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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 09:56

C'EST LE SOIR....



Chanson italienne – È sera ... – Davide Buzzi – 2006

Version française – C'est le soir – Marco Valdo M.I. – 2008





La Chanson « C'est le soir... » de Davide Buzzi est inspirée et dédiée à la figure du grand poète espagnol Federico Garcia Lorca, mort le 19 août 1936 à Viznar, fusillé par les franquistes à quelques pas d'une fontaine connue comme la Fontaine des Larmes.

Federico Garcia Lorca, inspirateur d'idéaux de paix et de liberté ( mais non combattant) fut brutalement assassiné sans aucun procès.

(Vittorio B. Grandi)



C'est le soir...

Sur le grand cortil, c'est le soir

Et le temps

semble s'être désormais arrêté

À l'ombre

D'un vieux ballon

Dans les années

d'un vieil enfant

Et c'est le soir, pourtant.


C'est le soir...

Et Anna comme chaque soir songe

Songe

À son fils qui était soldat

Qui

Un jour est parti

Et n'est

Jamais revenu.

Et entretemps elle espère

Tandis que vient le soir...


Et elle espère que demain le soleil

Pourra faire naître une fleur

Et mille champs de blé

Et ses yeux vont au loin

Là où finit la mer

Et entretemps, il se fait soir...


C'est le soir...

Le taureau dans l'arène frémit

À cinq heures

Le défi est déjà fixé

Et entretemps

que meure le soleil

Le torero

a froid et il tremble


Mais désormais, c'est le soir...

Cinq heures du soir...

Et il n'est plus temps de voler

D'encor rêver

Ou pour un nouvel amour

Bientôt, ce ne sera plus le soir

Les lumières feront barrage

Aux étoiles, à la lune et aux rêves.


En espérant que demain le soleil

Pourra faire naître une fleur

Et mille champs de blé

Et ses yeux vont au loin

Là où finit la mer

Et entretemps, il se fait soir...


C'est le soir...

Sur le grand cortil, c'est le soir

Et le temps

semble s'être désormais arrêté

À l'ombre

D'un vieux ballon

Dans les années

d'un vieil enfant

Et c'est le soir, désormais



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Marco Valdo M.I. - dans Buzzi Davide
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 14:41

UNE POIGNÉE DE RIZ

Chanson italienne – Una manciata di riso – Fabio Bello

Version française – Une poignée de riz – Marco Valdo M.I. – 2008



Pour la dernière strophe, une autre traduction m'est venue à l'esprit...
Une poignée de riz,
Une poignée de rien,
Un poing de grain,
Quelle valeur ont-ils pour toi et moi ?
Cependant, mes deux versions sont pures interprétations de ce qui semble bien être une erreur de frappe " una manciata diriso"... qui a fait surgir au romaniste un vague participe passé d'un improbable verbe italien, qui aurait dû être diridere ou dirire et signifier quelque chose comme "rendre dérisoire, déprécier..." D'où la poignée dérisoire ou la poignée de rien ...(ce qu'elle est en effet...).
L'erreur est parfois féconde...
Dit l'âne Lucien.



Les couleurs de la ville en hiver sont plus vives

Et les néons de Noël te le font comprendre

Si j'avais envie, je regarderais les vitrines

Si j'avais froid, j'entrerais

Au milieu des enfants toujours à la chasse

de leurs jouets de plastique

Si je voyais de beaux cadeaux

Je penserai à toi.



Je lève le col de mon manteau dans ce vent glacial

Quand l'air est est parfumé d'une odeur de neige

et il me plaît de m'arrêter et de rencontrer quelqu'un

Toujours sous ces portiques

Toujours courir pressé

car il est bientôt le temps de faire les vœux

Nous nous verrons certainement...”

Eux et toi et moi.


La route vers chez moi, je pourrais la faire les yeux fermés

et un chemin sans lumière donne un peu de répit

En dehors de la pression et de la foule

Tant de mains portent des paquets.

Loin, très loin, des mains se serrent

sur une poignée de riz

Une poignée de grain

Quelle valeur ont-elles pour toi et moi ?


Une poignée de riz

une poignée dérisoire

Un poing de farine

Quelle valeur ont-ils pour toi et moi ?





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Marco Valdo M.I. - dans Bello Fabio
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 13:00

GUERRE


Chanson italienne – Guerra – Fabio Bello

Version française – Guerre – Marco Valdo M.I. – 2008



Guerre,

On reparle de guerre.

Étrange, qu'y a-t-il d'étrange ?

Il y a que personne ne peut te dire où

Tu le demandes aux gens

Ils te répondent parce que

Parce que, parce que.


Guerre,

C'est peut-être une autre guerre

Tu la sens dans l'air, mais il n'y a pas d'air.

Elle est( peut-être cachée dans un endroit lointain,

Peut-être l'as-tu enlevée à la main

À la main, à la main.


Guerre

Elle n'existe pas, la guerre

Ce qui rend folle ta tête, c'est seulement une lumière

Coupe les fils qui la mènent au cœur.

C'est peut-être seulement une rime,

Mais il faut de l'amour, de l'amour, de l'amour.


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Marco Valdo M.I. - dans Bello Fabio
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 12:43

MER ADRIATIQUE


Chanson italienne – Mare Adriatico – Mercanti di Liquore – 2004

Version française – Mer Adriatique – Marco Valdo M.I. – 2008


Je l'ai connu celui-là

Celui-là de Cesenatico

Qui voulait acheter

la mer Adriatique


Il la voulait toute à soi

De Trieste jusqu'en bas

Cette belle mer

Plus verte que bleue.


Je veux être le propriétaire

et l'unique maître

des plages, de la mer

des poissons et de tous les êtres


Je paierai ce que ça coûtera,

Et mettez aussi sur mon compte

Venise, Bari, et Ancona

Et San Benedetto de Trente


Que diable veux-tu en faire ?

Lui demandaient les gens...

Fais un plongeon dans la mer,

Elle est toute à toi pour rien.


Que diable veux-tu en faire ?

Lui demandaient les gens...

Fais un plongeon dans la mer,

Elle est toute à toi pour rien.


Vous n'avez pas compris

quel type, moi je suis ?

Le monde ne me plaît pas à moi

Si je ne peux dire : c'est à moi.


Je ferai faire un coffre en fer

fort grand, fort utile

Pour y mettre les barques, la mer

Les villages et les villes.


Que diable veux-tu en faire ?

Lui demandaient les gens...

Fais un plongeon dans la mer,

Elle est toute à toi pour rien.


Que diable veux-tu en faire ?

Lui demandaient les gens...

Fais un plongeon dans la mer,

Elle est toute à toi pour rien.


Il est fait comme çà

Celui dont je vous parle là.

Il avait des montagnes de pognon

Mais il était malheureux, au fond.


Il ne savait pas que le monde

ne coûte pas un centime.

Tu peux tout avoir gratuit

Si tu veux, même un enfant.





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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 15:41

DORMIR


Chanson fatiguée de Marco Valdo M.I. - 2008


Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Qu'il soit minuit, qu'il soit midi

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Je ne pourrais pas faire autrement, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Je suis fatigué, tout simplement, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Mes yeux se ferment tout bêtement, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

C'est normal , je suis un être vivant, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Un être vivant, comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Faut pas vous tracasser, faut pas vous fâcher

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Un vivant, pas une machine, comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

C'est normal quand on est vivant de se reposer

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Sinon, on s'épuise, on dépérit, comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

L'important pour nous, c'est vivre et durer, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Durer et vivre, comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Durer et vivre et en bonne santé, alors

Moi chef, quand je dois dormir, je dors


Quoi ? Que dites-vous là ? Je ne comprends pas.

Pour vous ce n'est pas comme ça que ça va.

Je ne comprends pas, comprenez-vous ?

Pour vous, on doit travailler, même si l'on est fatigué

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

C'est bien ça votre idée ? On ne peut pas s'arrêter...

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

C'est naturel le repose, comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Mon chat est très actif et plein d'énergie

Il court, il saute, il joue, il vit

Mais quand il doit dormir, il dort.

Souvent, sans s'énerver, il prend le temps de s'arrêter

Mon chat, chef, quand il doit dormir, il dort.

Le temps de s'assoupir sans s'inquiéter

Mon chat, chef, quand il doit dormir, il dort.

Avec tout ça, mon chat est bonne santé, voyez-vous

Mon chat, chef, quand il doit dormir, il dort.

Et moi, je fais comme lui , comprenez-vous

Moi chef, quand je dois dormir, je dors

Je dors, chef, car je suis fatigué, comprenez-vous.


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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 12:27

LA VIE EST UNE GUERRE


Chanson italienne – La vita è 'na guera – Radici nel cemento – 1996

Version française – La vie est une guerre – Marco Valdo M.I. – 2008



La vie est une guerre que nous devons tous faire

La vie est une guerre, personne ne peut le taire

La vie est une aventure, la vie est une tristesse

La vie fait peur, car

dans la vie, il n'y a jamais de certitude.

Ainsi, celui qui se sent grand et fort

Bombant le torse, s'en va affronter son destin.

Si le sort n'est pas de son côté,

même un géant peut redevenir un enfant.

Quelle tristesse, oh... quelle tristesse

dans la vie, il n'y a jamais de certitude.

La femme que tu pensais être toujours à toi

et dont tu jurais qu'elle était douce comme le miel,

Tu ne savais pas ce qu'elle pensait en elle,

puis tu l'as découvert et il t'est resté seulement son fiel.

Moi, je suis naïf, j'ai vingt ans, c'est vrai,

je comprends peu cette putain de vie,

Mais écoute-moi, je te le dis et je suis sincère

Il me semble avoir compris une chose... et c'est que...

La vie est une guerre, oui, la vie est une aventure

La vie est une guerre, oui, la vie fait peur

La vie est une guerre, oui, la vie est une bataille

La vie est une guerre et elle tombe même sur celui qui ne se trompe pas

La vie est une guerre, oui la vie est un pari

La vie est une guerre, à peine faite, déjà perdue

La vie est une guerre, mais même si elle te crache au visage

... elle reste toujours digne d'être vécue !

Jamais, jamais, jamais, jamais, renoncer

Jamais, jamais, jamais, jamais, ne te laisse aller...

L'ami que tu pensais le tien pour de vrai

et dont tu jurais qu'il était ton confident;

face à toi, il te fait croire qu'il est sincère, mais

mais derrière ton dos, il crache plus de venin qu'un serpent.

Puis, il y a celui qui se sent abandonné

et qui avec la came s'envoie en l'air et se tue,

lui, celui-là, il l'a déjà oublié, mais...

celui qui se la pousse trop de fois, il s'en moque

Comment celui qui travaille toute une vie

et soutient sa famille par sa sueur;

lui, il voudrait sa vieillesse garantie, mais...

Il y a son corps qui trop tôt s'abat

La vie est une guerre...


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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 09:45

 

LES STRATÈGES DU VENT.



Chanson italienne – Gli Strateghi del vento – Alfredo Bandelli – 1991

Version française – Les stratèges du vent – Marco Valdo M.I. – 2008





Il s'agit d'un texte écrit par Alfredo Bandelli en 1991 avec l'intention, jamais réalisée, de le mettre en musique. Il s'inspire de la « première guerre du Golfe », déclenchée en janvier 1991 contre l'Irak par une coalition de puissances occidentales, dirigée par les États-Unis.



Ces stratèges du vent, rien que ce titre m'avait fait penser aux déserts et aux étendues rocailleuses et venteuses de lointaines montagnes. J'avais vu la tempête sur un désert et les courants ascendants partir à l'assaut des pentes de l'Himalaya et dévaler ensuite dans les hautes plaines, desséchant tout sur leur passage.

Et de fait, dans le texte d'Alfredo Bandelli, on sent tout cela et on pressent l'Irak et l'Afghanistan, les ravages et les orages.

Les massacres n'honorent jamais les héros. Attendons la suite...

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.





Les stratèges du vent

formés à n'importe quelle science

ont cassé la lune en deux tirs croisés

émiettés les terres

fait rouler les étoiles

et ont donné au monde

un nouvel ordre armé.

Le désert recouvre déjà

le mensonge et la vérité.
La faim croît sur les débris

dans le ciel passent des nuées noires.

Plus aucune lumière.


Pharisiens sans gloire

Ils ont retourné l'histoire

Ils ont changé le passé

Piégé la raison

Ils ont répandu leurs guerres

sur les plus belles choses.

Ils ont armé chaque homme

en féroce soldat

et le fer brûle déjà

le mensonge et la vérité.

De la mer arrivent les épaves

Les héros sont tous déconfits

Plus aucune paix.

Dans le Palais de Verre

Il y a un silence profond

Tous attendent un signe

du maître du monde.

Ce sont des fantômes suspendus

de nations et de pays

des simulacres d'États dépréciés et écrasés

et le ciel recouvre déjà

le mensonge et la vérité.

Des camps, de mille cheminées

Des montagnes et du fond des mines

s'élève un chant

Ce sont les gens qui savent

Qu'on ne tue pas la liberté.



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Marco Valdo M.I. - dans Bandelli
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 16:12

LIGNE D'OMBRE


Chanson italienne – Linea d'ombra – Litfiba – 1992

Version française – Ligne d'ombre – Marco Valdo M.I. – 2008


Le titre de cette chanson est manifestement repris d'un des plus fameux romans de Joseph Conrad ( marin au long cours et écrivain polonais de langue anglaise), intitulé “La ligne d'ombre” (The Shadow Line, en angliche).

Le titre lui-même, déjà chez Conrad, pose un problème d'interprétation. Si l'on va au fond des choses, et c'est le cas de le faire comme on va le voir, la traduction littérale de “The Shadow Line” pose un gros problème. En fait, on peut traduire indifféremment “La ligne d'ombre” ou “La ligne fantôme” (Shadow cabinet se traduit par cabinet fantôme). Mais si par ailleurs, on sait que Joseph Conrad était considéré ( et l'est encore) comme très proche de Freud dans sa façon de concevoir l'homme ou de le raconter, on peut fort bien avancer une autre manière de traduire ou d'interpréter ce titre énigmatique et suggérer quelque chose comme “la ligne cachée”, la ligne – au sens de guide, façon d'agir – sousjacente, souterraine, inconsciente, finalement, secrète... Bref, une sorte de boussole intérieure... et pourquoi pas “La ligne intérieure” ou “La voix de la conscience”...

On verra à la lecture du texte de la chanson que ces apparentes élucubrations éclairent en fait fort bien le propos....



Moi, j'objecte

Je désobéis

Guerres pour le fric

Enfance assassine

Fruit pourri de l'avidité.


D'une certaine manière

farcis de plumes de cheval (1)

Déguisés en soldats

Tous aux garde-à-vous, si señor


Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !


D'une certaine manière

Celui qui casse les plumes de cheval

S'en va un peu en enfer.

Il perd sa guerre là-dessous

Et silence, silence

Il te dit confiance, confiance

Déguisé en soldat

Par Dieu, non señor...


Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !

Ta ligne d'ombre est ton cœur.


Moi, j'objecte ... Je désobéis


Nous... Les rêves dans les poches, les poings dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue; on ne plaisante pas !

Ta ligne d'ombre est ton cœur.

Nous... Les poings dans les poches, les rêves dehors

Nous... Satellites affolés en vol

Joue, joue avec ton cœur


Ma ligne d'ombre

est une ligne d'ombre

Non señor....


JE DÉSOBÉIS !




(1) plumes de cheval : en étazunien, «Horse feathers» , expression idiomatique signifiant globalement « conneries », « racontars », « mensonges »....


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Marco Valdo M.I. - dans Litfiba
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 11:04

CANZONE DE MAI



Chanson italienne – Canzone del Maggio - Fabrizio De André

Version française – Canzone de Mai – Marco Valdo M.I. – 2008


Chanson à propos du « Joli mois de mai », c'est-à-dire Mai 1968, quand la fleur de l'espérance surgissait au cœur de l'Europe.

Son parfum est encore dans l'air. Pour toujours... Il revient, revient et reviendra avec une grave insistance.


Que se passe-t-il ?

Ce sont seulement des étudiants...

Ainsi disaient-ils...



Même si notre mai

S'est passé de votre courage

Si la peur de regarder

vous a fait baisser le menton

Si le feu a épargné

Vos Onze Cents

Même si vous vous croyez dégagés

Vous êtes tout de même concernés.


Et si vous vous êtes dit,

Il ne se passe rien,

Les usines rouvriront,

On arrêtera l'un ou l'autre étudiant,

convaincus que c'était un jeu

auquel nous aurions joué un peu;

vous tentez de vous croire dégagés,

Vous êtes quand même concernés.


Même si vous avez fermé

Vos portes à notre nez

la nuit où les panthères(1)

Nous mordaient le derrière

En nous laissant de bonne foi

Massacrer sur les trottoirs

Même si maintenant vous vous en foutez

Vous cette nuit-là, vous y étiez.


Et si dans vos quartiers,

tout est resté comme hier,

sans nos barricades,

sans blessés, sans grenades,

Si vous avez accepté comptant

les « vérités » de la télévision

Même si alors vous vous êtes dégagés

Vous êtes quand même concernés.


Et même si vous croyez à présent

que tout est comme avant

car vous avez encore voté

Pour la discipline, pour la sécurité

Convaincus d'éloigner

Votre peur du changement

Nous irons frapper à vos portes

et nous crierons encore plus fort

Que même si vous vous êtes dégagés,

Vous êtes pour toujours concernés,

Que même si vous vous êtes dégagés,

Vous êtes pour toujours concernés.


(1) les « panthères » : unités spéciales anti-émeutes – « les casseurs de têtes ».




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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:39

UNE BARQUE SOMBRE

 

Version française – Une barque sombre – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – Una barca scura – Gianmaria Testa – 2006

 

 

 

 

De l'album "Da questa parte del mare" (2006). C'est un album construit sur le concept des migrations modernes, sans démagogie, sans facilité ou rhétorique. Gianmaria Testa a déclaré à ce propos : « Je parle de ce racisme instinctif qu'ont jusqu'aux enfants, qui est le racisme envers n'importe quelle différence. Ce racisme doit être combattu par l'intelligence, par le raisonnement. Je m'explique très bien celui des Italiens, y compris mon sentiment d'aversion, quelquefois. Je me l'explique, mais je ne l'accepte pas. Ce sont deux choses différentes : je me l'explique, mais je pense qu'il n'est pas juste de l'avoir et qu'il faut le contrecarrer, de quelque manière. »

Dans les concerts, avant de commencer, il lit toujours cette poésie :

 

 

Naufrages

(Erri De Luca, du recueil "Solo andata")

 

Dans le canaux d'Otrante et de Sicile

Des migrateurs sans ailes, paysans d'Afrique et d'Orient

Se noient dans le creux des vagues.

Un voyage sur dix s'accroche au fond.

Le paquet de semences se répand dans le sillon

creusé par l'ancre et pas par l'araire.

La terre ferme de l'Italie est une terre fermée.

Nous les laissons se noyer pour nier.

 

Petite note sur le titre et sa traduction en langue française : si l'on s'en tient à une traduction strictement littérale, on pourrait traduire una barca scura par une barque obscure ou une barque foncée. Le choix de traduire par une barque sombre tient à la subite ambiguïté du titre qui renvoie à la nuit, à la cécité, mais aussi et en même temps, à une variante du verbe sombrer, couler au fond, ce qui est précisément ce qui doit être porté au jour.

 

Une barque sombre

 

Au fond de la mer chante

Une sirène.

Toute la nuit, elle chante

et chante doucement,

pour qui veut l'entendre

Elle s'entend à peine.

 

Au fond de la mer chante

Une sirène

et au milieu de la mer va

une barque sombre

qui a perdu le vent, perdu

par sa voile

et qui l'attend

l'attend encore.


Au milieu de la mer va

une barque sombre,

au fond de la mer.

Au fond de la mer profonde

je laisse ma chanson qui ne console pas

pour celui qui est parti et a quitté le monde

au fond de la mer.

Au fond de la mer.

Au fond.

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