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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 21:17

LES ÉPIGRAPHES SONT DES CANZONES

(À Don Quichotte82)

 

 

Je trouve, dit Lucien l'âne, que cet épigraphe de Piero Calamandrei, que j'ai d'ailleurs rencontré dans les campagnes toscanes, il y a bien longtemps et plus d'une fois, il m'emmena faire un tour sur les « balze di San Lazaro », que cet épigraphe, donc, mérite d'être repris ici de façon autonome comme une canzone à part entière, car à mon sens, c'est (aussi) una canzone. En tout cas, il chante à mon cœur d'âne.

 

 

Au mien aussi, dit Marco Valdo M.I. Et je pense exactement comme toi... Je vais d'ailleurs le traduire et proposer d'autres épigraphes et bien entendu, leur traduction. Car en effet, comme tu le dis si bien, ces épigraphes sont des canzones et des canzones contre la guerre. Maintenant, tant qu'à citer Piero Calamandrei à propos des frères Cervi , je proposerais volontiers à ceux qui aimeraient en savoir plus – et cela en vaut la peine – d'aller lire le récit que Calamandrei a fait de cette histoire, intitulé « Sette fratelli e un padre », que l'on trouve aisément dans l'ouvrage qui regroupe tous ses discours, écrits et épigraphes... lui-même intitulé : « Uomini e città della Resistenza » - republié chez Laterza. C'est d'ailleurs de cet ouvrage que j'avais tiré la chanson « L'insurrection de Florence » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=8936&lang=it]].

Pour ce qui est du récit de Sept Frères, j'aime à retenir, mon ami Lucien l'âne, ce passage, qui rappelle étrangement la chanson « L'autre côté du mur » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=7911&lang=it]].

Je cite directement italien – en plus, là aussi, la chose en vaut la peine, car la langue de Calamandrei est d'une grande finesse et d'une grande musicalité :

« Altre mura cadranno, fatalmente, senza bisogno di spargere altro sangue : cadranno le mura della miseria, cadranno le mura del privilege, cadranno le mura dell'ignoranza, cadranno le mura dei nazionalismi, cadranno le mura dei fortilizi, cadranno le mura della guerra : « e noi ritorneremo alle nostre case e col lavoro rifaremo tutto quello que chi hanno distrutto ».

et en français : « D'autres murs tomberont, sans qu'il soit besoin de répandre d'autre sang, tomberont les murs de la misères, tomberont les murs des privilèges, tomberont les murs de l'ignorance, tomberont les murs des nationalismes, tomberont les murs des forteresses, tomberont les murs de la guerre ; « et nous retournerons dans nos maisons et par noter travail nous referons tout ce qu'ils nous détruit ».

 

 

Oui, dit Lucien l'âne tout tremblant. Calamandrei avait ceci de commun avec l'aède aveugle, c'est ce ton et ce don prophétique... On dirait qu'il annonce la fin de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les exploiter, pour tirer profit de leur travail, pour les dominer, pour les contraindre à cet interminable misère, à ce travail forcé... Les riches et leurs séides, crois-moi, ont transformé le monde en un gigantesque camp de travail... C'est pour cela et principalement pour cela qu'il nous faut tisser inlassablement le linceul de leur monde indécent, exploiteur, assassin , esclavagiste et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

La Mère

Épigraphe de Piero Calamandrei « La Madre »

(version française – Marco valdo M.I. – 2011)


Quand le soir revenaient des champs

À huit : les sept fils et leur père

Son regard annonçait souriant

Sur la table le pain et la soupière

Mais quand d'un même tir

Les sept tombèrent devant ce mur

La mère dit tout bas

Mes fils, je ne vous reprocherai pas

De m'avoir donné tant de douleur

Vous l'avez fait en tout honneur

Pour une idée, pour que jamais plus des mères

Ne doivent souffrir cette peine amère.

Mais que fais-je ici sur ce pas

Si le soir, vous ne revenez pas.

Votre père est fort et rassure les petits-enfants

Après une moisson, revient un nouvel août

Mais moi, je suis une maman

Ô mes fils, mes enfants,

Je viens avec vous.

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Marco Valdo M.I.
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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 21:15

CAMARADES FRÈRES CERVI

 

Version française – CAMARADES FRÈRES CERVI – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Compagni Fratelli Cervi – anonyme – 1944

 

 

 

Les paroles de cette chanson furent composées par des partisans du détachement « Fratelli Cervi », opérant dans la région de Reggio, créé en mai et juin 1944 et commandé par le partisan Sintoni, appartenant à la 144ième brigade garibaldienne « Antonio Gramsci ».

 

Fort connue dans la province de Reggio Emilia, elle fait partie des nombreuses chansons qui adopté la mélodie, et la plupart du temps en conservant aussi dans le texte plus qu'une trace du modèle dont elles dérivèrent, celui de cette vieille chanson dalmate – chantée d'abord par les Arditi, puis par les dannunziens.

Autres chansons sur les Frères Cervi :


Compagni Fratelli Cervi (anonimo)
Papà Cervi raggiunge i sette figli (Eugenio Bargagli
La pianura dei sette fratelli (Gang)
Sette fratelli (Mercanti di Liquore e Marco Paolini)
Campi rossi (La Casa del vento)


(DonQuijote82)





Mets ta tenue de combat

Mitraillette, fusil et grandes,

Pour la liberté nous luttons

Pour ton peuple fidèle.



L'heure de l'assaut est venue

La bannière tricolore

Et nous les Cervi, nous l'avons juré

Nous voulons paix et liberté, et liberté.



Camarades, frères Cervi

Qu'importe si on meurt

Pour la liberté et pour l'honneur

Fidèle à son peuple.

L'heure de l'assaut est arrivée

Camarades, frères Cervi...





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Marco Valdo M.I.
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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:26

DIEU LE VEUT

 

 

Version française – DIEU LE VEUT – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Dio lo vuole !a – Guido Podrecca – vers 1900

 

 

 

Il me plaît de signaler cette chanson surtout à Marco Valdo M.I. et surtout, à Lucien Lane pour les motifs qui suivent.

 

Les socialistes romains Guido Podrecca, journaliste, et Gabriele Galantara, dessinateur et caricaturiste, fondèrent en 1892 une revue de satire politique qu'ils nommèrent « L’Asino » (L'Âne), un journal qui se proposait de défendre le peuple, assimilé à l'utile bourricot, patient et battu, des pièges des prêtres, de la papauté et des puissants. Quand, à partir de 1901, les catholiques, organisés dans les FUCI (Unions étudiantes) et la Démocratie chrétienne, commencèrent à se préparer à descendre dans l'arène politique, « Goliardo » et «  Ratalanga » – surnoms des deux rédacteurs de l'Asino – décidèrent de passer à la contrattaque et à travers la revue se consacrèrent à des violentes campagnes anticléricales, à la suite desquelles « L'Asino » fut plusieurs fois séquestré par les autorités pour outrage à la pudeur. (Quoi ? dit Lucien l'âne... Ils dévoilaient le sexe des anges ou alors, s'interrogeaient-ils sur les couilles du pape ?).

Par la suite, les destinées des deux bouffeurs de curés se divisèrent. Podrecca finit philocolonialiste, interventionniste et protofasciste ; Galantara, au contraire, fut contre l'aventure en Libye, pour l'intervention de l'Italie dans la guerre mondiale et contre la montée de Mussolini, puis antifasciste convaincu et maintint seul « L'Asino » jusqu'à ce que les incursions continues des bandes fascistes dans la rédaction le contraignirent à fermer les portes. Sorti des prisons du Duce, Galantara continua à collaborer aux meilleures revues satiriques antifascistes de l'époque, comme le “Becco Giallo” et le “Marc’Aurelio”.





Dieu le veut !

Au travail bourriques

Sous le bâton du seigneur

Chaque goutte de notre sueur

Pour le patron est source bénéfique

 

Il est doux après notre dur travail

De n'avoir pas le sel pour la poêle

Alors que le prince à la table royale

Chez le curé voisin fera ripaille

 

Dieu le veut !

Si nous sommes pauvres

Et nous manquons de travail et de pain

N'espérons pas qu'en grand souverain

Le Seigneur se soucie de nous-autres.

 

Et le Seigneur qui ne laisse jamais

Prêtres et frères mourir de faim

N'a jamais aidé, au grand jamais

Même un seul jour un travailleur.

 

Dieu le veut !

Nous portons contents

Grains et vins chez le maître

Et nous sommes sûrs pourtant

Qu'il saura nous escroquer, à son heure.

 

Ô, légère est la vie des bienheureux

Bien nourris ministres de Dieu

Qui n'ont nul désir d'être aux cieux

Puisque sur terre, il est déjà à eux.

 

Dieu le veut !
Nous regardons ce ciel étoilé

Qui sur notre tête brille constellé

C'est là-haut où pend le saucisson

Que ce qui manque ici, nous trouverons

 

Avec un tel espoir, tout devient exquis

La faim, les taxes, les huissiers

Et même si on meurt dans le fumier

Au ciel, on aura un bon lit

 

Dieu le veut !

Voici le cri mensonger

Que nous lancent patrons et curés

Et à ce cri, les éternels cocus

Se laissent plumer jusqu'au cul !

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Marco Valdo M.I.
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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 20:01

RÉFORMÉ

 

Version française – RÉFORMÉ – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Riformato - Skiantos – 1982-1987-2005

 

 

 

Moi, dit Lucien l'âne en riant, j'intitulerais cette chanson : "RÉFORMÉ ou l'art d'échapper au service militaire...". Sans ouvertement déserter... En douce, en quelque sorte.

 

Bonne idée, dit Marco Valdo M.I. C'est une manière à conseiller. C'est une leçon à ne pas oublier. On ne sait jamais qu'ils remettent ça en pratique...

 

Ils en sont parfaitement capables... N'oublie pas que nous sommes en pleine Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres et qu'un tel service est une excellente manière d'embrigader les gens, de les mettre au pas cadencé [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=224&lang=it#agg104454]] et d'imposer le sens de la discipline, la courbure de l'échine, de mater les fortes têtes et de dresser les jeunes au respect des institutions... Bref, l'apprentissage du jeu de la carotte par devant et du bâton par derrière.

 

C'est pour cela aussi, Lucien l'âne mon ami, qu'il convient que nous poursuivions inlassablement notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde dominateur, disciplinaire et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Moi, je leur ai dit que j'étais bizarre

On le voyait de loin

Ils m'ont regardé en coin

J'étais étendu sur un plumard

 

Je suis facilement surpris

Je suis débile d'esprit

Je suis un peu vidé

Ils m'ont dit : réformé.

 

Réformé, renvoyé

Ils n'ont pas voulu de moi

Réformé, renvoyé

Du service de l'État

 

Tu sais, je ne voulais pas

M'habiller en soldat

L'uniforme m'inquiète

Et puis je ne supporte pas la diète

 

Je fais des confitures maintenant,

Mais je ne pèle pas les patates

Car je m'inquiète facilement

Et tu sais, c'est sensible les patates

 

Réformé, renvoyé

Ils n'ont pas voulu de moi

Réformé, renvoyé

Du service de l'État

 

Réformé, renvoyé

Ils n'ont pas voulu de moi

Réformé, renvoyé

Du service de l'État

 

Réformé, renvoyé

Ils n'ont pas voulu de moi

Réformé, renvoyé

J'échappe à l'État

 

Si j'étais soldat

Ils me colleraient la paranoïa

Donne-moi un baiser, baaaaby

Je suis sauvé, je te dis...

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Marco Valdo M.I. - dans Skiantos
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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 20:06

TREMBLEZ, CHIEZ-VOUS DESSUS !

 

 

Version française – TREMBLEZ, CHIEZ-VOUS DESSUS ! – Marco Valdo M.I. – 2011

 

Chanson italienne romanesque – Tremate lo stesso, cacatevi addosso!!! a – Coro degli sgherri di Scarpìa

Texte de Luigi Magni

Musique d'Armando Trovajoli

 

 

Tirée de la bande sonore du film de Luigi Magni « La Tosca », lui-même tiré de l'opéra de Giacomo Puccini (1900) , lui-même tiré du drame de Victorien Sardou (1887) ...

 

Par ailleurs, il y eut beaucoup de Tosca ou d'interprétations de Tosca au cinéma. En voici une liste non-exhaustive...

 

La Tosca- 1909
André Calmettes et Charles Le Bargy
France

La Tosca- 1911
Theo Frenkel
Angleterre

La Tosca- 1918
Edward José
USA

La Tosca - 1918
Alfredo De Antoni
Italie

Here’s to romance - 1935

Alfred E. Green

USA


Tosca- 1941
Carl Koch
Italie

 

Avanti a lui tremava tutta Roma – 1946 [[http://it.wikipedia.org/wiki/Avanti_a_lui_tremava_tutta_Roma]] »

(avec Anna Magnani et Tito Gobbi)

Carmine Gallone[[http://www.cineartistes.com/fiche-Carmine+Gallone.html]]

Italie

 

 

La donna piu bella del mondo– 1955

(avec Gina Lollobrigida et Vittorio Gassman)

Robert Z. Leonard.

Italie

 

Tosca- 1961 (TV)
Werner Dobberin
RFA

La Tosca- 1973
Luigi Magni
Italie

Tosca- 1976 (TV)
Gianfranco De Bosio
Italie | RFA

Tosca- 1978
Dominique Noguez
France

La Tosca- 1981 (TV)
Pierre Cavassilas
France

Tosca- 1982 (TV)
Dirk Sanders
France

Tosca- 1984 (TV)
Brian Large [[http://en.wikipedia.org/wiki/Brian_Large]]
Italie

Tosca- 1985 (TV)
Kirk Browning
USA

Tosca, nei luoghi e nelle ore di Tosca
- 1992
Brian Large
Italie

Tosca, a tale of love and torture- 2000 (TV)
Trevor Graham
Australie

Tosca de Giacomo Puccini- 2001
Benoît Jacquot
Italie | France | Angleterre | Allemagne

Tosca, la verdadera historia- 2001
Iván Feo
Venezuela

Tosca- 2007 (TV)

Felix Breisach

Autriche

 

Voir également : www.france-italia.it/coddocumento/2112/La%20Tosca.pdf?download=1

 

 

TREMBLEZ, CHIEZ-VOUS DESSUS !

 

 

[Les sbires]

Si vous êtes innocents, si vous êtes de braves gens

Si vous êtes des chrétiens dévoués aux souverains

Si en plus vous êtes croyants, fidèles à l'autel

Tremblez, chiez-vous dessus !

 

[Le Peuple]

Mais nous sommes innocents ! Fidèles à l'autel !

 

[Les Sbires]

Tremblez quand même ! Chiez-vous dessus !

 

[Le peuple]

Nous tremblons quand même, nous nous chions dessus...

 

[Les sbires]

Il y a toujours dans l'ombre quelqu'un qui attente à la paix

Qui souffle sur le feu, qui attise la braise...

 

[Le peuple]

Tu attentes à la paix ? Tu attises la braise... ?

 

[Les sbires]

Tremblez quand même, chiez-vous dessus !!!

[Le peuple]

Nous tremblons quand même, nous nous chions dessus...

 

[Les sbires]

Le peuple est terrible et versatile

Ce soir il t'honore, demain il t'embrène...

 

[Le peuple]

Ce soir tu m'honores ?!? Tu attentes à la paix ?!?

Tu souffles sur le feu ? !? Tu attises la braise ?!?

 

[Les sbires]

Tremblez quand même, chiez-vous dessus !!!

 

[Le peuple]

Nous tremblons quand même, nous nous chions dessus...

 

[Les sbires]

Pour qui a le pouvoir, pour qui le détient

Personne n'est innocent, personne n'est honnête !

 

[Le peuple]

 

Et toi, tu es innocent ? Et toi, tu es honnête ?

 

[Les sbires]

Tremblez quand même, chiez-vous dessus !!!

 

[Le peuple]

Nous nous tremblons dessus...

Nous chions quand même...

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Marco Valdo M.I.
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 21:01

BEPPINO

 

Version française – BEPPINO – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Beppino – Anonyme – 2005

 

Sur la mélodie de O Gorizia, tu sei maledetta
(Ô Gorizia, tu es maudite).



Le 8 septembre 1943, le jour de l'armistice, le Florentin Aligi Barducci, militaire de carrière, se trouvait en Sicile à la tête de la patrouille « La Potente » de l'armée italienne. Il décidé de ne pas se rendre aux nazis, tenta d'organiser un foyer de résistance dans les environs de Rome et puis, il rejoignit les bandes partisanes qui opéraient dans la zone du Monte Morello,dans al région de sa ville natale. Son expérience militaire et son charisme le firent rapidement assumer la conduite de celle qui, d'abord sur le Monte Giovi et puis dans le Pratomagno, devint la forte « Division d'assaut Garibaldi-Arno », protagoniste de la libération de Florence en août 1944. Et précisément à Florence, trois jours avant la Libération, « Potente » fut frappée par l'explosion d'une grande allemande et mourut le 9 août à la suite des blessures.

Au lendemain de sa mort, la division Garibaldi - Arno devint la « Division Potente ».







Il s'en allait au maquis Beppino

Avec sa foi de partisan...

 

Elle lui dit ne pars pas Beppin

Avec son visage grimaçant de chagrin

Sur la montagne, tu pourrais mourir

Si toi, tu meurs, je meurs aussi

Sur la montagne, tu pourrais mourir

Si toi, tu meurs, je meurs aussi

 

 

Et de la plaine d'Albero au Pratomagno

Du Monte Giovi au Monte Morello

Pour Beppino s'étendit le royaume

Et sur chaque montagne, on vit son nom

Pour Beppino s'étendit le royaume

Et sur chaque montagne, on vit son nom

 

Après des mois de combat

Dans la neige, la pluie et les privations

Surmontées les rafles

Il entra avec Potente à Florence

Surmontées les rafles

Il entra avec Potente à Florence

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Marco Valdo M.I. - dans Anonyme
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:47

LE BLUES DU CARABINIER

 

Version française – LE BLUES DU CARABINIER – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne – Karabigniere blues – Skiantos – 1978/2003

 

 

 

Moi je mets l'uniforme

Pour le service jusqu'à Pise

Puis demain, je suis à l'école

Et je n'y vais que si j'ai mon arme.

 

Carabinierbinierbinierbinierblues

Bluesblues

 

Quand j'arrive à Pise

Je me tape la Louise

Je vais faire les courses

Puis j'enlève cette tenue qui me pèse.

 

Carabinierbinierbinierbinierblues

Bluesblues

 

Blues blues blues


Quand arrivera ma pension

Je me relaxerai avec passion

C'en sera fini de la tension

De tirer avec mon canon...

 

Un, deux...

 

Carabinierbinierbinierbinierblues

Bluesblues

 

 

Juste un petit commentaire pour le titre de la version française : "Le Blues du Carabinier"., tel qu'il fut choisi par Marco Valdo M.I. Avec lui, faut toujours aller voir derrière, s'il n'y a pas une petite intention... et il y en a une.

 

On était encore dans l'après-guerre et les Zétazunis faisaient encore rêver certains... On importait tout de là-bas : les voitures, les radios, les frigos,le rasoir électrique, les disques, les films, les armes, les soldats, les services secrets, l'Otan... et la haine du socialisme et toute forme de société solidaire.

Comme il le fit pour le rock, Vian introduisit en France et en français ces musiques syncopées, venues du fond des lointains outre-atlantiques.

Pour ce qui est du blues, Boris Vian, qui s'y connaissait en jazz et autres dérivés de musique afro-étazunienne, écrivit un blues désopilant, précisément à l'encontre du caractère un peu lamentable du genre (car le blues est une lamentation...), qui fut splendidement interprété par Henri Salvador – il était intitulé "Le Blues du dentiste". J'en propose plusieurs versions : une de Paul Personne et Ticky Holgado (2000)[[http://www.youtube.com/watch?v=RLrtsljhNl8&feature=related]] et celle de Mangane Ousseynou et Gilles Favreau lors de la soirée hommage à Boris Vian à La Fourmi à Limoges le 20 mai 2009 [[http://www.youtube.com/watch?v=YFN-XE7CUIo]] et même le texte de la chanson pour qu'on puisse apprécier le caractère quelque peu décalé de la méthode "Vian".

 

Ce matin-là en me levant

J’avais bien mal aux dents

Oh oh la la

J’sors de chez moi

Et j’fonce en pleurant

Chez un nommé Durand, Mm, Mm

Qu’est dentiste de son état

Et qui pourra m’arranger ça

 

La salle d’attente est bourrée de gens

Et pendant que j’attends oh oh la la

Sur un brancard

Passe un mec tout blanc

Porté par deux mastards Mm Mm

Je m’lève déjà pour fout’ le camp

Mais l’infirmier dit: “Au suivant !”

Je suis debout devant le dentiste

Je lui fais un sourire de crétin

I’ m’pouss’ dans l’fauteuil et me crie: “En piste.”

Il a des tenailles à la main

Oh oh oh oh Maman

J’ai les guiboll’s en fromag’ blanc-anc

Avant même que j’ai pu faire ouf

Il m’fait déjà sauter trois dents

 

En moins d’un’ plombe mes pauvres molaires

Sont r’tournées dans leur tombe

Oh oh la la

Voilà qui m’plombe

Mes deux plus bell’s dents

Cell’s que j’ai par devant Mm Mm

I’ m’grill’ la gueul’ au chalumeau

Et il me file un grand verre d’eau

Il me dit faut régler votre dette

Je venais d’être payé la veille

Ce salaud me fauche tout mon oseille

Et me refile cinquante ball’ net

Oh oh oh oh Maman

Et il ajoute en rigolant

J’suis pas dentist’ je suis plombier

Entre voisins faut s’entr’ aider

Oh oh

Et moi je gueul’ ce soir

Le blouse du dentiste dans le noir

 

 

 

Lucien Lane

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Marco Valdo M.I. - dans Skiantos
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:29
RÉSOLUTION DES COMMUNARDS

CHANSON ALLEMANDE - Resolution der Kommunarden – Beertolt Brecht – 1950 (environ)



Bertolt Brecht (1898-1956). 
Fait partie de la pièce de théâtre “Les jours de la Commune” (“Die Tage der Kommune”), 
écrite entre 1945-1950.



Résolution des Communards 


1 1 

Considérant notre faiblesse, vous avez fait 
Des lois qui doivent nous asservir. 
Que dans l'avenir les lois ne soient pas respectées! 
Considérant que nous ne voulons plus être serfs.

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

2 2 

Considérant que nous restons affamés 
Si nous tolérons que vous nous volez 
Nous allons donc consigner que seules des vitres 
Nous séparent du bon pain qui nous manque. 

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

3 3 
Considérant que, là, s'élèvent des maisons 
Tandis que vous nous laissez sans demeure 
Nous avons décidé de nous y installer maintenant 
Parce que dans nos trous, ça ne nous convient plus. 

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

4 4 

Considérant: il y a trop de charbon 
Tandis que sans charbon nous avons froid 
Nous avons décidé d'aller le chercher maintenant 
Considérant que, alors, nous aurons chaud. 

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

5 5 
Considérant: vous n'arrivez pas 
À établir un bon salaire pour nous 
Nous reprenons maintenant nous-mêmes les usines 
Considérant: sans vous il y a bien assez pour nous. 

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

6 6 
Considérant que nous ne faisons pas 
Confiance au gouvernement, quoi qu'il promette 
Nous avons décidé de construire désormais 
Une belle vie sous notre propre direction. 

Considérant que, alors, vous nous 
Menacez avec fusils et canons 
Nous avons décidé de craindre désormais 
Une mauvaise vie plus que la mort.

Considérant: vous écoutez les canons - 
Vous ne pouvez comprendre d'autre langage - 
Nous devons donc – si , si, cela vaudra la peine - 
Retourner les canons vers vous 
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Marco Valdo M.I.
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:24

Le travail, c'est la santé

 

Chanson française - Le travail, c'est la santé – Henri Salvador – 1965

 

Texte de Maurice Pon

 

 

Finalement, Lucien l'âne mon ami, la voici cette chanson dont des millions de travailleurs ont fait leur chant de combat au grand dam des responsables des organisations qui les encadrent et qui promeuvent (encore !!! Si, si....) la « valeur sûre » du travail et à la grande terreur des patrons. Cette chanson, ils ont toujours voulu la ramener, la réduire au rang d'un chansonnette un peu ridicule et simplette. Mais il faut savoir lire entre les lignes et voir que dénoncer ainsi le travail est une œuvre de salubrité publique. En règle générale, le travail – comme l'alcool – tue lentement, sauf accident... et il y en a... Beaucoup ! Alors, on meurt tout de suite ou on est mutilé à vie...

 

Oui, en effet, dit Lucien l'âne en baillant comme une baleine. Moi, le travail, ça me tue. Et voilà bien une chanson qui réduit en miettes un des slogans les plus affectionnés de la propagande des riches : « Le travail, c'est la santé ! »... Quelle blague ! C'est tout aussi fou qu' « Arbeit macht frei – Le travail rend libre ». Mais ici, la solution, le traitement approprié est donné immédiatement dans la chanson : « rien faire, c'est la conserver ».

 

Tu as raison, Lucien l'âne mon ami, cette chanson quand on écarte toute la déconsidération, tout le mépris, tout l'opprobre, toute l'ignominie dont on l'a accablée pour cacher son sens réel qui est le rejet du travail mercenaire et de l'exploitation humaine, on voit bien qu'elle dit une vérité fondamentale. Toutes les études le démontrent . Je le répète : « Le travail est néfaste pour l'homme – pour l'âne aussi... Le travail tue ». Cette chanson met au jour directement le fond de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les obliger (précisément) à travailler de sorte à pouvoir les exploiter, à s'enrichir, à accroître leurs profits, à étendre leur pouvoir, à renforcer leur domination... D'ailleurs, au-delà de cette chanson, on voit bien que cette guerre fait rage tous les jours. L'Europe, l'institutionnelle, leur Europe fait la chasse aux chômeurs, aux pauvres et même, aux handicapés.

 

Quoi ? Dit Lucien l'âne éberlué...

 

Oui, Lucien l'âne mon ami, tu m'as bien entendu. Leur Europe fait la chasse aux handicapés, comme elle le fait aux réfugiés, aux émigrés... Un commissaire européen (un certain De Gucht) vient de déclarer qu'il y avait « trop de handicapés » en Wallonie. Ici, au cœur de l'Europe, aujourd'hui et nos bons nationalistes de notre Nord à nous (Vlaanderen et leur parti, la NVA, ce qui correspond à la Lega, au Front National... Bref, des néo-fascistes) accusent notre Sud à nous (Wallonie) d'abriter trop de handicapés... Pour les chômeurs, ils le disaient déjà depuis longtemps...

 

Mais, dit Lucien l'âne, ça me rappelle quelque chose. On a déjà entendu ça dans l'Allemagne de tes histoires à partir des années 1920... et en Italie, à la même époque. Bon sang, voilà que ça recommence...

 

Oui, Lucien l'âne mon ami, ça recommence. En fait, ça n'a jamais cessé. Cette foutue Guerre de Cent Mille Ans, comme je te l'ai souvent dit, ne cessera que lorsque les riches, la richesse, la poursuite infantile et absurde de l'avoir et du pouvoir cesseront... En attendant, nous devons continuer à tisser, comme les Canuts, le linceul de ce vieux monde obstinément idiot, oppresseur, exploiteur, tuant et cacochyme.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Le travail, c'est la santé.
Rien faire, c'est la conserver.
Les prisonniers du boulot
Ne font pas de vieux os.

Ces gens qui courent au grand galop,
En auto, métro ou vélo,
Vont-ils voir un film rigolo?
Mais non, ils vont à leur boulot!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.


Ils bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand ils en ont, ben, ils sont morts!
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot!!!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

Dire qu'il y a des gens en pagaille
Qui courent sans cesse après le travail.
Moi, le travail me court après.
Il n'est pas près de me rattraper!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.


Maintenant, dans le plus petit village,
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort.
Quand ils en ont, ben, ils sont morts.

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

Hommes d'affaires et meneurs de foules
Travaillent à en perdre la boule
Et meurent d'une maladie de cœur.
C'est très rare chez les pétanqueurs!

Le travail, c'est la santé.

Rien faire, c'est la conserver.

Les prisonniers du boulot

Ne font pas de vieux os.

 

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Marco Valdo M.I.
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:20

AU BONHEUR DES ITALIENS

 

Version française - AU BONHEUR DES ITALIENS – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson italienne - Gli italiani son felici – Skiantos – 1987

 

Ce n'est pas exactement une CCG DOC (Chanson contre la Guerre – Dénomination d'Origine contrôlée) mais, peut-être, trouver sa place parmi les nombreuses « chansons de la guerre de cent mille ans que les riches font aux pauvres », comme dirait notre Marco Valdo M.I..



Dédicacée aux mesures et aux mesurettes sur le dos des habituels idiots (nous), aux Tremonti (Ministre de l'Économie et des Finances...) et au crépuscule de notre « Paese scarpa » (littéralement « pays soulier », en référence à la forme de botte de l'Italie – titre d'une autre chanson des Skiantos), toujours pour citer les Skiantos.



Voici une chanson comme je les aime, dit Marco Valdo M.I. à Lucien l'âne qui pendant ce temps s'étire col, échine, pied avant droit, pied arrière droit, pied avant gauche, pied arrière gauche et la queue. Ironique à souhait... J'aime les chansons qui manient la dérision et l'auto-dérision comme des marteaux-pilons.



Moi aussi, dit l'âne Lucien en continuant à assouplir sa carcasse matinale. Mais dis-moi, car tu as tout bonnement oublié de le faire, dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, ce que raconte de si désopilant cette chanson et aussi, son titre...



Elle parle du bonheur des Italiens... Du bonheur qu'ils (et nous aussi ici) à se faire exploiter la vie durant, à travailler comme des ânes pour finalement se traîner comme des ânes (presque) morts (ou des âmes mortes) en attendant la fin. Quant au titre, ,il est clair : traduit littéralement :« Les Italiens sont heureux » et en référence à Zola et au groupe rock du même nom « Au bonheur des dames » [[http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_Bonheur_des_dames_%28groupe%29]], le titre de la version française : « AU BONHEUR DES ITALIENS ».



Oh, dit Lucien l'âne tout réjoui, quel bonheur, en effet... Cela me rappelle, comme une lointaine réminiscence, un chanson française qui n'est pas sur le site des CCG et qui, à mes yeux d'âne, aurait dû y être depuis longtemps par son contenu et par son poids de dérision...



Laquelle donc, Lucien l'âne mon ami ?



C'est une chanson toute simple et bourrée d'ironie.. Rien que le titre est déjà d'une belle drôlerie... Elle s'intitule, c'est à ne pas croire : « Le travail, c'est la santé... ». Elle était chantée par Henri Salvador... qui venait de Cayenne... Il en savait un bout sur le travail forcé...



Elle est de fait d'une portée énorme et c'est d'ailleurs pour cela qu'on a tenté par tous les moyens de la noyer dans un bocal de conformisme et Salvador avec elle. Et pourtant, pourtant, elle tourne... pourtant, elle a surnagé à toutes les dérisoires tentatives de la déconsidérer en l'accusant (un comble !) d'être drôle, comique, pas sérieuse, d'être une sorte de galéjade ??? Alors qu'elle est une solide mise en garde, une chanson de combat de tous les travailleurs du monde. Sous ses airs anodins, elle est le pendant nécessaire et joyeux de l'Internationale....



Tu devrais la mettre dans les CCG, je pense, dit Lucien l'âne... En attendant, nous deux, on peut avec nos amis reprendre notre tâche quotidienne et infinie, mais joyeuse elle aussi, de tisser le linceul de ce vieux monde triste, mercantile, exploiteur et cacochyme.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.





Si tu as déjà été ouvrier

Tu sais par toi-même que ce n'est pas drôle

Peut-être y avait-il la saison

Mais il n'y avait pas l'émotion.

Si tu as déjà été ouvrier

Tu sais par toi-même que ce n'est pas drôle

Et ce n'est pas drôle.

 

Peut-être es-tu pensionné

Car tu as toujours travaillé

Tes sept veines te font mal

Tu te sens assez mal

Peut-être es-tu pensionné

Car tu as toujours travaillé

Hmmmm travaillé...

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

 

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

S'il t'advient une frontale

Elle est presque toujours fatale

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

Yeah !

 

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

S'il t'advient une frontale

Elle est presque toujours fatale

Quand tu as, tu as un emploi pépère

Tu vas souvent à la mer

À la mer.

 

Les Italiens sont heureux

Quand ils font des sacrifices

Les Italiens sont contents

Quand on leur enlève les aliments.

Yeah !

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Marco Valdo M.I. - dans Skiantos
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