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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 08:43

 

CHANSON DES FLEURS ET DU

SILENCE


 

Version française - CHANSON DES FLEURS ET DU SILENCE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Canzone dei fiori e del silenzio – Cantacronache - 1958
Paroles d'
Emilio Jona
Musique de Sergio Liberovici

 

 

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, je pense bien que tu connais les Cantacronache et que tu aimes comme moi leurs chansons aux Cantacronache. Eh bien, voici leur chanson manifeste, la chanson qui en quelque sorte définit leurs idées sur le monde et sur la chanson elle-même. Une sorte de manifeste artistique. C'est la chanson des fleurs et du silence. Du moins, c'est son titre, car pour ce qui est du contenu, elle n'est pas silencieuse, rassure-toi. Bien au contraire, elle affirme nettement leur refus de la chanson vide et de la chanson remplie d'insignifiances. Le genre chanson d'amour : il part, je reviens, je m'en vais, il reviendra... Les yeux bleus, noirs, verts, roses... Je l'aime, il m'aime, on s'aime... J'aime ses yeux, ses bras si chauds, ses jambes si belles, ses cheveux si courts ou si longs, son menton, ses dents, son nombril et sa belle... auto, voix, prestance, carrure... biffer les mentions inutiles. 


Ah, dit Lucien l'âne en découvrant toutes ses dents de rire... Cette sorte de chanson qui passe le mur du çon (merci pour la cédille!)... et qui dégouline de toutes les radios et les télévisions. Les chansons à tubes. Pourquoi un « tube », disait Boris Vian... Parce que c'est creux !.. Bien, mais que dit-elle leur chanson-manifeste aux Cantacronache ?


D'une part, elle dénonce la chanson sirupeuse, la chanson putain qui se vend à qui la paye, qui racole à tous les coins de radios et montre ses charmes, la chanson qui fait l'impudique dans l'impudence... Et en contre-chant, en quelque sorte,la chanson des Contacronache laisse entendre qu'elle ne se soumettra ni elle, ni les Cantacronache aux exigences des maquereaux du marché du disque et du spectacle. En somme, c'est une chanson de combat qui résonne déjà comme raisonnera Jean Ferrat, dans sa fabuleuse et bouleversante chanson « Nuit et Brouillard » Nuit et brouillard, où lui aussi fait état des pressions qu'encourt le chanteur à qui l'on dit (toujours les maquereaux) : 

« Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour,
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire,
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare. »

ou celle de Léo ferré sur la mafia (toujours les maquereaux du buzzenesse) :

« Mais si la mafia se ramène.
T'es ni José ni Carmen,
Quand tu chantes, c'est la bohème,
Et la mafia, elle n'aime pas ça !
Tu vas traînant tes rengaines
Le long de la longue Seine
En crachant sur ceux qui te gênent
Et la mafia, elle aime pas ça! »

ou celle de Maurice fanon, « Avec Fanon », qu'il faudra bien mettre dans les CCG, où il dit, entre autres :

« C'est peut-être en chantant mon cul sur la commode 
Qu'on se fait une chanson à la mode 
Faudra que j'essaye avec Fanon... ».

J'arrête là... Sauf à évoquer quand même l'immense dérision de Jean Constantin dans son tube-scie-rengaine à deux balles, dont le texte intégral est aussi le titre, enfin presque. : « Où sont passées, mes pantoufles ? » [http://www.youtube.com/watch?v=MrhnnmQzjwA]


Oh oui, j'adore Jean Constantin. On avait d'ailleurs mis dans les Chansons contre la Guerre son Shah Shah Persan (un cha-cha, évidemment), tout aussi décapant.Shah Shah Persan. Quant à nous, à notre tour, tissons aussi le linceul de ce vieux monde empli de chansons guimauves, insipides, idiotes, ce vieux monde racoleur, putassier et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


 

 

 

 


On nous dit de chanter
Les bois et les prés

Les amours heureux
Les gens joyeux
Aux paupières
Cousues de fil de fer
Et d'ouate remplies
Les oreilles assourdies.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

 

On nous dit de chanter
Mièvres et amoureux, soyez
Les rythmiques ménestrels
De l'ère industrielle
Soyez des marchands de mirages colorés
Et de cieux dorés
Répandez les illusions
Comme des bulles de savon.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

 

On nous dit de nous taire
Car le silence est d'or
Taire le travail et la misère
Taire la vie encor
Ses moments gris et durs
Taire les amours
Tristes et obscurs
Les fleurs et même, les jours.

 

Et si la roue tourne, laissez-la tourner
Si l'homme s'endort, laissez-le dormir
Si la terre trépasse, laissez-la trépasser
Et si quelqu'un meurt, laissez-le mourir.

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Marco Valdo M.I.
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