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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 15:46

TRÈS SAGES CONTEMPORAINS

 

 

 

Version française - TRÈS SAGES CONTEMPORAINS – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande - Zeitgenossen, Haufenweise – Erich Kästner – 1929

 

Lärm im Spiegel, 1929

 

 

 

 

Quand Erich Kästner s'adresse à ses Très sages contemporains, on est en 1929 et il ne s'adresse évidemment qu'à une partie de ses contemporains, qu'à une partie de ceux qui vivent autour de lui. Ceux qu'on pourrait appeler comme disait Brel... "Ces gens-là". Ce sont très exactement les gens qui se sont laissé aller vers la richesse et le pouvoir, les gens marqués par le sacrement du buffle, ainsi que les baptisa Heinrich Böll. Vois-tu Lucien l'âne mon ami, il s'agit précisément de cette couche de population que décrira avec la même amertume vingt à trente ans plus tard, car ils sont toujours là, cet autre membre du Groupe 47 qu'était Heinrich Böll - car je te le dis en passant, Heinrich Böll comme Erich Kästner, comme Günter Grass ont fait partie de ce groupe d'écrivains qui redonnèrent sa dimension à une littérature allemande qui avait presque entièrement sombré après quelques années de nazisme – à peine douze ans entre l'arrivée d'Adolf H. au pouvoir et son suicide. C'est pourtant cette couche de population qui aujourd'hui encore perpétue cette Allemagne détestable à plus d'un titre : dominatrice, arrogante, grosse, ambitieuse, marchande, avide (Oh ! Surtout, avide !).

 

 

Je vois, je vois de quoi il peut bien s'agir et surtout, de qui. Cependant, Marco Valdo M.I. mon ami, il faut quand même bien dire que l'Allemagne n'a pas l'exclusivité de ce genre de gens... On les retrouve partout et partout, ils se comportent de la même manière. Et partout et toujours, ils font le malheur du monde. Outre de se rouler dans la mélasse de leur vie gluante de compromissions et de pratiques confortables, ils collaborent sans aucune gêne à l'édification de l'indignité de la société dans laquelle ils se prélassent.

 

 

En effet et tant qu'ils seront là, avec leur mesquinerie et leur prétention, il ne pourra pas être mis fin à la guerre... je parle bien évidemment de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres de tant et tant de temps et qu'ils mènent afin de renforcer leur pouvoir, d'étendre leur domination, de faire proliférer leurs profits, d'imposer le droit d'exploiter les autres... et ainsi de suite. De fait, Erich Kästner a raison de leur dire : « Il n'est pas facile de vous dépeindre sans haine, Et tout à fait impossible sans ironie. »

 

 

Tout comme il a sans doute raison et les événements qui suivirent dans les années 30 en Allemagne, lui ont donné plus que raison, lorsqu'il déclare : « vous avez beaucoup trop de complices, Pour que vous soyez abattus par nous. » Quel carnage, cela ferait, s'il fallait tous les éliminer.... On ne peut donc procéder que par auto-élimination. Pierre Valdo a bien abandonné toutes ses richesses, le jour où il prit réellement la mesure de ce que représentait la "richesse". Il nous faut donc reprendre sans désemparer notre effort, notre tâche tranquille et indispensable et nous remettre à tisser le linceul de ce vieux monde dominateur, arrogant, gros, ambitieux, marchand, avide (Oh ! Surtout, avide !) et cacochyme.

 

Heureusement !

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Il n'est pas facile de vous dépeindre sans haine,
Et tout à fait impossible sans ironie.
Vous avez des têtes comme des images détachables
Et, à la place du cœur, un téléphone.

 

Vous savez pertinemment que les cercles sont ronds
Et les jambes d'invalide sont en bois.
Vous parlez aisément, et pour cette raison

Vous êtes jour et nuit – y compris le dimanche – fiers de vous.

 

Dans vos mains, tout devient de la marchandise.
Dans votre âme, brûle une lumière électrique.
Vous mesurez même l'incommensurable
Pour vous, ce qui ne peut être compté n'existe pas !

 

Vous avez d'énormes protubérances à la tête
Presque comme celles que vous avez aux fesses.
Quand vous jouez avec des enfants, vous rougissez,
Vous vivez d'amours programmés.

 

Vous ne chantez jamais (même pas en août)
De jolie chanson de Noël dans la rue.
Vous n'êtes jamais heureux et vous êtes toujours envieux.
Et vous pensez, si vous pensez, par le nez.

 

Vous faites un inlassable éloge de notre temps,
Tout comme vous vous réjouissez tant de vos tantièmes.
Votre intellect se couvre d'une double épaisseur
Vous ne pouvez connaître la honte même en pleine lumière.

 

Vous avez de l'humour et vous ne pouvez le retenir.
Vous savez beaucoup de choses que vous ne comprenez pas.
Il faut voir comme vous coupez les cheveux en quatre !
C'est à grimper aux murs.

 

On devrait vous faire de petits trous !
Votre dernier cri serait encore du dernier cri.
Toutefois, vous avez beaucoup trop de complices,
Pour que vous soyez abattus par nous.
On ne vous atteint jamais.

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Marco Valdo M.I.
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