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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 22:39

PALIMPSESTE

 

 

Version française – PALIMPSESTE – Marco Valdo M.I. – 2012

Chanson chilienne (espagnol) – Palimpsesto – Inti-Illimani - 1981

 

Texte de Patricio Manns
Musique de Patricio Manns et Horacio Salinas

 

 

 

 

 

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, je te vois là bien perplexe et terriblement concentré... Aurais-tu quelque souci ?

 

 

Tu me vois comme je suis, Lucien l'âne mon ami. Et tu vois mon souci, sans trop pouvoir dire quel il est... Sauf sans doute qu'il a quelque lien avec la chanson qu'il m'a été proposé de traduire...Qui plus est, c'était il y a presque un an et je la découvre aujourd'hui seulement, cette chanson et tout aussi bien, cette demande : " Continuando a sperare in un...intervento autonomo di Marco Valdo M.I. [R.V.]." Ce qui me fait penser que Gian Piero Testa avait raison lorsqu'il disait que ces Chansons contre la Guerre sont devenues un vrai labyrinthe, à côté duquel Knossos est une joyeuse promenade touristique.

 

 

Donc, il y a environ un an... On t'a demandé de traduire cette chanson... Mais qui ?

 

 

Ce ne pouvait être qu'un habitué des CCG et même, un des plus anciens, Riccardo Venturi. Lequel s'était confronté à ce texte et l'avait trouvé assez hermétique. Et pour être hermétique, tu peux me croire, il l'est. Il l'est d'autant plus pour moi, mon ami Lucien l'âne, que c'est un texte en chilien, lequel est une variante de l'espagnol.

 

 

Je vois, je vois. Un vrai casse-tête...

 

 

Un vrai casse-tête, en effet... D'autant que je ne connais pas le chilien, ni l'espagnol et que même l'italien souvent m'échappe.

 

 

Quelle idée alors, t'as poussé à te lancer dans ces aventures de traduction ? Rien ne t'y oblige, que je sache...

 

 

Bien sûr que rien ne m'y oblige et que je le fais en toute liberté. Cependant, je suis soucieux pour cette traduction-ci, car j'ai regardé les diverses versions qui figurent sur le site des CCG et même la version française... Et toute cette littérature ne m'a pas vraiment éclairé et bien au contraire, m'a plongé dans un plus grand mystère encore. Pourquoi donc, alors qu'il existe une version française, alors qu'il pourrait le faire lui-même, Riccardo Venturi m'a interpellé... Et pourquoi, notre ami Lorenzo, qui d'ordinaire traduit l'espagnol sans peine, a-t-il soudain conclu que « dopo aver letto questo testo mi rimangio tutte le affermazioni sulle lingue latine facili e sul "latín mal hablado" :) » (« après avoir lu ce texte, je remange toutes mes affirmations sur les langues latines faciles et sur le « latin mal parlé » (entendez l'espagnol)... Et pourquoi Gian Piero Testa renvoie toute idée de transposition en grec aux calendes, à ce que j'ai pu comprendre. J'étais là devant un insondable mystère. Tu commences à percevoir les raisons de mon trouble...

 

 

Je t'entends et je serais aussi troublé par de telles circonstances, Marco Valdo M.I. mon ami... Et alors, qu'as-tu fait ?

 

 

Et bien, je me suis dit que si je voulais y comprendre quelque chose, il me fallait me plonger dans le texte du Palimpseste... Le titre de la chanson, comme tu le constates, est lui-même une mise en garde... Un palmimpseste étant, si je me souviens bien, un texte effacé sur lequel on a écrit un autre texte, étant entendu que le texte qu'il faut lire est le texte préalablement effacé. Bonne chance et bon vent, me suis-je dit et j'ai foncé. « Tiens bon la barre et tiens bon le vent, Hissez haut, Santiano... ».

 

 

 


 

 

 


En fait, de Santiano, chanson sur le rêve de l'émigration et de la ruée vers l'or, on passe par le Cap Horn et puis, on longe le Chili pour atteindre la Californie en partant de Saint Malo. Arrivé ici, il me faut rappeler le principe de base qui me dirige, disons le postulat de ma présence dans les Chansons contre la Guerre... J'insiste : la seule langue que je connaisse (et encore...), c'est le français. Dès lors, pour comprendre une chanson en italien (par exemple), il me faut la traduire et disons qu'avec l'italien, à la longue, je me débrouille mieux. Mais véritablement, je ne le connais pas. Je rappelle au passage que Voltaire a traduit Shakespeare sans connaître l'anglais... Enfin, si je me souviens bien de ce qui m'en avait été dit, il y a bien longtemps... Faisons confiance à ma mémoire. Et si je ne connais pas l'italien, imagine l'espagnol et sa version chilienne... Quelles chausse-trappes. Et tout cela sous l’œil vigilant (je l'espère) de Riccardo Venturi, lui-même, me semble-t-il, un peu perplexe face à ce texte.

 

 

Donc, si je comprends bien ton discours sur la méthode... Tu commences par traduire et tu comprends ensuite...

 

 

Et bien oui... Je commence par traduire et souvent, et ici particulièrement, c'est une fois la traduction faite et peaufinée, en la relisant comme si j'étais un lecteur extérieur, comme si je découvrais un texte en français que je comprends ou en tous cas, que je commence à comprendre... Le pire de tout, c'est que le meilleur traducteur possible de ce texte en langue française devrait bien être Patricio Manns lui-même, qui vécut en France lors de son long exil. Dès lors et pour répondre à la demande d'une « version autonome de Marco Valdo M.I. », je livre le résultat de mes pérégrinations chileno-italiennes. Si quelqu'un voulait avoir l'amabilité de corriger mes pataquès, je lui en serais vastement reconnaissant...

 

 

Allons-y et vogue la galère... Hissez Ho... Hihan... Hihan !

 

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

 

 

 

 

Il ne servira à rien que je vous dise

Que je vous aime plus encore

Dans dans la chair profonde de la demi-veille

Quand la glace se refait au soleil

Et le sperme s'échappe dans notre furie

Et couvre de cendres nos sourcils

Avides de creuser le trou du bois

Il ne servira à rien, Libertad Osuna

Que je rêve vous labourant de fer et de coups savants

Revenant sans égards errer et ferrer

En un galop fringant

Qui est manière d'aimer

Et qu'un autre jour, je vienne trottant

Avec le désir de pousser

La terre à mugir

La lumière à défaillir.

Il n'y a aucun doute Libertad qu'en aimant

Ne revienne me troubler l'envie de revenir

Quelle faim j'ai que Libertad Osuna

Réunisse dans la mémoire de l'outrage

Vous remémore et vous réveille d'un pas

Vous place au cœur avec les courages

Obscure en ce que tu bois

L'injure et son breuvage

Redevenir un homme pour qu'Osuna libre

Libère son nom et, rapide, sa ceinture

Son ventre transparent et l'histoire agonie

Et ses chaînes, sa montre et son petit

Et s’approche, écoute et vous unit

Avec ses deux mains et ses trois caresses

Et sa fulminescence,

Son métier de porter

La lumière à venir.

Si nous brûlons de désir à chaque lune

Et si nous devons la parcourir ensemble terre après terre,

Nous unira, Libertad, dans ses racines.

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