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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:18

MORT SUR LE PAVÉ





Version française – MORT SUR LE PAVÉ – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Morte sul selciato – Anton Virgilio Savona– 1969

 

 

Encore une chanson sur la violence raciste.

 

 

 

C'est étrange, Marco Valdo M.I., mon ami, mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce titre-là ou alors, un titre fort proche... N'était-ce pas une de tes canzones ?

 

 

Quelle mémoire  ! Quelle mémoire, tu as, Lucien l'âne mon ami. Il y a effectivement une sorte de coïncidence de titre avec une canzone que j'ai écrite... Une de ces canzones que j'avais nommées lévianes du fait qu'elle provenait directement d'un récit de Carlo Levi. En l'occurrence, cette chanson – du reste, une chanson en deux langues : italien et français, alternés – portait le titre de Morto sul selciato [[7731]]. Mais à part cette similarité de titres – et plus encore en français où Morto et Morte se traduisent tout simplement par  : Mort et de scène : les deux corps sur le pavé... elles ne racontent pas du tout la même histoire ; elles n'ont pas la même signification. Alors là, pas du tout...

 

 

J'imagine bien que c'est ainsi. D'ailleurs, je me souviens de cette séquence, au reste quasiment cinématographique – sur une des places de Florence durant la guerre et de l'élimination silencieuse et discrète d'un traître, d'un dénonciateur, d'un collaborateur. Bref, une scène de résistance... En direct. L'illustration en quelque sorte de la devise : Ora e sempre : Resistenza !

 

 

Dans la canzone léviane, comme tu le dis, il s'agit d'un acte de résistance face au fascisme et au nazisme... On liquide l'oppresseur ou un de ses collaborateurs. Dans celle que je viens de traduire, dans cette canzone d'Anton Virgilio Savona, la personne qui est tuée est l'opprimé ; il est tué en raison de la couleur de sa peau... Comme si cela pouvait avoir du sens... pour un être sensé. Il s'agit-là d'un acte cruel, crapuleux, criminel et absurde. L'une, la canzone léviane, raconte un acte de justice ; l’autre, celle de Savona, une barbarie, une injustice insigne. Encore une fois, on se trouve devant deux épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans où un événement apparemment semblable : on tue quelqu'un sur le pavé, prend son sens en fonction du côté où l'on se trouve...

 

 

Ainsi, nous qui n'avons pas l'intention d'étendre subitement quelqu'un sur le pavé, ni sans doute les capacités de le faire, même si on ne peut jurer de rien et dans certaines circonstances, on y serait peut-être amenés, nous qui sommes des plus pacifiques, il nous faut cependant – justement car nous sommes pacifiques, reprendre notre sempiternelle tâche, qui consiste – faut-il le rappeler, à tisser le linceul de ce vieux monde plein de morgue, raciste, méprisant et méprisable, bêtement assassin, barbare à bien des égards et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Dans la nuit étendu sur le pavé, un homme
Et sous son corps, une tache,
Une tache rouge.
Deux fins ruisselets de vie

Vers un égout lentement se glissent .

Il s'était approché en lui criant : « Bâtard ! »

Un homme, un homme blanc
Vomissant des mots dégoûtants
Et planta sans raison – dans

Son corps de noir
Une flamme blanche mortellement.

Il avait dans ses yeux un ciel sans étoiles
Un puits sans fond,
Et d'infinies taches d'huile jaune
Des fleuves de lave violette aux tempes

et il entendait les sons
De cent cloches.

Pourquoi ? – se demandait-il. Pourquoi

Ma mort apportée d'une main
Chargée de haine ? Pourquoi ?

Question sans réponse, soudain

Étouffée par le hurlement

Du vent.

Et maintenant s'élève du pavé dans la nuit
Un cri surhumain
Répété par un écho sans fin
Et la peur s'élargit dans ses yeux – des yeux qui

Cherchent encore
Une espérance.

 

 

 

 

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:46

DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON

 

Version française - DEUX MÈTRES SUR DEUX, DURE PRISON – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Due metri per due, carcere duro – Anton Virgilio Savona – 1969

 

 


 

Ah, mon ami Lucien l'âne, voici une chanson qui me parle comme qui dirait en direct. Elle me semble sortie tout droit de ces combats sourds et terribles qui coururent tout au travers de l'Europe pendant un siècle ou un peu plus. Elle me vient au cœur car elle me semble parler d'un des auteurs qui m'ont le plus intéressé... Un auteur de langue française, né à quelques dizaines de mètres de l'endroit où je vis le jour, dont le parcours intellectuel, mental, moral... à bien des égards recoupe le mien. D'abord, le lieu... Quelque part pas loin des étangs. Ensuite, la même organisation de jeunesse... On l'appelait la Jeune Garde... Mais entre nous, plus d'un demi-siècle d'écart... Et sa vie si tumultueuse et si étourdissante. Et regarde comment va la vie, il écrivit dans le même journal que moi...

 

 

Te voilà en veine de confidences, mon ami Marco Valdo M.I. Bien loin de ta réserve habituelle...

 

 

Je n'en dirai pas plus, mais cette chanson ressemble à s'y méprendre à un de ses romans... Car il est aussi un des grands écrivains de langue française et de cette trempe, on n'en eut pas beaucoup. Paul Nizan, peut-être. En fait, dans toute la littérature mondiale, on en trouve peu, si peu de ce calibre. Lui, il écrivait en français. Orwell écrivait en anglais. Mais laissons-là mes remembrances.

 

 

Je te trouve bien rimbaldien, ce matin, dit l'âne Lucien en riant de toutes ses dents et en sortant sa langue sur le côté.

 

 

Regarde bien cette canzone... Sur l’aventure politique que décrit cette chanson, Semprun écrivait en français ou en espagnol, je ne sais plus... Lew Davidovitch écrivait en russe... Et bien d'autres dans de multiples langues... Il y aurait de quoi faire à les recenser... Je ne le ferai pas, rassure-toi. Enfin, sans aucun doute, ils furent nombreux à les connaître ces deux-mètres sur deux... Carlo Levi, par exemple... Rappelle-toi la saga du Cahier ligné, contée ici en plus de cent canzones... Et Marco Camenisch... Soit, le contexte politique est différent... Je te l'accorde, mais la cellule est toujours la même. Beaucoup jusqu'à ce que mort s'ensuive. La broyeuse était singulièrement efficace. C'est le sort de tous les dissidents : ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui – en Chine, par exemple et ceux qui viendront demain. Les dieux ont soif.

 

 

Certes, dit l'âne Lucien, les dieux ont toujours soif. ; ils ont toujours eu soif. Évidemment, si on supprimait les dieux, en somme, si on se débarrassait d'eux, de leur religion et de leurs religieux... En fait, la seule question qui se pose, ce n'est pas de savoir s'il convient de se débarrasser d'eux, mais bien comment aboutir à cet indispensable résultat. C'est tout le destin des hommes que de se débarrasser de la religion, des religieux, des dieux et de tout ce qui s’ensuit.

 

Certes, certes, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. tout songeur... Comment y arriver ? Mais cela même n'y suffirait pas à mettre un terme à la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour les contraindre au travail, pour imposer leur domination, pour assurer leurs richesses, pour renforcer leur exploitation... Mais enfin, c'est cependant une chose nécessaire, mais pas suffisante.

 

 

N'empêche, dit Lucien l'âne en grattant le sol devant lui de son noir sabot, on pourrait toujours commencer par là ou mener de front les deux tâches... Oui, mener de front les deux tâches et tisser ainsi le linceul de ce vieux monde assoiffé, écrasant, étouffant, mortifère et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo .I. et Lucien Lane

 

 

 

Sur la photographie grande comme un mur
Dans une salle de l'exposition, même lui y était
Portraituré parmi les vieux copains de lutte
Avec sa casquette à visière et son blouson de cuir.
Ils étaient loin les temps de la prison,
Quand ceux de l'ancien régime
L'avaient enfermé pour trois ans dans une cellule

De deux mètres sur deux, dure prison .
Maintenant, il était chef parmi les chefs,
Mais la lutte n'était pas finie :
Il fallait combattre encore
Pour la victoire complète,
Resserrer les rangs
Trouver les ennemis dans l'ombre,
Chasser les traîtres à l'idée,
Tenir des meetings, enflammer les masses, défendre la victoire
Et lutter, lutter, lutter
« Les traîtres ! Les dissidents ! Les incertains !Les faux conseillers ! »

Et lutter, lutter, lutter.
Le temps courait, le temps courait, le temps courait
Et vint un jour, – il vient toujours un jour,
Où il voulut faire davantage, il voulut se dépasser
Et il dit qu'il était important

Pour que l'idée triomphe définitivement

De respecter l'opinion de tous
Et d'ouvrir une discussion libre
Même avec les opposants.
Il dit : « Liberté de pensée », il dit : « Liberté de la presse »,

Et il en arriva même à citer Bertrand Russell.
Ah non, garçons, l'idée est l'idée, la liberté n'a rien à y faire.
Des fleuves de mots, analyse doctrinaire, Inquisition !
« Renégat !  » dirent-il, « Réactionnaire !  ».

« Lâche !  », « Traître !  »

Il vacilla, il crut être devenu fou.
Il crut être possédé du démon,
Il baissa la tête et dit :
« Je me repens, je me repens de mon péché »
« Bien, garçon, chante trois fois l'hymne de l'idée et tu auras l'absolution. »
Et il chanta, trois fois, et fut absous.
Mais, en effet, le démon devait le posséder
Car il ne se passa pas beaucoup de temps avant qu'il ne pécha de nouveau :
Il parla (l'imprudent) de crise économique
Due au manque de liberté politique
Il parla de domination autocratique
Il souhaita (le fou !) un système au moins bipartite
Et il continua à faire le charlatan
Radotant stupidement
« Liberté », « Liberté », « Liberté ».
« Tu écris, pauvre idiot, tu écris, tu fais le héros :
Tu accuses tes camarades de lutte
En disant que ce sont eux, et pas toi,
Qui sont les vrais traîtres à l'idée.
Et qu'avec eux est née une nouvelle classe :
La classe du pouvoir sans limites,
plus de forte qu'aucune qui l'avait précédée :
La classe des techniciens, des bureaucrates
La classe des nouveaux propriétaires, des nouveaux exploiteurs…
Pauvre idiot, tu écris en jouant à faire le devin,
En inventant des folles prévisions,
Prophétisant des luttes du peuple contre les nouveaux oppresseurs, comme un déséquilibré ! »
Trois ans de prison, et puis, six autres.
Encore dans la même cellule
Celle où t'avaient jeté les charognes
De l'ancien régime,
Toujours elle, toujours la même :
Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, dure prison.

Deux mètres sur deux, prison dure.

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 20:27

VOILE DE MARIÉE

 

 

Version française – VOILE DE MARIÉE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Velo di sposa – Radiodervish - 2013

 

 

Ce salaud d'assassin s'est pris 30 ans avec sentence définitive en avril de l'an passé…

 

J'espère qu'en prison ils ne le laissent pas vivre tranquille et qu'un splendide fantôme en robe de mariée va le trouver chaque nuit dans son cauchemar ….

Bernart- 27/3/2013 - 18:03

 

 

Pippa Bacca, pseudonyme de Giuseppina Pasqualino de Marineo (Milan, 9 décembre 1974 – Gebze, 31 Mars 2008), fut une artiste italienne.

 

 

PippaBacca.jpg

 


 

Pippa Bacca est morte tragiquement pendant son spectacle itinérant « Épouses en Voyage », avec lequel elle se proposait de traverser, en auto-stop, 11 pays théâtres de conflits armés, en revêtant un habit de mariée, pour promouvoir la paix et la confiance dans le prochain.

Le voyage, dont le but était Jérusalem, avait été entrepris avec une autre artiste, Silvia Moro, elle aussi en robe de mariée et avait débuté à Milan, le 8 Mars 2008 (journée de la Femme). Après avoir traversé la Slovénie, la Croatie, la Bosnie et la Bulgarie, Pippa et sa compagne arrivèrent en Turquie, le 20 Mars. Selon le programme, toutes deux auraient ensuite dû continuer à travers la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël et la Palestine, avec une arrivée à destination prévue pour la mi-avril. Au cours du voyage, cependant, après s'être séparée à Istanbul de sa compagne, qu'elle devait retrouver peu de jours après à Beyrouth, le 31 Mars 2008, Pippa Bacca fut violée et tuée à Gebze, par un homme qui l'avait prise en voiture.

Sa disparition avait été vite signalée et les recherches, immédiatement entreprises, menèrent à la découverte de son corps le 11 avril suivant.


De son habituel babil
Je ne pourrai me défaire
Les mots me restent
Et des vides à raconter
Des orients imaginaires
Perdus dans les cheveux
De princes cruels
Aux yeux trop beaux

Des photographies coupées
En forme de stupeur
Sont une nourriture exquise
Pour ces anges voyageurs
Victimes destinées
De qui ne sait pas comprendre
Qu'il a reçu des roses
Et les laisse mourir

Maintenant elle me parlera de toi
La Voie Lactée
Robe de Mariée
La nuit blanchira

Conduis-moi de Milan
Jusqu'à Jérusalem
Pour cette lune de miel
D'abeilles colorées

Qui posent sur les fleurs
Poussées dans la guerre
Un pollen affolé
Qui illumine la terre

Maintenant elle me parlera de toi
La Voie lactée
Robe de Mariée
La nuit blanchira


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Marco Valdo M.I.
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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 22:35

BABYLONE

 

Version française – BABYLONE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Babilonia – Nomadi

 


Lorsque je l'entends (cette chanson), je pense inévitablement à combien d'êtres humains se sont retrouvés dans leur monde quotidien subitement ravagé par la guerre.

De l'antiquité à aujourd'hui, des populations entières au milieu des batailles et des destructions, fuyant la mort et l'horreur.

Laides histoires de l'humanité. Laides histoires qui semblent – malheureusement – ne jamais finir.

Mais lorsque les êtres humains seront vraiment dignes de ce nom, ils mettront sur la guerre le mot FIN.

 

 

Ils vendent l'amour à l'ombre des bazars,
Ils vendent la terreur dans les ruelles et dans les bars,
L’anxiété des vingt ans, mais
une poussière de duperies sans aucune pitié, ensuite la calmera


Au-delà de ce vent, un autre vent s'élèvera.
Outre ton silence, il apportera d'autres silences
Oh non…

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
La lune est haute, elle nous guidera.

Des navires sur le détroit, des femmes au visage baissé serrent sur leur poitrine de rudes soldats,
Passent à toute vitesse les guerriers sur des toits,
On dirait des corbeaux noirs ; un dieu nous aidera,
Il ne faut pas te préoccuper, ils l'ont dit à la télé,
seulement celui qui meurt, lui seul ne revient plus.
oh non…

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
La lune est haute, elle nous guidera.

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.

Emmène-moi, partons d'ici,
Dans un instant, Babylone brûlera.
Brûlera, brûlera, brûlera…

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Marco Valdo M.I.
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 19:54

LA CROISADE

 

 

Version française - LA CROISADE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – La Crociata – Fausto Amodei – 1961

 

 

 


« À l'occasion d'un de nos « déplacements » - si je me souviens bien pour un concert au cercle culturel Il Pozzetto de Padoue (je ne me souviens pas avec précision en quelle années, mais c'étaient les années où des généraux français, décornés de la guerre d'Algérie, menaçaient un coup d'état en France [Charles de Gaulle, parlait d'« un quarteron de généraux en retraite » (le 23 avril 1961) au sujet des généraux Raoul Salan, André Zeller, Maurice Challe et Edmond Jouhaud, responsables du putsch d'Alger] parut sur les journaux prise de position particulièrement dure de la part d'un gros bonnet de l'épiscopat italien (le Cardinal Ottaviani) opposé au processus de détente parmi les blocs au nom d'un intégrisme catholique-réactionnaire qui resurgit de temps en temps. Pendant le voyage en train, je composai le texte de la chanson, à l'auberge, avant le concert, Liberovici ébaucha la ligne mélodique et le tour harmonique et ainsi la chanson fut exécutée en primeur absolue le soir-même ».

 

Fausto Amodei, de "Cantacronache - Un'avventura politico-musicale degli anni cinquanta", a cura di Emilio Jona e Michele L. Straniero, CREL/Scriptorium 1995.









J'ai lu dans les journaux

Que certains cardinaux

Ont la politique

De dresser les catholiques

Contre la détente

Pour rendre plus ardente

La foi de leurs chrétiens

Qui touillent dans la panade

Ils sont convaincus qu'au fond, il y n'a rien

De mieux qu'une Croisade.

Pour regarnir de nouveaux éléments

Leurs rangs insuffisants

De martyrs et de héros bien pensants,

Ils veulent former de nouveaux contingents

Recrutés parmi les gens.

Ils jugent avilissant

De célébrer seulement

Des épousailles et des communions,

Et ils veulent dispenser à présent
Quelques extrêmes onctions

Ils vont répétant

Qu'écoles et jardins d'enfants

Ne peuvent être bénits;

Ils veulent recommencer à bénir les fusils,

Les canons et tout le fourbi.

Si en France les généraux

Et les ultras coloniaux

Ont fait leur coup d'État,

Chez nous, ce sont les Cardinaux

Et le haut Épiscopat,

Qui n'ont pas peur

De se montrer plus durs

Encore en comparaison.

Eux qui pratiquaient déjà la torture

Sous l'Inquisition.

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Marco Valdo M.I.
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:29

PAUVRES PARTISANS

 

 

Version française – PAUVRES PARTISANS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Poveri partigiani – Ascanio Celestini– 2007

 


Texte et musique : Ascanio Celestini



Il y a deux immeubles.

 

Un est le centre commercial avec sa belle enseigne, son toit hyperbolique et ses baies vitrées translucides qui le font ressembler à un auto-grill d'une autoroute pour Mars.

L'autre est un parallélépipède rectangle imaginé par un géomètre atteint de coliques ; c'est un centre d'appels.

L'un est fait pour être regardé et en effet, tous le voient.

L'autre est invisible ; un peu car ça ne fait plaisir à personne de le voir, un peu car le jumeau voyant qui est à côté capte toute l'attention. Par contre, il se fait entendre.

Il nous parle au téléphone pour nous vendre à domicile un aspirateur ou un nouveau plan tarifaire.

Il nous parle quand on appelle un numéro vert écrit sur l'étiquette d'une boisson gazeuse ou d'un tampon absorbant.

À côté de ces jumeaux de béton armé passe la route et autour se trouve le faubourg.

À côté du faubourg, il y a la ville ou peut-être, est-ce le contraire. Et au milieu se meut le peuple.

 

Le peuple est un enfant.

 

Il s'enrage contre les injustices, il s'émeut face à la douleur, il s'illusionne et il s'amourache. Puis, il éteint la télévision et va dormir tranquille.

Le peuple travaille, gagne et dépense. Ils l'ont convaincu que l'économie fonctionne ainsi. Il faut faire tourner la roue.

Mais ensuite entre les néons du centre commercial et les téléphones du centre d'appel quelqu'un cesse de tourner. Peut-être est-ce seulement la chenille qui sort du trou, le cadavre qui essaye de se ressusciter tout seul.

Peut-être est-ce le voleur et on se rend compte qu'il ne suffit pas de voler les voleurs pour égaliser les comptes. Et en effet c'est un collectif de travailleurs, Mais c'est aussi un morceau de peuple.

Christian dit « nous avons commencé parce que nous n'avions rien à perdre ». Maurizio dit « cette place est comme le Titanic. Le transatlantique coule et les passagers font comme si de rien n'était. Mais nous ne coulerons pas en chantant ».


Saintes paroles !





Pauvres partisans menés en procession,
Dans les journaux télévisés, à la télévision,
Survivant un temps aux fosses communes,
Mais enterrés dans ce temps de l'information.

 

Ils défilent le 25 avril, avec des médailles accrochées aux drapeaux
Suivent les femmes des sous-secrétaires à peine sorties de chez le coiffeur
Elles disent à voix basse : « Vive la constitution ! Mais maintenant il est tard, la poste ferme… Je dois aller chercher ma pension… »

 

Pauvres déportés qui montrent aux caméras entre deux publicités leur matricule, ce sombre tatouage
« Cette extermination vous est gentiment offerte par une boisson gazeuse et un célèbre fromage »

 

Pauvres prénoms et pauvres noms des morts de toutes les guerres
qui sont toujours dans la bouche des politiques
Avec tous ces morts en bouche, ils auront sûrement une haleine lourde
leur langue est un cimetière… où ils ressuscitent de temps en temps…

 

Pauvres morts de Nassirya qui peut-être croyaient vraiment que

Celui qui meurt meurt avec honneur…

Celui qui survit vit dans la douleur
Pauvre Nicola Calipari ! I Ils lui ont même dédié une zone piétonnière
Comme sa femme sera contente d'avoir épousé une zone à trafic limité.

 

Pauvres parents des héros,

qui au moins pour un jour ont été des héros,

Par leurs enterrements en mondovision
Mais le jour après, ils étaient morts eux aussi…
Des morts… qui se remémoraient d'autres morts.

 

Souvenez-vous des morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants

Souvenez-vous les morts

Mais souvenez-vous d'eux vivants
….



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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:25

CHANSON POUR LES DISPARUS

 

 

Version française – CHANSON POUR LES DISPARUS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Canzone per i Desaparecidos – Nomadi– 1996

 

 

 

Si tu veux bien t'en souvenir, Lucien Lane mon ami, on a déjà ici même retrouvé et discuté d'une canzone d'Alberto Cesa : le Tango de Plaza de Mayo – [[34467]]. C'était aux temps où il n'y avait pas encore de pape argentin...

 

Mais depuis tout récemment, il y en a un et il me paraît que cette canzone resitue bien le débat et j’ajoute même, le combat. Mais au fait, comment s'appelle-t-il encore celui-là ? Car tu sais Marco Valdo M.I. mon ami, depuis le temps, j'en ai vu passer des papes : des grands, des petits, des gros, des gras, des tout maigres, des quasiment squelettiques, des rondouillards, des bons vivants et des pisse-vinaigre, des chevelus, des chauves, des édentés, des ingambes, des impotents, des carrément infirmes, des sourds, des discoureurs, des voyageurs, des casaniers, des qui durèrent, un express – il dura à peine quelques semaines, il devait gêner, on l'éloigna, des solennels, des humbles... Au fait, as-tu lu L'ÉLU de Thomas Mann, une papesse à laquelle s'intéressa Alfred Jarry, lui s'appelait Grégoire, elle s'appelait Jeanne... il y eut ceux qu'on assassina, ceux qui assassinèrent. S'appelle-t-il Pierre, Pie, Paul, Jean, Jules, Grégoire, Linus, Anaclet, Clément, Évariste, Alexandre, Sixte, Télesphore, Hygin, Anicet, Sôter, Éleuthère, Victor, Zéphyrin, Calixte, Hyppolite, Urbain, Pontien, Antère, Fabien, Corneille, Novatien, Lucius, Étienne, Denys, Félix, Eutychien, Caïus, Marcellin, Marcel, Eusèbe, Miltiade, Sylvestre, Libère, Damase, Ursin, Sirice, Anastase, Innocent, Zozime, Eulalien, Boniface, Célestin, Léon, Hilaire, Simplice, Gélase, Symmaque, Laurent, Hormisdas, Dioscore, Agapet, Silvère, Vigile, Pélage, Benoît, Sabinien, Adeodat, Honorius, Séverin, Théodore, Martin, Eugène, Vitalien, Donus,Agathon, Conon, Pascal, Serge, Sisinnius, Constantin,Zacharie, Philippe, Adrien, Valentin, Nicolas, Marin, Formose, Romain, Christophore, Landon, Thierry, Albert... ? Comme tu le vois, il y a le choix... Mais bien sûr, on peut toujours innover...

 

Eh bien, il a innové... Coupons court, Lucien l'âne mon ami, il s'appelle François Ier, comme le vainqueur de la bataille de Marignan, celui qui fit venir Leonardo da Vinci en France. Pour le reste, je t'ai déjà dit qu'il était Argentin, ce novissimo Pontifex, jésuite et que malgré ses fonctions romaines, il doit bien se souvenir de la Place de Mai et si tel n'était pas le cas, on la lui rappellerait... Par exemple, avec cette chanson...

 

En somme, c'est une piqûre de rappel..., dit Lucien l'âne en éclatant d'un riresonore qui rappelle la trompette ou le buccin.

 

 

Sans doute, mais sans aucune illusion quant aux rapports de l'ÉCAR (Église Apostolique Catholique et Romaine) avec les dictatures. Elle a toujours su ce qui était à César...et elle a toujours pris place du côté du plus armé, sauf évidemment quand ses propres intérêts séculiers étaient en cause. Malgré toutes ses prétentions, malgré ses discours, malgré ses prêches et ses homélies, et comme l'a démontré le sort qu'elle a fait à Valdo et à d'autres, dans la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, l'Écar a toujours en définitive pris le parti de l'ordre et dès lors, le parti des riches... Comment pourrait-elle faire autrement elle dont les richesses temporelles sont des plus immenses. Que fait-elle à se prendre pour un État, qu'a-t-elle besoin de finances, de palais, de toute cette armée de maîtres et de serviteurs ?

 

 

Oh, Marco Valdo M.I., mon ami, ce que tu dis n'est que trop vrai et cela ne doit pas nous empêcher de faire revivre la voix de ces « disparus innocents » et de tisser encore et toujours le linceul de ce vieux monde honorable, secret, hypocrite, faux aveugle, vrai menteur, hâbleur et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. Et Lucien Lane

 

 

 

 

Un immeuble étincelant aux fenêtres luminescentes,

Une porte dissimulant l'enfer sous-jacent.
Troisième étage, le plus important, derrière une table le pouvoir,

Une commission militaire y décrète la mort.
Second étage, de grands salons pour recevoir les honneurs,

Et d'importants ambassadeurs.
Premier étage, les bureaux avec leurs fichiers secrets

N'ouvrent jamais à personne pour informer les gens.

Desaparecidos, Desaparecidos,

Disparus

 

 

Les horreurs sont enfouies

Ces murs suent le sang de ces vivants sans voix au milieu des instruments de torture.

On les compte par milliers : femmes, hommes, enfants.

La culture et la misère sont effacées de la terre.

Même les hommes de Dieu n'ont rien vu, rien entendu

Ils ont perdu le courage et leur message de pitié

 

Desaparecidos, Desaparecidos,

Disparus

 

 

Ces horreurs sont maintenant terminées,

Par la loi effacées,

Qui a survécu rappellera.

Il n'y a ni tombe ni croix,

Ils n'ont ni visage, ni voix,

Sur cette feuille où on cherche la vérité, ils ont un nom seulement

Sur la place de Mai, une foule silencieuse fait revivre ces voix des disparus innocents.

 

Desaparecidos, Desaparecidos,

Disparus

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Marco Valdo M.I.
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 20:54

LES MACS DE LA MORALE

 

 

 

Version française – LES MACS DE LA MORALE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson espagnole – Los macarras de la moral – Joan Manuel Serrat – 1998

 

 

 

 

 

 

 

Ô grands moralisateurs, ô prêcheurs immenses, ô Père la Pudeur, Ô Pontifex maximus... Rentrez sous la terre d'où vous n'auriez jamais dû sortir. Retournez aux enfers que vous avez inventés... L'homme est trop bonasse qui vous laisse vivre et qui supporte vos exordes, vos exhortations et vos homélies... Mais nous les ânes, on n'en a cure... On vous connaît trop bien et depuis si longtemps... On vous a vus quand vous dressiez vos bûchers et rôtissiez toute une humanité, on vous a entendus quand vous prêchiez la croisade et quand depuis des temps immémoriaux, vous appeliez aux meurtres... On vous a connus bénissant les bannières, les chevaux et les canons. Vous avez mis vos dieux dans tous les camps... Vous vendiez l'indulgence et le paradis et vous le faites encore... Et vous osez faire la morale aux hommes...Votre suffisance est incommensurable

 

Ainsi Parlait Lucien Lane

 

 

 

Sans hâte mais sans pause, comme la bruine

Depuis la plus tendre enfance,

Ils te fourguent leur pâtée :

« Si tu ne manges pas ta soupe, tu ne grandiras pas... »,

« Si tu te touches, tu deviendras aveugle... »

Ils te troublent pour la vie en t'instillant la peur,

En pêchant dans le flot louche du péché et de la vertu,

En te faisant passer un chat pour un lièvre par le biais d'un credo

Qui fabrique les pots cassés qu'on te fera payer.

 

Ils sont la sauce de la farce

La quintessence du mal

La mèche de la suspicion

Le feu de la peur

L'âme de l’inquiétude,

De la méfiance et de l'effroi.

Les barbeaux de la menterie

 

Les macs de la morale.

 

Ils annoncent des apocalypses et se vantent d'être les sauveurs

Et si on leur cède, on est perdu sans recours ;

Ils manipulent nos rêves et nos peurs,

Ils savent que la peur n'est jamais innocente.

Tu dois les suivre en aveugle et leur être dévoué

Les croire les yeux fermés et leur donner raison

Car : « Celui qui ne se tient pas tranquille ne sera pas sur la photo... »

« Pour celui qui sort du troupeau,

Il n'y a qu'exil et excommunication. »

 

Ils sont la sauce de la farce

La quintessence du mal

La mèche de la suspicion

Le feu de la peur

L'âme de l’inquiétude,

De la méfiance et de l'effroi.

Les barbeaux de la menterie

 

Les macs de la morale.

 

Sans hâte et sans pause, ces vieillards

Organisent leurs croisades contre l'homme libre

Responsable plus ou moins de tous les maux

Car il pense par lui-même,

Il songe et le raconte.

Si ces gens-là n'étaient pas si terribles, on en rirait.

Si ces gens-là n'étaient pas si mauvais, on en aurait pitié

Car comme les fantômes, sans hâte et sans pause,

Ils ne sont rien si on leur arrache leur drap.

 

Ils sont la sauce de la farce

La quintessence du mal

La mèche de la suspicion

Le feu de la peur

L'âme de l’inquiétude,

De la méfiance et de l'effroi.

Les barbeaux de la menterie

 

 

Les macs de la morale.

 

LES MACS DE LA MORALE
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Marco Valdo M.I.
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:44

Marizibill



Chanson française – Marizibill – Léo Ferré – 1969

Texte : Guillaume Apollinaire – 1913

Musique : Léo Ferré

 

 

 


 

 





Voici une sorte de Bocca di Rosa, version rhénane...On se reportera audacieusement à la chanson de Georges Brassens, Le Père Noël et la petite fille [[43084]]... On y trouve la Chanson de Marinelle et Bouche de Rose...

Quant à Apollinaire et Ferré ils auraient sans aucun doute aimé que leur chanson voisine celles-là.



Cela dit, l'interprétation de Léo Ferré est des plus étonnantes.





Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I.







Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif il sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Changaï

Je connais des gens de toutes sortes
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs cœurs bougent comme leurs portes

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Marco Valdo M.I.
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 15:46

TRÈS SAGES CONTEMPORAINS

 

 

 

Version française - TRÈS SAGES CONTEMPORAINS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Zeitgenossen, Haufenweise – Erich Kästner – 1929

 

Lärm im Spiegel, 1929

 

 

 

 

Quand Erich Kästner s'adresse à ses Très sages contemporains, on est en 1929 et il ne s'adresse évidemment qu'à une partie de ses contemporains, qu'à une partie de ceux qui vivent autour de lui. Ceux qu'on pourrait appeler comme disait Brel... "Ces gens-là". Ce sont très exactement les gens qui se sont laissé aller vers la richesse et le pouvoir, les gens marqués par le sacrement du buffle, ainsi que les baptisa Heinrich Böll. Vois-tu Lucien l'âne mon ami, il s'agit précisément de cette couche de population que décrira avec la même amertume vingt à trente ans plus tard, car ils sont toujours là, cet autre membre du Groupe 47 qu'était Heinrich Böll - car je te le dis en passant, Heinrich Böll comme Erich Kästner, comme Günter Grass ont fait partie de ce groupe d'écrivains qui redonnèrent sa dimension à une littérature allemande qui avait presque entièrement sombré après quelques années de nazisme – à peine douze ans entre l'arrivée d'Adolf H. au pouvoir et son suicide. C'est pourtant cette couche de population qui aujourd'hui encore perpétue cette Allemagne détestable à plus d'un titre : dominatrice, arrogante, grosse, ambitieuse, marchande, avide (Oh ! Surtout, avide !).

 

 

Je vois, je vois de quoi il peut bien s'agir et surtout, de qui. Cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, il faut quand même bien dire que l'Allemagne n'a pas l'exclusivité de ce genre de gens... On les retrouve partout et partout, ils se comportent de la même manière. Et partout et toujours, ils font le malheur du monde. Outre de se rouler dans la mélasse de leur vie gluante de compromissions et de pratiques confortables, ils collaborent sans aucune gêne à l'édification de l'indignité de la société dans laquelle ils se prélassent.

 

 

En effet et tant qu'ils seront là, avec leur mesquinerie et leur prétention, il ne pourra pas être mis fin à la guerre... je parle bien évidemment de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres de tant et tant de temps et qu'ils mènent afin de renforcer leur pouvoir, d'étendre leur domination, de faire proliférer leurs profits, d'imposer le droit d'exploiter les autres... et ainsi de suite. De fait, Erich Kästner a raison de leur dire : « Il n'est pas facile de vous dépeindre sans haine, Et tout à fait impossible sans ironie. »

 

 

Tout comme il a sans doute raison et les événements qui suivirent dans les années 30 en Allemagne, lui ont donné plus que raison, lorsqu'il déclare : « vous avez beaucoup trop de complices, Pour que vous soyez abattus par nous. » Quel carnage, cela ferait, s'il fallait tous les éliminer.... On ne peut donc procéder que par auto-élimination. Pierre Valdo a bien abandonné toutes ses richesses, le jour où il prit réellement la mesure de ce que représentait la "richesse". Il nous faut donc reprendre sans désemparer notre effort, notre tâche tranquille et indispensable et nous remettre à tisser le linceul de ce vieux monde dominateur, arrogant, gros, ambitieux, marchand, avide (Oh ! Surtout, avide !) et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Il n'est pas facile de vous dépeindre sans haine,
Et tout à fait impossible sans ironie.
Vous avez des têtes comme des images détachables
Et, à la place du cœur, un téléphone.

 

Vous savez pertinemment que les cercles sont ronds
Et les jambes d'invalide sont en bois.
Vous parlez aisément, et pour cette raison

Vous êtes jour et nuit – y compris le dimanche – fiers de vous.

 

Dans vos mains, tout devient de la marchandise.
Dans votre âme, brûle une lumière électrique.
Vous mesurez même l'incommensurable
Pour vous, ce qui ne peut être compté n'existe pas !

 

Vous avez d'énormes protubérances à la tête
Presque comme celles que vous avez aux fesses.
Quand vous jouez avec des enfants, vous rougissez,
Vous vivez d'amours programmés.

 

Vous ne chantez jamais (même pas en août)
De jolie chanson de Noël dans la rue.
Vous n'êtes jamais heureux et vous êtes toujours envieux.
Et vous pensez, si vous pensez, par le nez.

 

Vous faites un inlassable éloge de notre temps,
Tout comme vous vous réjouissez tant de vos tantièmes.
Votre intellect se couvre d'une double épaisseur
Vous ne pouvez connaître la honte même en pleine lumière.

 

Vous avez de l'humour et vous ne pouvez le retenir.
Vous savez beaucoup de choses que vous ne comprenez pas.
Il faut voir comme vous coupez les cheveux en quatre !
C'est à grimper aux murs.

 

On devrait vous faire de petits trous !
Votre dernier cri serait encore du dernier cri.
Toutefois, vous avez beaucoup trop de complices,
Pour que vous soyez abattus par nous.
On ne vous atteint jamais.

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Marco Valdo M.I.
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