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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:41

MIETTES ET ÉPINES

 

 

Version française – MIETTES ET ÉPINES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Briciole e spine - Modena City Ramblers – 2013

 

 

 

Du pain des roses restent miettes et épines,
Une longue attente pour un lendemain meilleur.
Lorsque le soleil se couche sur tes lèvres entrouvertes,
Ce sourire un peu triste convainc plus que tant de mots,
La sueur de nos grands-pères a nourri cette terre
Et dans nos oreilles les usines font encore du bruit.
Nos pères grâce à Dieu nous ont fait étudier
Et parfois même enseigné ce que veut dire savoir rêver,
Mais réussir est difficile lorsqu'on ne sait sur quoi compter,
Un temps on chantait « Qui ne travaille pas , ne fait pas l'amour » ;
Peut-être même est-ce pour cela qu'aujourd'hui élever un enfant
C'est un luxe qui tarde à venir.
Et se perdent les jours du calendrier feuilles malades de l'automne.
Deux poissons égarés qui regardent la mer au-delà des retrouvailles.

Combien de promesses abandonnées avec le temps,
Combien de baisers engagés pour chaque étoile en ciel ;
Ils parlent de marchés, de défis et de compétition,
Ce mantra qui nous ensorcelle vole le sens de nos mots.
Comme dans les années d'après-guerre, aux coins des rues
On fait la charité ou on vend des choses,
Notre amour héroïque vécu en tranchée
Nous a faits maîtres de ce pain, de ces roses ;
D'une terre qui nous est mère, maîtresse et amante,
Qui nous plie l'échine mais qui jamais nous abandonne,
Les jours de fête reviendront, disent les hirondelles et les cloches
Qui s'embrassent au crépuscule depuis qu'est née la ville,
Et alors nos baisers auront encore ce vieux goût qui nous soûlait le cœur,
Rêves aux yeux ouverts de poésie, d'horizons, de larmes…Et d'amours.

 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 22:03

À PROPOS, SOLITUDE !

 

Version française – À PROPOS, SOLITUDE ! – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Apropos, Einsamkeit !– Erich Kästner – 1938

http://www.youtube.com/watch?v=K9wjYRvBgrU

 

 

 

À propos, à propos... À propos de la chanson Apropos, Einsamkeit ! – À PROPOS, SOLITUDE !, je voudrais revenir un instant sur la démarche qui m'amène à traduire ; elle n'est pas évidente pour tout le monde et dans sa simplicité-même, elle échappe à la façon commune d'envisager le « traducteur ». En fait, contrairement au « traducteur » patenté ou à quelqu'un qui aurait l'ambition d'être traducteur, je ne traduis pas pour donner la connaissance ou la compréhension du texte traduit à d'autres, mais bien et uniquement au départ, pour comprendre le texte moi-même. Et en quelque sorte, c'est le résultat de cette entreprise de découverte que finalement, puisqu'il existe, je mets à disposition d'autrui. Par entropie... Un peu comme le Dieu de Plotin, l'Un qui ne saurait être autre chose que lui-même et qui n'aurait d'effet sur le monde que par ricochet, par une sorte de perte, une sorte de résidu de rien.

 

 

Mais, si tu le veux bien, Marco Valdo M.I. mon ami, laissons ce Plotin de côté et continue tes divagations sans lui...

 

 

Donc, je trouve un texte et a priori, je ne sais ce qu'il y a dedans. Quand il est dans ma bonne vieille langue française, généralement, un rapide coup d’œil me permet de savoir si ce qu'il contient peut ou non m’intéresser. À partir de là, je poursuis ou non ma lecture et en finale, il n'y a pas de résidu matériel de cette lecture. Aucun texte nouveau n'a été fabriqué. Il n'y a rien à transmettre d'autre que le texte de départ lui-même. Laissons de côté toute présentation ou conversation à propos...

 

 

D'accord, mais quand il s'agit d'un texte dans une autre langue...

 

 

Là, lorsqu'il s'agit d'une autre langue, la situation est bien différente. Car... Car je ne connais aucune autre langue que le français... Il me faut donc – souvent difficilement – traduire ce texte qui est devant moi pour que je le comprenne. Et souvent, quasiment toujours pour tout dire, je dois le « mettre » en français, l'ordonner en fonction des exigences propres à la langue française pour enfin pouvoir le lire et le comprendre. C'est la méthode que j'ai appliquée à l'italien, parfois à l'anglais ou à l'espagnol et que j'expérimente maintenant avec les textes de chansons d'Erich Kästner, lequel écrit en allemand ; ceci car je suis persuadé de la qualité particulière de ce qu'il peut me raconter. En langue française – je ne sais en italien – Kästner est un auteur quasiment inconnu comme poète et penseur. Il est connu – relativement comme auteur de livres pour enfants. J'ai donc formé le pari de Kästner... Voici donc ma nouvelle aventure. Je vais à la découverte et selon ce qui paraîtra, je le ferai connaître. Il faut quand même que j'insiste sur le fait que je ne connais pas l'allemand et qu'à mes yeux, je ne peux aborder les textes de Kästner que parce qu'ils sont poétiques. Et les images utilisées en allemand peuvent ainsi être apportées en français dans toute leur étrangeté sans que cela nuise en rien au texte poétique... Bien au contraire...

 

 

Maintenant que ton discours de la méthode est terminé, peux-tu me dire de quoi parle cette chanson et en quoi, elle peut intéresser les Chansons contre la Guerre...

 

 

Elle parle de la solitude... qui est un des maux dont on souffre dans ce monde trop occupé à prôner l'individualisme intéressé, trop occupé à diviser pour régner, à morceler le corps social... la fin du texte est aussi tragique que le « Seul » de Brel ...[[7837]]. Oh, ce n'est pas que la solitude ne puisse être une excellente façon de vivre ou de créer, mais elle l'est pour certains et non pour d'autres...

 

 

Bien sûr, moi qui ne suis qu'un vieil âne, je vis dans la solitude, je marche solitaire depuis des siècles et des siècles et parfois seulement, j'ai rencontré des gens avec qui converser... Ce qui, soit dit en passant, ne m'a nullement gêné... Mais toi, tu vis dans le monde...

 

 

Je vis dans le monde et par la solitude, je m'en préserve suffisamment pour pouvoir faire ce qui me donne le plaisir de vivre... Il s'agit évidemment d'une solitude bien tempérée... Une solitude nourrie de création, dont elle emprunte les matériaux au monde. Tiens, on parlait tout à l’heure de Célestin qui par goût ou tempérament, préféra sa vie d'ermite à celle de grand de l’Église. Je le cite car nombreux furent ceux qui suivirent cette voie de la solitude créative : les ermites, mais aussi les savants, les chercheurs, les poètes... et tous ceux qui s'en vont par le monde accompagné de soi-même et bien content de l'être. La chanson ne parle pas de cette solitude-là, mais de l'autre solitude, de ce sentiment, cette sensation de solitude qui née de la peur de la liberté, n'est rien d’autre que l'isolement. L'isolement meuble le monde d'objets, d'images, de sons, d'apparences, de fantômes ; la solitude se meuble et se nourrit de son propre processus de création...et meuble le monde d'elle-même, car c'est – au sens le plus fort – son monde. Elle ne peut donc jamais ressentir l'ennui ou l'angoisse, jamais tomber dans le vide... Dans la solitude, on n'est jamais vraiment seul puisqu'on est avec soi-même et le monde qu'on s'approprie à chaque instant ; dans l'isolement, on est seul avec le rien, face au néant. A propos, pour situer la chanson de Kästner et certaine résonance, je te rappelle qu'elle fut écrite vers 1938 ou en tout cas, dans cette période et qu'il devait être terrible de subir la solitude en ce temps-là et ces lieux-là, sous ce régime-là. »Seuls dans Berlin »....[[39118]]

 

 

J'ai bien saisi tout cela et il me paraît que compte tenu des ravages de l'isolement qui frappe tant de gens, il nous faut reprendre notre œuvre qui est de tisser le linceul de ce vieux monde écrasant, toxique, néantisant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

On peut parfois être terriblement seul !
Ça ne sert à rien d'écarter les ennuis
Et devant des affaires se dire à soi-même :
Ce chapeau est joli au dedans, mais juste un peu petit…

 

Ça ne sert à rien d'aller au café
Et de regarder les autres rire.
Ça ne sert à rien de copier leur rire.
Ça ne sert à rien non plus, de se croire encore pareil.


On mesure là ses propres ombres.
Celui-là saute et se dépêche, pour ne pas se retarder,
Et des gens viennent qui froidement l'écrasent .
Ça ne sert à rien, si on ne peut pas pleurer.

Ça ne sert à rien, de se réfugier chez soi – à la maison
Et, si on a du bromure à la maison, de prendre le bromure.
Ça ne sert à rien de se faire honte
Et de fermer les rideaux précipitamment.


On sent là, ce que c'est d'être petit.

D'être aussi petit que l'enfant qui vient de naître !

Alors, on ferme les deux yeux et on devient aveugle.
Et on se retrouve seul…

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Marco Valdo M.I.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 21:59

 

LE DÉVELOPPEMENT DE L'HUMANITÉ

 

Version française - LE DÉVELOPPEMENT DE L'HUMANITÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Entwicklung der Menschheit – Erich Kästner – 1932

 

 

 

affe4.jpgSINGE (George Grosz)

 

 

Sur les arbres, à un moment, ces mecs

Poilus et laids de visage.

Se sont accroupis
Plus tard, ils ont quitté la forêt vierge
Asphalté et surélevé le monde
Jusqu'au trentième étage.

Maintenant, ils sont assis là à s'épucer

Dans leurs pièces au chauffage central.
Maintenant, assis là, ils téléphonent.
Et c'est encore juste le même ton
Qu'au temps où ils étaient sur les arbres.

 

Ils entendent de loin. Ils voient loin.

Ils sont en contact avec l'univers.
Ils se lavent les dents. Ils respirent la modernité.

La Terre est une étoile cultivée
Truffée de chasses d'eau.

 

Ils tirent les papiers par une canalisation.
Ils se couchent et élèvent des microbes.
Ils équipent la nature de tout le confort.
Ils s'envolent droit dans le ciel
Et ils y restent deux semaines.

 

Ce que votre digestion laisse,
Ils en font de l'ouate.
Ils divisent des atomes. Ils guérissent l'inceste.

Et ils établissent par des études stylistiques,
Que César avait des pieds plats.

 

Ainsi, ils ont avec la tête et la bouche

Créé le progrès de l'humanité.
Mais ceci mis à part et
Tout bien considéré, ce sont au fond
Encore toujours les vieux singes.

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Marco Valdo M.I.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 21:57

LE MONSIEUR SANS MÉMOIRE

 

Version française - LE MONSIEUR SANS MÉMOIRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Der Herr ohne Gedächtnis – Erich Kästner - 1928

 

 

Il serra la vie dans ses poches
Et alla plaisanter avec la Mort et le Diable.

Sa gueule était sale
Il a bu pas mal de toutes les bouteilles
Et prit de nuit la mesure des étoiles.
Il se trouvait sur le balcon de l'année,
vit des choses terribles et merveilleuses,
et il oublia.

 

Il connut plus de mille dames .
Qui tournèrent son cœur en bourrique.
Il joua dans mille drames.
Il voyagea sous mille noms
Et vit au travers des murs comme au travers du verre.
Il vécut de restes.
Il habita parfois dans les palais.
Et il oublia.

 

Il fut coiffeur. Et charbonnier.

Il fut malade. Et il guérit.

Il tira des descentes de lit au Congo
Et fut Alpenjäger sur l'Isonzo
Et se perdit presque lui-même à Gra.
Il fut sur des vapeurs qui se brisèrent.
Il toussa dans toutes les langues.
Et il oublia.

 

Et quand ils le mesurèrent avec des yeux,
Où il trouva un léger effroi,
Il s'enfuit sur des îles avec oasis.
Chez des hommes, qui mangeaient des hommes,
Parmi lesquels il lisait la bible.
Souvent, le deuil passe maintenant pour une farce…
Il espérait qu'on l'oublierait,
Comme il oublia les autres.
Et ce fut ainsi..

 

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Marco Valdo M.I.
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 21:06

 

ET TOI, TU VIENS ME DIRE

 

Version française - ET TOI, TU VIENS ME DIRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – E tu mi vieni a dire – Giorgio Gaber - 1973

Texte de Sandro Luporini

Musique de Giorgio Gaber

 

 

 

À Milan, meurent en des circonstances mystérieuses
Certains témoins du massacre d'État
Entretemps à la télévision le Président
Exhorte au calme le peuple italien .

 

Et toi tu viens me dire « Moi, j'aime » comme si l'amour…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je meurs » comme si la mort…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je souffre » comme si la douleur…

 

À Rome, les huissiers chamarrés du Parlement

Font une cérémonie solennelle
Est venue du Vietnam du Sud une délégation
Pour confirmer leur amitié à notre nation.

Et toi tu viens me dire « Moi, j'aime » comme si l'amour…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je meurs » comme si la mort…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je souffre » comme si la douleur…

 

Comprendre ce qu'il y a derrière la douleur
Savoir l'analyser et motiver
Alors cette douleur, c'est ma rage
Face à des répressions toujours plus alarmantes
La rage d'un, la rage de tellement.

À Naples, comme si de rien n'était, Devant un étal
Rempli de cocardes tricolores
Il y avait des garçons qui demandaient des fonds
Pour le Mouvement Social Italien.

Et toi tu viens me dire « Moi, j'aime » comme si l'amour…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je meurs » comme si la mort…
Et toi, tu viens me dire « Moi, je souffre » comme si la douleur…


Comprendre ce qu'il y a derrière la douleur
Savoir l'analyser et motiver
Alors cette douleur, c'est ma rage
Face à des répressions toujours plus alarmantes
La rage d'un, la rage de tellement.

Comprendre ce qu'il y a derrière la douleur
Savoir l'analyser et motiver
Alors cette douleur, c'est ma rage
Face à des répressions toujours plus alarmantes
La rage d'un, la rage de tellement.

 

 
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 20:39

GUÉRI

 

Version française – GUÉRI – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il Guarito – Giorgio Gaber - 1973

 

Texte de Sandro Luporini

Musique de Giorgio Gaber

 

 

 

Cher docteur, je vous suis très reconnaissant,
De tout ce que vous avez fait pour moi.
Je vivais avec ma famille et avec ma tante
Et je me perdais, et je ne savais pas pourquoi.
Vous m'avez dit : « Votre maladie est un cas de schizophrénie ».

En effet, j'étais vraiment hors de moi.

 

Ma pauvre maman
Mon pauvre papa
Tout ce qu'ils ont fait
Pour mon bonheur.
Même ma pauvre tante
Combien elle m'a aimé
Et mes parents quelle peine
Quelles larmes pour moi.

 

Cher docteur, je vous suis très reconnaissant,
Vous m'avez sauvé pour toujours de la folie.
Je suis vraiment bien, j'ai les idées plus claires
Je comprends presque tout, même ma tante.
Maintenant je suis lucide et conscient
Je contrôle bien mon esprit
Je vous écris d'un bureau de police.

J'ai tué ma maman
J'ai tué mon papa
J'ai même tué ma tante
Pour mon bonheur

J'ai tué mes parents
Vous seul pouvez me comprendre
J'aurais dû le faire enfant
Mieux vaut tard que jamais.

[parlé] :
Merci docteur, maintenant je suis vraiment bien :

Je suis vraiment guéri !

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 19:05

RETROUVAILLES DE CLASSE

 

Version française – RETROUVAILLES DE CLASSE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Klassenzusammenkunft – Erich Kästner - 1938

 


 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu te souviens sans doute qu'ici-même nous avions présenté cette fabuleuse chanson de Jacques Brel, intitulée Les Bourgeois [[38553]], chanson sans aucun doute tirée du répertoire étudiant et donc, due pour l'origine à l'auteur le plus prolifique qui soit : l'anonyme.

 

 

De fait, je m'en souviens très bien et on l'avait même chantée ensemble. « Les bourgeois, c'est comme les cochons ; plus ça devient vieux plus ça devient bête. Les bourgeois c'est comme les cochons ; plus ça devient vieux plus ça devient con. »...

 

 

Exactement et tu vas voir que si elle confirmait une vérité internationale, ancestrale et transhistorique, elle confirmait aussi ce que tu vas découvrir dans cette chanson de 1938, date à laquelle elle fut écrite par Erich Kästner. Cependant, tu l’auras sans doute pressenti à sa date et à l'endroit où vivait Kästner à ce moment, celle de Kästner, qui en français s'intitule « RETROUVAILLES DE CLASSE » si elle vise la bourgeoisie, vise aussi et surtout, les nouveaux riches et les nouveaux maîtres de l'Allemagne que sont les nazis et leurs sympathisants, plus ou moins enthousiastes. Avant d'aller plus loin, je ferai une parenthèse concernant la bourgeoisie allemande, il y avait une partie qui s'opposait nettement au régime et qui  était purement et simplement éliminée – soit par l’exil, soit physiquement par l'assassinat, soit envoyée dans les camps. Une autre part s'est ralliée au régime et même, dans la partie la plus fortunée a financé le parti nazi et l'a porté (notamment, financièrement) au pouvoir ; elle lui a fourni certains de ses cadres. Et puis, il y a celle qui est toujours du côté du pouvoir, quel qu'il soit – pour autant qu'il lui laisse faire ses affaires (grandes ou petites) ; c'est la bourgeoisie souple comme l'élastique, celle qui tient pour principe : « Je suis en commerce, moi, Monsieur ». En fait, le ventre mou, la gélatine sociétale... Bien entendu, elle est comme sont le vin ou le libéralisme : douce quand tout va bien (à ses yeux), demi-sec quand la situation n'en plus aussi favorable à ses profits, sec quand on approche de la confrontation et qu'on remet en cause certains de ses privilèges et carrément brute quand elle se sent menacée ou qu'elle sent qu'elle peut de ce fait accroître démesurément son champ de bénéfices. Mais ici, dans la chanson, il faut comprendre le mot « classe » dans les deux sens du terme : au sens de classe scolaire ou universitaire et classe au sens de « classe sociale ». Bref, Kästner raconte une réunion d'hommes... Je te laisse découvrir comment ils traitent leurs femmes... Et, seul un « juste » ou un plus intelligent, un plus honnête ou un moins con sauve l'homme du bourgeois... Cela dit, c'est une de ces chansons assaisonnée aux épices d'ironie...

 

Alors, écoutons-la. Et reprenons, Marco Valdo M.I., mon ami, notre tâche quotidienne qui est, je sais que tu le sais, mais c'est mieux de le dire et le redire afin que nul ne l'oublie, de tisser le linceul de ce vieux monde bourgeois, intéressé, veule, sclérosé, féroce, bête et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Ils ont bu verre sur verre

Et avaient la tête à la blague

Et allaient jusqu'à se tirer le chapeau

Ils étaient bruyants et bien portants

D'un seul moule, mais à l'intérieur creux,

Et ils n'avaient rien à dire.

 

Ils ont fait l'éloge enfin, avec précision

Des formes du corps de leur femme,

De leur seins et de toutes ces choses…

À peine trente ans, et déjà en retard !

Ils étaient assis étendus et gonflés

Comme des cadavres pas tout à fait morts.

 

Là, pour finir, il y en a un qui s'est levé

Et sans hésitation a dit que lui

En avait assez d'eux.

Il leur a souhaité vraiment beaucoup de barbe

Et cent enfants de leur calibre

Et il s'en alla se coucher.

 

Les autres ne voyaient pas très bien,

Pourquoi ce type était parti.

Ils ont rayé son nom.

Et préparé une excursion.

Pour dimanche prochain. À la Maison des Chasseurs.

Mais cette fois avec des dames.

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Marco Valdo M.I.
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 23:07

HYMNE DES BANQUIERS

 

Version française – HYMNE DES BANQUIERS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – « Hymnus auf die Bankiers » – Erich Kästner – 1929



 


 



 



Et dire qu'elle a été écrite en 1929... Une chanson intitulée «  Hymnus auf die Bankiers », ce qui peut se traduire par « HYMNE DES BANQUIERS »... À la lire, on dirait qu'elle a été faite hier . En somme (c'est le cas de le dire...), la Guerre de Cent Mille Ans se perpétue obstinément et de génération en génération, on retrouve les mêmes forfaits, les mêmes événements. Les mêmes gens finalement reproduisant les mêmes comportements. C'est ce qu'on appelle la reproduction sociale. Et en analysant les choses en détail, on finirait par voir que leur mode de reproduction est fort semblable à la scissiparité.





Le banquier est scissipare, voilà tout !, dit Lucien l'âne d'un ton grave et scientifique. Puis, il éclate d'un rire tonitruant. Mais cette capacité à reproduire les mêmes comportements de prédateurs est précisément le mal qui ronge le monde.





De fait, de fait. Et je pense bien que le mécanisme est le suivant : Le banquier, disons aussi bien l'homme d'argent, tend à accroître ses revenus, à comme tous les riches dans cette Guerre de Cent Mille Ans qu'ils font aux pauvres, à faire croître ses profits et à étendre son champ d'action et de domination. Comme il a une certaine conscience que « la vie est courte », il ne parie pas sur le long terme, sauf quand il y est forcé. Il ne se soucie pas du futur et encore moins, de l'avenir des hommes. Ce qui l'intéresse (évidemment!), c'est le profit maximal et le plus rapidement possible. Alors, pour accélérer la progression des résultats, il prend des raccourcis, il cherche des voies rapides, il augmente au maximum la vitesse de sa progression... Il crée de la richesse virtuelle – pour lui, c'est mieux, c'est impalpable, c'est assez incontrôlable et ça grandit très vite ! Peu lui importe le réel et les gens. Il nie la réalité, il édifie des fortunes virtuelles en se nourrissant pourtant de ce qu'il peut quand même soutirer aux gens. Mais d'un œuf de fourmi pris à la fourmilière, il fait un éléphant. Tour de passe-passe, prestidigitation... Il souffle dans l'oeuf de fourmi et le gonfle, admirable baudruche, jusqu'à simuler un éléphant avec sa trompe et ses grandes oreilles – c'est un éléphant d'Afrique. Puis, il invente une pseudo-science ou plusieurs – l'économie, l'économétrie, l'économie politique, les sciences économiques, les sciences financières... (toutes sortes de sciences éléphantesques) afin de certifier ses discours fallacieux et de blanchir ses manœuvres audacieuses d'une teinture académique. Et bien sûr, ces pseudo-sciences reposent sur le postulat fondamental qu'en ce qui concerne l'économie, la finance et tout ce qui s'en suit, il ne saurait y avoir de morale. On comprend pourquoi... C'est le voleur qui sanctifie le délit.





Oh, dit Lucien l'âne, Marco Valdo M.I. mon ami, te souviens-tu du bon abbé Meslier, curé d'Étrépigny [[5393]] et de ce qu'il proposait comme destin aux riches ecclésiastiques et aux nobles. Il était question de pendre les uns avec les tripes des autres. C'est ainsi que je propose d'adapter la formule aux banquiers et aux économistes. «Je voudrais, et ce sera le dernier et le plus ardent de mes souhaits, je voudrais que le dernier des banquiers fût étranglé avec les boyaux du dernier économiste. »





Bonne idée !, Lucien l'âne mon ami, mais je n'avais pas fini. Ainsi, ayant créé une pseudo-science (ou plusieurs – tant plus il y en a, tant plus ça leur va...), il convient de mettre en place des écoles, des diplômes... Bref de créer la machine qui fabriquera et formera l'espèce détestable des « experts », laquelle a comme fonction essentielle de ratifier et de certifier la bonne conformité aux pseudo-lois de l'économie, de la finance... et surtout, de disqualifier tout intervenant qui n'aurait reçu la confirmation, l’ordination... D'où, il apparaîtra que ce que nous disons, ressemble furieusement dans sa démarche au testament du bon abbé. En fait aussi que l'économie, etc... est une religion ; la religion d'une église dont le Dieu n'est autre que l'argent.





Non seulement, ce sont des religieux, mais aussi, des fanatiques... Ils massacrent le monde et n'hésitent pas à fomenter les guerres les plus féroces... On n'arrête pas de le découvrir... C'est un des ordres les plus destructeurs dans cette Guerre de Cent Mille Ans ; c'est un des instruments les plus criminels aux mains des riches... Dès lors, Marco Valdo M.I., mon ami, il convient que nous poursuivions notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde ploutophile, ploutocrate, intéressé, calculateur, comptable, économiste et cacochyme.





Heureusement !





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





 

Il peut se réjouir celui qui ne sait pas !
Il demande encore toujours: Qui ?

Ils empruntent l'argent à cinq pour cent
Et le prêtent à plus de dix.

 

Ils n'ont encore jamais froncé le sourcil,
Leur cœur jamais ne s'arrête .
Les différences font leur produit.
(On peut comprendre cela, comme on veut.)

 

Leur appétit est vertigineux.
Ils mangent Dieu et le monde.
Ils ne sèment pas. Ils récoltent seulement.

Et fructifient leur propre argent.

 

Ce sont les prestidigitateurs d'élite

Ils font de la magie les mains vides .
Ils tirent de l'or du téléphone
Et du pétrole du sable.

 

L'argent devient liquide. L'argent devient rare.

Ils font tout pour cela au besoin.
Et coupent le cou aux autres.
Le papier est parfois assassin.

 

Ils croient aux règles des règlements de dette
Et ils ne croient pas vraiment en Dieu.
Ils n'ont qu'une sympathie.
Ils aiment l'argent. Et l'argent les aime.

(Pourtant chacun peut faire faillite !)

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Marco Valdo M.I.
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 20:27

Faut bien qu'ils vivent

 

[2013]
Paroles de Marco Valdo M.I.
Chansonchôme wallonne de langue française
Parodie de « Faut bien qu'on vive » - Gilles (Jean Villard) – 1935

 


 

 

 


 

 

 

Tout est foutu (chanson également de Gilles) 

 

 

 

Je sais, je sais, j'en avais déjà fait une de parodie avec la même chanson de Gilles et sur le même sujet... Elle s'intitulait : La Chanson des Chômeurs.

Et alors ?

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 


 

 

Sous prétexte qu'on est des chômeurs
Y en a des qui se foutent de notre gueule
Y en a même qui nous engueulent
Et nous disent la bouche en cœur
Qu'on n'a qu'à chercher du travail
Qu'à l'usine, il faut qu'on y aille

Nous, on aurait bien voulu
Mais des usines, y en a plus
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

On pourrait vu qu'on n'a plus un rond
Comme les banquiers recevoir des millions,

Et avec tout ce tas de pognon,
Nous en aller faire le tour du monde
On serait des chômeurs en goguette
On ne prendrait pas toute la galette
Nous, on préfère rester honnêtes
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Faut bien qu'on vive !

 

Nous du travail, on n'en trouve pas
Paraît qu'y en a dans les usines,

Mais y a plus qu'un mec par machine

Pas étonnant que pour nous, du boulot y en a pas

Et les patrons qui vivent à l'aise,

Avec des salaires grands comme ça

Menacent de supprimer des emplois.
Et en plus réclament des aides de l'État
Faut bien qu'ils vivent !

 

Ils pensent à l'argent tous les jours
Même, si nous, on a des fins de mois atroces

Nous, on pense surtout à nos gosses
Qui ne rigolent pas toujours
Nos enfants ont au moins un avantage
Quand leurs parents sont au chômage
Ils peuvent les voir tous les jours
Un peu de bonheur, quelle dérive
Faut bien qu'ils vivent !

 

Si on passe notre vie au café
Si, au loto, on taquine la chance
C'est uniquement par bienfaisance
Et par respect pour l'ouvrier
Son boulot, faut pas qu'on y touche
Ça serait lui arracher le pain de la bouche
Comme on n'a pas d'autre alternative
On est chômeurs, faut bien qu'on vive
Et les travailleurs aussi, faut bien qu'ils vivent !

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 22:05


SAUT PÉRILLEUX

 

Version française – SAUT PÉRILLEUX – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande –Saldo mortale Erich Kästner – 1929

 

 

Saut Périlleux, mon ami Lucien l'âne, est une chanson terrible. Elle raconte un suicide, mais d'une façon extrêmement concrète et directe. Un peu comme un reportage en direct. Ici, Kästner, qui est d'ailleurs journaliste, anticipe sur certains reportages de la télévision et fait remarquable, nous alors sommes en 1929... Kästner détaille seconde par seconde ce suicide dont le côté dramatique est encore renforcé par l'intervention d'un tiers qui veut « sauver » le suicidé. En somme, il le réveille contre son gré...

 

 

Si on ne peut même plus se suicider en paix...La vie ne vaut plus la peine d'être vécue..., dit Lucien l'âne en clignant de l’œil gauche.

 

 

En effet, on devrait pouvoir se suicider en paix et même, à mon avis, au besoin être soutenu... Dans certaines circonstances douloureuses à l'extrême, ce sont des choses qui peuvent arriver. Et vois-tu, Lucien l'âne mon ami, cette question du suicide est récurrente dans l'histoire des hommes et elle fut très développée dans cette Allemagne de Weimar si moderne, si en avance sur les temps barbares qui vont suivre son propre suicide ; la République de Weimar était sans doute trop en avance d'ailleurs dans certains domaines, dont notamment tout ce qui concerne la liberté des mœurs et des conceptions de la vie. Même si par ailleurs, elle était le théâtre d'un des épisodes les plus violents de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les écraser sous leur domination et de les forcer à subir l'exploitation la plus dure... Cet épisode va déboucher comme tu le sais sans doute sur le retour au Reich... et le pouvoir quasi-absolu des nazis sur les Allemands, avant que cette terreur tumorale ne s'étende au reste de l'Europe...

 

 

Bon, finalement, le suicidé est sauvé et puis ensuite ? Que se passe-t-il ?, demande Lucien l'âne en se redressant.

 

 

Eh bien, la chanson rapporte le soliloque du suicidé qui reproche à son « sauveur » de l'avoir tiré de son coma et lui reproche de l'avoir mis dans une situation de vie épouvantable, une vie de malheur, une vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue. Et il lui crie au visage que le fait-même de l'avoir sauvé est en soi un meurtre... « Quand quelqu'un finalement, fait ce que j'ai fait, Alors son sauvetage est un meurtre. »...

 

Paroles de suicidé !, dit Lucien l'âne.

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, je pense bien que Kästner anticipait sur les années noires qui s'annonçaient. J'ai d'ailleurs un peu l'impression que ce suicide et ce réveil brutal et les tourments atroces qui vont reparaître, c'est un peu celui du peuple allemand. Lequel peuple, c'est-à-dire cette agglutination de gens qui vivent ensemble dans une même contrée et souvent dans une même langue, en subit encore toujours aujourd'hui les effets. Évidemment, pour éviter toute équivoque, il faut resituer cette notion de peuple dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans où on trouve les riches, les aspirants riches et leurs servants, d'un côté et les pauvres, c'est-à-dire le peuple, de l'autre. Comme le sent bien la pensée et la morale commune : le peuple, ce sont les pauvres. Point final.

 

 

Il fallait le dire, Marco Valdo M.I. mon ami, car bien des gens essayent de noyer le poisson et de faire accroire aux gens que la société est une entité commune et qu'il existe un bien commun équitablement partagé entre les riches et les pauvres... Mais c'est une odieuse mascarade.

 

 

Et pour en revenir au suicide, au droit au suicide, à l'impérieuse nécessité du suicide – dans certaines circonstances, il est une libération. Le suicide, c'est l'euthanasie d'une personne encore en état de s'auto-détruire... Et bien évidemment, on ne s'autodétruit pas sans de profondes et désespérantes raisons... Ce qui fait qu'en Allemagne de ces années-là, où la misère frappait – comme elle frappe en Grèce aujourd’hui (je dis en Grèce, mais aussi en Allemagne, au Portugal, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Irlande... et comme tu sais, en Italie), le suicide faisait rage, se développait et il atteignit des sommets dans la décade qui suivit... Jusqu'au suicide de presque tout le peuple allemand... lancé par une bande de délirants dans l'aventure suicidaire d'un Reich de mille ans.

 

 

Comme dans l'Europe d'aujourd'hui, on pourrait à certains égards retrouver bien des traits de cette période de la République de Weimar et pour éviter ce qui s'en est suivi il y a quatre-vingts ans, reprenons notre tâche, qui n'est certes pas de sonner le tocsin, quoique ce soit bien indiqué, mais de tisser le linceul de ce vieux monde répétitif, bégayant, suicidaire et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Un homme interrompt un suicide
Et l'homme sauvé, quand il dormait encore,
Quand enfin il revint à lui, lui écrivit
La lettre que voici :

 

« Âne, vous m'avez réveillé.
Vous vous êtes acharné sur moi. J'étais déjà mort.

Vous m'avez remis de travers et allongé.
J'étais déjà presque dans l'au-delà, saperlotte.

 

Vous n'avez jamais payé mes impôts.
Vous ne m'avez jamais prêté même un Mark.
J'avais une place, vous me l'avez piquée.
Vous ne m'avez rien apporté d'autre

 

Vous m'avez-moi trimbalé partout
Je voulais un travail. Pourtant, vous ne m'avez rien donné.

Vous m'avez regardé froidement et méchamment.
Vous m'avez parlé comme on parle à des voleurs.

 

Quand j'étais malade, vous ne m'avez pas soigné.
Quand j'étais malade, vous m'avez offensé.
Quand je vivais, vous ne vous êtes jamais empressé !
Et ma femme s'est donnée à vous.

 

Vous m'avez réveillé. D'où tenez-vous ce courage ?

Vous m'avez ramené. Je voulais m'en aller.

Quand quelqu'un finalement, fait ce que j'ai fait,

Alors son sauvetage est un meurtre.

 

Vous ne m'avez donc pas encore assez tourmenté ?
Cela doit-il encore une fois aller à vau-l'eau jour après jour ?
Je ne pense pas du tout ! Pour moi, c'est encore raté !

Je ne peux plus ! Pourquoi ? Parce que je ne peux pas. »

 

On ne doit pas vivre, quand on ne le peut pas.
Quand il a lu dans le journal son « Sauvetage »,
Il est monté au quatrième étage et s'est jeté
Dans la cour, où sa fille était assise.

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Marco Valdo M.I.
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