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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 13:28

DE LA DIVERSITÉ

 

 

Version française – DE LA DIVERSITÉ – Marco valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Delle diversità – Germano Bonaveri– 2010

 

 

 

Il existe une échelle précise de valeurs

Il y a les perdants et les vainqueurs

Et spécialement, pour chacun, une couleur

Qu'il te faut apprendre à comprendre...

La distinction est claire

Entre le pire et le meilleur...

Il y a urgence, il y va de l'homme

 

Tu sais que les bons ne perdent jamais

Ils ont le soutien du ciel

Pour cela, tu dois te souvenir de rester avec nous

Nous, nous sommes dans le vrai...

Il y a cet étrange dessein humain

Qui crée l'ennemi et le divers

Cette violence du quotidien

Ce jeu pervers...

 

Il y a des terres lointaines à explorer

Au-delà du sens commun

Et d'autres peuples à rééduquer

Jusqu'à la fin,

Car au nom de l'idéologie,

Tout peut se justifier,

Mais pour que la faute ne retombe pas seulement sur moi,

Tu devrais y participer.

 

Vous êtes des ombres chinoises sur un mur

Dessinée par une autre main...

Vous aurez tous un splendide futur

Avec un fusil à canon scié à la main,

Nous vous enseignerons la discipline

Hypnotisés par la télévision,

Nous vous laisserons sortir tous les matins

Seulement à de strictes conditions.

 

Terres lointaines

Sans téléphones, sans vitrines

Océans à explorer

Sans une plage pour naufrager

Mers sans vent

D'un portulan du quinzième

Terre comme des saisons

Sans condamnations ni absolutions

 

Mais il y a une inconnue à contempler

Dans établissement d'une stratégie

Il y a toujours un qui ne veut pas obéir,

N'est pas aligné, ne suit pas la route.

Le chien sans collier qui a perdu une oreille

Quand il luttait pour un bout de pain

Présenté par la main d'un vieillard

Qui de l'autre cachait un bâton.

 

Et il n'y a pas d'échelle de valeurs

Même ton dieu ne t'appartient pas

Il y a des différences et des couleurs

Qui savent et peuvent vivre ensemble.

Il n'y aura pas d'uniforme

Et il n'y aura pas de héros,

Et la conscience recluse

S'éveillera tôt ou tard.

 

Soyez l'inconnue ignorée

Des manuels de l'autorité,

Soyez la force qui arrive inspirée

Soyez la vraie possibilité

Soyez le sourire de l'inconscience

La légèreté de la stupeur

Soyez la voix de l'inexpérience

Mais une voix claire d'amour.

 

Et ne cédez pas à la mode

Et n'ayez pas de rage

Car on ne s'aime pas par foi

Mais seulement par amour...

Et alors peut-être vous écrirez une histoire

Où la beauté est dans la diversité

Et ne parlez pas de victoire

Mais seulement de liberté.

 

Terres paysannes

Sans téléphone, sans vitrine

Terres à explorer

Avec des ciels azurs à corps perdu sur la mer

Terres sans vent

D'un portulan du quinzième

Terres sans barrières

Toute une vie à cultiver.

 

Terres paysannes

Sans téléphone, sans vitrine

Terres à explorer

Avec des ciels azurs à corps perdu sur la mer

Terres sans vent

D'un portulan du quinzième

Terres à inséminer

Pour une histoire toute à inventer.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 20:42

CLASSE 1923

 

Version française – CLASSE 1923 – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Classe 1923 – Germano Bonaveri – 2004

 

Classe mil neuf cent vingt-trois

Mains petites et rêches,

Dans mes yeux, les mille cicatrices

Des journées blêmes,

Yeux de guerres faites

Ou racontées

Par des gamins qui ne peuvent pas comprendre

Quel goût a la reconquête de la liberté.

 

Classe mil neuf cent vingt-trois

Et une photo délavée...

D'un gars qui est assis là à côté de moi

Me racontant sa vie.

L'expérience est un animal muet

Qu'on ne peut capturer

Il n'est jamais trop tard pour comprendre

Quel goût a la reconquête de la liberté.

 

Certes, ce n'est pas le moment

Et la révolution ne se fera pas vraiment

Un idéal ne sert pas

Dans ce carnaval qu'est l'humanité

Ni saint ni drapeau

Dans l'ascenseur de la civilisation.

 

Classe mil neuf cent vingt-trois
Peut-on me laisser quelque chose ?

Entre les mains, on serre la boussole vide

Des opportunités.

Comme si on serrait les mains d'une femme

Ou on offrait une rose,

L'Appenin qui s'éveille à l'aube, mais voudrait savoir

Quel goût a la reconquête de la liberté.

 

Certes, ce n'est pas le moment

Et la révolution ne se fera pas vraiment

Un idéal ne sert pas

Dans ce carnaval qu'est l'humanité

Ni saint ni drapeau

Dans l'ascenseur de la civilisation.

 

Classe mil neuf cent vingt-trois

Tu es le miroir de mes années,

Les idéaux sont des excuses pour exister

Avec le courage de vivre.

Mais si on regarde bien au fond l'horizon

On voit seulement des nuages

Comme au fond de l'existence de chacun

C'est un combat inutile...

Mais quel goût a la reconquête de la liberté.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 10:03

ATHÈNES BRÛLE

 

Version française – ATHÈNES BRÛLE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Atene brucia – Malasuerte Fi*sud – 2011

 

 

 

 

 

Les Malasuerte Fi*sud, groupe combat rock et ska, lié au centre social autogéré CPA Florence Sud a écrit en 2011 une chanson inéquivoque sur la situation grecque. Comme quelqu'un s'est enfin décidé à en mettre une vidéo sur YouTube avec le texte, enregistré le 21 octobre 2011 vraiment au CPA, voilà cette page comprenant, pour faire mieux illustrer encore la chanson, une vidéo d'Athènes qui brûle pour de vrai et une traduction en langue grecque. [RV]

 

 

Comme on peut le constater, Athènes brûle... Athènes brûle depuis des années... Depuis des années, ces bourreaux, ces tortionnaires font leur office... Et pourquoi ? Pourquoi donc, Athènes brûle tout le temps [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=3638]]... et ils en redemandent encore... Ils (les riches) trouvent que ce n'est pas assez. Ils veulent, ils exigent – en menaçant les autres gens d'Europe – encore plus de privatisations, encore plus de restrictions... C'est du chantage et du racket. Et comment appelle-t-on ceux qui font du chantage et du racket de façon systématique et organisée ?

 

Aux Zétazunis, ils appellent ça des gangsters ; en Sicile, des mafieux... Nous, dit Lucien l'âne en balançant sa crinière pour mieux appuyer son propos, nous, on les nomme tout simplement les riches. È la stessa cosa ! C'est la même chose ! Gangsters, mafieux, riches, exploiteurs... Voilà donc un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour accroître leur puissance, pour multiplier leurs privilèges, pour assouvir leurs caprices, pour démultiplier leurs richesses, pour intensifier l'exploitation, pour magnifier leurs profits...

 

Pourquoi ? Tu demandes pourquoi, mon ami Lucien l'âne... Voici la réponse : La Grèce sert d'exemple, c'est juste un exemple... On va massacrer le peuple grec, comme on fusillait dans les tranchées en 1917, pour l'exemple. Comme ils l'ont déjà fait après 1945, sous prétexte de Libération... Pour créer une saine terreur, pour établir une peur fondamentale... Pour faire régner l'ordre, leur ordre... Pour noyer dans l'effroi toute protestation, pour noyer sous une vague de panique portée par les médias, le tout relayé par les les gourous de la sainte économie, toute pensée divergente, toute volonté de mettre en cause l'empire de la richesse. Voilà le but de ce qu'ils « font aux Grecs ». Je te laisse imaginer la suite...

 

J'imagine assez... Ce qu'ils infligent aux Grecs, sous le couvert des experts, c'est vraiment n'importe quoi [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=38261&lang=it]]... Je m'en réfère à tes Histoires d'Allemagne pour comprendre ce dont il est question... La « Grande Europe », la « Grosse Europe » sert aussi à cela. Écraser les pauvres gens... pour en tirer plus encore de richesse... Combien faut-il écraser de pauvres pour faire un riche ? Voilà pourquoi il est si important de tisser chaque jour le linceul de ce vieux monde maître-chanteur, pyromane, racketteur et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Et maintenant, on appelle les pompiers

Alors que brûle le Parthénon.

C'est la réaction à cette crise générale.

 

Et de la capitale monte la tension

Et de la terre de Platon monte l'appel à la vengeance.

Cette crise est la vôtre, cette crise est la vôtre.

C'est votre crise et nous ne la payerons pas.

 

Nous avons payé vos vices,

Vos luxes, vos caprices et vos bijoux;

Vos flics et vos colonels même pour vous défendre contre ceux

Sans un sou comme moi.

 

Et maintenant Athènes brûle;
Il y a de la méfiance

Envers qui nous a raconté qu'au fond le capital

Est seulement un peu malade ; qu'il faut l'aider.

Mais l'aider à quoi faire ? Une autre honteuse

Période d'exploitation dont tirera avantages

La classe dirigeante qui est cause de tout cela ?

 

Nous payons vos Vices

Vos caprices, vos bijoux

Vos flics et vos colonels pour vous défendre contre ceux

Sans un sou comme moi.

 

C'est votre crise, c'est votre crise

Cette crise est vôtre et nous ne la paierons pas !

Nous payons vos vices,

Vos luxes, vos caprices et vos bijoux ;

Vos matraques ne suffiront pas pour vous défendre de ceux

Qui descendent dans la rue avec moi.

 

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Marco Valdo M.I.
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:11

SUR LA TOMBE DE SALVADOR ALLENDE

 

Version française – SUR LA TOMBE DE SALVADOR ALLENDE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne (sarde) - Subra sa losa de Salvador Allende - SOPRA LA TOMBA DI SALVADOR ALLENDE – Frantziscu Màsala / Francesco Masala – 1981

Tiré du recueil “Poesias in duas limbas – Poesie bilingui” (Poésies bilingues - Sarde-Italien), Scheiwiller, Milano (2° ed. 1993, 3° ed. ‎‎2006 per i tipi de Il Maestrale di Nuoro).‎

 

 

 

Juste une remarque, dit Lucien l'âne. Qui est ce général de merde ?

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, tu fais bien de poser cette question. Ce général de merde est le général Pinochet, qui devint par la suite Président du Chili et instaura une des dictatures des plus sanguinaires. Le coup d'état du général Pinochet (ce « connard de général », selon la chanson) eut lieu de 11 septembre. De même, le 11 septembre (le même) fut le jour de l'assassinat de Salvadore Allende par les sbires du-dit général connard, téléguidés par les services secrets étazuniens. Cela se passait en 1973. La raison fondamentale de cette forfaiture était qu'Allende qui était président élu du Chili avait l'idée libératrice de vouloir affranchir le Chili de la domination étazunienne et de celle de leurs grandes compagnies minières. Il voulait aussi établir un régime social plus équitable... Ce qui ne plaisait pas aux riches du pays... D'où son élimination … Ce qui démontre une fois de plus que lorsque les résultats des « élections démocratiques » dérangent et menacent de changer les choses et le monde (même un peu), on voit revenir la dictature au galop.

Telle est la véridique histoire du 11 septembre.

 

En somme, dit Lucien l'âne, c'est encore là un épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres depuis des millénaires afin de les mieux exploiter, de les dominer, de les contraindre à travailler à leur profit et d'accroître ainsi leurs richesses. Ainsi donc, poursuivons, Marco Valdo M.I., mon ami, notre tâche de canuts, tissons le linceul de ce vieux monde golpiste, magouilleur, dictatorial et cacochyme.

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Les gorilles de Santiago m'ont tué

Les momies de Valparaiso m'ont tué

Les dames de Vanadelmar m'ont tué

Les propriétaires terriens d'Antofagasta m'ont tué.

 

Au nom de la Patrie et de Dieu, m'a tué

Un général en monocle, Aux bottes brillantes

un général fouteur de merde, décoré de médaille

de merde, au nom de Dieu et de la Patrie.

 

Je suis ici maintenant, sous terre, avec le visage dévoré

Par les balles d'un général fouteur de merde,

Sur mon, il y a une paire de bottes brillantes

Dans mon crâne, un ver de général broute.

 

À côté de moi, est enterrée une vieille Indienne,

Tante Francesca Ferrale, Sarde et Chilienne, morte

De faim: gens, ne priez pas pour nous,

Ce serait votre dernière sotte honte.

 

Aïe, mon Chili, connard de Général !

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Marco Valdo M.I.
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:30

ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE

 

Version française – ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE – Marco valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne de Lorenzo Masetti – ADM (Armi di Distruzione di Massa) – 2012

d'une chanson étazunienne – WDM – Blow Up Hollywood – 2006


Basée sur le journal d'Henry Hill, un soldat qui décéda tragiquement dans la guerre en Irak, cet album-concept relate un compte-rendu de première main de la transformation d'un homme vrai en citoyen, en soldat, en assassin, en martyr.

 

J'étais vraiment nul dans le secondaire

Je n'étais pas vraiment à mon affaire

Je voulais quitter ce petit trou

Mais je n'avais pas un clou.

 

Alors, je suis allé trouver l'Oncle Sam

Et il m'a dit qu'il avait un plan

Je pouvais voir le monde gratis.

 

Je ne savais pas que le désert pouvait être si chaud

Et tout cet équipement pesant devait coûter bonbon.

Puis, on m'a donné un fusil

 

Et on m'a dit de tuer quelqu'un

Mais il ne m'avait rien fait.

 

On m'a mis en première ligne

Et on m'a dit d'attendre le signal

Je devais trouver des armes de destruction massive

De quoi s'agit-il ?

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Marco Valdo M.I.
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 21:18

BALLADE DU SOLDAT-PAYSAN

 

Version française – BALLADE DU SOLDAT-PAYSAN – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne - Cantone de su massaju-richiamadu (Sarde) et BALLATA DEL SOLDATO-CONTADINO (Italien) – Frantziscu Màsala / Francesco Masala (1981)

 

 

Tirée du recueil « Poesias in duas limbas – Poesie bilingui » (bilingue : sarde-italien), Scheiwiller, Milano (2° ed. 1993, 3° ed. ‎‎2006 per i tipi de Il Maestrale di Nuoro).‎

La section qui inclut ce chant est intitulée : « Cantones pro sos laribiancos » autrement dit "Ballate per quelli dalle labbra bianche" (Ballade pour ceux aux lèvres blanches). « Ceux aux lèvres blanches » est surtout le titre de la première oeuvre de Masala publiée en 1962 chez Feltrinelli, le récit de l'épopée des gens de Arasolè, petit hameau de la commune de Tonara, dans la province de Nuoro (Sardaigne).

Les lèvres blanches sont celles des morts de faim, des morts d'épuisement, des morts de guerre... Les Chants contenus dans cette section des Poesias in duas limbas sont donc une transcription poétique du petit roman des débuts, presque une « Anthologie de Spoon River » sarde.

Frantziscu Màsala a combattu sur le front russe à vingt-cinq ans. Avec lui 300.000 autres jeunes, en grande partie convaincus d'aller se couvrir de gloire, abusés par les boniments de la rhétorique fasciste. Il en mourut environ115.000, dont 85.000 en un peu moins de trois mois, entre décembre 1942 et le printemps suivant, pendant la seconde bataille sur le Don, la débandade et la retraite désastreuse qui en suivirent... "

« ... Il me paraît de bon compte de dire que, la guerre, je l'ai vraiment faite. J'ai été décoré à la valeur militaire, j'ai été blessé en combat sur le front russe, c'est-à-dire, comme on dit, j'ai versé mon sang pour la patrie. Mais ce qui m'est arrivé, était déjà arrivé à mon grand-père, « Gambadilegno » qui perdit la jambe droite à la Bataille de Custoza, pendant la Troisième Guerre d'indépendance. Mon intrépide jambe droite aussi s'est prise sa balle héroïque, russe cette fois-ci, là, entre le Dnieper et le Don. Je veux dire, en somme, que moi et mon grand-père, tous deux de nationalité sarde avons fait les guerres italiotes: de Sardes loyaux, il s'entend, bons héros, en temps de guerre mais mauvais bandits, en temps de paix. En guerre, dans les tranchées de la patrie, en paix, dans les prisons de la patrie... [Enfin] la guerre m'enleva, pour ainsi dire, des yeux, les bandes de deux rhétoriques officielles : d'un côté, celle de la « petite patrie sarde héroïque » et, de l'autre côté, celle de la « grande patrie italienne impériale ».‎



(Frantziscu Màsala, da “Il riso sardonico” [ Le Rire Sardonique], 1984)



Ah, dit Lucien l'âne en souriant, une chanson de Sardaigne... Je ne saurais trop conseiller à ceux à qui elle plaît d'aller voir une de tes canzones, intitulée : « La Déclaration de Guerre » ; elle relate la réaction du village sarde de Nuras au beau discours que la plus grosse légume fasciste fit le 10 juin 1940.

 

Ainsi Parlait Lucien l'âne.

 

 

 

Je suis Salvatore Mérula,

Surnommé Animamia,

Paysan d'Arasolè

Soldat-rappelé,

Mort en Russie,

Au nom de Dieu et de la Patrie.

Quand j'étais en vie,

J'avais les deux mains larges

Comme deux bêches

Et une petite femme maigre,

Aux lèvres blanches,

Qui m'avait donné sept enfants,

Grands mangeurs de pain.
Je cultivais un champ de grain

Dans les vallons du Campidano.

 

Un beau jour vint

Une « grosse légume » fasciste

Et il fit un discours, aux paysans,

Sur la bataille du grain.
De beaux mots, certes,

Qu'il nous a dit la « grosse légume » fasciste

En langue italienne,

De si beaux mots, si beaux

Qu'aucun de nous

N'y comprit rien:

En avant, camerati paysans ,

En avant à vos champs,

En avant avec la charrue et l'épée,

Au nom de Dieu et de la Patrie,

En avant et semez vos âmes dans les sillons.

 

Son discours fini, je pris ma houe,

Comme d'habitude, pour aller

À mon champ de grain.
La grosse légume me regarde et me fait:
"Où tu vas, camarade?"

Je m'en vas semer

Mon âme dans les sillons !

Voilà pourquoi les gens d'Arasolè

M'ont surnommé Monâme.

Maintenant, mon âme est ici,

Dans un sillon,

Au pied d'un bouleau blanc,

Dans le cimetière de guerre,

Ici, dans la terre russe.

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Marco Valdo M.I.
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:34

LETTRES D'ALLEMAGNE

 

Version française – LETTRES D'ALLEMAGNE – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne – Lettere dalla Germania – Gian Piero Testa – 2010

de la chanson grecque – Γράμματα απ' τη Γερμανία – Mikis Theodorakis / Mίκης Θεοδωράκης – 1966

Texte de Fodas Ladis
Musique de Mikis Theodorakis, Licabetto, 1966
Premier disque: Yorgos Zografos e Anna Vissi, 1975, Minos
Deuxième disque : Adonis Kaloyannis e Afroditi Manou, 1975, Lyra

 

 

 

1. Je t'ai envoyé

 

 

Je t'ai envoyé deux ou trois plumes

Et cinquante marks,

J'ai fait une promenade

Et j'ai balayé deux Allemands.

 

Quand tu auras un peu de temps,

Fais un saut à la Préfecture,

Dis-leur qu'ils m'envoient

Mon certificat politique.

 

 

2. Une Blonde de Wiesbaden

 

 

Une blonde de Wiesbaden

Aime beaucoup les Grecs,

Car ils savent y faire au lit,

Y faire les durs, avec tous leurs attributs.

 

Une amie de Wiesbaden

Aime beaucoup les Grecs,

Ici et déjà à la demi-Lune,

Nous sommes déjà un couple fou.

 

Une amie à la brasserie

Aime beaucoup les Grecs,

Bien plus qu'Hitler

Bien plus qu'à Wiesbaden.

 

 

3. Notre vie est partie aux enchères

 

 

Notre vie est partie aux enchères,

Ils nous achètent, ils nous vendent,

À l'étranger, on perd sa vie,

Ils nous pressent, ils nous jettent.

 

Notre vie est partie aux enchères,

En Amérique et en Europe,

Des êtres humains nous ont fait naître

Et des êtres humain nous vendent.

 

Pour un salaire double

On nous a caché le ciel,

Il n'y a pas de lumière pour vivre.

Là-bas la misère, ici la nuit.

Maman, il n'y a pas d'endroit

Pour construire notre destin.

 

 

4. Mai est en marche pour venir.

 

 

Mai est en marche pour venir

Et il a un bout de route à faire,

Que lui prendre en premier,

Le soleil ou les nouvelles ?

 

Prends-le au vol, maman,

Qu'il ne parte pas les mains vides,

Charge-le de baisers et de bonnes nouvelles .

Ici aussi Mai est arrivé,

Un vilain Mai et mensonger

Qui nous a parlé de l'assassin,

Ce voleur de notre riz.

 

Un Mai pareil, Maman, ne me l'envoie plus

Pour dire que dans notre Grèce, ils ont assassiné Avril.

 

 

5. Hier après-midi à Aquisgrana (Croisières)

 

 

Hier après-midi à Aquisgrana

Est arrivé un type à l'air sérieux,

Il a vu nos conditions,

Notre paillasse indigne,

Et il a dit qu'il fera quelque chose.

 

Eh, maman, ne te tracasse pas

Nous n'y tomberons pas

Nous savons qui a raison

Et qui porte la faute de tout cela.

 

Comme ce gros balourd

Il en est passé une douzaine,

Ils arrivent en mission,

Cinq par cinq chaque jour

Et ils y font une croisière.

 

Et, petite mère, ne te préoccupe pas

Je les connais ceux-là,

Je le sais moi qui nous aime,

Je le sais qui je dois aimer.

 

 

6. Salut maman, salut Stratos

 

 

Salut maman, salut Stratos

Et voici une bonne nouvelle

À présent je ne travaille plus en bas

Dans les galeries dans le noir.

 

J'envoie une photographie

Que j'ai prise en tenue.

Je suis devant la mine

Et les deux autres sont des surveillants.

 

Des baisers à Maria

Et à tous les autres enfants.

Ici, on a seulement très froid

Et un ciel rempli de nuages.

 

 

7. J'ai envoyé au parti

 

 

J'ai envoyé au parti

Dix autres marks

Mais ils n'écrivent pas mon nom

Les initiales suffisent.

 

Ce n'est pas que j'aie peur, -

Je ne serais jamais ouvrier -

Pour si peu, il ne vaut pas la peine

De gaspiller de l'encre.

 

Quand vous en recevez beaucoup,

Mettez-leur mon nom,

Avec toutes les données détaillées

Et en lettres majuscules.

 

 

8. Au café "Greco"

 

 

Au café "Greco"

nous nous réunissons le soir,

cinq à cinq aux tables

et nous lisons "Avghì."
"Vima", "Nea", "Allaghì."

 

À celui qui veut "Akropolis" –

Mais ils sont si rares –

Nous lui donnons les copies gratuites,

Kosmas les a ramassées

Pour nous envelopper des choses.

 

Le dernier disque de Kazangidis

Tu ne me l'a pas encore envoyé,

"Ma Couette"

Achète-le et envoie-le-moi

Avec le "Lit pour deux."

 

Ma couette,

Mon lit pour deux,

Ne nous faisons pas d'illusion

Nous resterons séparés

Qui sait pour combien de temps encore.

 

 

9. Mitsos da Farsala

 

 

Mitsos de Farsala

est devenu un boss,

À cinq heures pétantes, il est dehors

et il parle même allemand.

 

Mitsos, le bon garçon

Vend au marché noir,

Sa femme est une noire

Et il a une limousine noire.

 

Mitsos a l'air d'un ministre,

il fait comme s'il ne nous connaissait pas,

Du travail à nous, on n'en donne pas

et on crache sur notre nom.

 

 

10. Hier dans la Wilhelmstrasse

 

 

Hier dans la Wilhelmstrasse

J'ai rencontré un Allemand,

Qui portait sous son col

Une croix gammée.

 

Et je lui dis, si tu es un homme,

Porte-la à la lumière du soleil,

Comme aux temps où en Grèce

Tu bastonnais les enfants.

 

Nous, ici, nous en avons marre de ceux-là,

Ils fréquentent cours spéciaux,

Ils confectionnent drapeaux

Des uniformes feldgrau.

 

Et je lui dis, si nous nous croisons

Tu verras comme nous nous l'entendons,

Manolis est en train de te chercher

Et Sandàs te veut aussi.

 

 

11. Un tas de Grecques

 

 

Un tas de grecques par le chapeau

Vont et viennent dans le hall,

Pour Palomares,

Le Vietnam et Charles De Gaulle.

 

Le méprisant, le voleur,

Le vilain, le margoulin,

Avec ce nez fureteur

Qui les casse à tous.

 

Si j'avais toutes ces grecques

Je resterais au pays,

Je transvaserais ma bonne huile

Et je me foutrais du De Gaulle.

 

 

12. Arrivèrent certains généraux

 

 

Arrivèrent certains généraux à quatre ou cinq étoiles

Ils parlèrent de l'OTAN les femmes leur manquaient

Et avec leurs minutieux discours, ils se firent des couilles ainsi

Ils trouvèrent les femmes et filèrent dans leurs automobiles.

 

 

13. Au Ministère du travail
(Nous travailleurs grecs)

 

 

Nous travailleurs Grecs

Qui sommes en Allemagne,

Nous demandons sur papier timbré

Qu'on cesse de nous enculer.

 

À toutes vos promesses infinies,

une grande barbe a poussé

Construisez une usine,

Qu'en Grèce nous revenions.

 

 

14. Grecs Turcs et Italiens

 

 

Grecs, Turcs et Italiens

En ont marre de l'Allemagne,

Et dès lors, ils ont fait une occupation

À l'extérieur de la Chancellerie.

 

Grecs, Turcs et Italiens

Ont arrêté de se disputer,

Ils pensent à leurs maisons

Et à leurs mères malheureuses.

 

Grecs, Turcs et Italiens

Sont partis en grève,

Car deux Espagnols

Ont fini ensevelis dans la mine.

 

Dis à Stavros le pope

Qu'il dise une prière

Dis-le au muezzin

Et aussi à l'imam.

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Marco Valdo M.I.
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 19:41

LA JAVA DES GAULOIS

 

Chanson française – La Java des Gaulois – Ricet Barrier - 1958

Paroles et musique: Ricet Barrier, Bernard Lelou

Mais que viennent faire ces Gaulois barbus dans les Chansons contre la Guerre ?... Dis-le moi, Marco Valdo M.I., mon ami et si tu arrives à me l'expliquer, je te la chante, moi, cette chanson. Et d'abord, quel est celui qui a osé chanter pareille chanson ?

 

Celui-là, Lucien l'âne mon ami, tu le connais et tu as déjà pu remarquer qu'il ne faisait pas dans la dentelle, que son mode d'expression était assez cru, direct, clair et sans ambiguïté... C'est notre ami Ricet Barrier. Un spécialiste de la chanson baptisée à l'acide ironique, un homme qui traite les choses au second degré... Ici, il s'en prend à la fois, aux nationalismes, aux gens pleins d'ancêtres et aux guerriers. Il décape la guerre elle-même et les vaillantes troupes d'envahisseurs (dans la Vase de Soissons). Tu vois donc qu'il y a tout lieu de le mettre avec sa chanson dans les Chansons contre la Guerre.

 

Tu causes, tu causes, mais tu ne m'expliques pas...

 

Ah ! Voilà que tu veux une explication de textes maintenant... Moi qui évitais d'en faire, comptant sur la sagacité de l'auditeur. Mais bon, voilà. Allons-y. Remarque préliminaire : ici, il s'agit de la France et je ne dirai rien des autres pays – sauf de l'Italie comme envahisseur, en m'en tenant étroitement au texte de la chanson. Tu sais que dans chaque pays, il y a toujours des ancêtres de références : les Germains pour la Germanie, les Angles (droits ?), les Bretons et les Normands pour les Grands-Bretons, les Celtes pour les Bretons, les Vikings pour le Danemark et la Normandie, les Lombards pour la Lombardie, sans compter les Étrusques, les Romains et autres Doriens... Bref, il y eut les Francs pour la France et les Gaulois pour la Gaule (rien à voir avec le Général De Gaulle, lequel comme son nom l'indique avait deux « l » et deux étoiles). Donc, pour la chanson, il s'agit des Gaulois – eux-mêmes ancêtres de la Gaule et des Francs.

 

Oui, je sais tout cela au moins aussi bien que toi... et alors, dit l'âne Lucien qui commence à rigoler doucement.

 

Alors, regarde la description de ces ancêtres – forcément, j'insiste sur le forcément – valeureux, costauds, un peu rustres peut-être, mais d'un courage à toutes les épreuves – enfin, presque. Ils chassaient rien moins que le mammouth... Cro-Magnon se contenait d'aurochs, de lapins et de champignons. Donc, on déploie ici toute la panoplie folklorique habituelle (les peaux de bête, le druide, le devin, le menhir, le gui...) qu'on retrouvera un peu plus tard dans la série des Astérix... dont l'idée est d'ailleurs issue de cette chanson-ci. Voilà pour la description des ancêtres...

 

On s'en souvient de Vercingétorix, de ses braies, de ses moustaches et d'Alesia... dit l'âne Lucien en se marrant carrément.

 

Il faut quand même rappeler que la France avait fait de l'expérience de l'État Français de l'ineffable moustachu qu'était le Maréchal Pétain, de sa milice et de ses Gaulois et qu'il en restait de fameuses traces... et certains même parlaient avec regret et nostalgie de cette époque où il n'y avait pas de grèves, où les bons Français avaient du travail (obligatoire...), où on mettait les métèques dans des camps et où les trains étaient à l'heure... On ne peut éviter d'y songer.

 

Voici donc où commence à faire son effet l'acide ironique, dit Lucien l'âne en hochant son énorme tête....

 

Et tout ça, sans remonter à l'Atlantide et au mythe de Thulé, aux sectaires de Wotan ... si tu vois de qui et de quoi je parle. La mythologie gauloise (moustaches, y comprises) était un des fondement du pétainisme... Tout comme le slogan : « La Gaule manque de bras, il faut retrousser nos manches », qui vient tout droit de la propagande de Vichy. Il faut des ancêtres et ce qui vaut pour la Gaule, vaut pour d'autres régions dans d'autres pays... Tu m'as compris...

 

 

Évidemment, dit l'âne Lucien. Je les ai vus à l'œuvre ces branques.

 

Donc, nos ancêtres les Gaulois (ici, il me faudrait te renvoyer à la chanson de Boris Vian – Faut Rigoler !, dans laquelle Henri Salvador disait que ses ancêtres étaient les Gaulois... Je te rappelle au besoin qu'Henri était né à la Martinique et métis) ne peuvent être que de redoutables combattants... Les femmes se jettent à leurs pieds... Pas mal pour l'ego des descendants... Redoutables et sanguinaires : « Tue-le, Tue-la, c'était la loi des Gaulois ». Les plus faibles sont évidemment (au minimum) mis à l'écart (voir le destin de Chilpéric). Mais voici qu'arrive un envahisseur (ici, César – voir De bello gallico)... Bref, on prend tous ces éléments, on mélange, on secoue et on sert... C'est du Ricet Barrier. Le dernier couplet vient cependant tempérer un peu les ardeurs ancestrales et ramener à plus de civilité ...

 

Mais que vient faire la Pompadour dans tout ça ?, demande Lucien l'âne secoué par une vague d'hilarité.

 

La Pompadour vient faire le lien avec les Capétiens et la France ultérieure, celle des cours d'histoire, celle où toutes les bribes se mélangent après les libations du bal du quatorze juillet. Ce qu'il y a de bien avec cette chanson trempée dans le jus abrasif du comique, c'est qu'après l'avoir comprise, on ne peut plus prendre au sérieux : ni les Gaulois de pacotille de la propagande, ni les ancêtres glorieux, ni les guerriers et les guerres, ni les commémorations officielles de n'importe quelle nature et de n'importe quelle nationalité... L'acide comique est vraiment efficace contre la moisissure des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=177&lang=it]]...

 

En somme, dit Lucien l'âne en riant franchement, moi qui suis de partout et de nulle part, moi qui ai traîné mes sabots dans toutes les sentes, moi qui ai porté tous les fardeaux, qui ai suivi l'impavide Hidalgo, l'oncle Toby qui fit le siège de Namur et qui chevauchait la sienne chimère (hobby-horse), moi qui me suis tenu à l'écart des rantanplans du Blecktrommel, qui ai connu l'éléphant qui s'en allait à la Cour de l'Empereur et qui ai fréquenté le dromadaire depuis la plus haute Antiquité, moi qui ai vu le géomètre tenter vainement de se faire engager au Château, moi qui ai connu le fidèle berger, moi qui ai croisé le Maître et Marguerite, moi qui posais pour le peintre-médecin en Lucanie, enfin bref, moi, qui fis de la figuration dans une étable pour consoler une jeune accouchée, moi qui ai tout vu et plus encore, je trouve que Ricet Barrier a bien fait de « prendre par le fondement » (prendere per il culo), ces crétins qui ne se sont pas encore rendu compte que la terre n'avait pas de frontières, que l'homme comme l'âne était chez lui partout sur la terre, que si l'homme et l'âne étaient certes de races différentes, entre les ânes et entre les hommes, il ne pouvait être raisonnablement question de races, que la couleur n'était qu'un effet chromatique et qu'il n'y a rien de plus con que de faire des rodomontades ou de faire la guerre à ses contemporains. Comme disait Léo Ferré : « La vie est courte et y en a qu'une... Y en a marre ! » et dès lors, Marco Valdo M.I. mon ami, tissons ensemble le linceul de ce vieux monde ancestral, folklorique, rongé par le nationalisme et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 


Poilus, barbus, vêtus de peaux de bêtes
Ils bravaient la tempête
Tue-le, tue-la
C'était la loi des Gaulois!

Ils prenaient la route
Pour chasser le mammouth
Et courir le guilledou
Ils coupaient le gui
Mais à propos où
Où coupaient-ils donc le houx ?
La chasse finie
Les homme réunis
Plongeaient sur la nourriture
Au petit Chilpéric
Qu'était rachitique
On jetait les épluchures

Poilu, barbu, le druide noble tête
Arrivait pour la quête
Paie pas, planque-toi
C'était la loi des Gaulois

Quand ils guerroyaient
Même les feuilles tremblaient
Les femmes se jetaient à leurs pieds
Mais un beau matin
Un sombre devin
Leur a prédit: ça va barder!
Tout près des menhirs
La troupe en délire
Astiqua les fers de lance
Vercingétorix, un dur, un caïd,
Étudia la carte de France

Bardé, casqué, un Jules nommé César
Arriva sur son char
Il leur a dit:
« Veni, vidi, vici »

On se tira les tifs
On se tapa sur le pif
Mais on vit bientôt les légions
Des Romains pompettes
Qu'aimaient la piquette
Se coller dans la Vase de Soissons
La Gaule manque de bras
Dit un chef gaulois,
Il faut retrousser nos manches
Ils firent des maisons
Ils firent même les ponts
Sauf le samedi et le dimanche

Poilus, barbus, ils guinchaient le samedi
Au bal sur pilotis
Flânant, crânant
On causait entre poteaux
En regardant les Gauloises
Jouer les Pompadours
Et la Gaule endimanchée
Chantait à plein gosier
En trinquant à l'amour
L'amour !

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Marco Valdo M.I.
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:06

LA BALLADE DE L'ÉMIGRANT INCONNU

 

Version française - LA BALLADE DE L'ÉMIGRANT INCONNU – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – La ballata del migrante ignoto – Tj DJ

 

 

Une très bonne chanson, une très belle idée que cette chanson... dit Lucien l'âne. Le destin du migrant est semblable à celui du poilu qu'on envoyait aux tranchées d'une autre guerre.

 

En effet, dit Marco Valdo M.I., le migrant est un conscrit de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent férocement contre les pauvres, sournoisement, par mille manières... Le migrant inconnu est là pour rappeler toutes les horreurs qui poussent les gens à migrer et celles qui l'attendent tout au long de son parcours, quand ce dernier n'est pas brutalement interrompu par la mort.

 

Décidément, il faut que nous tissions avec acharnement, mais tranquillement le linceul de ce vieux monde esclavagiste, oppresseur, tueur et cacochyme.

 

 

Ainsi parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

Je ne me rappelle pas quel mur

quelle frontière ou quelle mer

ou peut-être était-ce un bout de terre

Où je voulais arriver.

Un drapeau flottait

Je ne rappelle plus sa couleur

Ce jour il m'advînt de mourir

Je ne me rappelle plus pourquoi.
Je rappelle seulement mon premier amour

Qui m'attendait au loin

Et qui pleurait des larmes amères

Le jour où je partis pour ne plus revenir.

 

Je suis venu de loin

Mais le reste je l'ai oublié

Je ne sais même pas

Quelle fut la couleur de ma peau.
Je ne sais pas en quels temps j'ai vécu

Je ne sais si j'ai gagné ou perdu

Je sais que j'ai crié à cause de l'horreur

Mais je ne me rappelle plus pourquoi

Je rappelle seulement mon premier amour

Qui m'attendait au loin

Et qui pleurait des larmes amères

Le jour où je partis pour ne plus revenir.

 

Sur ma tombe, il y n'a pas nom

Moi-même, je l'ai oublié

il y a une inscription un po' décoloré

dans une langue inconnue.
Il y a quelques mots écrits

Mais je n'en sais pas le sens

Il y a un flambeau qui brûle

Et qui toujours brûle.

Brûle seulement pour mon amour

Qui m'attendait au loin

Et qui pleurait des larmes amères

Le jour où je partis pour ne plus revenir.

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Marco Valdo M.I.
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:10

Les Ambassadrices


Canzone française – Les Ambassadrices – Marco Valdo M.I. – 2012
Histoires d'Allemagne 57

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass. : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 –
l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

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Mil neuf cent cinquante-huit, un peuple, deux États, deux ambassadrices,aux jambes longues, longues, longues. Voilà ce que raconte le narrateur de cette histoire d'Allemagne. Qui est ce narrateur, je ne pourrais te le dire. Tout ce que je puis en savoir est ce qu'il en dit lui-même.

 

Et que dit-il exactement ?, dit Lucien l'âne en ouvrant des yeux grands comme le Schwartzsee et en redressant l'oreille gauche en point d'interrogation.

 

Il dit très précisément : « Leur double beauté m'attirait »... On le comprend ; je veux dire, je le comprends aussi bien que je ne comprends pas ce qui fait qu'on se laisse séduire et attirer par la beauté...

 

On, dit Lucien l'âne en rigolant tout en effectuant de jolis soubresauts, je veux dire , j'imaginais parfaitement que tu te laisserais séduire par de telles Germaines. Mais qu'en est-il de ce narrateur et de ce qu'il disait...

 

On, je veux dire, je, j'y reviens à l'instant , dit Marco Valdo M.I. lui-même hilare. Il dit « De toute façon, les grands airs (de l'opéra) de Düsseldorf commençaient à me faire bâiller. Et comme après la mort de Maman, je n'ai pas voulu épouser le Conseil de surveillance de notre florissante usine de lessive... » En fait, quand on décrypte la chose, il devrait s'agir d'un descendant de Fritz Henkel, le fabricant de lessives et de mille autres produits bien connus. Voilà pour le narrateur. Quand aux deux donzelles, jumelles blondes aux yeux bleu clair de près d'un mètre quatre-vingts, elles firent des ravages dans l'imaginaire masculin de l'époque, et depuis ce moment jusqu'encore aujourd'hui où elles hantent les souvenirs de tant d'enfants du baby-boom. Il s'agit bien sûr, tu l'auras deviné, des sœurs Kessler... Ce n'étaient ni des chanteuses exceptionnelles, ni des actrices remarquables, mais de splendides danseuses de charme. Elles ont quand même passé une vingtaine d'années en Italie, où les Gemelle firent l'objet d'un véritable engouement du public télévisuel. Et le narrateur n'a pas tort lorsqu'il dit qu'elles furent – en quelque sorte – le véritable miracle de la renaissance allemande.

 

Voilà des dames bien passionnantes..., s'ébroue l'âne Lucien.

 

C'est certain et bien des mâles en furent pour leurs frais... Elles se révélaient inapprochables... Si tu vois ce que je veux dire. D'ailleurs, à ces indélicats qui les traitaient d' « ice creams » (ce qui est assez réfrigérant...), elles répondaient « hot dogs » (chiens en chaleur...). Mais foin de ces marivaudages, je voudrais quand même que tu notes que l'entreprise Henkel (le fameux Konzern dont parle le narrateur) – qui comme toutes les autres avait largement collaboré au régime du Reich de Mille Ans, s'était vu remettre ses biens confisqués et fut relancée dans la Düsseldorf d'après-guerre. Cela aussi a contribué (guerre froide oblige !) à édifier le « miracle économique allemand ». À propos, te souviens-tu du nom du Dictateur de Chaplin [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=7631&lang=it]]...

 

Si je me souviens bien, dit l'âne Lucien, il se nommait Hinkel, Adenoid Hynkel... C'est peut-être une coïncidence.

 

 

Peut-être... Mais, sincèrement, j'imagine le contraire ; je croirais plutôt à un mot-valise , un croisement entre Hitler et Henkel. Enfin bref, on prend les mêmes et on recommence. Et voilà qu'aujourd'hui, l'Europe risque fort de payer pareille bévue. Elle est en train – les Grecs en premier, après les Allemands de l'Est et tous les Allemands pauvres eux-mêmes – de subir le « miracle politique allemand »? Cependant, je ne dirai rien de ses dirigeants actuels, car – tu le devines – ils n'ont que peu d'influence sur la dérive, la grande erre de ce monstre gigantesque, ce Minotaure prussien toujours à l'œuvre dans son labyrinthe. Comme bien tu le comprends, ce dragon est insatiable et il va continuer à réclamer – jusqu'à ce qu'on le tue – qu'on lui serve tout ce qu'il réclame... Voilà ce que dit réellement cette chanson...

 

Mais alors, dit Lucien l'âne, c'est nous, ce sont les pauvres de l'Europe qui allons payer les frais du « miracle économique allemand », qui allons – dans cet épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour étendre leur domination, pour accroître leur richesse, pour assurer leur pouvoir, pour multiplier leurs profits – comme ils l'ont fait aux Grecs, devoir subir des restrictions en tous genres, sous peine de répressions féroces. Dans ce cas, Marco Valdo M.I. mon ami, il est plus urgent encore que nous poursuivions notre tâche qui consiste, je te le rappelle, à tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde boulimique, ravageur, insatiable, vampirique et cacochyme.

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 


 

 

Bons baisers à bientôt

Ton amour me manque trop

Un peuple, deux États, deux ambassadrices

Aux longues jambes séductrices

 

Elles chantaient des pots pourris

En allemand à Berlin

En français à Paris

Et à Rome, en italien.

 

Alice et Ellen Kessler chantaient

Aux Zétazunis en anglais

La « Sensation of Germany »

De sa danse conquérait tous les pays.

 

Oh, les belles duettistes

À l'accent saxon

Oh, les belles gambettes

La Germaine sensation.

 

Pas de messieurs dans les loges des belles

Disait la « campanule »,

La maîtresse des Bluebelles,

Le chaperon majuscule

Kessler Zwillinge, Gemelle Kessler

Mes deux jumelles aux yeux pers

Au joli nom de Soeurs Kessler

Étaient nées au temps d'Hitler.

 

Deux Marlènes, doubles beautés,

Mystère ensorcelant de la gemellité

Bien des femmes n'aimaient pas leurs pas

Si bien cadencés... Allez savoir pourquoi.

 

Rejointes un temps au Lido

Par deux anglaises aussi jumelles qu'elles

On les voyait de face, on les voyait de dos

Mais on ne savait jamais laquelle.

 

En ce temps-là, pour des Teutonnes,

Jolies et jumelles synchrones

Lys de Saxe aux yeux pervenche

Danser à Paris, quelle pacifique revanche

 

Mes impeccables danseuses étaient si belles

Leurs jambes en vision stéréoscopique

Ah, Alice ! Hé ! Ellen ! Manœuvres diplomatiques.

Le vrai miracle allemand cette paire de jumelles.

 

Bons baisers à bientôt

Ton amour me manque trop.

Un peuple, deux États, deux ambassadrices

Aux longues jambes séductrices

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