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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 14:59

RODEO

 

 

Version française – RODEO – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson italienne – Rodeo - Lucio Dalla – 1976


Paroles de Norisso (pseudonimo di Roberto Roversi)
Musique di Lucio Dalla
Album «Automobili»‎

 

Texte tiré de Zeroincondotta, quotidien autogéré ‎de Bologne.‎

 

 

 

Il y à vingt ans, avec « Automobiles », s'interrompit la collaboration entre Roberto Roversi et Lucio Dalla. Le disque, de toute façon très beau, fut très différent du projet initial, réducteur par rapport au spectacle qui Dalla avait mis en scène (et duquel, tôt ou tard, sortira une version pirate). Une partie des chansons fut écartée, quelques textes furent abrégés. Dans les notes de couverture, les textes sont signés Norisso ; les musiciens qui collaborèrent avec Lucio Dalla étaient : Carlo Capelli, Marco Nanni, Giovanni Pezzoli, Luciano Ciccaglioni, Ruggero Cini, Rodolfo Bianchi, Tony Esposito, Rosalino Cellamare. Mais à réécouter, ces chansons, et à relire, ces textes sur l'automobile et sur l'homme au volant, émergent des images et des catégories très modernes. Et même prophéties de Crash.
« Le futur de l'automobile » est le spectacle chanté d'une idée : ou, disons-le avec simplicité, sera peut-être seulement le projet de ce spectacle chanté. Et notre idée est celle-ci : chacun à sa mode et dans son champ d'intérêt et de travail, mais tous ensemble, nous devons nous hâter à redessiner la carte de l'homme, cet homme de ` 76, qui chaque jour semble brûler sur le papier de cent journaux.

Nous devons chercher à lui redonner un visage (notre visage), un coeur (notre coeur), des sentiments (nos sentiments), un amour (notre amour), même une ombre (notre ombre). Nous devons l'accompagner, lui parler, discuter, l'écouter ; l'écouter surtout dans les instants où se croyant seul il parle ou cherche à parler à haute voix. Nous devons avec un doigt chercher à suivre même la légère poussière de son souffle. Nous le voyons ici avec les pieds sur terre, avec une nouvelle expérience, avec une rage différente, avec ses problèmes qui sont terribles mais même avec sa volonté de comprendre et de vivre le futur. Donc avec le besoin de se mêler et s'unir aux autres pour chercher (Roberto Roversi, 1976)


Aujourd'hui est-il différent d'alors ? Plus compliqué et impossible ? Beaucoup de ces textes, en substance, disent des choses des pertinentes encore aujourd'hui, je crois. Je dirais disaient, tels quels. À part « Les murs du vingt et un », la chanson épique, comme sur la guerre de Troie ; mais qui me donne encore des frissons. Qu'importe ? L'épisode, les paroles de « l'Engorgement » sont-ils tirés d'un journal de 76 ou d'aujourd'hui ? Et « Entevue avec l'Avocat », à part les rides ? Ensuite , il y a Nuvolari, qu'alors beaucoup avaient oublié (mais aujourd'hui j'ai le regret vrai de ne pas avoir obtenu la chanson sur Achille Varzi, l'adversaire lucide et impitoyable ; très moderne personnage de légende ; pour moi le plus grand pilote du siècle, parmi tant de champions).

 

 

nuvolariportrait

 

 

Ainsi « Mille Miglia » un et deux ; films sur des routes encore libres et bordées d'arbres, seulement en partie goudronnées, poussiéreuses, peu éclairées. Pourraient-ils y avoir des courses aujourd'hui, hors des autodromes ? De nuit, au lit, beaucoup entendaient les moteurs lointains rugir. Non, cela ne se pourrait pas ; seule la mémoire, le souvenir, l'oblitération du présent, pour qui de quelque façon les a vues. Le monde d'aujourd'hui est aussi épique mais en mode atroce ; mais les champions sont trop voisins et trop présents, toujours, pour donner les frissons. (Roberto Roversi, 1996)

 

De Zeroincondotta, quotidien autogéré en Bologne.

 

 

 

 

L'asphalte se dénoue en tourniquets,

en courbes défilées.

Les villes petites ou grandes s'éteignent comme des chandelles.

Monte une odeur longue de café

des fenêtres grand ouvertes.

Le dernier rayon de soleil dort sur ton genou.

Ensuite la route se remplit de gens

aux croisements ou sur les boulevards, ils font un barrage

ils font des barrages routiers,

il y a de la fumée dans l'air et on ne voit plus rien autour .

Pneus de caoutchouc, piles, haut-parleurs qui crient,

Femmes et jeunes alignés

Tirent une feuille à travers les vitres baissées,

Parlent d'usines

Parlent de cinq usines occupées.

Le paysage ici est maintenant changé.

Les camions sont arrêtés le long des murs.

La mer a disparu, le vent semble un vent infernal

Il bat et rebat les volets fermés.

Un jeu

Le jeu semble arrivé au rush final.

Ces hommes et les femmes

Disent dix mots,

Ce sont des mots durs comme un caillou,

Ce n'est pas un tison à éteindre sous le talon.

Cette année

Pour la première fois

Nous aurons une récession globale ;

On dit que tout change

Et les hommes le savent

Dans le monde industriel.

On dit qu'il n'en sera pas toujours ainsi.

Même si ces temps sont durs

En arrière

En arrière

En arrière nous ne nous laisserons pas rejeter.

Ils disent dix mots

Ou des mots ils en redisent cent

Tandis que nous reprenons ce voyage.

La vioture court sur un viaduc.

Nous volons comme un planeur

Qui léger étend ses ailes sur les prés

Et nous voyons là dessous

Blanc nu et seul, un homme

Qui agite un violon cassé

Et se bat en duel avec une ombre.

Silence autour

Un silence étrange

Un silence dur

Un beau silence.

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Marco Valdo M.I. - dans Dalla Lucio
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