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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 19:26

L'HABIT D'ÉPOUSE

 


Version française – L'HABIT D'ÉPOUSE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – L'abito della sposa – Ivano Fossati – 1996

 

 

 

 


Que veux-tu qu'elle soit, belle ?

 

 

 

 

 

Récit de la violence subie par les femmes de la part des soldats, et si je ne me trompe pas, elle se réfère aux viols de l'aire balkanique de cette période.
(Paolo Baldessarini)

 


Elle a l'estomac maigre
Cette jeune épouse.
Vous devriez la faire
Manger davantage.
Elle a un laid rêve de femme
Qui ne dit pas une parole 
Mais avance mètre par mètre,
Dans l'herbe froide,
Un soldat épuisé
Sur les rails brûlés.
Dans un italien théâtral, il crie :
« Vive la folie »
Et elle : « J'ai peur des bonnes nouvelles
Car c'est pire qu'on ne dit
Même l'enfer de Babylone
Fut oublié ainsi »

 

Messieurs, que voulez-vous que ce soit?
C'est tout le temps qui passe.
Que voulez-vous que ce soit ?
C'est un habit qui se porte.
Que veux-tu que ce soit ?
C'est ton temps qui va passant.
Elle leva un peu sa jupe ;
L'homme lui dit : « Viens, maintenant ».

 

Quand, même le dernier soldat
L'eut accompagnée là
Dans ce froid charnel,
Elle se sentit encore belle
Avec son parfum vulgaire
Comme la soif de victoire
À consommer pendant des jours
Et ainsi toujours.


Messieurs, que voulez-vous qu'elle dise ?
C'est tout le temps qui passe.
Que voulez-vous qu'elle dise ?
C'est un habit qui se porte.
Que veux-tu qu'elle soit, belle ?
C'est ton temps qui va passant.
Le soldat lui dit : « Je tremble »
Et elle répond : « Dors, maintenant ».

 

 
L'HABIT D'ÉPOUSE
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Marco Valdo M.I.
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 17:37

Deux assassins dans un miroir

 

 

Chanson de langue française – Deux assassins dans un miroir – Marco Valdo M.I. – 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson de circonstance. Tu connais les journaux, tu connais les médias. Ils parlent de tout et de rien, question de soutenir leur audience. Et ici, de ces jours-ci, ils font grand bruit autour du séjour en prison d'un dénommé Dutroux, personnage de vile réputation. Ce personnage doit sa célébrité à ses penchants odieux et à ses actes crapuleux. Vingt ans déjà que la société respecte l'être humain en cet assassin. Elle rêve de le réhabiliter et il n'est pas du tout sûr qu'elle y arrive un jour. Mais au-delà, qu'en sera-t-il ? On a déjà libéré sa comparse et peut-être certains imaginent lui laisser un jour pareil destin. Mais que se passera-t-il alors ? Je lisais un long papier qui célébrait ce curieux anniversaire et j'en étais là de ma réflexion, quand me revint à l'esprit, une tout autre histoire où un autre assassin avait survécu – un demi-siècle – à sa condamnation à mort et se la coulait douce, sous un nouveau nom, dans un pays étranger.

 

 

Moi, dit Lucien l'âne en remuant la queue, je me souviens bien de cet abuseur et tueur de fillettes, un personnage immonde que je me refuserai toujours à prendre sur mon dos. Il n'en est heureusement pas question. Quant à l’autre ordure, il me paraît le reconnaître et me souvenir de lui que l'on voyait parfois en grand uniforme d'oberschtroumpfmachin dans certaine littérature exaltant d'anciennes gloires habillées de noir. Mais je me demande à présent, ce que vient faire ton grand-père dans cette affaire ?

 

 

Oh, tu sais Lucien l'âne mon ami, que ce mien grand-père avait fait un détestable séjour de quatre ans (1914-18) en un camp en Allemagne, il en avait gardé un très mauvais souvenir. À la suivante, son fils était mort des tortures… Il en gardait une colère rentrée. Des activités de guerre clandestine, il avait conservé les instruments et avait décidé, c'était un têtu, de faire à sa manière justice pour son fils. Il était néanmoins patient et savait attendre. Il attendait donc le retour auto-proclamé cent fois de l'illustre chef de Rex à Bruxelles pour lui faire subir le sort des collaborateurs. Mais le dénommé Degrelle, planqué en Espagne, n'est jamais revenu. Et Grand-Père est mort sans avoir pu accomplir ce geste qui l'aurait soulagé de sa colère. C'est en songeant à cette idée fixe de mon Grand-Père, que je me suis posé la question de ce qui pourrait se passer si un assassin aussi immonde était libéré… Personnellement, je pense que s'il doit sortir un jour, il lui faudra affronter son destin… De toute façon, ces gens-là sont condamnés à vivre avec eux-mêmes et à se voir dans un miroir. Ce qui n'est pas rien : « Miroir, beau miroir, dis-moi qui je suis ? Un assassin, une brute, une crapule... »

 

 

Vu comme ça, il vaudrait peut-être mieux qu'il ne sorte pas… C'est aussi, ce que je pense. Mais laissons cela, ces gens méprisables et leur destin, nous n'avons pas grand-chose à en faire. Reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde hanté par la douleur, malade d'egos détraqués, d'orgueils hypertrophiés et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Monsieur Dutroux vit encore

Que se passera-t-il s'il en sort ?

Triste destin

Que celui d'un tel assassin.

 

Oublier n'est pas un mot populaire

Et qui croira à la réhabilitation

D'un tel pensionnaire

D'innombrables prisons.

 

Feu mon grand-père tenait de côté

Dans un coffret bien fermé

Certaine arme automatique

Certaines balles magiques.

 

Il tenait tout cela sous clé

Depuis fort longtemps, depuis plus de vingt ans :

Une arme, des balles, un instrument de résistant

Souvent graissé, à un usage préservé.

 

Il l'avait réservé à certain exilé

Qui en un lieu protégé,

Loin de Sainte Gudule,

Ressassait mille gloires ridicules.

 

Mais jamais n'est revenu à Bruxelles

De sa retraite ibérique

L'Oberschtroumpfführer Degrelle.

Grand Papa a rangé son automatique.

 

Monsieur Dutroux vit encore ;

On ne sait rien de ses remords.

En a-t-il eu d'ailleurs ?

Ira-t-il chez les bonnes sœurs ?

 

Monsieur Dutroux vit encore ;

Que se passera-t-il s'il en sort ?

On ne connaît jamais l'heure et le décor

Où l'insatiable Dame vient et mord.

 

 

 
Deux assassins dans un miroir
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Marco Valdo M.I.
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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 21:05

LES FOUS DE ROME

 

 

Version française – LES FOUS DE ROME – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne (Laziale Romanesco) – I matti de Roma – Simone Cristicchi – 2013

 

 

 

 

 

 



Les fous de Rome sont nombreux, certains sont tristes, d'autres amusantsIl y en a des soiffards, de Reggio, des chanteurs, des caractéristiques, comme les monuments.

Dans mon quartier, il y avait Agostino, qui effrayait toutes les filles
Il criait qu'il était le démon, les cornes sur sa tête étaient deux piments rouges.
Sur l
a Togliatti parfois on trouve Roscio, il monte avec sa flûte sur le quatre cent cinquante et un
Il 
joue trois notes et bredouille quelques mots, demande deux sous, mais jamais personne ne donne rien.

Les fous de Rome sont la grimace édentée des rues de la cité

Pour rappeler à qui se prend trop au sérieux quel mal est la normalité,

Quel mal odieux est la normalité.

Il y a Berardo le boxeur sonné, qui est devenu fou des coups pris à la tête.
Maintenant, il est vieux, et rode toujours seul, une cigarette est tout ce qui lui reste.
Aujourd'hui dans le métro une dame jurait, elle était là, à se disputer au milieu du va-et-vient
Avec quelqu'un qui n'y était pas, n'y est plus, peut-être quelqu'un qu'il n'y a jamais eu.

Un tas de psychiatres ont tenté de déchiffrer le grand mystère du cerveau.
Si on me demande qui sont les vrais malades, cela dépend de quel côté de la grille, on se trouve.
Cela dépend de quel côté de la grille, on se trouve.


Les fous, je sais que c'est vous, qui ne riez pas et qui êtes toujours si sérieux,
Enfermés tout le jour dans un bureau, pendant que la vie vous salue du dehors,
Et vous restez enfermés au dedans, pendant que la vie vous couillonne du dehors.

 

 
LES FOUS DE ROME
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Marco Valdo M.I.
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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 20:52

HISTOIRE DU CHIEN FIDO

 

 

Version française – HISTOIRE DE FIDO – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – La storia del cane Fido – Lorenzo De Antiquis – 1958

 

 

 

 

Le 9 juin 1958, Fido

Est mort attendant son maître.

D'un homme et d'un chien, c'est le tableau 

Dans le cœur, il demeure

Un véritable amour et son histoire…

 

 


Il s'agit d'une histoire absolument vraie, que je connaissais depuis des années puisque, il y a nombreuses années, j'avais une amie née précisément à Borgo San Lorenzo ; et j'ai vu en personne, plus d'une fois, le monument du chien Fido sur la place Dante dans la petite ville de Mugello. C'est justement cette fille qui me raconta l'histoire pour la première fois. 

La retrouver cette nuit contée par un aède est pour moi une sorte de magie qui réveille des souvenirs lointains.


Riccardo Venturi, 11 novembre 2004, à 3.44 du matin.

 

L'HISTOIRE DU CHIEN FIDO
du Sito della Unicoop Firenze
de Stefano Giraldi


Lorsqu'on parle d'une fable, on pense à une histoire imaginaire ou à un mythe hors de la réalité. L'histoire que nous vous racontons est par contre un fait réellement arrivé, l'histoire d'un chien du nom de Fido, elle se passe dans la belle vallée du Mugello.

Carlo Soriani, un ouvrier de Luco del Mugello, un village près de Borgo San Lorenzo, au temps de la seconde guerre mondiale trouva dans un fossé un petit chien blessé. Soriani ramassa ce chiot et le ramena chez lui où il lui donna les premiers soins et une niche.

Le petit chien, une fois guéri, se prit d'une grande affection pour son nouveau maître et chaque jour se rendait à l'arrêt du car qui ramenait les ouvriers de Borgo San Lorenzo pour attendre son  retour. Mais en ce terrible décembre de 1943, au cours des bombardements aériens sur Borgo San Lorenzo, Carlo Soriani mourut.

Fido ne désespéra pas de voir revenir son bon maître et pendant bien 14 ans, il se rendit ponctuellement à l'arrivée du car pour attendre, malheureusement inutilement, que l'ouvrier en descende. La guerre était finie, l'Italie changeait et le fidèle Fido avait vieilli, mais chaque jour, il se présentait encore à l'arrêt du car et attendait.

En 1957, le maire de Borgo honora Fido d'une médaille d'or, à la grande émotion de la femme de Soriani, présente à la cérémonie. Le 9 juin1958, Fido mourut : il fut enterré près de la tombe de son maître Carlo Soriani, dans le cimetière communal de Luco del Mugello. La commune de Borgo San Lorenzo décida de rappeler cette extraordinaire histoire d'amour et de fidélité et confia la tâche au sculpteur Salvatore Cipolla de réaliser une statue en bronze du chien. La statue se trouve toujours sur la Place Dante, à côté de la mairie de Borgo San Lorenzo.

 

 

Ma grand-mère, dit Marco Valdo M.I., qui se prénommait Agnès, faut dire que son père était berger, me disait toujours : « Dépêche-toi de croire ça, sinon on t’en racontera d'autres ». Cependant, elle en connaissait des histoires de chiens fidèles et elle m'en a raconté beaucoup, car pour ce qui est des chiens, les bergers, ils en savent quelque chose. Et Agnès, qui fut elle-même bergère, Agnès, l’histoire de Fido, elle t’aurait dit qu'elle est véridique. D’ailleurs, toute l'Odyssée, témoigne pour lui, au point que mon ami Mathelyne, berger sur le Larzac, avait nommé son chien Ithaque, lequel avait la taille d'un jeune veau. Eh bien, Lucien l'âne mon ami, je te demande ton avis aussi à propos de Fido et de son fidèle attachement.

Pour moi, dit Lucien l'âne, il ne fait aucun doute. Il n'y a que les humains pour en douter. Je m'en vais te conter une histoire a contrario. Au temps très lointain où je promenais sur mon dos une sorte de savant philosophe du côté de Syracuse[http://www.youtube.com/watch?v=VMTQUqlmxXM] (c'est l'auteur qui chante cette version : un gars qui n'avait pas de voix, mais un micro ; il faisait chavirer les vieilles dames – un genre à lui tout seul ; mon cousin disait qu'il chante en « dégueulando »), dans une excursion aux pieds de l'Etna, j'avais rencontré un chien, tu sais aussi un de ses chiens qui vivent dans les paysages, gardent quelques animaux… un chien qu'une meute attaquait durement… Avec mon philosophe sur le dos, je chargeai cette bande de corniauds, qui s'en allèrent comme une volée de corbeaux… Des années plus tard, dans le même coin, ce fut mon tour d'être assailli par deux hommes qui voulaient me prendre, je fus soudain secouru par un chien terrible et furieux. C'était lui ; il mit ces goujats en fuite. Oui, les chiens ont de la mémoire et une mémoire fidèle et reconnaissante. Mais je t’en prie, écoutons la chanson et retournons à notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde où parfois, on trouve de belles histoires et de quoi trouver le courage de mener une vie longue et parfois rude.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

… un soir d'hiver, en 1941, Carlo Soriani, un ouvrier de Luco del Mugello, une fraction de Borgo S. Lorenzo, pédalait sur sa vieille bicyclette, en direction de sa maison…

 

Temps de guerre, la nuit est pluvieuse
La route boueuse,
Le noir total.
Un ouvrier pédale, mais il entend
Un gémissement :
Quelqu'un se trouve mal.
« Qui est-ce ? » se demande
Carlo Soriani, homme aimable
Au cœur très sensible.
Ce chiot dans le fossé 
Blessé, souillé le noie de pitié.


Il le ramasse et le presse sur sa poitrine,
Il ferme sa veste
Et son chemin, il reprend.
Arrivé chez lui, sa femme et ses enfants
Donnent caresses et baisers
À ce chien bébé.
Maintenant, il a trouvé une niche,
Une maison, Fido est heureux
avec son sauveur.
Il suit le maître où qu'il veille,
Ponctuel, à l'aube 
le réveille.

Part de Luco chaque jour un car,
Qui revient au soir
Et Fido le sait de toujours.
Pour travailler chaque jour,
Son maître sur cette carriole
Se rend à la ville.
Fido fait la fête, remue la queue
Quand au soir revient son maître.
Sauts de joie, d'affection, d'amour
Il exprime de bon cœur
Son bonheur.


La haine envahit, la guerre est féroce,
Terrible croix,
Pour l'humanité.
Un bombardement jette l'effroi
Borgo S. Lorenzo
Est durement frappé.
30 décembre, cent morts.
Carlo Soriani ne reviendra plus.
Pauvre Fido, cherche son patron.
Il ne connaît pas la raison
Pour laquelle il ne revient plus.

 

Déchirement continu, douleur immense, 
Du chien erre
Qui ici et là cherche .

Revient la paix, passe la guerre,
Mais Fido tenace continue

Il reste plein d'espoir.
Sur place, il monte dans le car
Chercher son maître tous les soirs.
Pauvre Fido, disent les gens 
Et le chien patient
Reste là et se couche.

Quatorze ans maintenant ont passé
Les temps ont changé
C'est l'heure du « boum » économique.
Fido est déjà vieux mais stoïque
Sur la place continue d'attendre
La tête basse.
Le 9 juin 1958, Fido est mort 
Attendant son maître encore.
D'un homme et d'un chien, voici l'affaire
Dans mon cœur, demeure
Un véritable amour et son histoire…

 

sur la place Dante de Borgo S. Lorenzo au milieu d'un parterre, un monument en bronze du chien « Fido », œuvre du sculpteur Cipolla, rappelle la fidélité de ce chien.

 

 

 

 

 

HISTOIRE DU CHIEN FIDO
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Marco Valdo M.I.
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 21:08

CARYL CHESSMAN

 

 

 

Version française – CARYL CHESSMAN – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Caryl Chessman – Lorenzo De Antiquis – 1960

 

 

 

 

Il n'y aura pas de clémence

Il n'y aura pas de pitié.

En chambre à gaz,

Mourir il devra.

 

 

 

 

 

 

CARYL CHESSMAN, LE BANDIT À LA LUMIÈRE ROUGE

Le cas de Caryl Chessman, dans les années 1950, réussit plus que tout autre à ameuter l'opinion publique contre la peine de mort, tant aux États-Unis qu'à l'étranger (témoin cette chanson d'un des plus populaires aèdes italiens, qui ne choisit pas par hasard l'air de Caserio.


Né en 1921, Caryl Chessman était un cambrioleur de profession qui avait passé une grande partie de sa vie en prison. Libéré par une mesure de grâce de la prison de Folsom, en janvier de 1948, il fut à nouveau arrêté à Los Angeles comme le « Bandit à la lumière rouge». Il s'agissait d'un criminel qui attaquait surtout des petits couples à l'écart dans les parkings et dans d'autres endroits isolés, en utilisant un clignotant rouge comme celui de la police. Ensuite, il volait les victimes, parfois en violant la fille.

Les portraits-robots fournis par les victimes parlaient d'un homme avec les dents tordues, au volant d'une Ford nouvelle, décapotable et de couleur claire. Caryl Chessman fut arrêté avec deux autres malfaiteurs ; il avait avec un clignotant rouge et était au volant d'une Ford nouvelle. Qui, cependant, n'était pas décapotable et de couleur sombre.


La police réveilla une des victimes en pleine nuit, demanda à cette femme de se pencher à la fenêtre de l'appartement dans laquelle elle vivait, et la femme identifia Chessman comme son assaillant à un étage de distance et dans le noir. Chessman ne correspondait pas à la description physique qui avait été donnée du cambrioleur.


Malgré cela, Chessman signa un aveu, qu'ensuite, il retira en affirmant qu'il avait extorqué par la force par la la police. Lorsque deux journalistes investigateurs commencèrent à s'occuper du cas, ils découvrirent une photo de Chessman peu après l'arrestation, le visage manifestement tuméfié. Chessman fut incriminé avec dix-sept chefs d'accusation qui allaient du hold-up à la séquestration de personne.

 

Sur base de la « Loi Lindbergh », votée en Californie en 1933, après l'enlèvement et le meurtre du petit Charles Lindbergh jr. (le fils du célèbre aviateur qui avait le premier traversé l'océan), peine pour l'enlèvement avec des coups et blessures, pouvait être soit la prison à vie sans possibilité de grâce ou la mort. Le jury ne demanda pas de circonstances atténuantes ; dès lors, Chessman fut condamné à la chambre à gaz.

 

Une fois dans le couloir de la mort de la tristement célèbre prison de Saint Quentin, Caryl Chessman commença la lutte, en écrivant depuis sa cellule 2455 quatre livres pour sa défense, qui connurent une popularité immense dans le monde entier. En étudiant toutes les possibilités juridiques présentées à son cas, il réussit à faire renvoyer pendant douze ans son exécution (par huit fois) en rassemblant une documentation fouillée. Ce fut inutile : le 2 mai 1960, le gouverneur Brown rejeta la neuvième demande de suspension et Chessman fut gazé.


Durant les douze ans de sa captivité à Saint Quentin, eut lieu aux États-Unis le premier grand mouvement d'opinion contre la peine de mort. De tout le monde parvinrent des appels pour la révision du procès Chessman ; parmi les signataires, Eleanor Roosevelt, Pablo Casals, Aldous Huxley, Ray Bradbury, William Inge, Norman Mailer, Dwight McDonald, Christopher Isherwood et Robert Frost. Ironie du sort, le gouverneur Edmund J. Brown, qui repoussa la question de suspension en affirmant « avoir les mains liées », était un opposant reconnu à la peine de mort.

 

 

2 Mai 1960
La cellule de la mort
S'ouvrait à Saint Quentin
Ordre de la Cour.
Pour Caryl Chessman
Sans pitié
Depuis 12 ans
Enfermé là.


Il avait été arrêté
Sous l'accusation 
D'être le bandit
À la lumière rouge
Qui arrêtait les autos
Pour voler
et ensuite violer

Les filles.

Pendant environ 12 ans,
Chessman s'est défendu;
La Loi américaine
Cependant l'a réfuté.
Par huit fois
Pour diverses raisons
Fut renvoyée
Son exécution.

Il a écrit dans trois livres
Qu'il était innocent ;
Un jeune marginal
Mais pas un délinquant.
Tout le monde
Peut se tromper.
Moi, à la mort
Je ne veux pas aller.

 

De toutes les nations,
Sa grâce fut implorée.
Son avocate
Tombée amoureuse
S'était adressée
Au Gouverneur
Et espérait encore 
Le sauver.


Les heures passaient
Et l'instant atroce
Maintenant approchait,
Horrible et rapide.
Il n'y aura pas de clémence
Il n'y aura pas de pitié.
En chambre à gaz,
Mourir il devra.

 

Coupable ou innocent,
Son sort fut terrible.
Le bourreau à 10 heures
Donna la mort à Chessman.
Peut-être a-t-il voulu
Préserver la fille 
Et « ce secret »
Avec lui emporter.

 

 
CARYL CHESSMAN
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Marco Valdo M.I.
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 18:19

AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET

 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

 

Version française – AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET LA BOMBE DANS L'AUTRE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Col Libro In Una Mano, La Bomba Nell’altra – Negrita – 2008

Texte et musique : Negrita

 

 

 

Je vous ai compris...

 

 

 

L'auto que tu conduis n'est pas à toi, regarde bien :

Tu la payes tous les jours au fabricant d'eaux usées
Qui va dîner avec les saints

Qui te mettent des bombes dans les poches


Et font des guerres

Où brûlent des garçons comme toi
Qui meurent avec le rêve de protéger un rêve
Et à l'église les gens qui pleurent

Font de la place et se serrent


Il y a toujours au premier rang,

Un ministre qui traite avec le marchand

Qui dîne avec les saints qui lancent les bombes
Et soutirent les sommes et le cycle jamais ne s'interrompt
Ce n'est pas la guerre sainte, mais nous, nous arrivons…

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Le démon, dans l'or ;

Dans l'humilité, le saint.


Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Le démon, dans l'or ;

Dans l'humilité, le saint.


Scintille un anneau de métal jaune,
La main pieuse salue le Conseil.
À son poignet, des joyaux vermeils.

Sur un vêtement blanc de lin et de soie.


Le pourpre est un manteau de gloire et de vanterie.
Sur sa poitrine, une croix avec son Saint
Son chant disait : Ne m'immortalisez pas,
Son pleur criait : Ne m'agitez pas,


Dans le pain, il y a le corps ;

Il y a du sang dans le vin, 
Que Dieu nous pardonne bien,

Si nous prions encore…

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre.
Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 

Avec le livre dans une main et la bombe dans l'autre. 


Nous avons un livre, une religion.
Nous avons le feu, nous avons raison.
Nous serons plus grands, nous serons plus unis,
Nous serons plus forts que celui qui nous a meurtris…

 

 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

LA BOMBE DANS L'AUTRE 

 

 
AVEC LE LIVRE DANS UNE MAIN ET LA BOMBE DANS L'AUTRE
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Marco Valdo M.I.
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 19:39

Le Retour du Printemps

 

 

Chanson française – Le Retour du Printemps – Marco Valdo M.I. – 2015

 

ARLEQUIN AMOUREUX – 9

 

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.

 

 

 

 

 

Qui va là ? C'est le printemps

Qui vient, qui va. Il a tout son temps.

 

 

 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, revoici donc notre ami Matthias, alias Matĕj, Matys, Matysek, Mathieu, Arlecchino le déserteur, cet Arlequin amoureux dont j'ai – peut-être imprudemment entrepris de conter l'histoire.

 

 

Pourquoi imprudemment ? Ça, je me le demande, car à mon sens, dans ces sortes de sagas en chansons, tu t'en tires assez bien. Je comprendrais ton inquiétude si c'était la première fois que tu te lançais dans pareille aventure au long cours.Mais enfin, rappelle-toi, il y eut successivement Le Cahier Ligné, Dachau Express, Les Histoires d'Allemagne, Le Livre Blanc et in fine, cet Arlequin Amoureux. Il te suffit de poursuivre ton chemin sans te retourner et j'en suis persuadé : à la fin de ce voyage en écriture, il y aura une fort belle histoire.

 

 

Admettons. Mais avant d'aller à l'épisode suivant, je m'en vais, comme dans les feuilletons, faire un petit récapitulatif des chansons précédentes ; même si, à mon idée, chacune de ces chansons peut vivre sa propre vie.

 

 

Je vais le faire pour toi. Lors donc, récapitulons : il y a eu jusqu’à présent 8 canzones qui racontent cet Arlecchino amoureux de son Arlecchina et du grand mystère de leur liaison :

 

Marengo [[49258]] : la bataille où on découvre Matthias dans son uniforme de soldat : boutons jaunes et caleçon blanc.

Les Coquets Lieutenants [[49279]] : où Matthias devenu Arlequin se débarrasse de son uniforme et se mue en déserteur.

L'Amoureuse d'Arlequin [[49312]] : où il se révèle qu'Arlecchina existe vraiment sous diverses formes.

L'Aveu Théâtral [[49393]] : où pour survivre, Arlequin (alias, alias...)à l'instigation de la Comtesse se fait conseiller in teatro auprès du Comte de Wallenstein.

Le Bouffon de Franziska [[49527]] : où Arlequin, conseiller in teatro est captif de la Comtesse qui le traite sous le nom germanisé d'Harlekin.

Une statue ne porte pas de caleçon  [[49726]] : où Arlequin, revenu sur scène, se retrouve le cul nu sur la scène du théâtrale du Comte Wallenstein.

La Pécheresse aux jolis doigts [[49921]] où on découvre le portrait d'Arlecchina.

La Confession d'Arlequin [[49967]] Comme Arlequin, chassé par le Comte, se réfugie pour l'hiver chez les pères et obtient cette grâce par un artifice de confession.

 

 

De fait, Lucien l’âne mon ami, tu as excellemment récapitulé les 8 premières chansons. Je voudrais cependant ajouter que toutes ces chansons, je peux même dire toutes les chansons de cet Arlequin Amoureux, ont la même structure et le même refrain, lequel est celui d'une comptine enfantine de chez nous, comme je l'avais indiqué dès le départ. Sauf qu'à ce moment, je n'avais pas perçu que ce serait là l'ossature des canzones, l'indication sans cesse répétée de leur étroite parenté. Car, imagine un peu Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I., imagine un peu qu'étant enfin mises en musique (reste à trouver des musiciens, mais néanmoins, il est clair que pour musiquer quelque chose, il convient que cette chose existe), on les sépare et on les entend ici, là ou à des jours d'intervalle. Il se passera alors deux choses : primo, on entendra immédiatement qu'elles sont sœurs ; secundo, les enfants (petits, grands, jeunes ou vieux) reprendront aisément ce refrain :

 

« Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle. »

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela est bien beau, mais tu ne m'as encore rien dit de cette neuvième canzone, dont j'ignore même le titre.

 

 

Lucien l'âne mon ami, ne te désole pas, je m'en vais tout te dire tout de suite. D'abord, il est normal que tu ignores le titre de cette chanson pour l'excellente raison qu'elle n'en a pas encore, car je ne l'ai pas encore trouvé. À y réfléchir, et tu a raison de me questionner – pour un titre bucolique ; quelque chose comme le retour au printemps, qui correspond au sens de la chanson. Disons donc : Le Retour du Printemps, un titre ambigu à souhait car il porte à la fois sur l'arrivée du printemps, saison du renouveau, sur le moment où revient notre Arlecchino et le fait qu'il rentre dans son village, lui, le déserteur. Ce retour n'est pas sans danger, il le sait, mais il ne peut faire autrement que de se laisser mener là.

 

 

Marco Valdo M.I. mon ami, je suis très content d'avoir pu t'aider à le formuler et maintenant, montre-moi ta canzone afin que nous puissions poursuivre notre tâche, à bien des égards insignifiante, sauf pour nous, qui est de tisser le linceul de ce vieux monde terrible, chaotique, consternant et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Un vulgaire pourceau

A tout ce qu'il lui faut

Un enclos, une chaumine

Un toit quand la pluie dégouline.

 

Déserteur, quel chagrin !

Fuites à toutes heures

Par monts et chemins

Pour trimarder faut du cœur.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Viens Pollo, qu'elle dit, on s'en va.

Déjà ? Pas tout de suite, Santa.

Tu vieillis, mon Arlequin !

Vieillir est dans ma nature, c'est mon destin.

 

L'horloge de l'hôtel de ville, en contrebas

Tinte cinq fois, c'est l'heure où l'on s'en va.

Qui va là ? C'est le printemps

Qui vient, qui va. Il a tout son temps.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

Le printemps ? Comment y échapper ?

Matthias, le temps d'avaler une merise

Au matin de mars s'en est allé

Suant, soufflant, son pas l'épuise.

 

Il avançait suivant l'eau

Il marchait remontant le ruisseau

On entendit sonner le midi familier

Arlecchino rentrait chez lui sans se retourner.

 

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

 

 
Le Retour du Printemps
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Marco Valdo M.I.
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 11:38

ET AINSI SOIT-IL

 

 

 

Version française – ET AINSI SOIT-IL – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – E così sia – Punkreas – 2008

 

Comme Saint Thomas,

Je ne crois que ce que je vois.

 

 

 

 

 

 

Juste une question de logique à propos de cette curieuse affirmation :

« Comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

 

Et quelle est donc cette question logique ? , Marco Valdo M.I. mon ami.

 

Tout simplement ceci. Voilà, au prochain qui te dira ça, de ma part, tu demanderas :

« As-tu déjà vu ce Saint Thomas ? » et là, il ne pourra te répondre que « Non, évidemment ! Depuis le temps qu'il est mort... ». Tu continueras en faisant remarquer deux choses : que pour s'en tenir à sa règle, comment peut-il soutenir que le Saint Thomas en question a réellement existé et en corollaire, a donc pu mourir ? Puisque là aussi, il ne l'a jamais vu… Pour parer à toute objection, on admettra que ce Thomas (ainsi sanctifié) a bien pu exister, mais cela ne change rien au fait que l'interlocuteur ne l'a jamais vu...

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu le sais aussi bien que moi que la religion et la croyance (notamment, la croyance à l'existence de ce Saint-Thomas) n'ont aucun fondement logique. Ce sont là des bizarreries engendrées par je ne sais quel penchant à la folie de certains hommes. Et Pascal, lequel croyait par nécessité et habitude, disait – je reformule son propos, mais la teneur y est : « Mais quelle étrange folie que de n'être point fou ». Assez rigolé, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde thomiste, illogique, irrationnel, religieux et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Lorsque je pense au catéchisme
Je n'ai en souvenir que des déceptions
On me parlait de curieux miracles
Et de béates apparitions


J'ai attendu avec patience de rencontrer le divin .
Mais il s'est passé trop temps,
Je ne suis plus un enfant.
Comme Saint Thomas,

Je ne crois que ce que je vois.
Cependant, il me plairait beaucoup de transformer l'eau en vin

Et chaque religion
Lâche à tes trousses son représentant
En dépit de leurs mutuelles exécrations,
Elles se partagent un créateur tout-puissant

 

Qui enverra en Enfer
Celui qui dira pauvre Christ,
Excusez-moi si j'insiste,
On n'a jamais vu un seul dieu ici sur Terre.
Des réservations pour une place au Paradis ?
Ça ne m'intéresse pas. Non merci ! 
Car au fond, j'ai déjà décidé

Jamais, je ne me convertirai !
Ma réponse est non pour cette raison-là.
Désolé, mais je ne prie pas.
Ce n'est pas un dieu que je demande dans cette vie,
Mais de pécher en liberté
Au ciel comme sur Terre,
Telle est ma volonté.

 

Et ainsi soit-il

 

 

 
ET AINSI SOIT-IL
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 09:04

GIOVANNI PASSANNANTE

 

 

Version française - GIOVANNI PASSANNANTE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Giovanni Passannante – Airesis – 2010

 

On redira dans l'histoire :

Du bonnet du cuisinier

Nous ferons un étendard. 

 

 


Un disque consacré à cinq personnages du passé qui ont fait quelque chose d'important, même seulement un simple geste, souvent payé très cherpar lequel ils ont tracé une voie pour les autres, pour le monde à venir. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on parle encore de Dante Di Nanni le partisan, de Vladimir Majakovskij le poète, de Tommie Smith le sprinter avec le poing ganté de noir, de Giovanni Passannante l'anarchiste et de Ferdinand Magellan le navigateur (qui – dit entre nous – avec les quatre autres n'a pas grand-chose en commun…)
Sur Giovanni Passannante, qui en 1878 fit un attentat exemplaire contre le bourreau de Savoie Umberto, qui pour cet attentat fut enterré vivant d'abord en prison et ensuite à l'asile, voir aussi Canzone che recita Giovanni Passannante e Ode al Passannante mais, surtout, on aille voir intéressant (si pas vraiment beau) film de Sergio Colabona, avec Fabio Troiano dans le rôle de l'anarchiste (qui dans le film se dit cependant un républicain mazzinien), avec le matt-acteur Ulderico Pesce, déjà auteur du spectacle théâtral « L'arrosage du cerveau de Passannante » et Andrea Satta, voix des Têtes de Bois qui sont les auteurs de la musique du film, de laquelle se détache la chanson finale, simplement intitulée « LChanson de Giovanni Passannante », qui j'espère paraîtra très vite ici-même.

Et peut-être ils ont vraiment raison l'Airesis, Giovanni Passannante a vraiment tracé une voie, a laissé un signe… S'il n'était ainsi pas les monarchistes, alors comme aujourd'hui, n'essouffleraient pas à chercher à en rayer la mémoire… Lisez un peu ici :

« 
De ces jours-ci, on apprend la nouvelle du film dédié à Giovanni Passannante, qu'on est arrivé à présenter comme « un héros » et comme « un idéaliste qui ne baisse pas la tête ». La chose me semble vraiment grave, - écrit dans une note Alberto Casirati, Président de l'Institut de la Maison Royale de Savoie - car Passannante attenta à la vie du Chef de l'État italien et il ne réussit pas dans son but criminel seulement en raison du courage et la promptitude des présents »


« Comment il est possible – poursuit Casirati – de présenter de cette manièrcelui qui désire tuer un être humain ? Quel message veut-on faire passer ? Il fut juste, par charité chrétienne, d'agir pour qu'aux restes du criminel fut donnée la sépulture adéquate. Et les conditions de réclusion de Passannante ne furent certainement pas humaines, même si en accord avec les standards européens du temps pour un délit aussi grave. Mais il est aberrant définir « idéaliste » ou « héros » un aspirant assassin. Aucun idéal ne justifie une tentative de homicide et chaque idée qui admet l'homicide est criminelle » 

Le Président de l'Institut de la 
Maison royale de Savoie, conclut en disant que « dans l'Italie unie la peine de mort fut abolie par la volonté du Roi Umberto I. Le même Roi qui demanda et obtint la grâce pour Passannante ».

Déjà, le Roi Buono 
(le bon roi ?) obtint la « grâce » pour son auteur d'attentat : la « grâce » d'être enterré vivant dans une cellule-tombe sous le niveau de la mer, où Passannante devînt aveugle, malade et fou ; la « grâce » d'interner tous ses parents dans l'asile criminel d'Aversa, où presque tous moururent ; la « grâce » d'une punition collective au pays natal de l'anarchiste (ou républicain, ou du libertaire, ou simplement homme juste qu'il était), en imposant que « Salvia » de Lucanie devienne « Savoia » (et s'appelle ainsi encore aujourd'hui, chose vraiment honteuse)…


Heureusement, comme déjà le chantait il y a quelques années Andrea Satta des Têtes de Bois :

« Une pass'a
avant, un pass'en arrière
Dans l'air transparent du verre 
Un pas 
encore qu'ensuite tu réussira
Et si tu ne réussis pas, Bresc
i le finira. »

 

 

 


Passannante fut arrêté et condamné à la prison à vie. Sa famille internée dans un asile criminel. À son pays On changea le nom de son village et on l'enferma dans une cellule de deux mètres sur un, haute d'un mètre cinquante, avec dix-huit kilos de chaînes sur le dos. Dans la complète et muette obscurité pendant douze ans, avant d'être transféré à l'asile où enfin il mourut.
L'arme avec laquelle il avait attenté au Roi, en l'égratignant à un bras : un canif de huit centimètres.

 

Le grand poète Giovanni Pascoli écrivit et déclama en public son « Ode al Passannante ». Il fut pour cela arrêté et emprisonné une semaine. Ce poème fut probablement détruit par Pascoli lui-même ; mais dans la tradition orale, il en survit ce fragment cité dans chanson, qui fait référence à la profession de Passannante, lequel fut aide cuisinier dans une taverne de Salerno, travail qu'il perdit quand le patron s'aperçut qu'il soustrayait de la nourriture pour l'offrir aux pauvres affamés :

« « 
Du bonnet d'un cuisinier, nous ferons une bannière »  »

 

 


Samedi 7 janvier à Salvia di Lucania a été endommagée et profanée la tombe de Giovanni Passannante, l'anarchiste qui en 1878 tenta de tuer Umberto I, le « roi bon », comme fut défini par la propagande monarchiste, qui fut parmi les responsables des plus grands massacres de prolétaires italiens à la fin du dix-neuvième siècle.

Passannante alla à la rencontre d'un triste destin : condamné à la prison à vie, à s'abîmer dans une cellule sous le niveau de la mer à Portoferraio. Dans ce trou infernal il passa 10 ans, devenant aveugle et le corps détruit par les plaies dues aux chaînes auxquelles il était constamment lié, avant d'être transféré à l'asile criminel de Montelupo Fiorentino, où il mourut en 1910. 
Mais la vengeance de la maison Savoia ne se limitera pas à frapper les Passannante : toute sa famille fut internée dans l'asile criminel d'Aversa car seul un fou pouvait attenter à la vie du roi et un fou devait avoir nécessairement une famille de fous, coupable de l'avoir engendré. Et les Savoies se vengèrent même sur toue la collectivité où le régicide manqué était né et avait grandi : Salvia. Le nom du pays fut changé en Savoia di Lucania, pour rendre hommage la lignée royale et expier la faute d'avoir donné naissance à un homme qui courageusement tenta de venger les milliers d'ouvriers et de paysans massacrés par l'État italien naissant
Mais 
ce n'est pas tout : en hommage aux théories lombrosiennes, le cadavre de Passannante devint un corps sur lequel le pouvoir de l'État devait exercer son contrôle, sa propre étude et sa proprre vengeance : sa dépouille fut disséquéeson cerveau étudié pour comprendre l'origine de la « folie anarchiste » qui voulait tuer un Père de la Nation. Seulement en 2007, les restes de l'anarchiste de la Basilicate, jusqu'alors conservées à l'institut criminologique de Rome, recevront une sépulture digne à son village d'originegrâce à l'intervention de diversepersonnalités du monde de la culture, parmi laquelle l'acteur Ulderico Pe
Après Passannante viendra Bresci qui en 1900 
mettra fin au règne d'Umberto I, qui entretemps ordonna la lâche répression des mouvements pour le pain à Milan, d'un coup de revolver en plein cœur.
En ce moment, à Savoia di Lucania est organisée une consultation populaire pour revenir à l'ancien nom de Salvia. (http://uenne.indivia.net/n-1-anno-92/viva-passannante)

 

 

 

 

Aujourd'hui, mon cher Lucien l'âne mon ami, comme tu le sais, nous sommes en 2015. Et Salvia est toujours tatouée du nom infâme des Savoies : ces mêmes Savoies qui firent l'Italie par d'immenses massacres, tant au Sud qu'au Nord ; ces mêmes Savoies responsables de la grande misère des paysans, ces mêmes Savoies qui firent pourrir en prison leurs opposants : Passannante, Bresci[[44117]], Gramsci et tant d'autres ; ces mêmes Savoies qui mirent le fascisme au pouvoir ; ces mêmes Savoies chassés après la défaite fasciste pour cause de collaboration ; ces mêmes Savoies qui sont encore aujourd'hui poursuivis pour leurs malversations ; ces mêmes Savoies qui pillèrent – en plus de l'Italie elle-même – l'Éthiopie, par exemple et accessoirement, en massacrèrent les populations.

 

 

Comment ce Conseil communal de Salvia s'entête à garder à leur village le nom d'une bande de criminels ? Il y a quand même des personnes étranges… Comme disait Boris Vian : « Elles ne se rendent pas compte ». Peut-être, mais c'est bien là le problème. Quant à nous, qui savons les détours qu'entraîne la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les maintenir dans un état de soumission, d'imposer leur domination, de protéger leurs privilèges, d'augmenter leurs richesses, de tirer du profit des gens, d'encore et toujours se complaire dans leur médiocrité, nous savons bien que Passannante avait raison et que par ce beau geste, comme nous entendons le faire, il tissait à son tour le linceul de ce vieux monde royaliste, autoritaire, orgueilleux, exploiteur, riche et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 


Il descend l'escalier prêt en finir là,
Il suivait une vie fugitive de l'âme.
Passée peut-être pendant qu'il n'y était pas
Et s'il y était, où était-il lui-même,
Entre le travail et les difficultés ?
Il s'arrêta à l'entrée, pour un instant ébranlé
Du frisson chaud de la cité.
Le ciel hurlait blanc comme ciment
De sa voix de pluie et de vent.

 

Partout volaient des mots, par mille
La famille royale était en visite à la ville.
Naples remplissait ses rues.
Quelle grande belle fête
Quand passait sa majesté !
Il vendit sa veste pour s'acheter
Un couteau, dans son mouchoir rouge le cacher,
Et convaincu que son geste n'était pas fou,
Il attendit son tour, patienta beaucoup.


C'était comme partir, c'était comme tomber
Dans le vide infini
De la fatalité.

Le Roi approchait, un passage s'ouvrit,
En un souffle, Giovanni se dit : 
- Personne ne m'arrêtera -.
Je n'ai pas d'étendard, je n'ai pas de foi,
La peur ne m'étreint pas
Et pour ma main, ceci suffira.
Il monta sur le carrosse, la place disparut,
Les idées, les gens, la mer disparut,
Le temps s'enfonçait dans l'instant
Et partait la main de Passannante.

 


On redira dans l'histoire :
Du bonnet du cuisinier
Nous ferons un étendard. 

GIOVANNI PASSANNANTE
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 11:19

STEFAN ZWEIG

 

Version française – STEFAN ZWEIG – Marco Valdo M.I. – 2015

 

Chanson italienne – Stefan Zweig – Paolo Benvegnù – 2014

 

 

 

 

Moi toujours distrait et hors du temps,

Je cire mes chaussures et je prépare l'infini :

Cent gouttes dans un verre.

 

 

 

J'ai donné une version française (je me garderais bien, comme tu le sais, de parler de traduction, genre qui relève de techniques et de connaissances qui m'échappent ; ceci pour prévenir le lecteur innocent de ce qu'il peut allègrement dire tout ce qui lui passerait par la tête comme critiques et chicaner sur une chose ou l'autre – voilà pour la version française) de cette chanson italienne intitulée Stefan Zweig, qui eut la chance de naître « Viennois » aux moments où Vienne avait encore en ses murs la plus belle collection d'écrivains, de poètes, de penseurs, de philosophes, de musiciens, d’artistes et de médecins. Le revers de l'Histoire fut aussi que ce fut le moment où l'Autriche entrait en déliquescence et donnait le jour à un tambour de fer blanc qui allait trublionner le monde, chasser le Juif comme d'autres chassent le vivant et détruisent la vie elle-même. Le péril fut conjuré, le dément et ses hordes anéantis (provisoirement ?). Entretemps, Stefan Zweig s'était suicidé.

 

 

Il me semble qu'il ne fut pas le seul à fermer les yeux de dégoût…

 

 

En effet, de mémoire et sans trop chercher, parmi ceux-là qui – dernier geste – se sont immolés, épuisés après avoir longtemps fait face au tsunami d'imbécillité qu'est le nazisme, je peux te citer : Ernst Toller, Kurt Tucholsky, Klaus Mann, Joseph Roth… Une autre façon de contrer la Bête. D'ailleurs, ils sont toujours là comme dans l'Ode à Kesselring :

 

«  à nos postes
morts et vivants avec le même engagement
peuple serré autour du monument
qui s'appelle
aujourd'hui et pour toujours
RÉSISTANCE. »

 

 

Quant à nous, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne en relevant sa crinière, reprenons notre part de cette tâche prophylactique et tissons le linceul de ce vieux monde encombré de guerres, malade, raciste, nationaliste, fanatique et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 


Poursuivis des éclairs,
Sacrifiés à la mer,
Nous aurons des mains blanches pour sentir le Soleil.
Poursuivis des éclairs,
Sacrifiés à la mer,
Nous aurons des mains blanches pour sentir le Soleil.
Parfaits et clairs,
Comme les pas dans la neige
Et les crépuscules d'hier
Dans les récits à sonnailles.

 

Mais moi moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.
Et moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.

 

L'âme de la Tempête,
La danse d'un éventail,
C'est tout ce qui reste.

 

Je juge sans savoir,
Ce qui fut de moi,
De mes courses légères sur les collines ensoleillées
À la recherche perdue de mon sang imprécis,
De l'impossible amour entre sentiment et instant.

 

Mais moi moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.
Et moi, où ai-je été ?
Qu'il me semble n'avoir jamais vécu.

Pourtant, sortent les perce-neige
Et ils courent les autoroutes,
Sans même se dire adieu.


Comme je voudrais me tromper encore
Et avoir soif.
Comme je voudrais me tromper encore.


Moi toujours distrait et hors du temps,
Je cire mes chaussures et je prépare l'infini :
Cent gouttes dans un verre.

 

 
STEFAN ZWEIG
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