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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:52

PRÈS DE LA SEINE

Version française - PRÈS DE LA SEINE – Marco Valdo M.I. – 2012

d'après la version italienne VICINO ALLA SENNA de Gian Piero Testa

d'une

Chanson grecque – Κοντά στο Σηκουάνα – Stavros Xarhàkos/Σταύρος Ξαρχάκος – 1993

 


van-gogh-bord-de-seine-1887.jpg

 

Bords de Seine - Vincent Van Gogh - 1887

 

 

 

Une chanson restée, je crois, presque inconnue malgré les trois monstres sacrés - peut-être dépassés maintenant depuis longtemps – qui participèrent à sa composition et à son interprétation. Le texte est de Nikos Gatsos, près de laisser ses deux amis: Stavros Xarhàkos, qu'il écrivit la musique et Nanà Moùskouri, qu'il l'interpréta. Nous sommes en 1993 mais, comme un éclair sinistre, la mémoire, ou l'imagination éclaire le début lointain de la guerre en France. Le pressentiment d'une personne "différente", l'effarement des gens absorbés par leur habituelle joie de vivre, les avions en vol rasant sur la Seine, la cloche qui interrompt ses coups car il y n'a pas de prière qui vaille. "Mon Europe, fleuve sombre."..

 

En marge: j'éprouve toujours une émotion, quand je lis les toponymes français en version grecque: la Seine qui est encore Sikouana, et puis Andipolis (Antibes), Nikea (Nice), Massilia (Marseille) etc. D'autre part, pour les Grecs, les Français sont toujours des Gaulois. Ils disent Francs aussi, mais dans ce cas, ils entendent, depuis les temps des Croisades, tous les gens d'Europe Occidentale. (gpt)

 

 

&&&&&&&&&&&&&&&

 

 

Regarde, Lucien l'âne mon ami, Gian Piero Testa a trouvé à son tour une chanson qui parle des avions qui soudain surgissent du ciel... Une sorte de vent de nulle part [[1406]]. Un peu, tu t'en souviendras certainement, comme dans la chanson des Yoyo Mundi «Le jour où vinrent les avions » [[8504]] ou dans celle du bombardement [[42574]]. Et en plus, non seulement, c'est une fort belle canzone qui raconte comme incidemment l'arrivée des avions sur les rivages de la Seine ; soit d'une manière lointainement poétique, les débuts de l'invasion de la France par les Allemands... Celle de 40, bien entendu.

 

 

Poésie pour poésie, il me semble, dit Lucien l'âne en redressant ses deux oreilles, qu'il y a là comme une peinture des bords de Seine, une peinture qui rappelle certains moments de l’impressionnisme, une certaine douceur qui va être broyée par la machine qui se met en route. Ce n'est encore qu'une rumeur... mais. Il y a comme un rappel d'Apollinaire, une sorte de réminiscence du Pont Mirabeau, si bien chanté par Léo Ferré et que tu évoquais dans la Grande Esplanade [[8775]].

 

 

Cette impression transparaît dans le commentaire de Gian Piero Testa quand il évoque les noms grecs des villes françaises... Ce n'est pas là nostalgie, c'est bien plutôt l'affirmation d'un passé, souvent passé sous silence. Il est bon de rappeler cette histoire d'avant le grand Zéro et pour que les choses soient claires : on appelle le grand Zéro, non pas une personne comme on pourrait le croire, mais le moment à partir duquel on compte les années – par exemple, nous sommes dans l'année 2013 après le grand Zéro (ou le moment Z, qui pourrait tout aussi bien signifier Zein, vivre ou être, ce qui est la même chose), c'est-à-dire que l'on compte l'An Un (qui va du moment Z au 31 décembre 01), l'an Deux... et dans l'autre sens, l'an moins Un... Il est bon de montrer les origines gauloises, franques, celtes des peuples d'Europe, d'une part et leur interpénétration si ancienne avec les cousins grecs – Achéens, Doriens, que sais-je, tout se mélange. De rappeler que les descendants de Cro-Magnon rencontrèrent ceux d'Atrée ou d'Égée... Il y avait de grands mouvements de peuples... C'est ainsi que la culture grecque fit son chemin par ici, il y a déjà si longtemps. Au moins dans les villes que cite Gian Piero Testa.

 

 

Oh oui, moi-même, en ces temps-là, j'ai parcouru les territoires tout au tour de la Méditerranée et je suis allé jusque aux rives de la Baltique et de la Mer Noire... J'ai passé l'Elbe, l'Èbre, le Danube, j'ai vu la Néva... Je voyageais de mon petit pas d'âne, avec des marchands, avec des saltimbanques, avec des gens qui cherchaient je ne sais quoi... Un autre monde, peut-être ; les confins de la terre...

 

 

J'aimerais quand même revenir un instant sur le mot que Gian Piero Testa, selon la tradition italienne, utilise pour désigner les « gens », les « humains »... Que disait-il en utilisant ce mot « cristiani » ? Je voudrais rappeler notre sentence : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »... Comment ne pas voir dans ce tropisme strictement péninsulaire, cet usage du mot « cristiani » pour désigner tous les hommes, la main-mise de l'Église sur toute la société italienne... Car il y a là une ambiguïté colonisatrice du « cristiani » (cristiano) italien, qui bien évidemment n'est pas de mise dans le reste de l’Europe. Ainsi, comme le dit justement Gian Piero Testa, les Grecs appellent « Francs » les habitants de l'Europe occidentale ou « Gaulois », les gens de nos régions et nous appelons « Germains », nos voisins du Nord et de l'Est ou « Slaves », d'autres plus lointains encore... Cela n'a pas de conséquence et se réfère à des populations, depuis lors fortement mêlées.

 

 

 

 

Ah, dit Lucien l'âne en éclatant d'un rire franc … Comme Boris Vian, usant d'une bonne dose d'acide comique, on le fait même par plaisanterie, par ironie...

 

« Nos ancêtres les Gaulois
Cheveux blonds et têtes de bois
Longues moustaches et gros dadas... » [[41653]]

 

 

Faut rigoler en effet, Lucien l'âne mon ami, faut rigoler car il est vain de se prendre au sérieux. Cela dit, je vois aussi une autre interprétation possible de la canzone et elle est terrible dans la mesure où elle me semble présente dès sa création et qu'elle est de surcroît, comment dire, subliminale... Ce qui est une autre façon de parler de l'inférence poétique. « Les gens retiennent leur souffle »... Je fais écho ici à ce qui se passe actuellement en Grèce et à l’antienne : « REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT DEMAIN ».... En Grèce actuellement, on n'en est plus à la rumeur, les bombardements ont déjà commencé et durent depuis des mois et des mois. Ce sont des bombardements de mesures vexatoires, de rudes impositions, de règlements de comptes, aussi mortels que les bombes incendiaires. Disons qu'ils tuent un peu plus lentement, mais ils écrasent bien des vies, ils détruisent bien des choses... Et ce n'est pas fini, on en annonce encore une vague... Et je pressens que chaque jour se rapproche le jour où ce sera notre tour... Peu importe où l'on vit en Europe, nous sommes au cœur de la Guerre de Cent Mille Ans et les riches (alias partisans du libéralisme) mènent des offensives d'une brutalité inouïe sous le masque de la paix et de la recherche de la prospérité. Mais qui les croira qui n'est pas de leur bord ? Qui pourrait les croire qui ne se soumet pas à leur diktat ?

 

Absolument personne... Personne ne peut croire à de telles contre-vérités, à une telle propagande... Ainsi va leur monde … Mais, je me souviens de ta devise personnelle et si tu permets, je vais ici la révéler... Elle tient en quatre petits mots : « Ne jamais se soumettre ». Je sais que c'est elle qui te conduit à me rejoindre dans cette tâche immense qui consiste à tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde infantile dans son goût de la richesse et de la possession des choses, riche et possessif donc, avide, pervers et cacochyme. (Heureusement !)

 

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Près de la Seine

Sonnait une cloche

Dans les rues, flânaient les promeneurs

Et l’amour parlait au cœur.

 

 

Au bord de la Seine

Une étrange Gitane

À terre, jette sa couronne nuptiale

Et stupéfaite, la foule la regarde

 

 

Près de la Seine

Une cloche fait silence

Au bord de la Seine,

Une Gitane crie

 

Par dessus la Seine

Oiseaux et avions

Mon Europe, fleuve sombre

Creusent le ciel d'un sillon.


Près de la Seine

Une cloche fait silence

Au bord de la Seine,

Une Gitane crie

 

 

Sur la berge de la Seine

Une cloche fait silence

Le long de la Seine

Les gens retiennent leur souffle.

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