Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 17:54

QUEL EN EST LE PRIX

Version française – QUEL EN EST LE PRIX – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – A questo punto il prezzo qual è – Ivan Della Mea

 

 

On peut aimer la vigne sur la colline

Le jeu des pierres mangées par le canal

Le pain rond, l'olive qui murit

Mais l'important est de savoir

À ce moment, quel en est le prix.

On peut aimer la maison sur la montagne

Qui rit vers la vallée

Entre les yeuses et les châtaigniers,

L'amour à l'ancienne

D'un homme constant.

Mais l'important est de savoir

À ce moment, quel en est le prix.

 

On peut aimer la paix légère

La souche qui chante dans la vieille cheminée,

La noix qui croque,

La gorgée de vin.

Mais l'important est de savoir

À ce moment, quel en est le prix.

 

Et je peux aimer

Le doute de dieu

Qui me prend le cœur

En regardant le soir.

Peur des étoiles,

Peur de terre.

Mais l'important est de savoir

À ce moment, quel en est le prix.

Et je peux aimer

L'envie bourgeoise

De l'homme fatigué qui laisse la guerre

Pour faire l'amour avec son grillon bavard.

Mais l'important est de savoir

À ce moment, quel en est le prix.

Et je peux aimer

La rage perdante,

L'étranglement d'angoisse de la ville,

Le cri solitaire:

Je rentre au pays.

À ce moment, rien ne sert de savoir

Il faut brûler tous ses vaisseaux.

Pour chaque épuisé,

Le prix est Guevara

C'est Inti Peredo,

Vietnam, Mariguella,

Ceccanti e Avola e Battipaglia

Brûle mon gars brûle

La lutte continue encore
Brûle mon gars brûle

La lutte continuera.

Repost 0
4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 10:38

LE CAMARADE G.

Version française – LE CAMARADE G. – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Il compagno G. – Ivan Della Mea – 2002

 

 

« Fin octobre 1962. Dissoute une manifestation syndicale en soutien à Cuba. Soudain, une charge de la « celere » (police anti-manifestations), le bataillon Padova, et une jeep renversa un jeune étudiant communiste appelé Giovanni Ardizzone... »

 

 

 

Le camarade G.... Figure-toi, mon ami Lucien l'âne aux poils si drus, que cette lettre solitaire, ce G, tout seul, là devant les yeux de tous, me rappelle quelque chose, une histoire de résistance, elle aussi. Elle se passait dans la future capitale de l'Europe, à Bruxelles, au début des années quarante. Un groupe de jeunes universitaires – de l'Université Libre de Bruxelles, la bien nommée en l'occurrence, mit sur pied un groupe de résistance armée, qui se spécialisa – si ma mémoire est bonne – dans le sabotage. Comme tu le sais, le sabotage est souvent le fait ou la spécialité des ingénieurs et comme on dit, c'est de bonne guerre. Ce groupe s'appelait le Groupe G. Lui aussi avec ce G tout seul devant les yeux de tous. Certains d'entre eux furent eux aussi assassinés par les nazi-fascistes...

 

C'est là une coïncidence que cette lettre, ce G. tout seul devant les yeux de tous, dit Lucien l'âne un peu raisonneur pour la circonstance, mais quand même, il y a bien un lien qui est la lutte de résistance au cœur de la Guerre de Cent Mille Ans. Mais, dis-moi, qui est ce camarade G. ?

 

 

Comme tu peux le lire dans l'introduction que j'ai traduite, il s'appelait Giovanni Ardizzone et il fut assassiné par une jeep de la police anti-manifestations italienne en 1962 à Milan. Ce n'est d'ailleurs pas le seul cas du genre : rappelle-toi Carlo Giuliani à Gênes en 2001. La chanson rappelle la mémoire de Giovanni Ardizzone, le camarade G.

 

Concluons ici et laissons parler la chanson, dit Lucien l'âne : Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I.

 

Milan a de la mémoire

Des souvenirs, en voici deux :

On est fin octobre, le soir

En mil neuf cent soixante-deux

Il y a quelqu'un à terre

On l'appelle Giovanni

Sa bouche est encore remplie

De oui à la paix, non à la guerre

De paix sur la terre

Et de ses vingt ans aussi

Assassinés par un agent

Encore un peu fasciste.

Ainsi mourut Ardizzone, étudiant

Étudiant et communiste.

La nuit de la veillée

Je ne sais ce qui me prit

Je fixai Moroni

Et je dis : il me vient une pensée

Giovanni nous ressemble

Giovanni nous ressemble

À nous tous, nous tous

Tant que nous sommes, tous.

Alors doit mourir le fascisme.

Alors que meure le fascisme

Fonce Giovanni en avant

À Gênes aussi, en avant

Demain avec Giuliani

Abattu par un soldat

Par un carabinier

Serrons dans nos doigts

Pour ne jamais oublier

L'histoire et la mémoire

De ces heures noires.

Tranquillement, nous nous regardons

Quel mal y a-t-il à le faire ?

Et nous découvrons

Que tous nous ressemblons

À Carlo, à ce garçon

Porteur de notre optimisme

Qui parle du droit

De vivre dans la joie.

Repost 0
4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 10:36

Le Grand Rat

 

Canzone léviane – Le Grand Rat – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 62

 

 

Le Grand Rat est la soixante et deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Quel étrange titre, où as-tu bien pu pêcher pareil titre, dit Lucien l'âne en frissonnant tout le long de son ventre comme seuls savent le faire les ânes et les équidés pour écarter les taons ? Ce Grand Rat me fait frissonner, j'en ai comme la tremblotte jusqu'au bout de ma queue.

 

Ne t'inquiète pas ainsi, mon cher Lucien. Je vais t'expliquer tout ça et c'est encore bien plus terrible que tu ne crois. D'abord, le titre d'une canzone est souvent pris dans le corps de la canzone elle-même; comme tu le sais, le titre, souvent, on le choisit après, quand on est face au texte; comme pour un tableau, on cherche un titre. Ici, le Grand Rat est venu tout seul, si j'ose dire. Il est entré tout seul dans l'histoire, il s'y est faufilé suivi de ses innombrables petits. Mais ce n'est que normal, les rats se sont toujours faufilés partout et il y a toujours eu des rats en prison, si l'on songe aux rats biologiques. Ils sont d'ailleurs parfois d'excellents compagnons de galère. Pour qui reste longtemps enfermé de force, le rat peut même devenir un ami; certains ont apprivoisé jusqu'à des oiseaux ou des araignées. Mais là, on est dans le domaine de la vie qui cherche à survivre malgré tout.

 

Bon, j'admets très bien qu'on puisse avoir des amis rats. J'en connais d'ailleurs moi-même un certain nombre avec lesquels je m'entends très bien, dit Lucien l'âne. C'est parce qu'on est un âne qu'on ne peut pas comprendre et estimer les autres espèces animales. Ainsi, je fréquente bien la pire espèce qui soit, la plus dévastatrice... Mais non pas les rats... Mais bien ta race à toi, celle des hommes qui détruit joyeusement les autres espèces, qui se détruit elle-même et qui détruit la planète entière et qui sait demain, l'espace tout entier. Donc, dis-moi Marco Valdo M.I. mon ami bien qu'humain, quel est ce grand Rat s'il n'est pas biologique...

 

Je vais te le dire, mon ami l'âne que je n'ai absolument pas l'intention de blesser, de tuer, ni même de forcer au travail... Nous, nous ne sommes pas aux galères. Mais avant de te le dire, je voudrais insister une fois encore sur l'indignité qu'il y a dans cet univers carcéral : on y meurt plus qu'à son tour, on s'y suicide à tour de bras ou plus exactement, on est suicidé à tour de bras ( et les tueurs ne sont jamais poursuivis – souviens – toi, j'avais fait la chanson à propos de l'assassinat en prison de Gaetano Bresci [http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8334&lang=it] ou même, on y meurt à petits feux – c'est le cas par exemple de Marco Camenisch, dont je t'ai déjà tant parlé. Je me demande d'ailleurs si cette lente torture n'est pas pire encore... Cette lente torture est précisément celle qu'inflige le Grand Rat et les innombrables petits... Le Grand Rat, c'est le temps, ce rongeur de l'absolu, c'est à lui qu'il faut résister ou c'est lui qu'il faut subvertir et apprivoiser par le rêve intérieur, par ce repli au cœur de soi-même. Voilà ce dont elle parle cette canzone, de tous ces jours anonymes qui saison après saison dissolvent les couleurs.

 

Je comprends, dit Lucien l'âne en clignant des yeux. Je me souviens très bien de cette chanson et de ton récit Achtung Banditen ! À propos de Marco Camenisch. Et puis, je trouve très juste ta conclusion de l'autre fois où tu parlais de la déraison d'État » : « Quand on vous disait qu'on était en guerre, dans cette guerre que les riches et les puissants font aux pauvres depuis cent mille ans.
Cette chanson est faite à la mémoire de tous ceux qui furent suicidés ou qu'on retrouva pendus dans les prisons (et ailleurs aussi) sous les régimes les plus divers, dans les prisons des princes ou des États - certains même sont dits démocratiques. Appelons çà la déraison d'État. »

 

Crois-moi, Lucien mon ami, face à la déraison d'État, une seule devise : Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

On a sonné trop fort

Ainsi commence le jour

Encore la neige, encore

La vraie neige qui blanchit le jour

Des anges blancs descendent noirs

Sur la terre noire

Enfer de fleurs

Et se dissolvent dans les couleurs.

La neige se remplit d'épouvante,

Mon temps inépuisable.

Traverse la lumière et serpente.

Concentré, interminable.

Ne cherchez pas les raisons des rats,

Ne vous laissez pas piéger !

Ne vous laissez pas ronger !

Car autrement le Grand Rat,

Ou ses innombrables petits, vous détruira.

Partout l'armée innombrable des rats

De génération en génération, traverse les millénaires.

Les temps sont immenses, leurs vies éphémères

Des milliers de glaneurs et de glaneuses sur les champs

Font mourir l'amour et le contentement.

Paillette d'or ensevelie dans la terre.

Quelque chose au fond de la mémoire chante.

La parole est signifiante.

Le temps infini désespère,

Le vide en prend un bout avec ses dents de rats,

Voici comment raisonner le rat,

Ne pas posséder, juste prendre,

S'aimer, sourire et comprendre.

Repost 0
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 22:55

PLOMB

Version française – PLOMB – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Piombo – Subsonica

 

Dédiée à Roberto Saviano

 

 

Te souvient-il, Lucien l'âne mon ami, d'une chanson intitulée Plomb, de Corrado Sannucci celle-là, qui racontait les ravages que le plomb, ce métal mou, fait dans l'organisme travailleurs humains - et le ferait sans doute de même façon, pour les autres vivants qui y seraient exposés. Le plomb, ainsi considéré, est un poison; il tue assez lentement.

 

Oui, oui, parfaitement. Je m'en souviens parfaitement. Mais pourquoi me demandes-tu cela ?

 

Tout simplement, car voici une autre chanson avec le même titre et pourtant, elle ne raconte pas tout-à-fait la même histoire, même si c'est une histoire de mort. Le plomb cette fois est envoyé tout chaud et en petite quantité, mais directement dans la tête ou dans le corps de celui qui doit mourir. Le plomb, vois-tu, ici, entre dans l'être sous forme de balle et a pour but de l'éliminer de la surface de la terre. Bref, il s'agit tout simplement d'exécutions crapuleuses, d'assassinats programmés par une bande organisée ou par une autre. Et cette chanson est dédiée à un journaliste qui a fait profession de dénoncer ces bandes... et donc, de devenir lui également le gibier de ces tueurs, qui décidément n'aiment pas qu'on leur dise leur vérité ou qu'on la dise à la face du vent et du monde. C'est pourquoi nous le disons ici aussi; ici aussi, toi et moi, nous dénonçons la bêtise bestiale de ces crétins assassins.

 

Évidemment, dit Lucien l'âne,... Dans la Guerre de Cent Mille Ans, ces mafieux sont dans l'autre camp... du côté des riches et des puissants. Nous tisserons un linceul à leur vieux monde puant et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

« Taches de sang, journées de soleil

Les doigts sur l'asphalte, l'arme déjà déchargée.

Jeune vie en plâtre fragile

Tout finit, à terre reste une forme.

Valets et pions, échiquier de mort

Dans le système, la marchandise est la seule règle

Risquer tout et n'être rien

Dans le mal obscur qui rejette toute pitié.

 

L'air est plus pesant que jamais quand un fantôme nous prend l'oxygène

Quand le plomb est le seul futur de cette ville

Sous une coupole qui semble la normalité.

L'air est plus pesant que jamais et brûle tant que manque l'oxygène

Trop de silences dans ce béton qui saigne déjà

Trop d'espérances dans le viseur qui scintille à présent.

 

Si un rêve n'atteint même pas le matin

Si les illusions sont des scories d'humanité

Comment conjuguer un verbe au futur

Quand le futur est seulement l'adjudication des ténèbres.

Dans une terre de soleil et de poisons

Il y a un paradis infesté de démons

De spectres redoutés avec noms et prénoms

Qui tremblent seulement en face de la vérité

Celle du courage qui défie l'obscurité

Celle de celui qui écrit en dénonçant sa réalité.

Les âmes rampantes qui protègent le cauchemar

Sous l'ombre d'un lendemain qui brûlera. »

 

L'air est plus pesant que jamais quand un fantôme nous prend l'oxygène

Quand le plomb est le seul futur de cette ville

Sous une coupole qui semble la normalité.

L'air est plus pesant que jamais et brûle tant que manque l'oxygène

Trop de silences dans ce béton qui saigne déjà

Trop d'espérances dans le viseur qui scintille à présent.

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 21:49

LE SUPRÊME



Version française - LE SUPRÊME – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – L'Altissimo - Mercanti di Liquore e Marco Paolini

 

 

 

4 novembre 1918 – Du Commandement Suprême : la guerre contre l'Autriche-Hongrie, où sous la haute conduite de Sa Majesté, le Roi Guide Suprême, l'armée italienne inférieure en nombre, en moyens...

 

La haute conduite, un mètre cinquante-huit de monarque... Un monarque en réduction... un monarq, un monar, un mon... Prenez-en un autre vous autres si vous le voulez et vous aurez une haute conduite !



Le Suprême d'en haut envoie la tempête

Le Suprême d'en bas mange ce qui reste

Le Suprême d'en haut envoie la tempête

Le Suprême d'en bas mange ce qui reste

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Deuxième strophe :

Le Suprême d'en haut attend sous terre

Le Suprême d'en bas envoie faire la guerre

Le Suprême d'en haut attend sous terre

Le Suprême d'en bas envoie faire la guerre

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...
Petits points, petits points, petits points...


Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...

Et entre ces deux Suprêmes, et entre ces deux Suprêmes...
… Nous restons très pauvres.

 

 

Repost 0
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 22:11

UNE HISTOIRE

 

Version française – UNE HISTOIRE – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Questa è una storia – Ivan Della Mea – 1965

 

 

L'histoire d'une vie. Une histoire qui commence à partir de la guerre. Avec un final inattendu, d'espérance, très beau. « Pas une histoire de livre, une histoire vraiment vraie. » Nous ne lasserons pas de répéter que nous considérons Ivan Della Mea comme un des plus grands poètes en musique de la chanson d'auteur italienne; et encore à présent on peut aller l'écouter, dans des lieux improbables, gratter sa guitare et chanter ses chansons. (30/04/2006)

 

On peut, en effet, toujours l'entendre dans des lieux impossibles jouer de la guitare et chanter ses chansons... et très exactement, ici et dans le cœur des gens.

 

Ajoute Marco Valdo M.I.

 

 

Une histoire, seulement une histoire

Une histoire parmi tant d'autres

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Il eut femme, enfants et travail

Il y eut la guerre, il resta seul

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Il eut un tour, de la fonte et des éclats

Un dans l'œil, l'autre dans le dos.

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

 

Puis, il perdit l'œil et il eut un corset

Enfin, il perdit son travail

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Il y eut les rues de la cité

Et la pitié de la société

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Ensuite, l'arrestation et la prison

Et la licence de mendiant.

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Puis, la pension, façon de parler

Elle était de quinze mille lires.

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Hier, il a trouvé une autre femme

Ils ont décidé de rester ensemble

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

Ils lui ont tous dit qu'elle était laide

Il a répondu : Qu'est ce que ça veut dire ?

 

Et dans sa réponse, il y a seulement sa vie

Ni regret ni douleur

Et même pas le sens de ce qu'est

Cette histoire qui est son histoire.

 

Certes, son récit n'est pas parfait

Nous l'avons entendu un soir

Mais ce n'est pas une histoire de livre,

C'est une autre histoire, vraiment vraie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 22:08

 

 

La Faim du Bourreau

 

Canzone léviane – La Faim du Bourreau – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 61

 

 

La Faim du Bourreauest la soixante et unième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Tu sais, Lucien mon ami l'âne aux rêves emplis de soleil et de montagne, la vie du prisonnier est assez fantasmatique; le réel est un lieu lointain, hors de portée et généralement, pour sa sauvegarde, pour survivre dans cet environnement, comme tu l'as constaté ici depuis longtemps, il reconstitue un monde dans le rêve ou le cauchemar selon la tonalité du jour ou de la nuit, selon l'état de son psychisme, selon la saison, selon la luminosité, selon sa fatigue ou selon les nouvelles qui lui parviennent.

 

Je sais, je sais, et j'imagine que c'est un peu comme nous les ânes quand on nous attache par la tête à une meule, qu'on nous aveugle et qu'on nous fait tourner, tourner jusqu'à ce qu'on tombe d'épuisement. Dans ces moments-là, nous aussi, les ânes, on se retrouve dans notre monde, celui que l'on cache tout à l'intérieur de soi.

 

Et vois-tu, Lucien mon ami l'âne au petit cœur, les ruminations de l'incarcéré ou de l'enfermé sont le reflet de la lutte qu'il mène et des craintes, sinon des terreurs qu'il ressent. La canzone d'aujourd'hui est de celle-là... Une angoisse, un tourment... qui se termine plutôt bien... Sauvé par un réveil...

 

Mais quand même, dit Lucien l'âne, rêver à sa décapitation, rêver à son bourreau … C'est terrifiant.

 

Je te l'accorde volontiers, mais, vois comme les choses se mettent, notre ami le rêveur parvient à retourner la situation et faire de son bourreau un bourreau de cœur et à entamer une « affaire », comme disent les Anglais, avec lui; une romance, dirais-je, avec elle. La Faim du Bourreau ou comment apprivoiser ses peurs et retourner les armes contre l'ennemi. L'ironie et l'humour, en somme, font bon ménage.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

Il est 7 heures, il ne reste qu'un moment

Avant l'école, avant l'arrivée des enfants.

Je reviens à mon rêve brusquement interrompu.

À mon rêve un instant suspendu.

Je suis dans un lieu, sans doute à Paris.

Qui sait quand ?

Lors de la dernière guerre ou alors bien avant,

Exilé de mon pays.

Je suis emprisonné, condamné à mort.

La scène se passe dans un vieux fort,

Où me jugent des greffiers,

Peut-être eux-mêmes prisonniers,

Sombres, vêtus d'habits anciens à longues manches

Tout engoncés dans leurs collerettes blanches,

Assis l'un à côté de l'autre comme des jurés.

Dans un coin de la pièce, je peux voir

Sur un escabeau de peintre, tout vêtu de noir

À la mode du dix-septième, au cou, un ruban écarlate

L'air gentil, c'est une personne cultivée et délicate.

Le bourreau qui doit me décapiter.

Il a l'air timide et semble désolé

De devoir ainsi m'exécuter.

Qu'il fasse ce qu'il doit faire

Le bourreau doit être de fer.

D'un coup, je suis libre et je fuis

Avec mon bourreau, dans les rues de Paris

Une jeune femme aux yeux bleus

Mince et blonde de cheveux

Un maintien et des habits modestes.

Par une porte des saloons de l'Ouest,

Nous entrons dans un bistrot;

Elle demande un porto.

Je commande un café crème au bar

Mon bourreau-fille veut un homard

Ou de la choucroute, ou un cassoulet toulousain.

Les sonneries éclatent soudain...

Il est 7 heures, il ne reste qu'un moment

Avant l'école, avant l'arrivée des enfants.

Je reviens à mon rêve interrompu.

À mon rêve un instant suspendu.

Je suis dans un lieu, sans doute à Paris.

Qui sait quand ?

Lors de la dernière guerre ou alors bien avant,

Exilé de mon pays...

Repost 0
28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 09:20

CE QUE VOUS NE DITES PAS

Version française – CE QUE VOUS NE DITES PAS – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Ciò che voi non dite – Ivan Della Mea – 1967

 

Comme je chante, il m'est donné à moi

De dire même ce que vous ne dites pas.

Sans doute, est-ce pour cela que vous me payez

Peut-être est-ce pour cela que vous m'applaudissez.

 

Pour ce que nous en savons

Ce n'est pas une chanson

qui fera la révolution

Non, non, non, non, non

 

Cinq sous pour le mot terre

Et cent, s'il rime avec guerre

Et si au consommateur cela plaît

Mille pour ma chanson de paix

Car tout sert et que rien ne se perde !

Je veux un million pour rimer la merde

Sous plus sous mettent l'idée sous la fesse

Je sors mes quatre vers et je vous chante la messe

Non, non, non, non, non

 

Quoique vous puissiez me donner

Vous ne pourrez jamais payer

Mon chant avant le cri à la violence

Contre les fatigués et les purs de la conscience

Contre celui qui achète le cri pour la paix

Qui écoute tranquille et se tait.

C'est le chant seul, le cri « au secours »

Chantez maintenant « Bandiera Rossa » à votre tour.

Repost 0
28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 09:19

LA GRANDE GUERRE EST FINIE DEPUIS LONGTEMPS

Version française – LA GRANDE GUERRE EST FINIE DEPUIS LONGTEMPS – Marco Valdo M.I. – 2009

Chanson italienne – Da tempo è finita la prima grande guerra – Ivan Della Mea – 1962

 

 

 

Depuis le temps qu'est finie la première grande guerre

La Sainte … Les morts sont déjà oubliés sous terre.

Avec ses ailes peintes aux couleurs de la Victoire

L'Italie sourit désuète à sa gloire.

 

Reviennent les emblèmes de l'Empire Romain

Le fascisme s'avance avec son Duce hautain

Et derrière les manipules, les cohortes et les condottières

Un hymne d'ardents guerriers passe dans l'air.

 

« On s'en fout

De la prison

Chemise Noire

Triomphera... »

 

Italie du Génie, Italie si grande botte,

Ils t'ont enlevé ta veste, ta chemise et ta culotte

De ton sein affaibli secoué de hoquets

Le fascisme naissant voulut sucer le lait...

Et après t'avoir pompée jusqu'au dernier fond

Il te laissa la marque d'un gros suçon.

Repost 0
26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 22:13

TOURNONS LA PAGE

 

 

Version française - TOURNONS LA PAGE – Marco Valdo M.I. - 2009

Chanson italienne – Voltiamo il Foglio – Anton Virgilio Savona – 1972

 

 

Sais-tu, Lucien mon ami aux quatre pieds plus noirs que l'ébène, ce que c'est le conditionnement ? As-tu déjà entendu parler de Pavlov et de son chien ? Je ne sais, mais je suis sûr par contre que tu sais très bien ce que c'est que le dressage et la domestication. Et bien, tout cela, c'est une seule et même chose. Sauf ceci que pour les animaux, on parle (on, c'est-à-dire les humains qui font du racisme bête) de dressage, de domestication, mais pour les hommes, on parle de conditionnement. En fait, c'est pour camoufler le sens réel de la manœuvre. Tout comme lorsque pour les enfants des hommes, on parle d'éducation, et pour les enfants des animaux, on parle d'élevage, mais encore une fois, c'est la même chose.

 

En somme, dit Lucien l'âne assez clairvoyant et perspicace, seuls les animaux ont droit à la vérité sans fard.

 

C'est assez juste, en effet. Et la chanson d'Anton Virgilio Savona met en évidence le dressage du petit humain. Dès la naissance, ou presque, on s'emploie à le dompter, à le cadrer, à l'enfermer dans la cage des habitudes, des respects et des croyances, à lui enlever toute envie d'originalité, à lui briser sa personnalité, à réduire sa liberté, à saper son tempérament, à l'émasculer, à le raccourcir, à le rapetisser en quelque sorte. Je vais te donner quelques exemples de raccourcissement de l'homme pour lui inculquer l'art de la soumission : on lui coupe les cheveux (passe encore...) - certains ne veulent pas; on lui coupe le prépuce (hop, un morceau en moins et sois sage, sinon... on te coupera autre chose... la tête, par exemple, pour les plus récalcitrants), tu es fille, on te coupera les lèvres – on appelle cette jolie chose l'excision, on te forcera à mille choses... à la prostitution ou au mariage, par exemple. On te soumettra à toutes sortes de lois et l'exploitation se cachera derrière l'image sans nom, derrière le fantasme d'un qui n'existe pas. En fait, ils ont inventé un Dieu ou des dieux, rien que pour çà... Pour dominer et domestiquer l'homme. Dieu le veut ! justifia les croisades et leurs élégants massacres. Dieu le veut ! ou dit autrement dans d'autres langues ou dans d'autres religions. De l'assassinat comme l'art de promouvoir la civilisation... Façon comme une autre d'échapper à leurs responsabilités dans ce jeu de massacre … et elles sont immenses.

 

Tous comptes faits, dit Lucien l'âne avec énergie, je préfère rester baudet...

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Avant d'aller dormir

Ta prière, tu devras dire

Pour le peu de choses que tu as

Dieu le Père, tu remercieras.

Avant de manger

En silence, tu te signeras

Car tu es un privilégié,

Il y en a pour qui c'est bien pire que pour toi.

C'est là que commence la duperie

Que se dessine déjà ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.

Maintenant, tu es presque un grand

Tu fréquentes l'école à présent

Ton maître tu écouteras

Et tant de choses, tu apprendras.

Lui en toutes choses est savant

Et toi, tu es un ignorant.

Si tu veux réussir, mon enfant

Tu dois être très obéissant.

 

 

C'est là que se prolonge la duperie

Que se renforce déjà ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.


Te voilà jeune homme à présent

Tu dois marcher bien en rang

Et obéir à tes supérieurs à galons

Quand ils crient « Garde à Vous ! »

Tu dois claquer des talons

Et au cri « Repos ! » obéir itou

Avancer le pied et faire le dos rond.


C'est là que s'étend encore la duperie

Que se renforce encore ta cage.

Mais l'histoire n'est pas finie,

Tournons la page.

 

 

Te voilà bon pour le service

À l'atelier ou à l'office

Programmé pour travailler

Pour qu'un patron puisse t'exploiter

Le soir, la télé

Te tient désinformé

En échange, le dimanche, c'est champion

Elle t'endort avec ses ballons.

 

 

C'est là que tu es couillonné

Tu ne peux t'échapper de ta cage.

Car désormais ils t'ont conditionné

À tourner la page.

 

Repost 0

Présentation

  • : CANZONES
  • CANZONES
  • : Carnet de chansons contre la guerre en langue française ou de versions françaises de chansons du monde
  • Contact

Recherche