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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 23:27

LE VENT.




Chanson italienne – Il Vento – Litfiba – 1989
Version française – Le Vent – Marco Valdo M.I. – 2008


“Je suis le vent, je suis libre comme le vent”. Ce vent qui lissait les drapeaux rouges, suggérait alors la liberté à celui qui savait peut-être qu'il ne l'aurait jamais pour de vrai; au moins là, sur cette place. Et alors rappeler ! Ne pas oublier ! “Tiens ma main Tien an men”; mais qui ? Qui doit ramener à la mémoire ces tirs des premiers jours de juin ?
...
Qui ne doit pas perdre le temps dans l'oubli ? C'est peut-être ce gars des chers d'assaut qui retournera l'un ou l'autre jour après sur cette place désormais désolée et s'y reverra en lui-même ? ... Car le char d'assaut ne s'est pas arrêté et il n'a rien épargné....”

Il y a là un vent grand comme le souffle de la poésie.
Je ne sais pas pourquoi cette chanson me fait penser au vol d'Icare que fit Lauro De Bosis le 3 octobre 1931 vers le néant de la liberté après avoir versé 400.000 tracts sur la Rome prisonnière des fascistes. (Marco Valdo M.I.)









Dans mon miroir se trouve mon horizon

En moi se trouve mon horizon

J'ai détruit tout le temps

Car seul, je suis le temps

Sur mes cheveux, ciel bas

L'horizon est en moi

J'ai sculpté sur ma peau

Que celui qui pleure, rira.



Je suis libre, comme le vent je suis libre

Ce monstre a cent yeux

cent yeux comme espions

mais ces bâtards rient

Ils m'ont enlevé les mains, la bouche et les yeux,

mes yeux...mes yeux, mes yeux... mes yeux,

mes yeux...mes yeux, mes yeux...



Je suis le vent, je suis libre

comme le vent,

sans fin ah ah ah

je suis libre, je suis libre



Avec mon cœur sur cette place

Tiens ma main Tien an men

la mort, la porte, la liberté

et la violence perdra

et tout cage tue un homme

mais la rage fait résister

et a sculpté sur la peau

Que celui qui pleure, rira

Je suis le vent; je suis libre

comme le vent, sans fin

Je suis le vent, je suis libre comme le vent,

Je suis libre ah ah ah.



Respecte mon choix

Respecte mon choix

Libre, libre, libre, libre

Libre, libre, libre, libre

Libre, libre, libre, libre

Libre, libre, libre, libre

Je suis libre.








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Marco Valdo M.I. - dans Litfiba
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 19:35

Si j'en crois les diagnostics en cours, elle souffre de cette terrible maladie qui l'a déjà frappée précédemment. Elle a une rechute de berlusconite. Ne ris pas, c'est une maladie mortelle. C'est une variante évoluée de la mussolinite, qui a failli emporter l'Italie pour de bon au siècle dernier. Ce sont les mêmes symptômes. L'Italie se meurt, ses citoyens étouffent de honte; ses autres habitants gonflent d'orgueil et d'arrogance, d'avidité et d'inconscience. L'air commence à leur manquer. Mais voyons, si tu le veux, cette chanson.

 

Oui, oui, mais de qui est-elle ? Quel est son titre ? Qui sont ses interprètes ? Tu ne m'en as rien dit, s'exclame l'âne un peu en désarroi et rarrachant une touffe de chiendent, d'un coup sec.

 

Elle s'intitule tout simplement : « L'Italie »; elle est l'œuvre des Mercanti di Liquore, tu sais ce groupe de Monza dont je t'ai déjà parlé. Elle chante le désespoir d'un amoureux de l'Italie. C'est une belle chanson d'amour, mais elle a un fort parfum, elle est tonique et pleine de vie. Mais elle n'a pas été facile à mettre en scène, à présenter. C'était un morceau en prose auquel j'avais du mal à donner toute sa dimension de canzone en français. Un peu comme tu peux avoir la surprise devant un texte de roman de Saramago où il n'y  a pas de ponctuation... Le texte était beau, mais il y manquait une respiration, un rythme, une scansion. C'est une complication quand tu traduis, car un texte est la musique et le rythme par lui-même. Ce qui fait que ma version est fort différente - en apparence - du texte italien. Quoique... J'ai trouvé - après avoir traduit - une entrevue d'un des membres des Mercanti, Lorenzo Monguzi, qui confirme mon approche, me semble-t-il. Je l'ai placée à la fin de cet article.

 


 

L'ITALIE

Chanson italienne: L'Italia – Mercanti di Liquore – 2005.

Version française : L'Italie – Marco Valdo M.I. – 2008.

Quand je l'ai connue,

l'Italie était déjà une femme

de constitution robuste et saine

et plus que travailler, je dirais

qu'elle se mettait en peine,

puis comme elle était grasse,

madonna elle suait... 



Dans l'étable, deux bêtes

et un chœur de poules à qui couper la tête

pour se donner du bien, pour se faire une fête,

l'Italie s'inventait des histoires fabuleuses,

qui sait comment elle faisait...


Si on l'emmenait faire un tour,

l'Italie maillot rose

montait à l'arrière de la voiture

car elle était respectueuse...

Moitié de siège pour elle

et moitié pour nous autres ses frères,

pas exactement de Mameli1,

mais quand même suffisamment beaux.



Quand elle allait dîner dehors,

elle mangeait tout

ensuite, on pouvait se mirer dans son assiette,

et la panse pleine, d'un coup, elle se levait,

elle faisait une belle révérence,

l'Italie, et puis, elle dansait...

Nous muets et fascinés

par le rythme de ses pas,

elle dansait vraiment bien

comme font souvent les gras.

L'Italie dans ses virevoltes haletait et forçait,

elle semblait tomber mais elle se relevait.

 

Quand je l'ai connue,

nous étions compatriotes,

elle puait la misère

et avait d'étranges manières

avec sa grosse voix forte et son ton rieur,

contente car elle vivait, car elle survivait encore

à guerre, après-guerre, guerre d'après encore,

avec son caractère de putain et ses habits de sœur,

maîtresse en fourberie et un peu girouette,

mais vis-à-vis des autres,

très tendre et très humaine.

Elle avait de beaux gestes et des yeux ardents

un air familier, le sein proéminent,

un corps très maladroit, un peu hors mesure,

tenu tout ensemble par des points de suture,

pourtant elle était belle encore, magnifique et attirante,

une beauté impudique et parfois inconvenante,

portée et disposée aux vices du plaisir,

l'Italie savait encore jouir...

 

Avec les ans,

nous nous sommes perdus de vue,

je lui écrivis nombre de fois,

mais sans réponse.

On me dit qu'elle s'était mise

dans certaines affaires étranges

avec des voleurs et des voyous...

Puis, hier, je l'ai rencontrée

dans un supermarché, l'Italie

avec sa charrette au rayon des surgelés,

tellement maigrie

qu'elle me paraissait être une autre fille,

avec ses pommettes refaites

et sa petite frange courte.

J'aurais voulu lui dire que j'avais la nostalgie

des temps où je jouissais de sa compagnie;

que je la trouvais belle, en somme, séduisante, vraiment

et que même lointain, j'étais pourtant son parent.

 

Elle m'a regardé comme on regarde les enfants,

elle m'a demandé si je savais où étaient les gressins;

me voyant perplexe, elle s'est retournée soudain,

et dans l'instant, mon Italie s'en est allée...

 

Italie, mon ancienne aimée,

tu as perdu ton allégresse

et peut-être ne te souviens-tu plus de l'ancienne courtoisie

et même si je l'admets, j'en suis resté confus,

que diable, au moins tu pouvais saluer !

Pourtant, malgré tout, je t'aime encore,

quelque chose de moi-même t'appartient.

Il te plaît de faire la pécore

et de me faire désespérer,

mais je sais qu'un jour ou l'autre, je te reverrai danser.


la la la la
la la la la
la la la la
la la...

1Fratelli d'Italia ou Hymne Mameli (auteur du texte) est en fait l'hymne national italien.







L'Italie .... C'est l'Italie. Comme je le disais, mon texte m'a été donné par Paolini... Lui, il a un tas de cahiers absolument fascinant pour quelqu'un comme moi. Chez lui, il y a une quantité invraisemblable de cahiers écrits à la main; il n'est pas ami des ordinateurs; au contraire, sans doute, il garde même un peu de mépris car les choses écrites avec l'ordinateur sont toutes égales...Marco, dès le moment qu'il peut écrire, il prend des notes. Un matin que je m'étais à peine levé et que je ne comprenais pas encore grand chose, il a sorti un de ces cahiers et il m'a dit : « Regarde, ceci pourrait être une chanson ». C'était un morceau en prose, il n'y avait pas de métrique, cependant, l'idée m'a plu immédiatement de comparer l'Italie a une femme vue d'abord par les yeux d'un garçon qui en est attiré sexuellement et qui a une imagination tout entièrement tournée autour de cette femme qu'en réalité, il ne connaît pas bien. Il la voit, il l'entrevoit. Puis, avec les années, sa perception change aussi. C'est une très belle façon de raconter l'évolution de l'Italie, toujours dans l'optique de la métaphore dont nous parlions précédemment.

Entrevue avec Lorenzo Monguzi, un des membres des Mercanti di Liquore, publiée par La Brigata Lolli (Bielle).





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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 19:24

L'UNIQUE SURVIVANTE


Chanson italienne : « L'unica superstite » - Modena City Ramblers – 1996

Version française : Marco Valdo M.I. - « L'unique survivante » - 2008



A Bettola, le soir s'apprêtait à tomber et

Liliana était prête pour aller au lit

En raison du couvre-feu, les charrettes et les réfugiés

recommençaient à chercher un abri

On était en 44 sur les monts de Reggio

La nuit de la San Giovanni

La patrouille a découvert trois partisans

Venus pour détruire le pont.


Les partisans ont tué un Allemand, mais l'autre a donné l'alarme

Le Commandant SS a décidé de faire des représailles exemplaires.

La nuit, les soldats armés de mitraillettes sont allés de maison en maison

Ils avaient l'ordre de tuer tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants.


Ils les ont éveillés, rassemblées dans la cuisine, puis ils ont tiré une rafale

Lili est tombée entre pépé et mémé, couverte de leur sang et du sien

Les soldats avaient apporté de l'essence et ils ont incendié les maisons

Mais Lili était vivante, elle a réussi à atteindre la fenêtre et à se laisser tomber


La maison brûlait et elle serait tombée

sur Lili comme un coup de grâce.

Il est très difficile de s'échapper

A onze ans avec la gorge blessée.


Et elle entendait leurs cris mêlés aux tirs

et les bêtes affolées hennir

Et les voix métalliques des officiers

Elle sentait la chaleur du brasier


On l'a trouvée seulement au matin

Blessée mais vivante

Le facteur l'a mise sur sa bicyclette

et l'a portée chez des parents dans la plaine.

Puis Lili a guéri et la guerre a fini

Et les Allemands sont partis

Mais pendant des années, elle a rêvé des tirs

Et sa voix ne sortait pas

À présent, Lili vit sereine et est mémé d'un tas de petits-enfants

Parfois elle s'éveille avec les yeux ouverts dans le noir

Et elle revoit la Bettola en flammes.



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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 19:16

LA BALLADE DE FRANCO SERANTINI



Chanson italienne - La ballata di Franco Serantini – Pino Masi

Version française – La Ballade de Franco Serantini – Marco Valdo M.I. – 2008



Franco Serantini. Anarchico. 1951-1972.

Franco Serantini. Anarchiste. 1951-1972.




C'est l'histoire d'un jeune homme, orphelin, qui s'en fut manifester contre la venue à Pise d'un député fasciste, le dénommé Niccolai. Il a rencontré les “forces de l'ordre”; tabassé, il agonisa en prison deux jours, puis il mourut de ses blessures, sans soins. On voulut cacher l'horreur en l'enterrant en cachette, en cachant son corps dans la terre... Vite, vite... C'était compter sans ses camarades, sans cette solidarité des opprimés... Ils lui firent des funérailles aux poings levés. Le 9 mai 1972. Depuis, la guerre contre les pauvres, contre les libertaires continue... Il s'appelait Franco Serantini. Il était né à Cagliari, il avait vingt ans, il est mort anarchiste.



Il y a une autre chanson pour Franco, elle est de FF Rossi.

Des chansons pour ne jamais oublier. Pour toujours résister dans cette guerre de cent mille ans que les riches et les puissants mènent contre les pauvres.

Ora e sempre : Resistenza !



On était le sept mai, jour des élections

et les premiers résultats parvenaient des prisons

Il y avait un camarade crevé,

il avait vingt ans d'âge.


Deux jours avant seulement Niccolai parlait

Franco était avec ses compagnons, décidés plus que jamais

“ Que le monde tombe sur la ville,

Cet assassin ne parlera pas.”


Ils l'avaient arrêté sur le quai de l'Arno,

les flics de l'État le rouèrent de coups:

“Marmaille rouge, tu dois comprendre

que si tu descends dans la rue, tu peux mourir !”


Et après, dans les mains de Zanca et de Ballardo,

Ils continuent ces chiens, ils continuent à le tabasser:

“Je te l'ai promis il y a six mois”,

lui dit Zanca sans pitié.

Enfermé comme un chien, Franco se trouve mal et meurt.

Mais un seul procureur vient à la prison :

“il demande a Franco : “Pourquoi es-tu ici ?”

“Pour une idée, la liberté”


Puis tout a accéléré d'un coup; mort, il fait peur.

Ils déclenchent l'opération “sépulture rapide”

“C'est seulement un orphelin, fais-le disparaître,

personne ne viendra le réclamer”.


Mais au contraire ça a été mal, porcs, vous vous êtes trompés,

car à son enterrement trois mille poings fermés

martelaient l'engagement, la volonté

que cette lutte continue.


On était le sept mai, jour des élections,

et les premiers résultats arrivaient des prisons

Il y avait un camarade crevé,

Il avait vingt ans.


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Marco Valdo M.I. - dans Piero Nissim
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 22:44

Aux temps où Francesco Guccini écrivit et chanta l'histoire de Fantoni Cesira, c'était en 1973, la télévision était encore un service public et on n'arrivait pas aux sommets de l'État en passant par « là ». Ce qu'on appelle poliment en français, la promotion canapé existait certes, mais elle n'avait pas encore gangrené l'État et la société. On pourra faire remarquer qu'elle était déjà présente dans l'Empire romain; il est des traditions que tout Impero et tout Imperator remet invariablement au goût du jour; on pourrait même penser que c'est un signe qui les distingue entre tous.

Henry VIII changeait de femme et d'Église comme de chemise, Napoléon répudiait Joséphine, Evita succédait à Juan Manuel...


Cependant, Francesco Guccini en rapportant cette historiette de starlette ne se savait pas si prémonitoire; il n'avait pas entièrement perçu toute la portée de cette chanson. Il ne savait pas qu'au pays de l'image reine, le Sourire et les Tettes seraient les nouveaux signes du pouvoir.

Dès lors, Fantoni Cesira est une chanson éminemment politique; politique et critique.


Une petite paraphrase de Marco Valdo M.I., dont il sera le seul responsable, cela s'entend :


La morale de cette histoire du jour d'aujourd'hui est simple comme le pain

Au pays de l'argent, de la télévision et du pouvoir, il suffit d'être un peu putain.


On aurait pu intituler une version « up to date » de cette chanson : « La Fesse, le pouvoir et l'argent ».


Je me demande, dit l'âne, dans quel pays tout cela se passe... On dirait bien qu'il n'y en a pas qu'un...






FANTONI CESIRA



Chanson italienne – Fantoni Cesira – Francesco Guccini - 1973

Version française – Fantoni Cesira – Marco Valdo M.I. – 2008



Elle ... Elle s'appelait Fantoni Cesira, c'était la fille d'un alcoolique

Qui n'avait jamais un sou en poche et avait tout lâché pour le vin.

Travail et maison, fille et femme, qui ne pouvant s'accorder avec la boisson,

Car elle était abstinente, se tira une balle en 1953. Triste destin !


La pauvre jeune fille resta orpheline tandis que son père se saoulait.

Elle trouva du travail dans une usine et parfois au travail, elle rêvait.

Elle rêvait de yachts, de fourrures et d'habits, de villas et de piscines.

Dolce vita, beau monde, au cinéma comme les divas... Elle ne voulait plus d'usine !



Mais ce beau songe serait resté seulement un songe jamais réalisé,

quand au village, le jour de la fête du saint, un grand bal fut organisé.

Il y eut de la musique, des danses, des réjouissances, du spumante et des sons,

Puis à minuit, un jury choisi fit de Cesira Fantoni « miss Tétons ».




On lui ceignit la poitrine et les épaules de nœuds et de rubans de soie

sur lesquels était écrit en lettres d'or « vive les vaches laitières »

On lui offrit trente œillets et pour les voyages, un « nécessaire »

cinq flacons de shampoing et quatre billets de réduction pour le cinéma

Le soir même se présenta à Fantoni Cesira un monsieur assez distingué.

Il dit : « Vous permettez ? Je suis producteur. Votre visage m'attire, veuillez m'excuser...

Si vous le permettez, je vous accompagne; on gagne pas mal à faire du cinéma

mais ce soir-là, ce n'était certes pas au cinéma, que le producteur s'intéressa...


La brave fille consentit à perdre sa chasteté pour faire du cinéma,
mais ne perdit pas pour cela son courage; il lui restait Cinecittà !

Il laissa son fiancé, lâcha son travail, acheta un « topless » pour montrer ses seins,

elle fit placer son père à l'asile et s'en vint à Rome par le premier train.


Cesira fit cent antichambres et visita une dizaine de lits,

Certains soirs, elle fit le trottoir et même, se mit nue dans la Fontaine de Trevi.

Elle eut comme amants trois ou quatre nègres, deux secrétaires et trois cardinaux.

Un député qui la soutenait, lui fit faire un roman-photos.

La brave fille vivait bien, mais désormais elle ressentait l'appel de l'art,

pour avoir seulement un rôle dans un film, elle aurait donné n'importe quoi

Elle a étudié le bel canto, la régie, la diction, la mise en scène, tout le septième art,

Elle a couché avec trois producteurs et joué nue dans un film de Golia.


Elle a trouvé sa voie Fantoni Cesira, elle gagne des millions avec ses seins et son lit;

Elle se fait appeler Cesy Phantoni (avec ph) et veut devenir une « lady ».

Elle s'est rangée et est la maîtresse d'un producteur très influent

Il lui aura un prix « Strega » et avec elle, il produira trois ou quatre films par an.

Il est déjà marié, mais qu'importe ces bêtises quand on a du pognon,

Ils pourront faire des enfants; bientôt, à Mexico, ils se marieront.

La morale de cette histoire du jour d'aujourd'hui est simple comme le pain

pour avoir l'argent, la réputation et la gloire, il suffit d'être un peu putain.








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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 14:38

Jusqu'au milieu du siècle dernier, l'Italie rurale, celle du Sud, le Mezzogiorno, était toujours maintenue sous le régime des grandes propriétés foncières – les latifundia, héritées des usages féodaux et les paysans, pour la plupart, étaient des sans-terre, des braccianti, des journaliers, des somari, ainsi qu'ils se définissaient eux-mêmes en Lucanie « Noi, non siamo cristiani, siamo somari... », disaient-ils à Carlo Levi qui, avec Cristò si è fermato a Eboli (Le Christ s'est arrêté à Eboli), posa avec force cette question de l'abandon de la paysannerie par l'Italie, comprenez par l'État italien... Par parenthèse, le Sud s'étale encore aujourd'hui sur des continents entiers et les histoires comme celle rapportée par la chanson se retrouvent régulièrement un peu partout. La guerre contre la paysannerie pauvre est toujours en cours.

En 1950, sous la pression des revendications paysannes et dans la crainte d'une véritable révolution qui aurait pu amener l'Italie vers le socialisme, la Démocratie Chrétienne mit au jour une loi agraire que les paysans ont cru pouvoir appliquer et ont voulu appliquer à leur manière et selon leur vision du monde. En somme, vouloir appliquer la Loi est – en République – une attitude qu'on dirait aujourd'hui empreinte de la plus aimable citoyenneté; en somme, vouloir appliquer la Loi paraît relever du droit le plus élémentaire.

Mais dans la réalité des faits, il n'en fut rien. Dans les faits, la Loi était très théorique et quand elle fut appliquée, elle le fut sous le contrôle d'experts et par des des experts; pas question que les paysans puissent appliquer la loi eux-mêmes.

Plus grave encore, si on vota la Loi agraire, geste éminemment politique et électoraliste, on ne fit pas grand chose pour l'appliquer et surtout, on n'y mit aucun empressement. De plus, cette Loi visait à constituer une couche de petits propriétaires, garante de la stabilité du régime et barrage efficace contre toute tentative d'économie collective ou coopérative.

Cependant, les paysans sans terre n'étaient pas nécessairement d'humeur à se laisser lanterner de pareille façon et en divers endroits, en Sicile, en Calabre... et en Sardaigne, il y eut des tentatives d'application directe de la Loi par les paysans organisés. Elles furent réprimées de la plus dure des façons : Salvatore Carnevale fut assassiné par les mafieux; en Sardaigne, ce sont les carabiniers que les patrons envoyèrent réprimer les paysans. Il y eut des morts. La chanson « La Terre inculte » raconte un de ces épisodes. Elle est directement inspirée d'une nouvelle éponyme d'Ugo Dessy, qui savait de quoi il parlait, vivant à l'époque parmi les paysans de Sardaigne.

Cette chanson (encore une fois, sans musique, sans musicien... l'auteur n'étant que traducteur, parolier, poète ou aède...) a comme objectif aussi de renvoyer à la nouvelle originelle d'Ugo Dessy qui est bien plus riche et bien plus fournie que la chanson elle-même.



LA TERRE INCULTE



La Loi dit : les terres incultes

les terres vierges de moissons

sont à ceux qui les travaillent.

Mais plus que la Loi, les patrons

commandent aux carabiniers.


Chez Gaetano, tard le soir,

Il y a zio Antoni, l'anarchiste,

aux yeux trop noirs et trop vifs,

Franciscu, qui ne possède rien,

dit Gesù Cristu Aresti...

Et Cruccueu, avec son moignon.

Ils parlent à voix basse

Certains sur les sièges,

D'autres accroupis.


La Loi dit : les terres incultes

les terres vierges de moissons

sont à ceux qui les travaillent.

Mais plus que la Loi, les patrons

commandent aux carabiniers.


Les hommes avec leur houe et leur pelle

Les jeunes avec les pancartes et les drapeaux.

les femmes et les enfants, derrière.

Ils sont partis à l'aube.

Les sillons ouvrent la terre,

à la semence de la main de l'homme.

Une terre vierge à en rêver,

trente hectares de reflets rose bleu.

les filles de leurs mains enterrent les semis


La Loi dit : les terres incultes

les terres vierges de moissons

sont à ceux qui les travaillent.

Mais plus que la Loi, les patrons

commandent aux carabiniers.


Sur trois camions, ils sont arrivés.

Immobiles, rigides, armes pointées.

L'officier s'est avancé :

"Cette terre n'est pas à vous !"

"Nous la travaillons, donc elle est nôtre.

La Loi dit... »

L'officier crie :

"La politique ne m'intéresse pas !"

"Cinq minutes pour dégager !"


La Loi dit : les terres incultes

les terres vierges de moissons

sont à ceux qui les travaillent.

Mais plus que la Loi, les patrons

commandent aux carabiniers.


« Gens qui avez à la place du cœur un uniforme,

retournez-vous en chez vous, en paix ! »

dit le vieux au bâton planté dans la terre.

L'officier a fait signe d'avancer.

Zia Clara est tombée.

Zio Antoni est tombé.

Gésù Cristu Aresti est tombé.

À treize ans, Giorgio est tombé.

Les survivants ont fui en hurlant.


La Loi dit : les terres incultes

les terres vierges de moissons

sont à ceux qui les travaillent.

Mais plus que la Loi, les patrons

commandent aux carabiniers.


Morts, blessés et drapeaux rouges,

Ravalant la peur, les femmes devant

ils retournent. Immédiatement.

On ne laisse pas les morts à terre;

Ni les blessés, seuls, à pleurer,

de rage et de douleur.

On n'abandonne jamais personne,

ni les outils, ni les drapeaux

Jamais rien, même des lambeaux rouges…


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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 14:25

LA MINE EN FLAMMES.

 

Chanson italienne – Miniera – Gianmaria Testa – 2006

Version française – La Mine en flammes – Marco Valdo M.I. – 2008

 

 

 

Alors que dans chaque auberge mexicaine

ils dansent tous au son de l'hawaienne

Un chant vient de loin, si effroyablement triste.

C'est le mineur brun là-bas émigré.

Sa chanson est le chant d'un exilé.

Ciel d'étoiles, ciel couleur de mer

Tu es le même ciel que sur ma terre

Ramène-moi en rêve vers ma patrie

Rapporte-lui un cœur qui meurt de nostalgie


Dans la mine, tout est en flammes

Pleurent enfants, sœurs, mères et femmes

Mais le mineur au visage brun subitement

dit aux sauveteurs, si chacun est chancelant

J'irai seul en bas moi que personne n'attend



et dans la nuit, un cri soulève les cœurs

Mammas, ils sont saufs, ils reviennent, les mineurs

Il manque seulement celui au visage brun

Mais pour le sauver lui, il n'y en a aucun.

Ciel d'étoiles, ciel couleurs de mer

Tu es le même ciel que sur ma terre

Ramène-moi en rêve vers ma patrie

Porte-lui mon cœur qui meurt de nostalgie.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 19:20

À FRANCO

Chanson italienne – A Franco – F.F. Rossi

Version française - À Franco – Marco Valdo M.I. – 2008



Tu avais vingt ans et tu es mort

après une agonie de trois jours

Tu es mort en héros en silence

sans demander l'aide du bourreau.


Victime choisie par le destin

qui t'a voulu symbole de la liberté,

liberté portée par un drapeau

avec le “A” rouge sur le tissu noir.

Tu n'a jamais eu de toit

tu étais un pauvre enfant trouvé.

Ils étaient dix et ils t'ont pris,

ils t'ont massacré le cerveau.


Ils sont déversé sur toi

la peur millénaire

qu'a le pouvoir de voir

la révolte prolétaire.

Si tu es mort sans faute

comme un martyr d'autres temps

Sur ta tombe, nous nous agenouillerons

comme des fidèles dans un sanctuaire.

Ton visage encore à présent

reste gravé dans les têtes

de tout pauvre prolétaire

comme un symbole libertaire.

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Marco Valdo M.I. - dans F.F. Rossi
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 17:35

UNE PETITE HISTOIRE SORDIDE


Chanson italienne – Piccola storia ignobile – Francesco Guccini – 1976

Version française – Petite histoire sordide – Marco Valdo M.I. – 2008




C'est arrivé près de vous, de chez nous, ici, là-bas, ailleurs, avant, maintenant et rares, en effet, sont ceux qui ont assumé leur devoir d'homme, c'est-à-dire ne pas laisser la femme – même la passagère du destin, celle de passage, celle qu'on a croisée un peu par hasard et qu'on a un peu par hasard marquée pour toujours – seule face à la douleur, seule face au remords. Même si dans certains pays, il n'y a plus la honte légale.


Bon sang de bonsoir, elle ne l'a pas fait toute seule et si tu t'es rapproché d'elle – même si tu n'es pas le seul à avoir goûté à ses charmes, à avoir partagé avec elle le plaisir de vie, si elle t'appelle (au secours) et elle t'appelle, sinon tu ne le saurais même pas... Si elle t'appelle, tu dois (impératif moral...), homme, l'accompagner, la secourir, l'aider et partager avec elle et face au monde, la douleur de l'enfantement rompu.

Il y a peut-être de bonnes ou de mauvaises raisons pour rompre le processus de vie, mais voilà, vous l'avez mis en branle ensemble et s'il faut l'arrêter – c'est là une décision intime et singulière – elle ne doit pas être seule face à l'angoisse. Tiens-lui la main, mon frère ! C'est la meilleure chose que tu puisses faire...

Car la comme ailleurs, l'argent ne suffit pas; l'argent ne suffit jamais à faire un homme. Il a « payé », dit la chanson. La belle affaire... Tu rigoles ? Ça change quoi ? Il a payé pour évacuer son angoisse propre, mais l'angoisse de celle qu'il laisse souffrir seule, cette angoisse-là demeure. Si tu as participé à l'action, ta simple dignité d'être humain te commande d'être là, tout entier, et de tenir la main de cette « mater dolorosa ».

Bien sûr, depuis 1974, quand cette chanson fut écrite et courage d'un homme, elle fut chantée, les choses ont évolué dans certains pays et dans le bon sens.

Certains pourtant voudraient enclencher la marche arrière.... Ne l'oublions pas, non plus.

Face à ceux là, comme face à d'autres nostalgiques de la restauration, un seul mot d'ordre : Ora et sempre : Resistenza !








Quelle petite histoire sordide qu'il m'échoit de vous conter

Si commune, si banale

qu'elle ne mérite même pas deux colonnes dans un journal

ou une musique ou des paroles un peu rimées

qu'elle ne mérite même pas l'attention des gens

Tant ils ont de choses plus importantes à faire.

Si tu l'as voulu, cela ne leur importe en rien,

Ils te l'avaient dit que tu finirais mal.


Mais si ton père savait quelle a été ta faute

Il suffoquerait de douleur.

Quelqu'un qui pouvait dire : “Je regarde tout le monde la tête haute”.

Il imagine à peine son déshonneur,

lui qui, quand tu es née, mit de côté cette bouteille

pour l'ouvrir le jour de ton mariage.

Il te voyait diplômée, il était fier de sa fille.

Si seulement il imaginait la honte.

Si seulement il imaginait la honte.

Si seulement il imaginait la honte.

Et penser à ce qu'il a fait pour ton éducation

De bonnes écoles, et peu mais de bonnes fréquentations,

élevée dans les valeurs de la famille et de la religion

d'obéissance, de chasteté et de bonnes manières.

Dis-moi alors ce que tu as fait, qui te l'as mis en tête

ou dis-moi où et quand tu l'as appris

toi qui n'a jamais vu à la maison une chose qui ne fût pas honnête

Et de certaines choses, on n'a même jamais parlé.

Et de certaines choses, on n'a même jamais parlé.

Et de certaines choses, on n'a même jamais parlé.


Et ta mère, ta mère, comme mère l'a deviné,

Elle sait lire comme mère dans chacun de tes regards.

Tu dois lui demander pardon, dire que tu t'es repentie,

que tu as compris, que tu regrettes ton erreur.

Mais comment vas-tu faire pour lui dire que personne ne t'a forcée

Ou lui dire que tu éprouvais même du plaisir.

Cela elle ne pourra pas le comprendre, car elle, en femme honnête,

elle l'a presque toujours fait par devoir.

Elle l'a presque toujours fait par devoir.

Elle l'a presque toujours fait par devoir.


Et ne dis pas de mal de lui, tu as encore eu de la chance.

Dans ce cas-là, tu sais, beaucoup le font.

Si, je le sais, dès que tu l'as dit, comme ça se fait, il t'a laissée

Mais il t'a trouvé l'adresse et les sous.
Puis, il a raison, tu ne peux pas démontrer que c'était de lui,

et puis, tu n'es même plus mineure

et dès lors, cette faute est entièrement la tienne.

Nous la loi ne nous poursuit pas.

Nous la loi ne nous poursuit pas.

Nous la loi ne nous poursuit pas.

Et ainsi tu t'es retrouvée sur une table de marbre

désirant presque mourir

comme un animal à l'abattoir, tu hurlais

mais ton cri ne pouvait presque pas sortir

et ainsi entre peur et remords, tu te retrouvais

vraiment seule entre les mains d'autrui

Et tu pensais en sentant ces morsures dans ta chair

à ton père, à ta mère et à lui aussi.

À ton père, à ta mère et à lui aussi.

À ton père, à ta mère et à lui aussi.

Mais quelle petite histoire sordide, tu es venue me raconter,

Je ne vois vraiment pas ce que je peux faire.

Te dire une phrase d'usage pour essayer de te consoler

Ou te dire : “Désormais, c'est fait, n'y pensons plus !”

C'est une chose qui ne peut faire une chanson à succès.

Elle ne vaut pas deux colonnes dans un journal.

Toi, tu l'as voulu, mais que veux-tu y faire maintenant

et les politiciens ont bien d 'autres choses à penser.

Et les politiciens ont bien d 'autres choses à penser.

Et les politiciens ont bien d 'autres choses à penser.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 17:28

ÉMIGRÉ LÀ-BAS EN GERMANIE.


Chanson italienne – Emigrato su in Germania – Gianni Nebbiosi – 1972

Version française – Émigré là-bas en Germanie – Marco Valdo M.I. – 2008




Une chanson où sont condensés divers thèmes : l'émigration, le malaise psychique, la solidarité entre exclus, la rébellion contre le pouvoir qui emprisonne et tue les esprits et les corps.

Une très étrange figure, celle du professeur Gianni Nebbiosi. Romain, psychiatre et psychanalyste réputé, dans les années 60-70 son discours de lutte pour une psychiatrie démocratique (qui s'inséra dans le mouvement qui conduisit à la loi Basaglia) le conduisit même à ... empoigner la guitare comme arme, dans ce vaste mouvement de la chanson politique et militante actif à cette époque. Il composa et chanta ainsi quelques (stupéfiantes) chansons qui parlaient des conditions inhumaines du malade mental en Italie, rassemblées dans l'album « E ti chiamaron matta » (1972) [ Et ils te diront folle], contenant également « E qualcuno poi disse » [Et quelqu'un dit ensuite], sans doute la chanson la plus fameuse de Nebbiosi.... Par la suite, Nebbiosi retourna à sa profession, mais restent une quinzaine de chansons pour la plupart tellement inoubliables...

Riccardo Venturi.







Émigré là-bas en Germanie

Je sens mon cœur qui défaille

Je ressens l'étrangeté des choses, des gens

et même, à la fin, de l'esprit.



Et je finis à l'hôpital

pour cette maladie mentale.

J'y ai trouvé, avec stupeur,

quelqu'un qui parle comme un seigneur.



Il raconte certains faits

de romans et de portraits,

et de poètes et de personnes

dont je ne connais pas le nom.



Moi, je lui parle de chantiers

et de mes trop nombreux métiers,

de sueur et de fatigue,

de choses qu'il ne sait même pas.



Mais nous nous écoutons

et on dirait qu'on apprend

pourquoi nous avons été exclus

pourquoi ils nous ont enfermés.



C'est ainsi que l'autre matin

quand ils ont étranglé

et frappé tant et plus

un qui s'était pissé dessus.



Nous nous sommes regardés en face

et puis, après, à l'improviste,

plus esclaves, plus étrangers,

nous sautâmes sur le dos des infirmiers.

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