Quand ensemble sur l'escalier, on parlait de courage.


Tonin mène-nous encore au bistro.
Nous entendrons les ivrognes, les héros,
Nous parler des guerres qu'ils n'ont jamais perdues
Et des médailles d'or qu'ils n'ont pas voulues.
Mais les guerres chez nous ont toutes été perdues.
Il y a une odeur de mort dans nos maisons et dans nos rues.

 

Charlemagne, roi d'Espagne,
Va dans le lac et ne se baigne pas ;
Va dans le feu et ne se brûle pas.
Charlemagne invente la lumière.
Douce vieille cantilène,
Je ne sais qui me l'a enseignée.
La guerre aux Saracènes
N'est pas encore terminée.

 

Il y avait seulement des femmes autour
Du lit de la vieille folle moribonde.
Elles lui ont mis ce vêtement, depuis longtemps déjà 
Prêt pour les noces du retour.
Pour monter la colline, tu auras de belles chaussures 
Et elles te vêtiront de neuf, mais tu ne t'en apercevras pas.


L'eau manquait depuis trois jours, les femmes à la fenêtre.
C'était une grève, tu croyais que c'était la fête :
Une fête sans les costumes et sans les sourires
Avec un mouchoir rouge au cou des plus ardents.
Combien de grèves pour l'eau, Tonin, avons-nous faites ?
Mais rien n'a changé : on porte toujours le même vêtement.

 

Charlemagne, roi d'Espagne,
Va dans le lac et ne se baigne pas ;
Va dans le feu et ne se brûle pas.
Charlemagne invente la lumière.
Douce vieille cantilène,
Je ne sais qui me l'a enseignée.
La guerre aux Saracènes
N'est pas encore terminée.

 

Il y eut un tremblement de terre et au bourg du château

L'herbe recouvre maintenant ce qui est détruit. 
Seuls y viennent en visite l'amoureux, le vent
Ou ceux qui ont laissé tout là-haut.
Ferme les yeux Tonin et ne cherche pas par delà la nuit :
Même derrière ces montagnes, on n'a pas vu le printemps.

 

Dis-nous s'il est vrai que tu as vu
L'ombre sans tête d'un baron exécuté.
Elle danse à minuit entre les catacombes et les halliers 
Là où il y a plus de cent ans, il fut pendu.
La peur est cette brume qui cache ton horizon
Souviens-toi que les maîtres sont seulement des illusions.

Charlemagne, roi d'Espagne,
Va dans le lac et ne se baigne pas ;
Va dans le feu et ne se brûle pas.
Charlemagne invente la lumière.
Douce vieille cantilène,
Je ne sais qui me l'a enseignée.
La guerre aux Saracènes
N'est pas encore terminée.

 

 
TONIN ET CHARLEMAGNE
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Marco Valdo M.I.
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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 20:34

PASSEPORT DES ARISTOCRATES

 

Version française – PASSEPORT DES ARISTOCRATES – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Passapòrt dj'aristocrat – Edoardo Ignazio Calvo – 1798-99

 

 

 

Tant que coulera ce sang pollué

Dans le royaume de l'égalité,

Vous n'aurez rien à espérer,

Vous ne pourrez jamais vivre en sécurité.

 

 

 

 

Vu le souvenir de Gian Piero Testa suscité par une récente intervention de Riccardo Venturi, je voudrais ici donner sa dignité autonome à une chanson, jusqu'à présent reléguée en commentairau chant révolutionnaire français Ah ça ira! , et à un auteur qui plaisait beaucoup à notre GPT.

 

Edoardo Ignazio Calvo (1773-1804) fut médecin et poète et fut un ardent républicain, de l'époque jacobine, un libertaire et un anticlérical. Il vécut la Révolution française en direct et par la suite, il risqua plusieurs fois l'arrestation et la mort pour avoir embrassé et défendu ses idéaux. Mais il se rendit aussi compte que sur les baïonnettes françaises passées au-delà des Alpes ne brillaient pas toujours les flammes de la fraternité et de la liberté. Et lorsque il manifesta sa déception dans sa « Fàule moraj » fut contraint de disparaître de la circulation pour quelque temps pour échapper à la rétorsion de la part du Gouvernement Provisoire de la Nation Piémontaise installé par les occupants français. 
Il mourut très jeune du typhus, en 1804, contracté pendant qu'il assistait les malades à l'hôpital San Giovanni Bosco à Turin.

 

 

Regarde, Lucien l'âne mon ami, je n'ai pu m'empêcher d'ajouter une fois encore un petit commentaire… Mais comme bien tu penses, je l'ai ajouté car l'idée m'en est venue en établissant la version française de cette chanson de Calvo au moment où j'ai rencontré le mot « plébéien ».

 

 

 

Étrange idée, dit Lucien l'âne. Pourquoi donc à ce moment et quelle conclusion étrange en as-tu tirée ?

 

 

 

D'abord, l'apparition du mot, de l'image, du souvenir et ensuite, tu verras comment les choses se sont enchaînées. Pour moi, je dois bien l'avouer, le mot « plébéien » me renvoie systématiquement à une pièce de théâtre d'un auteur que je connais et que j'aime bien à savoir Günter Grass et à une pièce d'un autre auteur que Günter Grass et moi, comme tant de gens, aimons aussi beaucoup, le dénommé William Shakespeare et à une pièce de théâtre qui renvoie à l'époque romaine, où en effet, on divisait la société de Rome entre patriciens et plébéiens. Cette pièce célébrissime est Coriolan.

 

 

Voilà pour les plébéiens, mais que vient faire ici cette histoire de pièces de théâtre, de deux auteurs de nationalités, d'époques et de langues différentes. De surcroît, si je ne me trompe, Günter Grass a plutôt écrit des romans…

 

 

 

Tout ça que tu avances est exact. Mais il me faut encore ajouter quelque chose qui cette fois concerne les événements que raconte la chanson. Car , je vais t'en faire une courte présentation, la pièce de Günter Grass semble raconter elle aussi ce qui se passe en Piémont au temps d'Edoardo Calvo.

 

 

 

Donc, nous sommes le 17 juin 1953, à Berlin-Est. Alors qu'éclate dans la ville comme dans le reste du pays, l'insurrection ouvrière, Brecht fait répéter au Berliner Ensemble la première scène du Coriolan de Shakespeare : la révolte des plébéiens. Des grévistes insurgés viennent sur le plateau demander à Brecht de prendre fait et cause pour eux. Une situation qu'invente Günter Grass afin de confronter l'insurrection ouvrière en Allemagne démocratique face aux dirigeants du pays à celle qui prévalait à Rome entre Coriolan et les patriciens face aux plébéiens. Dans les deux cas, l'insurrection échouera. À Rome, conclut Günter Grass, la dictature l'emporta… Il suffit de décoder pour comprendre ce qui se passa à Berlin. L'insurrection de 1953 fut écrasée dans le sang par les troupes soviétiques. On instaura la dictature du prolétariat sur le prolétariat.

Quant à Bertolt Brecht, qui assista réellement à la journée du 17 juin 1953, il écrivit (mais ne put publier) un poème sur l'événement, intitulé La Solution. Je te le lis :

 

 

 

Après le soulèvement du 17 juin
Le secrétaire de l’Union des écrivains
Fit distribuer des tracts dans la Stalinallee
On y lisait que le peuple
Avait tourné en dérision la confiance du gouvernement
Et ne pourrait reconquérir cette confiance
Que par un travail redoublé. Ne serait-il
Pas plus simple que le gouvernement dissolve le peuple
Et en élise un autre ?


Brecht 1953 (voir http://www.lesauterhin.eu/bertolt-brecht-heiner-muller-et-le-17-juin-1953-en-rda-esquisse/)

 

 

Ça me rappelle une histoire qui court depuis très longtemps du président démocratique ou d'un roi s'exclamant : « Et si le peuple n'est pas d'accord, qu'on élise un autre peuple ».

 

 

 

C'est en effet ce qu'ils doivent tous penser. Pour le reste, comme je te l'ai dit, il suffit de faire comme William Shakespeare et Günter Grass, il suffit de transposer… d'imaginer que Rome, Turin et Berlin sont interchangeables dans le face à face entre l'insurrection et le pouvoir. Bref, un scénario qui se répète dans la Guerre de Cent Mille Ans  que les riches et les puissants font aux pauvres pour assurer leur domination, renforcer leur pouvoir, garder leurs privilèges...

 

 

Comme on dit, chez nous autres les ânes, c'est chou vert et vert chou : quel que soit le régime, le pouvoir est et reste le pouvoir. En somme, il suffit de lire ta chanson Les Lanternes libérales  :

« Réussissez et consommez !
Gagnez et profitez !
Travaillez et crevez !
Soyez performants, intériorisez 
La carotte ; sinon, 
Nous sortirons le bâton. »

 

 

Saluons, car il faut conclure, saluons Eduardo Calvo que tu as mis en si bonne compagnie avec Shakespeare, Brecht, Grass…, reprenons notre tâhe et comme tous ceux-là, tissons le linceul de ce vieux monde riche, trop riche, prometteur de beaux jours, brutal et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Patriotes républicains,

Que faites-vous de tant de nobles ?

Voulez-vous encore conserver les meubles

Les plus précieux de vos tyrans ?

 

 

Voulez vous encore conserver

Les assassins qui vous ont occis ?

Ceux qui vous ont poursuivis

Pour vous exterminer ?

 

 

Ceux-là mêmes qui ont écrasé

Tant de pauvres gens

Sous les roues de leurs coupés

Par les routes de tout le pays galopant.

 

 

Ceux qui dans leurs prisons, ont enfermé

Tourmenté, enchaîné,

Affamé, torturé jusqu’au sang,

Et souvent tué vos enfants ?

 

 

Ceux qui ont pillé vos moissons,

Votre sueur, les fruits de votre terre,

Qui vous envoient à la guerre,

Par caprice et par ambition ?

 

 

Ceux qui considèrent les bons paysans

Comme des canailles et des forbans ;

Ceux qui traitent les plébéiens

Comme si c'étaient des chiens ?

 

 

Patriote, l'heure a sonné

Au grand jour, l'heure exacte

Où les droits de l'homme et de la nature

Doivent être vengés !

 

 

Rappelez-vous que ces moments

Sont précieux pour votre liberté,

Pour être des hommes, pour vous assurer

Un destin indépendant.

 

 

Tant que coulera ce sang pollué

Dans le royaume de l'égalité,

Vous n'aurez rien à espérer,

Vous ne pourrez jamais vivre en sécurité.

 

 

Pendez-les tous à une poutre

Ou coupez-leur au moins la tête.

Il suffit d'un, d'un seul qui reste

Tôt ou tard, il vous fera esclaves.

PASSEPORT DES ARISTOCRATES
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Marco Valdo M.I.
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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 21:17

Déclaration universelle des droits de 

 

l'âne

 

 

Chanson française – Déclaration universelle des droits de l'âne – Marco Valdo M.I. – 8 avril 2015

 

 

 

 

L'âne naît libre, égal et fraternel ;

Il rêve debout et ne croit pas au ciel.

 

 

 

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tu devrais quand même expliquer comment on en est venu à cette « Déclaration universelle des droits de l'âne » ; ce n'est pas, dit Lucien l'âne en souriant, que je l'ignore, mais il me paraît important de l'expliquer à ceux qui la liront. D'autant que c'est la première fois qu'on la publie et qu'elle résulte – la chose est importante – de notre collaboration : celle d'un homme et d'un âne, chacun se portant garant pour son espèce.

 

 

Tout a commencé par une réflexion de Bernart Bartleby publiée ce 8 avril 2015 au matin dans les Chansons contre la Guerre. Réflexion qui disait très exactement ceci :

 

Per Marco Valdo M.I.: a quando la "Déclaration des droits de l'âne"?.

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, il faudra donc y associer l'auteur de cette insidieuse et finalement, très heureuse question.

 

 

Cela est certain. Maintenant, Lucien l'âne mon ami, la suite de l'histoire de cette chanson. Dès que j'ai lu l'incitation de B.B., je me suis enquis de toi afin d'établir de commun accord cette déclaration en chanson, ne doutant pas un instant d'y parvenir aujourd'hui encore. De ce fait, j'ai envoyé un petit mot à Bartleby pour lui annoncer la chose et en quelque sorte relever son gentil défi. J'ai donc consulté l'autre déclaration universelle sur son site officiel, à savoir la publication par les Nations Unies de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. J'aurais évidemment pu repartir de La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC) est un texte fondamental de la Révolution française, ou de celle la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qu'Olympe de Gouges a écrite en 1791 ou de celle de 1793. Ou m'appuyer sur la Convention européenne des droits , encore que cette dernière me paraisse un peu trop lourde dans son appareil. Je préfère m'en tenir aux principes. Cela dit, cela fait, en discutant avec toi presque mot à mot chaque vers afin de m'assurer de n'être pas trop anthropomorphe, car tel était le danger, l'écueil qu'il me fallait contourner, j'en suis venu à ce texte, dont je me plais à penser qu'il a de l'allure.

 

 

Et j'ai fait ce que j'ai pu pour t'aider, dit Lucien l'âne en opinant du bonnet. Mais, je t'en prie, poursuis ton explication.

 

 

D'abord, il me faut (et c'est bien le moins de le faire ici et maintenant) t'adresser mes plus vifs remerciements pour ton aide précieuse et ta vigilance. Quant au reste de mon explication… Oh, il n'y a plus grand-chose à en dire, si ce n'est qu'elle est faite – comme promis – dès ce soir et que nous avons – toi, moi, Bernart Bartleby, les Chansons contre la Guerre – l'honneur et le plaisir de l'éditer.

 

 

Voilà qui est dit, voilà qui est fait. Cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, je voudrais éclairer un aspect de ce travail commun, à savoir que non seulement, cette Déclaration Universelle des droits de l'âne me concerne moi et tous les ânes, mais bien évidemment, c'est là le point important, toutes les espèces animales, y compris évidemment, je te l'accorde, l'espèce humaine. Comme il est dit dans son dernier couplet :

 

Les droits de l'âne sont universels.

Chacun, à quelque espèce qu'il appartient

Peut s'en prévaloir, peut y faire appel.

Ora e sempre : Resistenza ! L'âne y tient.

 

 

Remarque, Lucien l'âne mon ami, que si d'aventure, on appliquait cette Déclaration, non seulement, elle serait bénéfique pour toutes les espèces, l'humaine y compris, pour tous les êtres vivants de la Terre, mais aussi elle permettrait de maintenir – sans doute un peu plus longtemps – la vie organique, telle que nous la connaissons.

 

 

Maintenant, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche – que nous avons d’ailleurs exécutée avec beaucoup d'attention en rédigeant cette déclaration – qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde anthropomorphe, unispécié, nombriliste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

L'âne naît libre, égal et fraternel ;

Il rêve debout et ne croit pas au ciel.

Par sa nature, l'âne est porteur

De raison, de conscience et de bonheur.

 

Habitant de la Terre hautement civilisé,

Être subtil et plein d’urbanité,

Joyeux, placide et de bonne volonté,

Il se doit d'être aimé et protégé.

 

Nul ne pourra le tenir en servitude ;

Nul ne pourra en faire commerce ou l'exploiter ;

Nul ne pourra lui infliger de torture ;

L'âne ne peut être arrêté, détenu ou exilé.

 

Doué d'intelligence, de courage et de ténacité,

L'âne ne peut être empêché de penser,

De parler et de répandre ses idées.

Il ne peut être évangélisé. L'âne est athée.

 

L'âne ne peut être tenu de voter ;

Nul ne peut lui imposer de collaborer.

L'âne ne peut être amené à déléguer sa liberté,

Ni à se soumettre à une autorité contre son gré.

 

Les droits de l'âne sont universels.

Chacun, à quelque espèce qu'il appartient

Peut s'en prévaloir, peut y faire appel.

Ora e sempre : Resistenza ! L'âne y tient.

Déclaration universelle des droits de l'âne
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 21:38

MARCHE DU PRINCE THOMAS

 

Version française – MARCHE DU PRINCE THOMAS - Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson piémontaise (italienne) – Marcia d’ prinse Tomà – anonyme – Vers 1639.

 

Chanson d'un auteur piémontais anonyme, recueillie par Costantino Nigra (1828-1907), philologue, poète, diplomate et homme politique, dans son recueil « Chansons populaires du Piémont » publié en 1888.

 

 

 

 

 

Le prince Thomas 

 

Vive la brigade du prince Thomas !

 

 

 

La marche sur Turin du prince Thomas rappelle une des plus tristes époques de l'histoire du Piémont, celle de la guerre civile qui s'est déchaînée entre 1639 et 1642, en marge et dans la dernière phase de la Guerre de Trente ans, entre la duchesse Christine de Bourbon (dite « Madama Reale » (Madame Royale)car sœur de Louis XIII de France et régente de Savoie à la mort de son mari Vittorio Amedeo I), pro-français, et ses deux beaux-frère Thomas François et Maurice de Savoiepro-espagnols.

Il s'agit d'une guerre dynastique, comme beaucoup à l'époque, où les nobles, le clergé et la grande bourgeoisie se divisèrent entre les « principisti », partisans de Thomas, et les « madamisti », partisans de Christine et de la France… Après trois ans de massacres, les adversaires s'accordèrent sur le partage du pouvoir et, même, le prince Thomas fut nommé généralissime des armées françaises en Italie.Le peuple – qui dans cette chanson brocarde un des deux rivaux – comme à l'habitude hérita de la part de la chair à canon.

 

 

 

Le prince Thomas vient de Milan
Avec une brigade de brigands
Ils saccagent ici, ils saccagent là
Vive la brigade du prince Thomas !

 

Le prince Thomas vient de Vercelli
Avec une brigade de ramoneurs
Ils ramonent ici, ils ramonent là.
Vive la brigade du prince Thomas !

 

Le prince Thomas vient de Chivasso
Avec une brigade de casseurs de cailloux.
Ils cassent ici, ils cassent là.
Vive la brigade du prince Thomas !

 

Le prince Thomas vient de Brandizzo
Avec une brigade de balayeurs
Ils balayent ici, ils balayent là.
Vive la brigade du prince Thomas !

 

Le prince Thomas arrive à Turin,
Avec une brigade de ramoneurs
Ils ramonent ici, ils ramonent là.
Vive la brigade du prince Thomas !

 

 
MARCHE DU PRINCE THOMAS
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 10:41

LE CACHET (OU CHANSON DES CHÔMEURS)

 

 

 

Version française – LE CACHET (OU CHANSON DES CHÔMEURS) – Marco Valdo M.I. – 2015

d'après la version en italien de Riccardo Venturi d'une

Chanson allemande – Stempellied (oder Lied der Arbeitslosen) – Robert Gilbert – 1929

 

Paroles de David Weber, pseudonyme de Robert Gilbert, nom d'artiste de Robert David Winterfeld (1899-1978), compositeur, auteur, chanteur et acteur allemand.

Musique de Hanns EislerInterprétation Ernst Busch

 

 

 

Tu irais pointer

Ta misère ne s'effacerait pas.

 

 

 

 

 

Une chanson très célèbre, « légère » à la manière de Gilbert, mais suprême description et synthèse des effets de la crise de 1929 en Allemagne, certainement pas moins dévastatrice qu'aux USA, alors comme aujourd'hui terre d'origine de la crise. (Mais, dit Lucien l'âne, est-ce vraiment une crise ou le cours normal de la Guerre de Cent Mille Ans ?)

 

Et alors comme aujourd'hui les causes identiques, détaillées et synthétisées en particulier par l'économiste américain John Kenneth Galbraith (1908-2006) : mauvaise distribution du revenu ; mauvaise structure et mauvaise gestion des entreprises industrielles et des financières ; mauvaise structure du système bancaire ; excès de prêts à caractère spéculatif ; poursuite compulsive de l'équilibre budgétaire et diabolisation des interventions d'État, vues comme des altérations du « marché libre ».

 

On en vient à se demander comment il est possible que soit répété aujourd'hui le même scénario d'il y a presque 100 ans… Je ne suis pas un économiste, au contraire, je n'y comprends presque rien à l'économie (Oh, dit Lucien l'âne, mais les économistes non plus n'y comprennent rien… À preuve les immenses et perpétuels cafouillages que les « judicieux conseils » d'experts entraînent depuis si longtemps dans le monde ; ils disent tout et n'importe quoi et passent leur temps à se contredire ; s'il y a bien quelque part une trahison des clercs, c'est celle des économistes...), mais je risque une hypothèse : que soit la Guerre des 10.000 ans que la minorité de riches et puissants a toujours faite, fait et continuera à faire au détriment de la multitude des pauvres et des appauvris ?

 

 

 

Désolé d'être ainsi intervenu dans le cours de ta traduction, mais je n'ai pas pu m'en empêcher… Et toi, Marco Valdo M.I. mon ami, comme il s'agit d'une « chanson des chômeurs », tu es particulièrement bien placé pour donner une version française de cette chanson allemande, d'il y a presque un siècle. Car… car, si j'ai bonne souvenance, tu as écrit quelques chansons sur le chômage, les chômeurs et la façon dont ils sont traités… Toutes présentes sur ce site et de mémoire, je peux même te les citer …

 

 

 

En effet, j'écrivais des chansons sur les chômeurs, le chômage… du temps où j'étais moi-même chômeur. Mais assez parlé de moi et j'ai deux-trois choses à te dire concernant cette chanson de Robert Gilbert. Je ne dirai rien sur le fond, car comme tu l'as rappelé, j'en ai assez dit. Je veux simplement parler de la chanson elle-même et spécialement, des difficultés de compréhension et de traduction qu'a rencontrées le vrai traducteur, qu'est notre ami Venturi. Comme souvent, j'avais regardé le texte de Gilbert quand il fut inséré dans les Chansons contre la Guerre et vu ma connaissance très relative de l'allemand, j'avais reporté à plus tard une version française. Et si je l'ai faite aujourd'hui, cette version, c'est précisément à cause de Riccardo Venturi et de sa note de traducteur, où il dit toute la difficulté de la chose en raison du fait que la chanson n'est pas en allemand, disons standard, mais en berlinois – langue pratiquée notamment par Robert Gilbert, mais aussi Kurt Tucholsky, par exemple.J'ajouterais du berlinois d'il y a presque cent ans. Et le berlinois, à ce que j'ai pu voir, serait à l'allemand « standard », ce que le bruxellois serait au français ou le ouest-flandrien ou le limbourgeois à l'Algemeen Beschaafd Nederlands, c'est-à-dire au néerlandais « standard ». On y trouve des mots pour le moins « déformés » (si on considère la forme « standard » comme la norme), on y découvre des tournures de phrase « inhabituelles », des références locales assez mystérieuses pour l'étranger, des « images » particulières… Bref, tous les attributs d'une langue pleine, entière et indépendante. On nage en pleine biologie… si d'aventure, on veut bien considérer les langues comme des êtres vivants, issues d'êtres vivants et les villes (régions, zones, etc) comme des îles ou des isolats… où peuvent naître et se développer des souches spécifiques. J'arrête là mon développement.

 

 

Il le faut bien, sinon tu vas encore me pondre tout un traité…

 

 

J'en reviens à cette version française, dont malgré sa filiation nettement revendiquée à la version italienne de Venturi, on peut voir qu'il y a des différences – disons d'interprétation – du texte de Gilbert. Et pourquoi ? Simplement parce que – mais c'est le cas dans toutes les langues que je connais, c'est-à-dire essentiellement le français – les mots ont la plupart du temps, plusieurs acceptions. D'autre part, un mot, comme tu le sais en entraîne un autre, un mot change le flux de mots qui le suit. Je m'explique : imaginons que la chanson soit une promenade. Un pas en entraîne un autre, au fil du cheminement, on rencontre un embranchement de deux ou plusieurs voies (chaque voie étant un sens du mot considéré) où il faut choisir le sens de la promenade. L'un dit par ici, l'autre par là et ensuite, la phrase s'en va d'un côté ou de l'autre… Bref, voilà ce que je voulais raconter. Par exemple, je le dis pour toi et Venturi (il n'y a pas de quoi ameuter le monde avec ça), qu'on sache un peu de quoi on parle, je songe à ces deux vers : « Keene Molle schmeißt der Olle,
wenn er dir so sieht. ». 
Riccardo dit en italien : « Il vecchio non ti dà manco una birra se ti vede in questo stato. » et je dis en français : « Le vieux ne ressent aucune indulgence À te voir ainsi. ». Par ailleurs, je peux te garantir (pour ce que j'en sais...) la justesse des deux versions…

 

 

Merci bien, je ne comprends ni le berlinois, ni l'italien… Alors, je te fais confiance. Mais, trêve de discussions (je te rappelle que tu es attendu à souper), reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde de plus en plus anglicisé, étazunisé, rationalisé, enserré des réglementations, noyé de privilèges et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Pas un sou en poche

Seulement un timbre

À travers les trous de mes habits

On voit le soleil.

Alors, mon gars, tu es au milieu de nulle part

Sans rien du tout ;

Si soudain ton corps roule à terre,

Aucun œil ne coulera.

Le vieux ne ressent aucune indulgence

À te voir ainsi.

Oui ! La situation paraît bien compromise

Tu serais mieux à la morgue

Tu aurais encore du crédit.

 

Tu irais pointer

Ta misère ne s'effacerait pas.

Pauvre homme, qui t'a

De si haut rejeté ?

Sans travail, sans logement

Tu n'es rien, un néant.

Comme la mouche sur le carreau

On te chasse aussitôt.

 

Sans pognon le long de la Panke,

Pas d'accès à la banque

Et le bourgeois dit : merci !

Si tu t'approches de lui.

 

La société jette très vite

Les gens aux ordures…

Si tu as faim, arrête de manger

Prends un comprimé

Un qui pétille.Si tu le prends de haut,

On te marque d'un signe.

Alors, pauvre homme, on te

Balance d'en haut.

Et ainsi on voit tes os

Au travers de ta peau

Et tu es en quelques temps

Liquidé. Complètement.

Et tu t’achètes tes quatre planches

Avec le dernier Mark, qui te reste.

Car à une ombre légère

Convient une sobre bière.

 

Mais il ne faut pas que tu pousses

Aux anges

Tu iras à ton heure.

« Rationalisation charmante ! »

Chante la direction syndicale

Avec émotion aux funérailles.

 

Alors par précaution, mets-toi

Même là-haut, dans la file de pointage.

Car, même là-haut, voyageur sans bagage,

Tu seras repoussé en bas.

LE CACHET (OU CHANSON DES CHÔMEURS)
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 20:46

BALLADE DES CUEILLEURS DE COTON

 

 

 

Version française – BALLADE DES CUEILLEURS DE COTON – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – Ballade Von Den BaumwollpflückernB. Traven1925-29

Texte réélaboré par Ernst Busch à partir du récit de B. Traven, mystérieux écrivain allemand transplanté au Mexique, intitulé « Die Baumwollpflücker », publié en 1925.
Musique de Hanns Eisler, composée en 1929.

 

 

 

Trot, trotte, dehors sur le champ ! Le soleil descend.
L
a balance se balance en grinçant !

 

 

 

 

 

 

B. Traven (1882 ? - Mexico 1969) est le pseudonyme d'un écrivain de langue allemande, dont les autres pseudonymes sont, notamment :Traven Torsvan, Berick Torsvan, Otto Feige. L'identité exacte de cet écrivain demeure en partie un mystère.

Son roman le plus célèbre reste Der Schatz der Sierra Madre, qui a été porté à l'écran par John Huston sous le titre Le Trésor de la Sierra Madre. Depuis au moins 1926, B. Traven a cherché à brouiller les pistes sur son passé : pour lui, seule comptait l'œuvre. En 1982, des recherches sérieuses ont démontré que B. Traven avait été dans son passé acteur et activiste anarchiste sous le nom de Ret Marut, mais aussi traducteur.

Il est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages et est considéré comme un écrivain majeur du vingtième siècle.

À lire pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/B._Traven

 

 

 

Écoute, Lucien l'âne mon ami, cet extrait de texte de Ret Marut et tiens-toi bien un texte de 1921 :

 

« Pensez ! Mais vous ne pouvez pas penser, parce qu’il vous faut des statuts, parce que vous avez des administrateurs à élire, parce que vous avez des ministres à introniser, parce que vous ne pouvez pas vivre sans gouvernement, parce que vous ne pouvez pas vivre sans chef.

Vous cédez vos voix pour les perdre, et quand vous voulez vous en servir vous-mêmes, vous n’en disposez plus, et elles vous font défaut parce que vous les avez cédées.

Pensez ! Vous n’avez besoin de rien d’autre. Prenez conscience de la sereine passivité que vous avez en vous, dans laquelle s’enracine votre invincible pouvoir. Laissez d’un cœur apaisé et insouciant s’effondrer la vie économique ; elle ne m’a pas apporté le bonheur et elle ne vous l’apportera pas non plus.
Laissez consciemment pourrir l’industrie, ou c’est elle qui vous pourrira. », 
pour la suite voir : http://www.non-fides.fr/?Contraste .

 

 

Je me réjouis de lire ce texte et sans doute d'autres du même auteur, dont on ne peut douter qu'il est anarchiste…

 

 

J'ajouterais volontiers qu'il doit bien connaître notre ami le philosophe au grand front, celui-là même qu'il t'arrive encore souvent de relire...

 

 

En effet, et il m'amuse beaucoup. Ce qui pour un philosophe est un fameux compliment. Mais, dis-moi, de quoi elle parle cette canzone que tu viens de traduire…

 

 

Lucien l'âne mon ami, combien de fois faudra-t-il te dire que je ne traduis pas. J'en serais bien incapable. Je crée une version française et plus exactement, une version en langue française… Ce qui est loin d’être une traduction. En fait, pour mieux me faire comprendre, c'est comme si je me faisais la chanson à la manière d'un peintre qui – à sa main – refait un paysage, par exemple. Je m'imagine en langue française cette chanson… Donc, elle raconte l'histoire ou plutôt, elle rapporte le flux de pensées d'un cueilleur de coton, qui soliloque sur sa propre vie… Autrement dit, qui se raconte à lui-même sa vie… Pour le reste, écoute la chanson… ou lis ma version, comme tu voudras.

 

 

Cueilleur de coton… C'est un travail exténuant, presque autant que le travail de l'âne et sans doute, tout aussi méprisé. Alors, je m'en vais me plonger dans ta version et puis, nous reprendrons notre tâche, celle que nous nous sommes donnée à nous-mêmes et tissons ensemble, tout comme le fit Ret Marut tout au long de sa vie, tissons le linceul de ce vieux monde cotonneux, exploiteur, trop souvent encore esclavagiste et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le citoyen porte mon cadeau, 
Le millionnaire, le président. 
Mais moi, 
minable cueilleur, 
Dans 
ma poche, pas d'argent
Trot, trotte, sur le champ ! 
Le soleil s
e lève maintenant
Serre solidement

Autour du sac, la sangle ! 
Entends-tu crisser la balance ?

 

Mon seul repas, des haricots noirs, 
Dedans au lieu de viande, du poivre noir, 
Ma chemise a mangé le buisson, 
Puisque je suis un cueilleur de coton.

 

J'ai un vieux chapeau
De paille, mais aucun brin n'est bon, 
Et je dois le garder, ce chapeau 
Car je ne peux pas cueillir, sinon.
Trot, trotte, sur le champ ! 
Le soleil se lève maintenant
Serre solidement

Autour du sac, la sangle ! 
Entends-tu crisser la balance ?

 

Je suis couvert de poux, un vagabond, 

Ça doit être ainsi et c'est bien,
Car si je n
'étais pas un pauvre chien, 

Il n'y aurait pas de coton. 
Trot, trotte, dehors sur le champ ! 

Le soleil descend
L
a balance se balance en grinçant !

BALLADE DES CUEILLEURS DE COTON
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 21:47

L'Amoureuse d'Arlequin

 

Chanson française – L'Amoureuse d'Arlequin – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 3

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

 

Pollo, dis-moi, je suis amoureux de toi

Répète. Je suis amoureux de toi, Arlecchina.

 

 

 

 

Évidemment, dit Lucien l'âne, tout frétillant du dos et de la queue, ton Arlequin amoureux doit bien avoir une amoureuse…

 

 

Évidemment. Mais une amoureuse quelque peu fantasque, qui toujours lui serre le cœur et toujours, lui échappe. Mais des choses amoureuses, on ne saurait tout dire en une fois. Il nous faudra bien toute l'histoire pour en deviner les contours à leur amour. Mais c'est là, je peux déjà te le dire, un amour vrai, un amour comme on n'en fait plus trop de nos temps, un amour d'Arlequin. Dans cette canzone-ci, ils se retrouvent et comme de vrais amoureux, ceux que l'on rencontre dans les histoires, à peine retrouvés, ils se perdent. Elle est comédienne et sa troupe reprend la route et surtout, sans que cela soit dit explicitement, l'Arlequin est un hors-la-loi ; c'est un homme qui doit s'en aller, toujours s'en aller. Il n'a droit qu'à de brèves rencontres. Addio, Pollo ! Addio, Arlecchina !

 

 

Je comprends très bien tout cela. Moi-même, tu le sais, je cours le monde depuis si longtemps. Mais, écoutons son histoire… et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde insensible, méprisant, implacable et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Ne dis pas, ô, Arlecchina

Ne me dis pas que tu t'en fiches.

Voyez, il ne reste de mon Arlecchina

Qu'une silhouette sur cette affiche

Tenue toute ma vie par devers moi.

Au dos, La Tournesse, son nom d'artiste

 

Arlecchina, une passade, une fredaine,

Fille d'entre souper et déjeuner ?

Vous avez bien tort de croire cela.

L'erreur, mon cher, est humaine

Mais c'est diablerie de persévérer.

Alors, je vous en prie, ne le répétez pas !

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Regardez cette affiche !

Mon plus précieux fétiche,

Placée contre mon sein

Jusqu'à la fin de ma fin,

Sur les routes de mon infortune,

Sous les étoiles des nuits sans lune.

 

Onze ans, onze ans dans l'oubli,

Je n'avais pas été grandiose dans son lit.

Cœur gros, je l'ai cherchée, Madonna mia.

Je la cherchais et ne la trouvais pas.

Moi le nain, elle la Princesse,

Arlequin nostalgique de La Tournesse.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Pollo, dis-moi, je suis amoureux de toi

Répète. Je suis amoureux de toi, Arlecchina.

Depuis quand ? Pollo, depuis quand ?

Il y a tellement, tellement longtemps.

Addio, Pollo. Qu'est-ce que tu as ? Où tu vas ?

Au pays, en Bohème ? Je ne sais pas, Arlecchina.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Fuyard, déserteur en caleçon et chemise,

Marchant depuis Marengo et Venise,

Fuyant les soudards comme les rats,

Risquant mille fois d'être repris,

Sans papiers, sans Arlecchina,

Je pâlis, je maudis tous les pays.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,

Oui, Monsieur Chi,

Oui, Monsieur Nelle,

 

Oui, Monsieur Polichinelle.

L'Amoureuse d'Arlequin
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