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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 15:16

 

UNE PETITE MOUCHE À MIEL FURIBONDE

Version française – UNE PETITE MOUCHE À MIEL FURIBONDE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Una piccola ape furibonda – Giovanni Nuti – 2010

Poème de Alda Merini









Chicaboum chicaboum chicaboum chicaboum

Qui offre ses heures aux autres

Vit dans l'éternité

Les montres ne sont jamais allées

Aux rendez-vous.

On peut être quelqu'un

En pensant simplement

On peut être quelqu'un

En pensant simplement

La névrose est quelque chose

Réduite au pubis

Il y a celui qui se masturbe

pour ne pas se perdre

Le sexe a toujours été

L'amour-propre de Dieu

Le sexe a toujours été

Le grand amour-propre de Dieu

Mon lit est un radeau

Qui fonce vers le divin.

On se retrouve à l'asile

Pour apprendre à mourir

Personne ne me peigne aussi bien

que le vent.

La folie me visite au moins

Deux fois par jour.

Confondre la merde

Avec le chocolat

Est le privilège

De personnes cultivées.

Je suis une petite

Mouche à miel furibonde

Je suis une petite

Mouche à miel furibonde

La nudité me rafraîchit l'âme

J'ai eu trente-six

Amants plus TVA.

Personne ne renonce à son propre destin

Même s'il est fait de pierres

Les fous sont ceux qui

Résistent aux amours faciles

Je n'ai pas peur de la mort

Mais j'ai peur de l'amour.

Chaque homme

Invente son type d'amour.

Il y a des jours qui

Ne se tapent pas la tête au mur.

Il y a des nuits qui

N'adviennent jamais.

J'illumine toujours les autres

Mais moi, je reste dans l'obscurité.

Je suis une petite mouche à miel furibonde

Je suis une petite mouche à miel furibonde. Chicaboum.

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Marco Valdo M.I.
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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 21:44

 

La Havel était lasse

 

 

 

Canzone française – La Havel était lasse – 1912 – Marco Valdo M.I. – 2011

Histoires d'Allemagne 11

 

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, tu sais comme sont les poètes. En hiver, dès que tombe une bonne neige, ils redeviennent des enfants. Ils se lancent des boules, ils font des bonshommes, ils se roulent dans la poudre blanche, ils s'élancent joyeux sur les patinoires. Les poètes sont gens euphoriques qui se baladent sur les étangs, les lacs, les canaux, les rivières et les fleuves gelés à la recherche d'un trou noir. Et ils plongent soudain dans cet entonnoir à la recherche d'on ne sait quoi. D'un songe, d'un fantôme, d'une Ophélie ?

 

 

Brrr, dit Lucien l'âne, tu m'en contes là, Marco Valdo M.I. mon ami. J'en ai, regarde, le dos tout hérissé. Que peuvent-ils bien aller chercher de l’autre côté de ce miroir ? Ont-ils vu un autre monde où fuir ? Souviens-toi de celui qui disait déjà : « Fuir, là-bas fuir... ». Ont-ils vu le destin de leur monde et fuit ? Ou l'une et l’autre de ces visions en même temps.

 

 

Assurément, les temps étaient déjà déraisonnables... Ils le sont encore aujourd'hui. Assurément, les poètes, ces poètes-là, ceux de la canzone, singulièrement : « Heym, Trakl et d'autres espoirs » sont gens hypersensibles. Ces poètes-là avaient pris l'habitude de mourir très jeunes. Ils avaient un peu d'avance sur leurs contemporains, qui les suivront en masse quelques années plus tard. Les uns, hirondelles d'un épouvantable printemps, prédisaient de grands massacres, les autres, les exécutèrent et les subirent tout à la fois. L’Europe couvait l’œuf noir de la guerre. Te souvient-il, Lucien l'âne mon ami, qu'Arthur Rimbaud disait un peu avant eux : « Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. ... viendront d'autres horribles travailleurs; ils commenceront par les horizons où l'autre s'est affaissé ! » Rimbaud parlait juste après la guerre d'avant. Il avait vu les massacres, il connaissait les noirs corbeaux délicieux... Je me rends compte que cette chanson d'Arthur Rimbaud, que tu as sans doute reconnue : Les Corbeaux que chante Léo Ferré, n'est pas reprise dans les CCG, ce qui est aberrant... Je m'en vais réparer cet oubli. Immédiatement. Plus antimilitariste, plus antiguerre que cette chanson, à mon avis, il y en a peu. Et cette injonction terrible : « Laissez les fauvettes de mai... »

 

Comme je vois, tu es aussi hanté qu'eux, mon pauvre Marco Valdo M.I., mordu au sang par la poésie... Elle ne t'abandonnera jamais cette fille-là. N'est-ce pas elle, de l'autre côté du miroir, elle qui les appelait ces jeunes hommes pour les préserver du désastre dans ses bras. Ce serait beau si c'était l'ultime vérité, si la poésie berçait le monde, si l'on avait la chanson bien douce comme avenir de l'humaine nation. Mais leur monde – ce monde de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font idiotement aux pauvres pour accroître leurs richesses, renforcer leurs pouvoirs, gonfler leurs privilèges – est tellement peu sensible, tellement préoccupé de sa force, des possessions et de sa vitesse qu'il en a oublié la vie elle-même qui n'est qu'un temps vide à embellir de quelques sérénades, de quelques fragments d'amours et d'amitiés. Leur monde n'a pas compris qu'efficacité, rendement, vitesse étaient déjà la mort en action. C'est pourquoi, Marco Valdo M.I., toi et moi qui voulons vivre et tous ceux qui veulent vivre, doivent résister à leurs dérives mortifères, maintenant et toujours (Ora e sempre : Resistenza !), refuser de collaborer à l'autodestruction de l'espèce et des espèces, et tisser le plus tranquillement du monde, mais obstinément, le linceul de ce vieux monde fanfaron, productif et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane.

 

 

 

Au « neue Klub » (Nouveau Club) Kleiststrasse à Berlin

Dans le casino Nollendorf se réunissaient des écrivains

Heym, Trakl et d'autres espoirs

Ces jeunes gens un peu désespérés, tous les mercredis soirs.

Annonçaient de prochaines exterminations

Et contaient les corps massacrés par millions.

« Innombrables déjà les corps gisant dans les roseaux

Que recouvrent de blanc les funèbres oiseaux... »

À la mi-janvier, il gelait tellement

L'eau s'était muée en patinoire

La Havel rêvait d'un chevalier blanc

La Havel que terrorisaient des chevaliers noirs

 

Dans leurs poésies fracassantes

Les vers défilaient en colonnes rugissantes

La Havel sous son manteau depuis des semaines

Lasse, attendait ses proies humaines

Des semaines que la Havel gèle

Des semaines que son dos blanc nous révèle

La noirceur de l'hiver et ses jeux exaltants

Sur elle, ils glissaient comme des enfants

À la mi-janvier, il gelait tellement

L'eau s'était muée en patinoire

La Havel rêvait d'un chevalier blanc

La Havel que terrorisaient des chevaliers noirs

 

 

Heym aimait le blanc, surtout le blanc,

Et dans sa poésie, aimait aussi le noir.

Ils partirent à deux, toujours glissant,

Sûrs d'eux se perdre dans un étrange entonnoir.

Sur la glace, on retrouva la canne de Heym et ses gants

Heym et ses patins, comme un fœtus, le visage grimaçant.

Sous la glace, un pêcheur repéra Balcke, souriant et serein

Ainsi, le jour éternel (Der ewige Tag) advînt.

À la mi-janvier, il gelait tellement

L'eau s'était muée en patinoire

La Havel rêvait d'un chevalier blanc

La Havel que terrorisaient des chevaliers noirs

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 21:52

 

BELLE FLEUR FANÉE

 

Version française - BELLE FLEUR FANÉE– Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Sfiorisci bel fiore - Enzo Jannacci– 1965

 

 

Il y a une fleur des champs qui est née dans la mine

Pour seulement quelques jours, ils restèrent à la regarder

D'un pleur, sa douceur fleurit en une soirée,

Les mains noires ne servirent à rien pour la sauver.

 

Belle fleur fanée, mon amour fané

Puisque le temps est venu de mourir d'amour, tu le sais.

 

Un jour un beau soldat partait au loin

Seulement par jeu, il te donna un baiser

Tu pleurais serrant sa main froide

Lui riait avec les autres et le train s'en alla.

 

Belle fleur fanée, mon amour fané

Puisque le temps est venu de mourir d'amour, tu le sais.

 

Il y a là-bas dans un pré une belle endormie

Mais même un baiser ne pourra la réveiller.

Elle est morte désespérée, mais son visage est serein

Qui passe auprès d'elle sourit.

 

Belle fleur fanée, mon amour fané

Puisque le temps est venu de mourir d'amour, tu le sais.

 

Il y a aujourd'hui une odeur de nourriture dans l'air

Que la pluie efface et qui bientôt revient

Ici je romprai mon pain et je resterai à attendre

La peau noire qui me fera des reproches.

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Marco Valdo M.I.
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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 22:27

 

LA BALLADE DU SOLDAT DÉODAT

 

Version française - LA BALLADE DU SOLDAT DÉODAT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – La Ballata del soldato Adeodato – Cantacronache – 1962

 

Texte de Michele L. Straniero - Musique de Sergio Liberovici

 

 

« La première chanson composée par le duo Straniero et Liberovici, qui se référait à certaines chansons « sérieuses » qui contribuent à former le DNA du groupe : Brecht-Weill ou Brecht-Eisler, Georges Brassens, Tucholsky) fut LA BALLADE DU SOLDAT DÉODAT, une fable antimilitariste, un apologue classique d'un pauvre diable, tombé sans le vouloir dans un monde de conformismes religieux et de pseudo-valeurs patriotiques et autoritaires, avec l'unique modeste ambition de voir les étoiles, lequel, expédié au front, apprend à tirer et finit tué, sans pouvoir voir les étoiles cette dernière nuit. Les strophes de Straniero même dans ce cas étaient remplies de vers brefs qui rimaient entre eux […] Une particularité était la ritournelle qui renonçait délibérément à tune totale clarté des énoncés, pour permettre des significations plus cachées et plus allusives »(Fausto Amodei, Per Michele Straniero, profeta della canzone popolare)

 

Était né pas de chance, de famille paysanne

Par sa mère, une béguine, fut éduqué

 

Aimait les étoiles

Mais ne pouvait les voir que de nuit

 

Comme il se doit, fut baptisé, reçut toute initiation

Sur la joie rythmique de la création

 

Fut convaincu que le bon dieu bénissait les fanions

Et que les rois sont parfaits. Croyait pieux.

 

À vingt ans, partit soldat pour la Patrie et pour le Roi

Et pour Dieu, mais ces trois-là l'ont roulé

 

Quand furent au front l’officier commanda

De tirer sur celui-là derrière le pont

 

Puisque celui-là était l'ennemi, lui tira, avec le doigt, doucement,

Le soleil d'antan brillait sur sa main

 

L'ennemi tomba, mais soudain au-dessus du pont

S'obscurcit l'horizon

D'un tir bien visé et un coup fort fort

Embrassa Déodat Sœur Mort.

 

Aimait les étoiles

Mais ne put les voir cette nuit.

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Marco Valdo M.I.
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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 19:58

 

Guillaume dessine des bateaux

 

 

 

Canzone française – Guillaume dessine des bateaux – 1911 – Marco Valdo M.I. – 2011

Histoires d'Allemagne 10

 

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

Cette fois-ci, Lucien l'âne mon ami, il y a juste un siècle entre l'année qu'évoque – arbitrairement, j'entends bien, mais s'agissant d'un Empereur, il n'y a là rien que de très normal – ma canzone du jour (1911) et l'année en cours (2011). L’Empereur en question, c'est Friedrich Wilhelm Viktor Albert von Hohenzollern (1859-1941). Je te donne son nom entier,car ça fait toujours rire ces noms à rallonges. Bref, Friedrich Wilhelm, etc, était roi de Prusse et Empereur d'Allemagne sous le nom de Wilhelm II ou Guillaume II (1888-1918). C'est sous ce nom de Guillaume, qui était aussi celui de son aïeul, qu'il sera brocardé dans la chanson populaire française : « Guillaume a une gueule de bois, le corps en carton, les jambes en ficelle... », que l'on reproduira plus tard sans grandes modifications pour le pantin du Troisième Reich : « Hitler a une gueule de bois... ».

 

 

Mais enfin, Marco Valdo M.I., il n'en pouvait rien s'il était né avec un nom comme ça, dit Lucien l’âne en tressautant un peu.

 

 

Je te l'accorde volontiers. En cela, il n'est en rien responsable, mais pour ce qui suivit, il pouvait prendre ses responsabilités; rien ne l'obligeait à accepter ce destin idiot. Mais c'est tout le contraire qu'il a fait... Il s'y est précipité, il l'a assumé et bien au-delà. On trouvera dans la canzone tout l'ironie dans une phrase qui lui est attribuée : « Je veux être un souverain de paix mais puissamment armé », dans une lettre à son ami Eulenbourg, qu'il avait dû éloigner à la suite d'attaques répétées qui visaient l’homosexualité d'Eulenbourg, ce qui – à l'époque – constituait un motif de scandale et même plus; l'homosexualité étant un délit pénalement punissable. On a un peu oublié, par la suite, la volonté de puissance qui l'habitait, ce Guillaume. On est allé chercher dans les écrits caviardés d'un philosophe, la source de la démence qui a ravagé l'Allemagne une deuxième fois. Mais elle est là cette hystérie, cette volonté de puissance, déjà présente dans Guillaume, venue d'on ne sait quelle alchimie prussienne. Guillaume ne s'est absolument pas caché de sa volonté de conquérir le monde, de rivaliser directement avec ses cousins d'Angleterre. Et cela, seule la maîtrise des mers pouvait le lui assurer. D'où cette monomanie dessinatrice, d'où cette curieuse propension à s'atteler sur une selle à poursuivre des rêves d'escadres, chez le souverain d'un peuple qui n'était jusque là pas des plus réputés pour ses ambitions maritimes. On retrouvera cette obsession dans le « Tirpitz », sans doute un des plus grands cuirassés allemands de la guerre suivante. Tirpitz, justement, apparaît dans la canzone... Il fut ministre de la Marine et Grand Amiral de la Marine Impériale, voulue par Guillaume...

 

Je les vois bien tous les deux, ou tous les trois avec Eulenbourg, déguisés en marins avec des pompons sur la tête s'en aller sur les quais de Kiel en chantant « C'est nous les gars de la Kaiserlichemarine... », dit Lucien l'âne en ployant sur ses jambes antérieures, pris d'un fou-rire.

 

Tu peux rire, Lucien l'âne mon ami, mais comme tu le vois, canzone après canzone, la grande bacchanale se prépare. Comme pour les sous-marins, comme pour les canons, on s'active... Une flotte pareille ne se fait pas en un jour, un rêve pareil ne se réalise pas en un coup, c'est une affaire de dix, vingt ans... Il y faut une volonté de fer, il y faut de la constance et de l'obstination, de la patience aussi... Se lancer trop tôt dans l'aventure est gage d'échec à coup sûr. Guillaume sait cela, même s'il est impatient, pressé... Il force l'allure, mais les contingences techniques le brident. Il veut la paix, certes... en attendant de passer aux actes héroïques. En attendant d'envoyer, comme il l'a fait à Pékin (voir L'été à Pékin)

[[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=37570&lang=it]], d'envoyer les autres massacrer et se faire massacrer. Parenthèse, tout cela plaît beaucoup à ceux qui lui fournissent ces jolis jouets en acier...

 

Tout cela est bien effrayant et ne présage rien de bon... D'accord, on sait ce qu'il en adviendra, on sait qu'on le racontera bientôt, qu'on ne pourra passer à côté de tout cela, on imagine bien ce que peut signifier une paix « puissamment armée ». Et dans le monde d'aujourd'hui, il y en a encore plein de gens qui croient à une paix puissamment armée... et qui nous chantent cette fredaine. Mais, crois-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, cette « paix armée » n'est qu'un prélude à d'autres ébats. La Guerre de Cent Mille Ans ne fait jamais relâche, tout au plus, elle reprend des forces pour faire pire encore. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde pacifiste armé, guerrier et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Je suis Guillaume, fils de Frédéric

Empereur d’Allemagne, Roi de Prusse, et cætera

Je suis le petit-fils de la Reine Victoria

Qui règne sur l'Empire britannique

D’ailleurs, elle est morte dans mes bras.

Je veux être un souverain de paix

Mais puissamment armé

Avec une marine de « Hochsee »

Le grand-amiral Tirpitz est garant de la paix

 

 

Assis sur ma selle, face à mon secrétaire

Toujours d'attaque, je prends un plaisir d'enfer

À dessiner des navires de guerre

Des cuirassés lourds, des escadres entières

Je veux être un souverain de paix

Puissamment armé

Avec une marine de « Hochsee »

Le grand-amiral Tirpitz est garant de la paix

 

Vous connaissez mon goût pour la mer,

Pour les croiseurs, les cuirassés, les canonnières

Vous en avez déjà entendu parler

Et mes U-boote, croyez-moi, vont vous étonner.

Je veux être un souverain de paix

Puissamment armé

Avec une marine de « Hochsee »

Le grand-amiral Tirpitz est garant de la paix

 

 

Ah, la marine, la marine, y a que ça, pour aller partout

Weltpolitiek ! L'Empire (in der ganzen Welt) dans le monde entier

Une place au soleil (Platz an der Sonne) à gagner

Une Kaiserliche Marine (Marine Impériale), une Hochseeflotte  (Flotte de haute mer), pour être partout

Je veux être un souverain de paix

Puissamment armé

Avec une marine de « Hochsee »

Le grand-amiral Tirpitz est garant de la paix

 

Sur la Baltique, sur la Mer du Nord, d'abord

Des vaisseaux lourds, Seidlitz, Blücher, de ma main dessinés

À Kiel, à Wilhelmshaven, à Dantzig, dans nos ports

De gros navires de combat, d'énormes cuirassés

Je veux être un souverain de paix

Puissamment armé

Avec une marine de « Hochsee »

Le grand-amiral Tirpitz est garant de la paix

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 20:03

 

GUERRE À LA GUERRE



Version française - GUERRE À LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson allemande - Krieg dem Kriege – Linard Bardill – Texte de Theobald Tiger, alias Kurt Tucholsky – 13-06-1919

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

 

Le plus fameux poème contre la guerre de Kurt Tucholsky, qui volontairement (et pas par hasard, les deux se connaissaient et militèrent ensemble dans les rangs de l'anarchisme allemand), porte le même titre que la collection photographique de Ernst Friedrich contre les horreurs de la guerre.

Linard Bardill l'a mise en musique en 1991 et chantée dans son album contre la guerre.

 

 

 

Dans les tranchées, vous fûtes quatre ans

Du temps, tant de temps !

Vous eûtes des poux , froid et faim

Et chez vous, une femme et deux enfants

Loin ! Loin !

Et personne pour vous dire la vérité

Personne pour oser la rébellion

Mois après mois, année après année.

Et quand on était en permission

On voyait à l'arrière ces grosses panses

Se rouler dans la goinfrerie et la danse

Et suer le marché noir et la cupidité.

Et la horde des écrivassiers panallemands gueuler :

« Guerre ! Guerre !

Grande Victoire !

Victoire en Albanie et victoire en Flandres »

 

Et meurent les autres, les autres, les autres !

Devant, les camarades s'effondrent

Pour presque tous, c'était le sort

Blessure, souffrance de bête, mort.

Une petite tache, rouge sale

Et on t'emporte et on t'enterre

Mais qui donc sera le prochain ?

Et le cri des millions monte aux étoiles.

Les hommes apprendront-ils enfin ?

Y a-t-il une chose qui vaille la peine ?

Qui est là qui là en haut trône

Du haut en bas constellé d'Ordres

Et qui toujours commande : Tuez ! Tuez !

Sang et os broyés et pourriture...

Et alors, d'un coup, on dit que le bateau a coulé

Le capitaine a fait ses bagages

Et subitement est parti à la nage

Et les troufions restent là indécis

Pour qui tout cela ? Pour la patrie ?

 

Frère ! Serre le rang ! Serre !

Frère ! Cela ne doit plus jamais se produire !

On nous donne la paix du néant

Est-ce le même destin qui attend

Nos fils et nos petits-enfants ?

Répandra-t-on à nouveau le sang

Dans les fossés et sur le vert des champs ?

Frère ! Siffle quelque chose aux gars

Cela ne doit, cela ne peut continuer comme ça

Nous avons tous, tous vu

Dans quoi une telle folie nous a foutu.

 

Le feu brûle qu'on a attisé

Qu'on l'éteigne ! Les Impérialistes

Qui nichent entre eux là de l'autre côté

Nous offrent à nouveau des Nationalistes !

Et une nouvelle fois après vingt ans

Ramènent leurs nouveaux canons

Ce ne sera pas la paix,

Ce serait de la folie.

La vieille danse sur le vieux volcan.

Tu ne dois pas tuer ! A dit quelqu'un.

Et l'humanité entend, et l'humanité se lamente.

Y aura-t-il jamais autre chose ?

Guerre à la guerre !

Et paix sur la terre.

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Marco Valdo M.I.
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 15:10

 

PENDS-LE AU CLOU, TON FUSIL !

 

 

Version française - PENDS-LE AU CLOU, TON FUSIL ! - Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - Appendi al chiodo quel fucile! - Gian Luca Buonsignore – 1983

Paroles de C.E. TRAPANI

 

Une petite chanson – certes pas aussi cultivée et féroce que d’autres présentes sur les CCG/AWS, je pense à La chasse d'Henri Tachan – contre ce grand crime qu'est la chasse.

Il m'est venu à l'esprit de la poster car, après le fait triste que je racontai en introduction à The Hunting Song (Animals Love Vegetarians) de Gerri Gribi, j'ai été récemment témoin d'un épisode analogue... Samedi dernier, de bon matin, à cent mètres de la bourgade où j'habite, sont arrivés trois « bons vivants »vêtus comme des guerriers ninjas et armés de fusils et de voix puissantes et insolentes qui trahissaient le dialecte du sain, vigoureux mâle piémontais puant, léghiste et massacreur de gibier. Ces trois-là, garée leur auto, sont descendus, on chargé leurs armes et se mirent à fusiller des animaux directement de la route, tirant sur le côté du bois qui se trouvait face à eux... Un beau geste sportif, y a pas à dire... Déjà que d'user des fusils sur des êtres sans défense, courir après sur leur terrain au moins, sinon où est l'intérêt ? Ah, oui... l'intérêt est seulement de tuer.

 

Eh bien, plutôt que de; leur conseiller de tirer aux pipes, je donnerais à ces courageux sportifs le conseil que leur donnait Vauro... (tant qu'à tirer les oiseaux, qu'ils tirent après le leur...).

 

Là-bas dans la vallée, un homme a tiré

Un vol s'est achevé dans le vert d'un pré

Les oiseaux apeurés s'en sont tous allés...

Cachés dans les branches ils ne volent plus !

 

Chasseur chasseur – non non ne tire pas

Les oiseaux dans le bleu ont le droit de voler...

Attache au clou ton fusil – non, n'hésite pas

Chasse-chasseur, si vraiment tu veux tirer,

Nous voudrions un peu te conseiller :

Tu devrais tirer seulement aux pipes

Qui sont en terre, « seulement » en terre à la foire.

 

Chasseur, chasseur, si, tu dois accepter

Le petit conseil que nous t’avons donné

Un homme bon et plus serein – si, tu te sentirais

Si seulement aux pipes, tu visais et tu tirais !

 

Doudoudoudou – doudou - doudoudoudou – doudou

Doudoudoudou – doudou - doudoudoudou – doudou

Doudoudoudou – doudou - doudoudoudou – doudou

Doudoudoudou – doudou - doudoudoudou – doudou

 

Chasseur chasseur – non non ne tire pas

Les oiseaux dans le bleu ont le droit de voler...

Attache au clou ton fusil – non, n'hésite pas

La vie est chose sacrée, il ne faut pas l'oublier !

 

Chasseur vise et tire

Aux oiseaux, aux lapins,

Aux faons, aux oursons

Aux lièvres, aux civettes,

Aux canards et aux oisons...

Mais qu'ils soient de terre, comme les pipes.

 

Mais qu'ils soient de terre, comme les pipes

Qui sont en terre et rien de plus...

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Marco Valdo M.I.
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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 22:25

 

SANG D'OCTOBRE

 

Version française d'une chanson asturienne (espagnole) – SANG D'OCTOBRE – Marco Valdo M.I. – 2011

d'après l'heureuse traduction italienne de Lorenzo Masetti de la chanson « Sangre d'Ochobre » – Skand – (2004)


Le titre de cette chanson fait référence à un bataillon asturien de la Guerre d'Espagne. La ritournelle est basée sur une comptine traditionnelle. « Sang d'Octobre » : le nom lui-même faisait référence à la Révolution socialiste et libertaire d'octobre 1934, menée par l'Alliance ouvrière des Asturies.

 

Juste deux mots à propos de la Guerre d'Espagne, qui reste le crève-cœur de l'Europe, une guerre civile dont l'abcès n'a pas encore été vidé, du fait qu'on n'a pas extirpé le mal franquiste, qu'on n' a pas établi en toute clarté : primo : la trahison des généraux vis-à-vis des peuples d'Espagne, c'est-à-dire des peuples qui vivent sur cette portion de presqu'île aux confins de l'Europe, de l'Afrique, de la Méditerranée et de l'Atlantique; secundo : qu'on n'a pas fait l'épuration nécessaire, ni sur le plan politique, ni sur le plan militaire, ni sur le plan administratif, ni sur le plan judiciaire, ni même du point de vue de l'histoire.

 

 

J'insiste, dit Lucien l'âne, moi qui ai parcouru ces régions et bien d'autres de mes petits pas noirs et obstinés, j'insiste également sur le fait que c'est une chanson asturienne et sur le fait que c'est le 5 octobre 1934 qu'éclata la Révolution sociale asturienne, dans laquelle les mineurs s'engagèrent jusqu'à la mort. Cette révolution, engagée par l'Alliance ouvrière des Asturies, composée de syndicalistes, d'anarchistes et de socialistes d'Asturies ( Elle n'était pas souhaitée, ni soutenue par le Parti Communiste – c'est le moins qu'on puisse en dire : il publiait des articles au titre de À bas l'Alliance ouvrière des Asturies...), révolution marquée par l'engagement massif des mineurs des Asturies, si elle avait pu s'étendre à toute l'Espagne aurait changé le cours des choses et sans doute, bien au-delà des frontières ibériques.

 

Va-t-en savoir, dit Marco Valdo M.I. Et quand bien même, cela n'aurait épargné aux peuples de l'Ibérie que les quarante ans de franquisme et leur aurait donné une République socialiste et libertaire que c'eût été déjà une grande fête pour eux et pour l'humanité entière. C'est bien là le sens caché du « Sang d'Octobre ». Sang de mineurs, sang de militants, sang d'ouvriers, sang de paysans, sang de révolutionnaires...

 

Sang d'ouvriers et sang de paysans... On dirait un passage de la Butte Rouge...

 

Mais c'en est un, Lucien l'âne mon ami. « Ce qu'elle en a bu du beau sang cette terre, sang d'ouvriers et sang de paysans... » Tout comme les mineurs auraient pu se revendiquer du Chant des Canuts pour dire parlant du charbon... : « Nous en tirons pour vous grands de la terre, mais nous pauvres mineurs au fond on nous enterre... »

 

 

Justement le Chant des Canuts, c'est celui-là qui revient à la fin de chacune de nos canzones (ou presque) quand je dis : tissons le linceul de vieux monde réactionnaire, sanguinaire et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

« Petits oiseaux qui joyeux chantez

Au bord de la fontaine

Qui montez et descendez d'un coup

Pour attraper les rayons du soleil »

 

Hai Terezina, je vais à la guerre

Je ne sais ce qui adviendra

Prends les enfants, vas en montagne

Ferme la maison et rien de plus.

 

Je laisse la mine, je laisse le pic

Je l'échange contre un fusil

Avec la colonne « Sang d’octobre »

Je marche sur Madrid.

 

Et dans ma tête roule toujours

Cette chanson d'enfant

Que je chantais à mes enfants

Avant d'aller dormir.

 

« Petits oiseaux qui joyeux chantez

Au bord de la fontaine

Qui montez et descendez d'un coup

Pour attraper les rayons du soleil »

 

Les choses tournèrent mal

Ils se mirent à tirer pour tuer

Mes amis tombèrent l'un après l'autre

Au milieu de ce guêpier

 

Finalement, ils me firent prisonnier

Ils m'emmenèrent au bataillon

Au bataillon des travailleurs

Où il n' y a pas de pardon.

 

Mort de faim, mort de froid

Je sais que je ne reviendrai pas

Ma famille, là-bas, dans les Asturies

Je ne la reverrai jamais plus.

 

Hai Terezina, n'oublie pas

Ce qui s'est passé dans ce pays

Apprends aux enfants la chose la plus importante

À attraper les rayons du soleil (rayons de liberté).

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Marco Valdo M.I.
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:19

 

HANNIBAL ET L'ÉLÉPHANT ARISTIDE

Version française – HANNIBAL ET L'ÉLÉPHANT ARISTIDE – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Annibale e l'elefante Aristide - Elisabetta Grasso– 2004

Texte et musique : Gian Marco Gualandi







Le général Hannibal, parti de Carthage

Voulut conquérir Rome, terrible rivale

Pour devenir une célébrité

Mais bon, allez !

 

Les Alpes approchent

Les voilà

Le condottière ordonne

En rangs !

Les troupes avancent, mais le passage est bloqué

On n'avance pas, tous sont arrêtés

Par Baal, qu'est-ce là ?

Il y a un éléphant arrêté au beau milieu de la route

« Hé, bouge-toi, bestiau car je dois faire la guerre! »

 

Eh, non ! Eh, non !, lui dit Aristide

Et il secoue sa trompe pour confirmer son non.

« Il y a des jours que nous marchons, nous marchons et nous jeûnons

Trouve-moi un pain que je me sustente ! »

« Sans cela, Sans cela, confirme Aristide

D'ici je ne bouge pas, je ne fais pas un mètre de plus

Mais regarde un peu autour de toi, ne vois-tu pas quel beau jour

Au lieu de faire la guerre, organisons un beau picnic !

Aristide tu es fort, tu es nous tous.

 

Alors, toute l'armée refusa d'avancer

Et elle dit au général : Aristide a raison

Mais qu'avons-nous à faire là-bas !

Eh là !

Hannibal est stupéfait,

OHHHHH,

Il pense « J'ai le tournis ! »

AHHHHH

« Honte ! Trahison ! Quelle catastrophe

Par la faute de cet éléphant

LE CHOEUR : Par Tanit, il me la payera !

Pachyderme balourd, regarde ce que tu as fait,

Par ta faute, la guerre ne peut plus se faire ! »

 

« Vaut mieux ainsi ! », lui dit Aristide

Et il secoue sa trompe pour confirmer son « Oui »

« Faire des batailles est peu salutaire.

Je préfère le plaisir de goûter un beau baba ! »

« Pour cela, pour cela, confirme Aristide

D'ici je ne bouge pas, je ne fais pas un mètre de plus

Mais regarde un peu autour de toi, ne vois-tu pas quel beau jour

Au lieu de faire la guerre, organisons un beau picnic !

Aristide tu es fort, tu es nous tous.

 

« Viens-là, viens-là, mon cher Hannibal,

Calme-toi et n'y pense plus.

Mon cher général, apprends la morale.

Tu veux vraiment faire la guerre ? Alors, fais-la toi-même !

Mon cher général,

Apprends la morale.

Tu veux vraiment faire la guerre ? Alors, fais-la toi-même !

 

Zut, j'ai été distrait, dit Lucien l'âne. Je voulais faire un petit commentaire à propos de cette chanson bien sympathique... Un petit commentaire d'actualité à propos de tel personnage qui vivait jusqu'à hier encore à Carthage et qui s'en est allé subrepticement, on ne sait trop où... Dommage qu'Aristide ne s'est pas trouvé sur son chemin... Il n'aurait pas été plus loin quand il aurait vu la trompe du proboscide lui dire : "Non, espèce de vieux flic puant, tu n'iras pas plus loin..."

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Marco Valdo M.I.
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:19

 

TROMBONE ROI

 

Version française - TROMBONE ROI – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Re Trombone – Andrea Telandro– 1969

Paroles de Franco Maresca – Musique de Fausto Cigliano et Mario Pagano

 

 

 

Qui sait ce qu'est devenu et ce que fait aujourd'hui le petit Andrea Telandro ? (il devrait avoisiner la cinquantaine, le bambin..., dit Lucien l'âne). Espérons qu'il joue du trombone dans un orchestre de jazz et qu'il ne soit pas devenu un militaire de carrière...

 

 

Bonne question, dit Lucien l'âne et bien entendu, le faire jouer dans un orchestre de jazz me paraît être un souhait des plus heureux quant au destin de ce jeune chanteur. Que réserve la vie, même aux plus belles voix ? Nul ne peut le prévoir... Mais peut-être un jour, laissera-t-il ici quelque nouvelle de son parcours. Cela dit, Marco Valdo M.I. mon ami, je te soupçonne fort d'avoir choisi un titre, d'avoir choisi ce titre Trombone roi, afin de donner à cette chanson enfantine une autre dimension. Une dimension quasiment thébaine. Moi, qui suis passé par là et qui étais aussi là quand P.P.P. tourna le film racontant la même histoire...

 

Lucien l'âne, tu me stupéfieras toujours par ta perspicacité. C'est bien en référence à l'Oedipe roi de Sophocle, au même Oedipe roi de Pier Paolo Pasolini que j'ai choisi de faire de Re Trombone, un Trombone roi. Et plus encore qu'un titre ou un nom, j'ai voulu montrer la similitude des histoires, sans doute aussi, la similitude des racines profondes qui sont derrière cette histoire de roi impuissant, de puissant impuissant... Le pouvoir rend aveugle et impuissant... Qu'on se le dise !

 

Là, tu me fais penser à certaines personnes très en vue de ces temps-ci. Bien sûr en Tunisie, mais il est d'autres vieillards qui occupent abusivement le pouvoir, s'appuyant sur une cour et toute la corruption qui en découle. Pour celui de Tunisie, on lui fera un destin définitif, comme il y en a plein dans les tragédies du temps de Sophocle, d'Eschyle et d'Euripide. On pourrait joyeusement y ajouter Shakespeare, Brecht... Et même, Günter Grass qui écrivit un temps pour le théâtre un pièce intitulée : Les Plébéiens répètent l'insurrection (Die Plebejer proben den Aufstand, 1966) ». Au fait, ne pourrait-on appliquer à certains peuples d'Europe l'injonction que le marquis de Sade adressait aux Français : « encore un effort pour devenir révolutionnaires » et ne pourrait-on appliquer la manière tunisienne aux vieillards abusifs de notre continent...

 

Cela se pourrait, dit Marco Valdo M.I., les temps à venir vont nous le montrer. On pourrait se demander par exemple si dans les pays où se déroulent ces derniers temps des manifestations importantes par leur nombre, on ne se trouve pas devant une sorte de « répétition générale » avant de l'accommoder à la sauce tunisienne...

 

Bon, tout cela est fort bien, dit Lucien l'âne en riant de sa grande bouche d'âne d'où sort impudique une langue proprement kilométrique, mais écoutons la chanson. Et puis, retournons à notre grand œuvre qui consiste, je te le rappelle, à tisser tels des Pénélopes contemporaines le linceul de ce vieux monde impuissant, accroché à son siège (éjectable ?) et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

Trombone roi, à l'aube claire

S'est éveillé avec l'idée de faire la guerre

 

Il veut faire la guerre

 

Il s'est éveillé Trombone roi

Avec en tête cette idée-là.

 

Ferme décision, que voilà !

 

Mais la guerre ne se fait pas

Car il n'y a pas de soldats

 

Il n'y a plus de soldats

Pour la guerre de Trombone roi !

 

Trombone envoie dès le jour

Par tout le pays, un tambour

 

Crier dans toutes les cours !

 


Et le tambour tant bien que mal

Rassemble trois soldats et un caporal

 

Et un caporal

 

Mais la guerre ne se fait pas ainsi

Car il manque les fusils

 

Il n'y a plus de fusils

Trombone roi, dans tout le pays !

 

Trombone roi, désespéré

Court dans son palais sans s'arrêter

 

Il ne peut plus respirer

 

Il monte au grenier, il descend à la cave

Et retrouve sa vieille carabine

 

Sa carabine !

 

Et la guerre ne se fait pas

Quand l'ennemi n'existe pas

 

L'ennemi ne se trouve pas !
Pour la guerre de Trombone roi.

 

Trombone roi, désespéré

Fait le tour du palais sans s'arrêter

 

Il ne peut plus respirer.

 

Il monte au grenier, il descend à la cave

Et retrouve sa vieille carabine

 

Sa carabine !

 

Et la guerre ne se fait pas

Quand l'ennemi n'existe pas

 

L'ennemi ne se trouve pas !
Pour la guerre de Trombone roi.

 

Il cherche et ne trouve pas

Dans les jardins, sur les toits

 

Il fouille dans son armoire

Sous son lit, dans ses tiroirs

 

Mais l'ennemi n'y est pas

Et la guerre ne se fait pas...!!!

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Marco Valdo M.I.
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