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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 19:31

SOUVENEZ-VOUS DE CHICO

 

Version française – SOUVENEZ-VOUS DE CHICO – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Ricordati di Chico – Nomadi – 1991

 

Texte et musique de Beppe Carletti

 

 

Ah, Lucien l'âne mon ami, on est parfois fatigué ou peut-être à court d'inspiration ou distrait … Que sais-je ?

 

 

Que grommelles-tu, Marco Valdo M.I. mon ami, aurais-tu des hallucinations ou simplement, es-tu encore plongé dans les brumes du sommeil ?

 

 

Pas vraiment... Il y a seulement que je m'en veux de n'avoir pas fait de commentaire à la canzone "Chico Mendes" des Gang , que j'ai traduite récemment.

 

 

Et pourquoi donc ? Tu l'as faite convenablement cette version de CHICO MENDES... Je ne vois vraiment pas ce que tu peux te reprocher...

 

 

Moi, je me sens un peu rogneux, car j'aurais dû t'en parler et je vais te dire pourquoi. Tout simplement, car elle est très belle illustration de la Guerre de Cent Mille Ans. Véritablement, c'est presque un symbole... Mais je compte bien le démontrer ici, car celle-ci aussi conte la même aventure, le même épisode de cette lutte sanguinaire que les riches font aux pauvres afin de maintenir d'abord, puis d'étendre leurs pouvoirs, leurs possessions, leurs domaines, leurs richesses et leurs exactions. Sans compter qu'ils accroissent leurs profits, qu'ils développent leurs entreprises, qu'ils rapinent tout ce qui est possible et qu'ils assassinent à tour de bras.

 

 

Rogneux, rogneux ? Que veux-tu dire ?, Marco Valdo M.I. mon ami. Tu as envie de te gratter ? Tu as des démangeaisons ?

 

 

Oui, je me sens gêné aux entournures, ennuyé, embarrassé, en somme, j'ai la rogne... Tu as raison, je crois bien encore usé d'un wallonisme, d'un mot du français de Wallonie. On le trouve par exemple dans une expression qui dit : « Celui qui se sent rogneux, se gratte »... Celui qui est gêné, celui qui est responsable d'une erreur (par exemple), est embarrassé, et si ça le chatouille et bien (qu') il se gratte (au sens figuré, tu le comprends bien)... Ce que je fais pour l'instant. Mais, si tu veux me prêter encore l'oreille un instant, j'en reviens à Chico Mendès. Je voudrais tout particulièrement saluer cet homme qui a avec une grande lucidité su étendre le combat syndical au-delà du corporatisme, au-delà de la revendication à court terme pour le porter au niveau de la revendication humaine. Et là, il y a en quelque sorte un saut qualitatif et aussi, implicitement, l'idée que le vrai combat est celui qui a comme objectif plus d'humanité et non plus de confort, plus de revenus, plus de choses... La revendication du mieux-être à la place de celle du plus avoir.

 

 

À mon sens, dit Lucien l'âne en levant le front, c'est fondamental. Certes, le syndicalisme a raison de mener le combat pour échapper à la misère, pour obtenir de meilleures conditions de vie pour tous, mais il se pervertit dès lors qu'il entend poursuivre comme but le partage des richesses... Partager les richesses revient in fine à partager l'idéologie de la richesse, à passer dans le camp des riches et dès lors, à s'empêcher de combattre vraiment le camp des riches et les exactions qui en découlent. La Guerre de Cent Mille Ans est la conséquence immédiate de cette idée de richesse... et du désir qu'elle suscite. Pour comprendre où mène l'acceptation de l'idée-même de richesse, il suffit de poser la question simple que voici : combien faut-il de pauvres pour faire un riche ?

 

 

Je ne sais pas exactement mais il en faut beaucoup et plus il y a de pauvres et plus les pauvres sont miséreux, plus évidemment le riche est riche. Et si le but est de devenir riche, il faudra créer des pauvres et si possible, le plus grand nombre... Car ça rime à quoi d'être un peu riche ? Une fois qu'on commence à vouloir de la richesse, il en faut toujours plus ; c'est exponentiel, en quelque sorte. Tel est le moteur premier de la Guerre de Cent Mille Ans. Et d'un autre côté, partager la richesse n'a pas de sens logique, puisqu'une fois partagée, elle n'existe plus. Comme quoi, on voit bien que la recherche de la richesse pour tous est une impasse... Ou pire encore, quand on imagine que la planète n'est pas infinie, c’est un véritable suicide collectif. Ce que Chico Mendes avait parfaitement compris et c'est bien pour cela qu'on l'a éliminé.

 

 

Ce qui nous ramène à notre tâche première qui est de mettre fin à ce monde aberrant de la richesse et à lui tisser son linceul à ce vieux monde aberrant, saugrenu, inepte, absurde, avide, avare et cacochyme. (Heureusement!)

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

Les seigneurs de la mort ont dit oui,

Ils ont abattu le plus beau des arbres

Les seigneurs de la mort n'ont pas voulu comprendre

La mémoire reste, on ne tue pas la vie.

L'arbre en tombant a semé

Et dans chaque coin du monde, naîtront des forêts.

C'est sauver les hommes que de sauver les forêts

Car l'homme ne peut vivre de ciment et d'acier.

Il n'y aura jamais de paix, jamais d'amour vrai

Tant que l'homme ne respectera pas la vie

L'arbre abattu n'est pas tombé sans fruit

Avec les forêts, une nouvelle idée de l'homme va pousser.

La route sera longue et innombrables les arbres abattus

Avant que ne triomphe l'idée et que personne ne meure plus.

Homme et forêt vivront ensemble, un jour peut-être

Espérons d'encore y être.

Quand viendra ce jour, souvenez-vous d'un ami

Mort pour les Indiens et la forêt, souvenez-vous de Chico

Quand ce jour viendra, souvenez-vous d'un ami

Mort pour les Indiens et la forêt, souvenez-vous de Chico

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Marco Valdo M.I.
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