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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:13

LA VESTE DU VIOLONISTE

 

 

Chanson italienne - Il vestito del violinista – Francesco De Gregori – 2005

Version française – La veste du violoniste – Marco Valdo M.I. - 2008

 

 

Mélodie quasi populaire, arrangement rock acerbe. Le ton avec lequel De Gregori chante – et ses mots semblent venir de très loin – est neutre tout comme la souffrance des victimes de violence. Dans ce récit, il compare toue l'angoisse de l'époque contemporaine; l'image d'une veste qui vole sans son maître me rappelle le manteau rouge de la gamine dans « La Liste de Schindler », d'abord vu sur son dos et ensuite seul ; la seule colorée sur la pellicule en noir et blanc. Revient « la redondance des cloches » comme le son des cloches de la chanson homonyme, vu comme le souvenir des temps meilleurs et attente comme espoir des temps meilleurs ( dans lesquels on verra « des menuisiers et des philosophes fabriquer le futur. »).

Car ces temps sombres devront bien finir.

 

(Antonio Piccolo)

 


C'était la veste du violoniste que nous voyions flotter dans le vent

le jour où la guerre passa sur les ruines de la Cathédrale

Derrière les ombres et la poussière jusqu'au moment du sommeil et de la faim

jusqu'à l'Hôtel des Pauvres sur l'asphalte et le goudron.


Le vent l'agitait ainsi comme on agite un drapeau

comme un ange au milieu du ciel comme un flambeau dans le soir

Et on voyait de nos yeux à la fin de la prière

fusiller les blessés sur le portail de la prison.

C'était l'unique son et à ce son, nous marchions

dans l'eau noire des rizières et au milieu des champs sans blé

où la veste du violoniste était assise et attendait

que reviennent les prisonniers comme les vagues de la mer

Mais ensuite, l'armée s'avança et nous criâmes : « Assassins !

Arrêtez-vous ! Ne voyez-vous pas ! Nous sommes des enfants ! »

Jusqu'à ce que tout devint rouge et qu'on ne put plus regarder

Tout devenu rouge et on ne doit pas regarder.

Il n'y avait pas de voie pour avancer et il n'y avait pas de voie pour retourner

Il n'y avait pas de route ni de direction à reprendre

Seule la veste du violoniste comme une tache plus obscure

Comme un fantôme dans la forêt au dedans de notre peur.

Et à l'improviste tout s'arrêta dans l'immanence de l'orage

Quand l'éphémère devînt éternel comme une statue de sel

Quand la veste du violoniste fut ensevelie dans le ciel

comme une image, comme une peinture, comme quelque chose qui ne serait pas vrai

Ainsi nous entendîmes dans l'air forte la redondance des cloches

comme un souvenir qui ferait pleurer, comme l'odeur du pain,

Comme de voir pointer le soleil de l'autre côté du mur

et des menuisiers et des philosophes fabriquer le futur.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:09

Auschwitz

 

Version française – Auschwitz – Marco Valdo M.I. - 2008

Chanson italienne - Francesco Guccini – Auschwitz – 1964

 

 

 

Je suis mort avec cent autres

Je suis mort quand j'étais enfant

Passé par la cheminée

Et à présent, je flotte dans le vent

Et à présent, je flotte dans le vent


Il neigeait à Auschwitz

La fumée montait lentement

Dans ce froid jour d'hiver

Et à présent, je flotte dans le vent

Et à présent, je flotte dans le vent

 

Tant de monde à Auschwitz

Mais un seul grand silence

C'est étrange, mais je n'arrive pas encore

À sourire ici dans le vent

À sourire ici dans le vent


Je demande comment un homme peut

Assassiner son frère

Et pourtant nous sommes des millions

En poudre ici dans le vent

En poudre ici dans le vent.

Le canon tonne encore

La bête humaine n'a pas encore

son content de sang

Et le vent nous emporte encore

Et le vent nous emporte encore

Je demande quand le temps viendra

où l'homme apprendra

À vivre sans assassiner

Et où le vent nous posera

Et où le vent nous posera

Je demande quand le temps viendra

où l'homme apprendra

À vivre sans assassiner

Et où le vent nous posera

Et où le vent nous posera.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:48


Le vagabond fatigué.


Chanson italienne – Il Vagabondo stanco – Modena City Ramblers

Version française – Le Vagabond fatigué – Marco Valdo M.I. – 2008


Ils m'ont pris et utilisé et raillé et malmené

Ils m'ont mis en vitrine et mis en morceaux

Ils m'ont offensé et insulté et appelé traître

Et volé mes rêves et mes certitudes.

Ils m'ont fait racoler et psychanalyser.

Ils m'ont enfermé dans des boîtes de verre.

Ils m'ont fait attendre et sourire et acheter

Et expédié avec un coup de pied au cul.


Écoute-moi, mère

Pardonne-moi, mère.

J'ai lutté, j'ai juré et j'ai pleuré

Mais au fond, ce n'est rien

C'est la vie,

C'est seulement la vie.

J'ai écouté des montagnes d'opinions stupides

Et des milliards d' horribles chansons.

Les mêmes promesses et les mêmes paroles

Mêmes places, mêmes manifestations.

Ils m'ont donné des conseils et des claques sur les épaules

Interpellé pour des œuvres de bienfaisance.

Ils m'ont pris à l'écart et tiré au milieu

Et accroché des drapeaux sur mon dos.

Écoute-moi, mère

Pardonne-moi, mère.

J'ai lutté, j'ai juré et j'ai pleuré

Mais au fond, ce n'est rien

C'est la vie,

C'est seulement la vie.

J'ai perdu drapeaux et postes de travail

J'ai perdu des quantités d'occasions

J'ai perdu des batailles et des camarades de voyage

En plus d'une centaine d'élections.

J'ai trop de blessures et mes jambes sont fatiguées.

J'ai les boules pleines et les pieds fumants

Mais c'est un jeu et une roue qui repart

Et un vagabond sait qu'il doit aller de l'avant.

Écoute-moi, mère

Pardonne-moi, mère.

J'ai lutté, j'ai juré et j'ai pleuré

Mais au fond, ce n'est rien

C'est la vie,

C'est seulement la vie.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:43

L'Homme qui ne Dort Jamais



L'Homme qui ne Dort Jamais

Sent les projectiles errants

dépeigner ses cheveux

Et vraiment cela lui déplaît.



L'Homme qui ne Dort Jamais

est en contact permanent

avec l'Europe et le Moyen-Orient

Et il est vraiment inquiet.



« Ça tourne mal là dehors, j'en sens l'odeur

Une alarme du cœur... Dites-moi, vous,

Comment dormez-vous ? »



L'Homme qui ne Dort Jamais

Perçoit le moindre signal

Il ressent comme la sienne

La douleur d'où qu'elle vienne.



L'Homme qui ne Dort Jamais

Est inquiet tout le temps

Pour le destin de gens

qu'il ne connaîtra jamais.



« Il y a de la haine là dehors ! Je ne peux l'éviter

La défaite du cœur ... Dites-moi vous

Comment dormez-vous ? »



L'Homme qui ne Dort Jamais

Voudrait lire dans son journal

que la folie est en phase terminale

mais cela n'est jamais écrit.



L'Homme qui ne Dort Jamais

est seulement un ange ignoré

ou peut-être un prix immérité

que nous n'aurons jamais.



« Il y a une voie meilleure, mais je ne saurais l'indiquer

La défaite du cœur...

Dites-moi vous

Comment dormez-vous ? »





Chanson italienne – L'Uomo che non dorme mai – I Mercanti di Liquore – 2005

Version française - L'Homme qui ne Dort Jamais – Marco Valdo M.I. – 2008

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:38

La guerre de Piero




Tu dors sous un champ de blé

Ni la rose ni la tulipe

ne te veillent à l'ombre des fossés

mais mille rouges coquelicots.


Au long des rives de mon torrent

Je veux que descendent les brochets argentés,

plus les cadavres des soldats, portés

à bras par le courant.

Tu devisais ainsi et c'était l'hiver

et comme les autres vers l'enfer

tu t'en vas triste de cette obligation

Le vent te crache la neige au front

Arrête Piero, arrête-toi tout de suite

Laisse le vent te dépasser

Il t'apporte l'avis des morts à la bataille :

« Qui donne sa vie, a en échange une croix »

Mais tu ne l'entendis pas et le vent passait

avec les saisons sur un air de java

et tu franchis la frontière

un beau jour de printemps


et tandis que tu marchais l'âme voilée

tu vis au fond de la vallée

un homme de la même humeur

mais l'uniforme d'une autre couleur.

Tire dessus Piero, tire encore

et après un coup tire encore

Jusqu'à ce que tu le voies exsangue

tomber à terre pour couvrir son sang


Si je le touche au front ou au cœur

Il aura seulement le temps de mourir

mais il me restera le temps de découvrir

de découvrir les yeux d'un homme qui meurt.

et tandis que tu lui fais cette fleur

il se retourne, il te voit et il a peur,

il empoigne son artillerie

et il ne te rend pas ta courtoisie.


Tu tombes à terre sans un mot

et tu t'aperçois en un instant

que tu n'auras pas eu le temps

de demander pardon pour tous tes péchés.



Tu tombes à terre sans un mot

et tu t'aperçois en un instant

que ta vie finit ce jour

et qu'il n'y aura pas de retour.

Pour crever en mai, ma Ninette

Il faut trop de courage, ma belle Ninette

Pour aller tout droit en enfer

j'aurais préféré l' hiver.


Et tandis que le grain se donnait à sentir

Dans tes mains, tu serrais un fusil

Dans ta bouche, tu serrais tes mots

Trop glacés pour se fondre au soleil


Tu dors sous un champ de blé

Ni la rose ni la tulipe

ne te veillent à l'ombre des fossés

mais mille rouges coquelicots.

Fabrizio De Andrè – La guerra di Piero - 1966

Version française : La guerre de Piero – Marco Valdo M.I.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:22

LA BALLADE DES PENDUS

 

Version française –  LA BALADE DES PENDUS - Marco Valdo M.I. – 2008.

Chanson italienne – Ballata dei impiccati – Fabrizio De André et Giuseppe Bentivoglio – 1968

 

 

 

Civils pendus par les Allemands et les fascistes en représailles. Figline Valdarno (Florence), 6 septembre 1944. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un discours suspendu

 

par Riccardo Venturi

 

Figline Valdarno (Florence), 6 septembre 1944. Civils pendus par les Allemands et les fascistes en représailles.

 

Ce site s'occupe, par définition, de la violence du pouvoir et de la confusion, de la dévastation qu'elle entraîne. Le même mot « guerre », « guerra » en italien, « war » en anglais, [« werra » (en francique)] nous reporte à ceci : elle est l'ancienne racine germanique, tant en italien qu'en anglais, de la confusion, en allemand « Verwirrung ». La confusion, donc, comme élément nécessaire pour que le pouvoir puisse exercer sa violence. Laquelle s'exprime, et il ne pourrait en être autrement, aussi au travers de la peine de mort. La peine capitale, c'est-à-dire primaire, sans retour. Les guerres ne sont rien d'autre que de gigantesques exécutions de masse, de soldats, de civils, de choses, de peuples et de paysages.

 

On a donc voulu, dans le cadre du nouveau parcours sur la peine de mort, insérer cette chanson de Fabrizio De André. Cette terrible chanson de ce terrible album qu'est Nous mourûmes tous à grand peine. Une chanson qui a des racines très anciennes, car le pendu a, de toujours, quasiment la fonction de condamné à mort « exemplaire », soit en raison de la honte particulière attachée à ce type d'exécution (à l'intérieur-même des condamnations à mort, il y a aussi l'extrême perversion des condamnation « nobles » et des « ignominieuses »), soit en raison des connotations rituelles et magiques qu'elle a assumées depuis les époques révolues. Ce n'est pas par hasard que le Pendu est une carte du tarot. L'afflux de sang soudain et forcé provoque chez l'homme pendu une érection et les femmes sous le gibet touchent le corps du mort pour assurer fécondité et virilité à leur compagnon. L'urine du pendu (une autre réaction physique usuelle) est recueillie et fait l'objet de rituels magiques. Et les pendus deviennent des figures symboliques, des personnages littéraires, des simulacres édifiants. L'arbre des pendus est une des images qui se transmet depuis la nuit des temps, une image en même temps symbolique et bien réelle (voir, par exemple, Strange Fruit).

 

En particulier, cette chanson de De André provient directement, même s'il n'en reprend pas le texte, de la Ballade des Pendus de François Villon, le grand poète maudit du Moyen-Âge, qui avait vu mourir sur le gibet ses amis. Une poésie qui fut par la suite mise en musique par Louis Bessières et interprétée par Serge Reggiani ; mais les influences villoniennes sont décisives aussi sur Brassens, auteur à son tour de diverses chansons où sont présents les pendus, parmi toutes La messe au pendu.[on ajoutera le merveilleux Verger du Roi Louis]. Mais dans sa chanson, Fabrizio De André va bien au delà. La tradition des pendus veut que ceux-ci, comme du reste beaucoup d'autres condamnés à mort, racontent leur triste vie et les motifs qui les ont conduits au gibet, en cueillant cette dernière occasion de demander pardon à Dieu et aux hommes ("mais priez Dieu que tous nous vueylle absouldre"). De André nous présente des pendus qui ne demandent aucun pardon.

 

Il nous présente des pendus remplis de fureur et de rancœur. Il nous présente un blasphème, pas une prière. Il nous présente une phrase qui devrait être rappelée à tous les gens qui, dans le monde, encore aujourd'hui, prononcent une condamnation à mort :

Avant même qu'elle fût finie

nous rappelâmes à ceux qui vivent encor

que le prix payé fut notre vie

pour un mal fait en une heure.

On pourrait aller plus loin et rappeler à ceux qui vivent encor, que volontiers et souvent la vie est le prix à payer pour n'avoir rien fait de mal, ni même une heure, ni même une minute. C'est même le prix réservé à celui qui s'est refusé à faire le mal, vu que la pendaison est une des pratiques les plus répandues pour l'exécution des déserteurs. À celui qui donc se refuse à tuer, est réservée la peine ignominieuse. La même appliquée à celui qui combat pour la liberté contre un oppresseur; la photographie ci-dessus n'est qu'une des milliers de preuves à cet égard.

 

Les pendus de cette chanson sont des hommes jusqu'au bout. Ils ne se prêtent pas à la peur du « divin », même pas au dernier moment. Ils souhaitent unanimement que celui qui les a fait finir de cette façon ait à subir le même destin. [Comme disait Brassens : « Gare au Gorille !!!! »; De André aussi du reste, qui le traduisit... NDT]. Ils en viennent à souhaiter du mal aux croque-morts qui les a enterrés comme si de rien n'était, par profession. Rien n'est plus loin de Brassens et de son humaine compassion pour le « Fossoyeur ». Celle-ci est chanson de rancœur. La rancœur de celui qui se voit arracher la vie par un pouvoir qui a décidé sa mort, peut-être même le même pouvoir qui bredouille de quelque chaire d'église que seul Dieu a le pouvoir de donner et de retirer la vie, mais qui, ensuite, sur terre, agit tout autrement.

 

C'est un discours suspendu. La douleur ne génère pas ici de la résignation, mais de la rage. La Ballade des Pendus de De André est, dans ce sens, encore une chanson politique. De ces corps qui lancent des coups de pieds au vent, on promet que l'histoire ne se termine pas ici. Elle continue, et continuera pour toujours, en criant contre.

 

 

 

 

Nous mourûmes tous à grand peine

Engloutissant notre ultime cri.

Balançant des coups de pieds au vent,

Nous vîmes s'estomper la lumière.

Notre hurlement emporta le soleil

Notre air se raréfia.

Des cristaux de mots dirent

Notre ultime blasphème.

 

Avant même qu'elle fût finie

Nous rappelâmes à ceux qui vivent encor

Que le prix payé fut notre vie

Pour un mal fait en une heure.

 

Puis nous balançâmes dans le gel

D'une mort sans abandon

En récitant l'antique credo

De ceux qui meurent sans pardon.

Que celui qui se moqua de notre détresse

De notre honte extrême et de notre façon

de suffoquer, connaisse

Le nœud du même étranglement.

 

Que celui qui répandit la terre sur nos os

Et reprit tranquillement son chemin

Parvienne lui aussi bouleversé à la fosse

Dans le brouillard du petit matin.

 

Que la femme qui cacha par un sourire

Le désagrément de se souvenir de nous,

Découvre chaque nuit sur son visage

Une insulte du temps et une scorie.

Nous cultivons pour tous une rancœur

Qui a l'odeur du sang perdu.

Ce qu'alors, nous appelions douleur

Est seulement un discours suspendu.

 
 

 

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 16:08

LA BALANÇOIRE



Chanson italienne – L'altalena – Radici nel cemento – 2008

Version française – La balançoire – Marco Valdo M.I. – 2008


Rien ne dure dans l'éternité

ni la joie ni l'amour

ni une vie d'enfer

ni la rage ni la douleur.

Souviens-t'-en quand tu montes, la vie est une balançoire
Souviens-t'-en quand tu descends, la vie est une balançoire
quand tu gagnes, quand tu perds, la vie est une balançoire

et le jeu dure tant que la chaîne tient.

Chaque jour la roue tourne

chaque jour peut changer ta vie

à chaque instant et à chaque moment

le vent peut changer de direction à l'improviste.

La vie est une balançoire

Il n'y a pas d'échappatoire,

pas d'issue de secours,

il faut prendre la vie comme elle vient

vécue, jour après jour,

à chaque instant, à prendre comme elle vient.

C'est justement quand tu es convaincu que

tout est en ordre et qu'il n'y a pas de problème

À ce moment, garde-toi bien

tout peux changer autour de toi.

Rien ne dure dans l'éternité

ni l'argent ni la carrière

ni l'hiver le plus rude

ni l'infortune ni la misère.

Souviens-t'-en quand tu montes, la vie est une balançoire
Souviens-t'-en quand tu descends, la vie est une balançoire
quand tu gagnes, quand tu perds, la vie est une balançoire

et le jeu dure tant que la chaîne tient.

C'est justement quand tu es proprement convaincu

Que tout est perdu à jamais et qu'il n'y a pas d'espoir.

À ce moment, lève-toi car

il ne tient qu'à toi de repartir.

La vie est une balançoire
La vie est une balançoire
La vie est une balançoire

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 15:53

BOUCHE DE ROSE

Version française – BOUCHE DE ROSE – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Bocca di Rosa – Fabrizio De André – 1967

 

 

 

Une remarque d'abord avant d'aller plus loin. Donc, une remarque préliminaire. Je n'ai jamais compris pourquoi les CCG n'ont pas mis Bocca di Rosa parmi les Chansons contre la Guerre, alors qu'il existe par exemple, un « parcours » de la « guerre contre les femmes ». Je dis cela, car j'avais envoyé une traduction de Bocca di Rosa – Bouche de Rose, il y a bien longtemps. Je pense même que c'était la première ou une des premières que j'avais faite. Était-elle si mauvaise ? Je ne sais. D'ailleurs, je la représente aujourd'hui « telle quelle ». J'ai tout juste un peu plus nourri notre conversation.

Je le fais car notre bon Ventu vient d'insérer tout un texte de sa main à propos de Bocca di Rosa

dans les commentaires à une chanson de Brassens [http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=43084#agg123852].

 

Cela dit... Je tiens personnellement Bocca di Rosa pour une des plus belles chansons de Fabrizio De André et aussi, comme l'illustration de sa complicité avec Georges Brassens. Tout comme la Chanson de Marinelle – Canzone di Marinella.

Et je ne comprends pas pourquoi elles sont ainsi ostracisées, renvoyées dans les commentaires à une chanson de tonton Georges qui est tout aussi indirectement qu'elles, une chanson contre la guerre. Il me paraît de toute justice et de toute équité de les replacer comme chansons – canzoni à part entière dans cette formidable chantothèque...

 

Et puis, ce portrait d'une femme libre et légère, libertine (Ah ! Voltaire, Ah ! Diderot!) est un fameux pied de nez à toutes les bien-pensantes, à toutes les mégères, Mysogynie à part [http://lymoc.pagesperso-orange.fr/paroles/map_p.html] à toutes les emmerdeuses et aux emmerderesses itou. Cela dit, je ne leur fais pas la guerre à celles-là, je me contente de les écarter, de les ignorer et tout comme toi, de poursuivre mon chemin. Sauf bien évidemment, si comme pour Margoton, elles s'en prennent à mon chat – là, je leur enverrai mon fantôme pour les persécuter dans toute l'éternité.

 

J'insère donc ici la traduction du texte de Riccardo Venturi : BOCCA DI ROSA
di
Riccardo Venturi(2001)

 

BOUCHE DE ROSE

Riccardo Venturi(2001)

(traduit de l'italien : Bocca di Rosa – Riccardo Venturi 2001 – dans [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=43084#agg123852]]

Peut-être, peut-être celle-ci serait la « bonne page» pour mettre cette vieille histoire, écrite en son temps pour une mailing list. Une « Bocca di Rosa » légèrement adaptée aux «temps nouveaux  », mais il y a quand même un peu de « Marinella », surtout à la fin. Je me rappelle qu'à l'époque, quelqu'un l'avait prise pour une vraie nouvelle ; on voit qu'elle était entièrement plausible. Mala tempora currunt. La « Gazette du Levant » et plus exactement, La Gazette du Levant n'existe pas ; ou mieux, elle existe partout. (rv)

 

Ils l'appelaient Bouche de Rose, qui était – ainsi dit la « La Gazette du Levant » la traduction exacte de son nom en langue yoruba ; Okôbwa Gblé. Débarquée clandestinement sur quelque improbable côte italienne, sortie de quelque camion roumain ou ukrainien, arrivée en avion du Nigeria avec quatre autres filles de même pas vingt ans, avec les billets payés par l'habituel « on ne sait pas qui ».

 

Que leurs avaient-ils dit ? Il suffit de dire peu à une fille qui vit dans une baraque de la périphérie de Lagos ; il suffit une promesse vague, un travail, quelque chose à gagner pour une mère et six frères et sœurs, dont quatre malades du SIDA. Une très belle fille, de celles qui font tourner la tête ; violée à onze ans et demi par un oncle petit « ras » (chef) du bidonville. Il n'y a pas pas de quoi s'étonner ; ça se passe aussi chez nous.

 

Et le travail, elle l'a trouvé, Bouche de Rose; accueillie un métis de ses compatriotes et d'« italiens », elle a été affectée à sa zone. Elle lui plaisait même relativement bien : un quartier de l'extrême périphérie du levant génois, de Sant'Ilario, qui un temps était un village et maintenant se confond avec les autres quartiers peuplés d'autoroutes au cinquième étage des maisons, de viaducs et d'anciens clochers coloriés qui paraissent vraiment des diamants dans le fumier.

 

Sur la nouvelle allée d'accès au quartier, obtenu après tant d'années grâce à la bataille de l'habituel comité civique (présidé par le notaire, chevalier. Tiberio Deogratias, et du principal du collège local - je ne se rappelle pas de son nom, mais qui était connu, assez curieusement, comme « Moustache de Suif »), la fille nigériane Okôbwa Gblé – les accents ne sont pas mis là par hasard ; ils indiquent des « tons » précis de sa langue compliquée - semble avoir obtenu immédiatement un grand « succès ». Ensemble à d'autres compagnes de routes - albanaises, roumaines, sénégalaises – elle arrivait lorsque, d'été, il faisait encore jour. Un travail comme un autre, se disait-elle. Mieux que mourir de faim à la maison. Mieux que mourir du SIDA. Ici, tout au moins, tous sont bien propres et mettent le préservatif. Le « Mal d'Afrique » les blancs l'ont inventé, non ?

 

La « Gazette du Levant», comme tous les journaux locaux de ce monde, accorde beaucoup d'importance aux « faits divers» ; on ne sait peut-être pas ceux qui sont authentiques et ceux inventés de toutes pièces, mais il faut faire bouillir la soupe, et faut aussi survivre à la concurrence impitoyable de GQC (Grand Quotidien Citadin, de tendances philogouvernementales indépendamment du Gouvernement). Il semble donc que, pour passer une demie heure avec Bouche de Rose, ils arrivaient même du centre et même de l'extrême ponant. De Voltri et d'Arenzano, en somme ; et, si vous connaissez Gênes, ça fait une belle trotte. Inutile de dire, ensuite, que la population masculine de Sant'Ilario formait souvent, entre onze heures et minuit, un petit engorgement sur le boulevard. Parfois, il y avait la régulière descente de la Police ou des Carabiniers, et puisque la fille était en attente d'un permis de séjour, un commissaire maigre, qui était connu pour séquestrer des valises de pendentifs, avait émises un permis provisoire. Mais Bouche de Rose, ensuite, devait retourner à son boulevard ; ceux de la bande pas étaient tendres avec celle qui traînait.

 

Cette histoire a une allure singulière ; quelqu'un, qui sait, pourrait un jour nous écrire une chanson dessus (même si, franchement, on ne voit pas actuellement qui pourrait). Sant'Ilario, comme nous avons dit (et comme, d'autre part, particulièrement la « Gazette du Levant») est un village pas fort urbanisé ; le résultat est qu'il vit les problèmes de la grande ville et des périphéries dégradées sans avoir perdu les caractères et les défauts du village. Vu que maris, fiancés et amants de vingt à soixante ans démontraient aimer s'entretenir un peu trop avec cette « sale nègre » (ils e faisaient même depuis longtemps avec d'autres, mais on sent bien que Bouche de Rose devait être légèrement plus belle que la moyenne), les commères étaient compréhensiblement et visiblement préoccupées. « Et s'il me revient à la maison avec le SIDA, ce porc ? » « On devrait les rejeter toutes à la mer ! » « Maudites, qu'elles restent chez elles ! » « Mon mari, je ne le touche même plus avec un doigt ! Il est infecté ! » « Mais comment c'est possible que l'État et la Police ne fassent rien ? »

 

Que rapporta la « Gazette du Levant » ; voici un échantillon des phrases plus fréquentes qui s'entendirent à une assemblée publique enflammée convoquée au cinéma « Odéon » (ou « Métropolitan » ? « Gambrinus » ? Bof.). Il fallait faire quelque chose ; en dehors du cinéma, stationnait une petite foule, convoquée par la section de la Ligue d'Action Populaire (un mouvement qui commençait à avoir quelque succès même à niveau national). Il y avait des écriteaux jaunes avec lettres noires (le jaune et noir sont les « couleurs officielles » du mouvement) ; quelqu'un disait « Dehors Bouche de Rose », ou bien « Bocca de Rosa go home » ; quelqu'un plus audacieux que les autres, mais certain d'interpréter correctement les sentiments de la masse, s'était hasardé à écrire « Dehors la sale nègre de Sant'Ilario ».

 

(Bien entendu, diverses personnes qui manifestaient étaient habituellement vues – entre onze heures et minuit sur le boulevard ; mais sur ce détail, la « Gazette du Levant» glisse légèrement).
Comme dans toutes les assemblées du genre, on n'arrivait cependant pas à une conclusion claire. Elle semblait être l'habituelle manifestation de muscles qui se termine en queue de poisson, lorsque, tout à coup, une vieille du quartier prit la parole. Jamais mariée, sans enfant et – de l 'avis unanime, laide comme la faim [laide comme un pou, dit-on usuellement en français], elle parla peu. Il y en avait qui continuaient à invoquer la Police et l'État ; elle, par contre, dit simplement que « nous devons y penser tout seuls, et d'une manière définitive ». On la laissa partir avec des ovations, comme disait Brassens dans le Mécréant.

 

La nuit d'après – et ici la « Gazette du Levant» se fait vague, parce qu'il y a une enquête en cours et le procureur n'admet pas de fuites – il semble qu'une auto avec à bord trois hommes se soit rendue à l'endroit où Bouche de Rose avait coutume stationner en attente des clients. Enlevée avec la promesse d'une substantielle compensation, la fille nigériane Okôbwa Gblé de 19 ans, une clandestine en attente de régulariser son permis de séjour, est emmenée sur un viaduc de l'autre côté de la ville. Peut-être pressentit-elle quelque chose, peut-être non ; à un certain moment, elle sortit un couteau de cuisine. Il y eut, comme on lit toujours dans la gazette, un « bref corps-à-corps » ; et il était forcé qu'il soit bref. Une fille seule contre trois énergumènes. Elle en a même reconnu un ; c'était celui qui demandait toujours un « pissing ».
Ils la prennent de force. Elle est déjà assommée. Il est quatre heures du matin, il n'y a pas une âme alentour. Quatre-vingt mètres de vol; et personne ne l'a vu voler.

 

L'a trouvée, à sept heures et demi du matin, un garçon qui allait à école ; il a tout raconté la police ; mais à la « Gazette du Levant», il ne voulut rien dire. Vous le comprendrez. Avez-vous jamais vu quelqu'un qui est balancé de la moitié ou du tiers de ces (80) mètres ? Moi oui, au moins une dizaine ; et je vous assure que c'est un spectacle auquel on ne s'habitue jamais. Plus on voit la mort, et moins on s'y habitue.

 

Donc, adieu Bouche de Rose. Quelqu'un t'a fait un enterrement de troisième catégorie, sans vierges aux premiers rangs. Tu as fini dans un cimetière quelconque, avec ton nom et ton âge. Pas de photo. La célèbre « pitié anonyme » de temps en temps dépose une fleur sur ta tombe, qui d'ailleurs se fane rapidement. Tu penses quelle affaire : un chanteur d'ici, tant d'années avant, sur un fait du genre, nous avait vraiment écrit une chanson. À propos d'une qui « s'était envolée au ciel sur une étoile ». Malheureusement, ce chanteur est mort, il y a quelques années ; pour toi aucune chanson, aucune étoile. Tu ne t'es pas envolée au ciel, mais seulement d'un viaduc dans une nuit sans lune.

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami toujours très porté sur les choses de l'amour, tu vas aimer cette chanson. C'est une chanson d'amour, c'est évident, mais une chanson qui relate un épisode de guerre, tout aussi clair. Elle s'intitule Bouche de Rose.

 

 

Oh, oh !, dit Lucien l'âne en rougissant du bout des lèvres, voilà qui me paraît passionnant et tout à fait dans mes préoccupations, moi qui, comme tu le sais, suis ensorcelé et ne pourrai retrouver mon apparence originelle que si j'arrive à manger certaine rose... Peut-être, vais-je enfin la rencontrer.... Mais que raconte au juste cette chanson et de qui est-elle ?

 

 

Dans l'ordre : c'est une chanson de Fabrizio De André, grand auteur-compositeur-interprète italien... On lui connaît plus d'une centaine de chansons. Il est aussi connu comme celui qui a fait connaître Georges Brassens au public italien. Cette chanson-ci, Bouche de Rose est d'ailleurs à mon sens une chanson qui irait très bien dans l'univers de Tonton Georges. Une sorte de variante de Margoton, mais en plus explicite cependant. Je suis même à peu près sûr de la filiation : on y retrouve les gendarmes, tous les hommes de la commune, les femmes coalisées, jalouses et rancunières contre la jeune et jolie bergère, qui plaît tant aux hommes. C'est quasiment un archétype. D'ailleurs, va lire À l'Est d'Eden du bon Steinbeck... Dans un certain sens, c'est une critique féroce du groupisme, du panurgisme et du « Il faut être comme tout le monde », qui est le fondement de tout fascisme. Car à quoi crois-tu que sert la mode ? Bien sûr, à développer le chiffre d'affaires de commerçants, mais aussi et je pense même surtout à tenir le troupeau.

 

 

Nous les ânes, on n'est pas trop portés sur le troupeau et moi qui te parle, Marco Valdo M.I. mon ami, moi qui te parle, je serais plutôt partisan de la mauvaise herbe.

 

 

Je sais, je sais, je te connais assez, Lucien l'âne mon ami, pour savoir que tu as – comme moi d'ailleurs et tonton Georges et Fabrizio et Riccardo et Bouche de Rose et des millions d'autres (heureusement !) « mauvaise réputation ».

 

 

Comme aurait dit Michel Simon à propos de sa gueule et il en avait une fameuse et laide avec ça : « Mieux vaut avoir mauvaise réputation que pas de réputation du tout ».

 

Donc, je te disais une histoire de guerre, une dénonciation d'une forme de guerre sournoise que les femmes de bien mènent contre les femmes qui répandent le bien. Une guerre féroce, parfois même carrément atroce dans laquelle on retrouve les pires coups tordus, jusque et y compris le meurtre. La femme libre – tout comme l'homme libre, d'ailleurs – est souvent mise au ban, reléguée en quarantaine, écartée, puis, poursuivie, chassée – c'est le cas de Bouche de Rose ou franchement poussée à la mort, c'est le cas de Clara la pazza, celle qui ne pouvait dire que Houhou ! (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8853&lang=it).

 

Alors, dit Lucien l'âne, il n'y a pas que les hommes à être d'aussi exécrables tueurs...

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

On l'appelait Bouche de Rose

Elle mettait l'amour au dessus de tout

On l'appelait Bouche de rose

Elle mettait l'amour par dessus tout

Dès son arrivée à la gare

Du village de Saint Hilaire

Tous s'aperçurent d'un regard

Qu'elle n'avait rien d'un missionnaire.

 

Y en a qui font l'amour par ennui

Y en a qui en font une profession

Bouche de Rose ni l'un ni l'autre

Elle le faisait par passion


Mais la passion souvent conduit

À satisfaire ses propres envies

Sans chercher si le bien-aimé

A le cœur libre ou est marié

Il fallut que cela un jour advienne

Bouche de Rose s'attira

La colère funeste des chiennes

Auxquelles elle avait piqué leur plat.


Mais les commères du village

Ne brillaient pas par l'initiative

Leurs répliques à cet outrage

Se limitèrent à l'invective.

 

On sait que les gens donnent de bons conseils

Discourant comme Jésus au Temple,

On sait que les gens donnent de bons conseils

Quand ils ne peuvent donner le mauvais exemple.

Ainsi une vieille jamais mariée

Sans enfant et sans désir,

S'efforça avec plaisir,

De donner à toutes le conseil approprié.

S'adressant à ces cornues, elle dit

Sur un ton sans réplique :

« Le vol d'amour doit être puni

par les autorités publiques ».

Elles s'en allèrent trouver le commandant

Et lui dirent sans barguigner :

« Cette salope a déjà plus de clients

Que tout un supermarché »

 

On envoya quatre gendarmes

Avec leur plumet, avec leur plumet,

On envoya quatre gendarmes

Avec leurs armes et leur plumet.

Le cœur tendre n'est pas du métier

Que pratiquent les carabiniers

Mais cette fois au train

Ils l'emmenèrent sans trop d'entrain

 

Cette nouvelle originale

N'eut besoin d'aucun journal.

Comme une flèche décochée,

Partout, elle s'est envolée.

A la gare, tous étaient là

Du commandant au sacristain

A la gare, tous étaient là

Les yeux rouges, le chapeau à la main.


Pour saluer celle qui

Sans aucune prétention,

Pour saluer celle qui

Importa l'amour dans le canton.

Sur le quai, on voyait une pancarte jaune

Avec un écrit au mitant

Qui disait : « Adieu Bouche de Rose

Avec toi, s'en va le printemps ».

Et à l'arrêt suivant, dans la gare

L'attendaient plus de gens qu'à son départ

Celui-ci lançait un baiser, celui-là une fleur

Ce dernier la réservait pour deux heures.


Jusqu'au curé qui ne déteste pas

Entre un miserere et un Ave-maria

La beauté sans concession

Qui la voulut dans sa procession.

 

On promena l'un menant l'autre, dans tout le pays,

Les deux amours : le sacré et le mécréant.

Bouche de Rose en surplis

Et la Vierge au premier rang.

 

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