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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 22:03

L'ENFANT DE FUMÉE

 

 

 

Version française – L'ENFANT DE FUMÉE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il Bambino di fumo – Lucio Dalla – 1971

Texte de Paola Pallottino
Musique de Lucio Dalla
Arrangement de Guido et Maurizio de Angelis
Album: Storie di casa mia

 



 

 

La « chanson écologique » italienne des années 60 et 70 dépasse sans doute les thématiques pourtant vastes de ce site, même s'il serait sûrement intéressant de donner un coup d'oeil aux modalités selon lesquelles les thématiques ambiantales apparurent dans les chansons. En ces jours de « revival dalliano » sur les CCG, je ne pouvais cependant pas me passer de me rappeler cette chanson de 1971, provenant d'« Storie di casa mia - Histoires de chez, moi ». L'album de 4 Mars 1943 ; et comme la plus célèbre chanson de de Dalla, le texte de celle-ci (qui est, vice versa, une des plus méconnues) est signé de Paola Pallottino. Une chanson surréelle, qui rappelle un peu « Miracle à Milan » et un peu un récit d'Italo Calvino, et avec la partie finale, avec le même Dalla qui interprète un immigré méridional dans la fumeuse ville du nord, avec de improbables accents napolitains. Même un petit hommage à Lucio Dalla, à exactement un an de sa mort. [RV]

 

 

 

Ho, Marco Valdo M.I., mon ami, dit Lucien l'âne plein de sagesse et doté de somptueuses oreilles noires qu'il fait balancer comme le charmeur de serpents armé d'une flûte fait balancer la tête triangulaire du naja, ho, ho, voici une chanson dont on dirait qu'elle sort tout droit du récit qui te vit naître. Il a raison le Ventu, alias [R.V.], de citer comme par la bande Italo Calvino. Il a tort de ne pas préciser à quel récit il fait allusion... Et je peux garantir quant à moi qu'il ne s'agit pas du sentier des nids d'araignée [[2489]], ni du vicomte suspendu, ni du château des destins entrecroisés, ni de bien d’autres écrits du prolifique Calvino... Rien de tout cela... Il s'agit bien évidemment du récit fondateur : Marcovaldo ou les saisons dans la ville (Marcovaldo ovvero Le stagioni in città). Ceci dit, je soupçonne fort que notre ami Ventu l'a fait volontairement, manière de nous taquiner un peu ou de provoquer notre réaction... On en a déjà vu bien d’autres ici. Dès lors, si tu veux me croire, il ne te reste plus qu'à traduire et à commenter...

 

 

Bof, Lucien l'âne, mon ami, tu as déjà commencé à commenter et fort justement encore. Mais avant d'aller plus loin, je fais une parenthèse, sais-tu qu'autour de ces vicomte perché, baron suspendu et autres chevaliers inexistants ou disparus, de la bonasse des gentilles... il y a actuellement une sordide bataille de droits d'auteur (à laquelle Calvino n'est en rien mêlé... Il y a déjà bien longtemps qu'il est mort)... et ces discussions d'épiciers me paraissent assez peu ragoutantes... L'essentiel étant – et toi, qui cours en littérature depuis des centaines d'années, tu en sais quelque chose – de faire connaître le texte, l’histoire... et non d'en faire du commerce ou d'en tirer de l'argent. Mais passons... Il n'en reste pas moins que ce que dit Ventu est exact... et cette atmosphère et cette ville polluées sont bien le milieu où se déroulent les aventures de Marcovaldo. Quant aux villes fumeuses du Nord, nous en connaissons un bout et singulièrement, toi, et moi, Marco Valdo M.I. qui, comme toi, me tient dans ces villes industrielles de Wallonie. Tu imagines bien que ce n'est pas par hasard que je porte ce nom, ce nom qui est celui d'un personnage dérisoire, tragique, comique et magnifique, tout à la fois.

 

 

Tragique, comique et dérisoire..., dis-tu. Sans doute, mais veux-tu un peu préciser... Car, moi qui suis un âne, je m'entends difficilement dans toute cette philosophie...

 

 

 


 

 

 

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, tu connais bien Marcovaldo et ses aventures. Tu sais bien que c'est une sorte de clown, de Charlot, celui des Temps modernes... lequel – je parle de Marcovaldo, bien évidemment – comme tu sais, exerce la très insignifiante profession de balayeur, de manœuvre, une profession au plus bas de l'échelle (at the foot of the ladder [http://www.youtube.com/watch?v=agoZX8X48-U], disait Miller [http://www.youtube.com/watch?v=U9KI8ihPHBE])... Un métier sans aucune prétention, à part peut-être celle d'en retirer quelque subsistance pour lui, mais surtout pour sa famille. Bref, il est l'exemple-même de l'esclave des temps modernes... Celui à qui l'on répète à l'infini : « Arbeit macht frei ! ». Voilà pour le dérisoire. Un personnage auquel, au fil des saisons, malgré tous ses efforts, malgré toutes ses réflexions, malgré sa bonne volonté infinie, il arrive des aventures ridicules, il n'arrive que des aventures ridicules. Voilà pour le comique. Le tragique tient à sa parenté volontaire (pourquoi un Calvino aurait-il créé un Valdo ?) avec Pierre Valdo... et au destin de persécuté que les puissants du monde lui firent, comme ils le font à tant d'autres tout au travers de l'histoire, lui Pierre Valdo dont le grand œuvre fut la Fraternité des Pauvres... qu'il créa au cœur-même de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (ces bêtes affamées de médiocrité, comme disent les Zoo – Mercanti di Liquore) font aux pauvres afin d'étendre leur domination, d'accroître leur profits, de multiplier leurs richesses... Et enfin, c'est un personnage magnifique, car je ne connais pas de meilleure et de plus belle incarnation de l'humain.

 

 

 


 

 

 

 

Ainsi, il importe que l'on tisse chaque jour, chaque heure, dans toutes nos actions le linceul de ce vieux monde ridicule, nauséeux, insupportable, profiteur, mercantile et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



 

 

L'enfant de fumée chante sur la ville
Pour appeler les chevaux qui courent par dessus les toits
Mais là-haut
Ce sont des crinières de brouillard
Mais là-haut
Seul smog
Seul smog…

 

L'enfant de fumée chante sur la ville
Comme une mouette perdue dans le béton
Mais là-haut
N'arrive pas l'odeur de la mer
Mais là-haut
Seul smog
Seul smog…

 

La ville empoisonne ses blancs chevaux
La ville les emprisonne dans de noirs cristaux

Avec ses flashs, ses réclames
Chaque soir explosera…

 

L'enfant de fumée pleure sur la ville
Avec des yeux bleus brûlés de douleur
Mais là-haut
Même le pleur devient charbon
Mais là-haut
Seul smog
Seul smog
Seul smog…

 

Gars de fumée,
Le smog, le smog… smog…
Mais pourquoi gars de fumée...
Smog, smog et fumée…
Fumée…
Smog, smog…
Gars de fumée….

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Marco Valdo M.I. - dans Dalla Lucio
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 21:36

FLEURS DE SEPTEMBRE

 

 

 

Version française – FLEURS DE SEPTEMBRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Septemberblumen – Sorgenhobel

 

 

 

 

Au coin, il y a des gens
Des hommes, des femmes, aussi un vieillard
Entourent un garçon,
Ils forment un cercle menaçant

 

Dans ses yeux, il y a des larmes
Il regarde atterré
Veut expliquer, aussi comprendre,
Mais toute cette haine le rend muet

 

Son regard semble demander
Ce qu'on lui veut maintenant
D'où vient ce froid
Comme si on avait assassiné quelqu'un

 

Des vitres tremblent et vous hurlez
Des hommes meurent et vous vous taisez
Des vitres tremblent et vous hurlez
Des hommes meurent et vous vous taisez

 

Ce jour en septembre

Un cri fond sur la ville
Cent fois un cri après la vie
Qu'on nous a prise

 

Vous avez laissé un de nous ensanglanté
Vous l'avez tué
Pour votre argent, pour votre ordre
Pour votre État, pour votre pouvoir

 

Même les signes de notre deuil
Sont encore de trop pour vous
Vous vous plaignez même des fleurs
Vous frappez dessus de rage aveugle .

 

Vos bottes écrasent les fleurs fraîches
Vous écrasez sur la pierre froide
Vous écrasez des jeunes fleurs tendres
Cela nous ne vous le pardonnerons jamais

 

Dans la rue, nous sommes des milliers
Multipliée par mille notre souffrance

Par mille aussi notre espérance
Nous sommes prêts par milliers

 

Vouloir vivre, vouloir rire
Combattre, aimer la main dans la main
Rester comme vous ensemble fermes
Notre cœur jusqu'à ras bord plein.

 

Plein de deuil et d'indignation
D'angoisse même et de détermination
Pousser plus loin notre avancée
Pour une vie emplie d'humanité

 

De nos mains, sur la pierre grise, nous mettons

Des fleurs aux tons iridescents
Ces fleurs fleuriront
Et rien ne sera plus plus comme avant

 

Vous avez aussi besoin de ces fleurs
Ici sur votre pierre froide
Ainsi relevez maintenant les fleurs
Murmure votre vie !

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Marco Valdo M.I.
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 21:33

BONNES NOUVELLES

 

 

Version française – BONNES NOUVELLES – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Buone notizie – Banco Del Mutuo Soccorso – 1981

Texte : F. Di Giacomo, V. Nocenzi])
Musique : V. Nocenzi, G. Nocenzi

 

 

 

 

 

Bonnes nouvelles, la ville est calme
Le temps est bon, la guerre n'a pas lieu
Il y a celui qui a compris, celui qui ne le sait pas encore
Celui qui veut savoir ce qu'il se passera.
Le roi a laissé cette nuit la ville
Les gens informés ont dit qu'il ne reviendra pas
Il y a celui qui croit, celui qui doute qu'on sache
Mais dans la rue, quelqu'un rit déjà.
Bonnes nouvelles, ce sera la fête
Même s'il est vrai qu'à quelqu'un cela ne plaira pas
Il y a celui qui ne dit pas la vérité, celui qui discute
Mais pour sûr, un accord on trouvera
Et ceux qui ont toujours dit non
Aujourd'hui sont en petit nombre et ils ont même un peu honte
Quelle grande nouveauté, bonnes nouvelles
Aujourd'hui seulement , la guerre n'a pas lieu.
Les bonnes nouvelles sont maintenant choses certaines
C'est dans le journal dont on sait qu'il ne se trompe jamais,
Pourquoi on ne sait pas, pour quoi quelqu'un pleure.
Bonnes nouvelles demain… s'il venait.

 

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Marco Valdo M.I.
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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 13:15

SPORTS D'HIVER

 

Version française – SPORTS D'HIVER – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Wintersport – Erich Kästner

 

 

 

 

winterHotel.jpg

 

 

 

 

Sans être aussi explicitement politique que « À droite toute » qui, par parenthèse, semble bien être maintenant la devise de l'Europe, cette chanson est un portrait à l'acide ironique de « ces gens-là » et de leurs mœurs particulières et peu reluisantes.

 

 

Ou alors, trop... dit Lucien l'âne en riant de tous ses poils. Tous ces oisifs pesant cent mille tonnes sur le dos des pauvres et avec la « démocratisation des loisirs », tous leurs imitateurs, assoiffés de luxe et de clinquant, tant désireux de leur ressembler, sont l'écume sur un océan où se prépare on ne sait quel grain. Leur façon d'être, ce mélange de suffisance et d'envie me donne la nausée...

 

 

Et devait donner pareillement la nausée à Erich Kästner, si on lit bien sa chanson. Il y a de quoi... ces gens-là se retrouvent et se resserrent dans leurs réserves blanches loin du monde des millions de chômeurs dont ils tirent leur richesse. Misère et désarroi d'un côté, bombance et rigolade de l'autre. Le réel désespoir et l'apparence illusoire. Mais leur bal masqué est une danse sur un volcan... Quelques temps plus tard, quelques temps après que Kästner ait écrit ses chansons, tout le monde plongea dans l'entonnoir de la violence, de l'abjection et de la destruction. Ainsi va la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les asservir, de les réduire à l'état de demandeurs, de quémandeurs, de les maintenir la tête sous l'eau aux seules fins de protéger leurs richesses, de grossir leurs profits, d'accroître l'écart qui tient les pauvres éloignés de leurs paradis artificiels. À propos, sais-tu qu'en Hongrie – par exemple, on en revient à ces temps-là...

 

 

Pas seulement en Hongrie, d'ailleurs... j'ai entendu dire que pas loin d'ici, à Anvers... Et puis, vois CE QU'ILS FONT AUX GRECS... CE N'EST QUE LE DÉBUT. Les Portugais en savent quelque chose, les Bulgares aussi et les Roumains... Il souffle sur l'Europe (sans compter le reste du monde) un vent nauséabond... Reprenons, Marco Valdo M.I. mon ami, cette tâche plus indispensable que jamais qui est la nôtre... Tisser le linceul de ce vieux monde suffisant, envieux, illusoire, nauséabond et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

On voit des hôtels, où qu'on regarde.
Et tout autour la neige s'étale.
Les sapins portent leur fourrure blanche,
Les dames bracelets bagues et broches.

 

Les gens font du bob et du ski
Sur la pente derrière la maison.
Et de loin, on les voit ainsi
Comme surgis d'une autre saison.

 

Le public est des plus bruyant.
La nature fait-elle ça ?
Elle n'a pas été construite pour ça.
Elle se tait. Et sourit seulement.

 

Autour de leurs dames en fleur
Tous les hommes sont à la neige:
Majors, directeurs et docteurs

Et de gras personnages.

Of course !

 

On voit des hôtels, où qu'on regarde.
Y a à peine encore la place pour la neige
L'air est plein de Ouis et de Well's
Et de Five o'clocks avec du jazz.

 

La montagne et la cascade

Perdent leur façade
Jeudi, c'est le bal masqué
Certains sont déjà déguisés !

 

Ils ne sont jamais modestes
Et doivent trouver tout net.
Ils croient que la nature est
Une commodité comme les toilettes.

 

Des avalanches dévalent de temps en temps
Et elles sont fort critiquées.
En quoi la neige intéresse-t-elle les gens ?
Elle tombe. Et c'est bien assez.

 

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Marco Valdo M.I.
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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 23:15

À DROITE TOUTE (1ER. OCTOBRE 1930)

 

 

 

Version française – À DROITE TOUTE (1ER. OCTOBRE 1930) – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Ganz rechts zu singen (1.Oktober 1930) – Erich Kästner

 

 

 

Sonnez haut et clair !
Maintenant, le troisième Reich arrive !
Prosit à notre détournement de vote !
C'était notre première imposture ... !

 

Le vent tourne.

Maintenant, siffle un air gréco-nordique caractéristique.

Par le tonnerre de Wotan, maintenant commence

La bêtise comme mouvement populaire.

 

Nous avons le cœur du côté droit,
Car ils ne nous ont laissé aucun choix.
Les têtes n'ont quand même plus d'utilité.
Ainsi, l'Allemand ne peut pas tirer.

 

Il n'y a pas de plus belle mort au monde,
Que celle par millions
L'industrie nous donne du nouvel argent
Et des armes à prix coûtants.

 

Nous n'avons pas besoin de pain, et il n'y a qu'une urgence :
L'honneur national !
De la mort de nouveaux héros, nous avons un besoin vital

Et de grandes mitrailleuses.

 

Et par conséquent, les Juifs dehors !
Ils doivent partir pour une destination lointaine
Nous ne voulons pas mourir pour Ullstein
Mais pour Kirdorf parfaitement d'accord.

 

La vague allemande pousse
Comme le chêne vers le haut
Et Hitler est l'homme qu'il faut
Pour faire mousser la mousse

 

Le Reichstag est une porcherie,
Où aucun porc ne s'y connaît.
Un roulement de tonnerre clamait
Le Parlement est une saloperie !

 

C'est une dictature dont on a besoin là
Bien plus que d'un État.
Les hommes allemands comprennent seulement,

Les Diktats, c'est évident.

 

Les hommes, chose sûre, certes,
Nous avons avant tout besoin d'un putsch!
Et si l'Allemagne court à sa perte,
Juvivallera, juvivallera, alors tout aura disparu.

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Marco Valdo M.I.
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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 15:14

INÉVITABLEMENT

(LETTRE DE PRISON)

 

 

 

Version française – INÉVITABLEMENT (LETTRE DE PRISON) – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Inevitabilmente (lettera dal carcere) – Enrico Ruggeri – 1999

 

 

 

Je passe mes journées
Comme le sable dans le désert ;
Une blessure en plus.
Des occasions effacées
Aux marges du temps,
Tandis que les entraîne le vent .

 

Il n'y a ni paix ni regards ni pitié
Pour les remords et les repentirs.
Il n'y a plus de mélancolie
Dans l'impossible mise en scène
Des hypothèses sans âge.

 

C'était bien la vie que
J'avais imaginée mais
Différente dans son final ;
Certes, elle n'aurait pas été normale.
Ils m'offraient des mensonges
Avares de sourires
Et des sentiments déjà divisés
Et déjà déjetés.

 

Leurs alibis que je connais de mémoire
Ne changent pas une histoire :
On ne peut jamais retourner en arrière .
Mauvaises rencontres
En regardant mal en moi,
C'était pourtant moi face au destin
Si près de la réalité,
Comme un bateau qui ne sait pas
Naviguer dans le vent qu'il y a.

 

C'était la vie pour moi,
Elle était déjà écrite mal en moi,
Inévitablement ;
Soldat choisi d'une guerre perdante.
Et les mauvaise compagnies
Ne sont pas une excuse :
Tant de cicatrices et si profondes.

 

Dites-moi comment on fait
Pour apprendre à décider,
Prêts à sourire à qui
Ne veut pas de nous.

 

C'était bien la vie que
J'avais imaginée mais
Différente dans son final ;
Certes, elle n'aurait pas été normale.
Tout était déjà né en moi,
Inévitablement ;
Soldat choisi d'une guerre perdante.

 

S'il y a un futur, ce ne sera pas
Monnaie courante ;
Il me faudrait seulement une gorgée
D'humanité

 

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Marco Valdo M.I.
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 15:07

Le Pragmatisme saxon



Canzone française – Le Pragmatisme saxon– Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 89

An de Grass 90

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

 

Ah, dit Lucien l'âne, moi, je connaissais le génitif saxon... Du moins, j'en ai déjà entendu parlé... N'est-ce pas cette étrange manière de dire les choses qui fait surgir des phrases aussi étranges que : « Le docteur, son chien a mordu la dame, sa chatte ».

 

 

Ton exemple, Lucien l'âne mon ami, et je te reconnais bien là, est pour le moins scabreux, même s'il est rigoureusement exact. Mais enfin, tu n'as pas pu t'empêcher de faire une digression... Cependant, où veux-tu en venir exactement ?

 

 

À ceci que si je connais le génitif saxon, je n'avais jamais rencontré jusqu'ici le pragmatisme saxon qui fait le titre de ta nouvelle histoire d'Allemagne. On dirait l'intitulé d'un chapitre d'un livre ou d'une leçon de philosophie. Je vois assez bien ce que peut être le pragmatisme et je résumerais ce que j'en sais en disant qu'il s'agit selon toute vraisemblance d'une attitude ou d'une doctrine qui ne voit de vérité que dans la valeur pratique et vraisemblablement, de façon générale ici (hic et nunc – ici et maintenant – dans cette société-ci...), j'imagine dans la valeur la plus pratique qui soit : l'argent, la richesse... Autrement dit, le pragmatisme est la définition-même de l'attitude, de la posture du riche dans la Guerre de Cent Mille Ans qu'il mène contre les pauvres aux seules fins de les dépouiller systématiquement.

 

 

On ne saurait mieux définir la chose...On dirait mon ami Lucien l'âne, que tu as l'âme et l'esprit d'un philosophe... Mais la chose ne peut m'étonner sachant d'où tu viens... Cela dit, si tu vas ainsi directement au fond des choses, certains diront que ceci, que cela et encore autre chose... Bref, trouveront toujours à redire aux paroles d'un âne. Cependant, afin de couper court à toute argutie, je dirai qu'avec certitude et sans discussion possible, ta définition du pragmatisme correspond tout à fait à celle qu'il conviendrait d'appliquer à ce « pragmatisme saxon », qui est l'objet de la chanson. Ainsi, notre narrateur, une fois encore Günter Grass lui-même, se rend à Leipzig, donc en Saxe, à l'occasion des « premières élections libres », qui vont voir une victoire écrasante de la CDU – le parti de la droite allemande et ici, pan-allemande, le parti qui (et c'est le cas aujourd’hui encore) porte à bout de bras le fameux « rêve d'Otto », dont nous avons déjà souvent parlé.

 

 

En somme, dit Lucien l'âne en riant de toutes ses belles dents, pour paraphraser Sully, on pourrait dire que « pragmatisme et nationalisme sont les deux mamelles de la CDU » . Il est hébergé pour l'occasion chez un « hygiéniste », il faut évidemment comprendre d'un marchand de produits d'hygiène (est-ce ce qu'on nomme ici un droguiste ou alors, un bandagiste – je n'ai pas réussi à le démêler...)... L'essentiel est qu'il s'agit d'un marchand, qui personnifie le « pragmatisme saxon ». Lequel pragmatisme l'a conduit à « récupérer » toutes sortes d'objets publics, dont il garnit son jardin : chaises, réverbère, Christ, apôtres... Il n'y a pas de petit profit ! Au regard de ce qui se passe actuellement en Europe, ce pragmatisme saxon aurait tout aussi bien pu être qualifié de « germanique » et c'est d'ailleurs lui qui guide l'Allemagne d'aujourd'hui...

 

 

J'imagine que tu veux parler de cette Allemagne écrasante et avide qui veut imposer sa loi à l'Europe entière... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN... (si ce n'est déjà commencé...).

 

 

C'est en effet de celle-là qu'il est question et ce qui va se passer là chez ce personnage de l'hygiéniste est la prémonition de ce que vont vivre les lambeaux de la Démocratique lors de la réunification – la « récupération » des biens publics par le privé et les craintes d'un démantèlement social et économique et dès lors, sociétal... vont se révéler exactes... . En contrepoint, on trouve un autre personnage, Jakob qui vient rappeler ce dont est capable le « pragmatisme saxon » quand on l’applique à une échelle plus vaste... Et Jakob le fataliste de conclure : « C'est comme ça, la démocratie... » et sans doute, pensait-il, « la démocratie de marché ».

 

 

Et bien, Marco Valdo M.I. mon ami, voici de quoi méditer...et aussi de quoi nous inciter à poursuivre sans discontinuer notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde pragmatique, soucieux de valeur pratique, hygiéniste et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane,

 

 

 

 

À Leipzig, au fait, pourquoi pas ?

On se retrouverait Jakob, Leonore, Ute et moi

Jakob et Leonore étaient déjà là

On arrivait de Stralsund Ute et moi

Chez l'hygiéniste saxon à Wiederitzsch

Jakob, lui, était un enfant de Oetzsch

Né Suhl, dans un pauvre quartier de Germanie

Émigré en 1938, juste à temps

Pas de chance pour sa maman

Un Einzastzgruppe en Lituanie mit fin à sa vie.

Avec les Juifs à fourrure, dit Jakob, on n'avait rien à voir

Les échos du vieux temps sonnaient sur le battoir

L'arrière-cour où pendait la lessive

Les reliques de sa jeunesse : l'école, le gymnase...

 

 

Dès la fin de l'hiver, le désastre électoral préluda

Au démantèlement des années nonante

Leonore photographiait les visages d'épouvante

Le dépouillement de l'ancien pays commença

Dans le jardin de l'hygiéniste saxon peuplé

D'objets pragmatiquement récupérés

Pierres de cimetières, statues d'église

Ciel bleu, nuages gris, eau turquoise

Le Christ bénit les deux robots japonais

Qui nettoyaient la piscine pendant qu'on parlait

Sur les chaises en fonte, sur les chaises en pierre.

Souvenez-vous : de Leipzig, tout était parti hier.

Jakob se réveilla et dit :

C'est comme ça, la démocratie.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:04

LA LONGUE MARCHE

 

 

 

Version française - LA LONGUE MARCHE – Marco Valdo M.I. - 2013

Chanson italienne – La lunga marcia – Casa Del Vento

 

 

 

La route est pleine de trous et de cailloux
Mais je ne renonce pas, je dois partir
Les gens en marche je peux les entendre
Il est presque trop tard, il ne faut pas attendre
Nous sommes des pensées en mouvement
Nous sommes le souffle que pousse le vent
Écoute combien marchent
La longue marche a déjà commencé
La longue marche sur le chemin
Je veux aller loin
La longue marche sur le chemin

 

Avec les pieds gonflés, avec la soif
Nous ferons plus d'un arrêt
Par terre, plus d'une chute
Mais ta marche est à peine commencée
Disent ceux de Porto Alegre
Ils disent qu'on doit participer
Qu'il y a de l'espoir
La longue marche a déjà commencé
La longue marche sur le chemin
Je veux aller loin
La longue marche sur le chemin
La longue marche sur le chemin
Je veux aller loin
La longue marche sur le chemin

 

Il n'y a pas besoin d'aller loin
Tu peux voir dans ton quartier
Comment on fait pour construire

La longue marche a déjà commencé
La longue marche sur le chemin
Je veux aller loin
La longue marche sur le chemin
La longue marche sur le chemin
Je veux aller loin
La longue marche sur le chemin

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 14:59

LE MOTEUR DE L'AN 2000

 

 

Version française – LE MOTEUR DE L'AN 2000 – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Il motore del 2000 - Lucio Dalla 1976

 

Paroles de Norisso (pseudonnyme de Roberto Roversi)
Musique de Lucio Dalla

 

 

 

 

Malgré toute la technologie et les grâces des patrons du monde, intéressés seulement au profit et indifférents au destin du genre humain, non seulement le moteur de l'an 2000 (et même de 2013, dit Lucien l'âne) pue, pollue et tue, mais – comme l'écrivait « birramorettisuper » dans un commentaire à cette chanson sur YouTube - « l'enfant de l'an 2000 (et pire encore celui de 2013, dit Lucien l'âne) n'a pas de travail ni d' enfant » et continue à attendre sur la porte de la maison (lorsqu'il en a une), une des nombreuses maisons du ghetto…

 

 

 

En fait, dit Marco Valdo M.I., dans ce foutu ghetto qu'est cette société (pour s'en tenir à l'Europe... C'est pire encore ailleurs), tout va mieux pour les riches, leurs bagnoles sont plus puissantes, mieux équipées, plus rapides, plus luxueuses... Leurs revenus et leurs richesses sont en pleine expansion, leur avidité est boulimique et le tout, comme il se doit, se fait en rapinant de plus en plus au détriment des pauvres d'ici et d'ailleurs. Même les Suisses trouvent qu'ils exagèrent et votent des lois pour réduire leurs revenus..., c'est tout dire. Et tout cela plus encore que par le passé, plus encore en 2000 qu'en 1976, année de la chanson; plus encore en 2013 qu'en 2000 et sauf à comme disait le bon curé Meslier, sauf à « pendre le dernier des riches avec les tripes du dernier banquier ou du dernier économiste (au choix...) », cette course absurde à l'obésité financière ne s'arrêtera jamais.

 

 

Que veux-tu, dit Lucien l'âne, Marco Valdo M.I. mon ami, c'est ainsi que va la Guerre de Cent Mille Ans... Ces derniers temps … comme le veau, ça va de pis en pis... Mais il ne faut pas désespérer, on sait bien que si nous vivons des temps barbares, l'homme, l'humanité, l'être humain digne, correct et agréable est encore à faire... On le prépare ici, tranquillement, en tissant le linceul de ce vieux monde malade de ses richesses, obèse, ventripotent, adipeux, avide, absurde, ambitieux, arrogant et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

Le moteur de l'an 2000 sera beau et lumineux

Ce sera un moteur délicat, rapide et silencieux

Peu de gaz et moins pollué

Une gamine ou un gamin pourra le respirer

Mais dans les champs, ou dans les villes

Personne ne sait comment sera, ni ce que fera

En fait l'enfant de l'an 2000,

Car personne ne le saura, avant qu'on y soit.

 

L'hypothèse est tentante,

Et même urgente,

Mais même en scrutant le destin

Aujourd'hui, nous en savons peu ou rien.

 

Nous savons tout du moteur

Ce lumineux moteur du futur.

Mais nous ne réussissons pas à dessiner le cœur

Des jeunes du futur.

 

Nous ne savons rien de l'enfant

À l'arrêt sur la porte qui attend

Devant le ghetto de l'an 2000 pour entrer

Nous ne pouvons pas encore même l'imaginer…

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Marco Valdo M.I. - dans Dalla Lucio
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:36

ET MOI, J'ÉTAIS SANDOKAN

 

Version française – ET MOI, J'ÉTAIS SANDOKAN – Marco Valdo M.I. – 2008

Chanson italienne – E io ero Sandokan – Armando Trovajoli – 1974

 

 

 

Sandokan est un de ces héros paradoxaux. Un des paradoxes culturels, qu'on s'explique mal, a priori. En effet, pour les Italiens et depuis plus d'un siècle Sandokan est un personnage -clé de l'enfance; son nom suffit pour évoquer l'aventure, les combats à l'épée, les tigres et les mers du Sud. C'est le héros par excellence, à l'égal de D'Artagnan , de Rocambole, du Bossu... pour les gens de culture française. Et précisément, pour les gens de la culture française pourtant voisine de l'italienne, Sandokan, le tigre de la Malaisie, est quasi-inconnu et que dire alors d'Emilio Salgari, l'auteur de « Les pirates de Malaisie », titre générique des romans du « Tigre », série de romans commencée en feuilleton en 1883 et finie en 1911.

 

Pour l'édification de la culture française, on dira succinctement qu'Emilio Salgari est né à Vérone en 1862 et mourut à Turin en 1911.

Une dernière chose à propos de Salgari, qui partagea ce destin - avec Dumas, par exemple - d'enrichir ses éditeurs en étant quant à lui dans un état de quasi-pauvreté, obligé de produire roman sur roman pour subsister et faire subsister sa famille (sa femme Ida et ses quatre enfants).

Il se suicidera le 25 avril 1911 en laissant entre autres, une lettre à ses éditeurs :

« À mes éditeurs :

À vous qui vous êtes enrichis sur mon dos en me maintenant moi et ma famille dans une demi-misère continuelle ou pire encore, je demande seulement qu'en compensation des gains que je vous ai donnés, vous pensiez à mes funérailles. Je vous salue en cassant ma plume.

Emilio Salgari. »

 

Il y a d'ailleurs une série de films et de chansons évoquant Sandokan.

 

Mais celui-ci, celui de cette chanson-ci, s'il est guerrier, s'il combat, ce n'est pas dans les mers du Sud, ce n'est pas dans une guerre imaginaire et ce n'est pas pour faire gagner de l'argent à des éditeurs. Le Sandokan de Trovajoli est le pseudo d'un résistant, d'un partigiano, d'un de ceux qui marchaient dans les nuits sans lune et qui faisaient crier aux SS : « Achtung Banditen ! ».

Ce n'étaient pas des héros de papier et la belle qu'ils allaient délivrer s'appelait : Liberté !


Mais celui-ci, celui de cette chanson-ci, s'il est guerrier, s'il combat, ce n'est pas dans les mers du Sud, ce n'est pas dans une guerre imaginaire et ce n'est pas pour faire gagner de l'argent à des éditeurs. Le Sandokan de Trovajoli est le pseudo d'un résistant, d'un' partigiano, d'un de ceux qui marchaient dans les nuits sans lune et qui faisaient crier aux SS : « Achtung Banditen ! ».
Ce n'étaient pas des héros de papier et la belle qu'ils allaient délivrer s'appelait : Liberté !
«Nous marchions avec l'âme à l'épaule dans les ténèbres... »

Ils avaient pour devise : Ora e sempre : Resistenza !

Elle est toujours d'actualité plus soixante ans plus tard.

 

 

 

 

 

Nous marchions avec l'âme à l'épaule

Dans les ténèbres ne haut là-bas

La lutte pour notre liberté

En chemin nous éclaira.

 

Je ne savais pas quel était ton nom

Je ne pouvais pas dire quel était mon nom

Ton nom de bataille était Pinin

Et le mien était Sandokan.

 

Nous étions tous prêts pour la mort

Mais nous ne parlions jamais de la mort

Nous disions du futur

Si le destin nous sépare

Le souvenir de ces jours

Nous réunira toujours

 

Je me souviens qu'ensuite vint l'aube

D'un coup quelque chose changea

Le lendemain était venu et la nuit était passée

Là-haut dans le ciel, le soleil

Se levait dans la liberté.

 

Nous étions tous prêts pour la mort

Mais nous ne parlions jamais de la mort

Nous disions du futur

Si le destin nous sépare

Le souvenir de ces jours

Nous réunira toujours.

 

Je me souviens qu'ensuite vint l'aube

D'un coup quelque chose changea

Le lendemain était venu et la nuit était passée

Là-haut dans le ciel, le soleil

Se levait dans la liberté.

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Marco Valdo M.I.
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