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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 20:39

RÉSISTANCE ET LIBERTÉ

 

Version française – RÉSISTANCE ET LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Resistenza e Libertà – Ivan Della Mea – 2007



En mon temps, dans mes années

Résistance n'est pas un nom

Et même pas une chanson

C'est un souffle de raison

Pour la vie qui avance

Liberté et Résistance.

La liberté n'est pas un parti

La liberté n'est pas le pouvoir

La liberté n'a pas de drapeau,

La liberté, c'est la passion

Qui nous fera tous égaux

Égalité et liberté.

 

L'égalité, c'est le frère

Que tu trouves en ce qui vit

L'égalité est la lutte dure

Contre ce qui divise

Et qui tue l'Unité.

Unité et liberté.

 

L'unité, c'est le faire ensemble

Pour sauver un chat ou une fleur,

Pour sauver un ciel, une mer,

Et aussi l'homme qui déjà meurt

Résistance et Liberté

Résistance et Liberté

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 20:24

 

LA FOLIE

Version française – LA FOLIE – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – La Pazzia – Assemblea Musicale Teatrale – 1976

 

 

Gare à toi si un jour

Tu oses te rebeller contre ton exploitation

Gare si tu ne sais pas

T'adapter à fond à cette société

Ils diront de toi que tu es malade, que tu n'es pas normal...

Ils diront de toi que tu es malade, que tu n'es pas normal...

 

Alors s'enclenchera

Le féroce mécanisme de l'exclusion....

Tes amis seront contre toi

Ta famille sera contre toi...

 

Ils ne voudront même plus de toi à la maison,

Car ils diront : tu es dangereux pour toi et les autres,

Dangereux...

Alors... commencera ton itinéraire

Vers... la folie.

Les techniciens de la folie fouilleront en toi

Cherchant la réalité de leur théorie,

Tu devras donc devenir

Comme ils ont décidé que tu sois :

fou incurablement

Pour toute ta vie.

Tu payeras pour que les autres

Puissent dire : nous sommes sains et normaux,

NOUS SOMMES SAINS ET NORMAUX, NOUS SOMMES SAINS ET NORMAUX,

NOUS SOMMES SAINS ET NORMAUX !

 

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Marco Valdo M.I.
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:48

CENT MILLE BARREAUX (CHANSON POUR ENRICO SIGNORI)

Version française – Cent Mille Barreaux (Chanson pour Enrico Signori) – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Centomille Sbarre (Canzopne per Enrico Signori) – Riccardo Venturi – 2010

 

Il y a de ces soirs, quand il drache, où quelque chose tourne dans la tête. Une sorte de présence et la présence peut être celle d'Enrico. Ce soir, j'avais une grande envie de te parler, de choses sans importance, de nuages aussi. Avec lui qui avait connu les quatre mètres carrés d'une cellule de prison (quattro metri quadri ). Comme de le voir entrer ici chez moi, où il n'avait jamais mis les pieds; comme de lui raconter comment on fait, comment on fait, du premier mai sur une petite place pleine de gens, d'une marée de choses. On dit que cela ne se peut car Enrico est mort une stupide soirée d'octobre. Par moments, ça fait du bien de se le rappeler; parfois au contraire ça fait du bien de refuser d'y croire. Ainsi naît une chose dans la tête, qui n'a ni nom, ni définition. On sait seulement pour qui elle naît. [R.V. ]

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, et sans doute ne pourras-tu y répondre, je me pose souvent cette question... Vaut-il la peine que nous conversions en guise de commentaire ou d'introduction à nos traductions ou vaudrait-il mieux qu'on n'ennuie pas les gens avec nos réflexions ? Sans aucun doute, elles nous font bien plaisir ces parlottes et notre petite rencontre a-t-elle au moins ce sens-là, mais quand même...

 

Que veux-tu me dire, Marco Valdo M.I. mon ami et camarade ? Peut-être nos propos sont-ils oiseux, mais rassure-toi, personne n'est obligé de les lire... C'est pas comme à la radio ou à la télé ou à l'école ou au restaurant ou dans le train... où tu es bien obligé d'entendre ce qu'on dit autour de toi, où tu es coincé, manipulé, torturé... Ici, non ! Celui qui nous lit, c'est qu'il le veut bien.

 

Oui, Lucien l'âne mon ami, mais quand même... Je pensais ceci qu'au temps où j'avais lancé un ciné-club disons laïc, militant et tout et tout, dans une ville occupée par la Compagnie de Jésus, lors de la première séance, un brave homme, peu au courant de mes habitudes alimentaires (rappelle-toi : je mange un curé au petit-déjeuner, un évêque au dîner et un archevêque aux grandes occasions... Façon de parler, ils ne sont pas comestibles; et de plus, je ne suis pas cannibale, moi. Je ne mange le fils de personne... même pas celui de Dieu), me demanda, avant d'acheter son billet... Est-ce que le curé fera un discours... je l'ai rassuré. Il a souri et acheté son billet... On a parlé après le film... Il est resté au débat.

 

Maintenant, Marco Valdo M.I. mon ami et camarade, parle-moi quand même de la chanson... Elle est de notre ami Riccardo, de celui qu'à l'école, on appelait Ventu. Très joli surnom, on dirait le vent lui-même dans une variante romane. Que dit-elle ?

 

Elle dit, elle dit... En fait, elle dit qu'elle ne sait pas de quoi elle parle, d'une indéfinissable, d'une ineffable, d'une fable... D'un souffle de souvenir, d'une remémoration, d'une remembrance, aurait dit Rimbaud. Elle parle d'un chanteur disparu, d'Enrico Signori que nous avions traduit, nous aussi. En somme, elle parle d'un ami, elle parle d'un camarade. Il y a du Ferré là-dedans, le Ferré des Poètes, ces « drôles de types qui traversent la brume avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons... » (http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=17163&lang=it). En somme, une très belle chanson.

 

Sans musique ?

 

Mais, Lucien l'âne, tu sais aussi bien que moi, que la musique est dans les mots, dans la voix qui traverse le corps en le faisant vibrer comme l'âme d'un violon... Et alors, les sons sont.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Ce n'est même pas une ombre, il n'y a même pas de soleil,

Il y a des spectres qui se meuvent par le biais des mots.

Par le jeu des mots qui semblent des étoiles

Renfermées entre les murs d'une cellule infecte.

Il est entré tranquille, silencieux, comme savent le faire les voleurs

Dans cette habitation, quarante mètre carrés

Mais il ne volait rien, il donnait des regards et fort

Bien qu'à l'arrêt, il donnait des coups de pied et il les donnait à la mort.

Enrico, je te revois avec le chien et les clés

Et je te revois toujours avec ce que tu donnais,

Il y avait encore deux mille miles de vie à faire encore

Et cent mille barreaux à scier encore.

Je te connaissais peu, je te connaissais tant,

De ce tant qui suffit à faire naître le regret,

Et il y avait tant de gens par les rues ce soir-là,

C'étaient des gens qui luttent, c'étaient des gens qui espèrent.

 

Et quatre mètres carrés n'enclosent pas la vie

Ne l'enclot même pas un cercueil quand elle est finie,

Et rien ne l'enferme si elle fut d'amour et de lutte,

Si elle fut un phare qui guide notre route.

 

Enrico, je te revois avec le chien et les clés

Et je te revois toujours avec ce que tu donnais,

Il y avait encore deux mille miles de vie à faire encore

Et cent mille barreaux à scier encore.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 15:31

PERDRE SON TRAVAIL

Version française – PERDRE SON TRAVAIL – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Perdere il lavoro – Massimo Ranieri

 

 

Et maintenant partez

Je veux rester seul

avec ma mélancolie

Ne demandez jamais qui j'étais

Si vous me choisissez

Moi qui jusqu'à hier

Croyais être un roi.
Perdre son travail

Quand il se fait soir

Quand dans les cheveux

Un peu d'argent les colore

Tu risques de devenir fou

Ton cœur peut éclater

Perdre une femme

Et avoir envie de mourir.

Laisse-moi crier

Renier le ciel

Canarder tous les rêves

Encore en vol.

Je les abattrai un à un

Je briserai les ailes au destin

Et je t'aurai près de moi

Tu vois, je te comprends

Et j'admets que je me trompais

Et à présent qu'on reste

Tout le temps ensemble

Un homme trop seul

Qui t'aime encore.

Perdre son travail

Quand il se fait soir

Quand au-dessus du visage

Se forme une ride qui n'y était pas

Tu essayes de raisonner

Tu fais l'indifférent

Jusqu'à ce que tu t'aperçoives

Que tu n'as servi à rien

Et tu voudrais hurler

Étouffer le ciel

Taper la tête mille fois

contre le mur

Respirer son coussin

Dire que c'est la faute au destin

Si je ne t'ai pas près de moi

Perdre son travail

Maudite soirée

Qui recueille les débris

d'une vie imaginaire

Penser que demain

Est un autre jour

Mais répéter que je ne m'y attendais pas

Que je ne m'y attendais pas

Canarder tous les rêves

Encore en vol.

Je les abattrai un à un

Je briserai les ailes au destin

Et je t'aurai près de moi

Perdre son travail.

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Marco Valdo M.I.
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 21:33

NESTOR MAKHNO

Version française – NESTOR MAKHNO – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – Nestor Makhno – Apuamater Indiesfolk – Davide Giromini - 2007



Davide Giromini et ses Apuamater ont dédié cette chanson durant le concert du 7 décembre 2007 au Théâtre des Animosi, aux anarchistes de Carrare. À propos de Nestor Makhno nous renvoyons évidemment à la Makhnovscina; maintenant quelques mots à propos de cette chanson (peut-être l'esquisse d'une chanson plus longue que Davide prépare ? Qui le sait !)

Certes, même comme elle est, une typique « chanson flash » girominienne. La première strophe présente la lutte de Makhno, la guerre contre les armées blanches de Dénikine et contre les bolchéviques ("...qui voulaient chasser d'Ukraine à jamais tous les tyrans"), les conditions terribles. Dans la seconde, l'exil du général blanc Dénikine, à Paris, débauché. David est habitué à ce genre de composition, qui ne peut déconcerter que ceux qui ne le connaissent pas. Nous, par chance, nous le connaissons bien. [R.V.]

Les écrits de Makhno ou à propos de Makhno sont nombreux et peuvent être consultés ici : http://www.nestormakhno.info/french/index.htm

ou là : http://kropot.free.fr/index3.htm et sans doute, encore ailleurs.

 

 

Dans la steppe infinie

Par quarante sous zéro

Nous comptions les sept étoiles blanches

Sur la poitrine de Makhno.

Sabres et balles trouent la peau

Qu'ils soient bolchéviques ou du tsar

Les mites dévorent ma cheville

Tandis que je cherche à sauver la ville...

 

Laskine derrière les collines,

Dénikine arrive de la frontière

Pour finir sous le ciel de Paris

Sans terre, sans amis

Et mourir en bohémien

Et mourir en bohémien

Et mourir en bohémien

Et mourir en bohémien...

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Marco Valdo M.I.
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 15:44

 

PAUVR' ITALIE

Version française – PAUVR' ITALIE – Marco Valdo M.I. – 2010

D'après la version italienne de Gian-Piero Testa d'une chanson en lombard de Davide Van De Sfroos – Poor'Italia – 1995

 

 

Si j'ai bien compris la note de Gian-Piero Testa, cette chanson au moment où elle a été écrite (vers 1995), visait les représentants de la Démocratie Chrétienne qui tenaient le pouvoir depuis des décennies. Les choses devaient changer, des « nouveaux » devaient arriver pour faire du « nouveau ». Et de fait, il y a eu du nouveau, ce fut Silvio B. (Meno male...) et la Lega du Nord. Pour du nouveau, ce fut du neuf. À bien y repenser, Lampedusa a raison de faire dire à Tancrède : « Il faut que tout change pour que tout reste pareil » (« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi!" ) et donc plus exactement : « Si l'on veut que tout reste en l'état, il faut que tout change ». De fait, on a changé les marionnettes, mais la pièce est toujours la même.

 

Cette phrase de Tomasi di Lampedusa, par ailleurs prince et écrivain sicilien, mon cher Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne en relevant son échine, me paraît tout indiquée. C'est la phrase-clé par excellence. Le podestà est ressuscité en sindaco; ce sont toujours les gens du même bord qui restent aux commandes. En somme, il s'agit à nouveau d'un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans (Milan ?) que les riches font aux pauvres pour assurer leur domination et garantir leurs richesses sans cesse croissantes.

 

Avant d'aller plus loin, mon cher Lucien l'âne mon ami, je reviens à cet écrivain sicilien et à l'acuité de sa vision des choses... Elle est proprement stupéfiante. L'ironie en effet est qu'elle s'applique aussi bien à ces gens du « Nord »... La Sicile de Tomasi (celle d'il y a un siècle et demi) serait-elle le prototype de la grande Padanie contemporaine ?

 

Enfin, tout est relatif..., dit Lucien l'âne en riant de tout son piano blanc, ourlé de lèvres roses. Ces Padaniens, ces Lombards, ils sont franchement au sud, pour nous; en quelque sorte, on est toujours au nord ou au sud de quelqu'un d'autre...

 

En effet, tout est relatif... Remarque, Lucien l'âne mon ami, que s'applique encore mieux à ces gens-là, la phrase suivante, toujours de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : «Noi fummo i Gattopardi, i Leoni; quelli che ci sostituiranno saranno gli sciacalletti, le iene; e tutti quanti Gattopardi, sciacalli e pecore continueremo a crederci il sale della terra.», que je te traduis illico comme suit : « Nous fûmes les Guépards, les Lions; ceux-là qui nous remplacerons, seront des chacals, des hyènes; et tout comme des Guépards, chacals et brebis continueront à se prendre pour le sel de la terre ».

 

Décidément, les Canuts avaient raison... Tissons le linceul de ce vieux monde peu ragoûtant et cacochyme.

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Et ils savent tout eux, ils font tout eux

Escrocs et canailles, vieux barbus et docteurs

Ils font le monde

Tandis qu'ils sont à table,

Ils deviennent aimables

Quand ils arrivent à rouler.

Toujours verts de colère,

Toujours prêts à vendre même de la merde,

Toujours prêts à faire la chose juste,

Mais derrière leur dos, le fouet est prêt.

Ils vont en Thaïlande coucher avec des gamines

Et ils frappent la leur quand elle fume une cigarette.

 

Et ils disent pauvr'Italie, pauvre'Italie.
Et ils disent pauvr'Italie, pauvre'Italie.

Et ils disent pauvr'Italie, pauvre'Italie, pauvr'Italie, pauvre'Italie

Avec la croix prête pour qui faute.

 

Prêts à tirer sur qui tente de faire quelque chose.

Au moindre problème,

Ils s'en débarrassent en vitesse.

Dès le lever du soleil, ils se chient dessus

C'est leur philosophie pour croire d'être en forme.

 

Et ils se scandalisent car il y a la guerre

Et ils foutent leurs enfants dans la merde.

Ils te regardent crever la caméra à la main

Et puis se réfugient tous dans l'église.

Ils ont volé tout ce qui pouvait être volé

On les met en prison, ils se mettent à braire...

Si quelque chose va de travers,

Ils s'en prennent au gouvernement,

Si tout va mal;

Ils s'en prennent au Père Éternel.

Quand il fait chaud, ils veulent l'hiver,

S'il fait froid, ils veulent l'enfer.

Ils veulent le calme et font du chambard

Ils achètent tout

Et rien ne leur va jamais bien,

Ils disent que personne ne peut les commander

Et ils font tout ce que

L'on dit à la télévision.

Ils passent leur vie à pisser contre le vent

Car la chose qui importe est de n'être jamais contents.

Toujours au premier rang

Quand la bataille est finie.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 20:59

L'OUVRIER DE LA FIAT



Version française – L'OUVRIER DE LA FIAT – Marco Valdo M.I. – 2010

Chanson italienne – L'operaio della Fiat ( La 1100)  - Rino Gaetano – 1974

 

Il va de soi, mon cher Lucien l'âne, que je n'ai absolument rien à dire ou à redire à Rino Gaetano; il a parfaitement raison de décrire la réalité et les reflets du combat gigantesque de la Guerre de Cent Mille Ans auquel comme tous, il est confronté. Qu'il y ait des dégâts « collatéraux » dans une guerre est une chose inévitable; dès lors, ces « dégâts collatéraux » (ici, deux voitures brûlées) renvoient à la Guerre de Cent Mille Ans elle-même et donc, aux effets et aux origines de cette Guerre. Lesquels effets relèvent de ceux qui en sont les seuls responsables et je rappelle que la Guerre de Cent Mille Ans existe du seul fait que les riches la font aux pauvres en vue de les exploiter, d'en tirer profit, de les dominer... Sans cet acharnement millénaire, nous vivrions en paix. Rino Gaetano laisse penser que l'incendie de deux véhicules (la Onzecents et la Torino, modèle plus ancien encore) serait le fait de « révolutionnaires », mais c'est une vision de myopes...



Je te crois, dit Lucien l'âne qui en a tant vu au cours de sa longue existence, en admettant qu'il ne s'agisse pas d'une provocation, d'un coup monté des « services » ou de nervis... N'ouvre pas des yeux ainsi, cela s'est souvent vu dans l'histoire. Victor Serge, un romancier belge, en a écrit tout un livre intitulé : « Ce que tout révolutionnaire doit savoir ». Tout un livre sur les méthodes et les manigances de l'Okrana, la police tzariste (l'ancêtre de l'OVRA mussolinienne). La tradition perdure d'ailleurs en Russie... et ailleurs. Ou alors, aux Zétazunis avec (par exemple) les « détectives Pinkerton » payés pour briser les mouvements de révolte ouvrière...



À courte vue en effet, Lucien, cette accusation. Elle ne voit pas plus loin que le bout de son téléviseur. Dans la réalité, quand on analyse un peu la chose, c'est la colère des pauvres qui crée les révolutionnaires et c'est cette colère que l'on peut voir s'exprimer ainsi. C'est une violence, certes, mais c'est une violence rendue pour mille violences reçues. C'est là le résultat de l'oppression quotidienne (travail – les cadences infernales : «  ton travail à la chaîne Qui courbe peu à peu ton échine Même pas une minute par auto La chaîne est assez rapide » - dit la chanson de Rino Gaetano, faim, misère, flicage...) que font peser les riches sur les pauvres. Comme dans tout moment révolutionnaire, le camp des riches, c'est-à-dire les gens de pouvoir, les puissants, les propriétaires, les patrons, les forces de l'ordre, leurs affidés... tente de rejeter ses propres turpitudes (dites : responsabilités) sur le dos de terroristes, alors que la vraie, l'ultime terreur quotidienne ce sont eux qui l'exercent... et sans pitié. Jusqu'à la mort...



Décidément, plus on avance, plus c'est la même chose, la même destruction de l'homme par l'homme... Cette Guerre de cent Mille Ans est impitoyable. Continuons, continuons, Marco Valdo M.I., mon ami, à tisser, comme nos frères les Canuts de Lyon, le linceul de ce vieux monde infernal et cacochyme.





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Tu as fini ton travail

Tu as ôté les ébarbures de la coque

C'est ton travail à la chaîne

Qui courbe peu à peu ton échine

 

Même pas une minute par auto

La chaîne est assez rapide

Et le travail t'a conduit

À détester la 128.

 

Mais à la fin de la semaine

Le repos fait du bien

Nous irons sans arrière-pensées

Chez des amis à Moncalieri


… La Onzecents, la Onzecents...

Tu en as fini avec la chaîne

Un verre de bon vin

Il te rend toute ta chaleur

Tu trouves ta femme et tu fais l'amour.

Tu es déjà prêt à partir

Tu éteins toutes les lumières

Tu mets ton habit le meilleur et le plus propre

Tu donnes au chat la viande pour trois jours

Et près d'une Torino abandonnée

Tu retrouves ta voiture brûlée.


… La Onzecents, la Onzecents, la Onzecents...

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Marco Valdo M.I.
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 19:21

IL N'Y A PAS DE DANGER

Version française – IL N'Y A PAS DE DANGER – Marco Valdo M.I.– 2010

Chanson italienne – Non c'è pericolo – Lino Volpe – 2007

 

 

« Le 24 octobre 2007 est mort électrocuté à l'intérieur d'une station de haute tension mon ami Antonio Corcione. Antonio était allé travailler et n'est plus revenu chez lui. À lui et à tous les morts au travail , je dédie cette chanson... C'est une de ces chansons que je n'aurais jamais voulu devoir écrire. » Lino Volpe.

Antonio Corcione était un technicien spécialisé de 44 ans, marié et père d'un petit enfant. Il avait été chargé d'un contrôle sur l'émetteur FM d'une station parténopéenne. Il travaillait en noir et la station n'était pas aux normes. Il a été électrocuté par ces câbles avec lesquels il avait passé toute sa vie de travail...


Sergio Castelletti au contraire était un footballiste et ensuite, un entraîneur de football. Peu se souviennent de lui, mais en 1955, Castelletti débuta à Casale Montferrato, sa ville natale...

Sergio Castelletti mourut ni vieux ni jeune en 2004, mais mourut de mésothéliome malin, la terrible maladie donnée par les fibres d'amiante qui, avec l'asbeste, a fait tant de morts parmi les ouvriers de la tristement célèbre société Éternit et parmi les habitants de Casale Montferrato, où cette terrible production avait un siège. Avant de mourir, Castelletti écrivit : « Quand je m'entraînais à Casale, les trous qui s'ouvraient dans le terrain étaient recouverts avec des matériaux de rebut d'Éternit ». Et continue la journaliste Lorenza Pleuteri dans son article de la Repubblica de ce 25 avril 2010 : « Les poussières données en cadeau et les résidus des travaux ont tout pollué : les maisons, les écoles, les locaux publics, les planchers, les aires, les cortils, les cheminées, les niches des chiens, les rives des cours d'eau... Et ils ont fini même là, dans le terrain où les gamins et les adultes tapaient dans le ballon... »


À la fin des années 60, les dirigeants d'Éternit de Casale Montferrato (Alessandria) et de la Fibronit de Broni (Pavia) connaissaient bien la dangerosité des fibres d'amiante, mais tous continuèrent leur production (jusqu'en 1986 à Casale, jusque 1992 à Broni) sans informer leurs propres salariés des probables dommages à la santé qu'il y aurait à long terme et, pire, ils dotèrent leurs établissements de puissants aspirateurs qui eurent l'effet de contaminer avec leurs poussières une zone bien plus vaste que celle de production. Si on ajoute à cela que les produits en « éternit »se trouvaient partout dans les tubulures, dans les cheminées, dans les éviers et les bassins, dans les couvertures des toits, dans le matériau d'isolation et de revêtement, alors on comprend pourquoi le magnat suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Louis de Cartier de Marchienne, ex-dirigeants d'Éternit, sont sous procès à Turin, accusés de désastre écologique intentionnel permanent et d'omission intentionnelle des normes de sécurité... En somme l'habituelle « Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres pour les exploiter encore et encore plus, au besoin jusqu'à la mort » comme dirait « il nostro Marco Valdo M.I. » (notre Marco Valdo M.I.).





Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, ne vois-tu pas qu'on parle de toi et qu'on te cite comme si tu étais un de ces auteurs qu'on apprécie... Je trouve çà surprenant... Qu'est-ce que toi, tu en penses ? Je me le demande...



Écoute, Lucien l'âne mon ami, je suis très content, surtout du « il nostro Marco Valdo M.I. », car vois-tu, ça me donne un peu l'impression d'être adopté par des amis et çà, c'est énorme. Et puis, il y a autre chose qui me plaît beaucoup et qui, je n'en doute pas, te plaira tout autant, c'est cette référence à la « Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres pour les exploiter encore et encore plus, au besoin jusqu'à la mort », car c'est vraiment là, le cœur, je veux dire l'élément central de la dénonciation sociale. Nous sommes en guerre et on ne saurait être neutres. J'aime surtout que l'on parle de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres, car elle contient et explique toutes les guerres et qu'on en parle comme le fondement de la « mort blanche », de la mort par le travail. Tu sais, Lucien, toi qui es un âne, que la mort par le travail est une des plus meurtrière de toutes, mais elle est silencieuse, elle avance masquée, elle est menteuse aussi, elle se cache, elle se dissimule, elle fuit dès qu'on veut la saisir... Mais elle tue encore et toujours. Si on y adjoint ses sœurs que sont la mort par la faim, la mort par la maladie... On trouve le plus grand des massacres que l'homme (riche) exécute contre l'homme (pauvre) depuis la nuit des temps.



Je le crois bien volontiers pour l'avoir vu, de mes yeux vu, dit Lucien l'âne. Par exemple, quand on a construit les pyramides, quand on a fait les routes de l'empire, quand on a fait courir le chemin de fer à travers les forêts, les montagnes, les déserts... Et j'en dirais, et j'en dirais... Et l'amiante...



Justement, Lucien l'âne mon ami... Deux mots à propos de l'amiante et des ravages que cette poussière a produits... Ils sont considérables et on n'a pas fini d'en voir... On s'attend à un pic de morts causées par l'amiante et l'asbeste (avant que le nombre de cancers et de morts causés par cette poussière ne commence à diminuer) vers 2050... Ce fut et c'est toujours la même chose avec le charbon, mais aussi avec le zinc, avec les carrières de pierre, avec le ciment, la chaux, avec, tiens-toi bien, avec la farine... Même avec la farine... la farine tue le boulanger... Et comme tu dis, j'en dirais, j'en dirais... Cette Guerre-là est redoutable et aux jeux olympiques de la mort, elle a gagné la médaille d'or. Une dernière chose, certains s'en vont faire la paix en Afghanistan pour enrayer le fléau de l'opium et de ses dérivés... Quand donc iront-ils faire la paix en tous les lieux nécessaires pour enrayer le fléau du travail et de ses dérivés ? Du pétrole et de ses dérivés ? Du charbon et de ses dérivés ?... Et là, curieusement, personne ne bouge...



Mais alors, mais alors, Marco Valdo M.I.,c'est avec plus d'énergie encore qu'il nous faut tisser le linceul de ce vieux monde assassin et cacochyme...



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Il n'y a pas de danger

Mais quels dégâts !

Le travail est le travail,

Il suffit de faire attention

Nous sommes ici depuis cent ans.

 

Il n'y a pas de danger

Qu'on me licencie

Personne ne m'a chargé

Mais tous me connaissent

Ils savent où me trouver.

Et s'il y en a un qui meurt

Ce pourrait être moi

Il n'y a pas de danger

Il n'y a pas de danger

Pour l'amour de Dieu.

Et s'il y en a un qui tombe

Du mauvais côté

Il n'y a pas de danger

Il n'y a pas de danger

C'est seulement une mauvaise journée

 

Et s'il y en a un qui ne rentre pas chez lui

Il n'y a pas de danger

Il n'y a pas de danger

Il est ici qui gagne sa paye.

Il n'y a pas de danger

Il faut se lever

Le travail est le travail

Sûr que je ferai attention

Mon fils a trois ans...

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Marco Valdo M.I.
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 19:20

À LA VICARIA



Version française – À LA VICARIA – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la version italienne d'une chanson sicilienne - Nta la Vicaria – Rosa Balistreri – 1971

 

Paroles et musique de Giuseppe Ganduscio

 

La Vicaria est l'ancienne prison de Palerme, qui fut remplacée par l'Ucciardone en 1842. Le régime pénitentiaire y était particulièrement désastreux.

 

 

À la Vicaria, il n'y a que des emmerdes

Et surtout pour qui n'a personne

Pour tous viennent des amis et pour moi jamais

Je m'agrippe aux barreaux désespérément.



Seul seulabre, je suis obsédé par mes emmerdes

La nuit, je ne dors pas, non, car je pense à vous

Je pense à mon infortunée mère

Depuis quand je l'ai perdue et je ne la vois plus.





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Marco Valdo M.I.
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 21:02

LA VIE DU LABOUREUR

 

Version française – LA VIE DU LABOUREUR – Marco Valdo M.I. – 2010

d'après la version italienne d'une chanson sicilienne – Rosa Balistreri – 1967

 

 

Le texte de cette chanson de Rosa Balistreri, la « voix de la Sicile », est de Giuseppe "Peppi" Ganduscio (1925-1963) de Ribera.

 

 

Vois quelle vie a le laboureur

Qui nuit et jour sue et ne connaît pas de répit

Il part de nuit et revient à la brune

À l'eau l'hiver, au feu l'été.

De tous ces royaumes, il ne lui reste pas un épi

De son travail, il engraisse les patrons

Pour il voit qu'il s'épuise en vain,

Ses enfants pleurent de faim.

Et il pense l'âme inquiète

Qu'il faut changer ce misérable destin

Il pense l'âme inquiète

Qu'il faut changer ce misérable destin...

 

 

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