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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 21:12

La Mouche au bras

La Mouche au bras – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 97

 

 

La Mouche au bras est la nonante-septième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

La mouche au bras, la mouche au bras... Quel titre encore une fois ! , dit Lucien l'âne en se grattant le museau sur le tronc d'un saule têtard. La mouche à bras, qu'est-ce que çà veut dire, cette fois ? Où as-tu pêché un titre pareil ?

 

Ne t'énerve pas, mon ami Lucien l'âne impatient. Je m'en vais t'expliquer tout cela et pas plus tard que maintenant. Tu connais l'origine de ces canzones, la carrière où je m'en vais tirer les pierres brutes de cette construction; c'est une sorte de roman, mais un roman paradoxal, où tout ce qui est écrit, dit, se passe à l'intérieur des pensées d'un homme : le peintre-écrivain Carlo Levi. Il était ami d'un poète de peu son aîné, Eugenio Montale, lequel avait surnommé sa femme « mouche » et lui avait consacré une part importante de ses dernières poésies. La « Mouche » quitta le monde avant Eugenio et ce dernier égrena bien des souvenirs. Notamment, ce compagnonnage d'une vie, cette immense proximité des modestes, de ces couples qui s'en vont l'un tenant l'autre. Il avait écrit à ce sujet :

"Ho sceso dandoti il braccio, almeno un milione di scale…" :

"J'ai descendu en te donnant le bras, au moins un million de marches…"

Vers qui est repris tel quel dans le Cahier ligné. Eugenio Montale ayant effectivement conduit Carlo Levi , convalescent, par le bras au travers du Sénat de la République. C'est à cet épisode anecdotique qu'il est fait ici allusion. Par parenthèse, c'est quand même un moment exceptionnel que celui où le poète conduit le peintre, encore légèrement aveugle... dans l'antre politique. Une parabole à la Breughel.

 

D'accord, je vois maintenant d'où vient le titre de la canzone, mais, dis-moi, Marco Valdo mon ami, que raconte-t-elle en fait ?

 

Tout simplement, la méditation de notre ami le prisonnier-blessé... qui imagine sa sortie, sa fuite... Enfin, le rêve de tout prisonnier.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Fuir là-bas...

L'oiseau hésite, n'est-ce pas

La fenêtre est ouverte, c'est joli

De combien de degrés, il ne le sait pas

On dit, on dit, on dit, on dit

C'est comme ci, c'est comme çà

Les oiseaux entrent par une fenêtre

Avec une précision de géomètres

Ouverte à quarante-cinq degrés.

Mais pas d'oiseau, hiver comme été,

À quarante-quatre degrés.

Allez savoir si les autorités

Laisseront un degré suffisant,

Un angle clair sur le monde.

Mon cœur déjà vagabonde,

Balance, atermoie, un instant,

Se risque à regarder de-ci, de-là.

L'œil furtif, hésitant,

Le cheval de Magritte vient vers moi,

Au travers les gribouillis compliqués

Des arbres de la forêt des mots enchantés.

Il s'agenouille et salue fort civil,

Et m'emporte d'un trait

Jusqu'à l'intérieur de la ville,

Où enfin je disparais

En tenant Montale par le bras,

Comme s'accroche un enfant.

Montale précisément

Montale si habitué à tenir sa mouche par le bras :

"Ho sceso dandoti il braccio, almeno un milione di scale…" :

"J'ai descendu en te donnant le bras, au moins un million de marches…"

Sur le seuil, une escale

Une longue respiration en haut des marches.

Fuir là-bas...

L'oiseau hésite, n'est-ce pas...

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:24

Matin cholérique

Matin cholérique – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 96

 

 

Matin cholérique est la nonante-sixième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Encore une fois, mon ami Marco Valdo M.I., je trouve le titre de la canzone bien étrange. Mais il doit bien avoir à voir avec son contenu. Laisse-moi deviner... Comme il s'agit d'une canzone léviane, qu'elle fait partie du cycle du Cahier ligné, dès lors, il s'agit d'un moment de la méditation de notre ami le prisonnier-blessé. Ce moment est clairement dit : c'est le matin. Où je comprends moins bien, c'est cet adjectif qui s'y accole : cholérique. Il ne s'agit évidemment pas de la colère, mais du choléra, cette maladie souvent mortelle et en tous cas, porteuse de fièvres terribles.



Eh bien, Lucien l'âne mon ami, c'est exactement çà. Ton raisonnement est parfait. Mais comme tout est nébuleux dans ces réveils matinaux, on ne sait trop si ce choléra est réel, je veux dire s'il sévit, s'il est en cours à ce moment ou si c'est un souvenir ancien qui vient se superposer à la semi-réalité du songe, ou si plus simplement encore, c'est une façon d'évoquer la situation morale ou psychologique, le ressenti, la sensation, le sentiment du prisonnier à son entre chiens et loups du matin, ce moment où l'on se décoiffe des rêves et des songes et même des cauchemars, bref où l'on sort de la nuit pour rejoindre le jour.



C'est, en effet, en prison, un moment de reprise de conscience et il ne doit pas être agréable à vivre. Jour après jour et comme à l'infini.



Tu as raison, Lucien mon ami l'âne, pour le prisonnier la nuit et mieux encore, le sommeil sont empreints de douceur. Pas toujours cependant. On tourne et retourne en ce lieu clos. Même endormi, la pression des murs se fait sentir. Le seul point de fuite qui ouvre encore l'horizon est intérieur, dans ce dernier refuge de l'exil humain qu'est la conscience, la pensée, le vrai chez soi, l'ultime forteresse, l'ultime passage vers l'air libre quand on arrive à créer le monde intérieur, l'inexpugnable monde intérieur où tous les voyages et toutes les fantaisies et tous les repos et tous les bonheurs sont permis à qui sait y faire.



Et, dit Lucien l'âne les oreilles tirées vers l'arrière d'épouvante, si l'on ne sait pas y faire....



Ceux-là bien souvent quittent le monde des vivants....



Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.





En un lieu maintenant familier

Je tourne le dos dans un lit,

Aux épais draps de coutil

Tissés sur de vieux métiers.

Je sens la dureté des draps rustiques.

À part moi, il n'y a personne dans la maison,

Épisode étrange, songe fantasmagorique.

Sans doute, pas loin, dans les environs,

Sans doute, il y a des amis sûrs, à proximité

Au besoin, je peux les appeler.

Je pourrais me lever

Avec eux, sur la terrasse, prendre le café

Ou, sous l'acacia dans le jardin

Lire un journal, parler de tout et de rien.

Faire quelques pas en compagnie

Tranquillement laisser couler la vie.

Je me retourne; revoici ma réalité

Plus d'amis sûrs à proximité.

Dehors, le temps reste pluvieux

Obstinément pluvieux et en plus

Je suis malade, je suis fiévreux

Je sais : c'est le Cholera Morbus.

Comme il est venu, il est passé.

Le Morbus n'est plus présent :

Il s'est enfui dans le temps,

Il s'est perdu dans le passé.

Déjà, je suis guéri.

Sonnerie lointaine : je ne sais si ce réveil

Suit d'une heure ou d'une minute, le sommeil,

Ou de vingt jours ou de mille nuits.

Dans cette cellule entre ses barreaux ouverte,

Dans la lumière du matin qui descend en faisceaux des fenêtres.

J'entrevois, dehors, les arbres et les ombres vertes.

Et malgré tout, pour un instant, une bouffée de bien-être.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:22

VIVE LA GUERRE

Version française – VIVE LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Viva la guerra – Edoardo Bennato – 1976

 

 

 

Quand à l'aube la cloche sonnera le tocsin

Ramasse tes armes, mets-toi en route

Et laisse tout derrière cette porte.

L'ennemi t'attend loin au-delà des mers

Et toi tu ne peux t'échapper, non

Tu dois la faire, cette guerre

Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

Tu as laissé derrière toi ta femme et ta terre

Mais c'est pour son bien, c'est pour sa gloire

Que tu massacreras

 

Le cruel Saladin est bien armé et fort

Mais tu ne le crains pas, tu n'as aps peur

Et tu as même Dieu de ton côté

Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

Tu es un soldat et tu défends la liberté

Et ceux d'en face sont des mauvais

D'eux n'aies aucune pitié !

 

Et si par hasard tu mourrais, tu ne dois rien craindre

Car nous te ferons un beau monument

Que tout le monde pourra voir ! …


Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

Quand à l'aube la cloche sonnera le tocsin

Ramasse tes armes, mets-toi en route

Et laisse tout derrière cette porte.

L'ennemi t'attend loin au-delà des mers

Et toi tu ne peux t'échapper, non

Tu dois la faire, cette guerre

Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

Tu as laissé derrière toi ta femme et ta terre

Mais c'est pour son bien, c'est pour sa gloire

Que tu massacreras


Le cruel Saladin est bien armé et fort

Mais tu ne le crains pas, tu n'as aps peur

Et tu as même Dieu de ton côté

Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

Tu es un soldat et tu défends la liberté

Et ceux d'en face sont des mauvais

D'eux n'aies aucune pitié !

Et si par hasard tu mourrais, tu ne dois rien craindre

Car nous te ferons un beau monument

Que tout le monde pourra voir ! …

 

Vive, vive, vive la guerre

Sainte, sainte la, sainte la guerre !

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:21

LA BALLADE DES FEMMES



Version française – LA BALLADE DES FEMMES – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La ballata delle donne – Massimiliano D'Ambrosio

 

 

Quand j'y pense, comme le temps a passé

Les mères vieilles qui nous ont portés,

Puis les amours, que furent les jeunes filles,

Et puis les femmes et les filles et les belles-filles

Femme je pense, çà je me réjouit

Penser au mâle, y penser m'ennuie.

Quand je pense que le temps est venu

La partisane qui là a combattu

Celle touchée, une fois blessée,

Et celle morte, que nous avons enterrée,

Femme je pense, si je pense à la paix

Penser au mâle, jamais ne me plaît.


Quand j'y pense, que le temps vient

Qu'arrive le jour, que le jour revient,

Une panse de femme est un berceau,

La maison est une panse tenue par un trousseau,

Et une panse est une caisse, qui s'en va finir,

Quand arrive le jour où l'on va dormir.

Car la femme n'est pas le ciel, elle est terre

Chair de terre qui ne veut pas la guerre

Et elle est la terre, dans laquelle je fus semé,

Vie vécue dans laquelle j'ai planté,

Je cherche ici la chaleur que le cœur y sent,

La longue nuit où je deviens néant.

Femme je pense, si je pense humain

Ma compagne, je la prends par la main.

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Marco Valdo M.I.
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 20:04

LIEUX COMMUNS

 

Version française – LIEUX COMMUNS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Luoghi Communi – Riccardo Venturi

empruntée à Juan Rodolfo Wilcock

 

 

Ah, dit Lucien l'âne tout joyeux, une chanson de Riccardo Venturi...

 

Si tu veux, dit Marco Valdo M.I., si tu veux Lucien mon ami. On peut dire les choses comme çà. Mais Riccardo Venturi lui-même dit qu'il l'a tirée de Juan Rodolfo Wilcock – au moins pour le texte. Wilcock est un poète argentin, qui dut fuir la dictature péroniste et se réfugia en Italie où il devint un écrivain italien. R.V. a été – au temps de sa jeunesse folle - tellement impressionné ou ensorcelé par cet écrivain, qu'il lui prit ce texte et en fit une chanson qu'il s'attribua entièrement. Erreur de jeunesse, hallucination, identification majeure, allez savoir. Elle fut donc enregistrée comme telle – il y a bien des années et attribuée de fait à R.V., qui dans son introduction , nous dévoile le pot aux roses...

 

Il s'en passe des choses dans ces lieux étranges de la poésie et de la chanson..., dit Lucien l'âne quand même un peu réjoui de l'aventure...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo et Lucien Lane

 

 

 

1. Le Poète solitaire

 

Chaque matin à l'aube cette lumière de violettes

Réveillant les parfums des jardinets immobiles

Se renverse des toits sur les premières automobiles

Et allume les vitres brisées répandues sur les parterres;

C'est le meilleur moment du monde matériel

Qui renaît lavé de la nuit spirituelle

Des branches poudreuses descend un souffle de vent

Et le poète solitaire, physiquement content

Se promène par les rues, comme Adam le premier jour,

Faisant le tour de son nouveau séjour

L'insère dans son nouveau jugement

Tout en écoutant les voix plus ou moins profondes

Avec lesquelles le monde se répond à soi-même.

 

2. Ailes marines

 

À qui sourit le plaisir des sens ? À l'intellect,

Qui par ailleurs supporte douceurs et infirmités

Indépendamment de sa capacité

de jouissance propre; car il n'est pas parfait

Et fait de chair et de poils comme les autres animaux,

Sans jamais se libérer des contingences charnelles,

Sans être vraiment agréable ni vraiment abject;

Lui qui rêve de voler sur la mer sans frontières

Avec au dos deux ailes marines...

 

3. Âme et corps

 

L'âme est peut-être divine, mais elle n'est pas indispensable

Autant que le corps qui est sa demeure et sa prison ;

Depuis la prime enfance, ce corps est la prison

De l'âme qui fermente comme une masse malléable

Pour finalement se pétrifier dans les formes les plus étranges.

De l'oiseau mélodieux aux pires iguanes ;

Mais toujours mal à l'aise car elle n'arrive pas à sortir

D'une corps inadéquat et toujours moins fort,

Ce qui provoque des désordres difficiles à guérir,

Les névroses complexes qui accélèrent la mort.

 

4. Ce qu'il ne sera pas

 

Dans on berceau malodorant, le bébé allonge la main

Pour prendre un objet comme d'habitude trop éloigné

Que son cerveau embrouillé considère intéressant;

Et à cet instant, il est toutes les personnes possibles.

Puis, avec le temps, s'excluront de nombreuses personnalités :

Refusant ou ignorant des milliers de possibilités :

Il ne sera pas prêtre ni artiste, ni mécanicien

Il ne sera pas explorateur et il n'émigrera pas en Palestine,

Il ne sera même pas la copie d'une personne existante,

Comme tout être au monde, il devra vivre sa propre vie.

 

5. Darwinismes et sophismes.

 

 

L'homme qui a transformé le loup en petit chien

Qui fabrique de fausses lunes et des avions à réaction,

Serait-il vraiment le résultat d'une lente évolution ?

La distance qui le sépare de l'avant dernier degré

Est tellement plus grande que celle qui sépare ce dernier des précédents.

Outre le fait que sa marche part dans une autre direction,

De toute manière, à l'origine de ces raisonnements

Subsistent deux sophismes qui en invalident la conclusion :

L'une, l'erreur de ranger les objets

Et de tirer ensuite la somme de l'ordre auxquels ils sont soumis;

et l'autre, l'erreur historique d'introduire inchangé

Le point de vue contemporain dans le plus lointain passé

Ignorant l'influence de circonstances

Qui peut-être à une autre époque eurent une importance.

 

6. Les Sens


Nonobstant les triomphes de la science appliquée

Les instruments les meilleurs pour observer l'univers

Sont encore la lampe pénétrante du vers,

La musique, la voix d'une gorge privilégiée,

Ou bien dans la pénombre des chandelles éparpillées

La chaire comateuse de diorite encroûtée;

N'importe quelle lumière indiquant où une pensée brûle,

Simples torches ou splendides lampadaires,

Runes d'Islande aux principes rugueux,

Phallus d'ambre dans la forêt, sarcophages étrusques,

À la lumière de ces lueurs, l'homme se meut plus sûr,

Il voit les crépuscules, il voit les rives de la mer,

Et il prononce des mot dont le sens obscur

Commence enfin à se révéler.

 

7. Lumières

Pour l'homme arrivé à un certain âge

L'usage de ces lumières devient nécessité

Jeune, on ne lui avait pas dit de se préparer à cela,

Qui d'autre part n'était prévu par aucune théorie :

Ce n'est pas un défilé triomphale, ni même un modeste banquet,

Mais bien des funérailles de quatrième catégorie

Devant un décor peint par des dilettantes

Entre des praticables tremblants.

IL faut dès lors chercher une meilleure scénographie

Et dans l'ombre du chaos nous illuminer

De l'anneau de bronze avec son profil de seigneur,

De la tombe avec des scènes de picnic ou d'amour,

Ou l'aurige qui fouette les chevaux de la mer,

Au milieu des vieillards qui jouent nostalgiques de la flûte;

Toute chose tirée de la lumière de l'esprit

Au temps giratoire, à l'espace coulant.

 

8. Détermination

 

L'idée que nous nous faisons de l'espace ne diffère pas

De l'idée que s'en font la majorité des gens,

Elle est purement mentale , et elle disparaît avec l'esprit

Par exemple sous l'action d'excitations violentes
L'homme sait se déplacer, s'orienter topographiquement

Et se retrouver avec ses semblables en des lieux déterminés,

En combinant sa raison et ses sens ;

Il trace ainsi des labyrinthes sur la face de la terre

Et superpose ses pas à ceux de ses ancêtres

Qui comme lui cherchaient des femmes, à manger et parfois la guerre.

 

9. Le temps

Notre idée du temps est ineffable

Et celle qui nous est proposée est quasi tout le temps puérile,

Aussi bien le temps statique que le mesurable,

Celui qui court à l'envers ou le simple temps civil;

Aucune de ces hypothèses n'est suffisamment universelle,

Si on pense, par exemple, à un mort oui à un animal;

Car la solution du problème, on la trouve au fond de nous-mêmes,

Il n'est pas facile de descendre dans ces recoins

Où le temps de la matière et le temps de la conscience

Ne gardent pas la même consistance;

En fait, ils ne conservent aucune relation

Accessible à la compréhension.

 

10. Envoi

 

Trente siècles après le voyage d'Ulysse

Les touristes parcourent les grottes de Circé

Sans trouver trace de l'enchanteresse hystérique

Ni une épave attribuable à l'âge préhomérique

Et il ne sert à rien d'expliquer que l'île n'est plus la même

Mais bien une montagne sur la côte du Latium,

Et que, tout compte fait, chercher la marque de la fée

Est une manière comme une autre de passer le temps,

Car le temps, comme un glacier, entraîne sans pitié

Les lieux et les transfère dans une autre localité.


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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 15:30

LE FÉROCE MONARCHISTE BAVA – L'HYMNE DU SANG

Version française – LE FÉROCE MONARCHISTE BAVA – L'HYMNE DU SANG – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Il feroce monarchico Bava – Anonyme – 1898



« La sanglante répression des émeutes milanaises de 1898 valut au général Bava Becaris la croix de Grand Officier de l'Ordre Militaire de Savoie. Le style du texte laisse entendre que l'(auteur anonyme était de bonne culture bourgeoise et maîtrisait le langage littéraire de l'époque. Sur la même ligne mélodique fut écrite la Ballata del Pinelli après la mort mystérieuse de l'anarchiste jeté par une fenêtre de la Préfecture de Milan au cours de l'enquête sur l'attentat de la Piazza Fontana de décembre 1969 ».

(dalle note alla canzone nell'album "Il fischio del vapore" di Francesco De Gregori e Giovanna Marini)

 

La chanson, écrite suite aux faits de Milan et connue sous le titre « Le féroce monarchiste Bava », est habituellement classée parmi les hymnes socialistes. Il existe cependant une copie manuscrite, confisquée à l'anarchiste Luigi Fabbri durant les arrêts domiciliaires, où l'on trouve non seulement le titre original « L'Hymne du Sang »  - mais aussi le couplet et trois strophes manquantes....

Voir aussi : Gaetano, gracié et pendu (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8334&lang=it)

 

 

Aux cris de douleur et de faim

D'une foule qui demandait du pain

Le féroce monarchiste Bava

Aux affamés servit le plomb pour le pain.

Mille innocents tombèrent

Sous le feu des tueurs de Caïn

Et face à la furie des soldats assassins

Le peuple cria : “Mort aux lâches !”

Hé, il ne faut pas rire, racaille savoyarde :

Si le fusil a dompté les rebelles,

Si des frères ont tué les frères,

C'est sur ta tête que le sang retombera.

[variante : sur ton sang, ce sang retombera]

La panse rebondie des voleurs

[variante : La chaîne infinie des voleurs]

Après vous avoir tout volé,

A étanché sa soif de sang

Dans ce jour néfaste et funeste.

 

Pleurez mères affligées,

Quand sombre tombe la soirée,

Pour vos fils jetés en prison,

Pour les tués du plomb fatal.

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Marco Valdo M.I.
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 22:51

REFAISONS LE MUR DE BERLIN

Version française – REFAISONS LE MUR – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Rifacciamo il muro di Berlno – Francesco Baccini – 1993

 

 

 

Une belle chanson italienne qui parle du Mur..., qu'il disait...

Juste un rappel, mon ami Lucien l'âne, juste un rappel... Le Mur est tombé, certes, mais que d'un côté... Du côté bureaucratique, du côté formel, mais qu'attend-t-on pour faire tomber l’autre côté, le côté de l'exploitation, le côté du profit...



À voir ce qui se passe actuellement, c'est terrifiant cette chute du Mur... Cette Europe de la terreur financière, des chômeurs, de la destruction systématique du domaine public, cette Europe de la concurrence qui ravage tout, cette Europe de la privatisation, cette Europe des salaires de plus en plus bas, des pensions réduites, des emplois précaires, cette Europe des actionnaires, cette vassale du capital... Cette Europe qui se prosterne aux pieds du Veau d'Or. Les Grecs sont les premiers à la subir, mais si on n'y prend garde, on y passera tous. Cette Europe qui ruine les pauvres et renfloue les riches... Cette Europe à la devise insupportable de l'Arbeit macht frei, du Travail rend libre. Il est temps en effet d'y mettre fin et de refaire le Mur pour protéger les populations de l'esclavage et de la rapacité des riches... Manière comme une autre, dans cette Guerre de Cent Mille Ans, de tisser le linceul de ce vieux monde exploiteur, rapace, arrogant, avide et cacochyme.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.





Tombe le Mur de Berlin

Tombe le Mur de Berlin

Another brick in the wall


Cette nuit, je commencerai seul

Il fait froid ici à Berlin Est

C'est dur d'être charpentier

Et de survivre aux skin-heads

J'ai déjà parlé avec les camarades

Polonais, Italiens et Juifs

Nous prendrons notre tour de travail

Jusqu'à six heures du matin.

 

Nous faisons le Mur de Berlin

Adolf ne reviendra plus

Faisons sauter ce foutoir

Et tout le monde chantera...

 

« Another brick in the wall,

 Another brick in the wall,

 Another brick in the wall »

La grande Allemagne croyait

Que nous avions perdu de vue

Dix millions d'amis

Allègrement carbonisés.

À Auschwitz, il y avait la neige

Et il y avait aussi mon père

Ils lui ont donné u n billet aller

Mais le retour, il a dû l'inventer.


Faisons le Mur de Berlin

Le Troisième Reich ne reviendra pas

Faisons-lui avaler tout ce bordel

Et tout le monde chantera...

 

« Another brick in the wall,

 Another brick in the wall,

 Another brick in the wall »

Certes, Indiana Jones a raison

Certaines choses sont taboues,

On les brise et la malédiction

Vous prend et ne vous lâche plus

Mais peut-être est-il encore temps

Même si cela ne plaira pas

Les gars, préparons le béton

Et murons la stupidité.

Faisons le Mur de Berlin

Nous ne sommes pas réactionnaires

Pourtant les Chleuhs nous feront une fête

Que nous terminerons K.O.

 

Nous voulons le Mur de Berlin

Refaisons-le par charité

Il y a un tas d'idiots dans le monde

Nous les amènerons tous là.

« Another brick in the wall,

 Another brick in the wall,

 Another brick in the wall »

« Another brick in the wall,

 Another brick in the wall,

 Another brick in the wall »

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Marco Valdo M.I.
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 18:06

Le hibou et les chouettes de la via Ghibellina

Le hibou et les chouettes de la via Ghibellina – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 95

 

 

Le hibou et les chouettes de la via Ghibellina est la nonante-cinquième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Salut, Marco Valdo M.I. mon ami, le titre de ta canzone de ce jour est un des plus mystérieux que j'ai connus. Et pourtant, il y en a eus et des curieux. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'oiseaux et que viennent-ils faire dans l'histoire que raconte notre ami le prisonnier-enfermé-blessé... J'aimerais bien que tu m'expliques un peu les choses.



Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, dans cette canzone, tout tourne autour des Murate, l'ancienne prison de Florence, qui était située via Ghibellina; le hibou Graziadio personnifie, Carlo Levi – de son vrai nom : Graziadio Carlo Levi. Longtemps exilé en France, il rentre clandestinement en Italie en 1941 sous le nom de Carlo Carbone et rejoint la résistance (Giustizia e Libertà) à Florence; pas à Turin, où il était trop connu. Carlo Carbone, alias Levi, alias Graziadio le Hibou, peintre et écrivain le jour et partisan la nuit, est arrêté et enfermé en 1943 aux Murate, lieu où les fascistes rassemblent, interrogent et torturent les résistants et les prisonniers politiques de toute la province. Il fut sauvé en quelque sorte par le gong de fin juillet 1943 qui libéra les prisonniers politiques et les résistants – c'est-à-dire par la destitution de Mussolini et l'effondrement du régime fasciste. Dans la symbolique de la chanson, les oiseaux nocturnes sont – cela va de soi – les partisans, les femmes (chouettes) et les hommes (hiboux) de l'ombre.



Je comprends mieux à présent, dit Lucien l'âne. Je regarderai d'un autre œil à présent les oiseaux et j'écouterai leurs chants, surtout celui où

« les effraies sur les vieux murs secs de la Riviera,

Ou en Gallura, perchées sur les rochers blancs

Lancent aux cieux et aux hommes le même chant

Ora e sempre : Resistenza ! »



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.





Regard d'archange aux iris bleus

Un œil ouvert, grand et lumineux,

Et sous sa paupière bleue, l'autre clos

Veille le hibou Graziadio.

Oiseau à la conscience civile,

Oiseau d'éternelle migration,

Il avait déjà éprouvé bien des exils

Expérimenté bien des prisons.

Clandestin, faux papiers

Peintre-écrivain. Le jour, planqué,

Carlo Carbone ne sort que la nuit

Pour combattre l'ennemi.

Oiseaux nocturnes, les hiboux

Et leurs sœurs, les chouettes, sont partout

Autour des Murate, ancien cloître désacralisé

Triste prison de la rue Ghibellina,

Campent ces oiseaux de Jugement Dernier.

Les nuits, ils se tiennent là

Et de leurs chants, ils appellent à résister

Aujourd'hui, les Murate ne sont plus d'actualité

Le hibou Graziadio et les nocturnes s'en sont allés

Et les effraies sur les vieux murs secs de la Riviera,

Ou en Gallura, perchées sur les rochers blancs

Lancent aux cieux et aux hommes le même chant

Ora e sempre : Resistenza !

Autres vues, autres voix, autres vies, autres visages,

Oiseaux diurnes échappés de la cage,

Au travers des taches de soleil,

Nos yeux s'émerveillent.

Du regard libre du poisson,

Du lézard, du grand duc ou du faucon.

Et les effraies sur les vieux murs secs de la Riviera,

Ou en Gallura, perchées sur les rochers blancs

Lancent aux cieux et aux hommes le même chant

Ora e sempre : Resistenza !



 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 16:57

MARZABOTTO

Version française – MARZABOTTO – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Tu lo sai compagno a Marzabotto – Ivan Della Mea – 1966









Marzabotto, Lucien l'âne mon ami, fut un massacre épouvantable que les fascistes et les nazis , qui sont ce qu'il y a de pire parmi les humains – car la vérité me commande de les situer à l'intérieur de l'espèce humaine, perpétrèrent en 1944 dans les Appennins. Pour faire court, je te lis ce que dit une note d'information à ce sujet :

« Le massacre de Marzabotto est un massacre perpétré entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944, par les Waffen-SS de la 16e Panzergrenadierdivision SS Reichsführer-SS menée par le commandant Walter Reder en Émilie-Romagne près de Bologne. C'est au-dessus de la plaine sur les contreforts des Apennins, dans les bourgs de Marzabotto, Monzuno et de Grizzana Morandi que se déroula le massacre. On compta 955 morts ; c'est le massacre de civils le plus meurtrier perpétré par les Nazis en Europe occidentale. En italien il est le plus souvent appelé « strage di Marzabotto » ou « eccidio di Monte Sole » (soit « massacre de Monte Sole »).

Le documentaire de Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg, fait état de témoignages attestant du massacre, rapportant des cas d'enfants jetés vivants dans les flammes, ou encore de nouveau-nés décapités.

Parmi les victimes, 45 avaient moins de 2 ans, 110 moins de 10, 95 moins de 16. 142 avaient plus de 60 ans. Il y avait 316 femmes et 5 prêtres. (Wikipedia) »



C'est carrément monstrueux, dit Lucien l'âne en tremblant de tous ses membres. Voilà encore un moment d'atrocités immondes. J'en avais entendu parler, mais je n'en connaissais pas le détail.



Mais ce n'est pas tout. L'ignominie n'a, semble-t-il, pas de limites. Écoute bien ceci : le dénommé Reder, dit le "manchot" qui commandait ces tueurs, fut retrouvé, condamné et emprisonné à Gaeta en Italie. À la demande du gouvernement autrichien, il fut relâché après avoir présenté des excuses (C'était bien le minimum minimorum); rentré en Autriche, il eut les honneurs militaires, puis retira ses excuses...Je t'en prie, Lucien mon ami, ne vomis pas... Je comprends ton dégoût, mais ne vomis pas... J'ai encore à te dire des choses à propos de cette chanson et d'un autre massacre au Vietnam, le massacre de My Lai où les tueurs cette fois furent des soldats étazuniens, des paras et marines sous les ordres du lieutenant Calley, lequel fut condamné, puis gracié et vit très tranquille actuellement comme bijoutier en Géorgie (USA). Et encore, c'est une chanson de 1966, sinon on aurait pu ajouter encore des massacres en Irak ou la paix-guerre d'Afghanistan et mille autres tueries en tous genres partout dans notre beau monde.



Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Tu le sais camarade à Marzabotto

Les fascistes ont pris une femme

Lui ont ôté son enfant du ventre

Et en riant l'ont abattu.



Je te dis camarade qu'au Vietnam

Paras et marines ont pris une femme

Lui ont ôté son enfant du ventre

Et en riant l'ont abattu.



Comme il est doux de dire « paix

Paix mes frères sur toute la terre »

Hitler le disait, Obama aujourd'hui le dit

Et les patrons qui font la guerre.



Tu le sais camarade que le temps

Est encore rouge des vieilles blessures

Et il a la voix des orphelins de mère

Et le silence des fours dans les lagers.



Ô partisan, durant tous ces ans

Nous avons édifié un parti, une foi

Mais une femme n'y croit pas

À cette paix qui n'en est pas.



Comme il est doux de dire « paix

Paix mes frères sur toute la terre »

Hitler le disait, Obama aujourd'hui le dit

Et les patrons qui font la guerre.



Maintenant nous savons camarades au Vietnam

Il y a cette femme plus solitaire encore. Silence.

On ne peut pas dire « paix », on ne peut plus

Sur ce ventre qui n'enfantera plus.



Comme nous ne sommes pas des ex-partisans

Nous disons « basta » aux fascistes aux patrons

À leurs serviteurs assassins et bons à rien

Nous disons « guerre » et la guerre sera.



Et alors basta de parler de paix

Nous sommes frères sur toute la terre

Nous sommes partisans et nous faisons la guerre

Notre guerre pour notre paix.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 21:11

CETTE DÉMOCRATIE

Version française – CETTE DÉMOCRATIE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne - Questa democrazia – Mario Pogliotti

 

Pour mieux comprendre la fin... Faut se souvenir que l'auteur vivait dans le Val d'Aoste, région on ne peut plus montagneuse et paradis des skieurs.

 

Marco Valdo M.I., d'ascendance lyonnaise, et donc de parenté rabelaisienne, dans un moment de distraction avait traduit le dernier couplet d'une façon assez libre – ce qui somme toute, étant donné le sujet, s'imposait :

 

« La libertà più bella potete qui sfogare:
è quella di sciare sciare sciare sciare sciaaareee...

 

Vous pouvez ici laisser s'éclater la plus belle liberté :

C'est de skier, skier, scier, scier, chier, chiiiiiieeeer.... »

 

Eh bien, dit Lucien l'âne, j'en parlerai à Alessandro... Il y a là un glissement sémantique assez pervers...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Admis et pas concédé

Que l'Italien moyen est un peu demeuré

Il est démocratique, mais d'un grand danger

De laisser courir une trop grande liberté.

Nous avons la liberté d'exposer nos linges au vent

Dans les heures prévues par le règlement

Dans les rues, nous avons la liberté de traverser

En restant dans les passages piétonniers

Dans les trams, de nous tenir à la main courante

De descendre et de monter tant qu'on veut,

De faire signer le père ou qui en tient lieu,

Et de nous tourner vers les cieux en louant et en prêchant

Et puis, où mettons-nous la liberté

D'émettre un chèque, de déposer une réclamation ?

D'expédier les affaires, d'émarger les codes,

De développer nos analyses, de liquider nos dépôts ?

 

Admis et concédé

Que l'Italien moyen est un peu demeuré

Vous devez comprendre : il y a danger

À permettre une telle liberté.

La liberté de sexe, de mystification,

De mendicité, de supposition,

La liberté de mouvement et, cela nous réconforte,

La liberté de palper et de main morte.

La liberté de fumer, la liberté d'entrer

Celle d'affirmer celui qui "accà nisciuno è fesso!"

De coller des procès, d'expédier contre remboursement,

La liberté de nager et de tirer dans le mille.

D'émettre des traites, conduire des chiens sans laisse,

De prendre en tutelle des mineurs dévoyés,

De battre des primates, de capturer des vers,

De faire voter des sœurs, des frères et des infirmes.

Admis et concédé

Que l'Italien moyen est un peu demeuré

Vous devez comprendre : il y a danger

À permettre trop de liberté.

Et nous n'avons pas parlé de la liberté de la presse :

Le papier et les caractères, personne n'y met la patte !

Et puis la liberté soi-disant de pensée :

Pouvoir penser à un chat ou un voilier !

La liberté de rêver : songer à des femmes nues,

D'aller en avion aux aux Bermudes.

Et puis la liberté qui les complète

Est de monter là-haut sur la montagne.

Et là dans cette Italie où le rouge des volcans

Voisine avec le vert des châtaigners

Et la candeur magique des neiges annuelles,

Que nous y consentent les autorités centrales ?

Vous pouvez ici laisser s'éclater la plus belle liberté :

C'est celle de skier, skier, skier, skier, skier, skier....

 

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Marco Valdo M.I.
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