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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 13:35

GENS DE LA HAUTE À 1.200 MÈTRES

 

Version française – GENS DE LA HAUTE À 1.200 MÈTRES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Vornehme Leute, 1.200 Meter hoch – Erich Kästner – 1929

 

Lärm im Spiegel – 1929

 

 

 

 

Hotel-neige.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a, comme tu le sais peut-être, Lucien l'âne mon ami, pour les gens de la haute des lieux où il faut se montrer, des endroits où il faut avoir été, des places où on joue au « m'as-tu vu ». Il faut y être tout comme il faut en être. L'un va mal sans l'autre.

 

 

Et en plus, j'ai entendu dire, car nous les ânes nous n'en sommes pas et nous n'y sommes jamais conviés... Bref, nous ne sommes pas de ce monde-là et nous ne fréquentons pas les gens de la haute. D'abord, car ils nous méprisent et ensuite et surtout, car cela ne nous plaît pas. Nous sommes des ânes, voilà tout. Donc, j'ai entendu dire que ces lieux varient selon les saisons et que comme les moutons, ces gens-là transhument, mais dans le sens inverse. Les moutons passent la belle saison en altitude et l'hiver s'en éloignent ; ces gens-là quant à eux, font exactement l'inverse. Il est vrai qu'arrivés là haut, ils se calfeutrent et se tiennent bien au chaud à l'abri des intempéries.


 

C'est bien comme cela que les choses se passent dans la chanson d'Erich Kästner, écrite, je te le rappelle, en 1929. Cette question de date est importante, car à l'époque, n'allaient en ces lieux que les gens de la haute ; là, ils se retrouvaient entre eux à l'écart du monde et des gêneurs. Il le faut bien et on comprend cela quand on replace cet isolement entre gens de la haute dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres depuis tant de temps. En fait, on dirait qu'ils sont dans un cantonnement au milieu d'un monde occupé. Il n'est pas bon pour eux, ni même agréable de vivre parmi les hommes du commun. Parmi les pauvres, les riches ne se sentent pas à leur aise. Tout les désigne et les distingue. Ils ne peuvent passer inaperçus et ce qui en réalité les guide, c'est tout simplement la peur. Car, je te l'assure Lucien l'âne mon ami, ces gens-là vivent en permanence dans la peur. C'est le sens du château féodal qui ne servait pas tant à protéger le pays, le village, les populations à l'entour des invasions, des ennemis venus d'ailleurs, mais bien plus certainement à protéger le maître des lieux des populations de l'alentour, de ceux qui précisément l'entretenaient. Ces puissants de village, de région traitaient les autres avec la même hauteur qu'ils traitaient les animaux. C'est le sens-même du goût de la vénerie, de la passion de la chasse. Depuis que les imitations de riches se bousculent sur les plages, dans les avions, la chasse a trouvé sa place dans le jeu des imitations sociales. Dans le « je te me pousse du col ».Et comme le snobisme touristique pousse à exploiter tous les penchants pervers, il a bien entendu étendu son exploitation jusque dans les lieux enneigés.

 

 

Tous ces gens-là, ceux de l'époque de la chanson (les années 1930) et leurs imitations contemporaines me paraissent, dit Lucien l'âne en se hérissant, une bande de paons aussi stupides que ces gallinacés qui pour se complaire montrent leur derrière.

 

 

C'est exactement cela... et tant plus il y en a, tant plus c'est grotesque. Mais à l'époque de Kästner, on restait encore entre soi dans ces lieux-là. Il aurait pu intituler cette chanson : « Scènes de la vie de riches ». En ce qui me concerne, moi, d'une telle vie, je n'en voudrais pas. Je mourrais vite dans cet ennui et de cette componction. Je n'ai rien d'un zombie, d'une momie ou d'un vivant-mort.

 

Pareil pour moi, dit Lucien l'âne tout ragaillardi, je ne pourrais pas vivre dans un tel mouroir. C'est même à cela que tout le temps, je m'efforce d'échapper et c'est aussi pour mettre fin à cette interminable vacance de l'être qu'il nous faut mener notre tâche et tisser le linceul de ce monde posthume, glacial, engoncé, raidi et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont assis dans les Grandhotels.
La glace et la neige font un anneau de rhum
La montagne et la forêt et le rocher font un anneau de rhum
Ils sont assis dans les Grandhotels
Et boivent toujours du thé.

 

Ils portent leur smoking.
Dans la forêt, le gel craque.
Un petit cerf saute la rivière
Ils portent leur smoking
Et guettent la poste.

 

Ils dansent le blues dans le hall bleu,
Tandis qu'il neige au dehors.
Il éclaire et tonne encore.
Ils dansent le blues dans le hall bleu

Et n'ont pas le temps.

 

Ils affluent pour la nature
Et font des rencontres.
Ils affluent pour la nature
Et connaissent les alentours
À partir des cartes postales.

 

Ils sont assis dans les Grandhotels
Et parlent beaucoup de sport.
Et parfois, ils marchent, dans leur fourrure,
Jusqu'à la barrière des Grandhotels -
Et puis, ils rentrent.

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Marco Valdo M.I.
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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:13

L'HOMME SYNTHÉTIQUE

 

Version française – L'HOMME SYNTHÉTIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Der synthetische Mensch – Erich Kästner – 1932

 

 

 

 

 

Au cœur de cette chanson se pose avec une étrange pertinence la question qui va hanter le régime nazi : l'eugénisme, la recherche de l'être supérieur, de l'homme sur mesure de la race aryenne, du bon Aryen. Le fait de se croire supérieur, meilleur, plus intelligent, plus fort, plus beau, que sais-je et de l'imposer d'abord à soi, mais ensuite, vouloir l'imposer aux autres, est un des traits marquants des nationalismes et de tous les fanatismes. Généralement, tout part d'un ego hypertrophique, malade de son intime conviction d'être en effet bon à rien.

 

 

Remarque, dit Lucien l'âne en se contorsionnant de rire, que l'eugénisme a ceci de drolatique que logiquement, si on est les meilleurs, si on est les plus beaux... à quoi bon se purifier encore... Serait-ce qu'on n'est pas les plus beaux, les meilleurs ? Mais nous les ânes, on se marre quand on voit pareille stupidité et pareille prétention chez certains... Il suffirait qu'ils se regardent un instant pour que s'écroule leur délirante conviction. Mais, dis-moi, que dit cette chanson, que raconte-t-elle ?

 

 

 

 

 

 

 

SA-1932.jpg

 

 

 

Des Bumkes

 

 

 

 

D'abord, je sais que tu sais, mais c'est pour fixer les choses... La chanson L'HOMME SYNTHÉTIQUE date de 1932 et est une chanson écrite par un Allemand en Allemagne. Un Allemand particulièrement bien informé de ce qui se passe autour de lui, dans ce pays à la dérive. Je te rappelle qu'Erich Kästner à ce moment est non seulement écrivain, mais aussi, exerce au quotidien le métier de journaliste et de plus, à Berlin où en quelque sorte tout est en train de se jouer. De plus, comme poète et philosophe, il est d'une exceptionnelle sensibilité ; sa perception du péril est particulièrement forte et précise. Chirurgicale. Donc, il raconte à sa manière, qui décompose la réalité à l'acide ironique et finit le travail à l'acide comique, l’histoire d'un Professeur qui invente et crée des humains en série, dans une usine... C'est Frankenstein démultiplié à l'échelle d'un peuple de soixante-cinq millions de sujets - à l'époque. C'est tout dire. Pour la petite histoire, ce professeur s'appelle Bumke et ses créatures des Bumkes. Boris Vian lui aussi réglera son compte à l'eugénisme en usant de l'acide comique, lorsqu'il publiera sous le nom de Vernon Sullivan l'excellent : « Et on tuera tous les affreux ! », mais il le fera trente ans plus tard.

 

 

 

 

 

 

Et-on-tuera-tous-les-affreux.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

« Et on tuera tous les affreux ! », qu'est-ce que je me suis amusé à lire cette incroyable histoire et comme toutes ces belles filles m'ont tourné dans la tête, un vrai cinéma... Je ne sais d'ailleurs pas si on n'en a pas fait un film..., dit Lucien l'âne en riant de toutes ses belles dents – un vrai piano. En tout cas, il faudrait...

 

 

Pour en revenir à la chanson de Kästner et à sa prescience, il faut quand même voir que cette recherche d'humains pas chers, fabriqués en série à bas prix et cette liquidation des exemplaires imparfaits (dans les « cornues mortelles ») déboucheront quelques années plus tard sur Auschwitz... Quant aux surhommes garantis sur facture, on les vit tout habillés de cuir parcourir l'Europe en faisant régner la terreur et finir emportés par le ressac de leur marée noire. Mais, mais, mais... il en reste des germes, il en reparaît des versions modernisées, adaptées aux temps contemporains... Les robots ont bien pris place dans les usines, mais il y a des restes du cheptel d'OGM à forme humaine. Bref, le ventre est encore fécond.

 

 

Oh, tu sais, Marco Valdo M.I. mon ami, on ne pourra vraiment en venir à bout de ces assoiffés de pureté (nationale, ethnique, linguistique...) et de domination qu'en mettant fin à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres à seule fin de s'enrichir encore. Il importe donc que nous reprenions jour après jour notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde nationaliste, eugéniste, perfectionniste et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Le professeur Bumke a inventé des humains, les Bumkes
Qui selon le catalogue, coûtent pas mal d'argent,
Mais leur fabrication ne dure que sept heures,
Et en outre, ils naissent finis complètement !

On ne peut pas sous-estimer de tels avantages.
Le professeur Bumke m'a dit tout cela .
Et je le remarquai dès les premiers mots déjà :
Les Bumkes valent bien ce qu'ils coûtent.

 

Ils naissent avec de la barbe ou des nichons,
Avec selon le sexe, tous leurs attributs.
L'enfance et la jeunesse sont du temps perdu.
Pense Bumke. Et là, il a tout à fait raison.

 

Celui qui a besoin d'un fils notaire,
Il lui suffit de le commander.
On le livre directement de l'usine à l'étude du père,
Diplômé et certifié de haute qualité.

 

Il ne faut plus maintenant attendre vingt ans,
Pour que le produit d'une nuit d'idumée
Après le détour par le berceau et le jardin d'enfants

La licence et les autres examens fasse ses preuves.

Il arrive aussi que l'enfant soit stupide ou malade.
Et ne soit pas utilisable pour le monde et ses parents.
Ou qu'il ait l'oreille musicale ! Quelle ballade !

Si la musique ne convenait pas à papa et maman !

N'est-ce pas, qui peut donc savoir vraiment,

Ce que deviendra plus tard un enfant

Au début tout à fait charmant ?
Bumke livre des filles et des pères et se trompe rarement.

Il agrandira bientôt son usine d'humains préfabriqués
Il vend déjà aujourd'hui une centaine de modèles
Les exemplaires manqués peuvent naturellement lui être retournés.
Ils devraient alors passer par les cornues mortelles.

J'ai dit : Il y a encore un mais

Dans les Bumkes de cet Institut de paternité.
Ils sont constants et ne se développent jamais.
Bumke répondit : « C'est de la bonne qualité !

 

Si je m'engage, pourquoi se soucier de leur développement ? »
Le Professeur Bumke parle d'une manière assurée.
Sur son front, une ride profonde est née.
Alors, je me suis commandé un fils de quarante ans.

 

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Marco Valdo M.I.
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 15:17

LE GOUVERNEMENT MONDIAL

 

Version française – LE GOUVERNEMENT MONDIAL – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Die Weltregierung – Erich Kästner – 1930

 

 

 

 

« Le 12 juillet 2003, la nouvelle courut tout autour de la terre : une escadrille de bombardiers de la police aérienne devait détruire l'humanité entière. »

 

 

 

Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson de cet étonnant Erich Kästner, dont au départ – mais je suis, comme on disait à Athènes il y a quelques temps, quant à moi, un Béotien – au départ, je n'en avais pris la dimension ni poétique, ni prophétique. J'avais tout juste l'intuition qu'il fallait parler de lui, qu'il fallait aller voir ce qu'il avait bien pu créer. Ni même qu'il fut un homme si charmant, mais cela est une autre histoire.

 

 

D'accord,dit Lucien l'âne en clignant de l'oeil droit et en rigolant, Erich Kästner a bien connu Marlène et Paulette... Mais j'imagine que tu ne fais pas le courrier du coeur... Que raconte donc cette chanson ?

 

 

Cette fois, c'est une chanson qui parle d'un Gouvernement mondial... Pour l'écrire, Kästner avait certainement dû tremper sa plume dans l'acide satirique et en enduire le bout de cyanure. Pour un peu, on en ferait un blues... Attends un peu tu vas voir, c'est décapant... D'autant, remarque-le encore une fois, que Kästner écrit cette histoire en 1930...

 

 

En effet, avec Erich Kästner, je m'attends à bien des choses... Cet acide satirique n'est-il pas combiné ici à une bonne dose d'acide prussique ? Je le devine, je le pressens.

 

 

 

 

Zyklon-.jpeg

 

 


 

 

Et tu ne te trompes pas... Ah, Lucien l'âne mon ami, quel nez tu as... outre tes oreilles si grandes et si noires... J'espère pourtant et pour toi que tu ne le sentiras pas ce foutu acide prussique, qui connaîtra une vilaine renommée sous le nom de Zyklon B... Si tu avais le malheur de le respirer, il serait alors trop tard... C'est précisément ce qui est au cœur de la chanson. L'usage intensif de l'acide prussique ou d'un de ses dérivés... Que je t’explique... Donc, reprenons, Erich Kästner imagine un gouvernement mondial et fort logiquement, au moins pour les Chansons contre la Guerre, lui assigne comme mission prioritaire de mettre fin à toute guerre, d'amener la paix intégrale sur la Terre et de – tant qu'il y est – de sauver la planète... Et c'est ce que ce Gouvernement va faire. Il va tirer la conclusion logique de ces prémisses et constatant que les guerres viennent des hommes et de leurs aberrantes divagations, il va – pour imposer la paix, mettre fin à toutes les guerres et sauver la planète – être amené à supprimer la cause de tous ces maux... l'espèce humaine. Le remède est certes un peu excessif, mais on ne saurait dénier qu'il soit radical et logique. Il va donc – sans crier gare envoyer une escadre de mille avions (c'est ce que dit la chanson) diffuser l'acide prussique ou ses dérivés sur l'ensemble de la planète... L'objectif est clair : personne ne peut en réchapper, en ce compris les équipages des avions.

 

 

Comme âne, je comprends et j'approuve... Quoique j'aimerais conserver quelques amis chers... Trêve de divagations, il va de soi que si Erich Kästner secoue pareillement le prunier et frappe un grand coup dans l'imagination endormie, il met le doigt sur l'essentiel et ouvre la réflexion sur la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître encore et toujours leurs richesses, leur pouvoir et leur domination – si possible mondiale... Nous y sommes... Il suffit de se demander un instant ce qu'il y a derrière le F.M.I. ou l'O.M.C., quels sont les ressorts qui les actionnement, qui tire les ficelles de ces marionnettes ? Que donnera un gouvernement mondial tant qu'il y aura des riches ? Dès lors, il nous revient de poursuivre notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde économique, lucratif, commercial, financier et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Le gouvernement mondial déclara des plus fermement

Que pour instaurer la paix définitivement,

On ne pouvait faire autrement,

Qu’empoisonner tous les participants.

 

 

Échapper, a-t-il déclaré, doit être interdit

Pas une âme ne doit rester en vie.

Le nouveau gaz toxique rampe et entre dans chaque refuge.

On n'aura même pas besoin de se suicider soi-même.

 

 

Le 13 juillet, de Boston, mille avions décollèrent

Chargés de gaz et de bacilles

Et en un tour du globe, perpétrèrent

Le meurtre décidé par le gouvernement mondial.

 

 

Les hommes rampèrent sous leurs lits de plumes.

Ils tombèrent dans les forêts, dans leurs caves.

Le poison posa ses nuages jaunes sur les villes.

Des millions de cadavres couvrirent le bitume.

 

 

Qu'il pût échapper à la mort, chacun l'a pensé .

Aucun n'a pu éviter la mort et le monde s'est vidé.

Le poison était partout. Il avançait pied à pied.

Il a longé les déserts en courant. Et sur la mer, il a nagé.

 

 

Les hommes gisaient entassés comme des gerbes en décomposition.

D'autres pendaient comme des poupées aux balcons.

Avant de mourir, les animaux du zoo hurlèrent atrocement.

Et les hauts-fourneaux s'éteignirent lentement.

 

 

Des navires tanguaient sur les mers, chargés de morts.

Et il n'y eut plus ni vins ni rires de par le monde des vivants.

Les avions errèrent avec leurs mille pilotes morts,

Dans le ciel et tombèrent en flammes dans les champs.

 

 

Maintenant enfin, l'humanité avait atteint son but

Certes, la méthode n'était pas vraiment humaine.

Mais, la terre était calme et satisfaite et elle reparcourut

Sa route elliptique bien connue, tranquille et sereine.

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Marco Valdo M.I.
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:39

LE VIOLON DE LUIGI

 

Version française – LE VIOLON DE LUIGI – Marco valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il Violino di Luigi – Modena City Ramblers – 2013



Le violon dont Francesco joue ici est l'instrument du partisan Luigi Freddi, tué par les fascistes en mars 1945, retrouvé plus de 60 ans après dans le grenier de la maison Vezzani endommagée par le tremblement de terre. Violon restauré et offert à ANPI de Luzzara (RE) qui nous l'a gentiment prêté pour l'occasion.









Frère d'ombres, de feu, de bougies,
Frère de notes et de soirs gelés,
Aujourd'hui est revenu à nouveau ce son,
Aujourd'hui la lumière après le tonnerre.

 

L'odeur du raisin et ce grenier
où je repose depuis longtemps,
Maintenant, j'entends les voix, les histoires, les légendes,
Elles parlent de toi, frère disparu.

 

Violon sonne bien, sonne mal,

Sonne pour les gens qui arrivent,
Pour celle-là qui va et pour celui qui viendra,
Pour ceux qui sont partis et qui jamais ne reviendront.

 

La musique, la nôtre, et la peur disparaissait

Selvino à ton côté riait et chantait,
À Casoni le dépôt de munitions,
mais demain est demain, maintenant une autre chanson.

 

Violon sonne bien, sonne mal,

Sonne pour les gens qui arrivent,
Pour celle-là qui va et pour celui qui viendra,
Pour ceux qui sont partis et qui jamais ne reviendront.

 

Mes cordes vieillies, arrachées par le temps,
Mes cordes, la corde qui t'ôta le souffle,
Aujourd'hui il est à nouveau revenu ce ton,
Aujourd'hui, je réveille ta voix et ton son.

 

Violon sonne bien, sonne mal,

Sonne pour les gens qui arrivent,
Pour celle-là qui va et pour celui qui viendra,
Pour ceux qui sont partis et qui jamais ne reviendront.

Les pas de danse, les mains et le feu,
Nous l'orchestre des nuits de Résistance.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 16:15

PARABOLE DU TRAIN

 

Version française – PARABOLE DU TRAIN – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Das Eisenbahngleichnis – Erich Kästner – 1932

 

Interprétation : Ole von Voßkuhl – 2000

http://www.youtube.com/watch?v=s5eUFVA2Bwc

 

 

Une Parabole du train... Quoique la traduction pointilleuse serait « La Parabole ferroviaire », mais enfin, tu le comprendras mon ami Lucien l'âne, pourquoi, j'ai préféré cette manière de dire... Elle sonne mieux à mon oreille... Bref, il s'agit d'une parabole, c'est-à-dire qu'elle raconte quelque chose pour dire autre chose... Ici, elle utilise le train comme image de la vie. Et bien entendu, ça marche très bien et s'adapte de façon assez générale à bien des destins dans nos sociétés. Mais Kästner ne se place pas seulement d'un point de vue général. Il ne parle pas de n'importe quelle vie, n'importe où et n'importe quand... Comme bien tu penses.

 

 

Je comprends bien tout ça. J'ai même souvent la sensation quand je marche – et on sait qu'un âne marche beaucoup – donc, quand je marche, j'ai la sensation en croisant un autre âne, une femme, un homme, un enfant même, qui poursuit sa route dans l'autre sens, que paradoxalement, en finale, nous allons tous au même endroit.

 

 

On peut donc considérer la vie et son chemin et rien n'empêche en effet d'imaginer que l'on se trouve dans un train, dont certains par moments descendent et restent sur un quai vite abandonné par le train qui poursuit le temps ou qui en est poursuivi... C'est ce que raconte Erich Kästner. À ceci près que cette parabole ferroviaire se situe en Allemagne vers 1932 et que l'homme riche regarde avec satisfaction les autres du haut de son siège de première classe couvert de velours... Les autres qui n'ont droit qu'à une banquette de bois. Quelques années plus tard, il n'y aura même plus de banquette et les contrôleurs auront une tête de mort sur leur uniforme... Et il y aura vraiment beaucoup de voyageurs débarqués sur les quais de gares jusque-là inconnues.... Donc, le train comme métaphore... et sans que cela ait un rapport direct avec cette chanson, n'as-tu pas eu parfois la sensation que certaines musiques et leur goût d'un rythme – le jazz, le boogie, le rock... sont des filles du train...

 

 

Pour en revenir aux contrôleurs en uniforme à tête de mort et aux trains sans banquettes, ni chauffage, ni espérance, ni espoir... qu'on verra advenir quelques années plus tard, j'ai comme la sensation que le poète Kästner en avait la prescience, la prémonition... Qu'en somme, il parlait à ses contemporains, à ces voyageurs inconnus, anonymes dont nul ne saura plus jamais rien de l'incertain destin... de la catastrophe à venir, de l'abîme où un machiniste dément précipitait le train de l'Allemagne... On a la même impression avec l'actuelle dérive de l'Europe, qui ressemble sous bien des aspects à cette République de Weimar où le nombre de chômeurs croissait à vue d’œil, où certains peuples (pays, régions, états, nations...) étaient sacrifiés au bénéfice des plus puissants... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS (Espagnols, Portugais, Italiens, Roumains...), ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... Si ce n'est déjà commencé. Alors, pour notre part, minimes grains de sable sur la plage du monde, reprenons notre tâche et tels les Canuts [[7841]], tissons le linceul de ce vieux monde plein de fureur et de bruit, tanguant, roulant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

Nous sommes tous assis dans le même train
et nous voyageons à travers le temps.
Nous nous penchons. Nous voyons suffisamment.

Nous allons tous dans le même train
et aucun ne sait, où ni comment.

 

Un voisin dort ; un autre se plaint

un troisième parle beaucoup.

On annonce les stations. Et le train

Qui depuis des années roule n'arrive jamais au bout.

 

Nous déballons, nous emballons.
Nous ne trouvons aucun sens à la vie.
Demain, où donc nous serons

Par la porte , le contrôleur regarde à l'intérieur et sourit .

 

Lui aussi ne sait pas, où il ira.
Il se tait et s'en va.
La sirène du train hurle
Le train avance lentement et s'arrête :

Les morts descendent.

Un enfant s'est levé, la mère a crié.

Les morts restent muets sur le quai du passé.
Le train continue à rouler

Derrière le temps, pourquoi ? Personne ne sait,

 

La première classe est presque vide. Un monsieur trône fièrement
Sur la peluche rouge et respire difficilement.
Il est seul et apprécie beaucoup cela.
La majorité est assise sur du bois

 

Nous voyageons tous dans le même train

Dans ce présent incertain
Nous nous penchons. Nous voyons suffisamment.

Nous sommes assis tous dans le même train

Et aucun ne sait où il va, ni où ni comment.

 

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Marco Valdo M.I.
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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 21:11

  À l'OUEST, RIEN DE NOUVEAU 

 

Version française – À l'OUEST, RIEN DE NOUVEAU – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Niente di nuovo sul fronte occidentale – Modena City Ramblers – 2013

 

 

Remarque_Im_Westen_nichts_Neues_1929.jpg

Déjà, le titre de la chanson Niente di nuovo sul fronte occidentale indique qu'il s'agit d'une évocation de l'écrivain allemand Erich Maria Remarque et de son livre Im Westen nichts Neues, publié en 1929. L'édition française est parue en sous le titre repris ici de « À l'Ouest rien de nouveau »; livre publié. Écrivain pacifiste et anti-nazi, il vit ses œuvres interdites et brûlées et sa sœur Elfriede décapitée pour « atteinte au moral de l'armée » en 1943. Quant à lui, il ne dut la vie sauve que d'avoir – à temps – prit le chemin de l'exil d'où il mena le combat contre le régime.

 

 

erich-maria-remarque.jpg



N'était-ce pas lui, l'écrivain qui paraissait sous le nom d' « À l'Ouest » dans tes Histoires d'Allemagne, qui parlaient des années 1914- Boue, bombe, bruit et brouillard – [[37711]] ; 1915 – Casques à Pointe et Casques d'Acier – [[37743]] ; 1916 – À la Prochaine ! – [[37758]] ; 1917 – Alerte au Gaz ! Gaaz ! Gaaaz ! – [[37777]] ; 1918 – La Der des Ders – [[37800]].





De fait, c'est bien lui... qui cinquante ans après, continuait à dénoncer les horreurs militaires avec la même conviction. Et il me paraît que cette canzone des Modena City Ramblers pourrait sans aucun doute rejoindre les Histoires d'Allemagne et trouver sa place à côté de celles que tu viens de citer ; à ceci près, bien entendu, qu'en ce qui concerne les histoires d'Allemagne, le livre de référence est « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – soit 70 ans après Im Westen nichts Neues) et que l'auteur de référence est Günter Grass, de vingt ans et d'une guerre, le cadet d'Erich Maria Remarque.

 

 

 


 

 

 

 

En somme, Remarque est un homme qui avait nettement pris position dans cette interminable Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres sous mille formes différentes afin de les écraser, de les dominer et de mieux et plus encore les exploiter et en tirer profit. Alors, comme le fit À l'Ouest, comme le fit Erich Maria Remarque, tissons avec obstination et persévérance le linceul de ce vieux monde offensif, belliqueux, militariste et cacochyme.





Heureusement !







Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane







Ombres sans nom sur la boue des tranchées
Rats sur un navire sur le point de couler.
Une heure vaut un an si demain est égal à hier
Agrippés avec les ongles à un futur de papier.
Courent rapides les nouvelles d'une trêve,
Mensonges de régime pour tenir la troupe.
Autour le monde change, le ciel nous tombe sur la tête,
En attente d'un ennemi sans nom et sans visage.

 

Des colonels et des marionnettes passent à la parade,
Tout change, rien ne change, arrêtez-vous pour attendre,
Un jour après l'autre toujours gris et toujours égal
Rien de nouveau sur le front occidental !

 

Chaque étoile vaut un rêve dans cette nuit sans lune,
Qui de nous aura le courage d'aller en chercher au moins une ?
Sans poudre, il est impossible tirer,
La maladie fait rage et le pain manque,
Drapeau blanc !
Sans poudre, il est impossible tirer,
La maladie fait rage et le pain manque,
Drapeau blanc !

Des colonels et des marionnettes passent à la parade,
Tout change, rien ne change, arrêtez-vous pour attendre,
Un jour après l'autre toujours gris et toujours égal
Rien de nouveau sur le front occidental !

Des colonels et des marionnettes passent à la parade,
Tout change, rien ne change, arrêtez-vous pour attendre,
Un jour après l'autre toujours gris et toujours égal
Rien de nouveau sur le front occidental !

Rien de nouveau sur le front occidental !

Chaque étoile vaut un rêve dans cette nuit sans lune,
Héros est celui qui aura le courage d'en suivre au moins une



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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 21:05

L'AUTRE POSSIBILITÉ

 

Version française - L'AUTRE POSSIBILITÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Die andere Möglichkeit – Erich Kästner – 1930

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Je pense bien, Lucien l'âne mon ami, que tu connais le Maître du Haut Château de Philip Dick, où les Allemands et les Japonais ont gagné la guerre – celle de 1939-45. Ce roman est célèbre et si l'on y voit que l'Allemagne est victorieuse, il n'aurait jamais pu inspirer la chanson d'Erich Kästner, pour la bonne et simple raison que le Maître du Haut Château date de 1962 et que ce texte hallucinant de Kästner date de 1930. L'inverse cependant est possible. D'autant plus que Kästner quand il parle de la victoire de l’Allemagne se réfère à la guerre de 1914-18, dite la Grande Guerre... Mais évidemment, son effroi à l'idée que les Allemands puissent gagner une guerre vaut aussi bien pour toutes celles qui suivront à commencer par celle que les « Müllers » vont déclencher neuf ans plus tard en attaquant la Pologne, à moins qu'ils n'aient commencé avec l'invasion de la Tchécoslovaquie, l'Anschluss ou la Guerre d'Espagne.

 

 

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Oui, j'imagine, dit Lucien l'âne en dressant ses oreilles si noires et en les balançant de l'avant vers l'arrière et inversement pendant que sa tête suit le mouvement, en signe d'assentiment. J'imagine que tu veux dire que Philip Dick aurait pu avoir connaissance de cette « autre possibilité » d'Erich Kästner... C'est possible, en effet...

 

 

Par ailleurs, pour en revenir à la conclusion de Kästner qui dit textuellement ceci : « Si nous avions gagné la guerre – heureusement, nous ne l'avons pas gagnée ! », elle me fait penser à une réflexion de Günter Grass, qu'il place dans la tête d'un de ses personnages qui à ce moment se trouve dans une rue de Shanghai ou de Canton, en tous cas en Chine, dans une grande ville, au milieu de la foule chinoise, lequel personnage se dit, sentant la pression de la foule : « Un milliard de Chinois... Heureusement, ce ne sont pas des Allemands.... », ou quelque chose d'approchant.

 

 

 

 

 

Shanghai

 

 

 

 

 

 

C'est inquiétant cette idée dans l'esprit de personnes qui ont quand même vécu parmi les Allemands. Ce qui me fait penser que comme pour le reste de l'humanité, il y a à distinguer parmi les hommes et donc, à distinguer parmi les « Allemands » les polémophiles des autres... C'est d'ailleurs ce qu'on comprend quand on se souvient que l'humanité est prise dans les tourments d'une guerre interminable, la Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent depuis des milliers d'années contre les pauvres afin de les soumettre, de leur imposer le travail, l'exploitation et de s'en approprier les bénéfices et même de les accumuler. Ainsi, l'humanité – quelle que soit la nation, la région, quel que soit le pays, le peuple – se répartit en deux catégories : les fauteurs de guerre et les pacifiques dans cette Guerre de Cent Mille Ans dont toutes les autres guerres sont des épisodes, parfois séparés par des moments de paix relative. Dès lors, il nous revient de mener à bien notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde arrogant, absurde, ambitieux, aliéné et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

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Si nous avions gagné la guerre,
Avec des vagues énormes et des grondements de tonnerre,

Alors, l'Allemagne ne pourrait pas être sauvée
Et ressemblerait à un asile d'aliénés

 

On nous apprivoiserait avec des notes
Comme une tribu sauvage.
Quand viendraient les agents, nous sauterions,
En bas du trottoir et nous les saluerions.

 

Si nous avions gagné la guerre,
Alors, nous serions un État fier.
Et même dans nos lits, nous serions
Les mains sur la couture du pantalon.

 

Les femmes devraient donner des enfants à la nation,
Un enfant par an. Sinon, direct en prison.

L'État a besoin d'enfants comme de conserves.
Et le sang lui goûte comme du jus de framboises.

 

Si nous avions gagné la guerre,
Alors, le ciel serait national.
Les curés porteraient des épaulettes.
Et Dieu, naturalisé allemand, serait Général.

 

La frontière serait une tranchée.
La Lune serait un galon de caporal.
Nous aurions un pouvoir impérial
Et un casque au lieu d'une tête.

 

Si nous avions gagné la guerre,
Alors, tout le monde serait soldat.
Un peuple de bols et de bois !
Et tout autour le barbelé ferait frontière !

 

Alors, on naîtrait sur réquisition,
Car les hommes ne coûtent pas chers
Et car avec les seuls canons,
On ne gagne pas les guerres.

 

Alors, la raison se trouverait enchaînée
Et devant la Cour périodiquement serait amenée .
Et on ferait des opérettes sur la guerre
Si nous avions gagné la guerre -

 

Heureusement, nous ne l'avons pas gagnée !

 

 

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Marco Valdo M.I.
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 13:01

LE PARTI DE L'UNITÉ ALLEMANDE

 

Version française – LE PARTI DE L'UNITÉ ALLEMANDE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Die deutsche Einheitspartei– Erich Kästner (1932)

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, voici une incroyable chanson de notre poète de référence Erich Kästner, dont tu te rappelles certainement que nous avons constaté avec consternation la méconnaissance totale, l'ignorance désolante dans les régions dites de « culture française ». Méconnaissance aujourd’hui, mais pire encore, méconnaissance hier aux temps noirs où il osait écrire de telles chansons – comme je te l'ai déjà dit : dans le ventre de la bête immonde.

 

 

Oui, je me souviens bien de cela. Mais, cette idée du « parti de l'unité allemande », on aurait même pu y ajouter de l’unité de la nation allemande... Me paraît fort « allemand », car cette histoire, qui est une parabole, je le vois bien, cette histoire-parabole vaut pour bien d'autres pays, nations, peuples, régions... Demain peut-être, pour l'Europe... Qui sait ? On n'est jamais à l'abri d'un tel délire... Ainsi, pas loin d'ici, de l'autre côté de la frontière qui n'existe pas – je veux dire qu'il n'y a pas (encore?) de miradors, donc, la frontière entre le Nord et le Sud, la plus grande partie des gens de là se rallient à un parti de l'unité nationale... avec son drapeau aux couleurs jaune et noir, le tout sur un fond de couleur brune. Là, on n'impose pas encore (c'est trop tôt ?) le nom du chef comme patronyme obligatoire, mais on impose déjà sous peine d’exclusion ou de sanctions diverses la connaissance et la pratique de la langue. Quant à l'Italie, par exemple, dans sa partie Nord, certains auraient bien vu se répandre le patronyme de Bossi...

 

 

Oh, combien d'Adolf, combien de Benito... Mais en effet, il s'agit du Parti de l'Unité Allemande... Cependant, regarde bien la date où elle fut écrite cette chanson : 1932 [http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_allemande_de_1932] et ce qui se passait ces années-là en Allemagne... C'était une chanson prémonitoire, une chanson-Cassandre et comme Cassandre, malgré sa lucidité, elle ne put empêcher le désastre. À mon sens, elle est une des chansons allemandes (je rappelle qu'en ce qui nous concerne, on a abandonné l'usage du mot chanson dans son sens purement commercial et nous entendons donc chanson dans son sens premier, ample, complexe, musical, conteur... Raconteur...) de ces temps-là qui incarne le mieux la position des gens d'intelligence, de culture et de résistance ; ceux de l' « Ora e sempre : Resistenza ! » allemande. Ceux qui vont devoir prendre la route de l'exil, finir dans un camp, lutter clandestinement dans la nuit des noirs cauchemars, ceux qui ne voudront pas accepter d'être baptisés « Müller ». Nous sommes en 1932 et les « Müller » vont bientôt accéder au pouvoir et avec Müller Un en tête vont déclencher et perpétrer un des plus grands et des plus odieux massacres de l'Histoire.

 

Chanson-Cassandre, comme tu l'as dit... On devrait écouter plus les poètes, les aèdes, les troubadours, les trouvères, les chantauteurs... Mais leur destin me semble bien tragique et il me paraît inévitable tant que durera cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches (Müller ou quel que soit leur nom) font aux pauvres afin d'asseoir leur domination, de renforcer leur pouvoir, d'accroître leur richesse... que nous chantions nos petites chansons et que nous tissions ainsi le linceul de ce vieux monde empli de pays, de nations, de peuples élus, de frontières et d'assassins... et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

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Müller fait sa campagne

 

 

 

Quand les extrêmes s'affrontèrent
À quel point il était nécessaire, Max Müller comprit.
Et sur le coup, il fonda le parti
De tous ceux qui s’appellent Müller.

 

Müller aimait toutes les classes.

Il n'avait aucune conviction politique.
Une seule chose lui importait sur Terre :
Rassembler l’ensemble des Müller.

 

La force émanait de son cri de ralliement.
« Nous défendons », écrit-il catégoriquement,
« Progrès et réaction, paix et guerre,
Patrons et prolétaires. »

 

« Liberté du Commerce et encadrement du marché
Ont notre sympathie.
République et monarchie
Doivent gouverner ! »

 

Tous les Müller se joignirent à lui
Et les autres vinrent en masse
Se faisant baptiser à la hâte
Et renforcèrent le nouveau parti.

 

Et le parti grandit, en dépit des hurlements.
Sans hésiter, il alla au pouvoir
Dans le nouveau gouvernement
Dix ministres s'appelaient Müller.

 

Cette majorité Müller chassa sur le champ

Tous ceux qui portaient un autre nom que Müller.
Et qui ne s'étaient pas fait baptiser immédiatement.
Jusqu'à ce que toute l'Allemagne s'appelle Müller !

 

 

 

 

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Victoire des Müllers

 

 

 

De Memel jusqu'au bord du Rhin
Ils célébrèrent alors la réconciliation allemande.
À Aix-la-Chapelle, on le couronna sans attendre
Et l'empereur s'appela : Müller Un.


Des canons et des pétards le fêtèrent solennellement.
Mais la chance tourna court subitement.
Car le jour d'après, quelle déception !

Möller arriva

Qui fonda
Le Parti d'opposition.

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Marco Valdo M.I.
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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 14:40

AFRO

 

 

Version française – AFRO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Afro – Modena City Ramblers – 2013

 

 

 

 

 

Vlora zur Zeit der italienischen Besatzung 1916-1920

 

AFRO

 

 

Version française – AFRO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Afro – Modena City Ramblers – 2013

 

Pour les Italiens, la chose est évidente et les rapports impérialistes de l'Italie vis-à-vis de l'Éthiopie et d'autres pays de l'Afrique du Nord-Est sont bien connus. Pour les gens du reste de l'Europe, c'est moins connu... Alors, petit retour dans le passé de la glorieuse Italie. Sans remonter à Rome et à Carthage, à la colonisation du bassin méditerranéen par la République et l'Empire romains qui ont montré la voie et sont restés la source d'inspiration, l'Italie sous la houlette des Savoies mena plusieurs guerres de conquêtes coloniales à commencer par le Royaume des Deux Siciles. Ayant ainsi colonisé le Sud de la Botte, elle s'en prit à l'Afrique et eût-on laissé faire Mussolini, l'Italie s'étendrait jusqu'aux Indes... Son discours de juin 1940 est des plus éclairants à ce sujet : « Combattenti di terra, di mare e dell'aria, Camicie nere della Rivoluzione e delle Legioni, uomini e donne d'Italia, dell'Im­pero e del Regno d'Albania … dalle Alpi all'Oceano Indiano... » - « Combattants de terre, de mer et de l'air , Chemises noires de la Révolution et des Légions, hommes et femmes d'Italie, de l'Empire et du Royaume d'Albanie ... des Alpes à l'Océan Indien... ».

 

 

Un malade... C'est un malade, ce type, dit Lucien l'âne... Il ne parle pas encore de l'espace... Mais on y a pensé pour lui ... Corrado Guzzanti les envoya sur Mars [[3816]]... dès le 10 juin 1939...

 

 

Cela dit, dans le genre colonial et impérialiste en Afrique et sur d'autres continents, les Italiens font figure d'amateurs inexpérimentés (http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_italien) à côté d'autres nations européennes : Espagne, Portugal, Pays-Bas, Belgique, France, Grande-Bretagne, Allemagne... Mais vu par le soldat, un meurtre reste un meurtre, une boucherie reste une boucherie... Et c'est dur à avaler... Ça se passe souvent très mal pour ceux qui reviennent de ce genre d'expéditions... C'est le thème de la chanson...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un malade... C'est un malade, ce type, dit Lucien l'âne... Il ne parle pas encore de l'espace... Mais on y a pensé pour lui ... Corrado Guzzanti les envoya sur Mars [[3816]]... dès le 10 juin 1939...

 

 

Cela dit, dans le genre colonial et impérialiste en Afrique et sur d'autres continents, les Italiens font figure d'amateurs inexpérimentés (http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_italien) à côté d'autres nations européennes : Espagne, Portugal, Pays-Bas, Belgique, France, Grande-Bretagne, Allemagne... Mais vu par le soldat, un meurtre reste un meurtre, une boucherie reste une boucherie... Et c'est dur à avaler... Ça se passe souvent très mal pour ceux qui reviennent de ce genre d'expéditions... C'est le thème de la chanson...

 

 

Certes, Marco Valdo M.I., nombreuses sont les nations et les compagnies privées (et d'ailleurs même, ce furent souvent d'abord les compagnies privées) qui se sont illustrées dans ces épisodes sanglants de la Guerre de Cent Mille Ans et si j'en crois ce qui se passe, ce n'est pas fini... Les compagnies privées, en somme les riches, continuent à vouloir avaler le monde entier et à contraindre les États à les y aider... (voir ce qui se passe en RDC – ex-Congo belge... et dans les pays voisins). Alors, il n'y a rien de plus pressé que de tisser le linceul de ce vieux monde guerrier, cupide, impérialiste, colonisateur, meurtrier et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Tu me racontas ta vie,
Ton destin dans cette histoire,
Tu racontas que tu étais soldat
Et qu'ils ne t'ont pas tué.

En Éthiopie, tu portais le fusil,
Au combat, tu as dû tirer
Sur un homme d'une autre couleur
Et de ce jour, tu le vis mourir.

 

Tu rentrais au camp
Et dans ta tête le silence te suivait
Dans le noir sur ton lit de camp
Tu pleurais mais ce n'était pas assez.

 

Tu aurais voulu hurler au ciel
Ta rage et ta douleur,
Tu aurais voulu arrêter la guerre,
Mais tu n'étais qu'un soldat.

 

Tu me parlas de ton camarade,
Qui mourait et de la main que tu lui tenais,
Des gaz et des bombes lancées sur l'ennemi
Et de ce lieutenant au sourire d'épouvante.

 

Ensuite tu racontas que tu étais retourné,
Tu me racontas comment tu avais recommencé,
Tes yeux se remplirent de douleur,
Ta voix s'éteignit dans ton cœur.

 

Tu aurais voulu hurler au ciel
Ta rage et ta douleur,
Tu aurais voulu ne pas l'avoir tué,
Ne pas voir chaque nuit ses yeux !

 

Tu aurais voulu qu'il tire
Pour ainsi en finir,
Tu aurais voulu arrêter la guerre,
Mais tu n'étais qu'un soldat.
Tu aurais voulu…

Mais tu n'étais qu'un soldat.

 

 

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 18:07

OCCUPY WORLD STREET

 

 

Version française – OCCUPY WORLD STREET – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Occupy World Street – Modena City Ramblers – 2013

 

 

 

Sous les tentes dans les parcs de la ville,
Face à la police,
Les drapeaux flottent comme un arc-en-ciel.
Il n'y a pas de chef, il n'y a pas de parti,
Les 99 pour cent,
En cent langues différentes entonnent « Équité » !

 

 

 

 

 

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Du Printemps de Tahrir à la morsure dans la Grande Pomme,
Souvenez-vous des Chicago Eight, Robin Hood qui défiez l'OTAN !
Hey Mister, suis ton coeur !
Il doit y avoir un monde différent,
Il attend au-delà de cette finance et des entreprises mafieuses.

« Occupy World Street » !

 

La seule solution est la révolution mondiale

On n'a pas besoin de Wall Street pour construire notre société !

 

Ils ont déjà appris la leçon,
Ils ne tomberont pas dans la provocation,
Il y a un écho loin dans le temps,
L'Histoire aide à comprendre.
Les projectiles ne suffisent plus
À faire taire la révolte
Et jamais vous ne les domestiquerez
Ils ont trop payé.

 

« Occupy World Street » !

 

La seule solution est la révolution mondiale

On n'a pas besoin de Wall Street pour construire notre société !

 

Sous les tentes dans les parcs de la ville,
Face à la police,
Les drapeaux flottent comme un arc-en-ciel.
Il n'y a pas de chef, il n'y a pas de parti,
Les 99 pour cent,
En cent langues différentes entonnent « Équité » !

 

« Occupy World Street » ! « Occupy World Street » !

 

 

 

 

 

 

 

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La seule solution est la révolution mondiale

On n'a pas besoin de Wall Street pour construire notre société !
Venez bêcheux et niveleurs modernes

Ce monde est à nous, nous sommes la majorité !

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Marco Valdo M.I.
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