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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 16:12

HOMME MORT.

Chanson italienne – Uomo morto – Radici nel cemento

Version française – Homme mort – Marco Valdo M.I. – 2008


As-tu jamais rencontré un homme mort

qui te semble quand même vivant

mais qui n'est pas vivant,

en tous points semblable à nous,

il marche, parle, mange, va au bureau, mais

il a des oreilles pour entendre et il ne comprendra jamais

il a des yeux pour voir et il ne les ouvrira jamais

Il a un cœur, un cerveau et il ne s'en sert plus,

car il est mort, mort en dedans : il ne vit plus !

Hypnotisé par un tube cathodique

Rendu inconscient par le tourbillon médiatique

endoctriné par de sagaces et habiles orateurs

Il ne pense plus ! Il ne pense plus !

Confiné dans son rôle depuis la naissance,

éduqué et puis formaté dans son esprit

enchaîné à un anneau du cycle productif

Il n'est plus vivant ! Non, il n'est plus vivant !

Aspiré dans le cercle hédoniste,

Enfermé dans un parc de jeux technologique,

Incité à une consommation paroxystique,

Il ne vit plus ! Non, il ne vit plus !

C'est un homme mort ! Mais il ne s'en est pas aperçu !

Mutilé intérieurement dans sa sensibilité,

rendu complice de crimes contre l'humanité,

amputé de toute forme de solidarité,

Il ne réagit plus ! Il ne réagit plus !

Contraint par l'État et par la loi,

Massifié dans un troupeau comme une brebis ,

Terrorisé par ce qu'il entend et ce qu'il lit.

On ne le distingue plus ! On ne le distingue plus !

Téléguidé comme une petite auto,

tiré par les fils comme une marionnette,

suffoqué par le système qui l'étrangle

Il ne respire plus ! Il ne respire plus !





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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 11:20

LA LOGIQUE DU PROFIT


Chanson italienne – La logica del profitto – Radici nel cemento

Version française – La logique du profit – Marco Valdo M.I. – 2008


Qu'est-ce qui rend esclaves tous les êtres humains ?

Qu'est-ce qui rend ignoble notre civilisation ?

Qui assèche les cœurs et ensuite, lie les mains,

c'est une avidité aveugle !

C'est la logique du profit

qui affame les populations.

À tuer sans pitié,

jusqu'où ira-t-elle

celle qui sème la destruction ?

Qui souffle sur le feu

de la violence ?

Sa guerre est un jeu

et une exigence,

elle fomente la haine entre les nations,

instrumentalise de vieilles vengeances et des religions

C'est la logique du profit

nourrie d'indifférence,

elle moissonne ses victimes.
Nos protestations ne sont pas légitimes

nous ne pourrions vivre sans

Nous sommes tous pris dans son engrenage

Comme les roues d'un parfait mécanisme.

Elle nous enlève l'âme et le courage

Puis elle nous rembourse avec le vide du consommisme.

C'est la logique du profit,

avec ses paladins

vêtus d'arrogance

qui tuent l'espérance

et font pleurer les enfants

et ne laissent pas en paix celui qui lui est opposé.

Comme des rapaces, d'impitoyables inquisiteurs.

Tu es un subversif, un révolutionnaire ?

Persécuté, comme un vil traître.

La logique du profit

Pour qui creuse-t-elle le trou ?

Tu la vois son hypocrisie

Quel sera son prochain coup ?

Elle est folle à lier !

Il n'y a pas de paix sur cette terre,

car elle est vorace et insatiable

Il n'y aura jamais de paix sur cette terre,

Ce sera la guerre... à l'infini !

Avec la logique du profit.


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 16:11

Derrière la ville



Chanson italienne – Dietro la città – Radici nel cemento – 1996

Version française – Derrière la ville – Marco Valdo M.I. – 2008



Je te chante ce reggae de faubourg,

Je te chante mon envie de partir loin

de tant d'emmerdes, de trop de police

À la recherche de mon chemin.

Chanter pour voyager, voyager pour chanter

L'important sera de revenir

parmi mes gens, à qui j'ai un jour promis :

« Je lutterai avec vous et je serai toujours le même ».

Des faubourgs monte une chaude musique

Elle peut faire du bien, elle peut faire du mal.

Du bien à qui l'écoute et comprend son message

Du mal à qui trompe toujours et se croit sage.

Écoute ce reggae de faubourg

Il n'est pas encore temps de fuir

tant d'emmerdes, trop de police

Peut-être est-ce là mon avenir.

Jouer pour voyager, voyager pour jouer.

J'ai tant de choses à raconter

Mais quand je suis loin, j'ai toujours dans la tête

l'orgueil de celui qui lutte, la rage de celui qui reste.

Des faubourgs monte une chaude musique

Elle peut faire du bien, elle peut faire du mal.

Du bien à qui l'écoute et comprend son message

Du mal à qui trompe toujours et défend les privilèges.




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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:54

Francesco Guccini qui enseigna la littérature ou la langue italienne, ne pouvait ignorer La Ballade des Pendus du poète françois François Villon (Paris 1432 - ? 1463), au destin singulier : il a disparu, d'où le point d'interrogation. Peut-être est-il parmi les noyés de Guccini...

Que viennent faire ces histoires de pendus et de noyés dans le site Canzoni contro la Guerra...? Mais la chose est évidente: les pendus et les noyés sont des victimes de la guerre civile menée depuis des millénaires contre les pauvres par les riches et les puissants. Qu'a donc subi un être pour en arriver là ?

Ce sont de drôles de gens, des victimes souvent oubliées, car elles disparaissent dans un anonymat de bon aloi (surtout pas de vagues...) : on tombe dans le fleuve, on se perd en mer, on se pend dans l'escalier – tout le monde n'a pas droit à une mort publique.


Le cas des pendus est un peu particulier : il y a des pendus « ad ignominia », médiatiques à souhait, tels... ils ne méritent pas qu'on les cite. Il y a les pendus modestes qu'on trouve un jour dans le grenier, dans la cave, dans le garage, dans l'usine, dans le bois... On trouve des pendus partout.

Les noyés aussi se divisent : certains sont des noyés de luxe, ceux du Titanic; d'autres sont des noyés poétiques comme Ophélie; la plupart sont des inconnus discrets. Tellement qu'on ne les retrouve même plus...

La Ballade des Noyés.



Chanson italienne – La Ballata degli Annegati – Francesco Guccini – 1967

Version française – La Ballade des Noyés – Mârco Valdo M.I. – 2008


Le fleuve raconte des légendes tandis qu'il file rapide vers la mer.

Les vagues les narrent doucement et les peupliers les écoutent.

Tous ne peuvent pas les entendre; il faut être las du monde,

Se jeter à l'eau et mourir, dormir pour toujours sur le fond.


Écoute !

Dans l'eau à présent, ses paroles sont sincères.

Depuis que tu dors là-dessous, as-tu songé que jamais, jamais il ne t'a laissée.


Il faut venir là le soir avec l'âme oppressée par le chagrin

pour entendre la cantilène légère d'un chant triste et lugubre.

Qui es-tu ? Mon nom était Gianni, je nageais, j'avais vingt ans à peine,

mais ici j'aurai toujours vingt ans. Et toi ? Une crue m'emporta,

plus haut en amont, je ne fus jamais retrouvé. Et toi ? Seul un soir,

pour moi le passé était pesant et l'eau semblait si légère.


Repose.

Oublie ce qui a été, le temps là-dessous s'est arrêté.

Désormais, tu ne peux que dormir et écouter les histoires du fleuve qui va vers la mer.

Le fleuve raconte des histoires tandis qu'il file rapide vers la mer.

Les noyés les écoutent et le vent les fait chanter.

Et le vent les fait chanter, et le vent les fait chanter....

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:39

Le testament du curé Meslier.




Jean Meslier (Mazeny, Champagne 1664 – Étrépigny, Champagne 30 juin 1729), curé d'Étrépigny, en Champagne (commune proche de Charleville-Mézières , où naquit et grandit plus tard un autre imprécateur de haut vol, le dénommé Arthur Rimbaud - actuellement département des Ardennes – 08 – Région Champagne-Ardennes) eut cette idée de publier – en les déposant sous forme de testament – ses pensées et ses colères à titre posthume. Est-ce parce qu'il y travailla jusqu'au bout de sa vie ou en application d'un principe de précaution ? Toujours est-il que ce texte et sa lettre aux paroissiens qui le présente ont surgi à son décès, puis ont disparu et par la suite, ont connu des fortunes diverses avant de pouvoir venir au jour en édition intégrale plus de deux cents ans après ce dépôt, qui pourtant les a sauvés. Dans cette aventure du « Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier », le caviardage de Voltaire fut assurément une vilénie (Meslier à la sauce déiste de Voltaire est à la correction littéraire et intellectuelle, ce que le fast-food est à la cuisine – une trahison !), mais l'arrangement voltairien eût quand même le mérite (involontaire) d'attirer l'attention sur les 3 exemplaires que Jean Meslier avait déposés au greffe. Grâce soit rendue, dès lors, au hollandais Rudolf Charles, éditeur de son état, qui tenta la première intégrale !

Quant à savoir pourquoi Jean Meslier n'a pas publié de son vivant, j'ai ma petite idée à ce sujet . Tout simplement, il faut quand même connaître un peu les Ardennes pour comprendre que un : trouver un éditeur était en soi une odyssée, deux : qu'écrire le « Mémoire » (outre que de tenir sa charge de curé...), était aussi un formidable défi et trois : qu'enfin, en rédiger les copies prenait du temps et était essentiel pour en assurer la postérité... Le reste est sans doute dû à la volonté d'aller le plus loin possible dans la rédaction... Jean Meslier ne s'en cache pas lui qui commença son texte par : « Mes chers amis, puisqu'il ne m'aurait pas été permis... » et dit – en substance ensuite – « Je vous l'aurais bien dit de vive voix, juste avant de mourir, mais je ne suis pas sûr.... (ceci traduit en langage moderne) que j'aurai encore toute ma tête à ce moment... Donc j'ai pris la précaution d'écrire ». En ce temps-là, la mémoire des bûchers de l'Inquisition illuminait encore l'Europe.

Par ailleurs, on n'a pas fini de disserter sur Jean Meslier. Je n'en dirai pas plus ici, sauf à reprendre ce que les paysans de Lucanie disaient au temps de Carlo Levi (1936) : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari » (« Nous nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme »), sauf à reprendre la phrase de Jean Meslier qui excommunie quiconque la prononce ou la reproduit : «Je voudrais, et ce sera le dernier et le plus ardent de mes souhaits, je voudrais que le dernier des rois fût étranglé avec les boyaux du dernier prêtre. »

Puis-je ajouter, dit Marco Valdo M.I., que c'est aussi le mien de souhait – et pas le dernier.

Et, comme disait cet autre mécréant anarchiste de Brassens : « Et tant mieux si c'est un péché, nous irons en enfer ensemble... Il suffit de passer le pont... »


Chanson italienne – Il testamento del parocco Meslier - Anton Virgilio Savona - 1972

Version française – Le testament du curé Meslier – Marco Valdo M.I. - 2008



Vous avez sur le râble le fardeau pesant

Des princes, des prêtres, des tyrans

et des gouvernements;

des nobles, des moines, des chanoinesses et des prélats,

des fripons de garde-sel et de tabac

et des magistrats.

Vous avez sur le râble les puissants et les guerriers,

les ineptes, les inutiles et les rusés,

et les douaniers,

les riches qui volent pour s'engraisser

laissant le peuple entier

entretemps – crever.


Abattez

les riches condottières

et les princes !

Ce sont eux,

pas ceux de l'enfer,

les diables !


Des vermines qui laissent au paysan

seulement la paille du grain

et la lie du vin.

Ils théorisent paix, bonté et fraternité

et puis, ils légalisent les trônes

et l'inégalité.

Ils ont inventé le Dieu des puissants

pour endormir et faire plier

les corps et les esprits.

Ils ont inventé les démons et les enfers

pour faire trembler et taire

les pauvres et les sans-terre.



Abattez

les riches condottières

et les princes !

Ce sont eux,

pas ceux de l'enfer,

les diables !


Ce ne sont pas les démons de la cour inférieure

vos pires ennemis,

après la mort; mais ce sont ces gens qui lèvent les doigts,

anéantissent et font pourrir

votre vie !

Et si vous vous unissiez, vous pourriez les arrêter

en utilisant du boyau de prêtre

pour les pendre;

Ainsi, vous ne seriez plus leurs esclaves

mais enfin, du fruit de votre travail, les maîtres !



Abattez

les riches condottières

et les princes !

Ce sont eux,

pas ceux de l'enfer,

les diables !

 

Notre bon Meslier

 

Pour en revenir à notre bon Meslier, curé de son état, il est proprement indigne de lui imputer la méconnaissance du christianisme, fût-il des origines. Bien au contraire, c'est de le bien connaître qu'il en eut la dégoûtation. Il suffit de lire les écrits de Jean Meslier pour s'en rendre compte de manière tout-à-fait objective. Par ailleurs, il ne pouvait ignorer cela ayant subi le « séminaire » de Châlons, été ordonné prêtre et nommé curé le 7 janvier 1689 curé d'Étrépigny et de But dans les Ardennes .

 

Cela dit, il voyait clair dans le jeu des illusions chrétiennes et plus spécifiquement, catholiques, apostoliques et romaines. Il disait, par exemple : « …vous adorez effectivement des faibles petites images de pâte et de farine, et vous honorez les images de bois et de plâtre, et les images d’Or et d’Argent. Vous vous amusez, Messieurs, à interpréter et à expliquer figurativement, allégoriquement et mystiquement des vaines écritures que vous appelez néanmoins saintes, et divines ; vous leur donnez tel sens que vous voulez ; vous leur faites dire tout ce que vous voulez par le moyen de ces beaux prétendus sens spirituels et allégoriques que vous leur forgez, et que vous affectez de leur donner, afin d’y trouver, et d’y faire trouver des prétendues vérités qui n’y sont point, et qui n’y furent jamais. Vous vous échauffez à discuter de vaines questions de grâce suffisante et efficace. Et en plus, vous vilipendez le pauvre peuple, vous le menacez de l’enfer éternel pour des peccadilles, et vous ne dites rien contre les voleries publiques, ni contre les injustices criantes de ceux qui gouvernent les peuples, qui les pillent, qui les foulent, qui les ruinent, qui les oppriment et qui sont la cause de tous les maux, et de toutes les misères qui les accablent. »

 

J'insiste pour qu'on relise la dernière phrase, dit Lucien l'âne, on dirait qu'elle parle de l'Italie actuelle et de bien d'autres pays.

 

Je la relis, Lucien mon ami : « Et en plus, vous vilipendez le pauvre peuple, vous le menacez de l’enfer éternel pour des peccadilles, et vous ne dites rien contre les voleries publiques, ni contre les injustices criantes de ceux qui gouvernent les peuples, qui les pillent, qui les foulent, qui les ruinent, qui les oppriment et qui sont la cause de tous les maux, et de toutes les misères qui les accablent. »

 

En effet, dit Lucien l'âne en redressant la tête et en lançant d'un coup de cou sec sa crinière en arrière pour dégager ses yeux, que cela plaise ou non aux cagots, Jean Meslier avait une vision du monde assez lucide.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 14:18

Les émigrants partent.

Chanson italienne – Partono gli emigranti – Alfredo Bandelli – 1972

Version française – Les émigrants partent – Marco Valdo M.I. – 2008


La misère qui a poussé au départ des milliers d'Italiens, l'éloignement et sa douleur, tout cela est commun a bien des émigrations. Mais la chanson de Bandelli dit autre chose. Elle met en lumière une particularité politique essentielle de l'émigration italienne vers l'Europe dans les années qui vont d'après 1948 aux années 1960. C'est que l'émigration a été en grande partie forcée pour ceux qui avaient montré un penchant trop vif pour l'égalité et la justice. En fait, dans l'Italie d'après-guerre, quand la Démocratie Chrétienne a entamé la restauration, il ne faisait pas bon d'être un ancien partisan, d'être un militant ouvrier, d'être un tenant du socialisme ou du communisme; pire encore, d'être anarchiste. Les portes se fermaient; le travail – bien que garanti par la Constitution de la République – manquait pour ceux-là, spécialement pour ceux-là. Les patrons et les hommes de pouvoir se passaient le mot. Pas de travail, pas à manger. Ceux-là qui n'avaient plus comme choix que la misère ou l'exil devinrent des émigrants, ces émigrants que chante Bandelli. Et Bandelli a raison de dire que l'exportation de ces hommes, sans égard d'ailleurs à leurs liens sentimentaux, cette déportation était voulue par la bourgeoisie et encadrée par la police.

Par ailleurs, Bandelli a raison encore quand il dit que là-haut, en Europe, tout n'était que peine, tristesse, solitude, manque, pauvreté, violence et racisme. Pour un temps au moins, le Rital était un être de seconde zone, un moins que rien et qui en plus, devait se taire... Même en exil, la police veillait; les relais fonctionnaient, les missions catholiques de l'époque surveillaient et dénonçaient les militants aux autorités.

Il en a fallu du courage pour survivre à ces conditions....

Enfin, sur la question du retour, beaucoup ont longtemps espéré, certains sont rentrés, la plupart ont fait souche où ils avaient abouti, certains sont morts au travail ou comme les mineurs, morts du travail. "Je reviendrai vite, ou je ne reviendrai jamais".




Ne pleure pas la belle si je dois partir

Si je dois rester loin de toi

Ne pleure pas, la belle, ne pleure jamais

Car rapidement, tu verras, je reviendrai vers toi.

Adieu ma terre, adieu ma maison,

Adieu tout ce que je laisse ici;

Ou je reviendrai vite, ou je reviendrai jamais,

J'emporte seulement ton souvenir avec moi.

Les émigrants partent, ils partent pour l'Europe

sous le regard de la police.

Les émigrants partent, ils partent pour l'Europe,

les déportés de la bourgeoisie.

Ne pleure pas la belle, je ne sais combien de temps

je devrai rester à suer ici.

Les nuits sont longues, elles ne passent jamais

et je ne peux jamais t'avoir à moi.

Seuls la peine, la violence et le racisme,

mais cette misère nous donne plus de force;

et la rage grandit, et grandit la volonté,

la volonté d'avoir le monde pour moi.

Les émigrants partent, ils partent pour l'Europe

sous le regard de la police.

Les émigrants partent, ils partent pour l'Europe,

les déportés de la bourgeoisie.

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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 14:05

DU TRAVAIL !

Chanson italienne – Lavoro ! – Radici nel cemento – 1996

Version française – Du travail ! – Marco Valdo M.I. – 2008


Didli didli didli didli dida...aaah!
Didli didli didli didli dida...oooh!
Didli didli didli didli dida...aaah!
Didli didli didli didli dida...oooh!

Mes mains sont capables et expertes, mais voilà

... Il n'y a pas de travail pour moi !

Je me croise les bras, car voilà

... Il n'y a pas de travail pour moi !

Je suis prêt à suer,

... Du travail, il n'y en a pas!

Disposé à l'effort

.. Du travail, il n'y en a pas!

Je voudrais juste travailler

.. Du travail, il n'y en a pas!

Il n'y en a pas, y en a pas, y en a pas !

Alors, je partirai pour une autre ville où peut-être j'en trouverai un...

... travail !

Je fais quelque chose parfois...

... Il n'y a pas de travail, pourquoi ?

Je travaille au noir et je me tire d'embarras

... Il n'y a pas de travail, pour moi !

Mais je ne suis pas bien payé

.. Du travail, il n'y en a pas!

Je ne suis pas assuré

.. Du travail, il n'y en a pas!
Je ne serai jamais pensionné

.. Du travail, il n'y en a pas!

Il n'y en a pas, y en a pas, y en a pas !
Alors, je partirai pour un autre pays où peut-être j'en trouverai un...

... travail !
J'ai appris la langue étrangère, mais voilà...

... Il n'y a pas de travail pour moi !

Je peux aussi travailler le soir

... Il n'y a pas de travail pour moi !

Je suis prêt à ne pas dormir

.. Du travail, il n'y en a pas !

Je suis même disposé à partir

.. Du travail, il n'y en a pas!

Mais je ne veux plus entendre

.. Du travail, il n'y en a pas !

Il n'y en a pas, y en a pas, y en a pas !

Alors, je partirai pour un autre continent où peut-être j'en trouverai un...

... travail !

J'ai cherché n'importe quel emploi mais voilà...

.. Du travail, il n'y en a pas !

Je suis parti, j'ai demandé partout

.. Du travail, il n'y en a pas pour moi !

Je ne sais plus où aller

.. Du travail, il n'y en a pas !

Je ne sais plus quoi faire

.. Du travail, il n'y en a pas!
Je voudrais seulement travailler, mais voilà

.. Du travail, il n'y en a pas !

Il n'y en a pas, y en a pas, y en a pas !

Alors, je partirai pour je ne sais où, mais sûrement je trouverai un...

... travail !


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 12:17

Ritals

Chanson italienne – Ritals – Gianmaria Testa – 2006

Version française – Ritals – Gianmaria Testa - 2008


Ritals est dédiée à Jean-Claude Izzo, qui était ami et admirateur de Testa (plusieurs fois cité dans ses romans). Le père d'Izzo était un Salernitain émigré en France et, comme tant d'autres, il avait dû supporter la façon dont les Français appelaient péjorativement les immigrés italiens : Ritals, justement.


Remarques complémentaires de Marco Valdo M.I.


On ne peut - pour les gens de l'univers de langue française – entendre un titre comme « Ritals », sans voir surgir immédiatement la silhouette et les bacchantes de François Cavanna (évidemment fils d'immigré italien) qui publia en 1978 un livre très largement autobiographique intitulé « Les Ritals ». Pour ceux qui ont une mémoire défraîchie, on rappellera que Cavanna fut à l'origine d'Hara Kiri et de Charlie Hebdo, ce qui suffirait largement à le faire figurer au Panthéon des compagnons, où l'on n'oubliera pas de le mettre près de ces autres descendants d'émigrés ritaux : Georges Brassens, Léo Ferré, Serge Reggiani ...

D'une manière plus générale, Marco Valdo M.I. veut à son tour dédier cette traduction à tous ses « compagni » émigrés-immigrés « da dapperttuto nel mondo » et spécialement, à ceux qui au travers de la FILEF ((Federazione Italiana dei Lavoratori Emigrati e Famiglie) s'efforcent de rester des « Ritals », émigrés parmi les émigrés, malgré un éloignement à durée indéterminée.




Pourtant nous la connaissions nous aussi

L'odeur des cales

L'amertume du départ

Nous le savions nous aussi

Et une langue à désapprendre

Et une autre à apprendre en vitesse

Avant la bicyclette.

Nous le savions nous aussi

Et la buée de notre haleine sur les vitrines

Et la tiédeur du pain

Et la honte du rejet.

Nous le connaissions nous aussi

Ce regard muet

Et nous connaissions la patience

De celui qui ne peut s'arrêter

et la sainte charité

du cadeau sacré

nous le savions nous aussi

La couleur de l'offense

Et un habitat maigre et maigre

Qui ne devient pas un chez soi

Et la buée de notre haleine sur les vitrines

Et la tiédeur du pain

Et la honte du rejet.

Nous le connaissions nous aussi

Ce regard muet

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 12:14

Chassons les vampires des palais du pouvoir

Chassons les infâmes, faisons le voir

Que nous sommes capables de comprendre et de vouloir

Combattre le système et briser les chaînes !!!


Ou alors, il n'y a pas, il n'y a pas d'espoir pour nous...

Ou alors, il n'y a pas, il n'y a pas d'espoir.

Ou alors est-il vrai que la démocratie

Soit seulement un piège à rats ?

Ta vie est seulement à toi, toi, toi

Si ta vie est seulement à toi !


N'accepte jamais les primes et les compromis

N'accepte jamais des crimes commis

Ne pardonne jamais leur infamie

Commence tout de suite à lutter pour une nouvelle société !

Ta vie est seulement à toi, toi, toi

Si ta vie est seulement à toi !


Pour que le pouvoir soit dans tes mains

N'attends pas que vienne demain

Tu peux commencer, commencer à construire

Et avec nous conquérir l'avenir !

Ta vie est seulement à toi, toi, toi

Si ta vie est seulement à toi !


Notre force, c'est notre union

Changeons le monde par notre opinion

C'est la seule, l'unique solution

Conscience politique : la vraie émancipation !

Ta vie est seulement à toi, toi, toi

Si ta vie est seulement à toi !


Chassons les vampires des palais du pouvoir

Chassons les infâmes, faisons le voir

Que nous sommes capables de comprendre et de vouloir

Combattre le système et briser les chaînes !!!



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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:13

LA VESTE DU VIOLONISTE

 

 

Chanson italienne - Il vestito del violinista – Francesco De Gregori – 2005

Version française – La veste du violoniste – Marco Valdo M.I. - 2008

 

 

Mélodie quasi populaire, arrangement rock acerbe. Le ton avec lequel De Gregori chante – et ses mots semblent venir de très loin – est neutre tout comme la souffrance des victimes de violence. Dans ce récit, il compare toue l'angoisse de l'époque contemporaine; l'image d'une veste qui vole sans son maître me rappelle le manteau rouge de la gamine dans « La Liste de Schindler », d'abord vu sur son dos et ensuite seul ; la seule colorée sur la pellicule en noir et blanc. Revient « la redondance des cloches » comme le son des cloches de la chanson homonyme, vu comme le souvenir des temps meilleurs et attente comme espoir des temps meilleurs ( dans lesquels on verra « des menuisiers et des philosophes fabriquer le futur. »).

Car ces temps sombres devront bien finir.

 

(Antonio Piccolo)

 


C'était la veste du violoniste que nous voyions flotter dans le vent

le jour où la guerre passa sur les ruines de la Cathédrale

Derrière les ombres et la poussière jusqu'au moment du sommeil et de la faim

jusqu'à l'Hôtel des Pauvres sur l'asphalte et le goudron.


Le vent l'agitait ainsi comme on agite un drapeau

comme un ange au milieu du ciel comme un flambeau dans le soir

Et on voyait de nos yeux à la fin de la prière

fusiller les blessés sur le portail de la prison.

C'était l'unique son et à ce son, nous marchions

dans l'eau noire des rizières et au milieu des champs sans blé

où la veste du violoniste était assise et attendait

que reviennent les prisonniers comme les vagues de la mer

Mais ensuite, l'armée s'avança et nous criâmes : « Assassins !

Arrêtez-vous ! Ne voyez-vous pas ! Nous sommes des enfants ! »

Jusqu'à ce que tout devint rouge et qu'on ne put plus regarder

Tout devenu rouge et on ne doit pas regarder.

Il n'y avait pas de voie pour avancer et il n'y avait pas de voie pour retourner

Il n'y avait pas de route ni de direction à reprendre

Seule la veste du violoniste comme une tache plus obscure

Comme un fantôme dans la forêt au dedans de notre peur.

Et à l'improviste tout s'arrêta dans l'immanence de l'orage

Quand l'éphémère devînt éternel comme une statue de sel

Quand la veste du violoniste fut ensevelie dans le ciel

comme une image, comme une peinture, comme quelque chose qui ne serait pas vrai

Ainsi nous entendîmes dans l'air forte la redondance des cloches

comme un souvenir qui ferait pleurer, comme l'odeur du pain,

Comme de voir pointer le soleil de l'autre côté du mur

et des menuisiers et des philosophes fabriquer le futur.

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