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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 21:26

NINA TE SOUVIENT-IL

 

Version française – NINA TE SOUVIENT-IL – MarcoValdo M.I. – 2012

d'après la version italienne d'une

Chanson vénitienne – Nina ti te ricordi – Gualtiero Bertelli – 1966

 

Lors de la première insertion dans le site ami des Chansons contre la Guerre (c'est toujours là que je commence) de cette version de la chanson de Bertelli,  j'avais perdu  les deux dernières strophes.

 

 



Ci-après ma réflexion sur cet absurde lapsus strophical dans ma traduction de Nina...


LE MORCEAU MANQUANT DE NINA


Riccardo Venturi m'a sauvé et grand merci à lui. On verra ci-après qu'il y a souvent  un ami pour me tirer d'embarras.

Incident technique, distraction ? Je ne sais et je ne le saurai jamais... Où sont donc passées ces deux strophes que pourtant j'avais traduites. Plus aucune trace nulle part.

Cela dit, on ne peut beaucoup s'éloigner de la version de Riccardo Venturi...

Je me souviens d'avoir longtemps galéré hier pour trouver une solution à la rime du dernier vers... Et puis, c'est peut-être cet embarras qui est l'origine de cet oubli...

 

Finalement, je n'ai résolu la question de la rime que par une rime cassée. Une rime absente, une rime qui ne trouve pas son emploi... Et ainsi, comme j'imagine la voix de cet homme s’adressant à sa Nina (ou à lui-même) verrait falloir sa voix.

 

D'ailleurs, soudain, me revient en mémoire un incident tout à fait semblable où j'étais le protagoniste...

Je vous le raconte car en y réfléchissant, il rencontre très exactement cette brisure.

Cette année-là , je présentais, dans le très Royal Musée de Mariemont, une exposition que j'avais montée avec la grâce de Dieu dans les quarante mètres de mur qu'on nous avait concédés - un bout de couloir en somme.

Elle se faisait sous le couvert d'un Comité Carlo Levi, issu de l'immigration italienne de Wallonie et entendait entre autres choses, faire entrer dans les lieux publics du pays, précisément l'immigration.

Donc, il y eut une exposition qui rencontra son succès.

Elle s'intitulait « CARLO LEVI Antifasciste italien, peintre et écrivain. » ; elle se tint du 22 janvier au 20 mars 2005 au fond d'un parc enneigé. Ô, j'avais le temps de faire une telle exposition : j'étais chômeur.

Donc, ce jour-là, dans la petite cinquantaine de visiteurs, qui suivaient la visite guidée – laquelle durait un peu plus de deux heures ; deux heures pour quarante mètres, se trouvaient (c'était inattendu), certains de mes enfants. Et à un endroit de l'exposition, il y avait une lettre d'Ettore Levi à son fils Carlo, alors médecin en service militaire, dans laquelle il lui annonçait qu'il venait de perdre son emploi et qu'il était au chômage... Je disais aux gens : Imaginez ce que Carlo devait ressentir à ce moment... C'est là que la voix me fit défaut. Impossible de dire encore un mot... Heureusement, mon ami Marcel était là qui couvrit ma retraite de quelques instants. Il me fallut bien deux minutes pour retrouver ma voix... Pour dégager ma gorge si nouée...

Il faut comprendre; ce sont des étranglements que l'on ne contrôle pas... et tout s'arrête là, comme c'est... comme ça tombe.

 

Je pense donc que cette rime brisée a tout à fait sa place ici...

 

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

 

 

Je joins une photo faite in illo tempore, quelques instants après l'incident... Je reprends la visite... devant les tableaux de Carlo Levi représentant : Carlo Rosselli, Carlo Levi peintre, L'Adieu de l'émigré, Carlo Levi, le petit Narcisse. La demoiselle qui regarde s'appelle Andréa.

 

visite-guidee-19-mars-2005.jpg

Visite guidée du 19 mars 2005 - Musée de Mariemont

Voici donc ma version :

NINA TE SOUVIENT-IL

 

Version française – NINA TE SOUVIENT-IL – MarcoValdo M.I. – 2012

d'après la version italienne d'une

Chanson vénitienne – Nina ti te ricordi – Gualtiero Bertelli 1966

 

 

Comme tous le savent, les CCG/AWS ont parmi leurs caractéristiques les « oublis retentissants » : des chansons fondamentales que, pour une raison ou une autre,n'avaient encore jamais été insérées. La « Nina » de Bertelli est une de celles-ci ; dire qu'elle est historique est un euphémisme (et en témoigne bien sa reprise, en 2002, par De Gregori et Marini pour le tout autant historique Fischio del Vapore ). Mais, au-delà de son historicité, une chanson splendide, touchante, intemporelle ; j'ai eu, chanceusement, plusieurs fois la possibilité de l'écouter directement par Gualtiero Bertelli (qui est, entre autres choses, un vieil ami et un utilisateur de ce site), et j'assure qu'elle vous marque encore, à presque cinquante ans de sa composition. Tout celui pour expliquer qu'elle n'avait jamais été insérée : parce que « elle devait y être ». Absolument certain qu'elle était déjà sur le site, et on ne sait depuis quand; et, par contre, il n'y était pas. Oubli retentissant, justement, auquel nous remédions avec la page que ce chef-d’œuvre mérite. [RV]

 

 

 

Nina te souvient-il

Du temps que nous avons mis

Pour aller sur ce foutu lit

À faire l'amour ensemble.

 

Six ans à jouer les amoureux

À tirer la langue

Et moi qui en avais marre

Et ne voulais pas te toucher.

 

Ta mère qui ronchonnait
Quand donc allons-nous nous marier
Et le prêtre qui nous recommandait
Surtout, de ne pas pécher

 

Et après que nous nous sommes épousés
Bien que nous ne croyions presque pas
Je te jure qu'il me semblait à moi
Pour finir que c'était un péché

 

À présent tu attends un enfant

Maintenant que la vie est dure

Des fois, il me vient une peur

De m'être trompé finalement

 

Non, s'aimer n'est pas un péché

C'est un luxe à certains réservé

Pendant ce temps, Nina, toi, tu attends

Et moi,  je suis chômeur

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