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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:32

TRENTE-CINQ
Version française – TRENTE-CINQ – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – toscan florentin – Trentacinque – Lello Vitello – 200?.

 

Le peuple sur l'autobus, ou lieux communs, racismeries, femmes effeuillées et vieux casse-couilles.
De
Riccardo Venturi

Voilà, dit Marco Valdo M.I., c'est toujours des textes dans des variantes de l'italien qu'il me faut traduire et pourtant, j'ai déjà dit que je ne connais pas l'italien et a fortiori, l'italo-toscano-florentin. Pourquoi pas de l'elbois ou du livournais tant qu'on y est... Enfin, je ne garantis pas ma traduction. Faudra que Riccardo Venturi me relise... D'ailleurs, je ne la garantis jamais. Cela dit, pour ce que j'en ai compris, je dois dire qu'en effet, Riccardo a raison : ce doit être la même chose un peu partout, les mêmes salades, les mêmes réflexions pas toujours inspirées de charité chrétienne, si j'ose ainsi dire, moi qui bouffe un curé à tous les petits déjeuners, un évêque au déjeuner et un cardinal au dîner - Bof, eux, ils mangent bien dieu directement. Les nonnes et les béguines, je les garde pour la bonne bouche : elles ont tant de bonnes histoires à raconter. J'espère que Riccardo aimera l'expression bien de parci : « À ras del touffe », qui ne semble pas devoir être traduite. Comment dirait-on en italien central ?

 

Au fait, dit Lucien l'âne, ici les bus ne sont pas rouge, ils sont jaunes, mais on les appelle aussi par leur numéro de ligne. Cela donne des conversations d'initiés, fortement codées. Brel d'ailleurs parlait du tram 33, si je me souviens bien.

 

Tu te souviens bien en effet. Jacques chantait Madeleine (1962) et il disait :

« Ce soir j'attends Madeleine

On prendra le tram 33

Pour manger des frites chez Eugène

Madeleine elle aime tant ça ».

Quant au 82 du temps où il était encore un tram, il allait de Charleroi à Mons, le nonante faisait le tour de Bruxelles... Remarque que Baudelaire qui avait vécu à Bruxelles a écrit des « Correspondances »... C'était un précurseur.

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 



Récolté sur l'autobus que j'ai pris pendant tant d'années !

Trente-cinq … Brozzi centre.

 

  • On n'a plus les mêmes saisons !

  • Oh, je préfèrerais être belle en dedans.

  • Ben... ! Çà se voit que tu es des Gémeaux...!

    Oh, Trente-cinq...!

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, je ne suis pas raciste, mais s'ils s'en retournaient un peu chez eux ces Chinetoques...

  • Ah, arrivera ce qui arrivera, mais il a fameusement raison Fini !

  • Mais tu vois, s'il y avait la peine de mort... S'il y avait la peine de mort... Beuh !

  • Il n'y a aucun respect pour les vieux...!

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, Trente-cinq...!

    C'est qu'avec ces euros on s'est fait baiser à mort, ce qui coûtait cinq mille lires à présent coûte cinq euros, beuh !

  • Et si elles mettent ces minijupes (à ras del touffe ?), c'est normal qu'ensuite on les viole !

  • Mais je voudrais savoir... Qu'est-ce qu'ils vous apprennent à l'école ?

  • Il vous faudrait bien une bonne guerre à vous autres... !

    Oh, Trente-cinq...!

  • Oh, Trente-cinq...!

  • Autrefois, ici c'était tout de la campagne...!

  • Eh, camarades... camarades et ils ont trois voitures pour un, tu sais !

  • Maintenant nous sommes tous américains.

  • Regarde quel trafic !

  • Puis forcément, il y a le trou dans l'orzoro !



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Marco Valdo M.I.
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:31

Les Rats noirs

Les Rats noirs – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 99

 

 

Les Rats noirs est la nonante-neuvième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

Ohlala!, dit Lucien l'âne en grignant comme une dame – par sa grimace, Lucien l'âne renvoie à certaine dame de Grignan, dont Saint-Simon disait qu'elle fut « peu regrettée de son mari, de sa famille et des provençaux » , voilà les rats noirs maintenant. Quel anthropomorphisme ! Mais il est vrai que les rats noirs, a priori, comme çà, ont une réputation peu sympathique. Mais enfin, vous les humains, pourquoi renvoyez-vous toujours sur les animaux vos défauts.

 

Tu as bien raison, Lucien l'âne mon ami, et je le regrette bien. Les rats, même noirs, ont droit au respect... Mais ici, c'est une pure métaphore, qui doit d'ailleurs venir de la nuit des temps où, en effet, les rats couraient dans les maisons, les fossés et les ruelles et où outre de jouer les éboueurs, ils outrepassaient leur tâche (honorable, celle-là) en s'en prenant (dit la vox populi) directement à certains humains et en transportant partout, la peste et autres maladies. Les « rats noirs », ici, sont ces gens qui portent partout la peste brune ou noire. Il fut un temps où dans certain pays, l'Italie, ils se vêtaient d'orbace noire; d'autres, des de la même espèce assassine, dans leurs uniformes noirs à la tête de mort (Totenkopf) massacrèrent des populations entières. À présent, ils circulent en costume trois-pièces, se présentent aux élections, composent des gouvernements, portent la cravate et sourient à la télévision, mais au fond des choses, ce sont les mêmes... Ils assiègent la société depuis des années et – regarde le dernier vers, leur but est bien de détruire jusqu'au dernier souffle, le vent de liberté venu du joli mois de Mai.

 

J'aime mieux çà, dit Lucien l'âne, ton explication me rassure. Je croyais que notre ami le rêveur était devenu raciste. En somme, c'est une parabole, c'est une fable, comme en faisaient Ésope et La Fontaine et bien d'autres encore.

 

En somme, c'est là un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans. Tu sais, Lucien mon ami l'âne, tu sais bien cette guerre que les riches et les puissants mènent par tous les moyens contre les pauvres en vue d'accroître leurs privilèges, leurs minables richesses et leur exécrable domination.

 

Reprenons alors notre patient tissage, dit Lucien l'âne. Faisons comme les Canuts de Lyon, « tissons le linceul du vieux monde », de ce vieux monde détestable et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Mi-tempête, mi-ouragan,

La chaleur est revenue subitement

Les rats noirs ont grandi

Leurs dents ivoires aussi.

En bandes, ils rongent les fils téléphoniques

Ils sautent le fossé historique

Ils arrivent avec les incisives prêtes

Et des sourires de fête.

Si nous résistons,

Nous vivrons.

Le médecin enfile un tensiomètre,

Au bras du géranium, sur l'appui de fenêtre;

Sur la terrasse, la bougie allumée

N'ose plus qu'une flammèche exténuée;

Quelque chose leur manque pour vraiment exister:

Il manque l'air de la liberté,

Il manque le la du diapason.

Ainsi, nous étouffons

Sans futur, sans chanson.

Quand nous rentrons,

Nous retrouvons l'armoire ouverte

Les rapports, la table jaune-verte,

Les géraniums malades, le corridor

Et ses allures de croque-mort.

Cette nuit agitée, cette nuit

Mi-tempête, mi-ouragan,

La terreur est revenue subitement

Les rats noirs se sont ressaisis

Et sont ressortis de leurs palais

Pour effacer le joli rêve de Mai.

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 22:54

JE HAIS LE SYSTÈME CAPITALISTE

Version française – JE HAIS LE SYSTÈME CAPITALISTE – Marco Valdo M.I. – 2010

D'après la version italienne de Giorgio d'une chanson étazunienne – I Hate de capitalist system – Sarah Ogan Gunning – dans les années 1930.

 

 

Nous aussi, dit Marco Valdo M.I., et pour les mêmes raisons, c'est-à-dire à cause des souffrances, des millions d'affamés et de pauvres que ce système engendre. Le système capitaliste est le système criminel le plus perfectionné de tous les temps; il est la plus puissante machine de guerre que les riches ont mis en marche contre les pauvres. Dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres pour accroître leur domination, leurs richesses et leurs privilèges, c'est la plus vaste et la plus meurtrière offensive connue jusqu'à présent.

 

C'est exactement çà, dit Lucien l'âne en raclant le sol de ses deux sabots antérieurs, c'est une guerre sans merci que ce système mène contre les humains et il convient d'en débarrasser la planète avant qu'il ne soit trop tard... Car en plus, il met en péril mortel la vie elle-même sur la planète, y compris celle des autres espèces. Pour cela, mon ami Marco Valdo M.I., tissons le linceul de ce vieux monde assassin et cacochyme. Ora e sempre : Resistenza !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Je hais le système capitaliste

Et je vais vous dire pourquoi

Il m'a infligé tant de souffrances

Et il a fait mourir mes plus chers amis.

 

Oui, je sais que vous vous demandez

Qu'est-ce qu'il a bien pu me faire,

Alors je vous dirai

Que mon mari a eu la tuberculose

 

Causée par son dur travail et son bas salaire

Et de n'avoir jamais assez à manger

Et d'aller toujours dépenaillé et affamé

Sans même des chaussures aux pieds.

 

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Marco Valdo M.I.
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 09:50

SYMPHONIE DE LA DESTRUCTION

Version française – SYMPHONIE DE LA DESTRUCTION – Marco Valdo M.I. – 2010

à partir des versions italiennes et anglaise.

Chanson étazunienne – Symphony Of Destruction – Megadeth – 1992

 

Prenez un mortel

Et mettez-le aux commandes

Attendez qu'il devienne un dieu

Regardez rouler les têtes des gens

Des gens...

 

Comme le joueur de flûte

Conduisait les rats par les rues

Nous, nous dansons comme des marionnettes

Ondoyant à la symphonie

De la destruction.

 

Agissant comme des robots

Au cerveau de métal corrodé

Vous cherchez à prendre son pouls

Avant que sa tête n'explose

Explose...

La terre commence à trembler

Les grandes puissances s'effondrent

Et dans la guerre pour les cieux

Un homme pacifique se dresse

Dresse...

 

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Marco Valdo M.I.
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 19:28

LA TOUR DE BABEL

 

Version française – LA TOUR DE BABEL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Torre di Babel – Edoardo Bennato - 1976

 

 

Regarde un peu, Lucien l'âne mon ami, voilà qu'ils vont refaire la Tour de Babel. Aux dernières nouvelles d'ailleurs, dans un lieu sans intérêt (sauf bancaire), au milieu de nulle part, dans un désert situé entre le vide de terre et le vide de mer, ils ont construit une tour de plus de huit cents mètres de haut... et voilà qu'elle s'écroule, je veux dire commercialement – on ne peut la vendre... Malheureux riches, malheureux financiers...

 

Oui, c'est çà, et quoi encore, tu ne vas pas les plaindre... dit Lucien l'âne aux pieds de lave dure, aux pieds de basalte que rien ne décourage. D'ailleurs, je te fiche mon billet (de banque) qu'il y aura bientôt un crétin majuscule qui voudra une tour plus haute encore, d'au moins un kilomètre... Suivi d'un autre qui essayera d'atteindre deux kilomètres, et ainsi de suite... La bêtise de l'homme est en expansion infinie. C'est ce que, dit-on, prétendait Albert Einstein...

 

En effet, il aurait dit exactement, enfin presque : « Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine, mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. » Quant à cette chanson, tu imagines bien qu'elle est ironique et même, s'agissant de l'espèce humaine, auto-ironique. Surtout les derniers vers :

« La tour de Babel doit se faire

Car elle sert à démontrer

Que l'homme est supérieur à tout autre animal. »

 

À moins que, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses grandes et blanches dents, à moins que, pour en revenir à Einstein, on ne mesure la connerie à la hauteur des tours et que l'homme soit supérieur en cela – je veux dire en connerie – du fait qu'il édifie des tours de plus en plus grandes.

 

À mon sens, Lucien mon ami l'âne, les tours sont l'expression de l'arrogance et de l'avidité de certains – les riches et les puissants. De ces tours, les pauvres à la vérité s'en foutent complètement... Un endroit au ras du sol leur suffit... Ils préfèrent une petite maison à ces mastodontes prétentieux et malcommodes.

 

À voir toutes ces tours, parfaitement offensantes au regard de la misère, dit Lucien l'âne en grondant de colère, il me semble que la seule chose raisonnable à faire serait de les abattre...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel toujours plus grande

Toujours plus haute, toujours plus belle

Vous êtes ou vous n'êtes pas les maîtres de la terre ?

Arrachez tous les secrets à la nature

Et alors il n'y aura plus rien qui vous fera peur

Ce sera vous qui ferez tourner la terre

Du haut d'une étoile au bout d'un fil comme une toupie

Et cette étoile sera votre quartier-général pour conquérir

Ce qui reste encore à conquérir

De cette étoile par tout l'univers

L'homme se répandra pour se dépasser

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel toujours plus grande

Toujours plus haute, toujours plus belle

Vous êtes ou vous n'êtes pas les maîtres de la terre ?

Ne vous arrêtez pas, vous devez construire votre tour

La tour de Babel doit se faire

Car elle sert à démontrer

Que l'homme est supérieur à tout autre animal.

 

 

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:04

Jambes minces

Jambes minces – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 98

 

 

Jambes minces est la nonante-huitième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.

 

 

Jambes minces, en voilà un drôle de titre, dit l'âne Lucien en esquissant une petite valse. Moi aussi, j'ai les jambes minces et même, si tu regardes le reste de mon corps, comme celui de tous les ânes, sans compter les mulets, les bardots, les chevaux, les girafes, les onagres, les zèbres, les impalas, les biches, les cerfs, les élans... et même, les veaux, les vaches, les bœufs, les moutons, les chèvres... Bref, les ongulés et autres espèces quadrupèdes du même gabarit, excepté les hippopotames, les rhinocéros, les éléphants, les mammouths... Tous ont des jambes minces et même fort minces par rapport à leur corps... Et on n'en fait pas toute une histoire; il n'y a pas de quoi faire le titre d'une canzone.

 

Détrompe-toi. Chez l'homme, vois-tu Lucien l'âne mon ami, ce n'est pas comme pour les ânes. D'abord, l'homme dort couché – sur le flanc, sur le dos, sur le ventre, mais le plus généralement, couché (si possible dans un lit, sur un divan, sur une paillasse, dans un hamac...) et la première chose qu'il fait pour se lever, c'est (toujours la plupart du temps), de s'asseoir en laissant pendre ses jambes et il se retrouve ainsi en position pour les regarder... et pour autant qu'elles soient nues, il contemple leur état, leur couleur, leur forme, leur épaisseur, les poils et les taches qui les couvrent... Et il s'envole dans des pensées plus ou moins profondes. Regarder ses jambes, c'est faire une sorte de diagnostic de son propre état ; à ce moment donc, l'homme est son propre médecin. Il s'examine. C'est aussi à ce moment et par ses jambes qu'il reprend contact avec le sol, vale a dire (autant dire), avec la réalité. L'homme, Lucien l'âne mon ami, sache-le, reprend contact avec la réalité au moment où il pose la plante de ses pieds sur le sol. Avant, il plane encore dans le ciel de la demi-nuit, et comme dit mon amie polonaise, il peigne ses rêves. Et puis, il atterrit, c'est le retour dans l'atmosphère, fini de tourner dans l'espace intersidéral. C'est donc un moment capital que celui où l'homme contemple ses jambes pendantes.

 

J'imagine, dit Lucien l'âne.

 

Et comme bien tu penses, la reprise de contact avec la réalité quotidienne est en relation directe avec l'ensemble de l'existence de cette personne. Ici, notre ami le prisonnier-blessé-incarcéré... reprend contact avec son destin, avec le monde de l'enfermement et met fin brutalement aux excursions de ses rêves et de ses songeries. Pour le reste, comme d'habitude, je te laisse le soin de découvrir tous les recoins de cet univers poétique, ses allées et venues, ses illusions et ses hésitations. De trouver aussi comment il considère le monde...

« Notre Histoire vire de l'azur au gris

Ses couleurs ternes habillent les nues. »

 

Ce monde tourne au vinaigre, dit Lucien l'âne, c'est toujours le vieux monde racorni et cacochyme pour lequel il convient de tisser un linceul afin de pouvoir l'enterrer définitivement et plus question de résurrection...

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Dans un jardin toujours en deuil,

À mes cannes jaunies et contournées,

À mes jambes minces, pendent encore les feuilles

Violettes de la saison écoulée.

Mes bras amaigris, raides planches,

Mâts sans voile et sans vent,

Taches rousses sur la peau blanche,

Flottent dans l'air mollement.

Mon regard asymétrique et ma voix,

La différence de ton de mes cordes vocales,

Parlent de mon échine aux douleurs infernales,

Du corps à soutenir et de son poids.

Mes pas circonspects avancent dans une rue minée,

Avec une légèreté prudente et mesurée,

Posent un pied sans appuyer,

Prêts déjà à le retirer.

Monde régi par la volonté d'autrui

Ainsi, jour après nuit, on vit

Sous le contrôle permanent

De nos gestes, de nos mouvements.

Nos cris rouges sang hurlent dans le noir

Contre les manières du pouvoir,

Horaires inflexibles, jours égaux et sévères,

Quel nom donner, ami,

À tout cela, prison ou galère ?

Notre Histoire vire de l'azur au gris

Ses couleurs ternes habillent les nues.

Dormant dans une ville inconnue,

Dans la même auberge de passage,

Ton père avait emporté

Pour le souvenir, un cendrier doré.

La table jaune et verte garde son message.

Bleu et clair sur le ciel,

Le courant d'air doux et tremblant

Enlace le vol noir des hirondelles.

Bouger à petits pas hésitants,

Ne pas regarder en sortant,

La prison peut s'ouvrir,

Supposition, croyance, illusion

Notre réel est souffrir, souffrir, souffrir

Sans que jamais finisse la chanson.

 

 



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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:03

EN RANGS PAR TROIS

Version française - EN RANGS PAR TROIS – Marco Valdo M.I – 2010

Chanson italienne – In Fila per tre – Edoardo Bennato - 1974

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, l'humanité a inventé une des plus grandes choses qui soit : la patrie, qui pour exister et être complète a besoin d'une école, d'une armée et d'une institution fondement de tout cela : la famille; accessoirement, d'une église. Ceci a été très bien résumé dans une devise – car il y faut aussi une devise : « Travail, Famille, Patrie ». Et comme je te disais, la Famille est centrale. Le tout est enrobé de la sauce « discipline » et la discipline, qui est l'amidon de la hiérarchie et le ciment des armées, fonctionne en rangs. Tel est le sens de cette remarquable chanson.

 

Voilà qui m'a l'air excellent, dit Lucien l'âne en raidissant sa queue à la verticale comme pour saluer on ne sait quel général qui passerait par là et qui, en tant que bon général, n'oublierait pas de crier : « Garde à vous ! ». Voilà qui est éduquer un peuple; tout le monde obéit au chef. C'est la nature de tout régime sérieux.

 

C'est, en effet ainsi que ça doit fonctionner avec les vrais hommes, ceux qui ont de l'ordre et du mérite. Les autres, ce sont tous des trublions, des malpolis et en somme, en somme, vois-tu Lucien l'âne mon ami, ceux-là, si çà ne leur plaît pas, ils peuvent toujours émigrer. J'ajouterais, vu les circonstances comme elles se placent, ils ont même intérêt à émigrer... ces opposants... tant qu'il est encore temps. Avant les massacres et les camps....

 

C'est une chanson très humaine, dit Lucien l'âne en souriant. Chez nous les ânes, on ne connaît pas çà. En fait, on n'aime pas trop marcher en rangs, ni au pas.

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., mais vous avez la chance d'être des ânes. Et laisse-moi te dire que c'est une chanson très contemporaine, de plus en plus contemporaine... En somme, je dirais qu'on y revient. Après toutes ces années de laxisme du siècle passé, où il n'était question que de liberté et de solidarité, il faut revenir aux vraies valeurs fondées sur la juste peur que l'on enseigne aux enfants dès l'école primaire, dès les premiers pas en famille... La peur et le respect du chef... C'est un fameux retour aux valeurs antiques et même, je te le dis, préhistoriques. Cette peur, si utile pour tenir les peuples, pour faire fonctionner les armées et justifier les guerres, par exemple.

 

Mais qu'y a-t-il donc à la base de tout cela ? La peur de la liberté ?

 

Écoute bien, Lucien mon ami, je pense qu'à la base de tout cela, il y a cette satanée Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, cette terreur sociale qu'ils font régner (pas de travail, pas à manger)... Les seuls moyens pour eux d'imposer leurs privilèges et de maintenir leur domination , c'est d'instiller dès l'enfance la terreur dans les esprits, de faire mûrir la peur, la peur de la liberté, dis-tu... Sans doute, sans aucun doute. La peur de la liberté... la vraie, la liberté de vivre, pas de celle d'entreprendre ou d'exploiter, qui est le fondement de l'esclavage.

 

Allez, en avant, en rangs par trois..., dit l'âne Lucien en rigolant.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Viens vite ici, mais allons ne fais pas ainsi

Ne vois-tu pas combien d'autres enfants

Qui sont comme toi

Sont en rangs par trois

Sont gentils et ne pleurent pas

Jamais !

 

C'est ton premier jour, mais demain tu t'habitueras

Et cela te semblera normal

D'être en rangs par trois, de toujours répondre oui

Et de te comporter comme une personne civile !...

 

Je vous enseignerai la morale, à réciter vos prières

Et à aimer la patrie et sa bannière

Nous sommes un peuple de héros et de grands inventeurs

Et nous descendons de l'antiquité romaine...

Et ce poêle me suffit à peine

Lors donc, cessez de protester

Et ne faites pas de bruit, et quand arrivera le directeur

Tout le monde debout et on frappe dans les mains...

 

Tu es déjà assez grand

Tu es déjà assez fort

Maintenant je vais faire de toi un vrai homme

Je t'enseignerai à tirer, je t'enseignerai l'honneur

Je t'enseignerai à assommer les mauvais...

Et toujours en rangs par trois, marchez tous comme moi

Et rappelez-vous les livres d'histoire

Nous sommes les bons, car nous avons toujours raison

Et nous allons tout droit vers la gloire...

 

Maintenant, tu es un homme et tu dois coopérer

Mets-toi dans la file sans protester

Et si tu es sage, nous te ferons avoir

Un emploi fixe et une promotion...

Et puis, rappelle-toi que tu dois conserver

L'intégrité du noyau familial

Signe le contrat, ne te fais pas prier

Si tu veux faire partie des personnes sérieuses...

 

Maintenant que tu es maître de tes actes

Maintenant que tu sais prendre tes décisions

Maintenant que tu es en état de faire tes choix

Et que tu as devant toi toutes les routes ouvertes...

Prends la bonne route et ne t'égare pas

Sinon ensuite, on t'en fera repentir

Mets-toi dans le rang et ne t'alarme pas

Car chacun aura sa juste ration...

 

Il te faudra cependant renoncer à quelque chose

En échange de toute cette liberté que nous t'avons fait avoir

C'est pourquoi, maintenant tu ne dois pas récriminer

Mets-toi dans le rang et retourne travailler...

Et si vraiment tu ne trouves rien à faire

Ne joue pas à la victime, si tu dois te sacrifier

Pour le progrès de la nation

Sinon, sinon, tu peux toujours émigrer.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 21:57

L'HOMME OCCIDENTAL

 

Version française – L'HOMME OCCIDENTAL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – L'Uomo Occidentale – Edoardo Bennato

Crois-moi, Lucien l'âne mon ami, cette chanson dit comme un négatif dit la photo, comme en contre-jour, comme en écho, comme un reflet, comme un miroir qui inverse les positions, elle dit très exactement la « Haine de l'Occident », telle que la raconte le Suisse Jean Ziegler. Elle dit toute l'arrogance de l'Homme Occidental : « Ojos que no ven, corazón que no siente » ( « Yeux qui ne voient pas, cœur qui ne sent rien »)., telle que la ressent le reste des humains. L'Homme Occidental – ce beauf de l'humaine nation; ici, c'est lui que se met lui-même en scène, ce crétin intégral qui croit diriger le monde, qui se croit investi d'une mission messianique et pathologiquement convaincu d'avoir envers et contre tout raison. G.W. Bush est parti, mais par chance, per fortuna, Silvio c'è, chantent les chœurs des hérauts de la liberté.

 

Hihan, hihan, ha, ha, ha.... dit Lucien l'âne, secoué comme une barque en tempête, en se souvenant de Bosse-de-Nage. Avec des cornichons de cette envergure, il y a tous les jours des coups de patte au cul qui se perdent....

 

Tu as bien raison, Lucien l'âne mon ami. Mais au-delà de ce guignol transalpin et de ses minables pitreries, la puissance du capital continue à broyer les pauvres... et c'est là, la vraie plaie du monde.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.


Je suis l'homme occidental dans l'acception classique

C'est-à-dire ? Dans le sens où je sais bien, je sais quoi faire

Et je sais faire très bien tout ce qui me plaît

Et dans le sens où l'été je vais presque toujours à la mer

Et sur la neige à l'hiver, à l'hiver, à l'hiver.


Je suis l'homme occidental et son concept élémentaire

Qui compte aussi son devoir de penser à maintenir

Sans orgueil ni présomption l'équilibre mondial

Et pour cela j'ai tant à faire

Pourquoi ? Par obligation morale

Et m'incombe la charge

Ici du plus haut degré

Oui, du plus haut degré de la civilisation.

 

Je suis l'homme occidental et j'ai l'honneur, j'ai l'honneur

De voir et de veiller à me démener

Dans mon rôle de faiseur de paix

Et celui qui ne veut pas obéir

Je dois le mettre au pas

Et je dois coller à la logique du mal

Pour pouvoir garantir une saine convivance

Sur la planète en question.

Si vous pensez savoir qu'il y a une autre solution

Agiter vos fanions à la manifestation

Faites un signal au moins un signe

Seulement un signe d'adhésion

Moi, pour ce qui me regarde, je veux le bien de tous

Je suis l'homme occidental dans son acception classique

Et je répète et je reredis

Même de façon maniaque

Qu'en dépit des apparences

Ici tout va du tonnerre !...

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 18:12

À QUOI SERT LA GUERRE ?

Version française – À QUOI SERT LA GUERRE ? – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – A cosa serve la guerra – Edoardo & Eugenio Bennato

 





C'est une chanson particulière du fait qu'elle a été écrite par deux frères presque homonymes Edoardo et Eugenio Bennato : l'un pour la musique, l'autre pour le texte. Et chantée par les deux ensemble.







À quoi sert la guerre, disons la vérité

Elle sert seulement à gagner le concours de l'inutilité.

La guerre ne dit rien – regarde autour de toi et tu y arrives

Car ce sont toujours les bons qui gagnent, les mauvais la perdent toujorus.

Chaque soldat qui part – chaque soldat du roi

Je voudrais l'atteindre avec cette valse – le faire chanter avec moi

À quoi sert la guerre, disons la vérité

Elle sert seulement à gagner le concours de l'inutilité.

La guerre est toujours la même – chacun la perdra

Et à chaque soldat qui meurt se perd un peu d'humanité.

La guerre est toujours la même, tu dois aprtir et tu ne sais aps

Si c'est une menace ou une promesse

Si c'est vraiment la der des der.

 

Comme une valse stupide – l'histoire ne changera aps

mais il vaut mieux la chanter de temps en temps – cete chanson qui dit

La guerre ne dit rien – regarde autour de toi et tu y arrives

Car ce sont toujours les bons qui gagnent, les mauvais la perdent toujorus.

La guerre est un cas insolouble – car sa solution

Est que le plus faible a toujours tort et le plus fort toujours raison

À quoi sert la guerre, disons la vérité

Elle sert seulement à gagner le concours de l'inutilité.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 09:34

MON NOM EST FRANZ

Version française – MON NOM EST FRANZ - Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Franz è il mio nome – Edoardo Bennato - 1976

 

Mon nom est Franz et je vends la liberté

À qui veut passer de l'autre côté

Achète le billet et tu ne t'en repentiras pas

Pour ce que je te donne, il ne t'en coûte pas.

Demain, c'est le jour; demain, on partira

Avec un fiacre de l'autre côté de la ville

Et comme Pinocchio tu n'en croiras pas tes yeux

Quand tu verras le pays des jouets.

Berlin-Ouest t'apparaîtra resplendissante

Et dans la nuit la lumière éblouissante

Et dans les vitrines ouvertes aux désirs

Tes songes interdits jusqu'à hier

 

Écoute ce son, c'est la musique de l'autre côté

Et dans les rues les gens qui s'amusent

C'est toujours la fête, l'autre ville t'attend

Ne perds pas de temps, achète vite ton billet.

 

Là-bas, tout est permis, là tout peut s'acheter

Et si tu dépenses tout sans penser

Et quand tu n'auras plus de sous,

Tu te retrouveras de l'autre côté de la vitrine.

C'est comme un jeu et chacun à sa partie

Et quand à la fin tu auras joué toutes tes cartes

N'y penses pas, n'aie pas peur

De ta figure dans la vitrine !

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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