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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 18:33

LES CHAUSSURES DE LA BUSHGUERRE.


Version française – Les chaussures de la bushguerre – Marco Valdo M.I. – 2009

Version italienne – Le scarpe della bushguerra – Riccardo Venturi - 2008


En bref, les événements sont récents et connus de (presque) tout le monde. Dans les jours qui ont suivi ce grotesque spectacle, Riccardo Scocciante écrivit – le lendemain de l'affaire, soit le 15 décembre 2008 – une sorte de chanson comme il en a l'habitude – dans son idiome d'outre-Atlantique. Riccardo Venturi, qui jure depuis qu'on ne l'y reprendra plus de si tôt, a été prié (le jour-même) d'en faire une version italienne. C'est cette dernière que Marco Valdo M.I. a mise en français sous le titre de Les chaussures de la bushguerre.



Un journaliste en Irak voulait savoir pour quelles raisons son peuple mourait

C'était la dernière conférence de presse-spectacle de la bushguerre.

Et c'est ainsi qu'il lança ses chaussures sur Bush, telles sont les chaussures de la bushguerre

Et c'est ainsi qu'il lança ses chaussures sur Bush, qui, dommage, a esquivé le coup.

Cet idiot parlait des armes de destruction massive

Quand une belle paire de chaussures lui ont été jetées comme des balles à la tête.

Et c'est ainsi quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, telles sont les chaussures de la bushguerre

Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, qui, dommage, a esquivé le coup.


Il vaut mieux faire attention à ce que tu dis

Si tu ne veux pas finir dans la prison d'Abou Grahib

Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, telles sont les chaussures de la bushguerre

Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, qui, dommage, a esquivé le coup.


{Instrumental}

De sympathiques semelles, de belles, dures chaussures de cuir

Jetons-les aussi au caniche de Bush, va te faire foutre aussi First Dog.

Oh, Dieu ! Oh, Dieuuu !


Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, telles sont les chaussures de la bushguerre

Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, qui, dommage, a esquivé le coup.

Et c'est ainsi que quelqu'un lança ses chaussures sur Bush, qui, dommage, a esquivé le coup.


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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 16:51

LES PASSANTES

Version française – Les Passantes – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Le Passanti – Fabrizio De André


Disons-le tout de suite, ce titre Les Passantes est celui d'une chanson de Georges Brassens, dont le texte (publié en 1908) était d'Antoine Pol. L'histoire en est connue.

Simplement, un chanteur italien, traducteur de Brassens, passeur de Brassens en italien, et lui-même un des plus intéressants et plus fabuleux cantauteurs, Fabrizio De André en fit une version italienne : Le Passanti.

Et c'est là que le jeu de miroirs commence.

Marco Valdo M.I., familier des chansons de Brassens et qui a traduit quelques-unes des chansons de De André, a comparé les deux versions et s'est dit qu'il serait intéressant qu'elles soient mises en présence l'une de l'autre dans une même langue : le français. Excluons tout de suite l'hypothèse que la version en français de la chanson de Fabrizio De André ne se ressente pas du traducteur : elle s'est voulue au contraire la plus littérale possible pour monter comment dans ce mouvement de va et vient de la traduction, adaptation, recréation... la plastique des langues est intervenue.

L'occasion était trop belle avec deux maîtres pareils....

Qu'on n'y voie aucune autre prétention que celle-là.


Ainsi parlait Marco Valdo M.I.


Je dédie cette chanson

À chaque femme sentie comme amour

dans un moment de liberté.

À celle connue à peine

On n'avait pas de temps et elle valait la peine

d'y perdre un siècle de plus.



À celle qu'il faut presque imaginer

Tant tu l'as vue vite passer

De son balcon à un secret au-delà

et il te plaît de te remémorer le sourire

qu'elle ne t'a pas fait et que tu lui a imposé

dans un vide de bonheur.


À la compagne de voyage

Ses yeux le plus beau paysage

Font sembler plus court le chemin

et peut-être es-tu l'unique à la comprendre

et la fais-tu descendre sans la suivre

Sans lui avoir effleuré la main.


À celles qui sont déjà prises

Et qui vivant des heures désolées

Avec un homme désormais trop changé

t'ont laissé, inutile folie,

voir le fond de la mélancolie

D'un avenir désespéré.

Images chères pour un instant

vous serez bientôt une foule distante

Dépassées par un souvenir plus récent

Pour peu que le bonheur revienne

il est fort rare qu'on se souvienne

Des épisodes du chemin.

Mais si la vie te fait faux bond

Il t'est plus difficile d'oublier

ces bonheurs entrevus

Ces baisers qu'on n'osa pas donner

ces occasions laissées en attente

ces yeux plus jamais revus.

Alors dans les moments de solitude

Quand le regret devient habitude,

Une manière de vivre ensemble,

On pleure les lèvres absentes

de toutes les belles passantes

Que nous n'avons pas réussi à retenir.




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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 15:21

LA FLEUR DU MAL.

Version française – La Fleur du mal – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Il Fiore del Male – Casa del Vento – 2006



Une chanson dédiée à Pier Paolo Pasolini au trentième anniversaire de sa mort. Pier Paolo Pasolini

était cet écrivain, poète, cinéaste et mille autres choses encore, qui par son goût de la liberté et ses audaces transgressives de la bonne société, marqua son époque et ouvrit des voies poétiques sur notre temps et au-delà. La chanson s'intitule « La fleur du mal », référence à Baudelaire, lui aussi poète et porteur d'avenir, lui aussi, comme Pier Paolo Pasolini désigné, montré du doigt comme « poète maudit ».

À propos de poésie et de traduction, une petite parenthèse : le texte italien dit au refrain : Il fiore del male lo soffio il cielo – ce qui en bonne littéralité donnerait : La fleur du mal le ciel la souffle. Le traducteur a choisi un poète plus ancien pour résoudre cette difficulté et il fit ainsi appel à Rutebeuf (un Champenois des années 1230 – 1285) et à sa Complainte :

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
.

....

Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta.


Pour finalement traduire par - regardez bien Rutebeuf : « Le vent me vient, le vent m'évente... » et pour Pasolini à qui pareille complainte n'a pu que plaire, la traduction :

« Fleur du mal

Le ciel t'évente.

La fleur du mal, le ciel t'évente.”


Je pense aussi qu'il doit plaire à Casa del Vento – Maison du Vent d'être pareillement éventée.

Enfin, je fais ce que je peux.

Et que le Diable m'emporte. Je retrouverai peut-être Pier Paolo Pasolini... et plein d 'autres.


Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.





Que dirais-tu de nos champs de blé

Transformés en lit de béton

Là où ton rêve courait tout au long

Il y a un silence qui paraît se lamenter.

Que dirais-tu de nos belles bourgades

Transformées en d'obscènes architectures

Peuplées d'hommes gris

Astiquées et bien entretenues.

Que dirais-tu si après trente ans

On te disait que tout est resté pareil

Que tu dois encore voler.

Fleur du mal

Le ciel t'évente.

Fleur du mal, le ciel t'évente.

Que dirais-tu de cette peur

De la fin de la tradition

Assassinée chaque jour par ceux qui

veulent s'en faire les défenseurs.


Que dirais-tu de la morale

Des chantages de la religion

Pour qui le plaisir est un péché, une faute

Et un seul type d'amour est juste.


Que dirais-tu si après trente ans

On te disait que tout est resté pareil

Que tu dois encore voler.

Fleur du mal

Le ciel t'évente.

Fleur du mal, le ciel t'évente.

Ton fol amour

S'élevait et volait plus haut

Porté par le ciel.

Que dirais-tu du pouvoir de certains

Qui détruit toute la terre

De ce ciel qui vomit le feu

De cette civilisation qui fabrique la guerre.

Fleur du mal

Le ciel t'évente.

Fleur du mal, le ciel t'évente.


Fleur du mal, le ciel t'évente.

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 21:11

BIEN LE BONJOUR DE BAGDAD !

Version française – Bien le bonjour de Bagdad ! – Marco Valdo M.I.

Chanson italienne – Good morning Baghdad - Casa del Vento.



D'abord, une petite explication sur le titre français. Pourquoi ne pas avoir conservé le titre anglais de la chanson italienne. On aurait pu penser, en effet, que ce serait une excellente solution. Voire !

Casa del Vento a sûrement choisi ce titre en anglais par ironie.

Mais justement, la question est l'ironie et en même temps aussi, une résistance à l'envahissement, si ce n'est à l'envahisseur étazunien, jusqu'au cœur-même de l'Europe.

Donc, la question est l'ironie. Traduire : Bonjour Bagdad, ce qui eût été exact, manquait singulièrement d'ironie. D'où, le Bien le bonjour, formule populaire et familière et pour mettre une pincée d'ironie supplémentaire, ce point d'exclamation que nous sommes quelques-uns à considérer comme ce fameux « point d'ironie », dont on a tellement besoin quand on écrit - lequel point d'ironie existe en typographie française depuis le 19ième siècle, introduit par le poète Alcanter de Brahm.

Il restait à en faire une carte postale, genre petit mot de vacances, petit mot souvenir... Question d'accentuer encore la dérision... Une carte postale de Bagdad qui se rappelle au bon souvenir de ses bourreaux – libérateurs.

Dès lors, le titre est : « Bien le bonjour de Bagdad ! ».

Autre petite touche d'ironie, une apostrophe à la Prévert : Rappelle-toi América... D'accord, il pleuvait sans cesse sur Brest... À Bagdad aussi, le malheur pleut sans cesse depuis un certain temps...

Une autre encore dans l'expression « musi gialli da stanare », qui en bonne logique se traduirait par « visages jaunes à débusquer » et qui par ironie – assimilant pour la cause le muso italien au « mouse » de l'anglais (par homophonoie, en quelque sorte), est traduite : des « souris jaunes à débucher » ( ce dernier verbe d'un usage un peu plus rare que débusquer).

L'ironie se retrouve d'ailleurs dans le commentaire introductif en italien : « On continue, même après le 11 septembre 2001, à user de violence comme instrument de domination, dans une guerre « formellement » finie, mais qui continue à tuer des civils innocents et des soldats. »

L'Empire (version étazunienne de l'Imperium romain ou de l'Impero fasciste et du Reich nazi, de l'Empire du Soleil levant ou de l'Empire soviétique) n'en finit pas (comme ses illustrissimes prédécesseurs) de vouloir s'étendre. Il y a des métastases un peu partout. À se demander si l'humanité toute entière pourra longtemps survivre à pareil cancer...



La conclusion de Stefano Tassinari est parfaitement éclairante sur ce point et aussi, sur la façon dont il convient de traiter l'Empire : Allez vous faire foutre, Etazunis ! Meglio : Affanculo USA !



Ainsi parlait Marco Valdo M.I.





Rappelle-toi América

Les vies exsangues de Mi Lay

Les enfants sans visage

Tenus par les pieds par tes héros.

Bourrés d'héroïne, tes héros

Brûlaient dans les champs les personnes

Que tu considérais

Seulement comme des souris jaunes à débucher

Rappelle-toi América

Ta fuite express de Saïgon

Et le napalm que tu déversais

De tes hélicoptères sur les paysans.

Face à un monde

Qui pour toi est seulement une terre à aplanir

Babel de culture

Qui assassine et ne peut comprendre.


On t'offre la vie.

Tu continue à dire au monde

Que la guerre est finie.


Bien le bonjour de Bagdad ! Bien le bonjour de Bagdad !

Rappelle-toi América

Belgrade et ses trains bombardés par erreur

Et ta démocratie

Importée au canon à Kaboul.


Et toutes tes armes intelligentes

De la liberté

Sur les corps des enfants

Dans les feux des nuits de Bagdad.

Rappelle-toi América

La main de ton boucher à Santiogo

Et le souffle moribond

Des desaparecidos argentins.


Les photos trophées

Sur les trous de la peau de Guevara

Lui qui restait beau

Car un Guevara ne peut jamais mourir.

On t'offre la vie.

Tu continue à dire au monde

Que la guerre est finie.


Bien le bonjour de Bagdad ! Bien le bonjour de Bagdad !


Rappelle-toi América

L'horreur soudaine d'un matin

Et tes regards apeurés

Dans l'air empoussiéré de New York.


Et maintenant que tu as enseveli tes innocents

Sous des mètres de terreur

Ne comprends-tu pas encore

Ce que ça veut dire.

On t'offre la vie.

Tu continue à dire au monde

Que la guerre est finie.


Bien le bonjour de Bagdad ! Bien le bonjour de Bagdad !


Texte dit par Stefano Tassinari :


Dommage América, si tu n'as pas encore compris maintenant, et alors, va te faire foutre América, avec tes guerres humanitaires, tes vengeances corporelles, ton Dow Jones qui joue à la balançoire, ton KKK, tes hamburgers, tes révolvers dans chaque maison, tes représailles, tes marines, tes bombes sur les civils, et ton hymne chanté la main sur le cœur, quand tu ne connais même pas le cœur, ni de quel côté il se trouve... Va te faire foutre, América....

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 21:06

SEPTANTE ROSES


Version française – Septante Roses – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Settanta rose – Casa del Vento

 

 


 

Elles sont septante roses

Elles croissent pour rappeler

Les cris de douleur

À qui passe par là

Elles sont septante roses

Elles croissent pour rappeler

Que le 29 juin

Il ne faut pas oublier


C'étaient les réfugiés

Les hommes au travail

Puis, ils les ont capturés

Ils ont commencé à prier.

Ils étaient remplis de haine

Ils venaient pour tuer

Ces septante roses

Qui croissent pour rappeler

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Dans la cave

Ils les ont fait entrer

Et un coup dans la tête

Les a fait dormir.

C'étaient des vies en pleine fleur

Des roses à offrir

Aux mille parfums

Elles faisaient danser.

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Des roses colorées

Des roses à rappeler

Des roses sans épines.

Elles ne pouvaient piquer


Elles sont septante roses

Elles croissent pour rappeler

Que le 29 juin

Il ne faut pas oublier


Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.

Ils dorment sur une colline

Ils refusent de raconter

Il y a septante roses

Qui croissent pour rappeler.


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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 21:04

MENACE-LES TOUS
Chanson française – Menace-les tous ! – Marco Valdo M.I. – 2008

Pour ceux qui connaissent les chansons de Georges Brassens, cette chanson aura des airs de ressemblance avec « Embrasse-les tous ! » et ils ne se tromperont pas. Cette canzone est une parodie. Elle utilise la structure d' Embrasse-les tous !, chanson qui s'adresse à une jeune personne à la recherche de l'amour parmi de multiples amoureux: Menace-les tous ! raconte en fait, le désamour que le monde entier (ou presque) ressent vis-à-vis des Zétazunis d'Amérique. Précisons cependant : vis-à-vis de l'État et de la nation, pas vis-à-vis de tous ses habitants ou ressortissants. Il y a de nombreux citoyens étazuniens dignes de respect et même, de la plus courtoise sympathie. Il est d'ailleurs malheureux que ces gens-là doivent subir les séquelles de cette mauvaise réputation, de cette répulsion instinctive que l'on ressent face au pays d'où ils viennent.

Mais la nation étazunienne en tant que telle, cet Impero qui prétend dominer le monde est proprement imbuvable et immonde. C'est elle qui est tant détestée au travers du monde pour son impérialisme, pour son arrogance, pour son avidité, pour sa boulimie, pour son obésité, pour sa cupidité, pour sa suffisance, pour immoralité, pour sa lâcheté, pour son indécence, pour son soutien sans faille au capital, pour sa propagande mensongère où il est question de liberté afin de soutenir les pires dictatures, pour son habitude d'envahir les pays étrangers et de massacrer leurs populations, pour l'exploitation de l'Amérique latine, pour la colonisation de l'Europe (au travers de l'OTAN) qu'ils mènent depuis plus de soixante ans avec la complicité des dirigeants locaux ... On n'en finirait pas d'énoncer les griefs à leur égard. De toute façon, ce qu'on en dit, ils s'en foutent complètement.

Mais peu à peu : un peu hier, mais plus demain... Les peuples, les gens, les simples gens du monde entier diront tranquillement : Résistance ! Et l'Empire s'écroulera.


Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.







Tu es de ceux qui tuent partout où ils passent,
Tu lances tes bombes sur toutes les races,
Faut se lever de bon matin
Pour trouver un peuple qui aime l' Américain.
Ton monde libre est proprement immonde
Cœur d'artichaut, tu jettes une bombe à tout le monde,
Jamais, de mémoire d'homme, tu n'avais été
Autant détesté.

Des Serbes aux Croates, en passant par les Macédoniens,
Menace-les tous,

Menace-les tous,
Dieu reconnaîtra les siens!
Passe-les tous par tes charmes,
Passe-les tous par tes armes,
Jusqu'à ce que ces terroristes, les bras en croix,
Tournent de l'œil dans tes bras,
Des Iraniens aux Afghans en allant jusqu'aux Palestiniens,
Massacre-les tous,

Massacre-les tous,
Dieu reconnaîtra les siens!


Jusqu'à ce qu'horreur s'ensuive,
Qu'à leurs cœurs une plaie vive,
Les plus touchés par tes coups
Demandent grâce à genoux.

En attendant les bombes qui feront mouche,
Les bombes que tu verses comme une douche,
En attendant malgré toutes tes alliances

Grandit la résistance.


En attendant que le peuple humain ne t'apporte
La défaite derrière laquelle on condamnera ta porte
En marquant dessus "Fermé jusqu'à la fin des temps
Pour cause d'OTAN"...

Des Cubains aux Boliviens, en passant par les Vénézueliens,
Menace-les tous,

Menace-les tous,
Dieu reconnaîtra les siens!
Passe-les tous par tes charmes,
Passe-les tous par tes armes,
Jusqu'à ce que ces terroristes, les bras en croix,
Tournent de l'œil dans tes bras,
Des Irakiens aux Russes en allant jusqu'aux Amérindiens,
Massacre-les tous,

Massacre-les tous,
Dieu reconnaîtra les siens!

Alors toutes tes guerres, tes terreurs,
Tes assassinats, tes erreurs,
Tes écarts, tes grands écarts,
Te seront tous comptés, car
Les peuples quand ça entre en résistance
C'est comme une seconde naissance,
Ça leur donne un cœur tout neuf,
Comme au sortir de leur œuf.

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 22:26
BÉNARÈS


Chanson française et italienne – Bénarès – Benares – Marco Valdo M.I. – 2005



Il fut un temps où les peuples du monde, ceux qui avaient été mis en colonie, en esclavage, en sujétion aux délires de la civilisation; un temps où la partie civilisée du monde venait de s'entredétruire (12.000.000 de morts la première fois, 40.000.000 la seconde) et se préparait pour une troisième fois (est-ce bien fini ?), un temps où deux camps s'affrontaient et où ces peuples vinrent au jour et parmi les plus grands d'entre eux, on trouvait l'Inde. C'était au temps de Nehru où les peuples tentèrent une autre voie : celle du tiers-Monde (comme il y eut un Tiers État), celle des pays non-alignés - ça fait toujours plaisir de savoir qu'il y a des gens et des peuples qui ne veulent pas s'aligner.
Nehru rassembla à Delhi tous les écrivains de l'Asie (poètes, aèdes, romanciers, nouvellistes, chanteurs, psalmodieurs...) - de l'Oural à la frontière égyptienne. Les artistes de centaines de peuples, de centaines de langue (de milliers ? ça dépend comment on compte...) réunis pour opposer la poésie aux impérialismes ambiants. Ce Congrès dura des jours et des jours. 
Et...
Pour présider à ce caucus gigantesque et babelien, le président de l'Inde fit appel à un écrivain venu d'ailleurs, un écrivain qui par sa position géographique ne pouvait faire partie de l'assemblée, mais par sa proximité poétique avec les paysans sans terre du monde entier avait sa place "naturelle" dans cette assemblée; Nehru fit venir Carlo Levi.
Carlo Levi en ramena un livre - dont on reparlera ici.
Aujourd'hui, juste un écho de son passage à Bénarès, à Bénarès, cœur de l’Inde.



Benares, cuore dell’India

Sponda del Gange

Uomini nudi

Donne ammantate

Nell’aria grigia

Le ragazze sedute

Si stringono

Per farmi

Un posto

Tra loro.



Bénarès, cœur de l’Inde

Rive du Gange

Hommes nus

Femmes drapées

Dans l’air gris

Les filles assises

Serrées

Pour me faire

Une place

Parmi elles.


Benares, cuore dell’India

Sogno del Gange.

Mille statue

Immobili

Grigie di sonno

Toccare l’acqua

della corrente

Gesto eterno

Con la mano, con la mano.


Bénarès, cœur de l’Inde

Rêve du Gange

Mille statues

Immobiles

Grises de sommeil

Toucher l’eau

Du courant

Geste éternel

de la main,

De la main


Benares, cuore dell’India

Sponda del Gange.

Una barca, vi salgo

Un vecchio barcaiolo

Gondoliere del Gange

Spinge lunghi remi di bambù.

Sette pire ardono

Alte fiammate rosse

Ossa incenerite


Bénarès, cœur de l’Inde

Rive du Gange

Une barque, j’y monte

Un vieux marinier

Gondolier du Gange

Pousse de longues rames de bambou

Sept bûchers brûlent

Hautes flammes rouges

Os incinérés.


Benares, cuore dell’India

Sogno del Gange.

Le vacche leccano

Il viso livido

Dei morti

Brucano

I fiori

Dei morti

Il freddo del matino

M’entra nell’ossa


Bénarès, cœur de l’Inde

Rêve du Gange

Les vaches lèchent

Le visage livide

Des morts

Broutent

Les fleurs

Des morts

Le froid du matin

M’entre dans les os

Benares, cuore dell’India

Sponda del Gange

Mendicanti accoccolati

Moncherini

Piaghe

Ulcere

Occhi bianchi

Popolo di pellegrini

Cercando

L’eterna salvezza


Bénarès, cœur de l’Inde

Rive du Gange

Mendiants accroupis

Moignons

Plaies

Ulcères

Yeux blancs

Peuple de pèlerins

Cherchant

Le salut éternel


Benares, cuore dell’India

Sogno del Gange.

Pellegrini nudi

Barbuti

Polverosi

Tremanti

Nel sole pallido

Come un fiume di popolo

Verso l’acqua sacra

Del Gange.


Bénarès, cœur de l’Inde

Rêve du Gange

Pèlerins nus

Barbus

Poussiéreux

Tremblants

Dans le soleil pâle

Comme un fleuve de peuple

Vers l’eau sacrée.

Du Gange.


Benares, cuore dell’India

Sponda del Gange

Benares, cuore dell’India

Sogno del Gange.


Bénarès, cœur de l’Inde

Rive du Gange

Bénarès, cœur de l’Inde

Rêve du Gange.


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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 22:16

LE DERNIER VOYAGE


Version française – Le dernier voyage – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – L'Ultimo viaggio – Casa del Vento – 2006


Une chanson basée sur l'histoire d'une femme juive, Carolina Lombroso et de ses 4 enfants, tous déportés à Auschwitz en 1944. Un morceau pour raconter encore aux jeunes l'absurdité du fascisme et du nazisme.



Où allons-nous

L'étoile sur le bras

Dans ce train

Dans ce voyage.


J'irai loin

Mon cher amour

Trois fleurs pressées

Au dedans de mon coeur.

La quatrième est née

Dans le bruit

Au dessus des voies

En dedans du wagon.

Dans un wagon

Fermé et plombé

Voilà l'amour

Que j'ai cultivé

Eugénio, mon amour

Donne-moi la main

Car ce train

S'en va loin.

À nos enfants

Je devrai mentir

Je dirai que le train

S'en va retourner

Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous

Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous

Sur ce train

Abandonnés

Il pue la pisse

Oubliés.


Oubliés

Au milieu d'une guerre

Pas même le bras

De dieu à terre.


Selon eux

Nous mécréants

Les coupables sacrés

Nous différents

La loi noire

Divise en races

Ils te prennent tout

Et puis, ils te tuent.

Eugénio s'échappa

Courut loin

Dans la montagne

Comme partisan.

À nos enfants

Je devrai mentir

Je dirai que le train

S'en va retourner


Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous

Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous


Quand ce jour-là

Nous retournerons

Nous ferons la fête

Et nous repartirons


Vers cette mer

Parmi les rires

Dans les jeux de plage

De l'été.


Pensez au visage

De votre père

Quand avec lui

Vous jouiez à la mer.

Lui qui chaque jour

Chaque matin

Laissait sa sueur

Dans l'atelier.

Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous

Ce ne sera pas notre dernier voyage

Le train retournera chez nous

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 18:39

LE PRÊTRE VISIONNAIRE
Version française – Le prêtre visionnaire – Marco Valdo M.I. a – 2009
Chanson italienne – Il prete visionario – Anton Virgilio Savona – 2005



J'aime beaucoup les prêtres visionnaires; ce sont les enfants de Jeanne la bonne Lorraine qu'Anglais brûlèrent à Rouen ou des adeptes de Thérèse d'Avila ou de Thérèse de Lisieux, que guida la voix céleste.
On pourrait croire que les prêtres visionnaires – en fait, tout le courant des prêtres ouvriers et de la théologie de la libération – sont d'insondables optimistes, de sympathiques naïfs ou des myopes endurcis. En vérité, ce sont d'authentiques croyants, parmi les plus vrais qui soient; pour un peu, ils parieraient sur un miracle : le miracle de la foi qui verrait le successeur de Pierre distribuer les biens temporels de l'Église et cette dernière toute entière entrer en pauvreté.
Au temps de Pierre Valdo et de la Fraternité des Pauvres de Lyon (vers 1200), ils finissaient sur le bûcher; il y a quelques années , en Amérique latine, on le tuait pour moins que çà.
Leur myopie tient à ceci qu'ils feignent d'ignorer la Guerre de Cent mille Ans et refont le coup du chemin de croix. L'ennui, c'est qu'en agissant ainsi, ils abusent les pauvres en faisant croire que l'Église, cette putain des riches comme disait à peu près Théodore de Bèze, pourrait être réellement à leurs côtés. Traduisons : l'Église pourrait être avec eux dans le combat quotidien réel contre les nantis. Verra-t-on l'armée pacifique des croyants s'en aller raser les derniers sanctuaires des riches ?
Anton Virgilio Savona raconte une fable, évoque une parabole.
Dans l'ECAR (Église Catholique Apostolique et Romaine – dite le grand Ecar), ce sont les cardinaux qui ont toujours raison et le premier d'entre eux plus que tous les autres. Demandez à Benoît, il vous le redira.
Voltaire qui n'aimait pas l'Infâme estimait cependant qu'il fallait la conserver pour domestiquer les pauvres. Il voyait juste.
Pour en revenir à la parabole du prêtre visionnaire, dans l'Église, comme dans les partis (che sono la stessa cosa...), l'entrisme est un leurre, une voie sans autre issue que l'assimilation - c'est-à-dire l'obéissance perinde ac cadaver ou l'exclusion - c'est-à-dire pour les catholiques (et donc les prêtres en premier), c'est l'excommunication, quand ce n'est pas l'élimination pure et simple : tortures, pendaison, bûcher, épée... l'éventail des méthodes utilisées est vaste.



Mais enfin, c'est une belle histoire en chanson...

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.

« Je vois le Christ qui encore revit
et se réincarne jour après jour
dans l'humble, dans le sousprolétaire,
dans les hommes les plus pauvres du monde.
Je le vois réincarné en ouvrier
ou en nègre de la raciste Amérique. »
Ainsi parlait le prêtre visionnaire.
On dit de lui : « C'est un communiste ».


Mais le fait qui ne plut pas en haut lieu
Était ce dialogue qu'il avait avec ses fidèles
Avec eux, il discutait du message
et des significations des Évangiles.
Son temple accueillait à bras ouverts
pour les messes et les assemblées
Et le prêtre visionnaire menait
avec le peuple la guerre des idées.

Son évêque lui écrivit : - Cher prêtre,
ça ne va pas ainsi, tu dois te reprendre :
Oublie la pensée de l'Évangile,
Écoute celle du Saint Siège.
Tu le sais que l'Église a été faite
avec l'argent des seigneurs et des barons,
Et pour cela, tu dois exhorter tes fidèles
À ne pas divaguer et à rester bons.
Et en outre, prêtre, je dois te rappeler
Que tu reçois un traitement pour vivre
Alors, ou tu me donnes ta démission,
Ou bien, tu dois te rétracter...

Les gens du quartier en assemblée
Ne se fatiguèrent pas à faire une lettre,
Ils dirent : « On ne touche pas à notre prêtre ! »
Ils écrivirent : « Cardinal, démission ! »



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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 13:00


LETTRE DU CAMP DE CONCENTRATION DE RENICCI


Version française – Lettre du camp de concentration de Renicci – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson Italienne – Lettera del campo di concentramento di Renicci – Casa del Vento




Le camp de concentration de Renicci di Anghiari, dans le hameau de Motina dans la province d'Arezzo, fut officiellement constitué en octobre 1942 pour accueillir les prisonniers slaves, la plupart déportés de Slovénie et de Croatie, ramassés quelques mois après l'invasion de ces régions par les troupes italiennes. Il resta en fonction jusqu'en septembre 1943, quand l'annonce de l'armistice fit fuir les hommes de garde, et après eux, les prisonniers. De l'existence de ce camp, qui parmi ceux construits en Italie pendant le régime fasciste, se distingua par la gravité des conditions de vie et la haute mortalité des prisonniers, il semble qu'il ne reste pas de traces.



Le camp de Renicci est dès lors un lieu privé de mémoire; de fait, il n'existe aucun musée qui en rappelle la vie ou la fonction, mais il n'y a même pas une pierre lapidaire ou une stèle. Sont restés seulement quelques constructions en briques, qui ont été maintenus et non détruits comme tout le reste et affectés à d'autres fonctions.

(pour la suite voir le site de l'ANPI de Rome).





Je t'écris mon amour

avec un morceau de charbon

sauvé de la fange

de cette prison.

Ils m'ont emmené

Après leur invasion

Coupable de résistance

Car je ne voulais pas de maître.


Et mes camarades étaient mourants
Abandonnés sur cette grande terre
Où on parle l'italien et je ne comprends pas
Ce que j'ai fait de mal.

Ma peur est grande comme celle

De ne pas revoir un jour mes enfants

Ou tes cheveux si doux à caresser.

Loin de ma Lubiana

Je ne sens pas l'odeur de l'Adriatique

Je n'entends pas les vagues chanter

Ni les pêcheurs appeler.


Les sous que tu m'as envoyés

Cachés dans des coquilles de noix

Collés comme mon destin

Au tuyau de ma prison.

Et mes camarades qui sont en train de mourir

Abandonnés sur cette grande terre

près du fleuve lent qui coule vers Rome

Lent comme le passage du temps

de ce temps qui sème la haine

qu'aucun vent ne saura jamais chasser

Il n'y aura pas de jours pour continuer.


Je t'écris mon amour

Ne pas oublier

Si je volais dans le vent

Je pourrais même revenir.


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