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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 20:10

PEAU DE MULE

 

Version française – PEAU DE MULE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson italienne – Pelle di mulo – Secondamarea – 2009

 

 

Vers de Manlio Massole, classe 1930, ‎mineur et poète originaire de Buggerru, petit pays de la province de Carbonia-Iglesias

Miniera, Photo de Vittorio Giannella ‎tirée de la revue “Airone” n.160/94 ‎


« À vous tous. Mineurs, hommes. Enseignez-nous le souvenir. Racontez-nous le travail. À vous tous mineurs va notre rêve le plus précieux. » ( de « Croci », une autre chanson du même disque).

 

Comme tu le devines, Lucien l'âne, j'ai pensé à toi et à nos sentences quand j'ai traduit cette chanson. Quand on la regarde bien, cette chanson où les bêtes de somme deviennent révolutionnaires et où celui qui a un livre dans sa maison – le « manovale intellettuale » - est reconnu par les mineurs pour ce qu'il est : un des leurs, elle raconte – dirait-on – un peu notre histoire. Vraiment elle me botte bien, cette chanson.

 

J'imagine fort bien cela, dit Lucien l'âne en dressant tous les poils de son échine. Surtout qu'il y a là un mulet qui parle, c'est un proche parent et bien qu'il soit croisé (ce que, comme tu le vois, je ne suis pas), il est comme moi, un somaro, une bête de somme et traité comme tel. Mais « Noi, non siamo cristiani, siamo somari » et bien décidés à le rester. Bêtes de somme, nous sommes. Bêtes de somme, nous restons. Quant au bâton sur le dos, tu connais aussi bien notre antienne : « Ni la carotte par devant, ni le bâton par derrière »... En somme, comme dit ton ami Léo Ferré : « Ni Dieu, ni Maître » [[4715]] ou comme tu le dis toi autrement : Sans crucifix, sans religion...

 

Oui, exactement et tu peux y ajouter : Ora e sempre : Resistenza ! Et comme la deuxième chanson présentée ici, Miniera, elle peut être dédiée aux mineurs de Sardaigne en lutte pour la sauvegarde de leurs emplois. Ceux-là, ce sont des têtes dures, de vraies têtes de mule, précisément. Comme les bergers – sardes eux-aussi – qui manifestaient pareillement, il y a quelques mois. Il y aurait beaucoup de choses à dire à propos de la mine, des mineurs et des bergers sardes, mais aussi du comportement des « continentaux » à leur égard.

 

À propos de dédicace, cette chanson, on pourrait bien la dédier également aux mineurs sud-africains qui ont été massacrés, il y a quelques jours par la police envoyée sur les lieux pour faire « régner l'ordre » et les obliger à reprendre le travail. Là-bas, c'est « Marche ou crève »... D'ailleurs, c'est la logique du système mis en place par et pour les riches... C'est la logique qui se cache sous la devise libérale : « Arbeit macht frei ! ». Celle qu'on peut résumer autrement par « Pas de travail, pas à manger » et c'est cette oppression-là que d'une façon ou d'une autre il faut faire disparaître à jamais. Et regarde aussi ces deux vers :

« À un à un, tous les hommes

Répondront au nom d' homme »...

Ils me rappellent cette idée qui nous tient tant à cœur à savoir que l'homme est encore à faire ; l'homme humain, l'humaine nation entièrement débarrassée des scories de la richesse, débarrassée de la tumeur pesante de l'avidité, de la cupidité, dégagée enfin du poids des choses, libérée du poison de l'ambition et de son indécente appétence pour la domination, guérie enfin de son infantilisme... Et remarque aussi, ce « un à un » qui d'une certaine manière rappelle nos jours où avec cette infinie patience, nous tissons le linceul de ce vieux monde malade de la richesse, oppresseur, criminel, affameur, ambitieux, avide et cacochyme.

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

J'ai pris la croix

De mes gens en croix.

Maintenant moi aussi,

J'ai le regard

Du mulet à la longe.

Huit heures nous servons d'esclaves

Huit heures transformés en bêtes de somme

Les hommes, ce sont eux, les maîtres du monde.

Mais ce n'est pas un secret

Que nous préparons luttes et victoires

Pour brûler toutes les peaux de mulet.

 

À un à un tous les hommes

Répondront au nom d' homme.

J'ai senti sur mon dos

Le bâton qui fait les rebelles:

Si je prends la vernaccia chaude parmi les amis

Personne ne dira plus: C'est lui

Qui a sa maison pleine de livres.

 

 

MINATORI

Version française – MINEURS – Marco Valdo M.I. – 2012

Aux mineurs de la Carbosulcis qui protestent dans les entrailles de la terre, un salut d'une courte poésie de Manlio Massole:‎

Nous avons nos cœurs ouverts à tous vents.

Sur nos corps vendus,

Sur nos âmes rebelles,

Une à une se sont greffées

Toutes les douleurs du monde.

 

 

 

 

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