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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 21:02

L'INUTILE SOLDAT

 

Version française - L'INUTILE SOLDAT – Marco Valdo M.I. 2013

Chanson italienne – L’inutile soldato – Gianni Siviero – 1980

 

 

 

 


Il lutta toute la vie
L'inutile soldat
Qui était son ennemi
Il ne se le demanda pas

Et l'homme s'arrête
Il commence une chanson
Mais un rauque juron
S'échappe de ses lèvres.

Il tente de courir
Mais il traîne les pieds
Démoralisé
Il ne peut plus fuir

Et l'homme s’arrête

Et regarde ses mains
Que voulait-il faire ?
Il ne se souvient de rien.

Il cherche à se rappeler
Loin, loin dans son passé
Quelque chose de différent
De ce temps présent.

Hier et demain pense-t-il
Dans un an, s'imagine-t-il
Et une peur glaciale
D'un coup, l'embrasse

Il regarde autour de lui
Le champ de bataille infini
L'inutile soldat
De butin ne trouve pas

Et l'homme voit un marmot
Pisser contre une auto
Il est trop tard maintenant
Et il ne comprend pas

 



 



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Marco Valdo M.I.
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:06

IL PORTAIT DES TENNIS

 


Version française - IL PORTAIT DES TENNIS – Marco Valdo M.I. – 2013

tirée de la version italienne de Musica e Memoria d'une chanson milanaise d'Enzo Jannacci – 1964


Texte et musique d'Enzo Jannacci

 



29 Mars 2013 : un des plus grands auteurs-compositeur italiens de toujours s'en est allé . In memoriam, une des plus belles et des plus célèbres de ses chansons

 

 


Excusez-moi, mais je voudrais vous raconter
Mon ami qui s'en allait sur le chemin
À l'Idroscalo pour aller prendre un bain
C'est que l'amour l'a frappé

Il portait des tennis, il parlait tout seul
Depuis longtemps déjà, il suivait un beau rêve d'amour.
Il portait des tennis, il avait bon œil
Ce fut le premier à partir, c'était son tour.

Un beau jour, qu'il marmonnait derrière
Tout seul, il l'avait vu passer
Blanche et rouge, telle une bannière

Et depuis lors, il n'a plus pu parler

Il portait des tennis, il parlait tout seul
Depuis longtemps déjà, il suivait un beau rêve d'amour.
Il portait des tennis, il avait bon œil
Ce fut le premier à partir, c'était son tour.


Un beau jour à côté de ce pauvre diable s'arrête une auto, quelqu'un en sort et lui demande « Oh ! » « C'est à moi que vous parlez ? » « Oui, à toi, tu ne connaîtrais pas, s'il te plaît, la route pour aller à l'aéroport Forlanini ? » « Non monsieur, moi, je n'ai jamais été à l'aéroport Forlanini, je ne sais pas où il est » « La route pour aller à l'Idroscalo, au moins, tu la connais ? » «  L'Idroscalo, je le sais où il est, vous me conduisez à l'Idroscalo, je monte dans l'auto, elle est puissante, c'est une puissante machine » « Pas dans l'auto, clochard » « Non monsieur, je viens aussi dans l'auto, je n'ai pas jamais été en auto, moi. Une belle auto… Arrêtez, monsieur, laissez-moi descendre, laissez-moi descendre, je suis arrivé, s'il vous plaît, arrêtez-vous ici »


S'il vous plaît, arrêtez-vous ici
Car j'ai eu mon grand amour, moi aussi,

Un amour, un bel amour, comme on dit.


Il portait des tennis, il parlait tout seul
Depuis longtemps déjà, il suivait un beau rêve d'amour.
Il portait des tennis, il avait bon œil
Ce fut le premier à partir, c'était son tour.

On l'a trouvé sous un tas de cartons
On l'a regardé, personne ne le connaissait
On l'a touché pour voir s'il dormait
« Laissez tomber, c'est un vagabond »


Il portait des tennis, il parlait tout seul
Depuis longtemps déjà, il suivait un beau rêve d'amour.
Il portait des tennis, il avait bon œil
Ce fut le premier à partir, c'était son tour.

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Marco Valdo M.I.
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 21:33

LE SOIR OÙ PARTIT MON PÈRE

 

Version française – LE SOIR OÙ PARTIT MON PÈRE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La sera che partì mio padre – Enzo Jannacci – 1968

 

Enzo Jannacci - Vengo anch'io. No, tu no. - 1968

Mina - Mina quasi Jannacci - 1977

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je ne sais pas ce que vaut cette version française... Mais j'ai voulu la faire ce soir... Afin que ne se perde pas la mémoire de ce gars-là que je ne connaissais pas... En mémoire... Car, en effet, il ne reviendra pas.

 

 

Quoi qu'il en soit, tu as bien fait, dit Lucien l'âne. Car c'était lui aussi un des nôtres, un de ces canuts qui tissait le linceul de ce vieux monde...

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Le soir où partit mon père

Nous, on était à la fenêtre

À le regarder, le regarder

S'en aller

Même pas bien loin

Sans même bouger une main

 

Le soir où partit mon père

Il n'y avait pas de chanson à écouter

Car la radio n'arrêtait pas de parler

Et il partit pour ne plus revenir, mon père

 

Le soir où il partit soldat

Ils lui dirent qu'il ne ferait pas la guerre

Que c'était seulement le service militaire

Qu'il fallait juste dire : « Halte-là ! »

 

Le soir où arriva ma mère

Elle le vit blanc couché là

Il avait en main le télégramme

Médaille d'or pour le halte-là

 

Le soir où, à mon tour, je partirai

Sûr que ce sera Noël quand je partirai

Car à Noël, tous sont à la maison

À manger, à boire, à chanter des chansons

 

Le soir où je m'en irai, moi aussi

Ils diront qu'il me faut y aller

Ils diront que bientôt, je reviendrai

Mais je sais déjà qu'il n'en sera pas ainsi.

 

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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 22:06

ÇA SE PASSERA

 

Version française – ÇA SE PASSERA – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Succederà – Bandabardò – 1996

 

 

Ce sera comme rester au lit pendant que dehors il fait froid et il pleut
Comme enlever ses chaussures après un jour de grand soleil
Comme courir nu
Jusqu'où il n'y a plus de ville
Ou chanter l'espérance à une étoile qui tombe

Ce sera comme donner son vote à un homme
Ou à un idéal sans plus de douleur
Comme rapiner des banques en disant seulement « s'il vous plaît »

Ça se passera…
Seulement si nous faisons sortir
De notre vie le fascio et l'avidité

Ce sera comme mettre des fleurs
Sur les têtes rasées
Comme rencontrer un homme, un elfe, des fées

Ça se passera…
Seulement si nous faisons entrer
Les premières voix du matin qui maintenant peut arriver.

 

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Marco Valdo M.I.
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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:20

N'Y CROIS PAS

 

Version française – N'Y CROIS PAS – Marco Valdo M.I. – 3013

Chanson italienne – Non crederci – Anton Virgilio Savona – 1969]

Texte d'Anton Virgilio Savona

Dédiée aux jeunes (même aux plus âgés qui exagèrent)

 

Ils te disent
Que tu te trompes totalement
N'y crois pas.

Ils ne se rappellent pas
Combien ils se sont déjà trompé
Jeunes.

Et tu prendras
La route de la vie
Et tu prendras
La route de l'amour
Et tu n'écouteras pas
Leurs mots vides.

Elles te disent
Que ta voix ne compte pas
N'y crois pas


Ils n'ont peut-être plus
La force de crier
Ils renoncent.

Mais toi qui le peux
Ne t'arrête jamais,
Mais toi qui le peux
Poursuis ton chemin
Jusqu'à ce que tu trouves
Un monde meilleur.

Ils te disent
Qu'il n'y a qu'une route seule
N'y crois pas.

Peut-être le disent-ils
Car ils ont déjà oublié
leurs larmes.

Et tu demanderas
Pourquoi tu dois tirer,
Et tu demanderas
Pourquoi tu dois frapper…
Et ils ne sauront
Que dire
.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:18

MORT SUR LE PAVÉ





Version française – MORT SUR LE PAVÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Morte sul selciato – Anton Virgilio Savona– 1969

 

 

Encore une chanson sur la violence raciste.

 

 

 

C'est étrange, Marco Valdo M.I., mon ami, mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce titre-là ou alors, un titre fort proche... N'était-ce pas une de tes canzones ?

 

 

Quelle mémoire  ! Quelle mémoire, tu as, Lucien l'âne mon ami. Il y a effectivement une sorte de coïncidence de titre avec une canzone que j'ai écrite... Une de ces canzones que j'avais nommées lévianes du fait qu'elle provenait directement d'un récit de Carlo Levi. En l'occurrence, cette chanson – du reste, une chanson en deux langues : italien et français, alternés – portait le titre de Morto sul selciato [[7731]]. Mais à part cette similarité de titres – et plus encore en français où Morto et Morte se traduisent tout simplement par  : Mort et de scène : les deux corps sur le pavé... elles ne racontent pas du tout la même histoire ; elles n'ont pas la même signification. Alors là, pas du tout...

 

 

J'imagine bien que c'est ainsi. D'ailleurs, je me souviens de cette séquence, au reste quasiment cinématographique – sur une des places de Florence durant la guerre et de l'élimination silencieuse et discrète d'un traître, d'un dénonciateur, d'un collaborateur. Bref, une scène de résistance... En direct. L'illustration en quelque sorte de la devise : Ora e sempre : Resistenza !

 

 

Dans la canzone léviane, comme tu le dis, il s'agit d'un acte de résistance face au fascisme et au nazisme... On liquide l'oppresseur ou un de ses collaborateurs. Dans celle que je viens de traduire, dans cette canzone d'Anton Virgilio Savona, la personne qui est tuée est l'opprimé ; il est tué en raison de la couleur de sa peau... Comme si cela pouvait avoir du sens... pour un être sensé. Il s'agit-là d'un acte cruel, crapuleux, criminel et absurde. L'une, la canzone léviane, raconte un acte de justice ; l’autre, celle de Savona, une barbarie, une injustice insigne. Encore une fois, on se trouve devant deux épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans où un événement apparemment semblable : on tue quelqu'un sur le pavé, prend son sens en fonction du côté où l'on se trouve...

 

 

Ainsi, nous qui n'avons pas l'intention d'étendre subitement quelqu'un sur le pavé, ni sans doute les capacités de le faire, même si on ne peut jurer de rien et dans certaines circonstances, on y serait peut-être amenés, nous qui sommes des plus pacifiques, il nous faut cependant – justement car nous sommes pacifiques, reprendre notre sempiternelle tâche, qui consiste – faut-il le rappeler, à tisser le linceul de ce vieux monde plein de morgue, raciste, méprisant et méprisable, bêtement assassin, barbare à bien des égards et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dans la nuit étendu sur le pavé, un homme
Et sous son corps, une tache,
Une tache rouge.
Deux fins ruisselets de vie

Vers un égout lentement se glissent .

Il s'était approché en lui criant : « Bâtard ! »

Un homme, un homme blanc
Vomissant des mots dégoûtants
Et planta sans raison – dans

Son corps de noir
Une flamme blanche mortellement.

Il avait dans ses yeux un ciel sans étoiles
Un puits sans fond,
Et d'infinies taches d'huile jaune
Des fleuves de lave violette aux tempes

et il entendait les sons
De cent cloches.

Pourquoi ? – se demandait-il. Pourquoi

Ma mort apportée d'une main
Chargée de haine ? Pourquoi ?

Question sans réponse, soudain

Étouffée par le hurlement

Du vent.

Et maintenant s'élève du pavé dans la nuit
Un cri surhumain
Répété par un écho sans fin
Et la peur s'élargit dans ses yeux – des yeux qui

Cherchent encore
Une espérance.

 

 

 

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:46

DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON

 

Version française - DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Due metri per due, carcere duro – Anton Virgilio Savona – 1969

 

 


 

Ah, mon ami Lucien l'âne, voici une chanson qui me parle comme qui dirait en direct. Elle me semble sortie tout droit de ces combats sourds et terribles qui coururent tout au travers de l'Europe pendant un siècle ou un peu plus. Elle me vient au cœur car elle me semble parler d'un des auteurs qui m'ont le plus intéressé... Un auteur de langue française, né à quelques dizaines de mètres de l'endroit où je vis le jour, dont le parcours intellectuel, mental, moral... à bien des égards recoupe le mien. D'abord, le lieu... Quelque part pas loin des étangs. Ensuite, la même organisation de jeunesse... On l'appelait la Jeune Garde... Mais entre nous, plus d'un demi-siècle d'écart... Et sa vie si tumultueuse et si étourdissante. Et regarde comment va la vie, il écrivit dans le même journal que moi...

 

 

Te voilà en veine de confidences, mon ami Marco Valdo M.I. Bien loin de ta réserve habituelle...

 

 

Je n'en dirai pas plus, mais cette chanson ressemble à s'y méprendre à un de ses romans... Car il est aussi un des grands écrivains de langue française et de cette trempe, on n'en eut pas beaucoup. Paul Nizan, peut-être. En fait, dans toute la littérature mondiale, on en trouve peu, si peu de ce calibre. Lui, il écrivait en français. Orwell écrivait en anglais. Mais laissons-là mes remembrances.

 

 

Je te trouve bien rimbaldien, ce matin, dit l'âne Lucien en riant de toutes ses dents et en sortant sa langue sur le côté.

 

 

Regarde bien cette canzone... Sur l’aventure politique que décrit cette chanson, Semprun écrivait en français ou en espagnol, je ne sais plus... Lew Davidovitch écrivait en russe... Et bien d'autres dans de multiples langues... Il y aurait de quoi faire à les recenser... Je ne le ferai pas, rassure-toi. Enfin, sans aucun doute, ils furent nombreux à les connaître ces deux-mètres sur deux... Carlo Levi, par exemple... Rappelle-toi la saga du Cahier ligné, contée ici en plus de cent canzones... Et Marco Camenisch... Soit, le contexte politique est différent... Je te l'accorde, mais la cellule est toujours la même. Beaucoup jusqu'à ce que mort s'ensuive. La broyeuse était singulièrement efficace. C'est le sort de tous les dissidents : ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui – en Chine, par exemple et ceux qui viendront demain. Les dieux ont soif.

 

 

Certes, dit l'âne Lucien, les dieux ont toujours soif. ; ils ont toujours eu soif. Évidemment, si on supprimait les dieux, en somme, si on se débarrassait d'eux, de leur religion et de leurs religieux... En fait, la seule question qui se pose, ce n'est pas de savoir s'il convient de se débarrasser d'eux, mais bien comment aboutir à cet indispensable résultat. C'est tout le destin des hommes que de se débarrasser de la religion, des religieux, des dieux et de tout ce qui s’ensuit.

 

Certes, certes, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. tout songeur... Comment y arriver ? Mais cela même n'y suffirait pas à mettre un terme à la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour les contraindre au travail, pour imposer leur domination, pour assurer leurs richesses, pour renforcer leur exploitation... Mais enfin, c'est cependant une chose nécessaire, mais pas suffisante.

 

 

N'empêche, dit Lucien l'âne en grattant le sol devant lui de son noir sabot, on pourrait toujours commencer par là ou mener de front les deux tâches... Oui, mener de front les deux tâches et tisser ainsi le linceul de ce vieux monde assoiffé, écrasant, étouffant, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo .I. et Lucien Lane

 

 

 

Sur la photographie grande comme un mur
Dans une salle de l'exposition, même lui y était
Portraituré parmi les vieux copains de lutte
Avec sa casquette à visière et son blouson de cuir.
Ils étaient loin les temps de la prison,
Quand ceux de l'ancien régime
L'avaient enfermé pour trois ans dans une cellule

De deux mètres sur deux, dure prison .
Maintenant, il était chef parmi les chefs,
Mais la lutte n'était pas finie :
Il fallait combattre encore
Pour la victoire complète,
Resserrer les rangs
Trouver les ennemis dans l'ombre,
Chasser les traîtres à l'idée,
Tenir des meetings, enflammer les masses, défendre la victoire
Et lutter, lutter, lutter
« Les traîtres ! Les dissidents ! Les incertains !Les faux conseillers ! »

Et lutter, lutter, lutter.
Le temps courait, le temps courait, le temps courait
Et vint un jour, – il vient toujours un jour,
Où il voulut faire davantage, il voulut se dépasser
Et il dit qu'il était important

Pour que l'idée triomphe définitivement

De respecter l'opinion de tous
Et d'ouvrir une discussion libre
Même avec les opposants.
Il dit : « Liberté de pensée », il dit : « Liberté de la presse »,

Et il en arriva même à citer Bertrand Russell.
Ah non, garçons, l'idée est l'idée, la liberté n'a rien à y faire.
Des fleuves de mots, analyse doctrinaire, Inquisition !
« Renégat !  » dirent-il, « Réactionnaire !  ».

« Lâche !  », « Traître !  »

Il vacilla, il crut être devenu fou.
Il crut être possédé du démon,
Il baissa la tête et dit :
« Je me repens, je me repens de mon péché »
« Bien, garçon, chante trois fois l'hymne de l'idée et tu auras l'absolution. »
Et il chanta, trois fois, et fut absous.
Mais, en effet, le démon devait le posséder
Car il ne se passa pas beaucoup de temps avant qu'il ne pécha de nouveau :
Il parla (l'imprudent) de crise économique
Due au manque de liberté politique
Il parla de domination autocratique
Il souhaita (le fou !) un système au moins bipartite
Et il continua à faire le charlatan
Radotant stupidement
« Liberté », « Liberté », « Liberté ».
« Tu écris, pauvre idiot, tu écris, tu fais le héros :
Tu accuses tes camarades de lutte
En disant que ce sont eux, et pas toi,
Qui sont les vrais traîtres à l'idée.
Et qu'avec eux est née une nouvelle classe :
La classe du pouvoir sans limites,
plus de forte qu'aucune qui l'avait précédée :
La classe des techniciens, des bureaucrates
La classe des nouveaux propriétaires, des nouveaux exploiteurs…
Pauvre idiot, tu écris en jouant à faire le devin,
En inventant des folles prévisions,
Prophétisant des luttes du peuple contre les nouveaux oppresseurs, comme un déséquilibré ! »
Trois ans de prison, et puis, six autres.
Encore dans la même cellule
Celle où t'avaient jeté les charognes
De l'ancien régime,
Toujours elle, toujours la même :
Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, prison dure.

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 20:27

VOILE DE MARIÉE

 

 

Version française – VOILE DE MARIÉE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Velo di sposa – Radiodervish - 2013

 

 

Ce salaud d'assassin s'est pris 30 ans avec sentence définitive en avril de l'an passé…

 

J'espère qu'en prison ils ne le laissent pas vivre tranquille et qu'un splendide fantôme en robe de mariée va le trouver chaque nuit dans son cauchemar ….

Bernart- 27/3/2013 - 18:03

 

 

Pippa Bacca, pseudonyme de Giuseppina Pasqualino de Marineo (Milan, 9 décembre 1974 – Gebze, 31 Mars 2008), fut une artiste italienne.

 

 

PippaBacca.jpg

 


 

Pippa Bacca est morte tragiquement pendant son spectacle itinérant « Épouses en Voyage », avec lequel elle se proposait de traverser, en auto-stop, 11 pays théâtres de conflits armés, en revêtant un habit de mariée, pour promouvoir la paix et la confiance dans le prochain.

Le voyage, dont le but était Jérusalem, avait été entrepris avec une autre artiste, Silvia Moro, elle aussi en robe de mariée et avait débuté à Milan, le 8 Mars 2008 (journée de la Femme). Après avoir traversé la Slovénie, la Croatie, la Bosnie et la Bulgarie, Pippa et sa compagne arrivèrent en Turquie, le 20 Mars. Selon le programme, toutes deux auraient ensuite dû continuer à travers la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël et la Palestine, avec une arrivée à destination prévue pour la mi-avril. Au cours du voyage, cependant, après s'être séparée à Istanbul de sa compagne, qu'elle devait retrouver peu de jours après à Beyrouth, le 31 Mars 2008, Pippa Bacca fut violée et tuée à Gebze, par un homme qui l'avait prise en voiture.

Sa disparition avait été vite signalée et les recherches, immédiatement entreprises, menèrent à la découverte de son corps le 11 avril suivant.


De son habituel babil
Je ne pourrai me défaire
Les mots me restent
Et des vides à raconter
Des orients imaginaires
Perdus dans les cheveux
De princes cruels
Aux yeux trop beaux

Des photographies coupées
En forme de stupeur
Sont une nourriture exquise
Pour ces anges voyageurs
Victimes destinées
De qui ne sait pas comprendre
Qu'il a reçu des roses
Et les laisse mourir

Maintenant elle me parlera de toi
La Voie Lactée
Robe de Mariée
La nuit blanchira

Conduis-moi de Milan
Jusqu'à Jérusalem
Pour cette lune de miel
D'abeilles colorées

Qui posent sur les fleurs
Poussées dans la guerre
Un pollen affolé
Qui illumine la terre

Maintenant elle me parlera de toi
La Voie lactée
Robe de Mariée
La nuit blanchira


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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 22:35

BABYLONE

 

Version française – BABYLONE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Babilonia – Nomadi

 


Lorsque je l'entends (cette chanson), je pense inévitablement à combien d'êtres humains se sont retrouvés dans leur monde quotidien subitement ravagé par la guerre.

De l'antiquité à aujourd'hui, des populations entières au milieu des batailles et des destructions, fuyant la mort et l'horreur.

Laides histoires de l'humanité. Laides histoires qui semblent – malheureusement – ne jamais finir.

Mais lorsque les êtres humains seront vraiment dignes de ce nom, ils mettront sur la guerre le mot FIN.

 

 

Ils vendent l'amour à l'ombre des bazars,
Ils vendent la terreur dans les ruelles et dans les bars,
L’anxiété des vingt ans, mais
une poussière de duperies sans aucune pitié, ensuite la calmera


Au-delà de ce vent, un autre vent s'élèvera.
Outre ton silence, il apportera d'autres silences
Oh non…

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
La lune est haute, elle nous guidera.

Des navires sur le détroit, des femmes au visage baissé serrent sur leur poitrine de rudes soldats,
Passent à toute vitesse les guerriers sur des toits,
On dirait des corbeaux noirs ; un dieu nous aidera,
Il ne faut pas te préoccuper, ils l'ont dit à la télé,
seulement celui qui meurt, lui seul ne revient plus.
oh non…

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
La lune est haute, elle nous guidera.

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Brûlera, brûlera, brûlera…

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 19:54

LA CROISADE

 

 

Version française - LA CROISADE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La Crociata – Fausto Amodei – 1961

 

 

 


« À l'occasion d'un de nos « déplacements » - si je me souviens bien pour un concert au cercle culturel Il Pozzetto de Padoue (je ne me souviens pas avec précision en quelle années, mais c'étaient les années où des généraux français, décornés de la guerre d'Algérie, menaçaient un coup d'état en France [Charles de Gaulle, parlait d'« un quarteron de généraux en retraite » (le 23 avril 1961) au sujet des généraux Raoul Salan, André Zeller, Maurice Challe et Edmond Jouhaud, responsables du putsch d'Alger] parut sur les journaux prise de position particulièrement dure de la part d'un gros bonnet de l'épiscopat italien (le Cardinal Ottaviani) opposé au processus de détente parmi les blocs au nom d'un intégrisme catholique-réactionnaire qui resurgit de temps en temps. Pendant le voyage en train, je composai le texte de la chanson, à l'auberge, avant le concert, Liberovici ébaucha la ligne mélodique et le tour harmonique et ainsi la chanson fut exécutée en primeur absolue le soir-même ».

 

Fausto Amodei, de "Cantacronache - Un'avventura politico-musicale degli anni cinquanta", a cura di Emilio Jona e Michele L. Straniero, CREL/Scriptorium 1995.









J'ai lu dans les journaux

Que certains cardinaux

Ont la politique

De dresser les catholiques

Contre la détente

Pour rendre plus ardente

La foi de leurs chrétiens

Qui touillent dans la panade

Ils sont convaincus qu'au fond, il y n'a rien

De mieux qu'une Croisade.

Pour regarnir de nouveaux éléments

Leurs rangs insuffisants

De martyrs et de héros bien pensants,

Ils veulent former de nouveaux contingents

Recrutés parmi les gens.

Ils jugent avilissant

De célébrer seulement

Des épousailles et des communions,

Et ils veulent dispenser à présent
Quelques extrêmes onctions

Ils vont répétant

Qu'écoles et jardins d'enfants

Ne peuvent être bénits;

Ils veulent recommencer à bénir les fusils,

Les canons et tout le fourbi.

Si en France les généraux

Et les ultras coloniaux

Ont fait leur coup d'État,

Chez nous, ce sont les Cardinaux

Et le haut Épiscopat,

Qui n'ont pas peur

De se montrer plus durs

Encore en comparaison.

Eux qui pratiquaient déjà la torture

Sous l'Inquisition.

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