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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 13:02

BLANCS ET NOIRS

 

 

Version française – BLANCS ET NOIRS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Bianchi e neri – Nomadi – 1985

 

 

 

 

 

 

Oh, dit Lucien l'âne, voici donc une chanson contre le racisme...

 

 

Sans doute, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I. en levant un sourcil assez circonspect. Sans doute, évidemment.

 

 

Sans doute, évidemment ? C'est l'évidence même. Que veux-tu dire ? Aurais-tu des doutes à ce sujet ?

 

 

Nullement, mais... Je trouve qu'elle est bien plus universelle que cela. Est-ce qu'il t'arrive de jouer aux échecs ou aux dames, par exemple ?

 

 

Certainement. Mais quel est le rapport ? Qu'est-ce que les échecs et les dames peuvent bien avoir à voir avec les blancs et les noirs ?

 

 

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami, c'est l'évidence-même. Il y a dans ces jeux d'un côté, les blancs et de l'autre, les noirs. C'est le cas aussi du jeu de go... Donc, s'agissant de jeux qu'on peut considérer de portée universelle, et de jeux d'affrontement à mort, je crois bien que cela recoupe le thème de la chanson. Elle est donc une sorte de caractérisation, de modélisation de l'affrontement en soi ; de la guerre, en quelque sorte. D'un côté, les blancs ; de l’autre, les noirs. Et ce bon homme au milieu que finalement, on massacre. C'est bien sûr, une chanson contre le racisme, mais aussi contre tout fanatisme, contre tout totalitarisme. Une chanson qui met en cause tout système binaire, tout système exclusif.

 

 

Oui, mais quand même, le bon homme dans la chanson finit par être massacré et « pitié l'est morte » et dès lors, son massacre n'est que le prélude à de plus grands massacres...

 

 

Certes, mais souviens-toi que « Pietà l'è morta » est un chant de la résistance italienne [[740]] et que si l'on replace les pions sur l'échiquier, comme dans la chanson, il y a nettement un agresseur (fascistes, nazis) et un agressé (la population italienne, la résistance). Mais si la « pitié » est mise de côté par les résistants, c'est le temps de mettre fin au conflit. Elle ne prélude pas au massacre, elle vise à sa fin. Et pour retrouver une dimension universelle, dans la Guerre de Cent Mille Ans, on se trouve dans ce même contexte. D'un côté l'agresseur – les riches font la guerre « sans pitié » aux pauvres afin de les asservir, de les dominer, de les exploiter, de les faire travailler à leur profit... de l'autre, un agressé – les pauvres qui n'ont jamais souhaité cette Guerre et qui n'ont comme objectif que d'y mettre fin. Mais, arrêtons-là, on y reviendra.

 

 

Découvrons la chanson et, j'ai bien l'impression qu'elle aussi, comme nous, tisse le linceul de ce vieux monde sans pitié, agressif, mortifère, monstrueux et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

On en était aux jours terribles
Où la guerre éclata.
Un monstre épouvantable
Écrasa les gens et les dévora.
Frère contre frère
Haine contre cœur
Les hommes s'entretuèrent
Pour une simple couleur

 

Dans son jardin, un homme
Cultivait l'espoir
Il aidait avec amour, en somme

Ses frères blancs, ses frères noirs
Il avait aussi une idée
Qu'il portait avec courage.
Comme il aimait la vie de tous
Il lui fallut lutter contre tous

 

Un jour, il vit ainsi ,
Un noir moribond.
Pour le ramener à la vie

Il se donna à fond.

Du coup, les blancs pensèrent
Que c'était un collaborationniste
Son nom en rouge, ils notèrent
Sur leur noire liste

 

Un jour, un blanc fugitif
Qu'on recherchait mort ou vif,

À sa porte vint frapper.
De la mort, il l'a sauvé.
Du coup, les noirs le détestèrent
Comme s'il était leur adversaire.

Ils jurèrent de le punir,
Il lui fallait mourir.

 

Dans une nuit de lune,
Ce bon homme marchait
Sur le crêt d'une montagne
Qui deux vallons séparait.
D'un côté, les blancs l'épiaient
Prêts à le frapper au cœur
De l'autre, les noirs le guettaient
Du fond de leur fureur

 

Les deux coups partirent ensemble
Il tomba avec les yeux révulsés.
Sur son regard étonné,
On étendit un léger voile.
Les noirs heureux exultèrent
Les blancs s'exaltèrent
Ils ignoraient encore qu'à leur porte
La pitié était morte.

 

 
BLANCS ET NOIRS

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