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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 16:38

Berluscon

 

Chanson parodique française – Lucien Lane – 2010


Et bien, Lucien mon ami l'âne, voilà que tu te mets à faire des chansons satiriques maintenant. Je ne te connaissais pas ce talent. Et une parodie, en plus. Et pas n'importe laquelle... J'en suis tout épastrouillé... Une parodie du Roi des Cons de Georges Brassens.


Ce ne fut pas facile, mais j'y suis arrivé et j'ai même ajouté un couplet ; il fallait bien conclure. Ce ne fut pas facile, mais j'y suis arrivé et j'ai même ajouté un couplet ; il fallait bien conclure. Au fait, sais-tu ce qu'est une épectase, dans son élargissement sémantique, s'entend ou dit autrement, dans son sens large... C'est la grande mort par la petite mort ou la mort à la suite ou durant un orgasme...



En effet, vu le personnage, çà lui pend au... nez, dit Marco Valdo M.I. en riant comme un damné. Il y a des précédents : un Président de la République français Félix Faure, un cardinal... Celui-là dont on rapporte officiellement que c'est « dans l’épectase de l'Apôtre qu’il est allé à la rencontre du Dieu Vivant ».


Et puis, comme tu sais, la grande tradition veut que l'on brocarde – en ces temps de Carnaval – ceux qui s'y croient, qui se prennent pour des gens d'importance, qui pètent plus haut que leur cul, les « gros cous » comme on dit chez nous... et parmi tous ceux -là, particulièrement les gens de pouvoir, les personnages politiques. Tu connais sans doute l'adage de Michel Eyquem de Montaigne, qui me paraît correspondre tout à fait à la situation et au personnage visé par ma chanson – un certain Berluscon :


"Plus haut monte le singe, plus il montre son cul. "


J'aimerais autant ne pas le voir, dit Marco Valdo M.I.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Elle est mal partie l'Italie

Elle est mal partie l'Italie

Avec un Premier qui délire

Avec un Premier qui délire


Il y a peu de chances qu'on
Détrône le Berluscon.

Il peut bien mentir ce malin

Il peut bien mentir ce malin

Du soir jusqu'au petit matin

Du soir jusqu'au petit matin

Il y a peu de chances qu'on
Croie le Berluscon.

Je tu il elle nous vous ils
Je tu il elle nous vous ils
Il nous prend pour des imbéciles

Il nous prend pour des imbéciles

Il y a peu de chances qu'on
Apprécie le Berluscon.

Il se prend pour le plus grand

Il se prend pour le plus grand

Des ministres de tous les temps

Des ministres de tous les temps


Il y a peu de chances qu'on
Dépasse le Berluscon

L'autre jour, il a dit à Fini
L'autre jour, il a dit à Fini
Je serai Président de l'Italie
Je serai Président de l'Italie


Il y a peu de chances qu'on
Se débarrasse du Berluscon.


Quand du pouvoir d'État, il abuse

Quand du pouvoir d'État, il abuse
Quand enfin les juges l'accusent

Quand enfin les juges l'accusent


Il y a peu de chances qu'on
Condamne le Berluscon

Que les jeunes filles d'Italie

Que les jeunes filles d'Italie
Congédient ce vieux Papi
Congédient ce vieux Papi

Il y a peu de chances qu'elles
Conservent le Berluscon.

Les autres peuples de la Terre
Les autres peuples de la Terre
De rire se roulent par terre
De rire se roulent par terre

Il y a peu de chances qu'on
Exporte le Berluscon.

Que ça c'est vu dans le passé
Que ça c'est vu dans le passé
Mussolini fut renversé
Mussolini fut renversé

Il y a toutes les chances qu'on
Liquide le Berluscon.


À force d'avaler du viagra

À force d'avaler du viagra

En épectase, un soir il mourra

En épectase, un soir il mourra


Il y a toutes les chances qu'on
Enterre le Berluscon.

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Marco Valdo M.I. - dans Lane Lucien
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 12:21

GUERRE EN VILLE

Version française – Guerre en Ville – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – War in the City – Gang – 1984




Il y a la guerre en ville

C'est la guerre cette nuit

Les couteaux brillent à la lumière des néons

C'est la nuit des héros

C'est la guerre

Çà n'a rien de romantique

Il n' y a pas de clairons ni de drapeaux

Seulement des rats qui attendent de manger

Des cadavres puants

C'est la guerre

Ils sont prêts à combattre

À vaincre ou mourir

Ils ont chanté des chansons de mort

Et il n' a pas de peur dans leurs yeux

C'est la guerre

Elle brûle cette ville

Dans la longue nuit rouge

La vengeance hurle

Dans ses rues grises

Entre les murs de béton.

C'est la guerre.




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Marco Valdo M.I. - dans Gang
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:35

NOËL 1944

Version française – NOËL 1944 – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Natale '44 – Andrea Sigona

 

 

Il est difficile d'imaginer la Milan différente telle qu'elle était en 1944, l'année la plus dure, celle de la répression et du lynchage. Mais aussi l'année de la Résistance et des hommes qui ensemble conquirent leur liberté à pleines mains. Certains revinrent, d'autres non. Comme cet amour né fortuitement en hiver ne vit jamais le printemps, mais qui valait la peine d'être vécu jusqu'à la fin.

 

 

Voilà pour toi, Lucien l'âne mon ami qui aime les fleurs bleues, dit Marco Valdo M.I., une histoire d'amour, çà te changera... En plus, elle bien jolie... Même, si funeste télégramme, triste béret... elle finit bien mal.

Je l'aime beaucoup et elle fend mon cœur d'âne pourtant solide comme le diamant... J'espère quand même, dit Lucien l'âne en souriant comme un bienheureux, que cette fois aussi, ta traduction plaira à l'auteur...

 

Moi aussi, dit Marco Valdo M.I.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Tandis que la lune s'en allait promener...

(Et le vent criait en banlieue)

Dans cette Milan si différente

À l'horizon de la démocratie

Deux cœurs que le destin a croisés

Malheureusement distants comme un crépuscule

Noël proche de 1944

L'histoire aux portes d'un songe interrompu

Elle était couturière pour se faire deux sous

Et lui boulanger (la vie la plus dure)

Les mains maculées de sel et de farine

Il revient le matin, elle rentre le soir

Et ce fut juste un hasard qu'au retour

Une seule seconde, il la vit passer

Elle lui sourit, puis s'enfuit

Comme parfois l'aiguille échappe au doigt

Mais elle n'oublia jamais plus ce regard

Ainsi justement à cette heure elle voulut repasser là

Car parfois les pensées sont comme les ombres

Elles te suivent où que tu ailles sans te lâcher

Et ce fut ainsi que de petits regards

Comme les accords font les chansons

On les met ensemble pour un instant

Puis, on les retrouve mêlant nos émotions

« Maudite soit cette guerre infinie

Qui tôt ou tard devra pourtant finir

Même pas le temps de faire l'amour

Mon cœur se brise de devoir repartir. »

Et de ce jour seulement le silence

Et un message apporté du front

Et un béret volé par le vent

Pour y broder la nuit...

Et Milan … dans coin de banlieue

Deux cœurs que le destin a croisés

Juste à l'orée de la démocratie

«Que s'en aillent ces bêtes de fascistes

Il suffit de le vouloir au-delà des mots »

C'est comme dans la nuit les pires cauchemars,

Il suffit de se réveiller... Et ils s'en vont au premier soleil.

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Marco Valdo M.I.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:33

Amériques


Canzone léviane – Amériques – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 86

Amériques est la huitante-sixième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Salut, Lucien l'âne mon ami, je suis bien content de te voir. En fait même, il me tardait de te voir, car je suis impatient de te faire connaître ma nouvelle canzone. Quand je l'ai découverte, j'ai été fort surpris de tout ce qu'elle signifie.... Ne me regarde pas avec des yeux aussi ahuris... Je te l'ai déjà dit pourtant que j'étais le premier lecteur de mes canzones et leur premier découvreur. Je t'ai déjà dit que quand je commence une canzone, je ne sais ni comment elle sera, ni ce qu'elle pourra bien en finale raconter. En quelque sorte, elle se fait au travers de moi et je t'avouerai aussi qu'il m'arrive de batailler contre elle pour la mener où j'aimerais qu'elle aille. C'est très curieux... Parfois, çà marche, parfois, elle se rebiffe...

 

Si je te comprends bien, mon ami Marco Valdo M.I., tu es en train de me dire que tes chansons se font toutes seules...

 

Non, non, Lucien l'âne aux oreilles si douces, ce n'est pas cela que j'essaie de te dire. Ce qui se passe quand je fais une canzone, c'est un peu ce qui se passe entre un sculpteur et une pierre ou un marbre ou un bois. Je prends l'exemple du sculpteur, mais ce pourrait être un peintre... Donc, le sculpteur est face à sa pierre, c'est-à-dire une forme massive et comme tu le sais ou le devines, chaque pierre, chaque roc est différent et sa structure interne est différente; bref, il est unique et le sculpteur se voit obligé d'en tenir compte. N'oublie pas que je parle d'une canzone léviane qui est, comme il est chaque fois rappelé, constituée d'éléments tirés de la (ma) traduction du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi. J'ai donc ma pierre brute au départ, c'est un un texte préexistant, une sorte de matière première, si tu veux, d'où je vais extraire la canzone après nombre de réécritures – ce sont les coups de ciseau du sculpteur et de ces milliers de mots, j'en retire finalement quelques dizaines ordonnés autour d'un sens qui jaillit du texte en train de se former. C'est un travail par à coups comme le fait le sculpteur, avec des reculs, des périodes de maturation... En plus, il y a les résistances de la matière... et ses propres caractères qui entrent en jeu. C'est plus complexe et plus difficile que la traduction, car c'est un monde nouveau qui se crée et dès lors, un être imprévisible qui sort au jour.

 

Restons-en là, si tu veux bien, dit Lucien l'âne, et dis-moi quand même de quoi elle parle ta canzone.

 

 

C'est la découverte de l'Amérique et ensuite, des Amériques, c'est aussi une histoire de guerres, de révolutions, d'émigrations, de colonisations, de massacres... Les génocides des populations amérindiennes n'y apparaissent pas sous ce nom-là, mais ce sont elles dont elle parle en disant « combien de vies piétinées par les chevaux du lointain Occident... » Non, elle ne se trompe pas ma canzone, elle le sait d'où viennent ces chevaux – ils viennent d'ici, d'Europe et donc d'un lointain Orient, mais les massacres qu'ils font avec Cortez par exemple, mais bien sûr aussi avec la Cavalerie étazunienne participent de ces génocides dans ce lointain Occident que sont les Amériques. Puis, les chars et les bombes de l'Occident iront massacrer ailleurs... Tout le site en est rempli de chansons qui racontent ces guerres lasses...

 

Je comprends, je comprends, dit Lucien l'âne en se tortillant... Mais quand même, ce qui me surprend le plus, c'est que tu ne savais pas au départ que ce serait de tout cela qu'elle serait faite...

 

Non, je ne le savais pas. Cela dit, je te rappelle qu'elle est une part de la méditation du blessé-prisonnier-guerrier... et qu'elle n'est en somme qu'un épisode qui illustre la Guerre de Cent Mille Ans... et qu'il y a là à l'œuvre une logique globale et que ces guerres se tiennent l'une l'autre... et que pour les pauvres de partout, il n' y a qu'une seule chose à faire aujourd'hui comme ils ont toujours dû le faire : résister...

 

Oui, je le pense bien, dit Lucien l'âne. D'ailleurs, c'est notre principe de vie à nous les ânes : Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo et Lucien Lane

 

 

 

 

Un cheval court dans la prairie

Dans la solitude des nuits

Au milieu des hurlements inconnus

Entre des arbres et des rochers perdus

Des villes naissantes et brutales

Une jungle rude, un foutu carnaval

Pas moyen de s'y retrouver

Et quelles luttes pour fédérer

Ceux qui venait d'endroits éloignés

Fuyant les guerres, les famines, les atrocités

Avec dans la tête, une montagne, un lointain village

Avides d'or, avec un demi-visage

Une jambe de bois et une de chair

Pour une vie encore à faire

Le cœur et le corps macérant dans la solitude

Une langue mastiquée d'incertitude

Et des insultes et des imprécations

Femme, enfants, amis: vieilles illusions

Au-delà de l'eau en une traversée,

Changer de langue, changer d'azur

L'autre monde n'a pas nos mesures

Entre le Nord, le Sud et ses haines compliquées,

Ce monde sourcilleux

Presse tant qu'il peut

Pour aplatir et amoindrir

Rendre plus mince qu'un soupir

Faire mourir pour renaître

Faire courber et l'accepter en maître.

Au bout du long chemin de l'émigration

Au bout du long massacre de la colonisation

Combien de larmes avalées,

Combien de sang,

Combien de vies piétinées

Par les chevaux du lointain Occident !

Pour 'st Amérique

Cet autre monde, ces Amériques

Combien de larmes avalées,

Combien de sang,

Combien de vies écrasées

Par les chars et les bombes du lointain Occident !

Pour 'st Amérique

Cet autre monde, cette Amérique.

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:31

UN MOMENT DE PAIX

Version française – UN MOMENT DE PAIX – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la version italienne BISOGNO CORPORALE (UN ATTIMO DI PACE) de Gian Piero Testa [2010] d'une Chanson grecque Σωματική ανάγκη (Μια στιγμή ειρήνης) de Dionysis Savvopoulos / Διονύσης Σαββόπουλος – 1988

 

 

 

Je suis tombé par hasard sur cette chanson de Dionysis Savvopoulos / Διονύσης Σαββόπουλος. C'est un musicien que je ne connais pas bien …

Et je me suis diverti à voir comment il décrit le but de la paix, dont les voies sont infinies. Cela semblera une chose un peu vulgaire, je ne le nie pas. Mais que la guerre soit vue comme un excrément que nous portons dans le corps, dont nous avons du mal à nous libérer, eh bien, ce n'est pas une idée déplaisante. Même si, pour sûr, les voies de la guerre sont infinies. Il me vient en tête une nouvelle de Sacchetti... dans laquelle on raconte comment une petite ville entière de votre Toscane se mit en alarme et éclata un conflit en son sein, car en plein marché un vieux corbeau était aller fouiner de son bec ( et il dit, en fait, « mettre son bec ») dans le trou du cul d'un grand mulet teigneux. Il se renversa tous les étals des marchands; et les différentes corporations coururent aux armes en craignant une attaque de leurs rivaux.

 

Ainsi raconte notre Gian Piero Testa. Pour ce qui me regarde, par contre, je trouve cette chanson pas du tout « vulgaire », ou alors vulgaire , mais de cette façon très élégamment populaire de « L'hymne du corps libéré Faites caca, pas la guerre ! » de Roberto Benigni; et il a bien fait GPT (c'est cas... cas de le dire NDT) de citer le Toscan Sacchetti, car nous autres Toscans avons avec la merde un rapport particulier, carrément unique. Une chanson grecque de Savvopoulos, qui pourrait même faire la paire avec celle d'un autre Toscan, Lello Vitello.[ Vu sous un autre angle, Riccardo Venturi le connaît vraiment bien : http://www.youtube.com/watch?v=o2E8CTTObDc] , La Pierina voleva pisciare; si dans la chanson de Lello , inspirée d'un fait authentique, une pisse déclenche la guerre, ici par contre c'est une cacade qui déclenche la paix. Paraphrasant le grand Thomas à Kempis, tel qu'il est cité par Umberto Eco dans Le Nom de la Rose : In omnibus requiem quaesivi, et nusquam inveni nisi in latrina cum libro. L'original disait in angulo (dans un coin) , mais quel coin meilleur que les chiottes pour trouver la paix avec un bon livre ? Une réponse indirecte à Francesco Guccini qui dans son «  Avvelenata », déclarait agacé qu'il ne pouvait avoir « un moment à soi », même aux chiottes... ce qui est absolument tragique. [RV]

 

Ah ! Ah ! , Lucien l'âne mon ami, as-tu vu ce qui arrive sur ce marché de Toscane ? Culotté ce vieux corbeau... Enfin, on trouve son bonheur où on peut ...

 

Oui, Marco Valdo M.I. mon ami, je connais cette nouvelle de Franco Sacchetti que j'avais d'ailleurs croisé sur un marché près de Florence vers 1370 et qui me l'avait lui-même racontée – un peu comme toi, en riant avec un soupçon d'ironie dans la voix... Mais, je vois ton sourire en coin et tes yeux qui pétillent... Il est bien dit que c'était un mulet grand et teigneux... et puis, je ne me laisse pas approcher de ce côté-là; souviens-toi de ma devise, qui est celle de tous les ânes : « Ni la carotte par devant, ni le bâton par derrière ». Va voir à ce sujet ma chanson : Nous, les ânes ( http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=10640&lang=it). Pour le reste, tissons le linceul de ce vieux monde décrépit et cacochyme. Ora e Sempre : Resistenza !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

On a combattu du soir au matin – taratata boum boum

Nous par ci et par là l'ennemi


Et pas d'eau – un ou deux

Pas de pain – trois ou quatre

Et voici qu'arrive une autre soirée

Les ennemis sont en nombre

Soudain, nous avons besoin

Il n' y a pas de trêve

 

Nous déposons les armes

Et nous allons derrière les arbres

Toujours ennemis

Et les officiers aussi nous suivent

 

Maintenant tout est fini dans un gargouillis

Roi, religion et Patrie

Et reste seule sœur Guerre

Comme une vieille avec un dérangement

 

Vienne la paix pour cause de « force majeure »

Et qu'elle dure, pour sûr, toute notre petite vie.

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Marco Valdo M.I.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 13:08

60 ANS
Version française – 60 ANS – Marco Valdo M.I. – 2010
Chanson italienne – 60 Anni – Talco



Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson à clefs ou à tout le moins, une chanson pour laquelle il faut deux ou trois compléments d'explication... Je te dis tout de suite qu'à mon sens, le personnage qui parle n'est autre que le peuple italien lui-même...

J'imagine bien, dit Lucien l'âne, et j'aimerais au moins que tu me dises le sens de certains mots que je ne trouve pas au dictionnaire courant... Je ne parle pas des allusions à des personnages politiques précis... Mais de ces mots qui ont l'air tout à fait communs... comme piduiste, lupara, ou qualunquiste... qu'à mes yeux, tu n'as pas véritablement traduits comme tu l'aurais dû.

Tu as raison, Lucien mon ami l'âne, d'abord dans ta distinction entre les allusions à tel ou tel personnage et les noms communs. Pour ces derniers, je ne les ai pas traduits, dis-tu, comme j'aurais dû. Je sais bien que ce n'est pas un reproche, mais quand même... Je vais prendre la peine d'y répondre comme si c'en était un. Je n'ai pas traduit ces mots... Tout simplement car on ne peut les traduire; ils n'ont pas d'équivalents en français. Voilà qui complique singulièrement les choses... et dans ce cas, la meilleure solution est de conserver le mot et de l'importer tel quel en français. C'est le cas de nombre de mots italiens; par exemple : spaghetti, macaroni, tartufo, tifosi... ou d'autres langues comme bistro, caméra, matador... Comme ils n'avaient pas d'équivalents, il a bien fallu les utiliser tels quels ou légèrement transformés. C'est le cas ici de qualunquiste, de squadriste et de piduiste. Alors, on y va : qualunquiste – littéralement : je m'enfoutiste, mais il a un sens précis en politique en Italie (et sans doute ailleurs), c'est le n'importe quoi, la débrouille, le n'importe comment du moment qu'on arrive au pouvoir et quand on y est arrivé, on y reste. C'est à la fois, l'arrivisme, l'opportunisme, le populisme et ensuite, toutes les dérives qu'on peut voir et celles qu'on ne peut pas voir. Et bien, je n'ai pas de mot pour ça. Donc, j'ai francisé le mot italien. Squadriste est aussi un mot très précis et politique : c'est en fait un de ces nervis fascistes, un membre d'une bande de cogneurs, de tueurs fascistes... Quant à piduiste, il renvoie au même univers des zones noires du pouvoir en Italie : c'est un membre de la Loge P2, une loge maçonnique dévoyée par des arrivistes et des gens malades de la richesse et du pouvoir. Si tu veux des noms, il te faudra lire l'actualité présente en Italie... Tu en trouveras plein de ces gens-là aux premières pages des journaux... En clair – et provisoirement, il faut l'espérer – ceux-là tiennent le haut du pavé. C'est en fait ce système et ce régime du « n'importe quoi pourvu que je reste au pouvoir » que dénonce cette chanson.

Et la lupara ?, demande l'âne Lucien. Tu ne m'as rien dit de la lupara...

C'est normal, on ne parle jamais de la lupara... Je veux dire, on n'en parle pas dans le pays où elle est utilisée... Mais si je devais traduire ce mot, je devrais dire « fusil à canon scié » ou quelque chose du genre... Cependant, çà n'aurait pas le même sens, la même connotation disons sociale, politique ou de menace. C'est en quelque sorte l'instrument de travail des tueurs mafieux... C'est donc aussi une manière de dénoncer la mafia et ses méthodes criminelles et crapuleuses. Alors, on garde le mot lupara...

Décidément, dit Lucien l'âne, ce monde est encore plus tordu, plus en décomposition et plus cacochyme que je ne le pensais.. Viens, mon ami Marco Valdo M.I., il nous faut aller lui tisser son linceul.

En Sicile, comme ailleurs, conclut-il, Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




J'ai soixante ans de deuils et de prisons
Désormais ravagé par ce capital anonyme
Piégé dans un lager de flics et de maçons
De bombes et d'assassins sans patronymes
J'ai payé des fautes de prêtres et de parrains
Et des prisons et des ghettos remplis d'idées
Des rêves trahis envolés des fenêtres
Et des dogmes corrompus protégés à Hamamet.

J'ai pleuré votes et idéaux vendus à un Américain
J'ai échangé mon dieu contre le pouvoir d'un démochrétien
Je vis l'erreur et la haine qualunquiste
Tirer dans le ventre de l'utopie
Et la horde funeste du germe centriste
Croître sur la pourriture de la bourgeoisie

J'ai vu encore des juges ingrats
Payer cher leur dignité
Et des templiers ivres avec leurs écus croisés
Tomber dans la fosse de l'immunité
Tu as baisé les mains de puissants piduistes
De riches ploutocrates, de fauteurs de guerre
Tu as acheté mes votes à la lupara et aux pots de vin
Tu as sucé la vie aux ouvriers et aux étudiants

Quand le silence est une douleur assoupie dans un idéal sourd
Quand le spectre des anciens tourments résonne au loin
Je revois le mal dans les yeux brillants
De haine squadriste et de noire nostalgie
Je revois Scelba et la pieuvre fasciste
Le long des enseignes de la police.



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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 13:00

LE PAS DU SOURDINGUE

Version française – LE PAS DU SOURDINGUE – Marco Valdo M.I. a – 2010

Chanson italienne – Il Passo del Caciurdo – Talco

 

Là dans les latrines des jours sans gloire

Des nuits noires bercent le sommeil de l'indécence

Une ombre s'avance balourde et sans mémoire

Elle marche pas à pas derrière le mal de indifférence

 

Depuis les égouts de la race, rampe imperturbable

Entre des consciences inertes qui ne demande pas le pourquoi

Un vieux chemin funeste et fils du passé

D'un fantoche qui brame une histoire qui n'existe pas


Non, il n'y a pas de quoi rire

Ils marchent les déchets d'une histoire qui n'existe pas

Non, il ne doit pas rire

Le sourdingue qui veut aller à reculons

Certes, vous autres messieurs n'ont aucune considération

Au guignol qui ne sait pas marcher en avant

Combien de fois encore caresserez-vous l'illusion

De vivre au jour sans veiller la nuit

Ne dormez pas bêtement ! C'est le pas du sourdingue

Avec ses loques sales de haine, il veut faire le nettoyage

Il rit et se déguise, c'est toujours son pas de sourdingue

Il souille vos rêves du présent et veut s'en aller à reculons.

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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 12:51

TESTAMENT D'UN BOUFFON

Version française – TESTAMENT D'UN BOUFFON – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Testamento Di Un Buffone – Talco

 

 

Fables épuisées et vides de mélancolie

Brouillard qui noie jours et solidarité

Nous dit-on sont nuages et utopie précaires

Mais là dans la métropole s'enfonce la réalité.

 

Sans filtres dans les rues promène le bouffon

Il saute par dessus les débris d'une ville désormais sourde

Il n'y a pas d'espace pour des plaintes ni modération

Pour celui qui a déchiré ses valeurs pour une tranquillité aveugle

Ne courez pas, ne fuyez pas

Un jour ne peut vivre sans son utopie

Ne courez pas, ne fuyez pas

Vous soldez votre lâcheté dans le néant du bien-être

Parmi les vols désespérés des fantômes et des faux jours

Ne courez pas, ne fuyez pas

Réveillez-vous paillasses avant ou ensuite

Comment vous feriez sans rêves

 

Certes un bouffon ne tiendra pas compagnie

Au vieillard qui ne sait plus parler avec ses rêves

Pour qui la caravane est désormais partie

Le prix de son orgueil est de s'enfoncer dans l'erreur

Mais dans les fauteuils armés du je-m'en-foutisme

Traîne une litanie vide d'idées sans identité

Ils disent « Un peu d'opportunisme ne sera pas plus mal »

Merci mais je refuse, j'ai mon intégrité trop à cœur


Mesdames, messieurs, les spectateurs

Un autre train est reparti

Je vous laisse le testament d'un amour qui a suivi sa vie

Avec le sourire, je repartirai en votre compagnie

En avant approchez-vous et qu'il n'y ait de honte dans le cœur de personne

Regardez regardez ne fuyez pas

Il y a ici, un bouffon armé de poésie qui danse encore avec ses rêves

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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 22:20

LA CROISADE DU DICTATEUR BLANC

 

 

Version française – LA CROISADE DU DICTATEUR BLANC – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Crociata del Dittatore Bianco – Talco

 

2000 est le nouveau millénaire

Année de grande commémoration

Année d'engagement et de réflexion

Il y a celui qui veut rendre la conscience claire

Et part en un voyage glorieux

Pour guérir les péchés capiteux

La croisade de la rédemption

Le bain sacré de la religion

Le dictateur à l'habit blanc

Tout maculé d'immoralité

S'approche du mur des lamentations

Et demande pardon à l'humanité

D'être resté passif face

À tant de sang versé pour rien

Sans égard pour qui est à ses côtés

Et pleure encore ses gens.

 

Parmi des scénarios de haine et de violence

De mensonges, d'injustices et de douleur

Parmi des idéaux réprimés dans le sang

La mémoire est le pire ennemi

De celui qui a attaqué la vie de l'homme

En embrenant son identité

Le remords n'en aura pas de trêve

Le souvenir n'en aura pas pitié

 

Il prêchait ses commandements

La voie juste pour l'âme pure

Pas d'avortement dans ses enseignements

Ni l'amour différent contre nature

Le bienfaiteur propose au pauvre

Mon credo est ta guérison

Mais il éteint la fureur du vice

Entre les griffes de l'Inquisition !

 

 

 

 

 

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Marco Valdo M.I. - dans Talco
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:28

BARAQUE

Version française – BARAQUE – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la version italienne de Riccardo Venturi (2010) la chanson grecque Παράγκα de Dionysis Savvopoulos / Διονύσης Σαββόπουλος (1975)


La Grèce des années 60-70, entre une démocratie fragile marquée par le « Parastato » (para-état) fasciste, la dictature septennale des colonels et le retour à une démocratie qui maintient cependant presque inchangés les centres de pouvoir économique. Avec un dénominateur commun : la pauvreté infinie de grandes couches de la population, qui contraignait à l'émigration en masse en Allemagne (« par troupeaux bandes tas dans les ministères »), à chercher fortune dans les loteries, à la prostitution enfantine, à espérer de la « bienfaisance » des prêtres, à ramasser les mégots dans la rue. Le tout avec le flic du glacial vers final, avec ce contrôle policier qui n'a jamais cessé ( de ce dont est capable la police grecque, infiltrée de fascistes en tous genres, on l'a bien vu). Une baraque au toit troué … Voici l'Italie de Pasolini et des quartiers romains. Voici le Portugal, pays qui a avec la Grèce plus d'une chose en commun. Voici un passé qu'on dit révolu et qui au contraire regagne chaque jour plus de terrain, en Grèce, en Italie et ailleurs. [RV]


D'abord, deux petites réflexions : la première, on annone aujourd'hui dans la presse qu'une jeune dame néozélandaise (étudiante – 19 ans) vient de vendre aux enchères sur un machin du genre « Fesse Bouc » son, disons, son hymen pour un paquet de dollars américains... comme quoi, RV a raison, ça continue... Note que des paysans sud-américains vendent leur sang pour survivre... La deuxième remarque, c'est le flic qui nous colle au cul... J'aurais dû traduire « qui nous suit de près », mais la réalité est plus forte... Le surveillant, l'animateur, l'éducateur, le grand frère, l'oeil est là jusque dans les lieux les plus saufs grâce (si on ose dire) à la télévision et aux caméras de surveillance... qui envahissent tout comme les sauterelles. Orwell avait raison : Big Brother is watching you... e anche noi tutti.


Cela dit, regarde-moi çà, mon ami Lucien l'âne qui te contente d'une étable toi aussi comme tous les ânes, cette histoire de baraques... Les humains réduits à la misère, à une baraque sans toit, en somme, à un destin de bêtes de somme... Noi, non siamo cristiani, siamo somari... Nous, nous ne sommes pas des chrétiens ( en clair : « Nous, nous ne sommes pas des hommes », car dans la colonisation de l'espèce par le Vatican et autres sectes, ne peuvent être des vrais humains que ceux qui sont de la secte...), nous sommes des bêtes de somme » était déjà encore et toujours, le destin des paysans au-delà d'Eboli, c'est-à-dire tous ceux qui dans les villes et les campagnes sont écrasés par la misère ou méprisés par le pouvoir. Bien sûr, nous nous reconnaissons bien tous les deux dans cette expression et même, on en ferait bien une de nos devises... Regarde aussi ce que dit Riccardo dans son commentaire... Moi, je trouve qu'il a raison et que c'est là un mouvement mondial, un peu comme la tectonique des plaques...



On n'est pas là pour faire des analyses politiques, dit Lucien l'âne, mais quand même, il faudrait repenser toute cette histoire de démocratie clignotante (un coup çà va, un coup [d'État] çà ne va plus) dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches (de Grèce et d'ailleurs) mènent avec acharnement contre les pauvres afin de renforcer leur pouvoir, d'accroître leurs richesses et leurs privilèges. Le tout, crois-moi, foi d'âne, pour satisfaire leurs caprices infantiles de possession, du moi-je, de l'égo en mal de démesure. On comprend aisément à partir de là ces incohérences apparentes et le fait que le régime importe peu pourvu qu'ils aient le pouvoir. En somme, pourquoi pas la démocratie tant qu'on ne touche pas à leurs fortunes et qu'on leur laisse le loisir de se gonfler encore... Et c'est là un monde bien dégoûtant, ce vieux monde cacochyme auquel nous allons de ce pas tisser le linceul...


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





De quelque côté qu'on regarde

Toute la Grèce est une immense baraque

Baraque, baraque, baraque d'intempéries

Et on en parle comme d'un cadavre



Les gens, les gens sur les trottoirs

Demandent des sucreries et des billets de loterie,

Par troupeaux, par tas entiers dans les ministères

Se font les demandes pour l'Allemagne



Les dames et les prêtres de bienfaisance

Travail à la pièce, psalmodies, sérénades,

Evanthula pleure avant de s'endormir

Elle met sa virginité aux enchères.

Sur les terrains de sport soupire la Grèce,

Dans les cafés, billard, blagues et cartes,

On s'arrête pour lire au kiosque

Des revues populaires à un drachme et demi.



Non, non, ce n'est pas une chanson,

C'est le toit troué d'une baraque.

C'est le mégot ramassé par un pauvre,

C'est le flic qui nous colle au cul.

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Marco Valdo M.I.
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