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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 18:23

La Métamorphose des Escargots

La Métamorphose des Escargots – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 94

 


La Métamorphose des Escargots est la nonante-quatrième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, comme souvent, la canzone d'aujourd'hui a un titre étrange, elle s'intitule : La Métamorphose des Escargots. Si elle s'était intitulée simplement La Métamorphose, on aurait pu y voir une allusion et un hommage à Franz Kafka(ce qu'elle est, d'ailleurs), jeune homme tchèque doué pour l'écriture et sans doute, un des grands novateurs de littérature du siècle dernier – à tout le moins. Par parenthèse, son nom - si, c'est là une manie de traducteur, on le traduisait en français - donnerait quelque chose de tout aussi mystérieux : François Chouca. Mais revenons à la Métamorphose des Escargots... C'est bien évidemment une métaphore; en somme, une image qui signifie autre chose en plus de ce qu'elle paraît à première vue dire et même ici, c'est là le paradoxe, l'inverse. Je m'explique : une métamorphose est le changement de forme, d'apparence d'un être de sorte qu'il paraît extérieurement – peut-être même intérieurement, mais là, on ne peut le voir – différent de lui-même, être en quelque sorte un autre. Tu me suis...



Voyons, Marco Valdo M.I. mon ami très cher, ne te souviens-tu pas de qui je suis ? Te rends-tu compte à qui tu parles ? Je ne suis pas n'importe qui moi et si tous les êtres – on peut le considérer ainsi subissent une anamorphose – moi, Lucien l'âne, je suis un métamorphosé, c'est même ce qui me caractérise et ce que je traîne depuis des milliers d'années. Au commencement, j'étais un beau jeune homme, comme on dit. Et sans ce sort de sorcière, sans cette sorcellerie... Je n'aurais jamais eu ces belles oreilles qui t'amusent tant. Ni le reste. Donc, je sais ce qu'est une métamorphose, mais encore...



Une métamorphose à l'envers. Dans l'ordre normal, on penserait que la métamorphose des escargots serait le passage des escargots d'une forme à une autre... Je ne sais pas moi, de l'état d'une sorte de ver nu ou de limace à celui d'escargot à coquille. Mais ce n'est pas cela du tout. La métamorphose à laquelle nous assistons ici est celle des hommes en escargots; des hommes libres en hommes chargés d'une coquille qui les écrase : en prisonniers ou en êtres enfermés. La coquille étant la prison elle-même, le lieu d'enfermement et ses contraintes. Le reste est le développement de cette métaphore et son aboutissement final : la destruction de l'être... C'est à quoi résiste notre ami le rêveur enfermé.



Je vois et je comprends, dit Lucien l'âne en tirant ses oreilles bien droites vers le haut comme des points d'exclamation, question de ponctuer ce qui va suivre. Mais, Marco Valdo M.I. mon ami, ne penses-tu pas que c'est aussi la métaphore de la métaphore que le destin des hommes condamnés au travail par l'avidité de quelques-uns, par leur délirant infantilisme de possession et de puissance... Une sorte de métaphore de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres en les écrasant sous les arrogances du pouvoir toujours armé, comme il se doit – sans quoi, il ne tiendrait pas longtemps.





Ainsi va leur monde, en effet, dit Marco Valdo M.I. et il faudra bien y mettre fin un jour... et le plus tôt sera le mieux.



Tu as raison, reprenons notre grand œuvre et tissons le linceul de ce vieux monde inique et cacochyme.



Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Vapeurs, brumes et rosées,

Heureux sur la terre trempée,

Escargots des routes de bave brillante,

Que la soif de liberté tourmente,

Nous glissions solennels comme des bateaux,

Nous étions rois dans ce monde de boue et d'eau,

De lichens, de racines, de sable humide et de pierres.

Passe le coquelet avec son bec de fer

Qui pique, qui pique, qui pique encore

Et qui nous picore.

Marqués au feu de la siccité,

Confinés dans ce refuge de béton et d'acier,

Nous sommes les escargots

Qui portons la prison sur notre dos.

Après des siècles de métamorphose

Nous voici, racrapotés dans cette coquille,

Enveloppés de fermetures, exilés de toute chose,

Escargots face aux doigts qui grappillent

Comment ne pas soupçonner

L'histoire cachée dans cette main,

Où se lisent nos lendemains

Ni l'art avec lequel nous serons "purgés",

Cuits, assaisonnés et, finalement, mangés.

Arrive le cuisinier

Avec sa toque et son tablier

Qui nous tourne et nous retourne encore

Et qui gourmand, des yeux déjà nous dévore.

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 19:43

Rituel du petit matin

Rituel du petit matin – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 93



Rituel du petit matin est la nonante-troisième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Chacun a sa manière de se lancer dans la journée. Comment fais-tu, toi, Lucien l'âne mon ami. Comment t'éveilles-tu ? Et que fais-tu presque automatiquement au réveil ? Lao-Tseu disait que tous les voyages commencent par un pas, le premier. A mon avis, la journée aussi...


C'est çà, Marco Valdo M.I. mon ami, nous les ânes, comme tu le sais, on a quatre pieds au bout de nos quatre jambes et non pas huit comme Vialatte essayait de le faire croire. Pour la petite histoire, il comptait ainsi en parlant du cheval, mais le calcul serait le même pour nous les ânes. Le cheval, disait-il, a huit pieds deux pieds devant, deux pieds derrières, deux pieds à gauche et deux pieds à droite. C'était de la poésie pure. Dans la réalité terre à terre, nous avons quatre pieds : un devant à droite, un deuxième devant à gauche, un troisième derrière à droite et un quatrième derrière à gauche.


D'accord, tu as quatre pieds et la plupart des ânes également – les ânes à trois ou cinq pieds sont rares. Mais çà ne répond absolument pas à ma question... De savoir comment tu commences habituellement tes journées...


C'est vrai. Je parlais des quatre pieds pour t'expliquer que nous, on dort debout. Enfin, le plus souvent. Et oui, je te vois sourire, pendant ce temps, on se raconte des histoires; çà aide à dormir debout. Ce sont nos rêves. Quant au réveil, il faut un certain temps avant que j'ouvre les yeux; ensuite, je secoue mes oreilles et ma crinière, je m'ébroue et en effet, je fais un premier pas. Je te passe les détails d'hygiène, qui sont pourtant des urgences et puis, je m'en vais boire et manger. Ensuite seulement, je commence à penser à ce que je vais faire durant le jour.


Évidemment, c'est assez différent des hommes qui dorment couchés, cachés sous des draps ou des couvertures et qui au réveil, mettent souvent un certain temps pour ouvrir les yeux, s'étirer, sortir de leurs songes. Il paraît que les Polonais disent de ce moment qui s'étire avant le lever qu'ils peignent leurs rêves... C'est assez joli comme idée. Je rêve de peigner mes rêves. Ensuite, il faut quitter le lit et poser un des deux pieds à terre et on ne sait jamais si c'est le bon. Certains pensent que le choix du pied - celui qui amorce le premier pas, détermine le cours du jour. Mais je te demandais tout çà, car c'est en quelque sorte le motif de la canzone. Comment se passe le rituel du petit matin en prison, comment le prisonnier aborde-t-il la journée... « Le réveil sonne toujours trop tôt ». Voilà l'histoire.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Le rituel du petit matin

Encore dans le noir

Rituel du petit matin

Le petit café noir

Au sortir de la torpeur

Sacrifice, prière, mutilation,

Guerrier archaïque, aveugle exécuteur

Prêtre d'une religion

De coléoptères sans ailes et sans mots

Le scarabée envie l'escargot,

Qui sort ses yeux télescopiques,

Humides et magiques.

Le songe ou l'évasion,

Un moment d'inattention

Le réveil sonne toujours trop tôt

Une goutte vivifiante d'eau

Rituel du petit matin

L'enfermement torture

Cette insensible agonie dure.

Oh, le coq, le coq chante

Tu tombes du lit et tu rampes

Sans tes lunettes, comme un serpent,

Une main levée, immobile, sereine

Entre tes doigts, une pierre de temps.

Où vas-tu délirant capitaine,

Que cherches-tu sur cette mer d'encre

Où les Sirènes vertes jettent l'ancre,

Quand les Baleines blanches sifflent doucement.

Sur le mur, au-dessus de la table, le Crucifix

Fabriqué par un artisan haut-allemand

Avec une extrême onction sourit.

Biscornu, sans forme, imposé

Plus rosé, plus pâle, plus délavé,

Ce monstre totémique, partisan de la douleur.

Rit de ta souffrance et de ton malheur.

Encore dans le noir

Le rituel du petit matin

Le petit café noir

Le rituel du petit matin

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:31

LE CARNAVAL

 

Version française – LE CARNAVAL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Il Carnevale – Michele Contegno

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, nous voici au Carnaval ! Ici, dans ce pays, on en a un par semaine; un dans chaque commune et généralement, on le prépare par des fêtes prémonitoires... Ainsi, de décembre à l'été, on carnavale de tous les côtés. Et comme tu le sais, le Carnaval est temps de réjouissance et aussi de dénonciation – un peu cathartique je l'admets – des puissants qu'on traîne dans un fleuve de ridicule. Une chanson sur le carnaval, donc, on ne peut manquer de la traduire. D'autant que tu y apparais toi-même en grande pompe... Hihan...

 

Marco Valdo M.I. mon ami, tu sais que comme toi, je connais le carnaval et tu as parfaitement raison, on m'y associe souvent; mais comme tu peux le constater, mon rôle est assez piquant, me voilà promu au rang de prêcheur et de Saint-Just populaire... Cela me convient bien et il me plaît de pouvoir ainsi dénoncer le grand Caïman, le grand saprophage, l'homme qui saccage l'Italie à son propre profit : "et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !"

 

 

Je ne relèverai pas le côté carnavalesque et graveleux des Coquerelles, sorte de bivalves ou de moules... Cela dit, moi, j'aime beaucoup les crustacés... Comme disait Boby Lapointe, à propos de la maman des poissons : "Elle est bien gentille et moi, je l'aime bien avec du citron..." Alors, Lucien mon ami l'âne, allons-y...

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Au milieu des abois et des pétards

D'une meute de bâtards

Parmi des nuages de pucerons

Dans le flottement des chiffons

Tiré par des cabots

Entre le roi des camelots

Qui ouvre d'un geste royal

Les folies du carnaval.

 

On fait fête et grand boucan

Au passage du roi Caïman

Et la foule lui rend hommage

D'immondes et répugnants coprophages

Apportent oboles et tributs

Des étoffes et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !

 

Apportent oboles et tributs

Des étoffes et des femmes de bordel

Couvrent d'or et d'écus

Le grand Vizir des Coquerelles !

 

Mille fanfares balayent les rues des villes...

Le carnaval se moque de la civilisation !

 

L'âne étrille les fidèles (hi han)

Valorise les péchés capitaux (hi han)

Dans les enceintes sacrées (hi han)

Raille ses commandements (hi han)

Lance des prêches multiples

De la chaire sur les disciples

Puis il communie et confesse

Pour servir la sainte messe

 

Permettez belle audience

Deux mots en confidence

Car les présages sont noirs

Les temps sont à la merci des loups

Ils rient tous, excepté le fou

Prison sans espoir

L'échange est fait désormais

Entre la vie et un méfait !

 

L'existence est une pute

Qui s'en fout de ton rut

Qui sans sourciller te délaisse

Qui t'épuise entre ses fesses

Où l'homme glisse comme un ver

Esclave du grand Gourou

Au cœur du monde à l'envers

Il boit tout et pisse tout !

 

Où l'homme glisse comme un ver

Esclave du grand Gourou

Au cœur du monde à l'envers

Il boit tout et pisse tout !

 

Mille fanfares balayent les rues des villes...

Le carnaval se moque de la civilisation !

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 16:27

SALES TEMPS !


Version française – SALES TEMPS ! – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Che Tempi ! – Ned Ludd – 2007


Juste une petite note à propos de « Les temps sont difficiles » : c'est bien une allusion (et plus que çà) à la chanson de Léo Ferré... qui finira bien par figurer parmi les CCG.





Écoute ce qu'ils ont fait à un ami

Lundi matin, il est allé pointer sa carte

Elle ne passait pas, il a appelé l'employé

Il lui a répondu : “Elle n'est pas démagnétisée”

Il y a qu'ils t'ont licencié.


Tu ne sais pas ce qu'ils lui ont fait à mon cousin

Des bruits circulaient de réduction de personnel

La société a convoqué tout le monde à une méga-réunion

Et ils ont appelé un à un par leur nom

Ceux qu'ils foutaient dehors.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Vendredi soir, une maie de ma belle-sœur

Ferme le magasin avant de s'en retourner

Son patron lui donne une recommandée

Elle l'ouvre chez elle et elle lit

Merci pour tout

Nous n'avons plus besoin de vous.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Un de mes amis était au travail

Le service du personnel l'appelé

Vous devez partir avec un an de salaire plein

Et l'année prochaine, a-t-il répondu

Qu'est-ce que je mange ?


Une fille qui travaillait avec ma copine

À la fin de son stage était très contente

Mais ils ne lui ont pas renouvelé son contrat

Ils disaient que durant ces mois, tu n'as pas été à la hauteur

Mais pendant les deux ans

Sans contrat

Elle avait été à la hauteur

Même pour les heures sups.


Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Mais quand même de ces temps-ci, faut pas faire le difficile

Ils ont augmenté les heures, même qu'il y en a toujours moins

Au moins chaque mois, il y a le salaire qui tombe


Pour combien de temps encore ?

Vois ce qui est arrivé à ceux d'Alitalia...


Sales temps ! Les temps sont difficiles !

Sales temps ! Les temps sont difficiles !

Sales temps ! Les temps sont difficiles !


Pour combien de temps encore ?

Pour combien de temps encore ?

 

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Marco Valdo M.I.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:50

La Description du Monde

La Description du Monde – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 92

La Description du Monde est la nonante et deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 



La Description du Monde est la nonante et deuxième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Ah, Lucien l'âne mon ami qui court au soleil dans les campagnes, vois comme est la condition du prisonnier, comment est le monde où il est condamné à doucement étouffer. Car s'il n'y prend garde, s'il ne trouve pas comme notre ami la parade d'un monde intérieur et inaccessible aux intrusions ennemies, c'est bien cela qui l'attend. Mourir à petits feux... Par suffocation. Telle est la description du monde de la prison.



C'est proprement horrible, dit Lucien l'âne aux yeux si grands qu'on voit tout le ciel dedans. J'en ai froid dans les os et même dans les oreilles. Finir, là-bas, finir ainsi... Même, nous les ânes, qui sommes durs à la peine, on ne le supporterait pas...



Mais regarde bien, Lucien mon ami, la plupart du temps, il ne faut pas, il ne faut même pas des supplices atroces, des tortures sanglantes, des douleurs brutales... Le monde de la prison est à l'image de la société qui l'abrite et qui le façonne. Il est tout en insignifiance, en presque rien, en une longue et étouffante immobilité, surtout ne pas faire de vagues. La règle est tout simplement la stagnation, comme mode lent de strangulation. C'est ce que ce monde applique aux prisonniers, mais aussi à tous ceux que ce monde exclut de ses fastes, de son « train de vie » (« way of live »)... C'est le destin réservé aux pauvres. C'est une manière de scinder le monde entre les gagnants (« winners » : les riches, les puissants) et les perdants (« loosers » : les pauvres, les faibles). La prison est le paradigme du système... Quand on étend le « système » à l'ensemble de la société (leur société, la société comme ils l'imaginent et comme ils veulent l'imposer à l'humanité), on obtient exactement çà : les riches d'un côté, avec leurs sbires, leurs larbins et de l'autre, les pauvres, les rejetés, les enfermés : en prison, à l'asile, au camp de travail, dans l'entreprise, au chômage, nulle part... L'essentiel est de les tenir calmes, d'empêcher toute révolte, tout changement, de protéger et de maintenir les privilèges et les fortunes.



Mais, dit Lucien l'âne, on dirait un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, comme un moment de cette drôle de guerre où tout s'immobilise dans les tranchées. Quelle saloperie que ce monde cacochyme...



Mais, dit Marco Valdo M.I., en prison comme ailleurs, pour la survie – même simplement morale, pour le moral en quelque sorte – il est nécessaire de construire une résistance. C'est cela le sens du « Ora e sempre : Resistenza ! »... Quoi qu'il arrive, quelque destin qu'on te fasse, il faut résister, résister, résister. Maintenant, aujourd'hui et toujours (demain, après-demain...). Comme en prison, il y faut parfois de la patience : « Jour après jour, on nous réduit.

Nous tenons bon patients comme l'araignée

En tissant une toile serrée :

Le saint suaire du monde des puissants. »



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Monde engourdi de la prison,

Univers limité, sans relation.

Toutes nos heures sont feutrées

Le charabia des moteurs

Par les fenêtres fermées,

Étouffe dans la chaleur.

Nos jambes entravées de faiblesses,

De fatigues, d'incertitudes, de détresses

L'insignifiance est notre condition normale,

Nous souffrons de mollesse mentale.

Nous voyons entre les fleurs

Se ternir nos bonheurs.

Notre passé ne se perd pas

Mais bien pire, cette fois

L'ennemi vient de l'extérieur,

Du dessus et de l'intérieur.

L'ennemi est partout.

Se méfier aussi du dessous

Le temps est trop lourd à porter

On doit pourtant tout supporter.

Notre vie se resserre d'ennui.

La couleur s'habille de noir

Jour après jour, on nous réduit.

Nous tenons bon patients comme l'araignée

En tissant une toile serrée :

Le saint suaire du monde des puissants.

On ne voit ici que les carreaux du pavement

Et l'herbe entre les pierres.

Ici, il est conseillé de se taire.

Immobile parmi les choses,

Le temps fait déclore et faner les roses

De compromis en compromis

Ainsi se rétrécit notre infini.

Il est terrible de ne pas savoir

Si la soufrière cessera de bouillir

Si les cyprès redeviendront droits...

Un jour, pourtant, on va en sortir

Et revivre hors de cet endroit.





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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 22:39

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE JEAN DE LEYDE

Version française – LA VÉRITABLE HISTOIRE DE JEAN DE LEYDE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La vera storia di Jean di Leida – Max Manfredi – 1994

 



Prologue



Allemagne vers 1500 : les signes de la fin sont proches

La réforme protestante de Luther se répand

Mais un groupe de fanatiques plus radicaux,

Dits Anabaptistes (Rebaptiseurs)

S'emparèrent en force de la ville de Münster

Et fondèrent le « Royaume des Justes »,

La « Jérusalem céleste ».

Après la mort au combat de son ami Jean Matthys,

Le tailleur et saltimbanque Jean de Leyde

Décide de se revêtir des attributs du Christ

Adoré par les gens pour son talent de guitariste

Il exerça le pouvoir absolu sur Münster,

Pratiquant la polygamie et ordonnant des exécutions

Capitales aussi parmi les siens.

Mais son royaume dura peu

Juste le temps d'un siège; un royaume affamé,

Épuisé, un royaume de cadavres, de rats,

De femmes en délire
L'évêque et les nobles protestants
Reconquirent Münster, massacrant ses habitants

L'Agneau grandit à l'ombre du Boucher

Et même le Boucher a son Ange.


Ils attendaient le Royaume des Justes

Et y en avait qui attendaient.

Jean de Leyde avait des amis robustes :

« Debout les gars, on a à faire ».

C'étaient des temps difficiles, naissaient des enfants à deux têtes

Et le diable était dans tous les couvents, il y avait des croix sur les fenêtres.


Sur la porte de sa boutique, Jean vit l'Ange du Boucher,

Il le reconnut tout de suite à son regard sombre.

Il parlait le dialecte des bêtes de boucherie

Et il lui dit: « Fais-toi loup, Jean, ou ceux-là te feront agneau ».

La morale de cette histoire, la morale est un cheval bai

Qui galope où il veut et porte l'Ange du Boucher.

 

Avec la foi comme épée, la bible comme bouclier

Dans son Royaume des Justes, Jean de Leyde était nu.

Pour édifier son royaume, Jean coupa court;

L'Antéchrist avait mille faces

(Et chacune connaissait le feu).

Il mit l'ombre sur ses épaules, l'ombre comme manteau;

Il vit le feu à l'horizon (C'était le sang de l'Agneau !)

Il épousa dix-huit femmes et une fut reine

Ses apôtres couraient prêcher sa doctrine

« À la potence les riches et les prêtres,

C'est le moment de la gloire.

Les biens et les femmes sont à tous et rideau sur l'histoire ! »

 

La morale de cette fable

Est un évangile, sûr, mais de « bon poids ».

Tout sera retiré au pauvre, même ce qu'il a repris.

Avec la foi comme épée, avec la bière comme bouclier,

Entre des prophètes, des rats et des guitaristes, Jean de Leyde régnait nu.

 

Dans l'assaut de la faim, il revit l'Ange du Boucher;

Mais ils ne se reconnurent pas; ils avaient le regard sombre.

Lors de la peste d'avril il y avait un tremblement de voix:

« Ils ont chopé ton ami, ton règne est neige au soleil ! »

Et ils prirent d'assaut ta belle Jérusalem

Ils crachèrent sur ton trône et piétinèrent tes gemmes.

Tous les jours la torture avec la foule qui applaudissait

Et ses femmes qui suivaient un évangile à la dérive.

Et puis, on le mit en haut,

Dans une cage d'acier.

Et il resta pour le veiller l'Ange du Boucher.

Tous les anges de pierre ne pipèrent mot;

Peut-être avaient-ils des affaires avec la poudre d'Orient.

Avec la foi comme épée, avec la bible comme bouclier

Par sa Jérusalem, Jean de Leyde allait nu... nu.


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Marco Valdo M.I.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:01

Comme une Cigarette

Comme une Cigarette– Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 91

Comme une Cigarette est la nonante et unième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Depuis la fin des hostilités, lorsqu'en 1918, après Caporetto, Verdun, la Somme, l'Yzer et autres Piaves, les belligérants s'étaient dit avant de rentrer chez eux – lucides – « À la prochaine ! », est né le divin enfant : le célèbrissime « Soldat Inconnu ». Il n'y a pas plus connu que le soldat inconnu. Un soldat créé tout exprès pour la cause patriotique, un soldat choisi au hasard dans un gigantesque tas de cadavres...

Et , commente Lucien l'âne qui avait vu la guerre de Troie, vu le nombre de soldats inconnus accumulés en ce temps-là, il a dû y en avoir des veuves du soldat inconnu.

Passons, dit Marco Valdo M.I. en le coupant sèchement, l'heure n'est pas à la gaudriole. D'autres s'y complaisent. Ici, on parlera du simple soldat inconnu, n'importe lequel de ces poilus disparus sous les hontes européennes, everyman, elkerlijk... l'incarnation par millions de l'homme de la rue perdu dans la tranchée.
Tout ce tas de morts réduit à une petite flamme... Voilà ce que raconte la canzone et le souvenir de notre guerrier-prisonnier-blessé, soldat inconnu lui aussi, guetté par son vautour. D'un côté, les morts; de l'autre, les ganaches. Avec sa flamme, comme l'enfant d'Auschwitz de Guccini, le soldat inconnu (ces millions de cadavres de paysans, d'hommes de la rue) « S'envole en fumée iridescente
Comme une cigarette. » Note bien ceci, Lucien mon ami, que parlant du soldat inconnu, la canzone aprle en même temps de tous les autres soldats inconnus, un à un :
« Mort et remort dans les champs
Rongé par les insectes par les rats par les chiens errants. »

 

Et quelle dérision, dit Lucien Lane, finir ainsi : « Comme une cigarette... »

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Sans tambour, ni trompette

Mégot aujourd'hui oublié

Dans un monde trop pressé

Comme une cigarette

Le pauvre poilu

Toujours plus inconnu,

Flamme tremblante

S'envole en fumée iridescente

Une autre réalité se détache

Hitler, gestes et moustaches.

Le soir avec les soldats

Mariposa ou rata vôloira

La nuit passe à lire

Dans l'attente de mourir.

Vague commémoration,

Uniformes, médailles, trompette et clairon

Héros de plumes et de panaches,

Drapeaux, vivats, guerriers, ganaches

Journées radieuses, joyeuses fanfares,

La Piave murmurait. Seul dans le noir.

Moment épique extravagant,

Sur une poule de rencontre, un coq stationne un instant

Patrie, Gloire et Victoire,

Chants patriotiques et baptême de l'Histoire

Mort et remort dans les champs

Rongé par les insectes par les rats par les chiens errants

Le pauvre poilu

Toujours plus inconnu,

Flamme tremblante

Idole parfaite

S'envole en fumée iridescente

Comme une cigarette.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:00

FORZA GIUAN, L'IDÉE N'EST PAS MORTE

 

 

Version française - FORZA GIUAN, L'IDÉE N'EST PAS MORTE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Forza Giuan l'idea non è morta – Ivan Della Mea – 1969

 

 

Il suffit d'espérer, Franco, mon ami !

La roue tourne, le monde est bien rond.

La lune, par contre, Cristo, est en forme de poire ;

Celui qui espère vit le jour et meurt au soir.

Les nouvelles ? Un an sans chanter

Un an de silences pour comprendre !

Je ne voulais plus espérer, ni chanter.

Giuan est mort sans rire et sans pleur.

Il est mort de vieillesse, au premier cri :

« Bandiera Rossa ! » à Rome et à Milan.

Un vent nouveau court l'Italie

Giuan est mort. Franco est celui qui ne se trompe pas!

Un vent nouveau, Franco, et il n'a pas le temps

Il n'a pas un moment pour écrire des chansons:

C'est l'heure de la lutte et des actions.

Il crève Giuan, il crève et je suis content!

Il suffit d'espérer, Franco, mon ami !

Le jour juste ne semble pas lointain,

Espérer est idiot. « Faire! », je crie moi :

« Faire quoi ? », faire Viva Mao!

Et je crie Viva Mao moi aussi, dans le vent,

Vent de l'Est, un chœur, une idée.

Espérer est idiot ! Faire... et à l'instant!

Quel moment faire, Della Mea?

Un an, Franco, et puis je me tourne en arrière

Une mer de drapeaux déchirés

De vieux gamins, rompus au vieux jeu

D'être chefs, avec le troupeau derrière.

Et chaque troupeau a son drapeau;

Rouge pour le P.C.I. et recousu de pièces.

Et comme je t'ai montré, patate, c'est le cul

Du chef qui les guide... et il a sa route!

Espérer est idiot? Peut-être! Mais moi je dis

Que l'homme nouveau, pour moi, est une espérance.

Elle est toute à moi., je sais espérer seul!

De chefs, de troupeaux et de pièces j'en ai eus assez.

Espérer est idiot, peut-être!... Peu m'importe,

Aujourd'hui, nous sommes déjà si nombreux, une ligue.

Angelo, moi... Deux ? Qu'est-ce que ça me fait ?

Forza Giuan, l'Idée n'est pas morte!

Forza Giuan, l'Idée n'est pas morte!

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:05

ENFANTS D'HANNIBAL

Version française – ENFANTS D'HANNIBAL – Marco Valdo M.I.– 2010

Chanson italienne – Figli d'Annibale – Almamegretta - 1993


Je ne sais si Hannibal avait vraiment la peau noire ou si, plus probablement, d'une couleur résultat du creuset des races qu'il y avait dans la Tunisie du troisième siècle avant J.C... Ce qui est sûr, c'est que ses troupes étaient fort bigarrées et restèrent effectivement en Italie méridionale pendant 15 ans...

Quoi qu'il en soit, cette chanson, en plus d'être un dub hors norme, est selon moi un des morceaux anti-racistes les plus beaux de l'histoire de la musique italienne. Il en existe cependant une version – comment dire ? – « ultra-dub » qui devint un hymne à l'Afrique « Africa, Africa, Africa, Africa, Africa, Africa... Figli di Annibale, sangue di Africa... » (Afrique... Enfants d'Hannibal, sang d'Afrique... »



Moi, je veux bien, dit Lucien l'âne méditerranéen, et lui-même à certains égards « tunisien », en tous cas de Madaure, mais véritablement, ça ne tient pas debout. Par exemple, la Gaule fut occupée par les Romains pendant bien plus longtemps et on ne relève pas de signes « raciaux » de cette présence... Des routes, un code civil, des langues... Mais pour le reste, il y a eu tellement d'occupants et tellement de visiteurs, même pacifiques... des commerçants, des marins, des émigrés, des touristes... Il en va de même pour le sud de l'Italie (Pour le nord aussi d'ailleurs), de l'Espagne, du Portugal... autant que pour le reste des lieux et des continents. Sur le pourtour de la Méditerranée, le brassage des populations est bien plus profond et plus vaste que celui résultant du passage d'une armée de quelques dizaines de milliers d'hommes, même pendant vingt ans. Résumons la chose : l'humanité est un vaste mélange où il serait vain de vouloir distinguer les uns des autres et encore moins, sur le plan génétique...


D'accord, Lucien mon ami, dit Marco Valdo M.I., mais quand même... j'aimerais bien rappeler que les Étazuniens sont toujours en Europe depuis plus de soixante ans... Et même s'il y a eu des rencontres avec les dames locales (sans doute aussi avec des messieurs), le patrimoine génétique « européen » n'a pas été fondamentalement bouleversé et ni la raideur du poil, ni la couleur de la peau n'ont fort évolué. Dans ce cas aussi, les brassages sont plus complexes et plus profonds que ceux d'une armée d'occupation pendant plus de soixante ans. Cela dit, en effet, Hannibal a eu le bon goût de repartir après quinze ou vingt ans... et en cela, il est exemplaire. Il ne semble pas que nos « alliés » soient disposés à reprendre le large... Ce serait pourtant la moindre des choses... Pour le reste, il faudra bien un jour conclure que l'homme, tout comme l'âne, est terrien..., situation qu'il aura déjà bien assez de mal à assumer sans y ajouter d'absurdes discriminations.



Alors, dit Lucien l'âne énergique, pour en finir avec ce monde raciste et cacochyme, tissons lui un linceul du lin le plus pur, dans lequel on l'emballera avant de le noyer dans les laves de l'Etna, lesquelles se chargeront de le purifier définitivement.





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane


Hannibal, grand général noir

Avec une colonne d'éléphants traversa les Alpes et en sortit indemne

En ces temps-là, les Européens ne réussissaient même pas à les passer à pieds

Mais toi, Hannibal, grand général noir, tu les passas avec une mer d'éléphants

Savez-vous comme ils sont grands, gros et lents les éléphants ?

Et pourtant Hannibal leur fit passer les Alpes avec nonante mille Africains.

Hannibal défit les Romains, resta en maître en Italie pendant quinze ou vingt ans.

Voilà pourquoi beaucoup d'Italiens ont la peau sombre

Voilà pourquoi beaucoup d'Italiens ont les cheveux foncés

Un peu du sang d'Hannibal est resté à tous dans leurs veines

Si, il est resté à tous dans leurs veines

Personne ne peut e dire « Tu dis un mensonge, non

Si tu connais ton histoire, tu sais d'où vient la couleur du sang.


Durant la guerre, un petit nombre d'Afro-américains remplirent l'Europe d'enfants noirs

Que croyez-vous qu'ils eussent pu faire en vingt ans de domination militaire

Une armée d'Africains en Italie méridionale !!!


Voilà pourquoi, voilà pourquoi

Nous sommes des enfants d'Hannibal

Méridionaux

Enfants d'Hannibal

Sang méditerranéen.

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Marco Valdo M.I.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 23:01

Vox Media


Vox Media – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 90


Vox Media est la nonantième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

Vox Media, dit Lucien l'âne, que veux-tu dire par là ? Entends-tu signifier une voix , car vox si je me souviens bien veut dire voix en latin, donc, une voix moyenne, une voix du milieu ou une voix dont le nom serait Media...

Ce serait plutôt dans ce sens qu'il faut aller, mon ami Lucien l'âne. Media est une sorte de nom international qui désigne les moyens de diffusion – et non de communication comme certains essayent de le faire croire. On diffuse, un point, c'est tout. Juste un mot à ce sujet : pour qu'il y ait communication, il faut qu'il y ait une voie à double sens, un aller-retour, une expression et une réponse et de surcroît entre deux parties égales. On est loin du fonctionnement des médias où il y a d'un côté, un diffuseur, une voix massive, forte, puissante et unilatérale et de l'autre, des récepteurs minuscules, atomisés et sans voix. Une partie qui seule a le droit de parler, de l'autre, celle qui a le devoir de rester muette. Je te laisse deviner qui détient le pouvoir et dans quelle mesure ce pouvoir est discrétionnaire. C'est donc bien de la Voix des Médias qu'il s'agit ici et tu devines bien également pourquoi la canzone parle aussi de Vox Merda... Pour le reste, tu découvriras par toi-même quelles sont les méandres de la méditation de notre prisonnier. C'est une réflexion sur le pouvoir... Tu verras qu'il est question aussi de la grosse mouche bleue... qui s'appelle Merda.

Oh ! Les mouches, je ne les supporte pas. Surtout, les taons et les grosses mouches bleues qu'on appelle chez nous les mouches à merde. Tiens, Marco Valdo M.I., je ne sais si c'est intentionnel, mais la canzone me rappelle un auteur de pièces de théâtre grec, le dénommé Aristophane,qui faisait dans la satire et avait écrit une histoire où il était également question d'un stercoraire, d'un bouseux mangeur de merde. Un cousin de Merda, la mouche bleue qu'on voit sur tous les écrans de télévision et les premières pages des journaux, entourée de son essaim de gardes du corps. Une vraie marionnette, celui-là.

Plus sérieusement, et pour en revenir à la Vox Media, c'est un instrument de pouvoir redoutable en ce que, vois-tu Lucien l'âne, mon ami, les humains sont crédules et terriblement influençables... Souviens-toi, je t'avais déjà parlé de George Orwell et de sa mise en garde : « Big Brother is watching you ! », que l'on pourrait traduire par « Papi vous regarde ! » et vous montre ( offre de voir, faut-il dire) toutes ces belles personnes et leurs avantages.

Comme disait Boby Lapointe : Davantage d'avantages avantagent davantage..., dit Lucien l'âne en riant de tout son piano.

Mais tu sais, Lucien mon ami l'âne, peu importe le guignol au pouvoir... En fait, détenir la Vox Media est une arme formidable dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leurs richesses, leurs privilèges et leur pouvoir. Vox Media, Vox Merda... C'est la voix de ce monde cacochyme et puant... Nous lui tisserons un linceul à sa mesure....

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Il y a bien longtemps
Il y a mille deux cents ans
À Aix, en Allemagne,
Alcuin disait à Charlemagne
Vox populi, vox Dei,
Semper insaniae proxima sit.
Voix du peuple, voix de Dieu, et patati et patata ...
Se trouve toujours proche de la folie.

Media, Merda,

Et patati, et patata...

Toujours proche de l'escroquerie

L'équipe marque des buts et ne perd pas

Media, Merda

Mensonges, faits déformés.

Et patati, et patata

Le sommeil descend se coucher

Sur la pensée et les livres absents.

Turpitudes mégagalactiques, détails insignifiants.

Là-bas dans le palais, là-bas dans sa villa.

A qui le tour ?, dit-il béat.

A moi, à moi ! crient les Vénus impatientes,

Ce sont des dames bien méritantes

Gloussements, rires obscènes,

On devine l'examen, on imagine la scène

Dans le palais, là-bas

Là-bas dans sa villa.

Et partout on l'entend, et partout, on le voit

Regard fixe sur la caméra

Media, Merda,

Et patati, et patata...

On ne réussit

Ni de jour, ni de nuit,

À chasser ce spectre louche

Merda, importune mouche

Une grosse apparition bleue

Qui naît, croît et prospère

Agite ses ailes et sa queue

Et d'un coup, tombe à terre.

Et patatras

Vox de la folie

Media, Merda

Vox de l'escroquerie

Media, Merda

Et patati, et patata

Media, Merda,

Et patati, et patatras

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