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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:41

UN DICTIONNAIRE DE FRANÇAIS





Version française - UN DICTIONNAIRE DE FRANÇAIS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne - Un dizionario di francese – Riccardo Venturi – 1° marzo 2013



Texte de Riccardo Venturi
Musique du Chat Noir Redelnoir (Roi du Noir)
(qui vient de rentrer à la maison)







Il se dit que Gaetano Bresci, lorsqu'il fut enfermé dans la prison de Santo Stefano, sur l'île de Ventotene, se hasarda à demander s'il pouvait avoir quelque livre. C'était un homme de bonne culture, autodidacte, et il était particulièrement doué pour l'apprentissage des langues ; émigré à Paterson (New Jersey – USA), il avait été parmi les quelques Italiens à avoir appris rapidement, et parfaitement, la langue anglaise. La direction de la prison où il avait été enterré vivant, et d'où il sortira mort pas plus de deux ans après, lui répondit qu'à ce moment, dans la bibliothèque de la prison, on ne trouvait que deux livres : une bible et un vieux dictionnaire scolaire de français. Gaetano Bresci demanda le dictionnaire et il lui fut concédé. Il se mit à apprendre le français à partir de ce dictionnaire défraîchi, en mettant en mémoire mot sur mot et sans rien pouvoir écrire ; l'apprentissage linguistique réduit à sa nudité : le mot. Même lorsqu'il fut retrouvé mort dans sa cellule, officiellement suicidé, mais avec beaucoup de doutes à ce sujet et des doutes fondés, le vieux dictionnaire de française était là près du cadavre.



Je me suis imaginé quelques-uns des mots que Gaetano Bresci pouvait avoir cherchés dans ce volume pour les apprendre et qui furent les uniques témoins de sa mort.

 

 

 

Riccardo Venturi

 

 

 

 

 

Moi, dit Lucien l'âne, comme Riccardo Venturi, qui a fait ici une bien belle chanson, je reste persuadé que Gaetano Bresci a été purement et simplement suicidé... Et mieux encore, j'imagine qu'il l'a été sur ordre direct de celui qui avait fait semblant de le gracier... Car, de ce qu'on en sait, Gaetano Bresci était un homme paisible et en quelque sorte, un prisonnier calme et modèle.

 

 

De fait, Gaetano Bresci ressemblait bien au portrait que tu en fais. Ses relations avec son entourage était des plus neutres et pacifiques. En somme, il ne faisait pas de vague et cette histoire du dictionnaire le montre bien. Mais, dit Marco Valdo M.I., dans cette Guerre de Cent Mille Ans, les riches et les puissants ont une telle peur au ventre, une telle trouille – ils y tiennent à leurs privilèges, à leurs petites affaires et à leurs rogatons... – qu'ils n'hésitent pas à liquider ceux qui les ont mis en cause... Car, vois-tu Lucien l'âne mon ami, malgré ses apparences calmes, malgré ses moments d'apparents armistices, la Guerre de Cent Mille Ans n'est pas une guerre pour rire, c'est un combat à mort et cette dernière est appliquée par les puissants et les riches sans sourciller et sans remords. Souvent comme ici, sournoisement. Dans le cas de Gaetano Bresci, s'il ne fut pas tué tout de suite, c'est qu'il eût sans doute été gênant de l'exécuter au moment où commençait un nouveau règne... Il fut sans doute considéré qu'il était plus politique de le gracier d'abord et de le faire disparaître, ensuite.

 

Ah, dit Lucien l'âne, on donne d'une main et on reprend de l'autre, le lendemain. C'est comme dans le catéchisme de la Camorra où l'on prévoyait, dit-on, ce joli commandement : « Si on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche et tire après ». Ce n'est d'ailleurs pas le seul cas d'opposant au système qu'ils ont suicidé en prison... Ainsi que le raconte l'Histoire d'Allemagne de l'année 1972, où l'on parlait de Tortures et Suicides d'État [[41596]]. Comme quoi, nous devons mener notre tâche sans discontinuer et tisser ainsi le linceul de ce vieux monde emprisonneur, dissimulateur, vil, sournois, hypocrite, menteur, suicideur et cacochyme.

 

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Prigione, Prison.

 

Au delà du mur, par contre, de chaque mur de pierres ,
Quelque chose apporte des traces de vent
et de mer.

 

 

Catena, Chaîne.

 

Les bras, les mains asservies au poids du silence trop lourd
que je supporte ; en feuilletant des pages, des mots, tour à tour.

 

 

Luce, Lumière.

 

Comme née de rafales de sel, parfois violente
Et d'autres fois, sans nerf, vide,
Muette.

 

 

Potere, Pouvoir.

 

Du fond de cette page, jaillit une étincelle Inconnue mais toujours présente
De rage .

 

 

Guardiano, Gardien.

 

Hargneux, fait de pierre d'une poussiéreuse obéissance au néant,
d'une pauvreté d’engrenage sec,
d'un cri.

 

 

Merda, Merde.

 

J'apprends cet éclatant,

Ce magnifique mot d'histoire
En remplissant le pot dérisoire
De mes excréments.

 

 

Pensiero, Pensée.

 

Le vol pendant les heures sombres et infinies,
De bruits qui demandent de la vie cachée
Et défaite.

 

 

Il Re. Le Roi.

 

Je ne peux m'empêcher

De presser mon doigt sur ce mot,
comme sur cette détente

Dans le parc en juillet dernier.

 

 

La Morte. La Mort.

 

On traîne et patiente

L'Institution prévoyante,
Prépare une sobre cérémonie et la tombe
Dans la terre sombre.

 

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