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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 19:05

RETROUVAILLES DE CLASSE

 

Version française – RETROUVAILLES DE CLASSE – Marco Valdo M.I. – 2013

Chanson allemande – Klassenzusammenkunft – Erich Kästner - 1938

 


 

 

 

 

 

Lucien l'âne mon ami, tu te souviens sans doute qu'ici-même nous avions présenté cette fabuleuse chanson de Jacques Brel, intitulée Les Bourgeois [[38553]], chanson sans aucun doute tirée du répertoire étudiant et donc, due pour l'origine à l'auteur le plus prolifique qui soit : l'anonyme.

 

 

De fait, je m'en souviens très bien et on l'avait même chantée ensemble. « Les bourgeois, c'est comme les cochons ; plus ça devient vieux plus ça devient bête. Les bourgeois c'est comme les cochons ; plus ça devient vieux plus ça devient con. »...

 

 

Exactement et tu vas voir que si elle confirmait une vérité internationale, ancestrale et transhistorique, elle confirmait aussi ce que tu vas découvrir dans cette chanson de 1938, date à laquelle elle fut écrite par Erich Kästner. Cependant, tu l’auras sans doute pressenti à sa date et à l'endroit où vivait Kästner à ce moment, celle de Kästner, qui en français s'intitule « RETROUVAILLES DE CLASSE » si elle vise la bourgeoisie, vise aussi et surtout, les nouveaux riches et les nouveaux maîtres de l'Allemagne que sont les nazis et leurs sympathisants, plus ou moins enthousiastes. Avant d'aller plus loin, je ferai une parenthèse concernant la bourgeoisie allemande, il y avait une partie qui s'opposait nettement au régime et qui  était purement et simplement éliminée – soit par l’exil, soit physiquement par l'assassinat, soit envoyée dans les camps. Une autre part s'est ralliée au régime et même, dans la partie la plus fortunée a financé le parti nazi et l'a porté (notamment, financièrement) au pouvoir ; elle lui a fourni certains de ses cadres. Et puis, il y a celle qui est toujours du côté du pouvoir, quel qu'il soit – pour autant qu'il lui laisse faire ses affaires (grandes ou petites) ; c'est la bourgeoisie souple comme l'élastique, celle qui tient pour principe : « Je suis en commerce, moi, Monsieur ». En fait, le ventre mou, la gélatine sociétale... Bien entendu, elle est comme sont le vin ou le libéralisme : douce quand tout va bien (à ses yeux), demi-sec quand la situation n'en plus aussi favorable à ses profits, sec quand on approche de la confrontation et qu'on remet en cause certains de ses privilèges et carrément brute quand elle se sent menacée ou qu'elle sent qu'elle peut de ce fait accroître démesurément son champ de bénéfices. Mais ici, dans la chanson, il faut comprendre le mot « classe » dans les deux sens du terme : au sens de classe scolaire ou universitaire et classe au sens de « classe sociale ». Bref, Kästner raconte une réunion d'hommes... Je te laisse découvrir comment ils traitent leurs femmes... Et, seul un « juste » ou un plus intelligent, un plus honnête ou un moins con sauve l'homme du bourgeois... Cela dit, c'est une de ces chansons assaisonnée aux épices d'ironie...

 

Alors, écoutons-la. Et reprenons, Marco Valdo M.I., mon ami, notre tâche quotidienne qui est, je sais que tu le sais, mais c'est mieux de le dire et le redire afin que nul ne l'oublie, de tisser le linceul de ce vieux monde bourgeois, intéressé, veule, sclérosé, féroce, bête et cacochyme.

 

 

Heureusement !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

 

Ils ont bu verre sur verre

Et avaient la tête à la blague

Et allaient jusqu'à se tirer le chapeau

Ils étaient bruyants et bien portants

D'un seul moule, mais à l'intérieur creux,

Et ils n'avaient rien à dire.

 

Ils ont fait l'éloge enfin, avec précision

Des formes du corps de leur femme,

De leur seins et de toutes ces choses…

À peine trente ans, et déjà en retard !

Ils étaient assis étendus et gonflés

Comme des cadavres pas tout à fait morts.

 

Là, pour finir, il y en a un qui s'est levé

Et sans hésitation a dit que lui

En avait assez d'eux.

Il leur a souhaité vraiment beaucoup de barbe

Et cent enfants de leur calibre

Et il s'en alla se coucher.

 

Les autres ne voyaient pas très bien,

Pourquoi ce type était parti.

Ils ont rayé son nom.

Et préparé une excursion.

Pour dimanche prochain. À la Maison des Chasseurs.

Mais cette fois avec des dames.

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Marco Valdo M.I.
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