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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 20:24

FÊTE D'AVRIL


Version française – FÊTE D'AVRIL – Marco Valdo M.I.– 2010

Chanson italienne – Festa d'Aprile – Franco Antonicelli – 1948 (interprétation Yo Yo Mundi)



Il y a déjà quelques temps que nos fascistes

Se font voir peu et toujours plus tristes

Ils ont peut-être compris, s'ils ne sont pas tout-à-fait cons,

Que va arriver la reddition des comptes.


Évidemment qu'elle est arrivée l'heure, la bataille fait rage

Pour conquérir la paix, pour libérer l'Italie;

Nous descendons des montagnes avec nos fusils;

Vivent les partisans ! C'est la fête d'Avril.


Chemise noire que nous avons lavée

Tu n'es pas de bonne marque, tu as rétréci.

On sait que la mode change presque chaque mois;

Maintenant, le fasciste s'habille en bourgeois.

Évidemment qu'elle est arrivée l'heure, la bataille fait rage

Pour conquérir la paix, pour libérer l'Italie;

Nous descendons des montagnes avec nos fusils;

Vivent les partisans ! C'est la fête d'Avril.

Quand un républicain salue un Allemand

Il lève le bras droit en salut romain

Mais si d'aventure il rencontre les partisans

Pour saluer, il lève les deux mains.


Évidemment qu'elle est arrivée l'heure, la bataille fait rage

Pour conquérir la paix, pour libérer l'Italie;

Nous descendons des montagnes avec nos fusils;

Vivent les partisans ! C'est la fête d'Avril.

Ces dernières semaines, ces chers Allemands,

Font pousser les nèfles jusque sur les pêchers;

Notre Duce bien-aimé et le Führer nous donnent pour morts

Mais nous partisans, nous réapparaissons toujours.

Évidemment qu'elle est arrivée l'heure, la bataille fait rage

Pour conquérir la paix, pour libérer l'Italie;

Nous descendons des montagnes avec nos fusils;

Vivent les partisans ! C'est la fête d'Avril.

Cela fait quelques temps déjà que nos fascistes

Se montrent souvent, et pas vraiment tristes;

Peut-être n'ont-ils pas compris, et ils sont vraiment cons

Que va arriver la reddition des comptes.

Évidemment qu'elle est arrivée l'heure, la bataille fait rage

Pour conquérir la paix, pour libérer l'Italie;

Nous descendons des montagnes avec nos fusils;

Vivent les partisans ! C'est la fête d'Avril.

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Marco Valdo M.I.
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:10

Bouse séchée

Bouse séchée – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 101


Bouse séchée est la cent et unième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.



Excuse-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, mais je trouve encore une fois que le titre de ta canzone est bien étrange.



Lucien l'âne aux grandes dents et aux sabots d'ébène, laisse-moi te dire le pourquoi du comment de ce titre étrange en effet. Le fait est que lorsque je fais une chanson, je ne sais généralement pas au départ comment elle sera, quels seront les mots qui la composeront, ni dans quel ordre, ni dans quelle combinaison. Le sens-même de la chanson change parfois au cours de la confection. La chanson – et cela tu le sais – est une sorte d'étrange alchimie, c'est une création, elle est (souvent) expérimentale. Quelquefois, elle démarre sur un mot, quelque fois sur une idée et comme l'eau qui sourd, elle glisse vers sa fin sans qu'on sache par où, ni comment elle va y arriver. Quelquefois, elle a l'air faite et soudain, à la (re)lecture, je change un mot, qui en change un autre et finalement, change toute la chanson. Ce n'est pas du tout linéaire, cette chose-là. Je ne sais si je me fais bien comprendre.



Si, évidemment que si. J'ai bien compris, Marco Valdo M.I. mon ami. La chanson, en somme, est comme le périple de l'âne ou le voyage d'Ulysse... Une sorte d'errance au pays des mots et des musiques. Mais çà ne répond pas à ma question sur l'étrangeté du titre. « Bouse séchée »... N'y avait-il pas moyen de l'intituler autrement ?



Bien sûr que si, Lucien l'âne mon doux ami, mais c'eût été une autre canzone. En fait, je te rappelle ce qui est dit en début de chacune des canzones du Cycle : Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi. Et cette image de la bouse (de vache) séchée figure dans ces éléments. Et regarde bien qu'il s'agit là d'un moment essentiel de la vie de notre ami le guerrier-prisonnier, de notre songeur : « je gis ici... comme une bouse séchée ». Voilà à quoi l'humain est réduit par la prison, par l'enfermement... à un excrément séché. Tel est le sens du titre. Une dénonciation forte de la violence faite par l'incarcération. Et cette image s'est imposée d'elle-même comme l'ultime diagnostic, comme la description la plus nette de la situation de celle ou de celui qu'on réduit à un état quasiment végétatif. Vois, si notre ami le songeur n'avait pas eu cette ressource de résister par ses escapades continues hors de ce réel terrifiant, par ses explorations dans ce fabuleux monde intérieur – cet avers de l'espace intersidéral, cet univers en miroir où naissent et renaissent des milliards de galaxies, imprévisibles et inconnues, hasardeuses et merveilleuses – il se serait tout simplement suicidé, ainsi que le font bon nombre d'enfermés.



En somme, dit Lucien l'âne, le maquis du songeur est dans son esprit, dans son for intérieur.



Exactement, son for intérieur, c'est là le lieu de la résistance et comme bien tu le penses, la sentence : Ora e sempre : Resistenza !, pour lui, est aussi une règle de (sur)vie.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Je gis ici

Ni libre ni asservi,

Évitant

Émotions

Et passions

Et jusqu'aux sentiments,

Je gis ici

Mi-libre mi-asservi,

Qui sait depuis quand,

Amené par quel courant ?

Comme une pierre tombée

Ou une bouse séchée

Je gis ici

Ni libre ni asservi,

Je songe à la sortie

Pour autant que ce ne soit pas

Une histoire finie,

Et que le départ ne soit pas

Un voyage imposé

Vers un autre séjour forcé.

Je gis ici

Mi-libre mi-asservi,

Cette chambre toujours

Aussi froide qu'au premier jour,

Je l'ai vue et revue

Et elle ne m'est plus en rien inconnue.

C'est un être

Aux dimensions mesurables

Chaise, lit, table, fenêtre

Ouverte à nonante degrés

Il ne me déplairait pas de la quitter.

Je gis ici

Ni libre ni asservi,

Noyé dans les rythmes du temps,

Leur répétition interminable,

Odieuse à d'autres moments,

M'est devenue agréable.

L'intensité de mes mouvements,

Le niveau de mon tempérament

N'ont jamais été aussi bas

Et je ne m'en afflige pas.

Je gis ici

Mi-libre mi-asservi,

Dans un état transitoire

D'espérance ou de désespoir,

En sachant que je partirai demain,

Je n'ai pas sommeil,

J'écoute le réveil.

Qui tiquetaque vers le matin.

Je gis ici

Ni libre ni asservi,

Évitant

Émotions

Et passions

Et jusqu'aux sentiments,

Je gis ici

Mi-libre mi-asservi,

Qui sait depuis quand,

Amené par quel courant ?

Comme une pierre tombée

Ou une bouse séchée.

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 09:09

LE SOURD ET LA LÉGENDE

Version française – LE SOURD ET LA LÉGENDE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Il sordo e la leggenda – Enzo Maolucci – 2007

 


Chaque sourd est un tocsin !... Auzarmes, fils de putain !...


Je suis sourd, sourd, je n'entends pas d'une oreille

Mais l'autre est toujours attentive, ami, je ne me perds pas dans le tas !


… Sourd aux sordides grommellements des démohypocrisies, aux couinements des masses dressées aux mensonges. Aux bêlements des timorés résignés aux nouveaux bourreaux, je réponds « Je suis sourd » (tout ce bruit m'ennuie).

Au triomphe des médiocres, au ricanement des puissants, au désastre intellectuel de ces génies déficients, je réponds « Je suis sourd ». Aux repentis et aux fugitifs, je réponds « Je suis sourd » ( mais je me soigne les dents).

Je suis sourd, Je suis sourd, ne sonnez pas à cette porte

J'ai enterré la patience et ma rage est revenue !

Aux narcolitanies dont nous inonde le Vatican, à son bredouillement mystique, aux prophètes du jeûne

Aux pacifiques criailleurs constitutionnalistes et sans destin, aux sanglots de peur pour les barbares à nos portes.

Tous les sourds sont mauvais et ils n'entendent pas raison quand ils traitent avec les esclaves qui se croient maîtres

Dans un monde qui a changé qui voulait le changer, le pouvoir (et le cul...)

Il vaut mieux le prendre que le donner.

Je suis sourd, Je suis sourd, du côté de mes torts

Mille torts contre un, il n'y en a plus pour personne !

 

Maintenant, c'est le temps de l'injure, de l'horreur et des remords.

Je suis sourd à la politique, à ses sinistres discours

Et je déteste qui ne veut jamais voir et jamais s'éveiller pour défendre son cerveau à coups de poings, de gifles et de morsures.

Je suis sourd à ces aveugles qui défendent l'État, Je suis sourd aux visionnaires qui veulent le castrer

L'État est comme un médecin qui ne comprend rien, vend cher ses espérances (je le paye, je suis dément)

 

Dehors bons à rien ! Tous dehors incapables ! Je vous attends en enfer et je prépare les braises.

Je suis sourd, Je suis sourd, j'ai une puce dans l'oreille.

Pourtant, je me sens bien, ami, je ne me perds pas dans le tas !

Et si le courage d'une pensée belle et forte ne suffit plus, je prendrai ma folie, l'audace de la mort

J'ai encore tant de flèches à lancer contre le ciel. Mon âme gauche...

Se débrouille d'un envol.


Et si tu n'as pas encore compris, cette musique est changée,

Une imagination absurde envahit ta vie.

Regarde à contrejour cette image terrible :

Sans Dieu et sans Patrie...

La légende a déjà explosé !


Chaque sourd est un tocsin !... Auzarmes, fils de putain !...

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Marco Valdo M.I.
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 21:09

À LA LIMITE C'EST-À-DIRE (BERCEUSE POUR UN ÉLECTRON LIBRE)

Version française – À LA LIMITE C'EST-À-DIRE (BERCEUSE POUR UN ÉLECTRON LIBRE) – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Al limite cioè (Ninna nanna per un cane sciolto) – Enzo Maolucci – 1976

 

 

Je m'éveille et j'entends qu'un certain discours est véritablement fini

Les sièges autour de moi sont le squelette de l'assemblée.
Je ne rappelle plus le moment, l'intervention

Qui à un certain moment m'a endormi.

Et pourtant, je le sais, dans l'enchantement de l'aula perdue

Il n'y a pas plus d'une heure, de gros mots mordaient les murs.
Rôdent encore à présent, désagrégés,

Des sons affolés à la recherche d'un sens.

Des mots d'argot avec barbe et lunettes se sont approchés de moi,

Ils sont d'un camarade sérieux qui n'est plus là, et ils disent :

À la limite, c'est-à-dire, porter en avant une ligne différente,

À la limite, c'est-à-dire, la stratégie d'un certain type

Au niveau de gestion, je dis « bite » dans la mesure où on intervient

À la limite, c'est-à-dire, elle est folle, la motion de base.

À la limite, c'est-à-dire, elle est bestiale, camarades, Lénine le dit bien

Au sommet et à la base, il y a la praxis, nom de Dieu,

La problématique du collectif,

À la limite, c'est-à-dire, ( là tout de suite, j'ai une angoisse terrible)

À la limite, c'est-à-dire, (je suis comme quand me parlait ma mère)

Maintenant basta, je m'en vais, quelle folie les litanies de mon 68.

À la limite, c'est-à-dire, avec ces phrases pourries et bigotes

À la limite, c'est-à-dire, l'idée masturbée est déjà mue par les vers

Lalala la, lalala la, électron libre, sois tranquille,

En descente la lutte, en montée le discours.

Je cherche à sortir, mais je découvre que maintenant je ne peux plus bouger.

Dans ma tête, un brouhaha de papotages snobs (quel ennui !).

À la limite, pourtant, le prêtre aussi a fait de la résistance,

À la limite, pourtant, même son président fut partisan,

Tu n'as pas tort, électron libre, étrangement,

L'antifascisme est dans la bouche de tous.
À la limite, c'est-à-dire, la lutte dure nous fait un peu peur.

À la limite, c'est-à-dire, la stratégie a un parfum de mort.

Bla, bla, bla, bla, bla,bla, paroles et discours rebondissent

Bla, bla, bla, bla, bla,bla, et à un certain niveau se poursuivent

Bla, bla, bla...

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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 15:57

LA TÉLÉ, QUEL BONHEUR



Version française – LA TÉLÉ, QUEL BONHEUR – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Televisione Che Felicita' – Edoardo Bennato – 2005

 

 

 

Tu es la lumière qui dessine les nouveaux héros

Ton horizon est plein de possibilités

Dans cette vallée de larmes et de publicité

Tu es le guide rassurant pour chacun de nous

Et nous te sommes dévoués et tu le sais

Tu nous aimes et tu ne nous lâches jamais.

 

Dans le bal de la nuit roulent les tambours

La loterie proclame ses nouveaux vainqueurs

Entrent dans l'arène les nouveaux gladiateurs

Pouce baissé, tu décides qui doit sortir.

La télé quel bonheur !

Un programme pour chaque âge

Dans la solitude de toute la ville

La télé, nous sauvera...

Dans ton étoile se reflète chacun de nous

Et tu construis nos rêves et tu ne nous déçois jamais

Et tout ce que tu touches se transforme en or

Heureux ceux qui y croient vraiment!

 

La télé quel bonheur

Nouvelle dimension de la civilisation

Dans les rues court une vérité

La télé nous sauvera !

 

Pretty pretty angel on my television
give me new emotion to - night to - night to - night

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 15:55

LE DRAPEAU

Version française – LE DRAPEAU – Marco Valdo M.I. - 2010

Chanson italienne – La bandiera – Edoardo Bennato – 1974


Regarde-moi çà, Lucien l'âne mon ami. Quelle chanson, mes aïeux ! Un vrai régal ! On se croirait revenu au dix-neuvième siècle. Une chanson digne de Déroulède et surtout, des deux fameux pasticheurs Müller et Reboux. À ce propos, tu te souviens certainement de leur chanson immortelle : Le Salut au Drapeau (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=9143&lang=it).


Oh, oui, dit Lucien l'âne en se gondolant comme une mer démontée. J'en ris encore rien que d'y penser. Et celle-ci, paraît sortir du même moule... Une ironie plus froide, peut-être, mais bien sentie quand même. Et si c'était le clairon (tout aussi militaire, tout aussi cocardier), on pourrait l'intituler : « Hymne à la çonnerie ». Décidément, il me plaît beaucoup cet Edoardo...


Avant de conclure, laisse-moi te rappeler que le drapeau est une pièce essentielle de l'artillerie patriotarde...

« Beau drapeau

Le plus beau des drapeaux... »


me rappelle une autre chanson, de Boris Vian cette fois : Allons z'enfants, ou Le conscrit, dans laquelle on trouve :


« Et dans ma compagnie
On dit
Que j'suis
Le plus con des conscrits. »


Ah ! Que la Guerre de Cent mille Ans est jolie et amusante, parfois... Quand elle sombre ainsi dans le ridicule..., dit Lucien l'âne en souriant de son piano aqueux.


Cette fois-ci, ta réminiscence est d'Apollinaire... Regarde, regarde Lucien, (tré)passer le cavalier :


L'adieu du cavalier

    Ah Dieu ! que la guerre est jolie
    Avec ses chants ses longs loisirs
    Cette bague je l'ai polie
    Le vent se mêle à vos soupirs

    Adieu ! voici le boute-selle
    Il disparut dans un tournant
    Et mourut là-bas tandis qu'elle
    Riait au destin surprenant


Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)




Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane




Beau drapeau

Le plus beau des drapeaux

Cher drapeau

Le plus cher des drapeaux


Aime ton drapeau

C'est le plus beau des drapeaux

Aime ton drapeau

C'est le plus beau des drapeaux


Sens quel bonheur,

Flotte ton drapeau

Sens, ce coup au cœur,

Flotte ton drapeau...


Regarde, il y a un drapeau

Qui n'a pas les couleurs du tien

Regarde, il y a là un drapeau

Qui n'a pas les couleurs du tien...


Regarde ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Regarde, ces gens qui ont un drapeau

Par les couleurs, différent.


Déteste, ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Déteste, ces gens

Qui n'agitent pas ton drapeau


Déteste tous les gens

Qui n'agitent pas ton drapeau

Déteste tous les gens

Qui ont un drapeau

Par les couleurs, différent.

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Marco Valdo M.I. - dans Bennato
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 12:37

Comme si

Comme si – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 100



Comme si est la centième chanson du Cycle du Cahier ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de Carlo Levi.


Centième, la centième canzone, dit Lucien l'âne en rigolant, tu t'imagines. Cela dit, quand donc cela finira-t-il ?


Très prochainement, mon ami Lucien l'âne. Très prochainement. Il y aura donc un peu plus de cent canzones. Ce n'est pas là un choix délibéré, mais bien le résultat de la lecture systématique de la traduction française du Cahier ligné de Carlo Levi; traduction, je te rassure, que j'ai faite de mes propres mains et de mes propres nuits. Il y a fallu au moins deux ans... Je te rappelle que canzone après canzone, ce rêve éveillé du prisonnier-blessé-guerrier a suivi les méandres de cet étrange livre, qui est à la fois un roman et tout autre chose; un immense pamphlet contre l'enfermement. Comme les plus grands textes de la littérature de ce monde, c'est un voyage, c'est une déambulation. C'est un peu comme le récit que ferait quelqu'un qui se promènerait dans la vallée encaissée d'un fleuve depuis sa source, puis déboucherait dans une plaine large, une sorte de delta, pour finir dans son estuaire et puis, dans la mer où il se perdra. D'ailleurs, au moment où on arrive à la fin d'une telle aventure, il se crée comme un vide devant soi. Cela faisait une année presque entière que jour après jour, j'avançais dans cette vallée de songe et suivant obstinément le cours de l'eau, je participais (et toi aussi, au demeurant) aux pensées et aux douleurs de notre ami le songeur. Une année entière (sans compter celles qui l'avaient précédées et qui avaient été consacrées à traduire et à comprendre le texte étonnant de Carlo Levi).


Et moi, dit Lucien l'âne en redressant ses oreilles, moi qui attendais la suite avec une certaine impatience et qui trouvais souvent le temps long entre deux canzones. Note qu'à la longue, j'avais pris le rythme et je savais qu'il me faudrait attendre trois ou quatre jours - parfois, plus encore - pour un nouvel épisode de la lutte de notre ami le songeur. Maintenant, j'espère que tu pourras les regrouper en une seule suite et qu'on pourra ainsi les voir dans leur complexité, dans leur complétude. Car j'ai bien l'impression que c'est un tout, une sorte de roman en canzones... Et puis, moi qui suis entré dans ce jeu en cours de route, rappelle-toi, au départ, je n'y étais pas. Je ne sais même plus quand je suis arrivé, quand j'ai commencé ces conversations avec toi à propos de ces canzones. Est-ce que tu t'en souviens, toi-même ? Vois-tu, Marco Valdo M.I. mon ami, j'espère que l'on gardera aussi la trace de nos petites conversations.


Bien évidemment que je le crois aussi et que j'y veillerai. Pour ce qui est de la première fois qu'on a discuté de ces canzones... Non, Lucien mon ami l'âne, je ne m'en souviens pas. Il faudrait revoir l'ensemble et étudier la chose, mais c'est un détail cependant. Car pour moi, il me semble que tu es là depuis toujours. Pour en revenir à la centième canzone, elle s'intitule « Comme si ». L'essentiel se trouve dit dans ce vers : « Tout est comme si, mais en vérité n'est pas ». C'est la définition du monde contemporain, ce monde factice fait d'images et de mensonges, monde entièrement construit sur l'apparence et qui court ainsi droit dans le mur. Ce monde, tel qu'il est décrit ici par notre songeur, a de ces allures orwelliennes... Mais cela n'a rien d'extraordinaire, Big Brother est maintenant au pouvoir dans la plupart des pays où l'image, c'est-à-dire comme dans 1984, la télévision pèse sur l'esprit des gens en un gigantesque et permanent lavage de cerveau... Big Brother vous sourit et vous parle quasiment chaque soir, si possible sans contradiction, ni contradicteur. Pour nos amis italiens, par exemple, ce « monde comme si » est avec cette marionnette aux allures de pervers pépère, au maquillage de vacancier revenu d'Afrique du Nord et à la chevelure synthétique, « un'incubo », un cauchemar. Et mutatis mutandis, la tendance est la même dans d'autres pays. Tel est aussi le sens de la canzone.



Chuuut, Marco Valdo M.I. mon ami, laissons la canzone dire son histoire...



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Une scène enchanteresse de femmes et de moniales,

Enlacées dans un tourbillon de danses

Terribles et amicales

Illumine d'une très gracieuse cadence,

Les blancs et les noirs, les mouvements et les pas.

Tout est comme si, mais en vérité n'est pas.

Et pourtant, il faudrait

Vivre comme si c'était.

Monde comme si

Civilisation navrante et nauséabonde.

Société de masse, de marché, aussi

Nous sommes enfermés dans la caisse noire,

Contraints sans échappatoire

À accepter ce pseudo-monde :

Plaisirs comme si,

Sentiments comme si,

Traditions comme si,

Images comme si.

Les sabres, les chapeaux, les bandeaux

Des corsaires, des généraux,

Des guerriers héroïques

Les lunettes noires des mafieux

Les discours des politiques,

Se mêlent à qui mieux mieux.

Un manteau, un brouillard, une fumée en l'air

Couvre, submerge et cache la terre

Voile, brume, torpeur.

Retrouver le sommeil ancien,

Retrouver les rêves antérieurs

S'échapper, s'échapper enfin

Songes biscornus d'un monde d'aphasie

Atteint d'atrophie mentale,

De lamentable disharmonie,

D'une voyante dégénérescence morale.

Les blancs et les noirs, les mouvements et les pas.

Tout est comme si, mais en vérité n'est pas.

Et pourtant, il faudrait

Vivre comme si c'était.


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 18:19

À LA MERDE

Version française – À LA MERDE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson espagnole – A la Merdia – SKA-P

 

Orgueil national, patriote virtuel

Héros militaire, Xénophobie

Pantin démentiel, paralysie mentale

Scorie cérébrale

Va à la merde, réactionnaire

Je m'en fous, tu peux aboyer

J'ai toujours aimé la liberté...

Comme il est difficile de parler avec un mur

De réduire ta stupidité, ta xénophobie

De te faire comprendre qu'à ton agressivité

On peut répondre plus méchamment.


Va te faire foutre...

Fuir la raison, perdre ta dignité

Ta forme de penser.

Je veux te rappeler que nous somme bien plus

Et que nous combattrons ta xénophobie.

Va te faire foutre...

Oh !! Je poursuivrai dans ma position radicale

Je crierai plus jamais de nazis !!

Va à la merde.



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Marco Valdo M.I.
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 18:18

CRIMEN SOLLICITATIONIS

Version française - CRIMEN SOLLICITATIONIS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson espagnole – Crimen Sollicitationis – Ska-P

 

cure2.jpg

 

Quelle histoire, mes aïeux !, dit Lucien l'âne. C'est pas chez nous les ânes que de telles dépravations se trouveraient. Bien sûr, je dirais même que nous avons en la matière des idées larges et qu'une belle cavale nous sourit toujours. Les ânesses ont l'œil humide en voyant un bel étalon, fût-il zèbre et tout ça se passe dans une aimable connivence. Et je ne dis rien des bonobos... qui m'ont l'air d'être de joyeux lurons. Cela dit, nous n'avons – nous, les ânes – pas la prétention d'être à l'image de Dieu (au fait, qui c'est celui-là ? On ne le voit jamais et il prétend tout régenter. Comme on dit maintenant, il se la pète ! D'autre part, si j'ai bien compris, il serait universel et ce serait lui qui serait à l'origine de tout ce bazar; donc, y compris de ces sympathiques congrégations si friandes d'éducation sexuelle)... Mais trêve de choses ecclésiastiques et de perversions sexuelles, je constate Marco Valdo M.I. mon ami, que tu as encore une fois dépassé les bornes de ton champ et que tu as imprudemment été traduire dans le champ du voisin. N'était-elle pas en espagnol cette chanson ? Et sérieusement, que connais-tu à l'espagnol ?

 

Lucien mon ami l'âne, tu me mets dans un position délicate, non que j'aie des fréquentations douteuses avec les sectataires de Dieu, mais quand tu fais remarquer que la chanson était en espagnol et que je l'ai traduite. Je n'oserais plus répéter mon ignorance... Pourtant, est-ce le sujet, est-ce la virulence des paroles, est-ce le scandale odieux... Je n'ai pu m'empêcher d'en faire une version française. Mais je t'avoue que je serais bien aise, si Riccardo Venturi, s'il en a le temps, voulait bien revoir ma composition... Cela dit, à propos des turpitudes des serviteurs de Dieu et de leur entourage, j'ai suivi avec intérêt, comme toi, la discussion entre Alessandro et Gian-Piero (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=28143&lang=it#agg70663) et que j'y mettrais volontiers mon grain de sel en indiquant que dans le jeu « abusé - victime - abuseur - bourreau » (et pas seulement sexuel), on trouve à l'œuvre un mécanisme de reproduction sociale et que le « mal » n'est pas intrinsèque à tel ou tel en tant que personne, mais bien à l'église (comprenons bien qu'il s'agit ici essentiellement de l'église catholique, apostolique et romaine...) elle-même, à sa doxa, à sa catéchèse et à sa « morale ». De plus, mon cher Lucien l'âne, tu dois savoir que cette église est un monstre de duplicité, notamment en regard de la Guerre de Cent Mille Ans, cette guerre que les riches mènent contre les pauvres afin de les asservir, afin de maintenir et d'accroître leur puissance, leur richesse et d'assurer la pérennité de leur société. Dans cette guerre, l'Église en tant que puissance, en tant qu'organisation est sans aucun doute du côté des riches, même si sa propagande dit le contraire, même si certains de ses membres se comportent correctement et s'engagent dans la lutte du côté des pauvres.

 

Oh, dit Lucien l'âne, moi qui circule depuis des temps immémoriaux à travers le monde, j'ai pu constater combien tu as raison. D'ailleurs, souviens-toi de ce qu'ils ont fait à fra Dolcino et bien évidemment, à Pierre Valdo et à ses amis. Pour elle, comme pour le reste de ce monde immonde et cacochyme, dont elle est un des piliers, tissons un linceul, un suaire dans la toile dont est faite l'histoire.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Serviteur de Dieu

Attouchements, sacrements, fellations, jurons

Je t'enseigne ma doctrine sous forme d'érection

J'abuse des enfants, perversion et pur vice

Sous ma soutane tu peux rencontrer Dieu.

Le confesseur est notre « tortionnaire »

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Dans la sacristie règne la pédérastie

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Curés, viol, attentats sur mineur

Curés, qu'est ce que çà peut faire, si personne ne s'en rend compte

Curés, sans précaution, j'ai entière protection

Curés, réfléchissez ! Qui me donne l'immunité ?

JUDAS, MON NOM EST RATZINGER
JUDAS, JE SUIS BENOÎT XVI
JUDAS, JE LE FORMALISE
JUDAS, JUDAS, EN CLOUANT LES BOUCHES


JUDAS, AU NOM DE DIEU
JUDAS, NOUS FINANCERONS SON PARDON
JUDAS, EN LUI DONNANT PRIORITÉ
JUDAS, POUR DISSIMULER LES SCANDALES

Membres de la Curie, curés de la souffrance

Violences cruelles qui lèvent le vent,

Violeurs imbéciles, vous manquez de sentiments

Les larmes des enfants que le pape a cachées.

Prions mes enfants par derrière et par devant

Tous nus aux yeux du seigneur

S'ils chargent mes frères, les chiens du Vatican

De maquiller la merde, qui ne laisse pas de mauvaise odeur


Le confesseur est notre « tortionnaire »

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Dans la sacristie règne la pédérastie

Aie ! Notre Père libère-nous d'elle

Curés, viol, attentats sur mineur

Curés, qu'est ce que çà peut faire, si personne ne s'en rend compte

Curés, sans précaution, j'ai entière protection

Curés, réfléchissez ! Qui me donne l'immunité ?

JUDAS, MON NOM EST RATZINGER
JUDAS, JE SUIS BENOÎT XVI
JUDAS, JE LE FORMALISE
JUDAS, JUDAS, EN CLOUANT LES BOUCHES


JUDAS, AU NOM DE DIEU
JUDAS, NOUS FINANCERONS SON PARDON
JUDAS, EN LUI DONNANT PRIORITÉ
JUDAS, POUR DISSIMULER LES SCANDALES

Membres de la Curie, curés de la souffrance

Violences cruelles qui lèvent le vent,

Violeurs imbéciles, vous manquez de sentiments

Les larmes des enfants que le pape a cachées.


1 et 2 est ta religion, 3 et 4, ton âme est déjà sauvée

5 et 6, silence sur ce que vous voyez, 7 et 8, Larmes et Plaisirs

CRIMEN SOLLICITATIONIS

1 et 2, que je ne te voie pas Dieu, 3 et 4, maudits bâtards

5 et 6, je fais attention à ce que tu fais, 7 et 8, Larmes et Plaisirs

Marre des tyrans ! HAINE AU VATICAN

 

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Marco Valdo M.I.
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 20:49

CHÉRISSIMES ITALIENS

 

Version française – CHÉRISSIMES ITALIENS – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Carissimi Italaiani – Briganda

 

 

 

Chérissimes Italiens, quel grand tohu-bohu

On n'arrive même plus à piloter

Les voix des gens couvrent la rumeur

Des chants des pilotes et du moteur

Des chants des pilotes et du moteur

Des chants des pilotes et du moteur

 

Vraiment, nous ne comprenons pas les cris de protestation

Vos gens sont véritablement sans tête

Et pour un rien, ils n'arrêtent pas de crier

Retournez, si vous y arrivez, travailler

Retournez, si vous pouvez, travailler

Retournez, si vous savez, travailler.

 

De la mer à l' Appenin, du jeu à l'assassin
Du cri au silence, du cri dans le silence

Les voix des gens résonnent dans le lointain

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne ou au fond de la mer

 

Mais que pouvons-nous faire pour nous divertir un peu

Réussir à pratiquer un jeu

Si à la place de ballons, de filets et de jeux de grand air,

Nous avons seulement des avions militaires

Nous avons seulement des avions militaires

Nous avons seulement des avions militaires

 

Arrêtez de dire: « Ce n'est pas la première fois »,

Qu'un autre avion a chu en mer sans faute

Nous nous ne paierons pas cette fois, et nous n'avons pas payé

C'est notre seul lien avec le passé

C'est notre seul lien avec le passé

C'est notre seul lien avec le passé


De la mer à l' Appenin, du jeu à l'assassin
Du cri au silence, du cri dans le silence

Les voix des gens résonnent dans le lointain

Qu'elles soient sur une montagne

ou au fond de la mer

Qu'elles soient sur une montagne

ou au fond de la mer

 

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Marco Valdo M.I.
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