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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 22:57

Birgit Treuhand, liquidator

 

Canzone française – Birgit Treuhand, liquidator – Marco Valdo M.I. – 2013

Histoires d'Allemagne 93

An de Grass 94

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

 

 

 

Cette Histoire d'Allemagne, comme toutes les précédentes, est en fait la transposition d'un récit en chanson et comme pour chacune des précédentes, on entend un narrateur particulier ; en l'occurrence, une narratrice qui débite un monologue autojustificateur. C'est une sorte de lamentation dans laquelle elle tente de justifier le retentissant échec de l’Exposition universelle de Hanovre dont elle était le Commissaire général et le massacre économique qu'elle a mené en dirigeant la Treuhand jusqu'à sa fin en décembre 1994... Un office public chargé de remettre sur pied l'économie de la République Démocratique. Ici, dans la chanson, on l'appellera Brigit Treuhand, pour rappeler le forfait.

 

 

Fille de banquier failli, elle s'y connaissait donc en faillite et su mener au port celle de presque toute l'économie de la Démocratique en faisant profiter de ses dépouilles les prédateurs de la Fédérale. Ce fut une formidable arrivée de sang frais pour les vampires du privé, un massacre pour les travailleurs (elle a créé plus de deux millions de chômeurs...), un désastre pour les régions concernées et une fameuse saignée pour le pays tout entier. On verra ça dans la chanson. Un journal économique français de l'époque décrit l'affaire comme suit : « Chargé de liquider les entreprises non rentables, l'office a supprimé des pans entiers de l'industrie est-allemande, laissant sans emploi 2 millions de personnes. Plusieurs entreprises ont été sacrifiées sur l'autel de la concurrence avec l'Ouest, comme la compagnie aérienne Interflug ou les mines de potasse de Bischofferode. Des dizaines de cas d'escroqueries ont été découverts, impliquant parfois des membres de la Treuhand: privatisations bradées, subventions détournées, actifs de sociétés pillés par leurs nouveaux propriétaires. Enfin, alors qu'elle prévoyait de générer des bénéfices, la Treuhand laisse une ardoise de 270 milliards de DM... » Ceci dit, on est vraiment dans un univers orwellien. Imagine avec tout ça que Treuhand peut se traduire par Fiduciaire, société de confiance, « en main de confiance, en de bonnes mains ».

 

 

Orwell n'aurait pas trouvé mieux, dit Lucien l'âne en riant.

 

 

Le pire de tout, c'est que c'est le modèle de ce qui se fait actuellement en Grèce (REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN...) et qui se met en place ailleurs ; en fait, dans chaque pays d'Europe. On trouve des aventures similaires ailleurs dans le monde... En fait partout où on privatise... et on privatise partout. Et toutes les sirènes du politiquement correct sonnent dans le même sens avec un bel unisson. Et, si l'on n'y prend garde, les mêmes méthodes vont donner les mêmes résultats.

 

 

C'est évident, dit Lucien l'âne. Ce sont des comportements de chacals, des mœurs parasitaires, phagocytaires... Mais en somme, elle ne faisait que répéter ce que le Reich précédent avait systématiquement réalisé dans l'ensemble des pays conquis par ses armées. Encore une fois, nous avons plus que raison de tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde escroc, vampire, privatiseur, dépeceur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

J'ai beau être une femme

Rien ne peut m'entamer

Je suis dure comme l'acier

Je suis brillante comme la flamme

 

 

J'aime voir le soleil se coucher

Sur les bords de l'Elbe, l'été

J'envie les vagues et les flots

Quand je vois passer les bateaux

L'eau au ras de la ligne

Qui vont et viennent

De la mer à Hambourg

Et retour

 

Ils m'appellent Treuhand maintenant

C'est papa qui serait content

Lui qui était banquier et qui a fini

Failli

Moi, je ne cours aucun danger

Aucune enquête ne peut m'entamer

Secret d'État sur tous mes dossiers

Privatisation, vitesse, opacité

 

Vite, vite, vite, la course est lancée

Faut tout liquider d'ici la fin de l'année

On paye à la prime, sans discuter

Je vends un peuple entier

 

Certains trouvent ça indécent

J'encaisse des milles et des cents

J'achète les investisseurs à crédit

Les mafieux de tous les pays se sont unis

Aigrefins, affairistes de l'Ouest se sont servis

Après, ni vu ni connu, c'est fini

 

Deux cent septante milliards envolés

En somptueuses affaires un peu partout.

J'ai dit envolés... On ne sait pas où.

Secret d'État. Faut pas chercher.

 

 

Et cette exposition universelle, parlez m'en

Avec les billets subventionnés

On a réussi à perdre des milliards

C'était du grand art

Des milliards encore une fois

Tout ça grâce à moi, à moi, à moi

 

J'ai beau être une femme

Rien ne peut m'entamer

Je suis dure comme l'acier

Je suis brillante comme la flamme

 

 

J'aime voir le soleil se coucher

Sur les bords de l'Elbe, l'été

J'envie les vagues et les flots

Quand je vois passer les bateaux

L'eau au ras de la ligne

Qui vont et viennent

De la mer à Hambourg

Et retour

Birgit Treuhand, liquidator

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