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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 21:09

 

QUI A LA PESTE

 

Version française – QUI A LA PESTE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Chi ha la peste – Rino Gaetano– 1970

 

Texte inédit de Rino Gaetano

 

 

La version « revue et augmentée » de Celui qui a la peste (cette fois sans point d'interrogation) ouvre le second cahier de chansons, écrites en 430 jours, du 1° janvier 1970. Le texte est beaucoup plus loin, l'histoire mieux articulée, la malaise accompagnée de la fulguration ironique et parodique. Un temps, le protagoniste lisait des nouvelles de coups d'État, de guérillas et, avec discrétion, même les annonces des putes. Maintenant, son effort pour s'informer des sujets importants se heurte à l'intérêt croissant des gens pour le potin (« à l'accouchement réussi/de cet acteur avec son mari ») et pour les nouvelles insignifiantes (« du nouveau yacht de ce souverain/régnant dans un pays lointain »). Bien intentionné à disserter d'économie, il jette l'éponge « lorsque j'ai vu que cette caste/parlait bien parlait mal/du vainqueur du Festival ».À ce Festival, en 1978, Rino aurait porté sa Gianna et son extraordinaire charge de fraîcheur et talent.

 

Tiré de : Rino Gaetano, « Mais le ciel est toujours plus bleu » - Pensées, racontes, poésies inédites, par Massimo Cotto. Mondadori, Milan, 2004. Pp. 93-94.

 

 

 

Aux nouvelles sensationnelles
Je me suis toujours intéressé
Et en cela, je me suis trompé

Je lisais tout sur les coups d'État
Les guérillas et avec discrétion
Même les annonces des putes
Celui qui a la peste et celui qui ne l'a pas

J'avais lu tant de journaux
Que je me croyais désormais informé
À propos de la nation, l'église et l'état

J'ai eu l'honneur de participer
À une réunion de chrétiens
De païens de juifs de musulmans

Et en bavardant de tout et de rien
Je voulais être très éloquent
Je m'aperçus que je ne savais rien

Celui qui a la peste et celui qui ne l'a pas
Parmi des amiraux sergents officiers
Je voulais sans cesse engager
Des discussions sur les guerres en mer.

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Marco Valdo M.I.
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 16:18

LE SANG ET LA POUDRE

 

Version française – LE SANG ET LA POUDRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il sangue e la polvere - Guacamaya– 2012

 

 

 

Je voudrais que la paix ne soit pas une bannière
Qu'elle soit un sentiment, une action véritable
Et que paix ne signifie pas ignorance
Mais qu'elle mette dans chaque chambre une balle
Prête à tirer en cas de nécessité
Contre tout oppresseur qui attente à la liberté

La révolution n'est pas qu'un sentiment
Et le vent nous apporte ses chansons
Sa rage et son sang, à chacun le cœur rouge
On n'éteint pas le soleil en tirant dessus

Je voudrais qu'il y ait encore une utopie
Car à nos vies manque la folie
Et que si on veut encore faire l'histoire
Il manque les rêves, les ailes pour voler
Par dessus les murs, plus loin que le lointain
Chercher une nouvelle semence à l'espérance

La révolution n'est pas qu'un sentiment
Et le vent nous apporte ses chansons
Sa rage et son sang, à chacun le cœur rouge
On n'éteint pas le soleil en tirant dessus

 

Avant de partir, encore une autre chose
Avant de vous laisser cette chanson comme épouse
Je n'ai pas de patrons ni à droite , ni à gauche
Seulement un drapeau, l'antifasciste
Un drapeau qui n'a pas couleur
Mais c'est celui de l'opprimé, jamais de l'oppresseur

La révolution n'est pas qu'un sentiment
Et le vent nous apporte ses chansons
Sa rage et son sang, à chacun le cœur rouge
On n'éteint pas le soleil en tirant dessus

La révolution n'est pas qu'un sentiment
Et nos chansons nous les donnons au vent
Pour qu'il les porte loin tout partout
On n'éteint pas le soleil en tirant dessus

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Marco Valdo M.I.
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 21:33

L'année avant celle



Canzone française – L'année avant celle– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 87

An de Grass 88

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Mon ami Lucien l'âne, je t'arrête tout de suite et je réponds par avance à ta sempiternelle question concernant cet étrange titre : « L'Année avant celle ». La réponse est d'une simplicité et d'une tautologie absolues : l'année 1988 précède l'année 1989. Je te dis ça pour que tu ne nous fasses plus perdre notre temps avec des questions oiseuses. Dès lors, comme tu le vois, 1988 est bien l'année avant celle...

 

 

Certes, dit Lucien l'âne un peu éberlué. J'admets volontiers que l'année 1988 est bien celle qui précède 1989... Mais en quoi cela explique-t-il ton titre nébuleux ? Résumons : qu'avait donc de si particulier pour une Histoire d'Allemagne, cette année après celle qui nous occupe... ?

 

 

Dans ces Histoires d'Allemagne, mon ami Lucien l'âne, il te souviendra que notre premier locuteur, c'est-à-dire l'écrivain Günter Grass, s'est constamment inquiété de l'existence de deux Allemagnes – la Démocratique et la Fédérale et plus encore de ce qui pourrait se passer si l'une prenait le pas sur l'autre dans le cas d'une éventuelle réunification. Et bien, 1989 est une année-symbole particulière en cette affaire... C'est elle : celle... Celle où tomba le mur, ou du moins, il tomba d'un côté. Car , comme tout le monde peut aisément s'en rendre compte, un mur a deux côtés. [7911] Et il ne manqua pas d'arriver ce qui arrive toujours quand tombe un mur d'un côté où il y a des gens... Cette catastrophe les a purement et simplement écrasés. C'était prévisible, mais on n'a pu y parer, comme il est apparu par la suite.

 

 

 

Grass1989.jpg


 

 

D'accord, dit Lucien l'âne en ouvrant grand ses yeux au velours noir, mais maintenant que tu as résolu la question du titre mystérieux, dis-moi ce que dit ta chanson...Qui la chante et de quoi elle parle... ?

 

 

Mon ami Lucien l'âne, tu poses la meilleure question qui soit en demandant qui la chante car c'est l'auteur lui-même, ce qui en fait une chanson à résonance biographique et même, autobiographique. On peut tout à fait bien comprendre la chose dès le deuxième vers... Car Ute est la femme de Günter Grass. Les amis de Dresde – ville située en Démocratique – sont définis comme un peintre très sérieux et une danseuse très gaie. Je ne peux t'en dire plus. Par contre, ce que je peux te dire, c'est qu'à l'époque quand on voulait aller de la Fédérale en Démocratique et vice-versa, il fallait avoir un visa. Quant aux Monts Métallifères, ce sont des montagnes qui sont traversées par la frontière, ici qualifiée d'autre frontière.

 

 

Pourquoi autre ?, dit Lucien l'âne en relevant le front froncé. Voici encore une énigme...

 

 

Car bien entendu, « la frontière » est celle entre la Démocratique et la Fédérale et que celle-ci ne peut être qualifiée que d'autre frontière. Cette autre frontière est celle entre l'Allemagne et la Tchécoslovaquie... Frontière qui sera franchie par des chars, comme il est dit dans la chanson. Une première fois en 1938 par des chars envahisseurs et l’autre fois, trente ans plus tard, par des chars aux intentions particulièrement amicales et fraternelles – qu'ils disaient. Pour la suite de la chanson Günter Grass lequel est d'abord un dessinateur et un sculpteur va raconter au travers de ses dessins « au fusain de Sibérie » la dégradation des forêts qu'il dessine... et il va évoquer de manière très écologiste la calvitie des montagnes d'Allemagne qui dès cette époque s'étendait, s'étendait... à toute l'Europe.

 

 

Mais, dis-moi, ne trouves-tu pas, Marco Valdo M.I. mon ami, que le refrain est un peu bizarre et décalé avec ses Crac, Zim, boum, tralala et patatras... Que vient-il faire dans cette histoire d'Allemagne ?

 

 

Mais voyons, Lucien l'âne mon ami, je trouve, pour ma part, que c'est le refrain le plus significatif qui soit, le plus percutant si l'on veut bien en voir la dimension politique... Il annonce les suites de la chute du mur et de la future réunification... Et si tu le lies à la « calvitie des montagnes d'Europe », il me semble carrément prémonitoire de la situation actuelle. Toujours cette mise en garde contre les dangers de la réalisation du rêve d'Otto (von Bismarck)... Danger qu'incarne actuellement l'ambition de la belle Walkyrie... Regarde d'ailleurs cette rengaine et regarde-la en pensant l'Europe :

« on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras »

 

 

Donc, Marco Valdo M.I. mon ami, pour paraphraser certaine maxime souvent évoquée ici – si j'ai bien compris – on dira : REGARDEZ CE QU'ILS ONT FAIT AUX ALLEMANDS , ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... Les Grecs, les Portugais, les Espagnols commencent à en savoir quelque chose... Concluons cet épisode et reprenons notre tâche qui est, faut-il le rappeler, de tisser le linceul de ce vieux monde répétitif, destructeur, défolieur, catastrophique et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dans la cabane de nos amis de Dresde

Avec Ute, on fit un séjour de l'autre côté

Dans la cabane de nos amis de Dresde

Avec un visa des démocratiques Autorités

Dans la cabane de nos amis de Dresde

Au cœur des monts Métallifères

Sur la route où passaient les chars de touristes

À quelques pas de l’autre frontière

Il y a cinquante ans dans les chars du chancelier Hitler

Sur la route passaient d'arrogants touristes

Il y a vingt ans dans les chars de l'Armée Populaire

Sur la route passaient de fraternels touristes

 

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

 

Je ne crois que ce qui se dessine

Je dessinais des troncs tords

Je ne crois que ce qui se dessine

Je dessinais des arbres morts

Je ne dessine que ce que je vois

Des pins renversés, des hêtres déracinés

Je ne dessine que ce que je vois

La mort des forêts, les bois assassinés

Bref, les forêts se mourraient

Pluies acides, maladies cryptogamiques

Ainsi, nos forêts se mourraient

Chlorose des résineux, destruction endémique

 

 

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

 

Dans le Haut Harz, au fusain de Sibérie

Sur mon papier granuleux, je dessinais tout cela

Dans le Haut Harz, au fusain de Sibérie

Sur mon papier granuleux, de haut en bas

Dans le Haut Harz, au fusain de Sibérie

Les abattus sur les pentes

Dans le Haut Harz, au fusain de Sibérie

Les essarts sur les crêtes

La calvitie des montagnes se propageait

Sans égard aux frontières, par dessus le rideau de fer

La calvitie des montagnes se propageait

À l'Allemagne, à l'Europe tout entière

 

 

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

L'année avant celle où le mur tomba

Crac, boum, patatras

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Et qu'on fut d'abord tous en joie

Zim, boum, tralala

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

Avant de retomber encore plus bas

Crac, boum, patatras

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 12:48

MIS À PART MON CHIEN

 

Version française – MIS À PART MON CHIEN – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Escluso il cane – Rino Gaetano – 1977

 

 

« Il ne reste que des gens absurdes
Avec leurs solutions faciles
Et dans leurs yeux, il y a un canon... »

 

 

Qui me dit je t'aime
Qui me dit je t'aime
Mis à part mon chien
À part mon chien
Tous les autres sont mauvais
À peine disponibles
Mécréants et orthodoxes
D'aphorismes perdus dans le néant

 

Qui me dit je t'aime
Qui me dit je t'aime
Mis à part mon chien
À part mon chien
Il ne reste que des gens absurdes
Avec leurs solutions faciles
Et dans leurs yeux, il y a un canon
Et un élixir de réflexion

 

Et tu ne reviens pas chez moi…
Pourquoi ne reviens-tu plus chez moi ?

 

Qui me dit je t'aime
Qui me dit je t'aime
Mis à part mon chien
À part mon chien
Paranoïa et dispersion
Inertie grise et film d'action
Préparées même les unions
Des entreprises de chansons

 

Et tu ne reviens pas chez moi…
Pourquoi ne reviens-tu plus chez moi ?
Et tu ne reviens pas chez moi…
Pourquoi ne reviens-tu plus chez moi ?

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Marco Valdo M.I.
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 10:02

EN CONSTRUISANT DES MAISONS

 

Version française – EN CONSTRUISANT DES MAISONS – Marco Valdo M.I. a – 2013

Chanson italienne – Fabbricando case – Rino Gaetano – 1978

 

 

 

La promotion immobilière a comme but principal de construire des fortunes.

Lucien l'âne







En construisant des maisons hôpitaux immeubles et monastères
En construisant des maisons on se sent plus lestes et plus légers
En construisant des écoles tu apportes ta contribution personnelle à l'instruction
En construisant des écoles sous-traitance corruption et pots-de-vin d'un million
En construisant des maisons populaires biservices selon le plan régulateur
En construisant des maisons on crée un vide en son cœur
On crée un vide en son cœur
Mais après on va chez son confesseur et on se fait exorciser
On dépense pour des bonnes œuvres
Pour de grands malheurs et on gagne son paradis
Et on meurt en odeur de sainteté
En construisant des maisons
En construisant des maisons hôpitaux immeubles et monastères
En construisant des maisons on se sent plus lestes et plus légers
En construisant des maisons on assure un avenir à nos fils avec amour
En construisant des maisons avec le sourire et dans la bonne humeur
Avec le sourire et dans la bonne humeur
Mais après on va chez son confesseur et on se fait exorciser
On dépense pour des bonnes œuvres
Pour de grands malheurs et on gagne son paradis
Et on meurt en odeur de sainteté
En construisant des maisons

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Marco Valdo M.I.
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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:29

LES MIRAGES

 

Version française – LES MIRAGES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Le mirage – Rino Gaetano


Texte tiré du livre « Rino Gaetano - Mais le ciel est toujours plus bleu - pensées, récits et chansons inédites » de Massimo Cotto. Le texte fait partie d'un des cahiers sur lesquels Rino Gaetano écrivait, justement, des pensées, récits et chansons. Voici une partie de l'introduction de Massimo Cotto au texte :

 

Lesmirages


Composition numéro 12.Parodie des moyens de défense qui devraient protéger notre intégrité. La bombe atomique « Nous avons la bombe atomique / Gagnée avec les points de la mayonnaise», la flotte : « Nous avons aussi une force navale / Dans nos eaux territoriales / Gagnée avec les bouchons de lait », le submersible : « Nous avons un sous-marin / Gagné avec les points du fromage gras».

 

Les Mirages – voir l'image de l'avion français...

 

 

 

mirage-2000-5

 

 

 

et pour l'intrigante Nanà, il s'agit de cette héroïne nippo-italienne, qui hanta la télé italienne de l'époque de Rino Gaetano et circonvenait odieusement les enfants. (http://lottovolante.plnet.forumcommunity.net/?t=42071127)

 

 

 

 

nan2a

 

 

 

 

 

Nous avons la bombe atomique

Gagnée avec les points de la mayonnaise
Pour défendre la paix

Dans nos eaux territoriales
Nous avons aussi une force navale
Gagnée avec les bouchons de lait
Maintenant nous voulons même voler
Sur l'avion « made in France »
Mais ça coûte cher d'y arriver
Ça nous fera de nouvelles dépenses
Mais avec les mirages, la vie s'envolera
Pour les mirages, les enfants paient seulement la moitié
Sur les mirages, la vie s'envolera
Et plus haut encore si avec nous, on a Nanà
Avec Nanà, la vie s'envolera
Les enfants paient seulement la moitié avec Nanà,

Pour la défense de nos fonds marins
Nous avons un sous-marin
Gagné avec les points du fromage gras


Et les uniformes chamarrés d'un million d'officiers
Contre de vieux journaux, nous les avons échangés.

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Marco Valdo M.I.
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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 10:41

 

LA VALISE DE L'ÉMIGRANT

 

Version française – LA VALISE DE L'ÉMIGRANT – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La valigia dell’emigrante – Gianni Rodari

Ce n'est pas gros, ce n'est pas pesant
La valise de l'émigrant…
Il y a un peu de terre de mon village
Pour ne pas être seul en voyage…
Un vêtement, un pain, un fruit,
Et c'est fini.
Mais mon cœur non, je ne l'ai pas emporté :
Dans la valise, il n'est pas entré.
Il avait trop de peine pour venir
Au-delà de la mer. Il ne veut pas partir.
Il reste, fidèle comme un chien,
Sur la terre sans pain :
Un petit champ, vraiment là au-dessus…
Mais le train court : on ne le voit plus.

 

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Marco Valdo M.I.
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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 21:50

LES NAVETTEUSES

 

 

Version française - LES NAVETTEUSES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Le pendolari - Ahmed il Lavavetri – 2013


Sur la musique des Passantes de Georges Brassens
(ou Le passanti de Fabrizio de André, c'est le même)

 

 

 

L'autre soir, il m'est arrivé d'assister à un concert dans une usine occupée. Il y avait là un groupe, un « cover band », qui jouait tout le répertoire de Rino Gaetano (qui, sans discussion, était beaucoup mieux là que sur les affiches de Forza Nuova), et il y avait les travailleuses et les travailleurs de l'usine mise en faillite et fermée pour ensuite être rachetée à un prix, justement, de faillite. Avec ce qui, probablement, s'en suivra. En voyant tout ce grand débat de « passants » qu'il y eut hier sur ce site, me sont venues à l'esprit les « Passantes » de chaque jour; celles-là dont les yeux ne réfléchissent vraiment plus aucun paysage. Je me suis mis à penser à ce que verrait aujourd'hui, Antoine Pol dans le train ou aux fenêtres ; et, alors, il m'est venu ce qui suit. [Ahmed il Lavavetri – Ahmed le Laveur de vitres]

 

 

 

Je veux dédier ce refrain
Aux femmes serrées dans un train
Au retour du soir, à l'aller du matin
À celles licenciées à peine,
Anciennes, il ne valait pas la peine
De les garder jusqu'au lendemain

 

À celles qu'on doit réveiller
Avant quatre heures pour aller
Travailler jusqu'à en mourir
Et dorment dans le train sans sourire,
Une grimace barre leur profil
Tandis qu'elles passent de ville en ville.

 

À la compagne de voyage
Chômeuse d'une boîte de nettoyage
Qui vous glisse un tract en main ,
En gare, par la fenêtre, elle en passe
À une fille de l'usine de glaces
Qu'on a fermée ce matin.

 

À celles ponctuelles travailleuses
Qui ont cru pouvoir être heureuses
Et faire confiance à la direction
Maintenant elles manifestent ici
Elles en appellent à la démocratie

À la face de l’État et des patrons

 

À la navetteuse dont le collègue
Palpe le cul, et qui ne peut réagir
Sauf à ne plus vivre, c'est la règle
À celle à qui le patron fait sentir
Qu'il est mieux de se taire si elle ne veut

Pas aller laver les petits vieux

 

Le syndicat ne peut plus t'aider
On te demande de te sacrifier
Pour le bien de la nation,
Silencieuse, tu ne dois pas protester,
Ni te défendre, ni manifester,
Sinon, c'est la prison.

 

Le soir toutes à nouveau sur ce train
Plus puant encore, et plus plein
De visages ternes, d'espérances enfuies
Puis à la maison, il y a le ménage
Les repas, la télé et la rage
Et à laver des vaisselles infinies.

 

Alors dans les instants de solitude
Penser aux révoltes devient une habitude,
Une manière de contrer l'épouvante
Mais le matin, à nouveau sur les rails
Les voilà là, navetteuses du travail

Et quelqu'un siffle « Les Passantes ».

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 18:05

SUR LA LUNE

Version française - SUR LA LUNE – Marco valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Sulla Luna – Gianni Rodari

 

J'ai découvert cependant que « Sulla Luna », avec une dizaine d'autres comptines du grand pédagogue (Gianni Rodari), a été mise en musique par Stefano Panzarasa, géologue, éducateur ambiantal et musicien, et est inclue dans son CD intitulé « Orecchioverde », publié en 2009.
« L'Oreille Verte de Gianni Rodari » est également un livre de Panzarasa et publié par Presse Alternative.

 

 

Salut, merci d'avoir trouvé ma chanson et pour la citation de mon livre…
J'ai mis en musique plus de 40 textes de tendance écopacifiste du grand poète Gianni Rodari, sur la solidarité, la paix, contre la guerre et les bombes nucléaires, l'égalité, l'amour pour l'enfance et la nature.
Quelques-unes de ces chansons sont dans le cd annexe au livre, d'autres ou les mêmes font maintenant partie du répertoire du groupe éco-rock rodarien « Insalata Sbagliata » et j'insérerai dans les C.C.G. celles expressément contre la guerre.
Salut et bon travail,
Stefano Panzarasa


www.orecchioverde.ilcannocchiale.it
bassavalledeltevere@alice.it

Stefano Panzarasa –12/8/2012

 

La guerre des cloches

 

de Gianni Rodari,

tiré de « Fables au téléphone » – 1962

 

 

 

Il y eut autrefois une guerre, une grande et terrible guerre, qui faisait mourir beaucoup de soldats d'une côté et de l'autre. Nous étions ici et nos ennemis étaient là, et ils nous tiraient dessus jour et nuit, mais la guerre fut si longue qu'à un certain point, il vint à manquer le bronze pour les canons, le fer pour les baïonnettes, et cetera.

 

Notre commandant, le Supergénéral Bombon Sparon Pestafracasson commanda d'enlever toutes les cloches des clochers et de les fondre toutes ensemble pour fabriquer un très gros canon : un seul, mais assez gros pour gagner la guerre avec un seul coup.

 

Pour soulever ce canon fallut cent mille grues ; pour le transporter au front, il nous fallut nonante-sept des trains. Le Supergénéral se frottait les mains de contentement et disait : – Lorsque mon canon tirera, les ennemis s'enfuiront sur la lune.

 

Voici le grand moment. Le supercanon était pointé sur les ennemis. Nous nous étions rempli les oreilles d'ouate, car le vacarme pouvait nous casser les tympans et la trompe d'Eustache.

 

Le Supergénéral Bombon Sparon Pestafracasson commanda : – Feu !

Un artilleur pressa un bouton. Et tout à coup, d'un bout à l'autre du front, on entendit un gigantesque tintement de cloches : Ding ! Dong ! Dang !

 

Nous enlevâmes l'ouate de nos oreilles pour mieux entendre.

- Ding ! Dong ! Dang ! – tonnait le supercanon. Et cent mille échos répétaient par les montagnes et les vallons : – Ding ! Dong ! Dang ! - Feu ! – cria le Supergénéral pour la deuxième fois : Feu, Nom de Dieu !

 

L'artilleur pressa à nouveau le bouton et à nouveau un joyeux concert de cloches se répandit de tranchée en tranchée. Il semblait que sonnaient ensemble toutes les cloches de notre patrie. Le Supergénéral s'arrachait les cheveux de rage et continua à se les arracher jusqu'à ce qu'il ne lui en resta plus un seul.

 

Puis, il y eut un instant de silence. Et voilà que de l'autre côté du front, comme un signal répondit un allegro assourdissant : – Ding ! Dong ! Dang !

 

Car vous devez savoir que même le commandant des ennemis, le Mortechal Von Bombon Sparon Pestafrakasson avait eu l'idée de fabriquer un supercanon avec les cloches de son pays.

Ding ! Dang ! – tonnait maintenant notre canon. – Dong ! – répondait celui des ennemis.

Et les soldats des deux armées bondissaient des tranchés, couraient les uns vers les autres, dansaient et criaient : – Les cloches, les cloches ! C'est la fête ! C'est la paix !

 

Le Supergénéral et le Mortechal montèrent sur leurs automobiles et s'enfuirent ; ils consommèrent toute l'essence, mais le son des cloches les poursuivait encore.

 

 

 

 

Sur la Lune, je vous en prie,
N'envoyez pas de général :
Il en ferait une caserne
Avec trompette et caporal.

N'envoyez pas de banquier
Sur le satellite d'argent,
Il le mettrait dans un coffre d'acier
Pour le montrer contre paiement.

N'envoyez pas de ministère
Avec sa suite de huissiers :
Il remplirait de papier
Les cratères lunaires.

Il y faut un poète
À poser sur la Lune ;
Avec sa tête dans la Lune

Dame, c'est sa planète

À rêver les plus beaux rêves
Il est depuis toujours habitué :
Il sait espérer l'impossible
Même quand il est désespéré.

Pour que les rêves et les espérances
Éclosent en fleurs d'évidence,
Sur la Lune et sur la Terre
Faites place aux rêveurs !

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Marco Valdo M.I.
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 20:56

MOI, JE M'EN VAIS SUR LA LUNE

Version française – MOI, JE M'EN VAIS SUR LA LUNE – Marco Valdo M.I. – 2013

d'après la version italienne de Riccardo Venturi

d'une chanson sicilienne – Mi 'nni vaju 'nta la luna – Ciccio Busacca -1971

Écrite par Ciccio e Concettina Busacca

 

 

 

Histoire de Ciccio (qui alla sur la Lune en 600 Multipla)
deRiccardo Venturi.

 

 

Francesco Busacca, dit Ciccio (ou mieux, Cicciu), né à Paternò en province de Catane le 15 février 1925, parcourait la Sicile, jusque dans les villages plus isolés et oubliés, à bord de sa vieille Fiat 600 Multipla avec son toit ouvrant. À bord il avait peu de choses : une paire de guitares, des cordes de rechange et le panneau qui illustrait les histoires qu'il racontait en musique. Les dessins il les faisait lui-même ; les histoires, parfois, il les écrivait avec sa sœur Concettina. C'était un aède, un chantauteur , un vrai, un de ceux-là, nés dans les campagnes du monde, qui allaient de village en village raconter des histoires véridiques, « des faits et des faits divers » qui s'étaient produits à un kilomètre ou aux antipodes. Dans le monde rural (mais, pas seulement, dans les villes aussi), ils faisaient fonction de véritable « journal chanté », même si le « journalisme » qu'ils exerçaient était ce qu'aujourd'hui nous appellerions un journalisme de bas étage, des « Faits-divers » ; mais, parfois, ils développaient une passion pour le récit et pour la dénonciation civile qui les élevait au rang des poètes et des chantres populaires. Ciccio Busacca était un de ceux-ci ; il possédait en outre, cas pas fréquent, une grande sensibilité musicale.

 

Après avoir écouté dans sa prime jeunesse les plus grands aèdes de Paternò, Paolo Garofalo et Gaetano Grasso, et en avoir appris l'art, en 1951, il commença en chantant et en représentant, sur la place de San Cataldo, en province de Caltanissetta, l'histoire de l'Assassinat de Raddusa. C'était l'histoire, entièrement vraie, d'une fille de dix-sept ans qui s'était vengée de l'homme qui l'avait violée, en l'approchant sur la place du village déguisée en femme âgée et en le poignardant. La Sicile des années 50 était remplie d'aèdes grands et experts (Orazio Strano, Turiddu Belle, Vito Santangelo, Matteo Musumeci, « Ciccio Rinzinu » et autres) ; le très jeune Busacca, à un peu plus de vingt-cinq ans, devint une étoile grâce à son habileté. Sa renommée le mena tellement loin qu'en 1956, il débuta au Petit Théâtre de Milan avec un spectacle intitulé Pupi et aèdes de Sicile. En 1957, à Gonzaga (MN), il conquit le premier prix de « Trouvère d'Italie » conféré par l'AICA, l'Association Italienne des Chantauteurs Ambulants ; et à « ambuler » Busacca continuait, malgré son authentique renommée.

 

Dans les années qui suivirent, il rencontra un grand poète : Ignazio Buttitta. De cette rencontre, jaillira la composition la plus fameuse de Busacca, Lamentu pi la morti di Turiddu Carnivali, sur des vers de Buttitta dédiés à l'histoire d'un syndicaliste socialiste, Salvatore Carnevale, tué par la mafia en 1955 [7734]. Dans les années 70, il connut une célèbre expérience théâtrale avec Dario Fo , en participant au spectacle de chansons populaires Ci ragiono e canto; on l'entendait souvent même à la radio, et on le voyait à la télévision.

 

Avec la fin des années 70, la période d'intérêt dans les joutes de chantauteurs populaires (et même des chantauteurs qui n'étaient pas populaires) commença inexorablement à décliner ; les funestes années 80 s'annonçaient. Cela ne correspondit cependant pas du tout à un déclin artistique de Busacca et des autres chantauteurs siciliens, qui cependant durent littéralement succomber à la diffusion de la télévision et des autres moyens de communication de masse. Ce n'était pas la fin seulement du chantauteur (parmi lesquels survécut, peut-être, le seul Franco Trincale) mais d'une civilisation entière qui, dans ses formes (parmi lesquelles la diffusion orale des nouvelles en musique à travers l'activité du chantauteur), avait traversé les siècles. Les faits-divers, maintenant, arrivaient aux gens directement des écrans de télévision, sans aucune « médiation » poétique ; le chantauteur était une épave d'un passé millénaire. Ciccio Busacca meurt à Busto Arsizio, en Lombardie, le 11 septembre 1989.

 

Pourtant, il ne s'était pas passé beaucoup d'années depuis 1971, quand il voulait aller sur la Lune, lui aussi. Peut-être, peut-être, à bord de sa 600 Multipla qu'il avait encore. C'étaient des années durant lesquelles la Lune était fort à la mode ; seulement deux ans auparavant, en juillet 1969, l'Homme y avait posé le pied pour la première fois (Allez, Merckx!, dit Lucien l'âne en riant). « Un petit pas pour moi, un grand pas pour l'humanité », avait dit Neil Armstrong ; il y eut ensuite les autres expéditions « Apollo ». Elle mit assez peu de temps, cependant, pour passer de mode la Lune ; en 1972, avec le dernier voyage d'Apollo 17, on n'en parla plus. Durant ces quelques années cependant, ils voulaient tous y aller sur la Lune; et alors, pensa Ciccio Busacca dans sa 600 Multipla, pourquoi ne pas y aller travailler moi aussi ? Pourquoi ne pas y émigrer ? Et ce fut ainsi que, au lieu de raconter un fait-divers, dans cette chanson qui fut publiée dans des 45 tours des « Disques du Soleil » (Lune et le Soleil sur le même disque, dirait-on…) Busacca emmena les Siciliens et tous les Sudsdu monde sur la Lune. Pas tout à fait une affaire de quatre sous !

 

 

[ Incise de Lucien l'âne : Trenet disait :

Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Papa dit qu'il a vu ça lui...]

 

 

Il les y mena cependant, sur la Lune, dans les formes usuelles de l’émigration. Pas du tout avec l'astronef superinformatisé de la NASA, qui débarqua sur la Lune guidé par un « cerveau électronique » qui avait la puissance d'un portable actuel en vente à 20 euros au supermarché. Non, il les y mena avec leurs valises, sans doute liées avec de la ficelle – même si la chanson ne le dit pas. Il les mena, naturellement, faire fortune ; mot qui, inexorablement, a sa rime avec « lune » et ce doit être ainsi. Il les mena faire de l'argent, sur la Lune, de la même manière qu'on allait à Turin, en Amérique ou en Australie. Il les mena travailler à des conditions finalement justes, car – comme il est notable – sur la Lune on travaille, on gagne et il n'y a personne qui est forcé. Il les mena avec les chants de sa terre, comment en douter ? Sur la Lune ne pouvait pas résonner seulement la langue barbare des astronautes (même si il semble que, à un certain point, un d'eux – peut-être même Armstrong, je ne me rappelle pas lequel, s'est exclamé « Mamma mia ! » en italien, qui sait pourquoi) ; on y voulait même Vitti 'na crozza et, pourquoi pas, même l'histoire de la fille qui avait poignardé son violeur et celle du syndicaliste tué par les mafieux. Et sur la Lune, ensuite, il n'y a personne qui commande (peut-être, qui sait, y aura-t-il trouvé même son compatriote Alfonso Failla, peut-être avec un carrier de Carrare ; qui sait combien de marbre y doit y avoir sur la Lune, sans que ne viennent le prendre les multinationales). Sur la Lune, il n'y a pas de voleurs, n'existent même pas les juges et les tribunaux ; et il n'y a pas de roi, de présidents, d'états et de ministres. Il n'y a pas de bureaucratie. Il n'y a pas la guerre. Il y a la vraie liberté.

 

C'est, qu'on me le laisse dire, une chanson extraordinaire. J'ai un souvenir, toutefois décoloré et de gamin, de ces années de la Lune. Nous aussi on jouait, à l'école primaire, à imaginer ce que nous aurions fait sur la Lune ; nous avions dépassé la phase de « vouloir faire l'astronaute ». Nous étions déjà des astronautes et nous nous trouvions déjà sur la Lune à vouloir faire, peut-être, les électriciens. Ou les ingénieurs. Ou les ouvriers lunaires. C'est ainsi que, sans le savoir, nous avons rencontré tous Ciccio Busacca, qui sur la Lune naturellement y était déjà allé avec la moitié de la Sicile. Il parcourut la Mer de la Tranquillité (qui, je crois, était en province de Syracuse) à bord d'une Fiat 600 Multipla, et racontait des histoires en les chantant

 

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Voilà donc une chanson mon bon Lucien l'âne qui devrait te plaire au plus haut point et qui devrait te rappeler ta jeunesse, du temps où tu étais toi-même un des premiers écrivains de l'Histoire... N'essaye pas de nier que tu fus un temps Lucien à Samosate, dans ce qui est aujourd'hui la Syrie. Lieu où se déroule encore un des ces grands massacres, dont sont coutumières ces régions du côté ,du Pont-Euxin; là-bas aussi, le prix de la connerie en graine est en train de monter . Et fameusement … Nul ne sait à quelles hauteurs astronomiques il va s'arrêter. Que tu fus déjà Lucien et que tu écrivis cette Histoire véritable qui inspira Cyrano et Voltaire et le bon Jules Verne – entre autres. Ne rabats pas tes oreilles par timidité ! Ne fais pas ta Modestine !

 

Je ne fais pas ma Modestine, dit Lucien l'âne en rougissant à travers son poil noir comme les rejets de l'Etna et les maisons de Catane. Et peut-être même que ce Lucien de Samosate ne fut pas le premier à relater un voyage dans la Lune. Tu sais bien comme moi que la Lune a toujours attiré les poètes. Quant à ce qui s'est passé en 1969, on n'est pas sûr du tout que le fameux « petit pas » d'Armstrong ait été réellement dit ce jour-là... On raconte que le brave Armstrong, Neil de son prénom, aurait tout simplement dit : « Good luck, Mr Gorsky ». En français : « Bonne chance, Monsieur Gorsky ! ». Certains avaient cru entendre Trotsky ou quelque chose du genre... Ce qui préoccupa beaucoup les services secrets étazuniens. Le fait est qu'à son retour sur Terre, Neil Armstrong ne voulut pas s'expliquer sur ces étranges propos. Motus et bouche cousue pendant 30 ans. Et pourtant la question revenait à tout bout de champ. La Lune a toujours, comme tu vois, mon ami Marco Valdo M.I., engendré des légendes quelque peu cryptographiques...

 

 

De fait, mais tu sais dans ce cas, Lucien l'âne mon ami, on en a su un peu plus le jour où Neil Armstrong lui-même levé le voile sur cette affaire. Ce n'est qu'en 1995, lors d’une conférence de presse à Tampa, qui comme on sait est une ville en Floride, qu'Armstrong a dévoilé le mystère. Il pouvait enfin parler sans mettre dans l'embarras le mystérieux Monsieur Gorsky, qui venait de décéder. Voici donc l'élucidation du mystère et comme on le verra, elle est assez juteuse.

Quand il était enfant, Neil Armstrong, par un bel après-midi d'été, jouait à la balle avec un ami dans la cour de l'immeuble où résidait sa famille. La balle finit sur la terrasse de la chambre à coucher des résidents du rez de chaussée... Les Gorsky.

Neil courut rechercher la balle et en la ramassant, il entendit Madame Gorsky, très en colère et d'une voix plus qu'indignée, dire à Monsieur Gorsky « Une pipe ? Tu veux une pipe ? Je te ferai une pipe quand le gosse des voisins marchera sur la Lune ! ». Pauvre Monsieur Gorsky ! Mais quelle délivrance vingt ans après... On n'a d'ailleurs jamais su ce qui était advenu de la promesse... S'est-elle réalisée ? Dans le fond, à son retour de la Lune, Neil Armstrong aurait dû s'en enquérir auprès de Monsieur Gorsky. Peut-être l'a-t-il fait, mais il n'en a rien dit et maintenant qu'il est lui aussi décédé... On ne le saura donc jamais.

 

 

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La Trahison de l'Image - René Magritte

 

 

 

Et puis, si j'en crois le peintre hainuyer René Magritte qui disait à propos de son tableau « Ceci n'est pas une pipe ! » : « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau « ceci est une pipe », j’aurais menti ! ». Ah, dit Lucien l'âne très troublé et pensif, les manières des humains me stupéfieront toujours... Nous les ânes, on ne fait pas tant d'histoires, surtout pour une malheureuse pipe ! Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, trucidons ce vieux monde plein d'ecclésiastiques, pudibond, menteur, dissimulateur et décédément, cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Je vous salue, chers amis,
Je pars chercher fortune.
J'ai déjà prêtes mes valises,
Je m'en vais sur la Lune.

Sur la Lune, sur la Lune,
Sur la Lune on travaille,
Il n'y a personne qui bâille,
On y fait des sous, sur la Lune.

Tous les chants de vie
de ma belle terre ,
Qui sont tout de poésie
et je m'en vais les divertir.

Sur la Lune, sur la Lune
Il n'y a personne qui commande,
Ces foutus voleurs n'y sont pas
La condamnation n'existe pas

Ces foutus dirigeants n'y sont pas
Et n'y sont pas ces foutus ministres,
Il n'y a ni papiers ni registres,
Nous sommes tous égaux là-bas.

Là nous sommes tous nos maîtres
Car là-bas, la terre est libre
Personne n'y fait la guerre,
C'est la vraie liberté
C'est la vraie liberté
C'est la vraie liberté.

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Marco Valdo M.I.
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