Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 22:20

QUAND ILS SONT VENUS RANÇONNER LES GRECS

 

 

Chanson française – QUAND ILS SONT VENUS RANÇONNER LES GRECS – Marco Valdo M.I. – 2012


Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, depuis le temps que nous disons : « Regardez ce qu'ils font aux Grecs... Ils vont vous le faire à vous » ... C'est encore plus vrai aujourd'hui qu'hier... Le temps est plus proche qu'on ne croit où d'autres pays d'Europe vont devoir subir le même sort... J'en ai fait une petite chanson... La parodie d'une chanson [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=4472]] – une parodie de chanson qui a déjà été utilisée bien des fois, d'une chanson dont on attribue parfois la paternité au bon Bertolt Brecht ou à l'excellent pasteur Niemöller... et cette idée m'est venue à la lecture d'un texte de notre ami Ventu... dont je te lis la traduction :

 

CE N'EST PAS ATHÈNES QUI DOIT BRÛLER, C'EST VOUS !

 

 

 

Hier soir, il m'est advenu de vous voir en direct à la télévision.

 

Elles transmettaient toutes votre horreur livide . Avec vos sombres habits de mort, avec vos cravates de pendus. Cadavres qui bredouillaient de putréfaction. Tandis que dehors, un pays entier était pussé dans le précipice, mais montrait qu'il n'était pas disposé à y tomber sans combattre. Vous là dedans, enfermés, gardés à vue, à blatérer de démocratie, d'assainissement, de croissance et d'autres sottises, en mentant en sachant de mentir. Disposés au mensonge même face au peloton d'exécution, et sans alternative. Cadavres qui tuent, mais qui ne se contentent pas de cela : ils doivent continuer à répéter, machinalement, les formules habituelles auxquelles personne ne croit plus. Le redressement. La croissance. La création de postes de travail ( ah ah ah ah!). Les mesures douloureuses mais inévitables.
Mensonges déclinés en des langues différentes, mais avec les mêmes mots : la réforme du marché du travail, les coupes, les libéralisations. Le tout inséré, naturellement, dans le sarcophage de leur démocratie et de leur légalité. Tout en remettant définitivement la Grèce au bourreau, en sanctionnant la destruction du pays et de son tissu social, ces dépouilles ne perdent pas l'occasion de mener la farce jusqu'à le son point plus insupportable: la condamnation immanquable des violences. Ils ont une peur folle, et cela se voit.

 

Ils savent très bien que ce sont eux , à ce moment précis, qu'ils accomplissent la plus terrible et définitive des violences, contre leur peuple dans sa totalité; ils savent très bien que la vie de centaines de milliers de gens déjà devenue un enfer, à compter d'aujourd'hui n'existera simplement plus. Et les gens accomplissent le seul acte possible: ils se rebellent, il s se révoltent. Ils le savent ceci, mais ils ne renoncent pas à stigmatiser, à inviter à exprimer la désapprobation civilement quand la civilisation, la vraie impose de renverser et balayer ailleurs ses propres assassins sans tenir le moindre compte de leurs règles. Entendez-le, le premier ministre Papadimos, pendant qu'il affirme que "le vandalisme et la destruction n'ont pas de place dans la démocratie", vraiment pendant que lui et sa "démocratie" vandalisent et détruisent tout. Ce sont eux, le "bloc noir": un bloc noir de peste qui a infecté toute l'Europe, en Grèce comme en Italie, en Espagne, en France, et même en Allemagne.

 

En voyant brûler tout autour d'eux, ils comprennent qu'ils sont arrivés à un point de on ne revient pas. Ils sentent la haine qui avance sans trouver obstacles. Ils sentent qu'ils ont perdu tout contact possible. Usuriers, profiteurs, serviteurs du pouvoir financier qui a enfin accompli sa mission de tout privatiser. En Grèce, la patience face à tout ça a cessé; et ils auront envie, ces cadavres en cravate, de mettre en action leur police et leurs journaux qui encore une fois ne trouvent rien de mieux, qu'appliquer aussi le théorème des "black bloc" en sachant que,maintenant, on leur rit à la figure. Parce qu'à Athènes, hier, la réalité est que des dizaines de milliers de gens applaudissaient les anarchistes qui mettaient le feu au centre commercial et à la banque. Ils les applaudissaient, et selon toute probabilité, ils les auraient encore applaudis plus s'ils étaient allés mettre le feu au "Parlement" des assassins d'État. Avec quelle vigueur les flammes usaient le "Starbucks", mais dans ces flammes, ils brûlaient en réalité cadavres barricadés dans leur palais qui existe encore seulement car il a été protégé par une disposition énorme d'hommes armés.

 

Tous écrivent , aujourd'hui, qu'"Athènes" brûle ou que "la Grèce" brûle. L'écrivent jusqu'aux journaux de régime, parce qu'il est clair maintenant qui et ce qui est en train de brûler vraiment dans les flammes qui se sont allumées hier soir à Athènes et dans celles qui s'allumeront aussi, peut-être un jour ici quand ces mêmes mensonges auront terminé leur cycle. Dans ces flammes, sont en train de brûler, les patrons, les maîtres chanteurs, les usuriers. Eux doivent brûler, pas Athènes. Brûler sans qu'il n'en reste rien !

 

Pubblicato da Venturik a

 

 

Il a drôlement raison, Ventu, dit Lucien l'âne venu de la Grèce la plus ancienne et la plus cultivée. Et je trouve que ta chanson montre bien le destin qui attend l'Europe si on laisse faire ces vampires. Tes Histoires d'Allemagne [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?id=38261&lang=it]] montrent bien comment tout cela se développe... On est en plein dans un épisode de cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches (d'où et de quelque époque qu'ils soient) font aux pauvres afin de maintenir leur pouvoir, d'accroître leurs richesses, de multiplier leurs privilèges, d'écraser toute possibilité de libération de l'homme face au travail obligatoire, d'imposer l'exploitation, de satisfaire leurs caprices et de nourrir leurs ambitions, d'alimenter leurs délires phagocyteurs. L'Europe se meurt, l'Europe étouffe, ils l'étranglent un peu plus chaque jour... Pour l'instant les vautours s'acharnent sur le cadavre de la Grèce, mais demain ? À qui le tour ? Aux Portugais ? Aux Espagnols ? Aucun peuple n'est à l'abri de ces charognards... Et tout ceci, Marco valdo M.I., mon ami, me renforce encore dans ma volonté de chaque jour tisser le linceul de ce vieux monde charognard, puant, décrépit, mortel et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Quand ils sont venus rançonner les Ossies
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Ossie.

 

Quand ils sont venus rançonner les Grecs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Grec.

 

 

Quand ils sont venus rançonner les Portugais
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Portugais.

 

 

Quand ils sont venus rançonner les Espagnols
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Espagnol.

 

 

Quand ils sont venus rançonner les Italiens
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Italien.

 

 

Quand ils sont venus rançonner les Français
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas Français.

 

 

Puis ils sont venus me rançonner
Et il ne restait plus personne

Pour protester.

 

Par Marco Valdo M.I. - Publié dans : Marco Valdo M.I.
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