Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:30

 

Los Dictatorios

 

Chanson française – Los Dictatorios – Philippe Clay – 1975


Les auteurs sont : H. Djian/S. Balasko/D. Faure

 

http://www.jechantemagazine.com/Bios%20pour%20CD/Philippe%20Clay.html

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, te souviens-tu de Philippe Clay ? Est-ce que ce nom te dit quelque chose ?

 

Oh, bien sûr. Philippe Clay, Marco Valdo M.I., mon ami, c'est une voix, c'est une silhouette, c'est une gueule, c'est une diction, c'est une chaleur vocale... C'est un formidable funambule, c'est un très remarquable comédien et c'est un chanteur hors pair. C'est aussi une interminable dégaine... Enfin, j'aurais dû dire : « C'était ... ». Imagine qu'il a chanté Boris Vian tout chaud, des chansons à peine écrites... vers 1955 – 1960. Si tu connais la réputation (à mon sens exagérée) des ânes, tu comprendras que Philippe Clay chantant la Complainte du Priapisme nous est restée dans les oreilles. Bien entendu, une telle complainte n'a pas sa place dans les Chansons contre la Guerre ou alors, ce serait un formidable « Extra ». Je t'en donnerai l'adresse en confidence...

 

Mais mon ami Lucien l'âne, tu penses bien que je la connais cette complainte et comme elle a une conclusion où il est démontré qu'il très imprudent et pour tout dire mortel de jouer avec les armes – spécialement les obusiers lourds, surtout quand on est militaire (mais que ferait un civil d'un obusier lourd ?) – je m'en vais de ce pas, dès qu'on en aura fini avec celle-ci, proposer cette ode à la braguette comme chanson contre la guerre à part entière. Mais pour en quelque sorte, préparer la voie à cette petite merveille – due à l'audacieuse imagination de Boris Vian sous le nom duquel elle apparaîtra ici – je tiens à te faire lire une autre merveille très dans le ton des CCG et chantée elle aussi par l'immense (cette fois, le mot est juste) Philippe Clay. Malheureusement, je n'en ai pas trouvé de trace en vidéo... ni sonore... Par ailleurs, vidons un mauvais abcès ! D'aucuns ont voulu cataloguer Philippe Clay et l'envoyer moisir « à droite », politique s'entend... Bien sûr, il s'est dans ses vieux jours (il est mort à quatre-vingts ans...) rallié à Chirac... mais souviens-toi, quasi-toute la France s'est ralliée à Chirac, à l'exception des fascistes... Enfin, celle qui votait... Ce que ni toi, ni moi ne faisons...

 

Pourquoi donc, me racontes-tu tout ça ?, Marco Valdo M.I., mon ami. Moi, j'aime bien Philippe Clay et tout ce touin-touin, je m'en tape...

 

Je te le dis, car comme je vais être bien obligé de mettre une petite biographie de Philippe Clay et qu'on fait toujours circuler des choses semblables... Parfaitement vaines, au demeurant... Et fausses, car et c'est là que je voulais en venir avec la chanson que je te propose ici ... Il y a peu de chanteurs « engagés » à « gauche » – j e te rappelle incidemment ce que disait le moniteur d'auto-école : « la gauche, c'est l'autre droite »... Et dans le fond, cette assertion se vérifie tous les jours sur le plan politique... et partout dans le monde. Un ami plus versé dans les sciences mathématiques ajoutait : « et inversement ». Mais foin de ces arguties, je te fiche mon billet que cette chanson de Philippe Clay et lui par conséquent, a sa place dans les Chansons contre la Guerre... C'est en chanson le pendant du Dictateur de Charlie Chaplin.


 

Elle s'intitule de façon ibéricomique : Los Dictatorios. C'est une chanson de l'année 1975... et regarde bien le dernier couplet dans lequel il appelle la mort sur Franco... Et est-ce l'effet de la Iettatura de Philippe Clay...

 

 

« Adios Francisco

Voilà bientôt le moment de quitter la piste »

 

Et Francisco Franco Bahamonde meurt en novembre 1975...

 

 

 

À mon humble avis et à ce titre-là, elle mérite bien d'être ici et même que nous la saluions d'un poing levé (un pugno chiuso per Philippe Clay!) ... Après quoi, nous reprendrons notre tâche qui consiste – comme Philippe Clay le faisait à sa manière dans cette chanson – à tisser le linceul de ce vieux monde dictatorial, rétrograde, militariste et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Il y avait trois clowns, trois rigolos

Qui s'appelaient Los Dictatorios

Y avait Adolfo Benito

et puis le tout petit Francisco

Ils étaient si beaux

En uniformes de généraux d'opérette

Surtout Adolfo

Avec sa mèche, sa moustache et sa casquette

 

{Parlé:}

 

Du bist ein Schweine-Hund

Por favor Nein, ich bin der Kopf

Por favor Nein, keine Klappe

E pericoloso sporgersi

 

Los Dictatorios, leur numéro

Soulevait des millions de bravos

Rome, Berlin , Paris Madrid et Varsovie les avaient applaudis

Un jour, Adolfo

Près de Moscou a fait sa dernière culbute

Avec Benito

Ils sont allés faire les clowns chez Belzébuth

 

Il y avait trois clowns, trois rigolos

Y en a plus qu'un, c'est Francisco

Sous le chapiteau

Ses genoux tremblent, il est triste comme un vieux taureau

Plus un seul bravo

Et les enfants ne veulent même plus voir le pitre

Adios Francisco

Voilà bientôt le moment de quitter la piste

 

 

{Parlé:}

 

 

Soy el más grande payaso del mundo (olé !)

Yo soy el grande cómico del mundo (olé !)

Yo soy el último dictatorio del mundo (olé !)

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:02


LA CHANSON DE L'INDIFFÉRENCE

 

Version française – LA CHANSON DE L'INDIFFÉRENCE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne - La canzone dell'indifferenza – Milo Brugnara – 2006

 

 

L'indifférence est un sentiment qui dans la superficialité de al société actuelle pèse de plus en plus ; il serait bien de s'en rendre compte ….

 

 

 

J'ai vu un homme, j'ai vu son dernier soupir

J'ai vu un homme et de près, je l'ai vu mourir

Il avait dans sa poche un feuillet, une poésie

Écrit à la va vite porté par un vent de mélancolie

 

J'ai vu un homme, j'ai entendu sa dernière parole

Il parlait d'illusion avec un nœud dans la gorge

Il disait qu'il s'était lui-même mis à malheure

Il voulait soigner par le sel ses douleurs

 

La la la la...

 

Il voulait gagner le match de la vie

Il espérait y arriver, mais la pente était raide

Et il baissa la tête face à la tempête

Qui lui vola ses vers et emporta sa poésie.

 

Je l'ai bien vu et j'ai perçu toute sa solitude,

Tel l'éclair, je l'ai vu tracer son chemin

Il cherchait on ne sait quoi, son destin

Apeuré peut-être, suffoqué par ses habitudes


La la la la...

J'ai vu un homme avec la même tenue que moi

Je l'ai vu sangloter car son temps s'était écoulé

J'ai vu un homme avec mes larmes pleurer

Je l'ai bien vu et peut-être même était-ce moi...

 

La la la la...

La la la la...

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 22:18


Le Pendu

 


Chanson française – Le Pendu – Jacques Brel - 1960


 

 

 

 

Encore un pendu... Tu ne vas quand même pas l'imiter..., dit Lucien l'âne un peu perplexe, ce qui se marque par ses deux oreilles pendant tristement sur les côtés de sa large tête.

 

 

Oh, Lucien mon ami l'âne, je te vois bien chiffoné. Mais enfin, il ne faut pas t'en faire pour moi... D'abord, je ne supporte pas les carrousels et les balançoires, tout ça me donne la nausée. Ce que j'aime vraiment, c'est seulement de les regarder... Un peu comme faisait Yves Montand quand il restait en arrêt comme un chien de chasse devant la demoiselle sur la balançoire... [http://www.youtube.com/watch?v=vAcPh4yAIp0]. Quand aux pendus, j'ai vraiment aps envie de les voir se balancer... ou même se décrocher et tomber comme des pommes mûres au pied de leur gibet. Et puis, être pendu, c'est toute une affaire... N'est pas pendu qui veut ! Il faut la corde, la potence, du vent, des corbeaux... Toute une ambiance... C'est le pendu classique sur son tertre, lié par le cou à son pendoir... Bref, le pendu magnifique de François Villon... Pendu par décision de l'autorité... [[5843]] Il y a le pendu politique, celui qu'on autosuicide dans sa cellule comme Bresci [[8334]]... Il y a le pendu du Tarot que chante Bonaveri [[41718]] Mais ici, il s'agit d'une autre sorte de pendu... C'est le pendu par amour, le pendu par désespérance amoureuse... La dame l'a fait lanterner et il découvre que tout cela n'était que farce et tromperie et il se pend... Jean Martin, pour la même raison, s'était noyé. [[41629]]...

 

 

Tu ne vas quand même pas me dire que les Chansons contre la Guerre servent à faire un traité de sociologie des pendaisons... Il y faut quand même un certain rapport avec la guerre et les militaires...

 

 

Il y est, mon ami l'âne Lucien... La dame est nymphomane et portée sur l'uniforme... et les soldats. Voilà encore bien une raison de reprendre cette chanson ici-même. Ce sont les relations troubles et malsaines que ces matamores induisent. Le tueur fantasmatique... Le couteau, la baïonnette, l'épée, le sabre, la lance... que sais-je ? Et depuis celui qui a inventé la poudre : le fusil, la mitraillette, le canon, la fusée... évoquent pour certaines dames (et même certains messieurs) une virilité bondissante. Comme disait un gars du côté d'Helsingør, il y a quelque chose de pourri...

 

 

Sûrement, je me souviens des temps anciens où tuer relevait encore de l'artisanat...

 

 

Depuis, c'est devenu une industrie... Il suffit de voir les budgets en dollars, en euros, en yens, en rials, en tout ce qu'on voudra... Ça dépasse l'entendement. C'est ainsi que se perpétue la Guerre de Cent Mille Ans, tout simplement car la guerre rapporte ; elle fait tourner la machine économique... Et il faut qu'elle tourne, n'est-ce pas disent les gens du PEE (Parti Économiste Européen), sinon, c'est la récession... Il y faut de la croissance, opinent ceux du CCPE (Comité central du parti Économiste)... Que serait-on sans guerre ? Mais de préférence, pas dans mon jardin, n'est-ce pas ?

 

 

Alors, Marco Valdo M .I., mon ami, voilà mille raisons de plus de reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde à la dérive et qui se traîne, se traîne, vieux monde militariste, rodomontiste, visqueux et cacochyme (Heureusement !)

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

J'en ai assez
De me balancer
Sous ma potence,
Sous ma potence
J'en ai assez
Du vent d'été
Oui me balance
Qui me balance
J'en ai assez
De voir la femme du drapier
Oui fait semblant de me plaindre
En souriant aux soldats
Elle qui disait
J'aime trop mon drapier
Pour que je sois ta reine,
Pour que tu sois mon roi

J'en ai assez
De voir les corbeaux
Qui me surveillent
Oui me surveillent
J'en ai assez
De voir mes bourreaux
Qui s'ensommeillent
Qui s'ensommeillent
J'en ai assez
De voir la femme du drapier
Qui fait semblant de pleurer
En souriant aux soldats
Elle qui disait
J'aime trop mon drapier
Pour que je sois ta reine
Pour que tu sois mon roi

J'en ai assez
De tirer la langue
A ma pauvre mère
A ma pauvre mère
Et j'en ai assez
De tirer la langue
Aux anges noirs
De Lucifer
De Lucifer
J'en ai assez
De voir la femme du drapier
Qui fait semblant de prier
En riant aux soldats
Elle qui disait
Tant qu'il y aura le drapier
Je ne pourrai rien pour nous
Je ne pourrai rien pour toi

J'en ai assez
De tendre le cou
Vers les nuages
Vers les nuages
J'en ai assez
De tendre le cou
Vers son visage
Vers son visage
J'en ai assez
De voir la femme du drapier
Qui ne fait plus semblant de rien
Et qui s'offre aux soldats
Elle qui disait
Quand tu auras tué le drapier
Je t'offrirai le septième ciel
Eh bien m'y voilà déjà

J'en ai assez
De me balancer
Sous ma potence
Sous ma potence
Elle peut crever
La femme du drapier
Je m'en balance
Je m'en balance
Je m'en balance
Je m'en balance.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 22:14

Don Quichotte sauve l'Europe

 

Chanson française - Don Quichotte sauve l'Europe – Marco Valdo M.I. – 2012

 

Don Quichotte sauve l'Europe... Voilà bien une histoire étrange. Qui donc a réveillé le Chevalier à la triste figure d'un si long sommeil ? Qui ou quoi ? Est-il, comme je le crois, accompagné de Sancho et de son âne, monte-t-il Rossinante ?

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, tu as posé là la bonne question... Ce qui l'a réveillé de son engourdissement séculaire ? Je vais te le dire à l'instant. Ce sont les cris des pauvres gens... D'abord, ceux de l'Orient d'Allemagne. On ne les écouta pas tandis qu'ils étouffaient... C'était, disait-on, le prix de leur liberté...

 

La liberté, la liberté, ils n'ont que ce mot-là à la bouche... Qu'elle aille se faire... la liberté quand elle étouffe les gens..., dit l'âne indigné.

 

Puis, plus récemment, les cris des pauvres gens de Grèce (REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN...) ... Mais la Tudesque tonna – une fois encore – qu'elle avait raison vu qu'elle est la plus riche, la plus grande... qu'il ne fallait pas les écouter ces gens-là trop pauvres pour être crus... Puis, viennent les lamentations du Portugal, d'Italie et d'Espagne... D'Espagne et même, d'Estremadure... Et la colère des mineurs des Asturies,de Léon et de Castille... Et c'est là que son oreille tinta au Chevalier errant de la Mancha... Rossinante hennit, le plat à barbe tomba et à son tour réveilla Sancho, qui réveilla son âne... La suite est dite dans la chanson...

 

 

Marco Valdo M.I., mon ami, dit Lucien l'âne en fronçant ses somptueux sourcils, une chose cependant... Certaine oreille d'âne, aguerrie par les ans, à certain passage reconnaît un appel lancé par un homme seul alors que déferlait sur l'Europe la horde sauvage.

Par exemple :

« Car il n'est pas seul !

Il n'est pas seul ! Il n'est pas seul ! ...

L'espérance doit-elle disparaître ?

La défaite est-elle définitive ? ...

Moi qui vous parle en connaissance de cause

Je vous dis que rien n'est perdu ... », etc.

 

Vois-tu, poursuit l'âne, Marco Valdo M.I., je suis là depuis si longtemps et je l'ai entendu de mes oreilles d'âne cet appel... J'étais à ce moment dans les vallées alpines préparant le refuge qui devait nous servir dans les années de Résistance (Ora e sempre : Resistenza!), ces années terribles que nous voyions venir. Vieille habitude que nous avons de remonter aux montagnes quand dans les vallées résonnent les trompes de la mort.

 

 

Ton oreille ne t'a pas trompé... C'est l'écho de cet appel, venu d'au-delà de l'autre Manche, que l'on entend maintenant... Tout comme, certainement, elle a reconnu le ton de l'Homme de la Manche... Et regarde, Lucien l'âne mon ami, le grand Don Quichotte reprend notre antienne : « tisser le linceul... »

 

 

Il a foutrement bien raison et nous devrions, toi et moi, comme lui, comme Sancho, comme Rossinante, comme l'âne et comme le plat à barbe, nous remettre à notre tâche quotidienne qui consiste précisément à tisser le linceul de ce vieux monde encombré de Mercedes, d'hommes à moustache, impérieux, du rêve d'Otto l'expansionniste et cacochyme (Heureusement !)

 

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Vois ce qu'ils font aux Grecs maintenant

Ils le feront à tous demain, sans merci

Ô Sancho, mon serviteur, mon brave ami

On ne peut les laisser faire cependant

 

Seigneur, je sais combien votre bras est vigoureux

Je connais votre générosité et votre courage

Mais ces ennemis-là sont des bêtes en rage

Pour défendre les pauvres gens, faisons de notre mieux !

 

Je vois là-bas une grande guerrière portée sur sa litière

Qui dans son armure à roulettes arrive par ici

Rossinante, en avant, sus à l'ennemi !

Ô Sancho, mon serviteur, couvre mes arrières.

 

Seigneur, je vous conjure, refrénez votre cœur

Votre lance valeureuse ne peut rien, ni votre ardeur

Contre cette Mercedes blindée

Il nous faut d'urgence une autre idée

 

Je m'en vais de ce pas interpeller cette princesse tudesque

Car je suis moi, Don Quichotte, seigneur de la Mancha

Et j'ai l'honneur d'être le défenseur des pauvres de la belle Europe

Non, mille fois non, on ne peut laisser faire ça !

 

Monseigneur, écoutez, la Tudesque vous répond

Je suis moi, chancelière de la Manschaft et j'en suis fière

Et la voix d'Otto parle en moi au plus profond

Demain, tout le monde m'obéira de l'océan jusqu'à la mer.

 

Ô Sancho, mon serviteur, mon brave ami

Cette ambition cachée, on la connaît depuis longtemps déjà

C'était celle d'Otto, des Guillaumes, de celui qui leur succéda

Le petit homme à la moustache qui fut notre ennemi.

 

Tudieu, la Tudesque éructe en entendant cela

Elle dit que si elle rêve d'Otto, des Guillaumes parfois

Le petit homme, foi d'Allemande, elle ne le connaît pas

Qu'elle ne porte pas de moustache et qu'elle ne vous craint pas

 

Ô Sancho, mon serviteur, mon brave ami

Dis-lui, à cette gente dame, de rendre aux pauvres gens

Tout ce qu'elle leur a pris, elle et les riches de son pays

Qu'elle cesse de tracasser l'Europe et ses enfants.

 

Monseigneur, la Tudesque se moque

Elle se gondole, elle rigole, elle éclate de rire

Elle se dit la plus riche, la plus puissante

Et elle entend tirer profit de sa position dominante

 

Ô Sancho, mon serviteur, mon brave ami

Dis-lui, à cette gente dame, que je ne puis laisser faire,

Qu'il me faudra lui passer ma lance par le travers

En un mot comme en cent, la clouer au pilori.

 

Écoute-moi, Walkyrie, abominable blonde

Tu nous prépares un insupportable monde

Écoute-moi, au nom des pauvres, un chevalier te défie,

Don Quichotte de la Mancha et l'avenir chante en lui.

 

Il est seul avec son Rosssinante, son plat à barbe et sa lance

Suivi d'un écuyer benêt et d'un âne plus idiot encore

Il n'a l'appui ni de son roi, ni d'Albion, ni de la France

Qu'il vienne seulement et mes panzers le laisseront pour mort

 

Et Sancho, révolté, crie aux échos

Car il n'est pas seul !

Il n'est pas seul ! Il n'est pas seul !

Il a les pauvres d'Europe avec lui

 

Le Chevalier à la triste Figure se lève alors et répond

L'espérance doit-elle disparaître ?

La défaite est-elle définitive ?

Je suis seul, dites-vous ; nous sommes des millions

Moi qui vous parle en connaissance de cause

Je vous dis que rien n'est perdu

Vos diktats ne nous ont pas convaincus

Et font venir au jour notre victoire.

Cette guerre n'est pas limitée à votre territoire

Il vous faut reculer avant qu'il ne soit trop tard

Votre Grande Europe n'est pas notre destin.

Faibles, pauvres, nous sommes l'Europe de demain.

 

Et chaque jour, avec Rossinante, mon plat à barbe et moi

Sancho, son âne, les pauvres gens d'Espagne, on viendra

Jeter aux Enfers le rêve d'Otto et de la Grande Nation

Et tisser silencieux le linceul de votre Grande Illusion.

Repost 0
30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:42


L'Éclusier

Chanson française - L'Éclusier - Jacques Brel - 1968



 

 

 

 

Pour mettre un éclusier dans les Chansons contre la Guerre, rien de tel que l'histoire de l'Éclusier de Dixmude... Un homme qui en sauva des milliers d'autres d'un massacre en cours... et peut-être même, un de mes aïeux... Qui sait ? Bien sûr, comme d'habitude, les historiens coupent les poils en quatre et disent que ceci, que cela, que l'éclusier peut-être, que l'éclusier peut-être pas... Mais dans le fond, on s'en fout. De toute façon, ce brave homme y était et en ouvrant l'ancienne écluse au passage de la mer à la marée haute du 21 octobre 1914 (et en prenant la précaution de la refermer pour la marée basse), il bloqua sans tirer un coup de canon et pour quatre ans l'avancée allemande... Du moins, à cet endroit... Il avait fait, en une nuit, de l'Yser et des polders une immense zone marécageuse... Trente kilomètres de long sur cinq kilomètres le large.... Que malgré ce barrage pacifique, la folie se perpétua... Le brave n'y était pour rien...

 

Je crois que ton histoire est un peu romancée...

 

Et alors, elle est belle non... Et même si elle n'est pas entièrement vraie – les historiens eux-mêmes ne s'y retrouvent pas tant il y a de gens pour réclamer la paternité de l'idée... Mais tout le monde est d'accord sur le fait que c'est bien l'éclusier qui a manœuvré l'écluse...

 

Henri_Geeraert_eclusier.jpg

 

 

À mon sens, c'est un exploit d'une ampleur millénaire..., dit Lucien l'âne, qui en a vu des exploits depuis le temps où il parcourt le monde.

 

 

C'est ainsi que mon aïeul a pu jouer aux échecs dans sa tranchée au bord de l'eau... Il n'avait pas vingt ans. Avec ça, il a gagné un demi-siècle d’existence... C'est pas si mal... De toute façon, la chanson de Brel n'en parle pas... Mais d'une certaine manière, il évoque un éclusier et la guerre... et l'invalide qu'il en reste.

 

«  J'aimerais leurs jeux sans cette guerre
Qui m'a un peu trop abîmé »

 

Je le vois bien, dit Lucien l'âne en rougissant. L'éclusier de Brel, même si ce n'est pas celui de Dixmude, doit penser comme Prévert, «  Quelle connerie, la guerre ! ». Raison de plus pour nous de poursuivre notre inlassable tâche de tisser le linceul de ce vieux monde guerrier, dispendieux, gaspilleur, imbécile et cacochyme. (Heureusement!)

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 


Les mariniers me voient vieillir
Je vois vieillir les mariniers
On joue au jeu des imbéciles
Où l'immobile est le plus vieux
Dans mon métier même en été
Faut voyager les yeux fermés
Ce n'est pas rien d'être éclusier

Les mariniers savent ma trogne
Ils me plaisantent et ils ont tort
Moitié sorcier moitié ivrogne
Je jette un sort à tout ce qui chante
Dans mon métier c'est en automne
Qu'on cueille les pommes et les noyés
Ce n'est pas rien d'être éclusier

Dans son panier un enfant louche
Pour voir la mouche qui est sur son nez
Maman ronronne le temps soupire
Le chou transpire le feu ronchonne
Dans mon métier c'est en hiver
Qu'on pense au père qui s'est noyé
Ce n'est pas rien d'être éclusier

Vers le printemps les marinières
Me font des manières de leur chaland
J'aimerais leurs jeux sans cette guerre
Qui m'a un peu trop abîmé
Dans mon métier c'est au printemps
Qu'on prend le temps de se noyer.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 21:28

La Statue

 

Chanson française – La Statue – Jacques Brel – 1962

 

http://www.youtube.com/watch?v=xLBip_HjExI

 

 

 

Bon, et bien, Brel, oui, Brel, tu sais, Brel...

 

 

Oui, Brel... Mais quoi, Brel ?, dit Lucien l'âne. Il est mort, Brel. Et même, il est mort très exactement le 9 octobre 1978. Et alors ? Quoi, Brel ...

 

 

Ben, voilà, Lucien l'âne mon ami, moi, j'aime beaucoup Brel. Je veux dire le chanteur et bien de ses chansons. Même que parfois, vois-tu, il me fait pleurer. Je sais, ça a l'air idiot, mais Brel est un grand sentimental...

 

 

Toi aussi, à ce que j'entends, dit Lucien l'âne en souriant. Mais dis-moi, pourquoi tu me parles comme ça subitement de Brel...

 

 

Écoute, Lucien l'âne mon ami, je viens de te le dire... J'aime beaucoup – c'est une façon pudique et réservée de dire... Mais enfin, tu ne me vois pas dire comme ça, ex abrupto, j'aime Brel.

 

 

Et pourquoi pas ? Dans le fond, tu aimes Brel, c'est bien ça... Alors, dis-le.

 

 

Bon, ça va. J'aime Brel. Et je me suis dit, comment vais-je faire pour dire ça à tous ces carissimi amici des Canzoni contro la Guerra ? Et je me suis dit, « à part moi », dit-on en France et « en mon moi-même », comme aurait dit Brel , ma tante Ghislaine, qui a chanté l'opéra et qui enseignait le chant, et dès lors comme je dis... et comme aurait pu dire, un de mes autres destins parallèles, le dénommé Victor Kibalchiche, écrivain de langue française (entre autres langues)... Donc, Brel... Faudrait y mettre une chanson et une chanson aux allures antimilitaires... Ben voilà, j'en ai trouvé une ; elle s'intitule : « La Statue ». C'est l’histoire d'un gars qui est mort à la guerre, un brave gars au demeurant, mais il s'en est allé mourir à la guerre pour voir « si les femmes des Allemands... »...

 

 

Honnête intention exploratrice !, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses grande dents son piano à bouche, comme il dit.

 

 

Enfin, quand je dis un brave gars, tout est relatif. Il le sait parfaitement lui qu'il était un vrai fils de pute... et pourquoi et comment... Et dans la chanson, il n'en dit que le strict nécessaire... Il n'a pas le temps d'en dire plus, sinon, ce ne serait plus une chanson, ce serait un roman et Brel, il écrit des chansons et mieux encore, il les chante. Mais bon, voilà, il est assez gêné qu'on lui ait élevé une statue ; en clair, en bref, ça l'emmerde au plus haut point. Et la chanson est l'écoulement à vif de sa rancune et de sa colère...

« J´aimerais tenir l´enfant de Marie

Qui a fait graver sous ma statue... »

 

 

Et de fait, Marco Valdo M.I. mon ami, après chaque grande boucherie, on a mis des statues un peu partout, sur toutes les places à des gars qu'auraient aimer mieux vivre civils que mourir militaires ...

 

 

Et même que sur ces monuments, sur ces statues, on y vante leur héroïsme, leur attachement à la patrie et autres fadaises... Brel remet tout ça à sa place... Et comme disait Michel Simon... « Un monument, un monument... Mais qu'est-ce que vous voulez que je foute d'un monument ? » [664].

 

 

Ben oui, Marco Valdo M.I., mon ami, ce monde est bien désolant et rempli de monuments. Quant à nous, nous allons tisser avec Brel, le linceul de ce vieux monde menteur, tricheur, truqueur, trompeur et cacochyme (Heureusement!)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

J´aimerais tenir l´enfant de Marie
Qui a fait graver sous ma statue :
« Il a vécu toute sa vie
Entre l´honneur et la vertu »
Moi qui ai trompé mes amis
De faux serment en faux serment
Moi qui ai trompé mes amis
Du jour de l´An au jour de l´An
Moi qui ai trompé mes maîtresses
De sentiment en sentiment
Moi qui ai trompé mes maîtresses
Du printemps jusques au printemps
Ah, cet enfant de Marie, je l’aimerais là
Et j´aimerais que les enfants ne me regardent pas

J´aimerais tenir l´enfant de carême
Qui a fait graver sous ma statue :
« Les dieux rappellent ceux qu´ils aiment
Et c´était lui qu´ils aimaient le plus »
Moi qui n´ai jamais prié Dieu
Que lorsque j´avais mal aux dents
Moi qui n´ai jamais prié Dieu
Que quand j´ai eu peur de Satan
Moi qui n´ai prié Satan
Que lorsque j´étais amoureux
Moi qui n´ai prié Satan
Que quand j´ai eu peur du bon Dieu
Ah, cet enfant de carême je l’aimerais là
Et j´aimerais que les enfants ne me regardent pas

J´aimerais tenir l´enfant de salaud
Qui a fait graver sous ma statue :
« Il est mort comme un héros
Il est mort comme on ne meurt plus »
Moi qui suis parti faire la guerre
Parce que je m´ennuyais tellement
Moi qui suis parti faire la guerre
Pour voir si les femmes des Allemands
Moi qui suis mort à la guerre
Parce que les femmes des Allemands
Moi qui suis mort à la guerre
De n´avoir pu faire autrement
Ah, cet enfant de salaud je l’aimerais là
Et j´aimerais que mes enfants ne me regardent pas

 

 

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:16

LE CAPITAINE

 

Version française – LE CAPITAINE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Il Capitano – Ivan Della Mea – 2000

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, l'ami Ventu aimerait que l'on commente... Enfin, que quelqu'un commente cette chanson d'Ivan Della Mea. Je te dis tout de suite deux choses : la première qu'à l'habitude, pour la comprendre, j'en ai fait une traduction, une version à ma manière – ce que tu trouveras ci-dessous et que même si je vais faire un commentaire, mon commentaire sera fait à partir de cette version. Ceci car je n'ai pas vraiment de recul par rapport à la chanson italienne et à Ivan Della Mea. Cependant, je peux quand même dire – par rapport au texte de la chanson – qu'il me rappelle un poème de Baudelaire, intitulé Le Voyage... Souviens-toi, je t'en cite la fin :

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !"

Et bien voilà, un commentaire....


Je voudrais pas crever" me semble être également un commentaire approprié au "Capitaine" d'Ivan Della Mea et le fait d'y citer Brassens, également. Ces trios-là savaient que le bateau allait lever l'ancre; ils entendaient déjà certaines sirènes... Il en jouait même Boris de la trompinette, lui dont le cœur était le point faible... à s'en éclater l'aorte. Même l'illustration vidéo de la Supplique, avec Brassens devant la mer dans le port de Sète, sur la plage de Sète, au Cimetière marin et ce que tout cela supposait... On ne va pas impunément chanter sa propre mort dans un cimetière, fût-il marin.


Sûr qu'Ivan Della Mea aurait chanté "Je voudrais pas crever", si l'occasion lui en avait été donnée...

Je vois bien que cette paraphrase n'est pas le commentaire attendu, pas encore. Je n'entends pas encore les harmoniques d'Ivan Della Mea... Elles sont couvertes par le ressac... ( voir http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=3696&lang=it#agg115789 )

 

Peut-être à l'aube, quand le vent tournera... Tu les entendras...

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

« Messieurs », dit-il alors, « le capitaine vous parle,
La mer est bonne, le vent tient ; à bord, on lève l'ancre ! »,
« Messieurs », dit-il alors, « le capitaine vous parle. »

Barre à la main, cap sur l'étoile Polaire,
Il me dit: « Monsieur, vous pouvez dormir et rêver »,
Barre à la main, cap sur l'étoile Polaire.

Il dit en souriant: « N'ayez aucune crainte,
La voile tient le vent, le bateau est tout à fait sûr. »
Il dit en souriant: « N'ayez aucune crainte ! »

Je me souviens de ce moment de paix absolue,
La sensation d'un silence exempt de toute offense,
Je me souviens de ce moment de paix absolue.

Après minuit, d'où, de quelle mer
Surgit comme le chant d'une Vierge sans autel,
Après minuit, d'où, de quelle mer.

Doux, infini et frémissant d'amour
Il fond comme neige au soleil,
Doux, infini et frémissant d'amour.

Le capitaine pâlit, l'équipage est terrifié:
« Au nom de Marie, sauve qui peut ! »
Le capitaine pâlit, l'équipage est terrifié.

Mais je ne peux comprendre, je ne peux penser,
Le regard sur l'horizon, je reste là à écouter.
Mais je ne peux comprendre, je ne peux penser.

Le capitaine crie: « Fuyez, Monsieur !

Le miel de ce chant tue par magie. »

Le capitaine crie: « Fuyez, Monsieur ! »

 

« Vous savez que de tous temps, sur toutes les mers, l'homme

Emporte avec lui son chant et vit de la mort des autres,
Vous savez que de tous temps, sur toutes les mers, l'homme... »


« On va sur la lune (je ris !), on joue avec les atomes,
Et vous me parlez de maléfices mortels au milieu de la mer!
On va sur la lune (je ris !), on joue avec les atomes. »

« Non, Je ne veux pas comprendre, non, je ne veux pas penser,
Capitaine, capitaine, je reste là à écouter;
Non, Je ne veux pas comprendre, non, je ne veux pas penser »


On descend les chaloupes, tout le monde s'éloigne,
Et le chant à moi seul dispense sa mystérieuse douceur
On descend les chaloupes, tout le monde s'éloigne.

Et maintenant tout est à moi, le chant, la mer, le noir,
Je suis seul comme un dieu qui a perdu jusqu'à son ciel.
Et maintenant tout est à moi, le chant, la mer, le noir.

Il n'y a plus d'étoiles et même plus, la mer
Il n'y a plus de bateau, nom de dieu, réveillez-moi,
Il n'y a plus d'étoiles et même plus, la mer.

Je comprends, maintenant, et je ris fort,
Le chant se meurt et je reste là, avec moi et avec mon sort.
Je comprends, maintenant, et je ris fort.


« Messieurs », dis-je maintenant, « le capitaine vous parle,
La mer est bonne, le vent tient ; à bord, on lève l'ancre ! »,
« Messieurs », dis-je maintenant, « le capitaine vous parle. »

Repost 0
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:09

HIBOU NOIR

Version française – HIBOU NOIR – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Gufo nero – Modena City Ramblers – 2012



Le commandant "Gordon" raconte ceci: "Dans une froide nuit de janvier, pendant que j'étais en train d'effectuer mon tour de garde, je pensais à un oiseau de nuit de vol qu'il habite les bois de montagne: le hibou noir aurait été le symbole le plus apte à nous représenter. Nous aussi, nous devions vivre et nous déplacer à la montagne, et les habitudes de prédateur du hibou pouvaient facilement être comparées aux actions spéciales de guérilla de notre commando. Les Hiboux étaient entraînés à l'usage des explosifs, du bazooka, des armes à tir courbe (mortiers) et à chaque forme de sabotage.

 

Le 24 février 1945, le capitaine Michael Lees a donné ordre d'attaquer les voies de communication les plus utilisées par l'ennemi qui est en train de porter quelques divisions cuirassées en ligne. Dans les yeux de chaque Hibou on lit l'anxiété, mêmée à la joie immense, d'attaquer et détruire cet ennemi qui piétine notre sol, qui chaque jour se déchaîne plus contre nos frères, contre nos familles..."(du livre "Gordon... e vennero i giorni del Gufo Nero" (Gordon... et vinrent les jours du Hibou Noir) – Bertani,1995).

 

 

Hibou Noir

Hibou Noir

 

Hibou Noir

Hibou Noir

 

Pour les Allemands nous sommes des bandits

Pour les fascistes, des rebelles

Mais nous sommes seulement ceux

Qui apportent la liberté

 

Pour les Allemands nous sommes des bandits

Pour les fascistes, des rebelles

Mais nous sommes seulement ceux

Qui apportent la liberté


Hibou Noir

Repost 0
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:12

L'Air de la Bêtise

 

Chanson française – L'Air de la Bêtise – Jacques Brel – 1957

 


 


 

 

 


C'est quand même énorme cette phrase que l'on retrouve partout sur Google à propos de cette chanson de Jacques Brel. Je cite : « Extrait du célèbre opéra "La vie quotidienne". Voici l’air fameux z-entre tous : L´air de la bêtise » .... On ne pourrait dire chose plus bête précisément... Car, même si je n'ai pas une culture musicale encyclopédique, il me semblait – comme ça, à première vue – qu'il n'y a jamais eu d'opéra intitulé « La Vie quotidienne »... et j'admets immédiatement que je puis avoir des lacunes et de grandes, surtout en ce qui concerne l'opéra. J'avais bien en tête « La Vie parisienne » , de ce musicien français, né à Cologne, le dénommé Jacques Offenbach, par ailleurs si décrié par Wagner et les nazis. C'est tout dire. Il suffit d'aller lire la défense d'Offenbach dans les années de croissance du nazisme, les années autour de 1930, dans la Troisième Nuit de Walpurgis de Karl Kraus. Lequel Kraus étant Viennois avait quelques connaissances musicales et en tous cas, bien plus étendues que les miennes. Dans le fond, un opéra-bouffe sur l'idée de « La Vie quotidienne » cela ne me semblait pas impossible et pourquoi pas, un opéra de Jacques Offenbach. Et que Brel ait aimé Offenbach, la chose ne me paraissait pas impossible non plus... Il suffit de se souvenir un peu des remparts de Varsovie et de ce définitif : « Madame promène son cul sur les remparts de Varsovie... Tandis que moi, tous les soirs, je suis danseuse légère à l'Alcazar... ». Au fait, est-elle dans les CCG, cette chanson-là ? Sinon, il faudrait bien l'y mettre...

 

 

Oui, je vois très bien Brel agréer Offenbach dans son Panthéon et n'était l'anachronisme, Offenbach faire pareil, dit Lucien l'âne mélomane. (Quel méli-melomâne ! ). Mais qu'en est-il du célèbre opéra, alors ?

 

 

Jusqu'ici, on n'en sait rien. Mais quand même, un « célèbre opéra », ça doit bien se trouver via Google ou Wiki quelque chose... Et là, consternation ! Rien. Rien de rien... Sauf cette mention à répétition. Mais quelle est l'andouille qui a bien pu décréter l'existence de cet opéra fantôme ? Pour la recherche, il y a deux conditions irréfragables : il faut trouver un opéra et son titre est « La Vie quotidienne ».... Pour cela, il suffit de taper : « opéra célèbre vie quotidienne ». Rien d’autre n'apparaît que cet Air de la Bêtise de Jacques Brel.

 

Mais tout ça a l'air d'une blague... J'ai l'impression que tu me mènes en bateau... Qu'il y a là comme un mystère, qui n'en est pas un..., dit Lucien l'âne en souriant de ses larges dents.

 

Et bien, je peux te le dire maintenant, voici la clé du mystère : en trois temps – l'andouille en question est Brel lui-même, qui – dans une déclaration grandiloquente et d'une ironie féroce – authentifie ainsi cet Air de la Bêtise, qu'il a construit en parodie – et tu sais combien j'aime les parodies et celle-ci est majuscule – de l'Air de la Calomnie, qui, lui, vient bien du plus célèbre des opéras bouffes de Gioachino Rossini lui-même : Il Barbiere di Siviglia. Parodie musicale à la mesure de ce qu'il parodiait, c'est-à-dire – je te le rappelle – en usant de la technique de la parodie, qui entend reprendre un air connu et célèbre (généralement) pour lui appliquer un autre texte. Le titre lui-même invite à Rossini... et renvoie à Beaumarchais : « Bazile : La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! ... D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?  ». Et la voilà la filiation voulue par Brel pour son « célèbre opéra » (fantôme)... Il est des filiations artistiques plus déshonorantes... Hommage donc de Brel au marquis dramaturge et au musicien gastronome.

 

Oui, mais la canzone, parle-moi de la canzone... Pourquoi vient-elle se mettre dans le site des Chansons contre la Guerre ? , dit Lucien l'âne insistant en frappant rythmiquement le sol de ses petits sabots noirs.

 

J'y viens, Lucien, j'y viens, Lucien l'âne mon ami. Cette Dame Bêtise mène le monde par le bout du nez... Voilà le résumé de ce qu'elle dit cette chanson... Et elle ajoute : c'est elle qui fait les forts, les gens sans remords... C'est elle qui est la mère de cette Guerre de Cent Mille Ans, que les riches font aux pauvres pour les dominer, les exploiter, en tirer profit, s'enrichir encore et toujours... Qu'y a-t-il de plus bête ? Qu'y a-t-il au monde de plus mesquin que la mesquine envie d'exploiter d'autres humains... En fait, à la lecture du texte, je vois bien que le plus important dans cet Air de la Bêtise est dans ce qu'il laisse deviner, dans ce qu'il donne à penser plus que dans ce qu'il dit textuellement... Mais c'est précisément là sa force, la force de la chanson... Souvent, elle dit plus qu'elle ne dit en apparence, elle ouvre à la pensée, au rêve parfois aussi, des territoires insoupçonnés... Et basta !

 

J'avais ressenti quelque chose comme ça... Et c'est, en effet, souvent le cas avec les chansons... Qui penserait « a priori » que Le Temps des Cerises [[41674]] ou Grandôla [[229]] auraient ce pouvoir d'évocation révolutionnaire ? Quoi qu'il en soit, continuons à tisser le linceul de ce vieux monde où règne Dame Bêtise, vieux monde laid, tortueux, vaniteux, infantile et cacochyme (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 



Mère des gens sans inquiétude
Mère de ceux que l´on dit forts
Mère des saintes habitudes
Princesse des gens sans remords
Salut à toi, dame Bêtise
Toi dont le règne est méconnu
Salut à toi, Dame Bêtise
Mais dis-le moi, comment fais-tu
Pour avoir tant d´amants
Et tant de fiancés
Tant de représentants
Et tant de prisonniers
Pour tisser de tes mains
Tant de malentendus
Et faire croire aux crétins
Que nous sommes vaincus
Pour fleurir notre vie
De basses révérences
De mesquines envies
De noble intolérance
De mesquines envies
De noble intolérance
De mesquines envies
De noble intolérance

Mère de nos femmes fatales
Mère des mariages de raison
Mère des filles à succursales
Princesse pâle du vison
Salut à toi, Dame Bêtise
Toi dont le règne est méconnu
Salut à toi, Dame Bêtise
Mais dis moi, comment fais-tu
Pour que point l´on ne voie
Le sourire entendu
Qui fera de vous et moi
De très nobles cocus
Pour nous faire oublier
Que les putains, les vraies
Sont celles qui font payer
Pas avant, mais après
Pour qu´il puisse m´arriver
De croiser certains soirs
Ton regard familier
Au fond de mon miroir
Ton regard familier
Au fond de mon miroir
Ton regard familier
Au fond de mon miroir.

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 21:38

Malédiction des Balais

 

Chanson française – Malédiction des Balais – Boris Vian – 1954

Paroles : Boris Vian

Musique : Jimmy Walter

 

Interprétation : Les Charlots – 1969


 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, tu avais déjà eu ici même une splendide démonstration de la modernité de Boris Vian et de son anticipation proprement orwellienne du monde tel que nous devons le supporter aujourd'hui encore. Souviens-toi de la chanson sur les Arts Ménagers : [[41592]].

 

En effet, je m'en souviens très bien de cette histoire d'amour ruinée par l'envahissante présence des robots et du coût de la vie, toujours trop élevé pour ceux qui se laissent intoxiquer par le « progrès ». Nous les ânes, ça ne nous arrive pas... De la télé, de l'atomixaire, de l'évier en fer, du cire-godasses, du turbo à crasses, du canon à patates, de l'écrase-limaces, du lit qui est toujours fait, de l'avion pour deux... et tout ça, et tout ça... On s'en fout ! On n'en a strictement rien à faire ! Si tu veux mon avis...

 

Ayant la même devise que toi : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari » (« Nous, nous ne sommes pas des chrétiens, nous sommes des bêtes de somme ») ... il faut évidemment comprendre qu'en tant que descendant de Cro-Magnon [[7817]], je n'en ai rien à cirer de leur « civilisation » et de sa manie des objets, de son goût pour la croix, le croissant et la croyance... et je n'en ai pas plus à tamponner de leurs machins de civilisés. Cela étant dit, voici une autre chanson de Boris Vian, tout aussi lumineuse. C'est une chanson d'un genre particulier : une malédiction... Une chanson qui maudit... Une terrible invocation... Elle maudit cette manie de l'ordre et de la propreté, qui envahit toute la vie de l'homme.

 

« Mais tout a bien changé
Depuis les Arts Ménagers
On sait qu´il faut ranger
Et passer le balai
Pour l´hygiène de nos palais »

 

Elle s'en prend ainsi à l'hygiénisme, dont est saisie cette société et à l'horripilante exploitation commerciale dont il est le moteur... Avais-tu remarqué, Lucien l'âne mon ami, toi qui circules de ton pas lent dans nos villes et nos campagnes combien la propagande hygiénico-commerciale sévit sur nos murs... et ce n'est encore rien, si l'on compare à ce qui est diffusé par voie hertzienne ou télévisuelle... Savon par ci, lessive par là, désinfectant buccal et poudre pour water-closeds... Ça dégouline de partout. Elle s'en prend à tous les orifices ; on spraie dans tous les trous. Parfums, cosmétiques, épilatoires, purgatoires... Le paradis qu’ils nous proposent, en vérité, je vous le dis, est un enfer. Mais, dans la chanson, il fallait bien concentrer le propos et la tête de turc de Vian est en réalité la tête de loup, le balai et la corvée qui l'accompagne. Les malheureux qui ont encore dû faire un service militaire s'en souviennent avec une certaine nostalgie.

 

« On m'a rééduqué
Toute la matinée
L'après
Midi
J'ai balayé les chiottes
Et ça a continué
Pendant des mois entiers
Jamais
Jamais
J'avais tant balayé. »

dit le conscrit...[[1301]], chanson écrite par le même Boris Vian.

Certain, dernièrement, avait poussé le vice jusqu'au carchaire... et le vent de l'histoire vient de le balayer...

 

 

Ainsi soit-il, dit Lucien l'âne en poussant vraiment un puissant braiment. Peut-être sera-t-on un jour nous-mêmes balayés, mais quant à nous, nous ne balaierons certainement pas... Sauf extrême nécessité. Car nous tissons le linceul de ce vieux monde hygiéniste, balayeur, désinfecté, parfumé, pomponné et cacochyme (Heureusement !)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Avant de tomber en poussière
On fait un petit stage sur la Terre
On perd quelques heures à la guerre
On tombe amoureux d´une mégère
Naguère, naguère
On pouvait se reposer
Naguère, naguère
On pouvait s´amuser
Naguère, naguère
Il suffisait de manger
Naguère, naguère
Mais tout a bien changé
Depuis les Arts Ménagers
On sait qu´il faut ranger
Et passer le balai
Pour l´hygiène de nos palais

Maudissons les balais-brosses, les balais de jonc
Les balais droits, les balais ronds
Les balais de bouleau
Maudissons les petits balais des mirlitons
Les têtes de loup, les balais de crin
Et les balais des musiciens

Dès l´aube, nos enfants, nos compagnes
Se lèvent et se mettent en campagne
Cirage, paille de fer, blanc d´Espagne
Je croyais qu´on ne croyait plus au bagne
Naguère, naguère
Pour qu´on vous force à ça
Naguère, naguère
Fallait en tuer des tas
Naguère, naguère
On travaillait gaîment
Naguère, naguère
Tout le monde était content
Mais avec ces robots
Qui pèsent des tas de kilos
Faut bosser nuit et jour
Dans un bruit qui vous rend sourd

Maudissons les balais fins, les balais gros
Ceux qui n'ont pas de poil, ceux qui en ont trop
Et ceux des goguenots
Maudissons les balais noirs, les balais blancs
Ceux en sorgho, ceux en chiendent
Et ceux qu´on casse sur le dos des gens

Mais c´est samedi..., ne nous attristons pas
Laissons tomber tous les tracas
Chevauchons le balai du sabbat
Demain, nous ne balaierons pas

Demain, nous ne balaierons pas

Demain, nous ne balaierons pas
Balaierons pas

Balaierons pas

Balaierons pas

Pas pas pas, pas, pas pas !

Repost 0
Marco Valdo M.I.
commenter cet article