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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 18:19

AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET

 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

 

Version française – AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET LA BOMBE DANS L'AUTRE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Col Libro In Una Mano, La Bomba Nell’altra – Negrita – 2008

Texte et musique : Negrita

 

 

 

Je vous ai compris...

 

 

 

L'auto que tu conduis n'est pas à toi, regarde bien :

Tu la payes tous les jours au fabricant d'eaux usées
Qui va dîner avec les saints

Qui te mettent des bombes dans les poches


Et font des guerres

Où brûlent des garçons comme toi
Qui meurent avec le rêve de protéger un rêve
Et à l'église les gens qui pleurent

Font de la place et se serrent


Il y a toujours au premier rang,

Un ministre qui traite avec le marchand

Qui dîne avec les saints qui lancent les bombes
Et soutirent les sommes et le cycle jamais ne s'interrompt
Ce n'est pas la guerre sainte, mais nous, nous arrivons…

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Le démon, dans l'or ;

Dans l'humilité, le saint.


Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Le démon, dans l'or ;

Dans l'humilité, le saint.


Scintille un anneau de métal jaune,
La main pieuse salue le Conseil.
À son poignet, des joyaux vermeils.

Sur un vêtement blanc de lin et de soie.


Le pourpre est un manteau de gloire et de vanterie.
Sur sa poitrine, une croix avec son Saint
Son chant disait : Ne m'immortalisez pas,
Son pleur criait : Ne m'agitez pas,


Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Que Dieu nous pardonne bien,

Si nous prions encore…

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 


Nous avons un livre, une religion.
Nous avons le feu, nous avons raison.
Nous serons plus grands, nous serons plus unis,
Nous serons plus forts que celui qui nous a meurtris…

 

 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

 

 
AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET LA BOMBE DANS L'AUTRE
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Marco Valdo M.I.
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 19:39

Le Retour du Printemps

 

 

Chanson française – Le Retour du Printemps – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 9

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

 

 

Qui va là ? C'est le printemps

Qui vient, qui va. Il a tout son temps.

 

 

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, revoici donc notre ami Matthias, alias Matĕj, Matys, Matysek, Mathieu, Arlecchino le déserteur, cet Arlequin amoureux dont j'ai – peut-être imprudemment entrepris de conter l'histoire.

 

 

Pourquoi imprudemment ? Ça, je me le demande, car à mon sens, dans ces sortes de sagas en chansons, tu t'en tires assez bien. Je comprendrais ton inquiétude si c'était la première fois que tu te lançais dans pareille aventure au long cours.Mais enfin, rappelle-toi, il y eut successivement Le Cahier Ligné, Dachau Express, Les Histoires d'Allemagne, Le Livre Blanc et in fine, cet Arlequin Amoureux. Il te suffit de poursuivre ton chemin sans te retourner et j'en suis persuadé : à la fin de ce voyage en écriture, il y aura une fort belle histoire.

 

 

Admettons. Mais avant d'aller à l'épisode suivant, je m'en vais, comme dans les feuilletons, faire un petit récapitulatif des chansons précédentes ; même si, à mon idée, chacune de ces chansons peut vivre sa propre vie.

 

 

Je vais le faire pour toi. Lors donc, récapitulons : il y a eu jusqu’à présent 8 canzones qui racontent cet Arlecchino amoureux de son Arlecchina et du grand mystère de leur liaison :

 

Marengo [[49258]] : la bataille où on découvre Matthias dans son uniforme de soldat : boutons jaunes et caleçon blanc.

Les Coquets Lieutenants [[49279]] : où Matthias devenu Arlequin se débarrasse de son uniforme et se mue en déserteur.

L'Amoureuse d'Arlequin [[49312]] : où il se révèle qu'Arlecchina existe vraiment sous diverses formes.

L'Aveu Théâtral [[49393]] : où pour survivre, Arlequin (alias, alias...)à l'instigation de la Comtesse se fait conseiller in teatro auprès du Comte de Wallenstein.

Le Bouffon de Franziska [[49527]] : où Arlequin, conseiller in teatro est captif de la Comtesse qui le traite sous le nom germanisé d'Harlekin.

Une statue ne porte pas de caleçon  [[49726]] : où Arlequin, revenu sur scène, se retrouve le cul nu sur la scène du théâtrale du Comte Wallenstein.

La Pécheresse aux jolis doigts [[49921]] où on découvre le portrait d'Arlecchina.

La Confession d'Arlequin [[49967]] Comme Arlequin, chassé par le Comte, se réfugie pour l'hiver chez les pères et obtient cette grâce par un artifice de confession.

 

 

De fait, Lucien l’âne mon ami, tu as excellemment récapitulé les 8 premières chansons. Je voudrais cependant ajouter que toutes ces chansons, je peux même dire toutes les chansons de cet Arlequin Amoureux, ont la même structure et le même refrain, lequel est celui d'une comptine enfantine de chez nous, comme je l'avais indiqué dès le départ. Sauf qu'à ce moment, je n'avais pas perçu que ce serait là l'ossature des canzones, l'indication sans cesse répétée de leur étroite parenté. Car, imagine un peu Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I., imagine un peu qu'étant enfin mises en musique (reste à trouver des musiciens, mais néanmoins, il est clair que pour musiquer quelque chose, il convient que cette chose existe), on les sépare et on les entend ici, là ou à des jours d'intervalle. Il se passera alors deux choses : primo, on entendra immédiatement qu'elles sont sœurs ; secundo, les enfants (petits, grands, jeunes ou vieux) reprendront aisément ce refrain :

 

« Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle. »

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela est bien beau, mais tu ne m'as encore rien dit de cette neuvième canzone, dont j'ignore même le titre.

 

 

Lucien l'âne mon ami, ne te désole pas, je m'en vais tout te dire tout de suite. D'abord, il est normal que tu ignores le titre de cette chanson pour l'excellente raison qu'elle n'en a pas encore, car je ne l'ai pas encore trouvé. À y réfléchir, et tu a raison de me questionner – pour un titre bucolique ; quelque chose comme le retour au printemps, qui correspond au sens de la chanson. Disons donc : Le Retour du Printemps, un titre ambigu à souhait car il porte à la fois sur l'arrivée du printemps, saison du renouveau, sur le moment où revient notre Arlecchino et le fait qu'il rentre dans son village, lui, le déserteur. Ce retour n'est pas sans danger, il le sait, mais il ne peut faire autrement que de se laisser mener là.

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, je suis très content d'avoir pu t'aider à le formuler et maintenant, montre-moi ta canzone afin que nous puissions poursuivre notre tâche, à bien des égards insignifiante, sauf pour nous, qui est de tisser le linceul de ce vieux monde terrible, chaotique, consternant et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Un vulgaire pourceau

A tout ce qu'il lui faut

Un enclos, une chaumine

Un toit quand la pluie dégouline.

 

Déserteur, quel chagrin !

Fuites à toutes heures

Par monts et chemins

Pour trimarder faut du cœur.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Viens Pollo, qu'elle dit, on s'en va.

Déjà ? Pas tout de suite, Santa.

Tu vieillis, mon Arlequin !

Vieillir est dans ma nature, c'est mon destin.

 

L'horloge de l'hôtel de ville, en contrebas

Tinte cinq fois, c'est l'heure où l'on s'en va.

Qui va là ? C'est le printemps

Qui vient, qui va. Il a tout son temps.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Le printemps ? Comment y échapper ?

Matthias, le temps d'avaler une merise

Au matin de mars s'en est allé

Suant, soufflant, son pas l'épuise.

 

Il avançait suivant l'eau

Il marchait remontant le ruisseau

On entendit sonner le midi familier

Arlecchino rentrait chez lui sans se retourner.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 
Le Retour du Printemps
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Marco Valdo M.I.
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 11:38

ET AINSI SOIT-IL

 

 

 

Version française – ET AINSI SOIT-IL – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – E così sia – Punkreas – 2008

 

Comme Saint Thomas,

Je ne crois que ce que je vois.

 

 

 

 

 

 

Juste une question de logique à propos de cette curieuse affirmation :

« Comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

 

Et quelle est donc cette question logique ? , Marco Valdo M.I. mon ami.

 

Tout simplement ceci. Voilà, au prochain qui te dira ça, de ma part, tu demanderas :

« As-tu déjà vu ce Saint Thomas ? » et là, il ne pourra te répondre que « Non, évidemment ! Depuis le temps qu'il est mort... ». Tu continueras en faisant remarquer deux choses : que pour s'en tenir à sa règle, comment peut-il soutenir que le Saint Thomas en question a réellement existé et en corollaire, a donc pu mourir ? Puisque là aussi, il ne l'a jamais vu… Pour parer à toute objection, on admettra que ce Thomas (ainsi sanctifié) a bien pu exister, mais cela ne change rien au fait que l'interlocuteur ne l'a jamais vu...

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu le sais aussi bien que moi que la religion et la croyance (notamment, la croyance à l'existence de ce Saint-Thomas) n'ont aucun fondement logique. Ce sont là des bizarreries engendrées par je ne sais quel penchant à la folie de certains hommes. Et Pascal, lequel croyait par nécessité et habitude, disait – je reformule son propos, mais la teneur y est : « Mais quelle étrange folie que de n'être point fou ». Assez rigolé, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde thomiste, illogique, irrationnel, religieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Lorsque je pense au catéchisme
Je n'ai en souvenir que des déceptions
On me parlait de curieux miracles
Et de béates apparitions


J'ai attendu avec patience de rencontrer le divin .
Mais il s'est passé trop temps,
Je ne suis plus un enfant.
Comme Saint Thomas,

Je ne crois que ce que je vois.
Cependant, il me plairait beaucoup de transformer l'eau en vin

Et chaque religion
Lâche à tes trousses son représentant
En dépit de leurs mutuelles exécrations,
Elles se partagent un créateur tout-puissant

 

Qui enverra en Enfer
Celui qui dira pauvre Christ,
Excusez-moi si j'insiste,
On n'a jamais vu un seul dieu ici sur Terre.
Des réservations pour une place au Paradis ?
Ça ne m'intéresse pas. Non merci ! 
Car au fond, j'ai déjà décidé

Jamais, je ne me convertirai !
Ma réponse est non pour cette raison-là.
Désolé, mais je ne prie pas.
Ce n'est pas un dieu que je demande dans cette vie,
Mais de pécher en liberté
Au ciel comme sur Terre,
Telle est ma volonté.

 

Et ainsi soit-il

 

 

 
ET AINSI SOIT-IL
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Marco Valdo M.I.
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 09:04

GIOVANNI PASSANNANTE

 

 

Version française - GIOVANNI PASSANNANTE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Giovanni Passannante – Airesis – 2010

 

On redira dans l'histoire :

Du bonnet du cuisinier

Nous ferons un étendard. 

 

 


Un disque consacré à cinq personnages du passé qui ont fait quelque chose d'important, même seulement un simple geste, souvent payé très cherpar lequel ils ont tracé une voie pour les autres, pour le monde à venir. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on parle encore de Dante Di Nanni le partisan, de Vladimir Majakovskij le poète, de Tommie Smith le sprinter avec le poing ganté de noir, de Giovanni Passannante l'anarchiste et de Ferdinand Magellan le navigateur (qui – dit entre nous – avec les quatre autres n'a pas grand-chose en commun…)
Sur Giovanni Passannante, qui en 1878 fit un attentat exemplaire contre le bourreau de Savoie Umberto, qui pour cet attentat fut enterré vivant d'abord en prison et ensuite à l'asile, voir aussi Canzone che recita Giovanni Passannante e Ode al Passannante mais, surtout, on aille voir intéressant (si pas vraiment beau) film de Sergio Colabona, avec Fabio Troiano dans le rôle de l'anarchiste (qui dans le film se dit cependant un républicain mazzinien), avec le matt-acteur Ulderico Pesce, déjà auteur du spectacle théâtral « L'arrosage du cerveau de Passannante » et Andrea Satta, voix des Têtes de Bois qui sont les auteurs de la musique du film, de laquelle se détache la chanson finale, simplement intitulée « LChanson de Giovanni Passannante », qui j'espère paraîtra très vite ici-même.

Et peut-être ils ont vraiment raison l'Airesis, Giovanni Passannante a vraiment tracé une voie, a laissé un signe… S'il n'était ainsi pas les monarchistes, alors comme aujourd'hui, n'essouffleraient pas à chercher à en rayer la mémoire… Lisez un peu ici :

« 
De ces jours-ci, on apprend la nouvelle du film dédié à Giovanni Passannante, qu'on est arrivé à présenter comme « un héros » et comme « un idéaliste qui ne baisse pas la tête ». La chose me semble vraiment grave, - écrit dans une note Alberto Casirati, Président de l'Institut de la Maison Royale de Savoie - car Passannante attenta à la vie du Chef de l'État italien et il ne réussit pas dans son but criminel seulement en raison du courage et la promptitude des présents »


« Comment il est possible – poursuit Casirati – de présenter de cette manièrcelui qui désire tuer un être humain ? Quel message veut-on faire passer ? Il fut juste, par charité chrétienne, d'agir pour qu'aux restes du criminel fut donnée la sépulture adéquate. Et les conditions de réclusion de Passannante ne furent certainement pas humaines, même si en accord avec les standards européens du temps pour un délit aussi grave. Mais il est aberrant définir « idéaliste » ou « héros » un aspirant assassin. Aucun idéal ne justifie une tentative de homicide et chaque idée qui admet l'homicide est criminelle » 

Le Président de l'Institut de la 
Maison royale de Savoie, conclut en disant que « dans l'Italie unie la peine de mort fut abolie par la volonté du Roi Umberto I. Le même Roi qui demanda et obtint la grâce pour Passannante ».

Déjà, le Roi Buono 
(le bon roi ?) obtint la « grâce » pour son auteur d'attentat : la « grâce » d'être enterré vivant dans une cellule-tombe sous le niveau de la mer, où Passannante devînt aveugle, malade et fou ; la « grâce » d'interner tous ses parents dans l'asile criminel d'Aversa, où presque tous moururent ; la « grâce » d'une punition collective au pays natal de l'anarchiste (ou républicain, ou du libertaire, ou simplement homme juste qu'il était), en imposant que « Salvia » de Lucanie devienne « Savoia » (et s'appelle ainsi encore aujourd'hui, chose vraiment honteuse)…


Heureusement, comme déjà le chantait il y a quelques années Andrea Satta des Têtes de Bois :

« Une pass'a
avant, un pass'en arrière
Dans l'air transparent du verre 
Un pas 
encore qu'ensuite tu réussira
Et si tu ne réussis pas, Bresc
i le finira. »

 

 

 


Passannante fut arrêté et condamné à la prison à vie. Sa famille internée dans un asile criminel. À son pays On changea le nom de son village et on l'enferma dans une cellule de deux mètres sur un, haute d'un mètre cinquante, avec dix-huit kilos de chaînes sur le dos. Dans la complète et muette obscurité pendant douze ans, avant d'être transféré à l'asile où enfin il mourut.
L'arme avec laquelle il avait attenté au Roi, en l'égratignant à un bras : un canif de huit centimètres.

 

Le grand poète Giovanni Pascoli écrivit et déclama en public son « Ode al Passannante ». Il fut pour cela arrêté et emprisonné une semaine. Ce poème fut probablement détruit par Pascoli lui-même ; mais dans la tradition orale, il en survit ce fragment cité dans chanson, qui fait référence à la profession de Passannante, lequel fut aide cuisinier dans une taverne de Salerno, travail qu'il perdit quand le patron s'aperçut qu'il soustrayait de la nourriture pour l'offrir aux pauvres affamés :

« « 
Du bonnet d'un cuisinier, nous ferons une bannière »  »

 

 


Samedi 7 janvier à Salvia di Lucania a été endommagée et profanée la tombe de Giovanni Passannante, l'anarchiste qui en 1878 tenta de tuer Umberto I, le « roi bon », comme fut défini par la propagande monarchiste, qui fut parmi les responsables des plus grands massacres de prolétaires italiens à la fin du dix-neuvième siècle.

Passannante alla à la rencontre d'un triste destin : condamné à la prison à vie, à s'abîmer dans une cellule sous le niveau de la mer à Portoferraio. Dans ce trou infernal il passa 10 ans, devenant aveugle et le corps détruit par les plaies dues aux chaînes auxquelles il était constamment lié, avant d'être transféré à l'asile criminel de Montelupo Fiorentino, où il mourut en 1910. 
Mais la vengeance de la maison Savoia ne se limitera pas à frapper les Passannante : toute sa famille fut internée dans l'asile criminel d'Aversa car seul un fou pouvait attenter à la vie du roi et un fou devait avoir nécessairement une famille de fous, coupable de l'avoir engendré. Et les Savoies se vengèrent même sur toue la collectivité où le régicide manqué était né et avait grandi : Salvia. Le nom du pays fut changé en Savoia di Lucania, pour rendre hommage la lignée royale et expier la faute d'avoir donné naissance à un homme qui courageusement tenta de venger les milliers d'ouvriers et de paysans massacrés par l'État italien naissant
Mais 
ce n'est pas tout : en hommage aux théories lombrosiennes, le cadavre de Passannante devint un corps sur lequel le pouvoir de l'État devait exercer son contrôle, sa propre étude et sa proprre vengeance : sa dépouille fut disséquéeson cerveau étudié pour comprendre l'origine de la « folie anarchiste » qui voulait tuer un Père de la Nation. Seulement en 2007, les restes de l'anarchiste de la Basilicate, jusqu'alors conservées à l'institut criminologique de Rome, recevront une sépulture digne à son village d'originegrâce à l'intervention de diversepersonnalités du monde de la culture, parmi laquelle l'acteur Ulderico Pe
Après Passannante viendra Bresci qui en 1900 
mettra fin au règne d'Umberto I, qui entretemps ordonna la lâche répression des mouvements pour le pain à Milan, d'un coup de revolver en plein cœur.
En ce moment, à Savoia di Lucania est organisée une consultation populaire pour revenir à l'ancien nom de Salvia. (http://uenne.indivia.net/n-1-anno-92/viva-passannante)

 

 

 

 

Aujourd'hui, mon cher Lucien l'âne mon ami, comme tu le sais, nous sommes en 2015. Et Salvia est toujours tatouée du nom infâme des Savoies : ces mêmes Savoies qui firent l'Italie par d'immenses massacres, tant au Sud qu'au Nord ; ces mêmes Savoies responsables de la grande misère des paysans, ces mêmes Savoies qui firent pourrir en prison leurs opposants : Passannante, Bresci[[44117]], Gramsci et tant d'autres ; ces mêmes Savoies qui mirent le fascisme au pouvoir ; ces mêmes Savoies chassés après la défaite fasciste pour cause de collaboration ; ces mêmes Savoies qui sont encore aujourd'hui poursuivis pour leurs malversations ; ces mêmes Savoies qui pillèrent – en plus de l'Italie elle-même – l'Éthiopie, par exemple et accessoirement, en massacrèrent les populations.

 

 

Comment ce Conseil communal de Salvia s'entête à garder à leur village le nom d'une bande de criminels ? Il y a quand même des personnes étranges… Comme disait Boris Vian : « Elles ne se rendent pas compte ». Peut-être, mais c'est bien là le problème. Quant à nous, qui savons les détours qu'entraîne la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les maintenir dans un état de soumission, d'imposer leur domination, de protéger leurs privilèges, d'augmenter leurs richesses, de tirer du profit des gens, d'encore et toujours se complaire dans leur médiocrité, nous savons bien que Passannante avait raison et que par ce beau geste, comme nous entendons le faire, il tissait à son tour le linceul de ce vieux monde royaliste, autoritaire, orgueilleux, exploiteur, riche et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 


Il descend l'escalier prêt en finir là,
Il suivait une vie fugitive de l'âme.
Passée peut-être pendant qu'il n'y était pas
Et s'il y était, où était-il lui-même,
Entre le travail et les difficultés ?
Il s'arrêta à l'entrée, pour un instant ébranlé
Du frisson chaud de la cité.
Le ciel hurlait blanc comme ciment
De sa voix de pluie et de vent.

 

Partout volaient des mots, par mille
La famille royale était en visite à la ville.
Naples remplissait ses rues.
Quelle grande belle fête
Quand passait sa majesté !
Il vendit sa veste pour s'acheter
Un couteau, dans son mouchoir rouge le cacher,
Et convaincu que son geste n'était pas fou,
Il attendit son tour, patienta beaucoup.


C'était comme partir, c'était comme tomber
Dans le vide infini
De la fatalité.

Le Roi approchait, un passage s'ouvrit,
En un souffle, Giovanni se dit : 
- Personne ne m'arrêtera -.
Je n'ai pas d'étendard, je n'ai pas de foi,
La peur ne m'étreint pas
Et pour ma main, ceci suffira.
Il monta sur le carrosse, la place disparut,
Les idées, les gens, la mer disparut,
Le temps s'enfonçait dans l'instant
Et partait la main de Passannante.

 


On redira dans l'histoire :
Du bonnet du cuisinier
Nous ferons un étendard. 

GIOVANNI PASSANNANTE
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 11:19

STEFAN ZWEIG

 

Version française – STEFAN ZWEIG – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – Stefan Zweig – Paolo Benvegnù – 2014

 

 

 

 

Moi toujours distrait et hors du temps,

Je cire mes chaussures et je prépare l'infini :

Cent gouttes dans un verre.

 

 

 

J'ai donné une version française (je me garderais bien, comme tu le sais, de parler de traduction, genre qui relève de techniques et de connaissances qui m'échappent ; ceci pour prévenir le lecteur innocent de ce qu'il peut allègrement dire tout ce qui lui passerait par la tête comme critiques et chicaner sur une chose ou l'autre – voilà pour la version française) de cette chanson italienne intitulée Stefan Zweig, qui eut la chance de naître « Viennois » aux moments où Vienne avait encore en ses murs la plus belle collection d'écrivains, de poètes, de penseurs, de philosophes, de musiciens, d’artistes et de médecins. Le revers de l'Histoire fut aussi que ce fut le moment où l'Autriche entrait en déliquescence et donnait le jour à un tambour de fer blanc qui allait trublionner le monde, chasser le Juif comme d'autres chassent le vivant et détruisent la vie elle-même. Le péril fut conjuré, le dément et ses hordes anéantis (provisoirement ?). Entretemps, Stefan Zweig s'était suicidé.

 

 

Il me semble qu'il ne fut pas le seul à fermer les yeux de dégoût…

 

 

En effet, de mémoire et sans trop chercher, parmi ceux-là qui – dernier geste – se sont immolés, épuisés après avoir longtemps fait face au tsunami d'imbécillité qu'est le nazisme, je peux te citer : Ernst Toller, Kurt Tucholsky, Klaus Mann, Joseph Roth… Une autre façon de contrer la Bête. D'ailleurs, ils sont toujours là comme dans l'Ode à Kesselring :

 

«  à nos postes
morts et vivants avec le même engagement
peuple serré autour du monument
qui s'appelle
aujourd'hui et pour toujours
RÉSISTANCE. »

 

 

Quant à nous, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne en relevant sa crinière, reprenons notre part de cette tâche prophylactique et tissons le linceul de ce vieux monde encombré de guerres, malade, raciste, nationaliste, fanatique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 


Poursuivis des éclairs,
Sacrifiés à la mer,
Nous aurons des mains blanches pour sentir le Soleil.
Poursuivis des éclairs,
Sacrifiés à la mer,
Nous aurons des mains blanches pour sentir le Soleil.
Parfaits et clairs,
Comme les pas dans la neige
Et les crépuscules d'hier
Dans les récits à sonnailles.

 

Mais moi moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.
Et moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.

 

L'âme de la Tempête,
La danse d'un éventail,
C'est tout ce qui reste.

 

Je juge sans savoir,
Ce qui fut de moi,
De mes courses légères sur les collines ensoleillées
À la recherche perdue de mon sang imprécis,
De l'impossible amour entre sentiment et instant.

 

Mais moi moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.
Et moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.

Pourtant, sortent les perce-neige
Et ils courent les autoroutes,
Sans même se dire adieu.


Comme je voudrais me tromper encore
Et avoir soif.
Comme je voudrais me tromper encore.


Moi toujours distrait et hors du temps,
Je cire mes chaussures et je prépare l'infini :
Cent gouttes dans un verre.

 

 
STEFAN ZWEIG
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 14:16

VIVE LA GUERRE !


Version française – VIVE LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson livournaise (Toscan livournais - Italien) – Viva la guerra – Pardo Fornaciari – 2002

Texte : Luciano Tarabella

Musique : Pardo Fornaciari

 

 

 

 

Vive la guerre, les éventrations...


Un poème du Livournais Luciano Tarabella, mis en musique par Pardo Fornaciari.

Tiré d'Il Deposito, accompagné de l'introduction suivante: « Nous l'avons beaucoup chanté devant Camp Darby (base américaine), en provoquant des sérieuses crises d'identité à la police et aux carabiniers à cheval. Du reste, il est connu que les chevaux sont des animaux peu habitués aux sarcasmes… »

 

Mon ami Lucien l'âne, il te souviendra certainement que récemment encore nous avons croisé le poète éthylique Piero Ciampi, auteur et interprète entre autres de Dario de Livourne [[9083]] et protagoniste de La ballade des Fossi [[49843]]. D'ute part, il ne t'aura pas échappé que Livourne est particulièrement appréciée de certain intervenant essentiel des Canzoni contro la Guerra, le très poétique Riccardo, adepte du livournais, idiome pratiqué dans ce port toscan.

 

 

Oui, et alors ?, demande Lucien l'âne en présentant sa dentition majestueuse.

 

 

Et alors ? Mais, comme bien tu penses, Lucien l'âne mon ami, tout ce discours n'avait comme objectif final que d'introduire la chanson du jour, laquelle outre le fait qu'elle soit livournaise, est diablement percutante. Déjà, rien que son titre a de quoi surprendre, surtout ici dans les chansons contre la guerre, vu qu'elle s'intitule : Vive la Guerre… À mes yeux, après la chanson religieuse, la chanson poétique, la chanson patriotique, la toute récente chanson philosophique, etc, elle introduit un nouveau genre : la chanson sarcastique. Une chanson meublée de sarcasmes ; à commencer par son titre « Vive la Guerre ! », qui s'inspirant d'Orwell, prétend exactement le contraire de ce qu'il pense.

 

 

Évidemment, avec un pareil titre, cela vaut mieux. C'est très bien ainsi et je n'ai rien à y redire. Cependant, il en est qui s'insurgeraient et prendraient la mouche rien qu'à l'énoncé.

 

 

Certes, Lucien l'âne mon ami, mais ici, aux chansons contre la guerre, on prend toujours le pari de l'intelligence et de la compréhension du sens second, tertiaire ou caché des choses. Bref, on fait la place à une certaine subtilité.

Il ne me reste plus qu'à l'entendre et puis, à reprendre notre tâche et recommencer à tisser le inceul de ce vieux monde guerrier, laudatif, expansionniste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Vive la guerre, les éventrations, 
Les attaques de banque, les lapidations, 
Vive les gifles, les morsures, les étranglements, 
La drogue, la violence, les enlèvements,


Vive la faim, vive les accidents, 
Les opérations, les fusillades, 
Vive les gares bombardées, 
Les voleurs, les assassins, les délinquants ;


ET... à bas tout le reste, l'honnêteté
La réflexion, la pensée, la fraternité,

Les enfants, les vieux, la cordialité


Ce qui de l'amour et de la paix découle
Plus tout ce qu'il y a de beau au monde 
Mais qui, voyez-vous, à tous ne plaît guère.

Sans doute, la vie n'est-elle juste qu'une folie
Qui suce le sang et crache l'harmonie.

 

 
VIVE LA GUERRE !
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 20:59

UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ

 

Version française – UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson allemande – Einigkeit und Recht und Freiheit – Kurt Tucholsky – 1927

Texte de Kurt Tucholsky publié – sous le pseudonyme de Theobald Tiger – le 15 mars 1927 dans “Die Weltbühne”.
Musi
que de Hanns EislerInterprétée par Sylvia Anders in “Hanns Eisler: Hollywood~Elegien Und Andere Lieder”

 

 

 

 

 

 

« L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, au-dessus de tout au monde. » 




« Unité, Justice et Liberté », ce qu' elles signifient pour les « tribus germaniques » reste complètement méconnu… relève ainsi Tucholsky en 1927.
Si ensuite on pense que « Einigkeit und Recht und Freiheit » est la troisième strophe du « Das Lied der Deutschen » (1846), passé 
tel quel à travers les époques du Premier Reich, Deuxième reich, République de Weimar, Troisième Reich et est encore aujourd'hui, l'hymne de la Bundesrepublik Deutschland…

Toutefois soigneusement amputé de ses deux premiers couplets.

 

Tu vois, Lucien l'âne mon ami, quand on traduit, on traduit. Et parfois, il faut quand même ajouter un mot ou l'autre. Ici, au commentaire, je viens d'ajouter : « toutefois soigneusement amputé de ses deux premiers couplets ». Et ce n'est pas sans raison. Car, figure-toi, ce fameux « Das Lied der Deutschen » commence d'une manière qui s'est révélée malencontreuse afil du temps. Si ce « Chant des Allemands » est au départ un chant de liberté et aussi, un chant qui appelait les Allemands à transcender leurs divisions et à ainsi éviter les guerres fratricides, à mettre l'intérêt commun au-delà et au-dessus des particularismes, son premier vers a fini par le transformer en un hymne impérialiste, position qui a culminé vers 1870-71, 1914-1918 et 1933-45. Ce vers est encore connu et fait se révulser, même la plupart des Allemands, rien qu'à l'idée ; il s'agit bien évidemment de « Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt. » - Traduction : « L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, au-dessus de tout au monde. » Donc, au début, lorsqu'elle fut écrite, cette phrase incitait les Allemands à se rassembler, à faire passer l'Allemagne, l'unité allemande au premier plan de leurs préoccupations. Par la suite, avec le rêve d'Otto, d'une Allemagne dominatrice, puissante, les mêmes mots ont pris un sens plus inquiétant. Il s'agissait de dominer le monde ou en tous cas, d'y jouer un rôle dominant. On comprend dès lors beaucoup mieux l'ironique scepticisme de Tucholsky à l'égard de ce que pouvait signifier pour les Allemands de 1927, habitants d'une Allemagne unifiée où grandissait de jour en jour la « bête immonde », les deux premiers vers de la dernière strophe : « Unité et droit et liberté pour la patrie allemande. » Il en frémissait, on en frémit encore. C'est de ce frémissement, de cette sensation d'horreurs à venir que parle cette chanson.

 

Voyons donc la chanson et reprenons notre tâche en tissant le linceul de ce vieux monde cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

Ce qu'est la liberté pour les Germains,

Reste un très grand mystère.
Certains sont dans une interrogation éternelle,
Même s'ils le veulent, ils n'y comprennent rien.

Car déjà cent années, jour après jour,
Imposent pour toujours
Une perspicacité patiente au travers de lunettes.
Quand on est bête, on est bête.
Aucune pilule ne peut y porter remède

 

La Justice chez les Teutons,
A un bandage au front.
Mais ils l'ornent volontiers,
Et là il ne reste pas toujours attaché.
D'aucuns criaillent
Comme ce cher bétail.
D'autres croient encore à une bonne volonté…
Quand on est bête, on est bête.
Aucune pilule ne peut y porter remède


Que l'unité soit avec les gens d'ici,
Cela a été dit vingt-quatre fois.
Pour les lands, on a écrit

Un énorme appareil de lois :
Hambourg tire à soi
Altona ;
La Bavière sèchement réplique :
« Vive la république ! »
Chacun ne pense en premier
Qu'à son Reich privé…
Une République à contre gré.
Quand on est Allemand, on est Allemand.
Pour cela, il n'y a pas de médicament.

 

 
UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ
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Marco Valdo M.I.
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 20:42

ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU

 

 

 

Version française – ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne - Qui Dio non c’è - Claudio Baglioni – 1990

 

 

Des heures à plat ventre

Et le train électrique tournait

et quand il déraillait

J'en souffrais un peu

 

 

 


Brumeuses fourmilières de maisons
Puanteur brûlée en ville
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Boue de rues furonculeuses
Christs et Maries sans piété
Âmes baveuses dispersées
Humanité saoule des bars
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Nuit de bras piqués
Rues de crack désespéré
Pages de livre
Une douloureuse mécanique à tourner 
Sans avoir tout pigé
Sans rien se rappeler

Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu


Viados aux voix fausses
Lumières menteuses de réclame
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Visages pluvieux des murales
Raclement de lame sous le tram


J'ai vécu des jours opaques
Comme les poivrots emploient
Pour se tenir les réverbères 
Pas pour leur lumière.

Fin des retransmissions
Et j'allais au lit
Avec un linge humide sur la poitrine
De tristesse en moi


Ainsi va le monde
On ne le fait pas le monde
C'est lui qui nous fait, le monde

Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché 
Et je voulais seulement un signe 
Mais le ciel est comme un vieux fou

Avec un assistant serpent 
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Payer le prix continuellement
Se sentir toujours un hôte

À voler le feu
On s'y brûle les vies
Mais un peu d'air pour vivre
On respire même des blessures
Doucement j'entrais dans la pièce
Au grain à sécher
Et je roulais dedans
La tête en bas
Ainsi va le monde
On ne le fait pas ce monde
C'est lui qui nous fait, ce monde

 

Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché 
Qui dormit dans les montagnes
Dans les plantes, il respira
Qui rêva avec les animaux
Et avec l'homme, s'éveilla

Et s'il m'avait jamais plu 
De boire
J'aurais appris à le faire
Et alors Dieu, bois avec moi,
Trinque avec moi.

 

 
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 22:14

L'ÉVOLUTION

 

Version française – L'ÉVOLUTION – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – L’Evoluzione – Banco del Mutuo Soccorso – 1972

 

 

Texte : Francesco Di Giacomo e Vittorio Nocenzi -

Musique : Vittorio Nocenzi

 

 


Charles Robert Darwin vous salue bien

 

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson intitulée L'évolution…

 

 

Quoi ? Que dis-tu ? Une chanson sur l'évolution ? Mais l'évolution de qui, de quoi ?

 

 

Une chanson sur l'évolution du monde, sur l'évolution des espèces. Une chanson en quelque sorte « scientifique », une chanson anthropologique, une chanson philosophique, une chanson pour tout dire : biologique. Il s'agit de cette évolution dont parlait un certain Charles Darwin, il y a déjà presque deux siècles. Présentée ainsi la chose peut paraître surprenante, mais si on parcourt les chansons contre la guerre, on trouvera de nombreuses chansons d'idées. Au passage, tu remarqueras que cette chanson n'est pas vraiment nouvelle, elle est datée de 1972. On pourrait penser que c'est là une chanson hors du monde, hors du temps. Mais elle ne l'est absolument pas et d'autant plus qu'elle est une chanson née en Italie, en plein milieu du Catholand, aux pieds des murs du Vatican. Aujourd'hui encore, elle est de la plus grande nécessité tant certains tentent, y compris par des coups de force et des assassinats d'imposer le créationnisme et ses dieux – pour ce qui est des religions du Livre, qui chacune n'ont qu'un seul dieu, mais comme elles sont nombreuses ces religions et sectes en tous genres, le nombre de dieux s'accroît d'autant et ni toi, ni moi, n'avons qualité pour arbitrer entre tous ces dieux lequel serait le bon, l'unique, le vrai ... En fait, la chose est simple : ce Dieu n'existe pas ; les autres non plus d'ailleurs.

 

 

Ainsi, si je suis bien ce que tu dis, Marco Valdo M.I. mon ami, il s'agit d'une chanson qui expose, promeut la théorie de l'évolution, celle-là même que combattent les religions du monde, celle-là qui met hors-jeu de façon définitive toutes les histoires créationnistes, telles qu'elles sont rapportées par les religions du Livre. Une chanson athée, en quelque sorte. Une chanson qui comme nous tisse le linceul de ce vieux monde religieux, crédule, déiste, oppresseur et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 


Essaye de penser un peu différemment, essaye
Les grands dieux n'ont rien fabriqué
Mais le créé tout seul s'est créé
Énergie et chaleur, cellules et fibres

 

La terre roule dans un nuage
Gonfle au chaud, tend les membres.

 

Ah la mère est prête à accoucher

 

Déjà son giron s'est cabré
Elle veut un fils et bientôt, il sera né
Fils de terre et d'électricité.


Couches grises de corail et de lave,
Ciels sans couleurs, humides, 
Voilà le monde respire.
Musc et lichens verts, éponges de terre
Pour le germe à venir se font serre.

 

La mer vomit des êtres informes
Poussés en désordre sur les plages putrides.
La terre accueille ces troupeaux troubles ;
En rampant, ils montent sur leurs semblables
Et le temps change leurs corps flasques
En formes utiles à leur survie.

 

Un soleil pauvre délaye le vert
Des jeunes fougères de chargées spores
Et des sons libres tournent en cercle,
Spirales acoustiques dans l'air.

 

Et moi, stupide, qui suis encore à croire
Celui qui me dit que la chair est poussière.

 

Et si dans le fossile d'un crâne atavique,
Je retrouve des formes qui me ressemblent,
Alors Adam ne peut avoir existé
Et sept jours sont trop peu pour tout créer.
Alors, dites-moi si ma genèse
Fut l’œuvre d'autres hommes ou de quadrumanes.

 

Adam est mort maintenant et ma genèse
N'est pas de mains d'hommes mais de quadrumanes.

 

Là-haut, un alcyon en arabesques
Sur les genêts et sur la mer crisse. 
Maintenant, le soleil sait qui il réchauffe.

 

 

 
L'ÉVOLUTION
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 20:46

MON MICHEL

 

 

Version française – MON MICHEL – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson française – Mein Michel – Anonyme – 1919

 

 

 

 

 

Chanson populaire de protestation contre la domination de l'église et de la noblesse, mais aussi contre la faim. Elle remonte à la période prérévolutionnaire à la fin de la Première guerre mondiale.
« De la période de la première guerre mondiale impérialiste, 
on trouve beaucoup de chansons. La chanson antimilitariste « Mein Michel » fut diffusée sous forme de manuscrit en 1919, après la guerre. »
Musique écrite par le compositeur Konstantin Julius Becker (1811-1859) pour le poème « Du hast Diamanten und Perlen » de Heinrich Heine.

 

 

Quelques mots cependant me semblent nécessaires pour mettre en évidence un élément caractéristique des Chansons contre la Guerre et j'imagine, mon ami Marco Valdo M.I., que tu ne trouveras rien à y redire. Cet élément dont je parle est le fait qu'il y a à l'intérieur de cet organisme (j'entends « organisme » au sens biologique, à savoir une sorte d'être complexe et vivant, qui dès lors connaît une croissance autocréatrice et une personnalité unique, dont bien des aspects ne se découvrent qu'à l'usage), donc, à l'intérieur de cet organisme des quantités de coincidences, de croisements, de familiarités qu'il convient de découvrir. Je dis ça, car cette réélaboration des liaisons est tout-à-fait passionnante. Si on croise, par exemple, le nombre de chansons, le nombre de traductions, le nombre d'auteurs, le nombre d'interprétations, de commentaires, d’illustrations, si on tient en même temps compte du nombre de langues, des langues usitées et celles qu'il faudra acclimater dans le futur… Certes, on en a une intuition, on en connaît des lambeaux… En fait, on est tous dans un labyrinthe et on erre, on erre. Ariane, où es-tu ?

 

 

D'accord, Lucien l'âne mon ami, ceci montre qu'il devient plus nécessaire chaque jour que l'on essaye de structurer une connaissance des Chansons contre la Guerre… Cependant, il y a déjà pas mal de ce travail de réflexion (réflexion : regard en reflet) qui est fait, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir ou en le sachant, un peu, beaucoup… Ce sont les parcours, les renvois de chanson à chanson... Cela dit, où veux-tu en venir ?

 

 

Mais tout simplement à ceci, que ce Michel, on vient d'en parler dans une autre chanson et probablement, auparavant, dans une autre encore. Mais voilà, je ne sais plus laquelle… Il est vrai qu'après quelques dizaines de traductions, je m'y suis perdu. En fait, on avance comme des explorateurs dans la jungle inconnue… On y va, on y va… C'est sûr. Mais où va-t-on ? C'est très mystérieux. Ce n'est pas comme si, à l'instar de Diderot, D’Alembert et quelques autres, on voulait mettre en place une sorte d'encyclopédie de la chanson contre la guerre… Cela serait assez simple, finalement ; on irait de A à Z.

 

 

J'admets que c'est aussi cela… Mais pas seulement. Et de toute façon, je pense qu'on pourrait appliquer aux Chansons cette réflexion de Diderot à propos de l'Encyclopédie : « « Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j’espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n’y gagneront pas. Nous aurons servi l’humanité. ». Ce ne serait pas si mal… Enfin, de toute façon, on est face à l'infini…

 

 

On dit (les physiciens) que l'univers est en expansion… Puis, songe un peu à toutes ces zones des Chansons Contre la Guerre, que nous ne connaissons pas et que nous ne connaîtrons jamais. J'en ai le vertige et du coup, revenons à notre tâche, celle que nous nous sommes fixée, nous qui « Non siamo cristiani, siamo somari », nous les grains de sable d'une plage anonyme, et tissons le linceul de ce vieux monde égocentrique, méprisant les faibles (vae victis!), autoglorifiant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Tu as des bataillons, des escadrons,
Des batteries, des mitrailleuses,
Tu as aussi les plus grands canons.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

Tu as deux douzaines de monarques,
Une armée de laquais et de curés,
Comblé, tu peux ronfler.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

Tu as d'innombrables lois pénales,
Tes prisons débordent,
Tu peux aussi dormir en détention préventive.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

Tu as les taxes les plus considérables,
Tes Junkers qui s'agitent fort,
Rendent le prix de ton pain inabordable.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

Tu as des rutabagas et des glands,
Et tu réclames d'autres aliments,
Pour ça, tu peux te gratter le ventre.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

Tu peux faire l'exercice, marcher,
Dans la cour de la caserne, autour des forts,
Et puis pour l'empereur, tu peux crever.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

 

 
MON MICHEL
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Marco Valdo M.I.
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